28 août 2011
Joyeux Dixième Anniversaire Du 11 Septembre !
C’est extraordinaire, non ? Pensez ! Il y a à peine un petit mois, il était question d’enlisement.
D’une guerre qu’allait probablement durer.
Bref, ça sentait fort le bourbier, le merdier au carré.
Et puis, oh surprise, en l’espace d’une semaine, voilà que Tripoli tombe. Recta.
Il ne reste plus qu’à débusquer Kadhafi, comme autrefois Saddam Hussein, l’estourbir et l’affaire sera pliée.
Mais quel fantastique retournement de situation, n’est-ce pas ?
Le problème c’est qu'on a quand même du mal à y croire, à ce scénario.
Tant ça ressemble, comme deux gouttes d’eau – ou de pétrole, plutôt – à un blockbuster que n’aurait certainement pas renié cet infâme tâcheron qu’est Roland Emmerich.
Déjà, faudrait nous expliquer comment ces "rebelles" que des militaires chevronnés, à qui on ne la fait pas, qualifièrent récemment de pathétiques, quand ce n'était pas d’incompétents, ont pu, en si peu de temps, devenir des guerriers redoutables, disciplinés, affutés, au point de faire plier les hommes du colonel Kadhafi. Je rappelle, au passage, que ces hommes-là sont tout, sauf des rigolos. Pas le genre à tirer en l’air comme des crétins devant des caméras de télévision... Et d’ailleurs, à ce propos, quelqu’un a-t-il vu, dans nos divers, et si peu variés, écrans de télévision, un seul combattant de Kadhafi ? C’est fou, non ? Pas même un prisonnier. Et pourtant, il se murmure qu’il y en aurait…
En revanche, des "rebelles", ça, on nous en montre, et à la pelle. Nonobstant, c’était peut-être pas une bonne idée, car à les voir, le doute empire, dans nos esprits. Certes, nous ne sommes pas des benêts, on sait ce qu’elles valent, ces images dites de guerre. On a déjà donné. Avec celles du Golfe. Et tant d’autres. Faut pas s’y fier. Ca flirte même pas avec « propagande », ça l’épouse. Et sous toutes les coutures.
Enfin tout de même ! Des types vociférant sur des pick-up qui viennent à bout d’une armée, fût-elle composée – en partie – de mercenaires, une armée équipée sport en tanks et missiles sol-air, ça vous paraît pas curieux ?
Oh bien sûr, l’OTAN, via les airs, a fait le job, pilonnant à tout-va.
Avec quelques dommages collatéraux, pour le moins fâcheux quand on a pour seule mission de protéger les populations civiles. Et je vous passe certaines gâteries prodiguées par nos "insurgés".
Il est bon, je crois, de se remémorer la résolution 1973. Oui, il est bon de rire parfois.
Ce qui frappe – c’est le cas de le dire – dans ces images télévisuelles de propagande, outre la vision de ces "insurgés" qui, ça crève les yeux, nous apparaissent effectivement considérablement pathétiques, c’est que, au loin, on peut apercevoir des explosions, signes d’un véritable affrontement. La question étant : mais qui se bat, et sans merci, « au loin » ?
Assurément les partisans de Kadhafi ; mais « les autres », qui sont-ils ?
Il ne faut pas être grand clerc pour émettre l’hypothèse, hautement probable, qu’il s’agit en réalité de véritables militaires (français, britanniques, etc.) et de mercenaires grassement rétribués.
Or donc, comme nous nous éloignons, de plus en plus, n’est-ce pas, de notre fameuse résolution 1973.
Ceci étant, il faut bien comprendre qu’une opération de ce type, ça coûte bonbon. Un sacré paquet de pognon. Or, par temps de crise mondiale, menaçant les derniers Triple A, faudrait voir à pas traîner. C’est que dites, 87 millions d’euros en seulement 80 jours, ça pèse lourd pour un petit pays comme la France, étroitement surveillé par des agences de notation US.
Heureusement que nos « amis » du Qatar (et des Emirats arabes unis) sont là pour nous filer un coup de chéquier.
Oui, pour les derniers qui se demandaient ce qu’ils venaient faire dans cette occidentale « coalition », eh bien vous avez désormais un début de réponse. Ce n'est quand même pas les Italiens, endettés jusqu’au cul, qu’allaient financer ce bazar !
L’essentiel étant, qu’au final – comme on dit – chacun ait sa part du gâteau. Le gâteau étant, comme de bien entendu, le pétrole.
Est-ce pour des nèfles, ou beurrer quelques sandwiches, que des militaires français et britanniques (déguisés en touristes) ont installé leur QG au sein de la raffinerie de Zuwaytinah ?
Alors, je sais, l’on me dira, Kadhafi, c’est un « fou », un « malade », un « paranoïaque », et depuis peu (tout comme Ben Ali et Moubarak), un épouvantable dictateur, dont il faut impérativement et impérialistement se débarrasser, qu’il faut convaincre de partir afin que son peuple soit délivré du mal, Amen !
Oh, il l’était bien avant, dictateur, tyran, mais on n’osait pas trop le dire. La preuve, nous le recevions chez nous et avions même l’intention de lui vendre des Rafale. Vend-on des joujoux militaires de catégorie une à un dictateur quand on se prétend démocrate, et protecteur des opprimés ? Bien sûr que non ! On n’en refourgue qu’à des « amis » de la démocratie...
Or donc, vous voyez bien que Kadhafi n’est (redevenu) un dictateur que depuis très peu de temps. En fait, depuis décembre dernier. Soit depuis que le peuple tunisien s’est révolté. Et tout seul, s’il vous plaît ! Sans l’aide de personne. Tout comme le peuple égyptien.
Il y a, que voulez-vous, des révolutions qui sont admirablement spontanées. Téléguidées par personne. Et surtout pas par nous autres, les occidentaux, qu’avons ont bien d’autres chats persans à fouetter : la crise, par exemple... Quand on sait qu’une crise de ce calibre ne se résout que de deux façons, soit par l’inflation, soit par la guerre, on comprend que nous préférions nettement la première option. N’est-ce pas ?
Toujours est-il qu’on observe une inflation de combattants bizarres au sein des non moins bizarres "rebelles". D’aucuns s’en sont émus, mais étrangement, ça n’a pas l’air d’intéresser grand monde.
Pas plus que des armes parachutées par l’OTAN, s’en aillent, parfois, alimenter l’AQMI.
Non, tout va bien, ce Conseil national de transition, composé en immense majorité par des anciens compagnons de Kadhafi, est tout à fait crédible et fiable. Bref, on peut leur faire confiance... Nul doute qu’ils flingueront le tyran, accidentellement si possible.
Après quoi, et avec l’aval – voire : sous l’égide – du Qatar et de la Ligue Arabe, nous pourrons nous partager le grisbi pétrolier, comme prévu.
Et fêter dignement, le 11 septembre prochain, le dixième anniversaire des attentats du même nom. Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Ben Laden en quelques mois, mais quel putain de joyeux dixième anniversaire, non ?
Reste la question du peuple libyen que nous devions protéger. Que va-t-il devenir ? Que va-t-il faire de ses pick-up qui lui ont permis de battre le guide de la révolution ? Et les armes qui resteront, que va-t-il en faire ?
Je crois que l’Irak est un modèle, en guise de réponse. Sauf que, l’issue ne sera pas la même.
Elle sera sanglante.
Car c’est bien joli de renier un à un tous les horribles dictateurs qui nous ont, pourtant, rendu bien des services, même qu’on se foutait du tiers comme du quart de ce qu’il en coûtait, notamment pour leurs populations.
Oui, c’est bien beau de se faire passer aux yeux de téléspectateurs naïfs, pour de grands démocrates, encore faut-il assurer le service après-vente. Mais, y'en a-t-il jamais eu un, au programme ? Que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Tunisie, en Egypte et en Libye ?
En admettant que oui, quelle est sa véritable nature ?
Je l’écrivais, en mars dernier : nous ne sommes venus ni protéger, ni porter assistance au peuple libyen.
Je maintiens.
Nous n’y sommes allés que pour protéger nos intérêts. A la faveur d’une crise financière, d’une crise de notre système néolibéral.
Nous n’y sommes allés que pour faire main basse sur des puits de pétrole. Et pour contrôler toute une région. Hautement stratégique.
Le peuple libyen, comme les peuples irakiens, tunisiens et égyptiens, sont nos faire-valoir (depuis quand, d'ailleurs, le peuple, quel qu'il soit, est une préoccupation de ce système néolibéral ?).
Ils ne pèsent en rien. Nous réglons nos comptes, c’est tout. Et nous préparons l’avenir. Un avenir sombre. Qui ne ressemble pas à l’inflation, mais à la guerre.
Il n’y a pas de victoire du peuple libyen. Il n’y a, peut-être, même pas de Printemps Arabes.
Il y a juste le pire qui se prépare. Minutieusement. Du sang et des larmes.
Mais, en attendant, quel putain de joyeux dixième anniversaire !
Celui-ci, au moins, on l’aura pas raté…
18:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Politiquement Très Incorrect, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, mouammar kadhafi, des rebelles pathétiques, main basse sur le pétrole, 11 septembre, dixième anniversaire du 11 septembre, aqmi, al-qaïda, qui sont ces rebelles ?, où sont passées les armes ?, résolution 1973 de l'onu, barbouzes, mercenaires, puits de pétrole libyen, printemps arabes mon cul ! |
| |
25 juin 2011
Lettre Ouverte A Toutes Les Fourest Et Tous Les Joffrin
Il a raison le député UMP qu’est tout déboussolé. Le dénommé Yannick Favennec. Il conviendrait qu’ils « sortent un peu de leur bureau ». Certes, il causait d’Henri Guaino et de Luc Ferry, mais ça vaut itou pour Monsieur Joffrin et Mademoiselle Fourest. Tant m’est avis que ça fait lurette que ces deux-là, n’ont pas été humer l’air du dehors. Celui du populo. Même que c’est ça qui les perd.
