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05 décembre 2011

Aux Chiottes, Le Vote Utile !

Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.

Commercial.jpgOr donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui,  en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».

Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…

… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.

Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?

Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.

Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.

Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.

Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !

Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque,  dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.

Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués.  Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.

Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !

 

20 juin 2011

Pourquoi Marine Le Pen Ne Sera Pas Au Second Tour De La Présidentielle…

Instinctivement, je me suis dit : « Mais qu’est-ce qu’il raconte ? »... Lui qui, d’habitude, est réputé pour son flair. Politique… Flanqué de son conseiller à qui on ne la fait pas, le redoutable Buisson... Oui, je me suis dit, épidermique, Nicolas Sarkozy, sur ce coup-là, il est à côté. De la plaque… C’est à se demander à quoi ça (lui) sert d’avoir « cinq ou six cerveaux parfaitement irrigués »... Ou alors, c’est de la méthode Coué de compétition. De l’auto-persuasion…
Et puis, non.
Il se pourrait bien qu’il ait raison…

Théorème-de-Sarkozy.jpgMais entrons dans le vif...
Dans le quotidien Le Monde en date du jeudi 31 mars 2011, les journalistes Raphaëlle Bacqué et Arnaud Leparmentier nous rapportent une réflexion présidentielle qui, a priori donc (et comme je le supputais en liminaire), semble déconnectée de la réalité. L’actuelle.
La voici :

Malgré les sondages, le président refuse de croire à la présence de la présidente du Front National au second tour : « le 21 avril 2002 a vacciné les français » a-t-il récemment assuré à l’un de ses visiteurs.

« Le 21 avril 2002 a vacciné les français »…
Mais comment peut-on affirmer une chose pareille ?... Enfin, depuis 2002, bien de l’eau et une crise (« sans précédent ») ont coulé sous les ponts… Des élections intermédiaires (qui sont autrement plus significatives que n’importe quel sondage) ont démontré que le Front National s’était considérablement remplumé... Qui plus est, partout en Europe, on observe, dans les scrutins, une percée de l’extrême-droite… Nonobstant, la zone euro semble partir à vau-l’eau. Y’a comme du roulis. Et pas des riquiquis… Sans compter le slogan "UMPS" qui fait flores et… Les « déçus du sarkozysme ». Or qui sont-ils ? Je veux dire, quels sont ceux qui pourraient être déçus de la politique menée par Sarkozy sinon ceux qui, en 2007, lui ont apporté moult suffrages ? Et dans ceux-là, les « siphonnés ». Ces électeurs ayant voté Le Pen père en 2002. Séduits en 2007 par un ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale, et quelques saillies comme : « La France, on l’aime ou on la quitte ».

Bref, en un mot comme en cent, il y aurait tant et tant de raisons de croire, oui, à la présence du Front National au second tour de la présidentielle de l’an prochain. Un nouveau 21-avril.
Alors, qu’est-ce qui peut bien conduire Nicolas Sarkozy à ne pas y croire ? A cette piqûre de rappel…

La réponse est simple : ce sont les sondages.

Ce sont eux, les sondages et leurs instituts qui, paradoxalement, pourraient « éliminer » Marine Le Pen.
Et pourquoi ?
Eh bien, parce que le 21-avril, pardi !
Ce n’est pas un fantasme le 21-avril, vu que c’est déjà arrivé.
« Un coup de tonnerre » même que c’était.
Et toute la théorie de Sarkozy est construite là-dessus : parce que les français l’ont vécu, ils feront en sorte de ne pas le revivre.
Et QUI peut les aider à ne pas le revivre ?
Les sondages, messire !

Imaginons…
Nous sommes à une semaine du 1er tour. Et plusieurs instituts de sondage nous affirment que Marine Le Pen pourrait être au second tour. Ce qui signifie qu’un des deux partis dominants, PS ou UMP, n’y serait pas.
Que croyez-vous qu’un électeur de droite ou de gauche fasse dans cette éventualité ?

