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23 mai 2009

Ministère De L'Education Et De La Répression Nationale

Demain, Cet Homme Et Sa Brigade Sécuriseront Ton Ecole

Nous sommes le vendredi 15 mai 2009. A Fenouillet. Une petite bourgade tranquille située au nord de Toulouse.
Le temps est inhabituellement gris pour la saison …

[ … Oui, à ce stade de la narration, je dois te préciser un truc super important : le texte de ce billet est à la mode “Christophe Hondelatte” … ]

… Mais il est en rien responsable, ce temps gris, maussade, du drame qui va se jouer, dans quelques instants, au sein même d’une classe de cinquième. Une classe tout aussi tranquille que cette cité de Haute-Garonne.
Une classe de cinquième du collège François-Mitterrand.
La veille, le jeudi 14 mai 2009, un élève de 13 ans, un élève jusqu’ici sans histoire, que l’on dit timide, un peu réservé, tout aussi tranquille que cette ville tranquille du Sud-Ouest, a été sanctionné par sa professeure de mathématiques.
Une heure de colle.
Un devoir qu’il n’aurait pas rendu. 
Qui ?
Qui aurait pu soupçonner, se douter un seul instant, une seule seconde, que le lendemain, le vendredi 15 mai 2009, cet enfant de 13 ans viendrait à commettre l’irréparable : poignarder avec un couteau de cuisine celle qui la veille l’avait sanctionné pour un devoir non rendu ?

- Xavier Darcos, vous étiez, à l’époque, Ministre de l’Éducation Nationale !
- Absolument !
- Vous souvenez-vous quelle a été votre réaction lorsque vous fûtes informé du geste de ce gosse ?
- Fûtes ?
- Oui … Du verbe être … Je fus, tu fus, il fut, nous fûmes, vous fûtes …
- Ah .. Très bien .. Eh bien, je .. Comment dites-vous déjà ?
- Fus ..
- […] .. Eh bien je fus embêté … Comment expliquer le geste de cet enfant ?
- Et vous l’expliquâtes comment ?
- Si vous me le permettez, Monsieur Hondelatte, j’aimerais, avant de répondre à votre question, replacer les choses dans leur contexte. En 2009, nous avons dû, avec courage et détermination, affronter une nouvelle forme de délinquance. Celle des cages d’escalier, celle des caïds entraînant des bandes, des gangs même, à caillasser et sans vergogne les véhicules des forces de l’ordre, allant même jusqu’à leur tirer dessus avec, vous vous souvenez, des armes lourdes, des armes de guerre, et puis, celle qui, jusqu’ici, stationnait à la sortie de nos écoles, avant de s’y introduire, comme ce vendredi 15 mai, un couteau de cuisine à la main. A partir de là, Monsieur Hondelatte, il n’était plus question d’expliquer, mais d’agir.
- Et vous agissez en instaurant, dans un premier temps, à l’entrée de tous les collèges et lycées de France, des portiques de détection de métaux !
- Absolument.
- Pourtant, malgré cet ingénieux système, la violence - pardonnez ce mauvais jeu de mots - redouble. Comment l’expliquez-vous ?
- Encore une fois, Monsieur Hondelatte, permettez-moi de replacer les choses dans leur contexte. Nous avons, et vous vous en souvenez, dû batailler contre ce que j’appelle les archaïsmes corporatistes de certains syndicats d’enseignants minoritaires.
- Et majoritairement à gauche !
- Bien entendu ! Ils se sont opposés à l’installation de ces portiques, et parfois violemment, une violence que nous avons unanimement condamnée à l’époque, une opposition qui, d’autre part, n’avait aucun sens car, et vous vous en souvenez, d’après un sondage OpinionWay publié par Le Figaro, 99% des français étaient favorables à l’installation de ces portiques.
- Le fait est, Monsieur Darcos, que ces portiques n’arriveront pas à endiguer la violence. Au contraire ! C’est alors que vous proposez, en collaboration avec Monsieur Estrosi, tout frais ministre de l’Intérieur [1] d’installer, au sein de nos collèges et lycées, non pas un policier référent, mais une brigade toute entière.
- Oui. Je voudrais, si vous me le permettez, saluer au passage le courage et la détermination de Monsieur Estrosi, avec lequel, je tiens à le dire, j’ai travaillé la main dans la main. Et dans un seul souci : assurer la protection de nos enfants.
- Vous fîtes même plus que travailler la main dans la main, Monsieur Darcos, puisque vos ministères fusionnèrent pour donner naissance à celui, unique, de l’Éducation Nationale de L’Intérieur. Pourtant, là encore, c’est un échec, et la violence en milieu scolaire passe du double au triple. Comment l’expliquez-vous ?
- Avant toute chose, Monsieur Hondelatte, je tenais à dire que, je ..
- [ Fus ]
- .. Que je fus, très marqué par cet échec. Profondément meurtri par ce drame qui, vous vous en souvenez, a bouleversé la France entière. Ce drame épouvantable et – comment dire ? – inexplicable !
- Vous faites allusion à cette tuerie, terrible tuerie du 6 mai, dans cet établissement scolaire et jusqu’ici tranquille des Hauts-de-Seine, le collège Nicolas Sarkozy ?
- Oui. Nous avons tous été TRÈS profondément secoués par ce .. Ce drame. Mais comment l’expliquer ?