Voire pis.
Un journaliste qui n’y va plus, sur le terrain, c’est plus un journaliste. Et c’est pas parce que ses confrères-subordonnés y vont, qu’il en sera plus instruit.
On ne peut pas parler de ce qu’on ne connaît plus.
La souffrance, les fins de mois difficiles qui, comme Coluche disait, le sont surtout les trente derniers jours, les brimades et autres humiliations, la colère avant tout, n’en ont pas idée, les Joffrin, les Fourest.
Ça théorise, ça élucubre, ça pond des livres, mais la réalité, la vraie, ils en sont gravement déconnectés.
La crise, Joffrin, Fourest, vous l’avez pas vécue... Vous ne savez pas ce que c’est. Comment ça dévaste. Tout qui s’écroule. Jusqu’à la plus petite illusion. Plus un quignon d’espoir. La solitude… Vous n’avez pas idée, pas la moindre, de ce qu’il endure, le peuple, par où il passe. Ce qu’il sacrifie…
Vous êtes des privilégiés.
Le passage du Franc à l’Euro, vous l’avez pas senti. Indolore. Incolore. Pour vous, avant, après, c’est du kif…
Vous êtes des épargnés.
Y’aurait tant à dire, n’est-ce pas. Tant à dire... Tout ce que vous avez raté, à côté, dépassé. Enfermés dans vos certitudes. Votre suffisance. Vos dîners au Siècle. Vos congratulations mutuelles, renvois d’ascenseur, cooptations et tutti [1]... On en a soupé. Ça vous disqualifie…
Vous n’êtes pas des interlocuteurs.
Il en a marre, le peuple. Il en peut plus. Tellement qu’on l’a trimballé, cocufié. Et c’est pas Florence Aubenas qui va le consoler. Le guérir de ses plaies.
On peut bien le traiter de tous les noms, le peuple, qu’est-ce que ça peut faire, qu’est-ce que ça change ?
A son quotidien.
On peut asséner qu’il n’entrave que pouic, qu’il ne voit pas plus loin que le bout de son nez, que c’est un inculte même, qu’il vote avec ses pieds, déraisonné, épidermique, et alors ?
A qui la faute ?
Tout de même, pour des gens censés être à gauche, vous êtes pour le moins curieux. Moi qui croyais que la gauche, elle s’interrogeait sur les causes, pas sur les conséquences. Qu’elle était du côté du peuple... Vous me la copierez !
Or donc, si vous n’êtes pas de son côté, que vous ne le comprenez pas, c’est que vous ne le connaissez pas. Vous ne le vivez pas. Vous en êtes à des milles et des milles.
Des années-lumière.
Lâchez votre bureau, et venez donc marner avec nous. Vous cogner notre quotidien. Vous allez voir comme c’est du gratiné. Du copieux. Du velu. Pas de la tarte… S’il vous reste quelque chose, dans le ventre, dans le cœur, ça va vous défriser... Tous ces jours à courir. Pour rien... Et le lendemain, rebelote. Et tous les autres jours... Et les discours, ceusses des politiques, ces rengaines, toujours les mêmes, depuis des années et des années, boniments sur boniments, peut-être alors, que vous en aurez comme des haut-le-cœur. Une envie de tout faire péter. De tout envoyer valser. Jusqu’à la République.
Vos théories, vos clichés, vos idées toutes faites, bien formatées, à la Minc, à la Attali, à la BHL, ceux qui comme vous ne vivent pas, ne sortent pas, n’hument pas, sinon depuis leur chez eux, confortables, aisés, faciles, elles vont s’écrouler, et recta.
Oui, alors, peut-être, vous comprendrez… Je dis bien, peut-être, tant c’est même pas sûr. Tellement vous avez du retard. Des lacunes ça comme.
Je vous entends Joffrin, Fourest, vous allez me dire : « Je ne vous permets de dire ça ».
Ainsi que vous l’avez balancé à Marine Le Pen.
Celle pour qui le peuple, celui pour qui c’est marre, va voter, ou est tenté de le faire. Et d’autant plus après vous avoir vus la travailler, et si mal, jeudi soir, le 23 de ce mois, sur France Télévisions...
... Comme vous avez été pitoyables. A côté... Et même – c’est un comble, pour qui veut dénoncer la haine – haineux !
Mais c’était couru quand on vit comme vous, loin de tout, loin du peuple, et de toute réalité.
Quand la souffrance, la solitude, le désespoir, on n’a pas un gramme d’idée de ce que c’est, de ce que ça fait.
Il a raison, et comment, Pascal Boniface ; vos arguments, Madame Fourest, étaient « mal construits », « anecdotiques », « calomnieux », « inefficaces ».
C’était déjà le cas face à Tariq Ramadam, où – pardonnez-moi – vous ne faisiez pas le poids. Tellement scolaire, vous êtes. Limitée, pour être clair.
Il avait raison, Paul Villach ; vous n’avez, Monsieur Joffrin, en bout de course, que l’injure à la bouche, aveu d’impuissance…
Héritière, Marine Le Pen ? Sans doute.
Mais vous, de qui êtes-vous les héritiers ?
Sinon de la condescendance et de la suffisance.
Elle vit dans un château, Madame Le Pen ? Assurément.
Et vous ? Dans quelle forteresse paressez-vous ? Dans quelle tour d’ivoire ?
Auriez-vous, au passage, posé la même question à François Mitterrand, Jacques Chirac et consorts, vous qui saviez, paraît-il, et n’en avez rien dit. Jamais.
Une dynastie, les Le Pen ? Certes.
Et vous ? Quelle est la votre ? Si ce n’est celle du déni. De la connivence... Nouveaux Chiens De Garde. De l’oligarchie. De l’ordre établi. D’une élite qui méprise le peuple.
Ah ! Vous n’êtes ni des Camus, ni des Foucault, pas même des Sartre ! Ah, ça non. Bourdieu s’est crevé la couenne pour des nèfles. Badiou itou. Et Halimi. Et tant d’autres. Vous n’êtes pas ce de côté-là... C’est un choix. Il ressemble à une erreur. Grossière. Considérable… Mais c’est votre choix. Votre erreur.
Or l’heure, celle des comptes, va bientôt tintinnabuler. Vous y serez pour beaucoup. Vous y aurez tant contribué, faut dire. A creuser le fossé, un abîme désormais, entre vous et le peuple.
Vous et vos amis du Siècle, des Prix qu’on se refile (il faut vous voir, dans les Salons du Livre, cul et chemise, à bâfrer avec les politiques, et ne dites pas non, je vous y ai vus !), des services qu’on se rend, et allez donc !
La déontologie, c’est pas ce qui vous étouffe.
Non plus.
Ne vous méprenez pas. Je suis têtu. Obstiné. Je reste à gauche de la gauche. Malgré la colère, celle qui m’habite, cette envie de tout envoyer valdinguer, Marine Le Pen n’aura pas ma voix. Jamais... Malgré le cocufiage grand format. Permanent. Tout ce qu’on nous a fait... Et ce PS de notables, de barons. Ce PS qui nous a trahis, abandonnés. Et qui continue, comme si de rien n’était... Ce PS, Joffrin, dont vous vous vantez de l’avoir converti au capitalisme via Libération [2]... Ne vous étonnez donc pas que Marine Le Pen, alors, occupât le terrain. Que vous avez laissé. Ou vendu.
Oh, bien sûr, Marine Le Pen prenant le parti des ouvriers, des fonctionnaires, des chômeurs, des laissés-pour-compte, de tous ceux qui trimardent et en bavent, et depuis lustres, de tous ceux qu’on a blousés, c’est de l’entourloupe au carré, un coup de bonneteau, énorme ; je vous l’accorde.
Mais à qui la faute ? Je vous le demande…
Alors poursuivez, sur ce terrain ! Celui du mépris, de la méconnaissance.
Ne travaillez surtout pas, bien calfeutrés dans vos bureaux.
Pondez des livres sur la Marine qui sont aussi profonds qu’un ouvrage d’Isabelle Giordano sur la Martine, aussi vide politiquement, et vous l’aurez, Marine Le Pen au second tour.
Voire plus que ça.
Continuez à ne rien comprendre, à vivre hors de nous, à théoriser, clichés, formatés que vous êtes, héritiers des Minc, Attali, BHL et tutti.
Et vous l’aurez, oui, l’héritière, au second tour.
Et après ? Hein ? Vous ferez quoi ?
Vous bannirez le peuple ?
Vous lui ferez la leçon, la morale ?
Mais : à quel titre ? Au nom de qui ?
De quoi ?
Vous qui préférez tutoyer le puissant, et mépriser le peuple, vous n’avez aucune leçon à nous donner.
Tant ce qui pourrait survenir l’an prochain (ou dans cinq ans) vous en serez en grande partie, responsables.
Et comment !
19:56 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (101) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caroline fourest, laurent joffrin, les éditocrates, marine le pen, front national, des paroles et des actes, les nouveaux chiens de garde, le siècle, pascal boniface, journalisme de salon, journalisme connivent, mépris du peuple, la trahison des élites |
| |
20 mai 2011
Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique
Un naufrage. Voire : pire que ça. Car, oui, c’est bien le fond du fond que nous avons touché. A tous les niveaux. Presse, radio, télé, Internet, etc. Rien, ne nous aura été épargné. Un déluge de commentaires délirants, quand ils n’étaient pas graveleux, à vomir. Ils sont peu ceux qui ont su se tenir. Ils sont rares ceux qui ne se sont pas mêlés à la meute. Mais qu’à cela ne tienne, la « page tournée », ils remettront ça, à la prochaine « affaire » tant la mesure, la distance, l’éthique, la dignité, bref, tout ce qui fait qu’un être soit un tant soit peu civilisé, sont des notions qui leur sont étrangères.
La décence, savez-vous ce que ça signifie ? Ou avez-vous tout oublié ?