Eh bien, il va voter « utile ».

Plutôt que de donner sa voix à Borloo, Villepin ou Boutin, d'aucun va reporter son suffrage sur Sarkozy (quand bien même, en serait-il un « déçu »). Et de l’autre côté, quelques-uns s’apprêtant à donner du bulletin à Mélenchon, au NPA ou à LO, se rabattront in-extrémis sur le candidat du PS.
Et la raison est évidente : aucun des deux camps n’acceptera que son champion soit éliminé dès le 1er tour… Qui voudrait (re)vivre cette humiliation ?

Si en 2002, les sondeurs nous avaient placé Jean-Marie Le Pen au second tour, vous pensez vraiment que Jospin aurait été « éliminé » dès le 1er tour ?... Allons ! Bien sûr que non ! Il y aurait eu une mobilisation pavlovienne de l’électorat de gauche en faveur du Premier ministre ! Des électeurs pensant voter Taubira ou Chevènement (voire : Mamère, Hue, Besancenot, Laguiller), auraient tourné casaque. Et sans états d’âme.

D’autre part, et même si, à un an de l’échéance, les sondages ne valent pas tripette, quand en mars dernier, une enquête en ligne effectuée par l’institut Harris Interactive donnait – et pour la première fois – Marine Le Pen présente au second tour dans tous les cas de figure, qu’a-t-on observé les semaines suivantes ?
Eh bien, ce qu’on peut considérer comme un « vote utile virtuel ». Et vlan ! Dans les enquêtes qui suivirent, Marine Le Pen rétrogradait. Pour se retrouver en position de « troisième homme ».

Alors bien sûr rien ne dit que cet effet de « vote utile » jouera l’an prochain.
Et puis, l’électeur est libre de son choix, non (Ah ! Ironie quand tu me tiens !) ?
Il fait ce qu’il veut avec son bulletin, une fois dans l’isoloir.
Il s’en moque bien des sondages, le citoyen… N’est-ce pas ?...

… J’entends, c’est curieux et marrant à la fois, d’aucuns qui en doutent… C’est intéressant... Les sondages, grand dieu dans un pays laïc, feraient-ils une élection ?
Telle est la question.

Quoi qu’il en soit, Nicolas Sarkozy, lui, le croit.
Et pour une fois – comme quoi tout devient (mais un peu tard) effectivement possible – je serais tenté de lui donner raison.


09 mars 2011

La Peur Du « 21 Avril » Ou L’Impuissance Révélée De Notre Classe Politique

Et voilà ! Ça vacille, cède à la panique, déjà que ça n’allait pas fort dans les états-majors. Il aura suffi de quelques sondages et bam ! On appelle au « rassemblement » à gauche, au « vote utile » ; on petit-déjeune à droite avec le honni d’hier, on dragouille le centriste, et allez donc ! … La raison de toute cette agitation : la peur. Celle d’un « 21 avril » à l’envers, à l’endroit, total, définitif.
La peur, cette mauvaise conseillère.

