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12 septembre 2010

Mort D'Un Bon Vivant [Chabrol]

Vidéo ARTE


Oh non, rassurez-vous, je ne vous ferai pas une dissertation sur Chabrol. Il y en a déjà eu tant et tant. Et bien au-delà de nos frontières. Des articles comme s’il en pleuvait, des hommages madame, en veux-tu, en voilà, chacun y allant de sa petite phrase, de son bon mot. Puis-je dire que j’y suis singulièrement allergique, aux communiqués (toujours les mêmes quel que soit l’illustre disparu) et autres témoignages ; ne pourrait-on pas se taire, tout simplement, faire silence …

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19:21 Écrit par Philippe Sage dans Tchi-Tcha ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claude chabrol est mort | | |

24 juin 2009

Fillon IV

Depuis mardi soir, “Fillon IV” est une réalité.

Le pitch est d’une simplicité sans nom : un homme (Nicolas Sarkozy) et son équipe ont pour mission de passer au Napalm les retraites, la sécurité sociale, et les derniers acquis sociaux d’un peuple condamné au chômage.
Ils devront également préparer le terrain dit des “Régionales”, en prévoyance de l’échéance connue sous le nom de code "2012 Now !” en jouant sur la peur, le fantasme des bandes sur-armées menaçant la République monarchique, en éradiquant les dernières poches de molle résistance offertes par une ridicule poignée de présumés socialistes et un ou trois centristes, et en privilégiant, enfin, sans qu’ils s’en doutent mais à desseins, les bolchéviques du NPA, les ultra-nationalistes du FN, et le reliquat écologique prétendu victorieux de juin 2009.

Le scénario est signé Nicolas Sarkozy. D’après nos sources, il est daté du 22 avril 2002.

Les dialogues sont d’Henri Guaino et de Claude Guéant. Avec l’aimable participation de M. Brice Hortefeux et la contribution désintéressée de M. Eric Besson.

La musique n’est pas de Richard Wagner, mais de Didier Barbelivien [*].

L’affiche de cette apocalypse des droits sociaux est la suivante :



J'aime L'odeur Du Socialiste Mort Au Petit Matin ...


Bonne chance !

Vous en aurez besoin …



[*] “Quand j’entends du Barbelivien, j’ai envie d’envahir l’Élysée.” [Bernard-Henri Allen]


PS : Sinon, au cinéma, mercredi 1er juillet, sort : "L'âge De Glace 3" ...

06 mars 2009

Sarkolepsie

Une Crise ... Mais Une Crise De Quoi ?

Depuis quelques semaines, voilà que j’m’inquiète.
Pire, j’effraie mes proches.
Qui me fuient.
Comme la peste.

Je ne sais ce qui m’arrive.
C’est comme une crise.
Mais …

…. Une crise de quoi ?

Ça me prend l’après-midi, quand je suis seul chez moi ; cloîtré.
De silence, hébété.
Je reste là, des heures, devant mon ordinateur, quand soudain, comme habité, pris par je ne sais quel Alien, mes doigts se mettent à frapper sans discontinuer sur le clavier ; à frapper, nerveux, hystériques, toujours et encore les mêmes mots, la même phrase :

Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés …

Et ça dure, et ça dure.
Et je frappe, et je frappe.
Jusqu’à ce qu’un rire, un étrange, un bizarre, m’explose le cassis.

Alors je tombe, je geins, je déraille.
Je délire.

Une crise, vous dis-je.
Mais …

Une crise de quoi ?

Elle reste et me poursuit, cette phrase, toujours la même, et quand vient la nuit, moi, oh moi qui ne prie jamais, de la vie, voilà que, Dieu sait pourquoi, je m’agenouille, net, au pied du lit, et, corps en croix, les dents serrés, machinalement je l’ânonne :

Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés …

A nouveau, il me prend, il me prend fort, le rire, un du genre inquiétant, mais pas fou non, oh non ! Pas encore ! Simplement dérangé, ou malveillant.

