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17 mai 2011

De Ben Laden à Strauss-Kahn (Ou : D’une « Situation Room » à Une Autre)

Deux évènements rapprochés dans le temps (1er mai/14 mai 2011). Un pays commun : les Etats-Unis. Dans un cas (Ben Laden), pas d’image. Dans l’autre (DSK), le trop-plein. Mais dans les deux cas, une couverture médiatique hors-norme, puisque ne traitant que d’un sujet et un seul en flux tendu – je pense notamment aux chaînes d’infos telles que LCI, BFMTV et i>télé.
Comprenez bien qu’il ne s’agit nullement de mettre sur le même plan deux hommes, mais (d'interroger) deux traitements de l’information. Et des termes employés, souvent similaires. D’où, la gêne.

DSK-Room-2806-live.jpgJe tiens tout d’abord à dire que je ne veux pas, ici, aborder les « faits » qui ont conduit à l'arrestation puis l’inculpation et l’incarcération du Directeur Général du FMI. Ce n’est pas le sujet (pas même sous-jacent) de cet article... J’observe, comme vous, je lis aussi, tout ce qui se dit, s’élucubre, et c’est, avant tout, la nausée qui me saisit. Notamment quand je découvre les commentaires des internautes sur les différents sites en ligne contribuant à alimenter l’idée, qu’effectivement, Internet serait une « poubelle », voire : une « saloperie » [1]… Ceci étant, les saillies, et autres remarques, d’un Yvan Rioufol, Olivier Mazerolle, Bernard Debré et consorts ne valent guère mieux. Les internautes n’ont pas le monopole de la dégueulasserie... Oui, je dis « les internautes », et non « certains internautes », car l’attitude de « certains » rejaillit sur « tous les internautes ». Bref…
Je ne m’attacherai donc pas aux « faits », car je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans la chambre 2806. Et vous ne le savez pas non plus. Seules, et a priori, deux personnes le savent : Dominique Strauss-Kahn et la « femme de chambre de 32 ans ». Désormais c’est à la justice de trancher. Point barre. En espérant que « justice sera rendue » et non « faite ». Tant nous connaissons, désormais, la différence

Or donc, je ne veux parler que du traitement médiatique.
Hormis le fait qu’il soit – à mon sens – totalement hystérique et disproportionné (aussi bien dans le cas de Ben Laden que de DSK) est-ce le temps si rapproché de ces deux « évènements » qui conduit les journalistes à les traiter de la même façon ou quasi, et surtout – plus gênant – en employant, parfois, les mêmes termes ?

Premier point : à partir du moment où l’information « tombe » toute autre est zappée. Toutes les chaînes d’infos en continu passent en mode « Ben Laden » ou « DSK ». Ce qui peut survenir, ailleurs, dans le monde, n’est pas traité. Au nom de quoi ?... Certes, nous avons là une « information » majeure, mais qu’est-ce qui peut bien motiver une rédaction à décider que seule celle-ci occupera l’antenne pendant quarante-huit heures ?... Nonobstant, quel peut bien être le degré de recul (essentiel, pourtant, dans le métier de journaliste) que les intervenants (y compris, extérieurs) peuvent alors avoir sur ledit « évènement » ; sinon proche de zéro ?... Bref, quelle crédibilité accorder à ce qui se dit et se montre [2] dans une telle configuration ?
En réalité, nous sommes moins dans l’ « information » que dans le « scoop ». Un « scoop » dont on tire le fil jusqu’à plus soif.
De fait, et fort malheureusement, Ben Laden et DSK ne sont plus des sujets d’information qu’il convient de traiter avec toute l’acuité possible et le recul nécessaire, et finissent par se retrouver placés sur un même plan car traités, déroulés, disséqués, pareil.
Or, ils n’appartiennent pas au même champ, ils ne sont pas un même sujet.