Comment peut-on se « vautrer » de la sorte en élucubrations, sous-entendus, accepter de se ruer, en masse, comme des chiens, vers le premier micro tendu ?
De Joffrin à Rioufol, de Schneidermann à Plenel, de Domenach à Franz-Olivier Giesbert en passant par le "troussage" de Jean-François Kahn, la liste serait longue, quasi interminable si l’on y ajoute les pauvres déclarations de nos hommes politiques de tout bord. Tous se sont compromis. Dans des propos parfois obscènes, déplacés, insupportables.
Que l’homme de la rue y aille de son commentaire indigent ne relevant que d’un ressentiment personnel, particulièrement étriqué, nauséabond, ainsi que l’internaute (qui n’est pas si différent de l’homme de la rue) éjaculant, confortablement planqué derrière son pseudonyme, lui qui prend comme un malin plaisir à faire de l’Internet une véritable poubelle, un terrible déversoir, c’est pas qu’on finit par s’y faire – comment le pourrait-on ? – on le déplore, et comment ! Mais que des responsables politiques, journalistiques et tutti viennent sur des plateaux de télévision nous tenir des propos ineptes, débattre ( ?) dans un brouhaha dégueulasse, au mépris de tout, parce qu’ils « savaient », se « doutaient de », c’est abject… Mais ils « savaient » quoi, ces gens-là ? Allez-y, déballez, donc ! Mettez tout sur la table ! Les mails, les coups de fil, faites-vous les échotiers des égouts. C’est vrai que c’est le bon moment. C’est précisément maintenant qu’il convient de le faire, n’est-ce pas ?
Non mais, entendez-les, les chiffonniers, rappeler la « présomption d’innocence », et, dans la seconde suivante, la bafouer. Entendez-les, ces misérables, parfois les mêmes, avoir un mot pour la « victime », cette « femme de ménage de 32 ans », puis gloser à l’envi, s’étripant, s’interpellant, alors qu’il faudrait faire silence.
Mais ce sont eux, savez-vous, qui demain, viendront nous faire la leçon, toujours, encore, désignant Internet comme le mal absolu, cet espace où tout est permis, même l’innommable, alors que par leurs élucubrations, leurs scoops à balle deux, puant le rance et la rancœur, ils nous auront offert un équivalent télévisé, radiodiffusé, écrit... Un spectacle pitoyable, où l’intelligence est bannie, où seuls les instincts primaires ont droit de cité.
On eût pu espérer – allez savoir pourquoi ! – que les femmes soient plus mesurées, mais même pas ! C’est à pleurer, Clémentine Autain ! Véritablement à pleurer. Car, encore une fois, ce n’est pas le moment. Ayez au moins, les un(e)s, les autres, la stricte décence d’attendre le verdict. Avant de vous précipiter sur la « bête ».
Le verdict !
En d’autres termes que la « justice fasse son travail ». Est-ce trop demander ? De savoir se tenir. D’être responsable.
Vous n’êtes pas dans vos salons, vous n’êtes pas à table en train de bâfrer, vous tenez des propos publics. Vous n’étiez pas dans cette chambre 2806. Vous ne savez rien. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a sept chefs d’accusation d’un côté, et de l’autre un homme qui les réfute. Point barre. Quand le verdict tombera, alors, peut-être, il sera possible d’en parler, voire d’en débattre, calmement. D’en tirer, le cas échéant, des « leçons ». Mais avant, c’est obscène. C’est flatter, quoi que vous en disiez, les instincts les plus vils. Les pensées les plus primaires.
Ne venez plus nous parler de populisme, s’il vous plaît ! Vous vous en êtes fait, ces derniers jours, les hérauts.
Ne venez pas nous parler de Baudis, de Bérégovoy. Tant à l’époque, là non plus, vous n’aviez pas fait silence. Elucubrant, pensant que, et si, sait-on jamais, etc.
Oui, vous êtes des « chiens ». La caravane du malheur passe, mais vous, vous restez. Aboyant, plus que jappant. Course à l’audience aidant. Et vos livres, qu’il faut vendre !
Et s’il est un verbe que je retiens, c’est « vautrer ».
Vous vous vautrez et vautrerez encore demain. Car vous n’avez aucune éthique. Plus rien de digne. Vous ne retenez rien, du passé, vous êtes fats, suffisants, croyant détenir la vérité, mais cette vérité, c’est la vôtre, elle n’a aucun intérêt, sinon celui de vous servir. Car ça, c’est votre taf. Vous servir ! De tout. Même du malheur. Rien ne vous arrête.
Sept chefs d’accusation, un homme qui les réfute, et... « et vous comprendrez donc, aisément, que nous n'irons pas plus loin dans le commentaire de cette affaire ». Voilà la phrase la plus appropriée que j’ai entendue jusqu’à présent. La seule. C’est le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qui l’a prononcée... Je note que le président de la République aura – pour une fois – su garder le silence. Qu’à ce jour, il ne se sera pas mêlé à la « meute ». Et peu importe ce qu’il en dit, en privé. Il est question de « parole publique ». Il est question de ce que vous donnez à voir, à lire, et entendre.
Je disais, en liminaire, que c’était un naufrage. C’est au-delà.
Véritablement innommable.
16:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, La Tristesse, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire dsk, décence, présomption d'innocence, les chiens, propos obscènes, commentaires sur l'affaire dsk, déclarations sur dsk, chefs d'accusation, verdict, justice, course à l'audience, livres à vendre, lynchage médiatique |
| |
17 mai 2011
De Ben Laden à Strauss-Kahn (Ou : D’une « Situation Room » à Une Autre)
Deux évènements rapprochés dans le temps (1er mai/14 mai 2011). Un pays commun : les Etats-Unis. Dans un cas (Ben Laden), pas d’image. Dans l’autre (DSK), le trop-plein. Mais dans les deux cas, une couverture médiatique hors-norme, puisque ne traitant que d’un sujet et un seul en flux tendu – je pense notamment aux chaînes d’infos telles que LCI, BFMTV et i>télé.
Comprenez bien qu’il ne s’agit nullement de mettre sur le même plan deux hommes, mais (d'interroger) deux traitements de l’information. Et des termes employés, souvent similaires. D’où, la gêne.
Je tiens tout d’abord à dire que je ne veux pas, ici, aborder les « faits » qui ont conduit à l'arrestation puis l’inculpation et l’incarcération du Directeur Général du FMI. Ce n’est pas le sujet (pas même sous-jacent) de cet article... J’observe, comme vous, je lis aussi, tout ce qui se dit, s’élucubre, et c’est, avant tout, la nausée qui me saisit. Notamment quand je découvre les commentaires des internautes sur les différents sites en ligne contribuant à alimenter l’idée, qu’effectivement, Internet serait une « poubelle », voire : une « saloperie » [1]… Ceci étant, les saillies, et autres remarques, d’un Yvan Rioufol, Olivier Mazerolle, Bernard Debré et consorts ne valent guère mieux. Les internautes n’ont pas le monopole de la dégueulasserie... Oui, je dis « les internautes », et non « certains internautes », car l’attitude de « certains » rejaillit sur « tous les internautes ». Bref…
Je ne m’attacherai donc pas aux « faits », car je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la chambre 2806. Et vous ne le savez pas non plus. Seules, et a priori, deux personnes le savent : Dominique Strauss-Kahn et la « femme de chambre de 32 ans ». Désormais c’est à la justice de trancher. Point barre. En espérant que « justice sera rendue » et non « faite ». Tant nous connaissons, désormais, la différence…
Or donc, je ne veux parler que du traitement médiatique.
Hormis le fait qu’il soit – à mon sens – totalement hystérique et disproportionné (aussi bien dans le cas de Ben Laden que de DSK) est-ce le temps si rapproché de ces deux « évènements » qui conduit les journalistes à les traiter de la même façon ou quasi, et surtout – plus gênant – en employant, parfois, les mêmes termes ?
Premier point : à partir du moment où l’information « tombe » toute autre est zappée. Toutes les chaînes d’infos en continu passent en mode « Ben Laden » ou « DSK ». Ce qui peut survenir, ailleurs, dans le monde, n’est pas traité. Au nom de quoi ?... Certes, nous avons là une « information » majeure, mais qu’est-ce qui peut bien motiver une rédaction à décider que seule celle-ci occupera l’antenne pendant quarante-huit heures ?... Nonobstant, quel peut bien être le degré de recul (essentiel, pourtant, dans le métier de journaliste) que les intervenants (y compris, extérieurs) peuvent alors avoir sur ledit « évènement » ; sinon proche de zéro ?... Bref, quelle crédibilité accorder à ce qui se dit et se montre [2] dans une telle configuration ?
En réalité, nous sommes moins dans l’ « information » que dans le « scoop ». Un « scoop » dont on tire le fil jusqu’à plus soif.
De fait, et fort malheureusement, Ben Laden et DSK ne sont plus des sujets d’information qu’il convient de traiter avec toute l’acuité possible et le recul nécessaire, et finissent par se retrouver placés sur un même plan car traités, déroulés, disséqués, pareil.
Or, ils n’appartiennent pas au même champ, ils ne sont pas un même sujet.
Deuxième point : il découle du premier. A partir du moment où vous décidez d’une configuration – et nous avons vu qu’elles étaient identiques dans le déroulé, la forme, etc. – vous êtes amené à employer des termes similaires ou jumeaux (c’est purement mécanique).
Ainsi, par exemple (mais il y en aurait tant à citer !) assez vite les différents journalistes ont évoqué « les zones d’ombres » concernant l’ « assaut » des Navy Seals. Ils emploieront la même rhétorique à propos de DSK.