CharlieHebdo-28mars2007.jpgIl est, à ce propos, intéressant, ô combien édifiant, de constater que cet argument, ce chiffon qu’on agite, la peur, est utilisé pour tout, ou à peu près tout. C’est assez révélateur de la société dans laquelle nous vivons. Cette peur est tellement présente, quotidienne, que désormais le seul projet politique qui nous est proposé c’est : nous protéger.
Nous protéger des « flux migratoires », nous protéger de la « mondialisation » , nous protéger de la « violence », nous protéger du « chômage », nous protéger de tout en fait ...
Fut un temps, l’on nous proposait plutôt un avenir, des perspectives, un chemin, des solutions. Bref, de quoi s’enthousiasmer, se projeter. Et même si ces promesses (de lendemains qui chantent) n’étaient pas honorées, pas toujours, qu’elles se heurtaient à une réalité économique, à l’imprévisible, à la guerre, elles donnèrent force, espoir, volonté. Elles libéraient les énergies, comme on dit. Celles vives du pays.
En renonçant à cette voie, celle d’un projet d’avenir, véritable, pour nous proposer un programme, et un seul, consistant à nous assurer « protection », le politique nous incite à l’apathie, nous ankylose, nous enferme, mais aussi, nous infantilise.
Nonobstant, en assurant qu’il (le politique) va « nous protéger », il confirme, au fond, que nos peurs sont fondées. Et s’il nous dit : « N’ayez pas peur ! » c’est parce qu’il n'a pour seule ambition que de se présenter comme notre protecteur.
En vérité, cette attitude, démontre l’impuissance de notre classe politique. Si elle en est réduite à nous assurer « protection » et rien d’autre, c’est bien là, oui, une preuve (de plus) de son impuissance.
Ce premier constat est déjà bien inquiétant, mais si en plus, cette même classe politique cède à la peur, alors nous courons droit vers le séisme annoncé.

Or donc, cette peur qui saisit la classe politique, c’est celle d’un nouveau « 21 avril ». Peu importe dans quel sens, endroit, envers, il faut « se protéger » de cette éventualité. Non pas « nous protéger », nous le peuple, d’un « 21 avril », mais « s’en protéger elle », ne pas en être l’une des victimes. Ne pas être le cocu, le Jospin de 2012.
On aurait pu espérer que la vague sondagière (contestable ou pas dans la méthodologie, peu importe) incitât les différents partis, notamment les deux dominants, PS et UMP, à répliquer sur le plan des idées, des projets. Mais là encore, il n’en fut rien. Autre preuve de leur impuissance. Nous eûmes droit à des « petites phrases », des accusations, c’est de la faute à Sarkozy, c’est en grande partie de la responsabilité des socialistes, bref, nous eûmes droit à des gamineries. C’est à la fois indigne et désespérant. Et ça fait « peur » surtout. Cercle vicieux. Dont, bien évidemment, profitera une nouvelle fois, Marine Le Pen.

Mais comment se traduit-elle, cette peur d’un « 21 avril » ?
Par la réduction de candidats à droite comme à gauche. En « simplifiant » l’offre politique.
A droite, on prie M. de Villepin de ne pas se présenter. On appelle les centristes (Morin, Borloo) à la raison. L’argument ? Moins il y aura de candidats à droite, et plus Nicolas Sarkozy fera le plein de voix au premier tour. C’est beau, non, les mathématiques modernes ? [1]
Mais c’est exactement la même chose à gauche. François Hollande, visiblement paniqué, appelle tous les jours au rassemblement de la gauche, dès le premier tour. Il milite pour une candidature unique. Souvenez-vous, 2002, martèle-t-il, Taubira, Chevènement, et pour quel résultat ? Ne rééditons pas cette erreur. Sauf que, ce n’était pas une erreur. C’est juste que Lionel Jospin a raté sa campagne. Mais allez expliquer cela à quelqu’un qui a peur ! A ce point, qu’il en oublie les électeurs. Tout comme la droite les oublie, aussi.

Ce n’est pas en réduisant le nombre de candidats, que l’UMP et le PS, contreront le Front National. Je serais même tenté de dire : au contraire !

Certes, pléthore de candidats ne signifie pas grand-chose. Ce serait même une plaie pour la démocratie. En effet, 16 candidats pour une présidentielle, ça n’est pas sérieux. Il ne s’agit pas d’élire un député ou un maire, bon sang ! mais celui va présider le pays pendant cinq ans. 16 postulants pour une telle fonction, ça n'est pas crédible. Tout comme, au passage, il ne peut y avoir pléthore de candidats pour une Primaire, fut-elle socialiste ! Deux (voire trois) me semble être le maximum. Au-delà, ça relève plus du cirque, de la téléréalité qu’autre chose [2].