Deuxième point : il découle du premier. A partir du moment où vous décidez d’une configuration – et nous avons vu qu’elles étaient identiques dans le déroulé, la forme, etc. – vous êtes amené à employer des termes similaires ou jumeaux (c’est purement mécanique).
Ainsi, par exemple (mais il y en aurait tant à citer !) assez vite les différents journalistes ont évoqué « les zones d’ombres » concernant l’ « assaut » des Navy Seals. Ils emploieront la même rhétorique à propos de DSK.
Dans le « récit » fourni par la police New-Yorkaise (qui, comme celui de l’ « assaut » contre la résidence de Ben Laden, varie dans le temps : Ben Laden était armé, puis ne l’était plus ; l’agression au Sofitel a eu lieu à 13 heures, puis finalement à midi…), il y aurait des « zones d’ombre » tout comme il y en avait dans le « récit » délivré par John Brennan, le conseiller de Barack Obama pour l’antiterrorisme. On pourrait alors espérer que, puisqu’il y a des « zones d’ombre », le journaliste français va se muer en Bob Woodward et mener son enquête, investiguer comme l’on dit, donc aller sur le terrain. Mais pas du tout ! Il se contente, en plateau, d’énumérer les points, émettant des hypothèses, y compris les plus farfelues [3]. Ceci étant, c’est logique. Puisque nous sommes dans le « scoop » et non dans l’ « information » - Seuls, les envoyés spéciaux aux Etats-Unis maintiennent un semblant d’information. C’est peu.

Troisième point : et c’est peut-être le plus important.
Qui fournit les « informations » ? Les « récits » ? Les images ? Les différentes autorisations ?
Dans les deux cas (Ben Laden, DSK), ce sont « les américains ». Il n’y a pas, là, une « identité » journalistique française. Elle est d’une certaine façon assujettie, et devient, dans le moins pire des cas, une petite CNN, dans le pire du pire, une énorme Fox News (je pense là, à BFMTV).
Et c’est ainsi, entre autres, que nous apprîmes que DSK s’était offert une suite à 3000 dollars. Aucun journaliste français n’a cru bon vérifier cette info incroyable, sans doute parce qu’il était resté sur les histoires de Porsche et de costards. Pourtant, un Sofitel qui propose une suite à ce tarif, c’est assez curieux... Un simple coup de fil (ou une vérification par Internet) aurait suffi à se rendre compte que cette information était fausse... La question est double : pourquoi les journalistes français n’ont pas effectué cette vérification ? Pourquoi les « autorités américaines » ont-elles « propagé » cette fausse info ? Dans quel but ?
C’est également ainsi que nous avons pu voir, lundi 16 mai, sur TOUS nos écrans de télévision (et dans la presse) un DSK menotté, suivi, plus tard, de sa comparution (filmée) au tribunal. Ce qui serait impossible en France. La loi l’interdisant (ne serait-ce que pour respecter la présomption d’innocence)... A aucun moment, les journalistes français ne se sont posé la question de savoir s’il était déontologiquement convenable de diffuser ces images. Pis : ils les ont diffusées en boucle. Ce qui nous amène au quatrième point. Qui dépasse le champ journalistique, sans l’exclure.

Quatrième point : les images. Il n’y en a pas eues de Ben Laden. Pourquoi ? Parce que : « Un homme mort n’est pas un trophée » et que, de surcroît, les photos sont « atroces » (Dixit Obama).
Un « homme vivant » (« inculpé » mais « présumé innocent ») arrêté par la police américaine semble, en revanche, en être un, de « trophée ». On l’expose, menotté, aux photographes du monde entier, on autorise les caméras à le filmer (en gros plan constant) au tribunal.
Il est intéressant de noter, en France, les différentes réactions à ces images :
« sidérant », « insoutenable », « violent », etc.
Bref, on n’est pas loin de l’ « atroce » (donc, théoriquement, de ce qui ne peut être montré).
De là à penser que « les américains » font avec DSK ce qu’ils se sont refusés à faire avec Ben Laden, de façon tout à fait assumée, consciente, et dans un but très précis, il n’y a pas loin...
Et je passe sur les Unes des tabloïds sur DSK qui, quelque part, pourraient nous ramener, ou font curieusement écho, aux (indécents) « USA ! USA ! » qu’hurlaient certains américains quand ils apprirent « la mort » de Ben Laden... Il y a là, quelque chose de troublant. De gênant… La symbolique du « trophée » s’applique à DSK, mais pas à Ben Laden... On peut s’interroger, tout de même, sur ce point. Les motivations… Et ce n’est sûrement pas un hasard, au passage, si Harlem Désir, lundi, a déclaré que le PS n’était pas « décapité, ni affaibli ». Est-ce son inconscient qui a parlé ? Car, c’est très exactement les termes qu’avait employés Barack Obama, puis la presse, après l’exécution de Ben Laden.