Dans le « récit » fourni par la police New-Yorkaise (qui, comme celui de l’ « assaut » contre la résidence de Ben Laden, varie dans le temps : Ben Laden était armé, puis ne l’était plus ; l’agression au Sofitel a eu lieu à 13 heures, puis finalement à midi…), il y aurait des « zones d’ombre » tout comme il y en avait dans le « récit » délivré par John Brennan, le conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme. On pourrait alors espérer que, puisqu’il y a des « zones d’ombre », le journaliste français va se muer en Bob Woodward et mener son enquête, investiguer comme l’on dit, donc aller sur le terrain. Mais pas du tout ! Il se contente, en plateau, d’énumérer les points, émettant des hypothèses, y compris les plus farfelues [3]. Ceci étant, c’est logique. Puisque nous sommes dans le « scoop » et non dans l’ « information » - Seuls, les envoyés spéciaux aux Etats-Unis maintiennent un semblant d’information. C’est peu.
Troisième point : et c’est peut-être le plus important.
Qui fournit les « informations » ? Les « récits » ? Les images ? Les différentes autorisations ?
Dans les deux cas (Ben Laden, DSK), ce sont « les américains ». Il n’y a pas, là, une « identité » journalistique française. Elle est d’une certaine façon assujettie, et devient, dans le moins pire des cas, une petite CNN, dans le pire du pire, une énorme Fox News (je pense là, à BFMTV).
Et c’est ainsi, entre autres, que nous apprîmes que DSK s’était offert une suite à 3000 dollars. Aucun journaliste français n’a cru bon vérifier cette info incroyable, sans doute parce qu’il était resté sur les histoires de Porsche et de costards. Pourtant, un Sofitel qui propose une suite à ce tarif, c’est assez curieux... Un simple coup de fil (ou une vérification par Internet) aurait suffi à se rendre compte que cette information était fausse... La question est double : pourquoi les journalistes français n’ont pas effectué cette vérification ? Pourquoi les « autorités américaines » ont-elles « propagé » cette fausse info ? Dans quel but ?
C’est également ainsi que nous avons pu voir, lundi 16 mai, sur TOUS nos écrans de télévision (et dans la presse) un DSK menotté, suivi, plus tard, de sa comparution (filmée) au tribunal. Ce qui serait impossible en France. La loi l’interdisant (ne serait-ce que pour respecter la présomption d’innocence)... A aucun moment, les journalistes français ne se sont posé la question de savoir s’il était déontologiquement convenable de diffuser ces images. Pis : ils les ont diffusées en boucle. Ce qui nous amène au quatrième point. Qui dépasse le champ journalistique, sans l’exclure.
Quatrième point : les images. Il n’y en a pas eues de Ben Laden. Pourquoi ? Parce que : « Un homme mort n’est pas un trophée » et que, de surcroît, les photos sont « atroces » (Dixit Obama).
Un « homme vivant » (« inculpé » mais « présumé innocent ») arrêté par la police américaine semble, en revanche, en être un, de « trophée ». On l’expose, menotté, aux photographes du monde entier, on autorise les caméras à le filmer (en gros plan constant) au tribunal.
Il est intéressant de noter, en France, les différentes réactions à ces images :
« sidérant », « insoutenable », « violent », etc.
Bref, on n’est pas loin de l’ « atroce » (donc, théoriquement, de ce qui ne peut être montré).
De là à penser que « les américains » font avec DSK ce qu’ils se sont refusés à faire avec Ben Laden, de façon tout à fait assumée, consciente, et dans un but très précis, il n’y a pas loin...
Et je passe sur les Unes des tabloïds sur DSK qui, quelque part, pourraient nous ramener, ou font curieusement écho, aux (indécents) « USA ! USA ! » qu’hurlaient certains américains quand ils apprirent « la mort » de Ben Laden... Il y a là, quelque chose de troublant. De gênant… La symbolique du « trophée » s’applique à DSK, mais pas à Ben Laden... On peut s’interroger, tout de même, sur ce point. Les motivations… Et ce n’est sûrement pas un hasard, au passage, si Harlem Désir, lundi, a déclaré que le PS n’était pas « décapité, ni affaibli ». Est-ce son inconscient qui a parlé ? Car, c’est très exactement les termes qu’avait employés Barack Obama, puis la presse, après l’exécution de Ben Laden.
A vrai dire, nous sommes, ou nous étions, ces dernières quarante-huit heures dans la « situation room »... Nous devions, en regardant toutes ces images de DSK, faire les mêmes têtes qu’Obama, Clinton et leurs divers conseillers visionnant « en direct » l’ « assaut » donné par les Navy Seals. Il y a comme un effet miroir. Une similitude... Et, elle est grandement entretenue par le traitement médiatique (et les « américains »). Voulu ou non, mécanique de toutes les façons. Car il s’agit bien d’une mécanique (médiatique). Infernale. Qui fait que, nous pouvons parfois superposer les deux « évènements » dans leur déroulé, la façon de les présenter au public... Ben Laden et DSK, traités (presque) de la même façon... Et c’est, sans doute, ce qui peut expliquer la gêne que l’on ressent. Le malaise. Parce que Ben Laden et DSK, ce n’est quand même pas la « même chose ».
Enfin, derrière remarque :
Il y a dans les deux cas, Ben Laden et DSK, des « théories du complot » qui fleurissent, et pas seulement sur Internet. Dans la « vraie vie » aussi.
Autre point commun, donc.
Mais ces « théories du complot » ne sont-elles pas consécutives au traitement médiatique ? Je veux dire, par là, que le traitement médiatique de ces deux « évènements », qui relève plus du « scoop » (avec ses « zones d’ombre ») que de l’information, ne conduit-elle pas inéluctablement à la recherche d’une autre « vérité » ?
Les journalistes seraient bien inspirés de se poser la question, si tant est qu’ils s’en posent encore. A vrai dire, cette façon jumelle, cousine, de traiter deux « évènements » (aussi différents de nature) tendraient à démontrer qu’ils ne s’en posent plus beaucoup.
[1] Il est tout de même assez incroyable que des sites comme ceux du Figaro, du Nouvel Observateur, du Parisien, de Libération, etc., etc., n’aient pas une équipe de modérateurs affutés, réactifs, vigilants... Il n’est pas possible de continuer ainsi. A laisser passer des commentaires indignes, indigents, qui relèvent de la haine, du lynchage, de la bêtise la plus crasse, du déversoir. Il est urgent de mettre un terme à cette « poubelle ». Sinon, ne venons pas nous plaindre demain, et bien hypocritement, au nom de la liberté d’expression (en plus !), que des lois viennent museler l’Internet... A vrai dire, nous les aurons bien cherchées.
[2] On se souvient de l’image d’un Ben Laden mort (le fameux fake) diffusée par l’ensemble des chaînes françaises, chaînes qui, le soir, se sont platement excusées. Excuses qui sont à peine recevables, voire : pas du tout recevables. Parce qu’en réalité, en flux tendu, comme je l’ai dit, « ils » ne se posent plus de questions (déontologiques). Ils font la course « entre eux ». C’est au premier qui diffusera telle image, telle déclaration. Et, en boucle, bien sûr. Ce n’est donc pas une simple erreur, mais une erreur répétée à l’envi. Avec des conséquences, parfois, dramatiques. Irréversibles. Notamment dans l’opinion. Entre autres (car, qui peut dire ce que va devenir, ou faire, l’homme DSK, après ce traitement ? qu’il fût innocent ou coupable…).
[3] Il est croustillant de noter que c’est le même journaliste qui, par la suite, se gaussera de toutes « les théories du complot pullulant sur le Net » alors qu’il est quasiment le premier à les alimenter par, justement, des hypothèses farfelues. Et ça vaut autant pour les affaires « Ben Laden » que « DSK ». A vrai dire, il me semble que nous avons eu droit à tout, y compris au pire... Dans ce registre, du pire, je crois qu’Olivier Mazerolle est assez imbattable.
19:39 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique strauss-kahn, oussama ben laden, traitement de l'information, mécanique du flux tendu, théorie du complot, crédibilité des journalistes, mondialisation de l'information, situation room, internet est une poubelle, information diffusée en boucle, fox news à la française, médias et information, de la responsabilité des journalistes |
| |
10 avril 2011
Journaux Télévisés : Ces Agressions Dont On Parle Et Celles Dont On Ne Parle Pas
Nous sommes samedi. Le 9 avril 2011. Sur France 3.
C’est le 19/20 présenté par Catherine Matausch.
Après la présentation des titres [1], cette édition s’ouvre avec un reportage sur un « tronc humain » trouvé par « un promeneur », « reste d’un corps » qui « pourrait être » celui de Laëtitia Perrais.
Puis, surgit un second sujet qui ne figurait pas dans les titres…
Sujet qu’est introduit comme-ci par la présentatrice du 19/20 :
« C’est la consternation à Villeurbanne, près de Lyon, où vraisemblablement parce qu’il était juif, un étudiant qui ne portait aucun signe distinctif a été violemment agressé par des jeunes du même âge. Une enquête de Sylvie Cozzolino et Jean-Eric Gay ».
Nous apprenons que l’étudiant en question se prénomme Jérôme, qu’il s’est fait agresser « en bas de son immeuble (…) jeudi dernier (…) à quelques centaines de mètres » d’une « école juive » dont il venait de sortir.
Des témoins racontent que « deux/trois personnes cagoulées (…) ont demandé s’il était juif (…) il a dit oui et ils l’ont agressé ; ils l’ont frappé avec un pistolet [2] et ils lui ont tiré dessus ».
Puis c’est un « petit groupe » de jeunes de la communauté juive qui « témoigne de [leur] quotidien » :
« On avait nos kippas sur la tête et ça nous insulte, ça nous tape, ça nous met des gifles (…) donc, euh, c’est inadmissible ».
Le commentaire précise alors que « l’an passé, 400 plaintes ont été déposées pour acte antisémite en France ».
Avant de laisser la parole à un représentant de la Licra [3] :
« Nous constatons, partout, notamment, donc, dans les banlieues populaires, dans les lieux sensibles, une prégnance, donc, de l’antisémitisme, auprès des jeunes, qui amène notamment des enfants juifs, de plus en plus souvent, à déserter l’école de la République pour des raisons de sécurité, et donc, aller se réfugier dans des écoles, euh, religieuses ou communautaires ».