C’est une crise.
Mais …

…. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, me dis-je ! Oui, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! Voilà, c’est ça ! Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, et de cette crise, nous sortirons plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés,
Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes rentrés …



[Il eut été plus correct de dire : "Nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés." ... Je sais ! ... Mais Nicolas Sarkozy maîtrise mal notre langue. Pire, il la rudoie.]

15:01 Écrit par Philippe Sage dans Tchi-Tcha ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : the shining, sarkozy nous ment | | |

17 août 2008

" .. Is My Card .."

Dead Ledger

Autant le dire tout de suite, les "Comics" n'ont jamais été ma tasse de thé.
Ces pantins masqués, grotesquement attifés, ne m'ont jamais fait bander.
Ni rêver.

Je préférais, et de loin, l'univers de Pif Gadget, le Lieutenant Blueberry - j'ai une passion sans bornes pour les lieutenants ... -  et la Panthère Rose.

Cela dit quand le "Comics" débarqua au cinéma, en amoureux transi que je suis du 7ème art, je pris mon billet avec le secret et fol espoir d'aimer enfin le justicier volant, d'apprécier à sa juste démesure le zorro des airs et du vent.
Nous étions en 1978 et Richard Donner ("La Malédiction") adaptait "Superman" pour le gros écran.

J'eus de la peine, mais vraiment, pour Marlon Brando.
De la compassion, prémonitoire, pour Christopher Reeve.
Tant tous deux étaient ridicules dans ce redoutable et pathétique navet.

Je me dis que décidément, les "Comics" ça n'était pas mon truc.
Et que ça ne le serait jamais.

Sauf que ..

Sauf que à la fin des années 80 et jusqu'à aujourd'hui, ils revinrent mais cette fois, filmés par la Ligue Une des réalisateurs, Tim Burton d'abord ("Batman", "Batman, Le Défi") puis Bryan Singer ("X-Men" et "X-Men 2") et Sam Raimi (Spiderman 1, 2 et 3). 

Singer et Raimi m'ont réconcilié, mais assez mollement, avec les "Comics".
Films plaisants, mais qui m'en touche une sans faire bouger l'autre.

Quant aux deux "Batman" de Tim Burton ..

Comment dire ?

J'aime le cinéma de Tim Burton, pas tout, une bonne grosse moitié tout de même, mais là, non, non, non et re non !
Je sais, la presse comme le public encensèrent déraisonnablement les "Batman" de Burton.
Je me demande toujours pourquoi !

Prenons le premier avec Jack Nicholson dans le rôle du Joker !
Insupportable Nicholson qui fait, le salopiaud, de ce psychopathe, un phénomène de foire au rire con.
Il cabotine, Jack, il fait son numéro, sa diva, et dénature complètement le personnage, à la base effrayant, du Joker.
J'appelle ça du sabotage.

Quant au second avec Dany DeVito dans le rôle du Pingouin, c'est même plus du sabotage, c'est un naufrage.
Je crois que jamais je n'ai vu à l'écran un personnage aussi irritant, crispant, criard, ridicule !
A la limite j'préfère encore m'envoyer l'intégrale de Lara Fabian !

Quant au Batman, joué par Michael Keaton, il est fadasse, sans relief, insignifiant.

Je passe évidemment sur les deux "Batman" qui suivirent ("Batman Forever" et "Batman & Robin") tournés par ce gros tâcheron de Joel Schumacher, qui ne firent qu'aggraver mon aversion pour les "Comics".

Quand soudain, surgit Christopher Nolan avec "Batman Begins", cinquième opus que je vis récemment en DVD.

Je n'attendais rien de Christopher Nolan, tant ses deux premiers films ("Memento" et "Insomnia") étaient surfaits, surestimés, lourdauds.
Pour moi, Nolan, n'était rien d'autre qu'un faussaire à l'imagination pénible.