S’agissant d’une présidentielle, il est normal, me semble-t-il, que les différentes sensibilités politiques fassent entendre leurs voix. Ainsi, les centristes, les souverainistes, les écologistes, l’extrême-gauche, l’extrême-droite, le PCF, le PS, l’UMP ... L’on me dira que certains sont compatibles, solubles, certes, mais ça, c’est l’étape suivante, celle du second tour.
M. Hollande et M. Sarkozy souhaiteraient-ils que nous fassions l’économie d’un premier tour, ou d’en réduire drastiquement l’offre, au seul motif que, mon dieu ! Marine Le Pen pourrait les devancer ? Est-ce ça, la démocratie ? N’est-ce pas plutôt une façon de la confisquer au peuple ? Et d’ailleurs, cette façon d’agir, que révèle-t-elle, sinon, outre la peur, une méfiance envers le peuple ? Un mépris, d’une certaine façon.
Là encore, c’est Marine Le Pen qui en tirera gros bénéfice.

Ce n’est pas par la peur qu’on vainc, c’est par le courage. C’est en proposant un avenir, un projet, un chemin. Fussent-ils difficiles.
Ce n’est pas en faisant peur, qu’on gagne le cœur du peuple, c’est en démontrant sa puissance, sa volonté.
Ce n’est pas en infantilisant « les gens » qu’on conquiert leur confiance, mais en les élevant, ou – comme ce fut dit trivialement – « en les tirant vers le haut ».
Le peuple ne veut pas d’un protecteur, il ne veut pas être protégé, il veut qu’on l’entende et qu’on le respecte.
Le peuple ne demande pas mieux qu’adhérer à un projet. La peur, n’en est pas un. A fortiori, « les peurs ». Et à trop jouer avec, il est évident, voire inéluctable, que la sanction sera terrible.

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15 février 2011

Les Zozocialistes

Ce qu’il y a de chouette avec les socialistes, c’est qu’on les voit venir de loin. De très loin.
En revanche – et c’est là le truculent – c’est que, eux, ils ne nous voient pas venir. Du tout. Ni de loin. Ni de près.
Pourtant, ils devraient commencer à se douter d’un truc, ces « socialistes » .. C’est que, dites ! Ça fait quand même depuis 1995 qu’ils nous servent et jouent la même tambouille !

Les-Compères.jpgTenez ! prenons ce … – comment dire ? – ... ce pacte (ou clause) de non-concurrence convenu entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ... C’est cocasse, non ? Oh que si .. Parce que, sur le papier, ça donne quoi ?
Si Aubry est candidate aux Primaires, DSK ne le sera pas. Et si DSK l’était, Aubry ne le serait pas.
Merveilleux, non ! Ça, c’est de la camaraderie de compétition !
En vérité, ça ne se danse pas du tout comme ça.
Car tout dépend (donc unilatéralement), de la décision de DSK. Et non d’Aubry.
Or donc, le : « Si Aubry est candidate, DSK ne le sera pas » ça marche pas. Seul vaut : « Si DSK est candidat, Aubry ne le sera pas ».

Et alors ?

Eh bien alors, pas besoin d’être grand clerc pour deviner la suite du programme :
« Si DSK est élu président de la République, Aubry sera nommée Premier Ministre ».
Et il y a fort à parier, que l’inverse fonctionne.
Ce n’est donc pas un pacte de non-agression, mais un arrangement entre « bons amis ». En fait, il faut lire :
« Si tu es candidat(e), je serai ton (ta) Premier ministre ».
Voilà le contrat. Le « deal ».

Bon, je vous passe une autre possibilité, bien plus drôle encore :
« Si DSK n’est pas candidat alors … une bonne douzaine de socialistes (dont Pierre Moscovici et Gérard Collomb) le sera ».
Ce qui explique, dès lors, que nombre de barons et autres notââââbles – Ce qui, au passage, est un bon résumé du PS : un Parti de barons et de notâââââbles – font tout leur possible pour que « DSK y aille ». Sinon, c’est le merdier, la foire, le gros fight.