Retour sur plateau où Catherine Matausch nous apprend que « Jérôme est sorti de l’hôpital encore sous le choc » et que « l’enquête a été confiée aux policiers de la sureté départementale » [4].
Il va sans dire – qui oserait le contester ? – que ce genre d’agression est épouvantable. Ceci étant, on peut aussi se demander, calmement, sereinement, comment les journalistes sélectionnent leurs sujets. Je veux dire pour quelles raisons, à quels titres, décident-ils en comité de rédaction de traiter d’untel et pas de tel autre.
En effet, comment expliquer qu’aucun Journal Télévisé n’ait daigné rendre compte de cette expédition d’un « commando d’une vingtaine d’individus » qui, le dimanche 3 avril dernier, « s’est attaqué au Cinéma Espace Saint-Michel (Paris) », cinéma qui diffusait « Gaza-Strophe, Palestine » le documentaire de Jamir Abdallah et Khéridine Mabrouk, expédition au cours de laquelle le projectionniste fut frappé [5] ?
Ce « commando » de la LDJ (Ligue de Défense Juive) a, en outre, promis de revenir pour « brûler le cinéma » !
Qui plus est, ce « commando » tentera de récidiver [6], deux jours plus tard, le mardi 5 avril, devant La Péniche Cinéma.
Pardonnez-moi – comme dit à tout bout de champ, Yves Calvi – mais je ne comprends pas ce qui motive les journalistes de nos « JT » à mettre en lumière telle agression « vraisemblablement » raciste et pas telle autre... Et j’irai même plus loin : qu’est-ce qui m’amène donc à penser que si le « commando » en question venait des « banlieues populaires » et qu’il s’était attaqué à une salle de cinéma diffusant un film glorifiant Tsahal, cela aurait fait un « excellent sujet », voire même la Une du JT ?
Alors je sais, du moins je me doute, que mes interrogations, que j’estime parfaitement légitimes, vont déclencher – peut-être – d’autres interrogations (aussi épouvantables que l’agression dudit Jérôme).
Par exemple : serais-je antisémite, par le plus grand des hasards ?
Ou simplement antisioniste.
Ce qui revient au même, dorénavant, vu que tout être critiquant la politique d’Israël, ou des actes menés par des militants sionistes, comme ceux perpétrés contre deux cinémas de la capitale, donc portant atteinte à l’ordre républicain, est derechef, classé dans le rang des antisémites (ainsi dernièrement, des gens fort respectables, comme Alain Badiou et Eric Hazan).
Or, il ne s’agit nullement de remettre en cause, de quelque façon que ce soit, l’utilité informative du reportage du 19/20 en date de samedi, pas même les propos qui y sont tenus, pas plus que la réalité de cette agression, il s’agit d’autre chose.
D’équité, pour être précis.
N’y avait-il pas 1’36 [4] de libre entre les 3 et 6 avril pour rendre compte de ce qui s’est passé, et qui est tout aussi « inadmissible » que l’agression de jeudi dernier à Villeurbanne, lors des projections de ce documentaire (unanimement salué par la presse) traitant de l’opération « Plomb Durci » sur Gaza, documentaire qui, sous la pression d’associations, se voit trop souvent déprogrammé (ainsi l’an dernier sur la chaîne France O, et plus récemment à Evry, commune administrée par le socialiste Manuel Valls) ?
Bref, quel est donc la, ou les raisons, qui conduisent nos « JT » à taire certains faits et à en privilégier d’autres, alors que « vraisemblablement », ils sont, peu ou prou, de même nature ?
[1] Ces titres étaient au nombre de cinq :
Affaire Laëtitia : un corps humain retrouvé.
Côte d’Ivoire : la vie redémarre.
Carrefour : la bataille des hypers.
Vu de : au cœur de Fessenheim.
Fondation Pinault : Eloge du doute.
[2] Le commentaire nous apprendra que les « agresseurs » étaient munis d’un pistolet à grenailles.
[3] Il s’agissait de Patrick Kahn, de la Licra Rhône-Alpes.
[4] Le tout, lancement, reportage, et reprise, aura tenu 1’36 de ce 19/20.
[5] Le projectionniste en question a déposé plainte.
[6] « tentera » car la police présente sur les lieux les en empêchera.
18:58 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : antisémitisme, acte antisémite, licra, ligue de défense juive, journaux télévisés, agression raciste, gaza-strophe, militants sionistes, déprogrammation de gaza-strophe, plomb durci, inéquité des jt, sujets traités par les journalistes, frilosité des jt |
| |
26 mars 2011
Front National : Va Falloir Se Mettre Au Travail, Les Gars !
Elle est partout, la Marine. Presse, radio, télé, du jamais vu... De loin, comme ça, on pourrait se dire qu’ils veulent la tuer, tu vois ; je veux dire médiatiquement, trop de Le Pen tuant la Le Pen !… Bon sang, mais c’est bien sûr, qu’on s’écrie ! Ils l’invitent, tous, sur les plateaux, jusque Radio J, jusque dans l’impensable quoi, la surexposition au cube, jusqu’à ce qu’on en puisse plus. Qu’elle nous sorte par les yeux, les pores, tout. Qu’elle devienne repoussoir. Ah ! que c’est terriblement bien joué ! Que c’est finaud de chez intelligent.
Mais non. Y’a pas de finaud. Y’a pas d’intelligence. Y’a que du lourdaud. Du cocu de première. A chaque fois, c’est la même, en long, large, elle te les rétame tous. Une véritable exécution.
Dézingué l’Aphatie, rectifié l’Elkabbach, désossée la Chabot. Tous, elle les retourne tous... Et pourquoi ? Parce qu’ils sont pétris de certitudes, de dédain, de dégoût. Parce qu’ils bossent pas, surtout. La fleur au fusil, qu’ils y vont. De fait, c’est un massacre. Une boucherie. Et la donzelle, elle repart, à chaque fois, avec de nouveaux électeurs dans « sa besace ». Les doigts dans le nez. Sans rien faire. Ou quasi.
Elle déroule, UMPS par-ci, UMPS par-là, c’est du velours, du sur-mesure, et vas-y qu’elle cogne, toujours au même endroit, qu’elle enclume, et y’en a pas un pour la renvoyer dans ses cordes, d’où elle vient, d’où elle est et restera, soit pour parler crûment : à l’extrême droite… Française, monsieur, l’extrême droite Française !... C’est pas de la gnognotte, ça, dis, pour qui connaît l’Histoire, qui s’est fadé tous les dégueulis du père Destouches (de souche), de Bagatelles à l’Ecole en passant par Les Beaux Draps. C’est cette France-là, mon pote. Affirmatif. Mais crois-tu que les présumés finauds, les supposés intelligents, lui mettraient ça dans les chicots ! Que nenni ! Ça louvoie, ça pose des questions de mollasson, ça croit pouvoir piéger la fifille au pépère, mais rien du tout !... Oh, ça lui cherche bien, des fois, des relents d’antisémitisme de type héréditaire, mais sur la pointe des pieds ; y savent pas s’y prendre les mal dégourdis.
Pourtant, tout, ils ont tout, les preuves, les dossiers, les éléments. Y’a qu’à lire. La presse d’extrême droite, celle qui soutient très activement le Front National. Les Rivarol, Flash, Nations Presse Hebdo, La Voix Des Français, Le Choc Du Mois, Minute, Présent, et j’en passe, jusqu’à la Courtoisie de Radio, c’est de l’édifiant. Du brut de chez brut : qu’on y cause de lobby juif, de francs-maçons, de révolution nationale, de la « race blanche », comme jadis chez les Brasillach, les Maurras, la même prose, le même combat.
Quoi que vous croyiez ? Que le Front refilé à une « mère de famille », ça y deviendrait, par je ne sais quel miracle ultra-catholique, de la bonne petite droidroite radicale mais fréquentable !... Du tout !... L’extrême droite, ça reste l’extrême droite. Allez donc demander au Buisson, il en vient, il en connaît l’esprit, les recoins. Comme Michel de Rostolan, Yvan Blot, Jean-Yves Le Gallou, Bruno Mégret. Demain Vanneste, Ciotti, Jérôme Rivière et compagnie... Si ça tourne à l’eau de boudin pour l’agonisante, la suicidaire, l’UMP shootée au Sarkophage, en 2012, ça je te l’affirme, ils vont pas, deux fois, se faire prier, ces foutus laïcs, pour aller pointer chez Front.
T’as tout le Club de l’Horloge qu’est sur les dents, prêt à basculer. Recta.
Et avec eux, les anciens d’Occident, du GRECE, ceusses du Parti de la France.
Pourquoi crois-tu qu’ils reprennent à tirelarigot, un à un, petit à petit, comme des moins que tout, tous les arguments du Front, d’Hortefeux à Guéant en passant par dame Brunel ? Parce qu’entre ces types-là, ceux de l’UMP et le Front, c'est une feuille de papier à cigarettes qui les sépare. Pas plus.
Mais crois-tu que ces sagouins de journalistes ils te mettraient au (sale) parfum ? Qu’ils t’affranchiraient ?... Penses-tu ! Ça fait mumuse avec la Marine, ça se croit malin, ça explose l'audience, les compteurs, mais ça fait son lit, bel et bien, à la Marine… Et sais-tu quoi ? Ce sont les mêmes qui, l’an prochain, viendront te dire qu’il faut faire barrage au Front National, no pasaran, sursaut républicain et tout le merdier ! Comme en 2002 !... T’en souvient-il ? De ce « NON » en Une de Libération ? De ce JT de Tf1 du PPDA, en date funeste du lundi 22 avril 2002, où, d’un air grave, il t’annonce qu’il va, lui et sa rédaction, t’expliquer ce que c’est vraiment que le Front National ? Et qui c’est, ce Jean-Marie Le Pen ?... Jean-foutre, va ! que ne l’as-tu pas fait avant, sombre commercial de l’empire Bouygues !