A vrai dire, nous sommes, ou nous étions, ces dernières quarante-huit heures dans la « situation room »... Nous devions, en regardant toutes ces images de DSK, faire les mêmes têtes qu’Obama, Clinton et leurs divers conseillers visionnant « en direct » l’ « assaut » donné par les Navy Seals. Il y a comme un effet miroir. Une similitude... Et, elle est grandement entretenue par le traitement médiatique (et les « américains »). Voulu ou non, mécanique de toutes les façons. Car il s’agit bien d’une mécanique (médiatique). Infernale. Qui fait que, nous pouvons parfois superposer les deux « évènements » dans leur déroulé, la façon de les présenter au public... Ben Laden et DSK, traités (presque) de la même façon... Et c’est, sans doute, ce qui peut expliquer la gêne que l’on ressent. Le malaise. Parce que Ben Laden et DSK, ce n’est quand même pas la « même chose ».

Enfin, derrière remarque :
Il y a dans les deux cas, Ben Laden et DSK, des « théories du complot » qui fleurissent, et pas seulement sur Internet. Dans la « vraie vie » aussi.
Autre point commun, donc.
Mais ces « théories du complot » ne sont-elles pas consécutives au traitement médiatique ? Je veux dire, par là, que le traitement médiatique de ces deux « évènements », qui relève plus du « scoop » (avec ses « zones d’ombre ») que de l’information, ne conduit-elle pas inéluctablement à la recherche d’une autre « vérité » ?
Les journalistes seraient bien inspirés de se poser la question, si tant est qu’ils s’en posent encore. A vrai dire, cette façon jumelle, cousine, de traiter deux « évènements » (aussi différents de nature) tendraient à démontrer qu’ils ne s’en posent plus beaucoup.



[1] Il est tout de même assez incroyable que des sites comme ceux du Figaro, du Nouvel Observateur, du Parisien, de Libération, etc., etc., n’aient pas une équipe de modérateurs affutés, réactifs, vigilants... Il n’est pas possible de continuer ainsi. A laisser passer des commentaires indignes, indigents, qui relèvent de la haine, du lynchage, de la bêtise la plus crasse, du déversoir. Il est urgent de mettre un terme à cette « poubelle ». Sinon, ne venons pas nous plaindre demain, et bien hypocritement, au nom de la liberté d’expression (en plus !), que des lois viennent museler l’Internet... A vrai dire, nous les aurons bien cherchées.

[2] On se souvient de l’image d’un Ben Laden mort (le fameux fake) diffusée par l’ensemble des chaînes françaises, chaînes qui, le soir, se sont platement excusées. Excuses qui sont à peine recevables, voire : pas du tout recevables. Parce qu’en réalité, en flux tendu, comme je l’ai dit, « ils » ne se posent plus de questions (déontologiques). Ils font la course « entre eux ». C’est au premier qui diffusera telle image, telle déclaration. Et, en boucle, bien sûr. Ce n’est donc pas une simple erreur, mais une erreur répétée à l’envi. Avec des conséquences, parfois, dramatiques. Irréversibles. Notamment dans l’opinion. Entre autres (car, qui peut dire ce que va devenir, ou faire, l’homme DSK, après ce traitement ? qu’il fût innocent ou coupable…).

[3] Il est croustillant de noter que c’est le même journaliste qui, par la suite, se gaussera de toutes « les théories du complot pullulant sur le Net » alors qu’il est quasiment le premier à les alimenter par, justement, des hypothèses farfelues. Et ça vaut autant pour les affaires « Ben Laden » que « DSK ». A vrai dire, il me semble que nous avons eu droit à tout, y compris au pire... Dans ce registre, du pire, je crois qu’Olivier Mazerolle est assez imbattable.

11 septembre 2008

Lâcher De Fenêtres

Rions Avec Windows

Or donc, ce soir, vers 19h12, alors que je tapotais frénétiquement sur mon clavier, voilà que SOUDAIN mon écran s'évanouit, puis prend une horrible couleur bleu où s'inscrivent des caractères tout aussi horribles m'informant qu'il y a comme un - je cite - "damage" dans mon système d'exploitation.
Windows Vista, en l'occurrence.