Il prouve le contraire, et de fort belle façon avec "Batman Begins".
Enfin, un réalisateur qui s'intéresse à la psychologie de Bruce Wayne alias Batman.
Et même si - pardonne le jeu de mots à balle deux - ça ne vole pas très haut en matière d'analyse freudienne ou lacanienne, on se contente assez bien de cette dualité qui tiraille le héros, le tiraille à ce point, qu'il ne sait au fond où se situe le Bien, où se situe le Mal.
Qu'est-ce que le Mal ?
Qu'est-ce que le Bien ?
Il est intéressant ce questionnement, il est permanent, et fait de Bruce Wayne un schizophrène certifié.
Et là, ça change tout.
Voilà un homme bouffé par la colère, rongé par une envie terrible, celle de se venger, la vengeance pour seule justice, et qui va être formé au combat par des intégristes de l'ordre, en clair par des fascistes.
Voilà pourquoi "Batman Begins" est réussi, tant il est ambigu, quand bien même la fin du film serait épouvantablement longue.
Chiante, pour être cru.

Quoi qu'il en soit, emballé par le Batman de Nolan, c'est en courant que, hier, je me rendais au cinéma voir son deuxième épisode :
"The Dark Knight".

9€30.
Autant le dire, ça les vaut pas.

Car enfin et sans barguigner, si ce film tient la distance, c'est uniquement par une performance d'acteur assez incroyable, celle de Heath Ledger dans le rôle du Joker.
Rarement j'ai vu un méchant aussi impitoyable, cynique, insaisissable.
Il dépasse dans la folie et son envie de détruire, Verbal Kint (Kevin Spacey dans "The Usual Suspects") ou John Doe (Encore Kevin Spacey dans "Seven").
Il est un enfant d'Orange Mécanique de Kubrick.

Le pitch - comme on dit - tient sur un post-it :

"Si Batman ne montre pas son vrai visage, alors moi le Joker, je tuerai aveuglement, sans pitié, avec délectation."

On peut pas faire plus simple et plus basique.
Mais on s'en fout, du pitch, il n'est qu'un prétexte.
Il n'est pas important.
Tout comme Batman.
Et d'ailleurs, qu'il soit incarné par Keaton, Kilmer, Clooney ou aujourd'hui Christian Bale, personne, t'as remarqué, ne s'en émeut.

C'est d'ailleurs ce que lui dit Le Joker :
"Tu n'es qu'un monstre dont tout le monde se fout. A freaks, like me ! .. Ils se servent de toi. Mais quand il n'y aura plus de délinquance à Gotham City, ils te rejetteront."
Et il a raison.

Il est fascinant, Heath Ledger en Joker.
Il nous happe.
Carrément.

Il ne représente pas le Mal, mais le chaos.
Il détruit par plaisir, il ne sait QUE détruire, et peu importe que ce soit un hôpital, un homme ou un chien, c'est pareil pour lui.
Rien n'a de valeur.
Voilà pourquoi il est insaissisable : il n'a aucune valeur !

Et on s'ennuie ferme quand il n'est pas à l'écran.
On applaudirait presque quand il réapparaît grimaçant, se pourléchant les lèvres avec sa langue.

On reste sur sa faim quand se termine le film.
Non pas à cause du final ; au contraire !
Vu que pour une fois, dans un Blockbuster, le bien n'est pas vainqueur !
Tant il est impossible de rivaliser avec le machiavélisme du Joker.

Non, si l'on reste sur sa faim c'est que l'on comprend que Nolan avait dans l'idée de nous offrir une autre confrontation entre le Batman et le Joker.
Sauf que ce ne sera pas possible.
Vu qu'il est mort, Heath Ledger.
Et franchement, il faudrait être fou, ou bien stupide, pour lui trouver un remplaçant.

Une dernière chose :

Ne vois surtout pas ce film en VF !
Le saligaud qui double Heath Ledger salope carrément son jeu d'acteur.
Vois-le en VOST, par respect pour la performance du comédien génial qu'il était.
Et je te jure qu'elle te poursuivra longtemps, la voix du Joker.

La folie de Heath Ledger


 
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