Eh bien, c’est reparti !... Comme en 40, que j’ai envie de dire.
Ah, puis faut voir comment qu’ils l’accueillent la Marine, les Calvi, les Chabot, les Denisot et consorts. Qu’on y voie bien la pince à linge sur leur nez. Qu’on pige bien que c’est pas leur tasse de thé. Ça la rembarre, la coupe, taisez-vous, mais taisez-vous donc, Madame Le Pen ! Ça fait dans le « mais bien sûr ! », le « ben voyons ! », ça goguenardise, hausse des épaules, mais à part ça ? Nib !
Sauf que, l’auditeur, il le voit itou. La différence de traitement. Et ça lui plaît moyen. Vois-tu. Même que ça le renforce dans son choix. Que si c’était possible, en 2012, c’est pas un bulletin estampillé Marine qu’il y mettrait dans l’urne mais deux. Juste pour les faire caguer.
C’est frontalement qu’il faut la prendre, la bourgeoise (car c’en est une ! elle sort pas de la cuisse du peuple, faut pas se méprendre, ça nous vient des beaux quartiers, cette affaire… la misère : elle connaît pas ! Elle a pas idée de ce que c’est). Pas faire son chichiteux, son journaliste de salon. Son confortable. Faut la mettre au pied du mur, calmement, patiemment, à l’usure. Sans dédain. Sans dégoût. Faut les bosser les dossiers, faut se sortir les doigts comme on dit, et fissa.
Que fout-elle à l’AEMN, auparavant l'Euronat, la péronnelle, soit avec les pires xénophobes d’Europe, des racistes avérés, certifiés, si elle n’est pas d’extrême droite ?
Que faisait-elle, de même, avec les autres d’ITS (Identité, Tradition, Souveraineté) même qu’on y trouvait la fifille Mussolini ?
A quand un reportage sur les fêtes du Front, saucisson, pinard, avec bien en évidence, des ouvrages de révisionnistes, ah que voilà de la lecture qu’est sans la moindre ambigüité !
La dédiabolisation, c’est de l’attrape-couillons, un énorme, immense piège à cons.
Or donc, va falloir se mettre au taf, les mecs. Nous montrer le visage du Front. Ce qu’il est vraiment, et restera toujours : un parti d’extrême droite. Avec tout ce que ça trimballe de nauséabond.
Tu vas te bouger, mon journaliste, et plus vite que ça ! Ranger ton Grand Journal ridicule, grotesque, pipolisant, finie la grosse rigolade ! et te mettre au turbin. Tu vas pas bricoler comme en 2002, soit attendre le mois d’avril de l’an prochain pour faire ta pleureuse, ton donneur de leçons, avec l’air bien compassé, et nous chanter l’air du « front républicain » à balles deux. Parce que cette fois, sache-le, ça ne marchera pas.
Alors : au boulot !
23:09 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Opinion, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (63) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marine le pen, front national, extrême droite française, antisémitisme, xénophobie, racisme, club de l'horloge, zéro journaliste, révolution nationale, occident, extrême droite européenne, révisionnisme, peste brune |
| |
21 décembre 2010
De La Prostitution Des Politiques
J’ai encore dans le cassis, cette phrase assassine du tribun Jean-Luc Mélenchon, adressée à un stagiaire-journaliste, un 19 mars 2010, entre deux tours d’élections régionales ; un Mélenchon remonté, vindicatif, ah le bel homme du peuple, de gauche, la vraie, il l’a assez dit, n’est-ce pas ? Pas le genre, donc, à se compromettre, à fricoter, composer, se prostituer, se vendre, comme le misérable journaliste qui lui, vend(rait) du papier, coûte que coûte.
Elle s’appuyait, cette phrase, sur une maxime romaine « dignitas » et « gravitas », rien que ça … ah ! ça rigolait pas, et prends ça dans ta face, « laquais », « larbin », « petite cervelle », écoute-donc bien :
« Avec moi, vous parlez de choses sérieuses (…) Donc, avec moi vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde »
Dignitas ? Gravitas ? Boum patatras, oui !
T’as donc pas vu l’homme de gôôôôche, celui qui fait la leçon au jeunot, faire le tapin médiatique chez Ruquier, Denisot ou Ardisson ?
On N’est Pas Couché, Le Grand Journal, Salut Les Terriens ; pour sûr, voilà des émissions éminemment politique(s), pas merdeuses pour un sou ! Et surtout, qui ne décrédibilisent pas la parole politique ; pensez-vous ! On y aborde, c’est bien connu, des sujets de fond, avec sérieux, dignité et gravité. Voilà des plateaux télévisés, Tudieu, où on parle « de choses intelligentes » !
Des émissions de prolétaires pour les prolétaires.
Jugez-en plutôt, un exemple tout frais :
Ardisson : Vous avez fait un tabac chez Drucker .. Est-ce qu’au moment du mercato vous allez quitter le Parti de Gauche pour un plus grand parti ? (rires gras du public)
Ou encore :
Ardisson : Tu sais pas danser, toi ? (rires du public)
Mélenchon : Si ! Très bien, mon p’tit gars !
Ardisson : Dans ton Parti de Gauche, vous dansez pas, vous ?
Mélenchon : Si ! (rires)
Baffie : Ils en ont pris des danses ! (rires)
C’était samedi dernier, le 19 décembre 2010, sur Canal+. Entre rires, applaudissements et cymbales de l’orchestre.
L’avez-vous alors entendu, Mélenchon, rétorquer comme il le fit le 19 mars dernier :
« Tu fermes ta petite bouche et tu me parles de politique »
Bien sûr que non ! Deux poids, deux mesures. Et zig, et zag. On écrabouille le petit stagiaire avec ses « sujets de merde », l’accusant, péremptoire, de « mouliner du papier qui s’vend », ça fait son beau, son fier, mais, buzz épuisé, ça y va se vendre, se prostituer dans des émissions de divertissement, où l’on se tutoie, où l’on se vanne ! …. Et ça voudrait, ensuite, donner des leçons ? Mais de qui se moque-t-on ?
Ah mais oui, mais je vous demande pardon ! Ça manque de cohérence. Un tantinet. De deux choses, l’une. Y’a pas d’autre façon. Sinon, ça vaut pas tripette. C’est du flan. C’est posture. Et il n’y a pas loin de la posture à l’imposture.
Certes, il n’y a pas que Mélenchon. Tous, ou presque, vont faire Guignol sur les plateaux bankable du divertissement ; rires, applaudissements, cymbales de l’orchestre.
De Copé à Bertrand, de Royal à Montebourg, de Yade à Bayrou, tous ! Dupont-Aignan compris ! Ils vont pointer à la becquetance « popu » ! Même Besancenot, il l’a fait son Drucker ! Itou, l’autre nouveau présumé Chevalier Blanc (avec Mélenchon, justement) de la politique : Dominique de Villepin. Celui-là même qui, chez Elkabbach, un dimanche matin, se permettait un croustillant :
« Or, manifestement, nous nous divertissons ! »
… Avant d’aller s’esclaffer, pouffer et … nous divertir chez Ruquier !
Et ça viendrait ensuite geindre, se plaindre, regretter que la politique, l’homme politique, et la parole politique, fussent décrédibilisés !
Mais quand on veut redonner du poids, du crédit, de la hauteur à la politique, on ne va pas faire sa « star », son « people », sa « diva » chez Denisot, Ruquier ou Ardisson.
Comment peut-on, après avoir ricané comme des bossus dans ces autres « Dîner du Siècle » aller parler souffrances du peuple, misère et tout le tralala, fustiger « l’argent-roi » (qui coule à flots, dans ces émissions-là) dénoncer la pauvreté des débats, la vulgarité ambiante, la dérision permanente, le populisme même, mais oui ! Ah ça, c’est d’un drôle, tiens ! …. D’aucuns prétendent même, les amusants, que l’on tirerait la France vers le bas ! Mais si c’est en ricanant, ça n’a plus d’importance, voyez ! Si c’est en divertissant le veau, c’est pas péché, messire !
Comment peut-on, outragé, indigné, sur ses grands chevaux monté, fier comme Artaban, ô combien méprisant, traiter tout ce qui ressemble à un journaliste, ou approchant, de « laquais », de « larbin » quand on fait soi-même son larbin ou laquais pour s’attirer la sympathie du téléspectateur. Tu le fais rire, et tu l’as dans l’urne ?
Oh c’qu’il est sympa et drôle, ce Mélenchon, j’crois que j’vais voter pour lui, Chérie !
Beau programme !
Oh, je conçois que ce soit moins éreintant et fastidieux que d’en proposer un, un vrai qui fasse pas rire ; un programme politique, j’entends. Trop rébarbatif, n’est-ce pas.
Mais quand bien même, y en aurait-il un, comment voudriez-vous qu’on le prît au sérieux ? Sans l’impertinent de salon Yann Barthes, sans les snipers d’Ardisson, ou les gros jeux de mots de Ruquier, c’est pas pensable, voyons ! Il faut passer par eux, c’est obligé, et vous en êtes les obligés de fait, pour engranger du suffrage, en vous faisant moquer, chambrer, ridiculiser même ; en vous prostituant, quoi !
Ris public ! Ris ! Gondole-toi ! Et vive la République ! Puisque, j’ai bien entendu, c’est en son nom, que Mélenchon se bat, pour lui rendre dans « le bruit et la fureur, le fracas et le tumulte », ses ors et sa beauté. Son prestige. Par le divertissement et la gaudriole. Tartufe, oui !
Des émissions politiques ? Y’en a. Des bonnes, des solides ? Télévisuellement, pas vraiment. J’en suis d’accord. Et alors ? Est-ce une raison pour aller faire son mariole, tapiner à qui mieux-mieux ? Et la radio, c’est-y fait pour les chiens ?