Serait-il possible, me demandai-je à moi-même, que ça chie dans le ventilo de ma Tour un .. 11 septembre ?!?

Dois-je composer le numéro de Jean-Marie Bigard pour obtenir une explication "plausiblement" farfelue (Mais surtout conne comme lui ..) à cet étrange et pour le moins flippant phénomène ?
Ou faire appel à Marion Cotillard et sa cervelle d'oiseau ; de piaf quoi ?

Fort heureusement le destin m'épargna cette double peine.
Mon unité centrale redémarrant miraculeusement.

Je retrouvai mon bureau avec en fond d'écran ma naïade emmaillotée, et de dos barbotante dans un océan noir et blanc.

Windows m'apostropha vigoureusement par le biais d'une fenêtre - d'où je présume son nom de Windows - fenêtre dans laquelle il était spécifié que Windows - oui comme Alain Delon, Windows se la pète à la troisième personne du singulier - que Windows, disais-je, s'était anormalement interrompu et me proposait d'en connaître la cause ...

... Ou pas !

Parce que, oui, ce qu'il y a d'épatant avec ce système d'exploitation, c'est que si tu ne veux pas savoir, tu peux !
Il te laisse le choix, à défaut de ne pas l'avoir eu quand tu fis l'emplette de ton unité centrale, vu que ce système est vendu avec.
Je suppose que c'est de sa part, le fait de te laisser ensuite le choix, un relent de culpabilité judéo-chrétienne.


Comme je ne suis pas Jean-Marie Bigard - et j'en remercie le ciel et son altesse papale, le richissime et présumé soucieux des pauvres de cette planète, le dénommé Benoît XVI - comme je ne suis pas Bigard, Madame, bref, que je tiens à connaître la vérité et non celle avinée du café du commerce où tournent les serviettes et notre Clérambard à la petite semaine, je cliquai afin de connaître la raison de ce bug surprise.

Et, comme je regrette de ne pas avoir fait de capture d'écran tant c'est énorme, mais je te l'assure sur la tête de ma grand-mère, véridique, voici ce qu'il me fut répondu :


[Aucune solution disponible dans votre langue

La solution à cette erreur n''est pas disponible dans votre langue. Cependant, elle existe dans les langues suivantes :


Alors, et comme je te l'avais "teasé", n'est-ce pas énoooOOOOooorme ?

Passons sur le fait que "les langues suivantes" ne sont qu'une.
Ce qui est déjà, avoue, pour le moins singulier.

Je me suis d'abord demandé comment il était possible qu'aucune solution ne soit disponible dans ma langue !
Au nom de quoi, comme dirait Nicolas Sarkozy ?

Ensuite, me suis dit que c'était carrément digne d'un sketch de Raymond Devos, tant cette réponse est absurde.

Enfin, ne résistant pas à narrer téléphoniquement cette incongruité numérique à ma baigneuse, celle-ci me fit remarquer qu'il y en avait une autre, laquelle lui demandais-je, eh bien, me répondit-elle, le fait que Windows m'indiquait dans ma langue que la solution n'était pas disponible .. dans ma langue !

De plus en plus énorme ..

Quoi qu'il en soit, en ce 11 septembre 2008, je trouvais plus drôle que Bigard - ce qui n'est pas très difficile, me diras-tu ! - et ce plus drôle est - comme il l'est bien spécifié - un système d'exploitation ...

...  Et d'ailleurs, n'est-ce pas, là aussi, drôlement cynique, ce terme de "système d'exploitation" tant il correspond parfaitement à son géniteur, un produit du capitalisme effréné, le capitalisme devenu entre-temps par notre négligence et notre coupable passivité, ultra-libéralisme, le capitalisme étant, mais tu le sais, un système exploitant l'homme jusqu'à sa moelle.

Ce que je ne savais pas c'est que ce système n'en était pas moins dénué d'humour.
A moins que, et ça me semble plus probable, ce ne soit pas de l'humour, mais de la moquerie en lâcher de salopes .. de fenêtres.
Du Big Art, quoi ..


podcast

[Chanson Pour Le JM Bigard]

23:17 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : windows vista, bug, jm bigard, 11 septembre, théorie du complot | | |

 
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