Comment l’expliquer ?
Eh bien, telle est la question qui hante tous les esprits. Une question qui reste, au jour d’aujourd’hui, sans réponse.
Mais, peut-être, que le nouveau Ministre de L’Éducation Nationale de L’Intérieur, des Maisons de Correction, des Prisons pour Mineurs et des Tests ADN pour Nourrissons, saura, quant à lui, la trouver.
C’est du moins tout le moindre mal que nous souhaitons à Monsieur Éric Besson, qui hier encore, déclarait qu’il mettrait tout en œuvre, et même au-delà, pour lutter contre ce qu’il nomme l’ultra-violence à l’école.

[ … Christophe Hondelatte s’éloigne dans la nuit noire, puis, inexplicablement, se retourne ..]

Quant à ce collège tranquille de Fenouillet, il fut débaptisé en mars 2010.
Il se nomme désormais : Centre de Rééducation Fermé Brice-Hortefeux.

Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau numéro de : “Faites Entrer l’Inexplicable !”
Nous tenterons d’expliquer, puisque telle est notre vocation, et dans la plus grande indépendance d’esprit, pourquoi après quatorze années de Sarkozysme, cette ultra-violence qui ravage notre pays [2] est, bien évidemment, la conséquence directe de vingt années de socialisme, vingt années de laxisme en matière de sécurité, vingt années que nous n’avons pas fini de payer.

Bonsoir !




[1] Parce qu'elle ne cautionnait pas les propositions de Xavier Darcos, Michèle Alliot-Marie démissionna et fut remplacée par Christian Estrosi au poste de Ministre de l'Intérieur ; Christian Estrosi qui, dès la rentrée 2009/2010, fit installer des portiques de détection de métaux dans les établissements scolaires dits sensibles et créa parallèlement des Unités Spéciales de Police chargées de réprimer la violence en milieu scolaire.


[2] “Mes chers compatriotes, je veux vous le dire ce soir : la France sortira plus forte de cette violence qu’elle n’y est entrée. Cette violence, inacceptable, qui ronge nos écoles, nos collèges et nos lycées ! Mais je veux dire, aussi, que la France résiste mieux à la violence que nos voisins ! Et pourquoi ? Parce que nous n’avons pas commis d’erreur ! Parce que nous n’avons pas cédé à l’immobilisme ! A la pensée unique ! Parce que nous avons toujours eu le souci d’agir immédiatement pour le bien de vos enfants ! Qu’aurait-on dit de moi, si je n’avais rien fait, si, comme je l’entends ici et là, mais pas besoin de vous faire un dessin, vous savez de qui ça vient, toujours les mêmes, si j’avais perdu mon temps, et le vôtre, à chercher une explication à cette violence ! Si je l’avais fait, que croyez-vous qu’il se serait passé ? Eh bien j’vais vous le dire ! La violence n’aurait pas redoublé, mais quadruplé ! La culture de l’excuse, c’n’est pas ma religion. J’n’ai pas été élu pour rester les bras ballants, à rien faire, comme certains de mes prédécesseurs. J’ai été élu pour agir.
Mes chers compatriotes, les tests de dépistage de la délinquance que nous mettrons en œuvre dès le mois de février prochain, dans nos maternelles, mais aussi dans nos crèches, nous permettront de lutter efficacement contre l’ultra-violence. D’y mettre un terme dans les plus brefs délais. J’en prends ce soir, ici même, et devant vous, l’engagement. Je ne vous abandonnerai pas. Vive la République ! Vive La France !

[Vœux de Nicolas Sarkozy, Président de la République, du Parlement et de France Télévisions – Samedi 31 décembre 2011, 20h00]

 
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