Vous me direz, oh ! mais c’est de la tambouille politicienne, de la tactique, après tout ça les regarde … Pas faux … Mais tout de même, ce qui saute aux yeux et assez violemment, c’est que cet arrangement entre Mme Aubry et M. Strauss-Kahn se fait sur le dos … des autres candidats potentiels. Une manière comme une autre de forcer le scrutin des Primaires.
Si j’osais, je dirais que nos deux compères ont décidé de bourrer les urnes avant, tant pendant, et l’on s’en souvient, ça eut posé quelques problèmes.
Oh, vrai, il n’y a rien d’illégal, ça est juste de la stratégie … N’empêche qu’elle soulève, et comment, une question que voici : et le projet, outre « 'Faisez' pas les cons, votez DSK (ou, si nous n’arrivons pas à le convaincre : Aubry) », c’est quoi donc ? Le projet pour le pays ? Où qu’il est, le projet, la substantifique moelle ?

J’ai cru comprendre – mais arrêtez-moi si je me trompe – qu’il était en cours d’écriture. Mais par qui ? … Aubry et son « équipe » ? … Cela semblerait logique puisqu’elle est Secrétaire générale du Parti … Notez que dans ce cas, c’est encore une incitation de plus à voter Aubry ou DSK. Vu que DSK et Aubry, c’est la même chose. Si ça n’était pas la même chose, ils n’auraient pas conclu cet arrangement ... De fait, pour quelles raisons étranges le « sympathisant de gauche » irait donner, en octobre prochain, son suffrage à une Royal, un Hollande (candidat non-déclaré pour le moment), un Montebourg ou un Valls ? Pour foutre la merde dans ce joli plan bien organisé par le duo DSK/Aubry ? Voilà qui ne serait pas très urbain, mon « sympathisant » !
Cela dit, s’il en avait l’intention, de mettre le boxon, on lui fait (déjà) comprendre qu’alors, il porterait l’entière responsabilité de la défaite de la gauche (en réalité : des socialistes – que « ces gens-là » soient gentils, et laissent la gauche à la gauche) aux présidentielles de 2012. Habilement, soi-dit en passant. En répétant qu’il faudra voter pour « le candidat le mieux placé ». Comprendre : celui qui a, dans les sondages, le plus de chances de battre Sarkozy.
Or, là aussi – pour le moment – les deux candidats « les mieux placés » sont : DSK et Aubry.
Avouez que ça commence à faire beaucoup. On pourrait même se demander pourquoi le PS organise des Primaires ? … Pour occuper l’espace médiatique ?

Nonobstant, cette histoire de « candidat le mieux placé » pose un autre problème.
Vous allez me dire que je suis naïf comme trois Jospin, mais le « sympathisant de gauche » n’aurait-il pas plutôt intérêt à voter pour … le « meilleur projet » ?
Oh, je comprends fort bien que le but (à peine caché) des socialistes soit de battre Sarkozy en 2012, qu’itou cela ferait super plaisir à tous ceux (de gauche ou pas) qui veulent le voir partir, mais de là à ce que ça devienne LE projet, c’est léger - mais je vais y revenir.
D’autre part, quitte à ce que ce soit une histoire de personne(s), ne vaudrait-il pas mieux voter pour la plus apte, la plus résistante (tant c’est un combat de tueurs, une présidentielle) la plus strong, celle qui déplacera la foule, la galvanisera, la conquerra, par son audace et sa fougue, plutôt que pour « la mieux placée » ? … Tant « le mieux placé » d’aujourd’hui peut être « le mal placé » de demain (ex : Royal, Jospin, Balladur, Barre, et même Giscard) en vertu du fait que, dès lors que la campagne est lancée, on voit le candidat à l’ouvrage. Et boum, patatras …