On ne peut réclamer un (retour du) respect du politique et de sa parole et, en même temps, aller faire Guignol dans des émissions de divertissement.
Ce n’est pas le lieu pour s’adresser au peuple.
Ce n’est pas l’endroit pour traiter de la souffrance, du désarroi, de la misère.
Ce n’est pas là, qu’on cause de politique et qu’on lui rendra crédit.
Il faut être clair. Tant que les hommes politiques, quels qu’ils soient, iront se compromettre sur ces plateaux télévisés, ils ne seront pas pris au sérieux.
Ils n’inspireront ni « dignitas » ni « gravitas ». Voilà la « veritas ».
« Le mélange de voyeurisme et de prostitution de l’esprit public va continuer jusqu’à la catastrophe, évidemment » disait Jean-Luc Mélenchon, ce fameux 19 mars 2010.
Je serais tenté de répondre par un sonore :
« Tu l’as dit, bouffi ! »
Je me bornerai juste à lui dire qu’il participe, et comment, par rires, applaudissements et cymbales d’orchestre, voyeurisme et prostitution, à l’avènement prochain de ladite catastrophe.
Et boum patatras.
16:52 Écrit par Philippe Sage dans Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (50) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-luc mélenchon, salut les terriens, on n'est pas couché, le grand journal, la politique tournée en dérision, la politique-spectacle, la politique-divertissement, dignitas et gravitas, prostitution, pornographie, décrédibilisation du politique, les larbins et les laquais, petite cervelle |
| |
15 novembre 2010
TF1, France 2 : Mais Quel « Suspense » Dans Le Remaniement !
Deux 'JT' (dimanche 14 novembre 2010), deux façons d’aborder le remaniement.
Une équipe réduite pour Tf1 : Claire Chazal et François Bachy en plateau ; Antoine Lefèvre dans la cour de l’Elysée ; soit une équipe totalement Tf1.
En revanche sur France 2, aux côtés de Laurent Delahousse, outre les « journalistes maisons », Michaël Darmon et Valérie Astruc (dans la cour de l’Elysée) on notait la présence de deux éditocrates : Laurent Joffrin (Libération) et Yves Thréard (Le Figaro).
Or donc, il était clairement établi que sur Tf1, il n’y aurait pas de débat, que cela se résumerait à une aimable conversation entre « collègues », alors que sur France 2 on pouvait espérer une « autre musique ».
Encore eut-il fallu que ce remaniement en soit un.
Or, comme ce ne fut pas le cas, les différences entre les deux chaînes furent anecdotiques, bien que réelles.
« Suspense » [*] ce fut le terme commun aux deux 'JT' pour allécher et, surtout, conserver le téléspectateur jusqu’à, au moins 20h15, soit l’heure communiquée (aux journalistes) par l’Elysée de l’annonce officielle du « nouveau » gouvernement (par l’inamovible Claude Guéant).
Aucun journaliste de Tf1 ou de France 2 ne dissertera sur cet horaire ! ... Pourtant il est important, non ? … Oh si, tout de même : la composition d'un gouvernement qui « tombe » en plein milieu d’un JT, ce n’est quand même pas le fruit du hasard !
20:15 Écrit par Philippe Sage dans Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claire chazal, françois bachy, antoine lefèvre, laurent delahousse, michaël darmon, valérie astruc, laurent joffrin, yves thréard, tf1, france 2, remaniement, fillon iii, non-évènement |
| |
26 mai 2010
Retour Sur Jean-Michel Aphatie Et Les "Pisse-Vinaigre"
Ce mercredi 26 mai 2010, le site de l'Express, dans un papier qualifié d"'exclusif" nous en apprend une bien sévère : du 7 au 23 décembre dernier, Johnny Hallyday "n'a jamais été en danger de mort, mais placé en coma artificiel pour des problèmes respiratoires et une dépendance à l'alcool".
Dans ce document que s'est procuré l'Express, qui serait carrément le dossier médical de la clinique Cedars-Senai (Los Angeles) où fut opéré le chanteur, il semblerait que l'intervention précédente, celle du 26 novembre 2009 pour hernie discale, pratiquée par le Dr Delajoux, ne serait en rien à l'origine de cette nouvelle hospitalisation.
Or, souvenez-vous, ce pauvre Dr Delajoux avait été désigné par l'ensemble des médias et M. Jean-Claude Camus comme le principal responsable (puis agressé physiquement) des nouveaux déboires de Johnny Hallyday.
C'est pourquoi, je vous remets ce billet en date du 16 décembre 2009 en surlignant de jaune quelques passages.
Question, cependant : vont-ils s'excuser, ou faire leur méa culpa, les médias et .. Jean-Claude Camus ?
Il est étonnant, non, ce Jean-Michel Aphatie ? Truculent, même. Oui, voilà, truculent. Mais pas que. Comment dire ? Il est, en tant que journaliste – parce que oui, il faut le préciser, c’est important : Jean-Michel Aphatie est journaliste – en tant que journaliste, disais-je, il est atypique. Ah, voilà un terme qu’on aime à employer, n’est-ce pas ? Atypique ! Ce qui, aujourd’hui, veut à la fois, tout dire et son contraire. Bref, atypique, présentement, on ne sait plus vraiment ce que ça veut dire. C’est une étiquette que l’on collerait presque à n’importe qui à partir du moment où il dit, produit, exécute quelque chose, eh bien … d’atypique. Comprendre que ça ne va pas dans le sens de la marche. Ou d’une pensée unique. C’est une voix, comme ça, qui s’élève, qui surprend, et ensuite, se tait, la plupart du temps. C’est de l’"atypisme" ponctuel. Notez que l’on parle également d’iconoclaste. Tiens, Marie-Ségolène Royal, par exemple, elle fut, lors de la campagne présidentielle 2007, traitée d’iconoclaste ! Sa candidature était iconoclaste. Son attitude était iconoclaste. Puis, elle toute entière, l’était, iconoclaste. Mieux, par la plume "barbichue" de Laurent Joffrin, elle devint - tiens-toi bien ! - immarcescible. Aujourd’hui, boum-patatras, c’est un handicap, Marie-Ségolène. Pour ne pas dire, un boulet. Pour qui ? Devinez ..
Mais revenons à notre atypique du jour, l’iconoclaste Jean-Michel Aphatie et cet accent qui le caractérise, qui fait aussi son charme, un charme que, sans barguigner, je qualifie d’immarcescible.
Mardi 15 décembre sur le plateau du Grand Journal de Canal+, monsieur Aphatie, histoire de "remettre un peu les choses en ordre", nous expliqua "comment ça marche, les médias". Et pourquoi se crut-il obligé de le faire, me direz-vous ? Eh bien parce que l’imperturbable et tout aussi immarcescible Michel Denisot l’avait lancé sur un sujet ô combien passionnant : la couverture médiatique d’un évènement, en l’occurrence celui de l’hospitalisation de Johnny Hallyday, une couverture que “certains journalistes” et “certaines célébrités” critiquaient, en clair, il était reproché aux "médias" d’en avoir "trop fait".
Comme à son habitude, Jean-Michel Aphatie fut tout bonnement extraordinaire d’extravagances, montant dans les aigus, moulinant des bras, s’indignant pour de faux, un vrai numéro, un spectacle vivant. Et chaque fois, je me dis : Jean-Michel, à quand un one-man-show au Théâtre des Deux-Ânes ? Ce serait pur régal.
Bref.
Plus sérieusement, que retenir des propos de Jean-Michel Aphatie ?
D’abord, reprocher aux "médias" d’en "faire trop", c’est, dixit Aphatie, "un classique" :
“Y’a toujours des pisse-vinaigre qui disent : oh, ils en ont trop fait !” Glissa-t-il.
Mais qui sont donc ces pisse-vinaigre ? Des journalistes ? Des célébrités ? Du tout ! Non, ce sont des syndicalistes ! Ici, le SNJ-CGT dont Aphatie nous montra le communiqué s’affichant à l’écran, communiqué dénonçant “les dérives d’une information-spectacle à propos de la couverture médiatique de la maladie de Johnny (…) et tant pis pour le sommet climatique de Copenhague et le sort des SDF”. Et que pense-t-il de ce communiqué Aphatie, ou plutôt de cette position ? Eh bien, il pense que c’est "une vieille position marxiste". Et il la décrypte ainsi :
“On (les médias) parle(rait) de quelque chose d’anodin pour cacher les vrais problèmes aux gens, comme si les gens, nous dit Aphatie, n’avaient pas conscience des vrais problèmes !”.
Alors là - mais comme dirait Aphatie : “on peut être d’un avis différent” - je me demande si “les gens” ne seraient pas, sans s’en douter, des cochons de marxistes, Jean-Michel, car voyez-vous, mais peut-être ne fréquentez-vous pas “les gens” comme moi, c’est (malheureusement) ce que, souvent, ils pensent, et même disent : que oui, les "médias" parlent abondamment d’un sujet (tiens, la grippe A) pour nous cacher l’essentiel, ou plutôt, pour ne point l’aborder en profondeur : comme le chômage allant croissant, le surendettement galopant, le pouvoir d’achat s’effondrant. Vous n’avez jamais entendu ce refrain, monsieur Aphatie ? Je veux dire : chez “les gens” ? Oh je sais, oui je sais ce que vous allez me rétorquer, Jean-Michel Aphatie, accent aigu, bras moulinant : s’ils disent cela ou même le pensent, c’est la faute des "médias" ! De “certains médias”, pardonnez-moi ! C’est eux qui leur mettent ces choses-là dans la tête ! On n’en sort pas ! Mais quel serpent se mordant la queue, n’est-ce pas ? Comme le chantonnait feu Desproges : "Cela ne changera-ce donc jamais, oh-là-là, oh-là-là !" ...
... Mais fort heureusement, vous êtes là, Jean-Michel Aphatie, pour séparer le bon grain de l’ivraie.