Qui plus est, compter sur le seul rejet de Sarkozy, ne sera pas suffisant.
En premier lieu, parce que cet homme est imprévisible, je veux dire qu’il est capable de tout (mais vraiment de tout !) y compris retourner la situation.
Et c’est là qu’on en revient au « projet ». Dont Sarkozy, remettant son titre en jeu [*], n’a pas à s’encombrer. Tout comme Mitterrand n’en avait pas besoin en 1988.
En revanche, les socialistes, en ont besoin, eux. Pour conquérir le pouvoir par le peuple.
Je sais, je sais, ils sont en train de l’écrire, de le peaufiner, sauf que, ça n’est pas un projet : ce n’est qu’une collection de propositions élaborées uniquement en réaction à la politique menée par le pouvoir en place. Un « projet en réaction », j’appelle ça ..
Eh bien ça ne sera pas suffisant, non plus.
Clairement oui, c’est un programme d’opposition (au sarkozysme) que nous proposent Aubry et DSK. Pas un projet pour la France. Ça manque d’imagination, d’idées, de souffle, d’innovations, de création, de jeunesse, de beauté, d’envies, de rêves même ... Bref, ça manque de tout, et a fortiori, de gauche… C’est triste et sans relief. C’est fait de rustines et de pansements.
Alors, on camoufle tout ça avec des Primaires fictives (puisque bien cadenassées, comme précédemment expliqué) ; avec cette histoire de « candidat le mieux placé » (les sondages faisant de plus en plus l'opinion et détricotant la réelle démocratie) ; l’inévitable « vous aussi, hein, vous n’avez pas envie de prendre 5 ans de plus avec Sarkozy » ; sans parler de cette vaste fumisterie de « vote utile » (qui est aux socialistes ce que la sécurité est à Sarkozy : un fond de commerce ; le même, celui de « la peur »).

Certes, on n’en peut plus de M. Sarkozy, mais quand même, le projet, c’est ..
Oh, mais le projet, on verra une fois sur place. Et puis, eh ! DSK, avec un boulot de président du FMI sur son CV, c’est pas l’assurance de s’en sortir, ça ? C’est pas un gage de sérieux ? ..
Peut-être (encore que ..) mais où qu’il est le socialisme dans votre packaging ? Où sont les idées de gauche ? Le souffle. Celui qui donne force et espoir.

Non, tout ça, c’est de la tambouille, de l’arrangement, de l’habillage : c’est Pepsi qu’on nous vend et vante pour, l’an prochain, battre Coca.
Et c’est moins un parti politique qu’une bande de zozos qui nous propose ce « deal ».
Les zozocialistes.
Ceusses qu’on voit venir de loin avec tout leur fric-frac politicien.
Mais qui, eux, sûrs de leur « produit », et confortablement installés dans leurs bureaux de barons, de notââââââbles, ne voient (encore) pas ce qui les attend : une déroute de plus.


[*] Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2012.
Comme dirait le candidat de 2017, le désopilant Jean-François Copé, « on va arrêter de se mentir », n’est-ce pas ..
On va surtout arrêter de prendre les français pour des benêts au carré avec des minauderies du style :
« Je sais pas, m’sieur Pujadas .. et puis vous savez, Président de la République, c’est un métier très difficile, mâme Ferrari … Mais bon, je me déciderai à l’automne.. » ..
A d’autres, ces salamalecs !
Car, si nous sommes passés du septennat au quinquennat, c’est justement pour permettre au président de « pouvoir faire » deux mandats consécutifs en vertu du fait que dix ans c’est moins pénible (pour le peuple) que quatorze. Et il faudrait vraiment un évènement d’une gravité extrême (haute trahison, par exemple) pour que le Président en exercice renonce à « remettre son titre en jeu ». Alors ça va, maintenant …

 
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