Ainsi, vous vous offusquâtes gentiment, d'un questionnement "non distancié" de votre confrère Nicolas Demorand (évoquant un possible décès de l’idole des jeunes "espéré" par les "médias") sur France 5, du terme employé par le maire de (tous les) Meaux, Jean-François Copé, celui d'"indignité” (inhérent au monde des "médias", selon Copé), ou ironisâtes sur votre consœur TF1 qui aurait propulsé (d’après vous) au rang de journalistes Nikos Aliagas et Line Renaud. Mais tout ça, dites-vous, c’est parce qu’un "média" c’est "mécanique et donc bête". Et parfois, "ridicule". On ne couvre pas un tel évènement comme "la maladie de Johnny", sans excès. Il faut le comprendre. Et que voilà, parfois, je vous cite :
“ça amène le journalisme là où il n’est pas !” …
Alors ça, c’est intéressant, Jean-Michel Aphatie, cette histoire de journalisme qui se radine là il ne devrait pas aller ! Parce que, voyez-vous, vous en êtes la parfaite incarnation. Eh si, Jean-Michel Aphatie ! Mais où êtes-vous donc quand vous nous faites cet exposé, ce cours de "médias" appliqués ? Ne seriez-vous pas, par hasard, dans une émission de ... divertissement ? Un machin foutrement pipolisant ! Où l’on se gausse, via Yann Barthès et consorts (le “oui/non” affligeant d’Ariane Massenet) du monde politique, et le verbe (gausser) est bien faible : on le ridiculise plutôt, ce monde politique, et pas qu’un peu ! Avec la truelle, mon cher (même si je l’avoue, je ris parfois et de bon cœur). Mais bien sûr que si ! Vous êtes pile dans l’endroit où vous estimez que le journalisme n’a rien à y faire ! Celui de la dérision, de la gaudriole, de la vulgarisation à outrance(s), de l’excès, de la politique-spectacle, où quand il s’exprime, le politique n’a que, montre en main, 4 à 5 minutes (et encore, je suis large). Vous me direz, c’est de sa faute. N’a qu’à pas pas venir sur ce plateau, le politique. Je prends ! Mais vous : que foutez-vous là ? C’est de l’"atypisme", je présume ? Ah, je m’en doutais ! En même temps, je vous le concède, critiquer les "médias" (au passage, après vous avoir écouté, on ne sait toujours pas ce que c’est, ou : qui est le bon, le mauvais, le saligaud, le “de référence” ..) et même les journalistes, quand on est soi-même partie intégrante de ce "média" (ici très people) et journaliste de surcroît, ça demande, outre une bonne dose de mauvaise foi, voire de cynisme vaguement amical, des talents proches de l’acrobatie de compétition, et peut-être aussi, de la clownerie (alors ce one-man-show, Jean-Michel, c’est pour quand ?).
Là, je sais, vous allez me traiter de pisse-vinaigre. Ah, je l’attendais ! Mais, quitte à l’être, je vais l’être jusqu’au bout.
Voyez-vous, Jean-Michel Aphatie, dans votre cours moulinant, il manquait un élément. Oh, ça ne va pas vous plaire, mais il manquait bel et bien. Bien que, je l’ai noté, vous l’avez – là encore – survolé.
De quoi s’agit-il ?
Mais du chirurgien, monsieur Aphatie !
Comment l’avez-vous habillé, c’lui-ci, déjà ? .. Ah oui ! ... Gaudriole oblige, vous avez dit :
“(...) Vous découvrez un médecin qui ressemble à George Clooney et qui opère à peu près comme lui !” ..
Le public, bien entendu, a pouffé. Brave public. Mais comme je fus déçu que vous en restiez là ! Car, rappelons-le, il s’agissait bien d’analyser (?) la couverture médiatique de "la maladie de Johnny". Qui ne s’est pas arrêtée au seul Johnny, Jean-Michel ! Le chirurgien, Stéphane Delajoux, l’a eu son lot de couverture, itou. J’eus aimé, apprécié, que vous en parlâtes. C’est qu’on l’a bien soigné, le lascar ! Tiens, il n’était même plus chirurgien, mais le “sulfureux” chirurgien. Même, pour "certains médias", c’était un "escroc". C’est peut-être vrai, notez, mais tout de même, vous ne trouvez pas que, là aussi, il y a eu comme des excès ! Ça ne vous a pas dérangé ? Apparemment pas, puisque vous l’avez tu. Mais bon sang, vous êtes tout de même au courant que ce Delajoux, vendu comme un "escroc", un "massacreur", par "certains médias" (via, c’est vrai, Jean-Claude Camus) fut victime d’une agression dans la nuit de vendredi à samedi dernier ? Et là, vous ne dites rien, donc ? Vous ne vous demandez pas, si, quelque part, je ne sais pas, les "médias" n’auraient pas comme une (légère mais réelle) responsabilité indirecte dans cette agression, ne serait-ce que par le portrait assassin qu’ils ont fait de cet homme ? Non, bien sûr ... Je sais, les "médias", même ceux que vous tancez, n’ont rien à voir là-dedans. Ils sont "mécaniques, donc bêtes", mais pas là. Et puis, oh, ils ne sont pas responsables des cons, car vous êtes bien d’accord sur ce point : agresser un homme, fut-il “sulfureux”, c’est un acte qui ne peut être l’œuvre que de cons certifiés !
Mais quand bien même - et pardonnez-moi d’y revenir - cette présentation accusatrice du docteur Delajoux par “certains médias”, eh bien moi, qui ne suis pas journaliste, voyez-vous, ça m’a bien plus dérangé que de voir Nikos Aliagas ou Line Renaud intronisés journalistes. Et je me suis demandé si là, on avait pas désigné au peuple, le chien à latter, d’une certaine façon. Sans doute, est-ce dû à un relent de marxisme me tiraillant, allez savoir ! Qui ne date pas d’hier, ceci étant, car je me souviens qu’en 2002, je me demandais, aussi, si les "médias", ma foi, n’avaient pas poussé le bouchon un peu loin en matière de reportages bien appuyés sur le thème de la sécurité avec les conséquences que l’on n'a pas oubliées. Je sais, ils ont nié, en bloc. Ils n’ont fait que leur métier, vos confrères. Point barre. Affaire classée. Enfin, pas vraiment. Mais passons ..
Le fait est que cette agression du “sulfureux” Delajoux, fut bien peu couverte médiatiquement. Et quand elle le fut, on avait comme un drôle de sentiment, Jean-Michel : du genre, si ça se trouve, c’est du flan ! Il s’est agressé lui-même. Il s'est "victimisé", comme on dit désormais. A desseins. C’est du moins, ce qu’on comprenait, parfois. Mon côté pisse-vinaigre, sans doute, doit me jouer des tours, hein ?
Quoi qu’il en soit, Jean-Michel Aphatie, il est pour le moins étonnant, que vous n’ayez point abordé ce sujet, fâcheux. Mais, comme je l'écrivais en ouverture de ce billet :
“Il est étonnant, non, ce Jean-Michel Aphatie ?”
Oui.
A ce point, que sa truculence et son "atypisme" ont des limites. Celles que lui imposent les "médias" que, gentiment, il fustige, et sur un plateau de pur divertissement, là où précisément, le journalisme n’est pas. Et ne sera jamais. Ceci expliquant cela. Pisse-vinaigre, ou pas.
13:51 Écrit par Philippe Sage dans Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : révélations sur l'hospitalisation de johnny, jean-michel aphatie, grand journal de canal+, pisse-vinaigre, politique spectacle, couverture médiatique, johnny hallyday, stéphane delajoux agressé, des médias mécaniques donc bêtes |
| |
15 mars 2010
Rions Avec Les Régionales
Ah si ! Il me semble bien qu’il faille en rire, étant donné que, ceusses que les journalistes omni-déférents de la télévision qualifiaient hier soir, et assez grotesquement, de “ténors” refusent d’en pleurer. Pourtant à 53,65% d’abstention (soit 14,48% de plus qu’au premier tour des régionales 2004) il y a de quoi. Tellement c’est triste. Et qu’en valeur absolue, et même en tenant compte de l’abstention ajustée aux deux scrutins de 2004 et 2010, UMP, FN et PS ont perdu, chacun, des millions de suffrages [*]. Une véritable désaffection, une débâcle. Les seuls à progresser, réellement, et très nettement, ce sont les "Verts". Point barre.
Alors oui, on peut dire que cette abstention a surtout pénalisé les listes de la majorité présidentielle, c’est un fait ; il y a dans cette abstention-là, celle des électeurs de la droite traditionnelle, la marque claire et nette d’un désaveu vis-à-vis de la politique du gouvernement, de l’attitude, aussi, du chef de l’Etat ; il y a le signe d’une grande déception, d’une colère (rentrée), et qui sait ce qu’elle peut devenir en deux ans, en quoi peut-elle se muer, mais il n’en reste pas moins que le PS ne sort pas vainqueur de ce premier tour, il n’a pas réussi, alors que le chômage va galopant, que la crise est loin d’être finie, à mobiliser l’électorat, il est en données brutes très en dessous de son score de 2004 (où il faisait liste commune avec le PC). Quant au FN, il peut bien fanfaronner, les chiffres sont têtus, il suffit de les consulter, et zou, c’est encore un bon million d’électeurs qui s’est évaporé. Et rien ne dit qu’ils reviendront. Quand bien même, une présidentielle rameuterait le citoyen, bien plus qu’une régionale ou qu’une européenne, mais là encore, les chiffres sont impitoyables : c’est aux partis dits majoritaires que, généralement, l’affaire profite.
Alors quoi ?
17:19 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Prenez-Nous Pour Des Cons !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : elections régionales 2010, taux d'abstention, scrutin régionales 2010, scrutin régionales 2004, ps, ump, fn, modem, le npa prend une rouste, ils ont voté et puis après ? |
| |











