La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

25 juin 2010

Sarkozy (Enfin) Plébiscité Par Le Peuple Français

Voilà un sondage qui devrait redonner du baume au cœur au chef de l’Etat, d’autant plus en cette période morose où l’Equipe de France désole et encolère nos concitoyens, le chômage va galopant, les scandales pullulant sans qu'on sache à qui ça profite, et où triomphent les manifestants de tout poil.

Un Plébiscite.jpgSelon un sondage H1N1 réalisé pour le quinzomadaire à géométrie variable Qu’il est bon de rire parfois quand toute l’économie d’un pays est grippée, à la question :

“Selon vous, quel est l’humoriste politique le plus insolent actuellement en France ?”

Les français ont placé M. Sarkozy en tête des huit personnalités proposées.

Avec 31% des voix (score identique à celui qu’il obtint lors du premier tour de la présidentielle 2007) Nicolas Sarkozy devance très largement Brice Hortefeux (19%) et Manuel Valls (15%).

Les français ont certes apprécié les boutades du Ministre de l’Intérieur (“Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes”) ou du trublion du Parti Socialiste (« Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… ») mais pour la plupart des sondés, rien ne dépasse les “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts”, “Je serai le président du pouvoir d’achat”, “Au nom de quoi récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?”, “Casse-toi, pov’con !” ou encore le fameux “La France, on l’aime ou on la quitte” de M. Sarkozy.

Derrière ce trio, on trouve ensuite Patrick Balkany pour l’”ensemble de son œuvre” (avec seulement – et c’est une surprise – 10% des voix) Jean-François Copé (notamment pour cette déclaration qui a beaucoup plu : “Moi vivant, il n’y aura pas d'augmentation de la redevance” et son combat acharné contre la Burqa) qui fédère, sur son seul nom, 9% des français (de bon augure pour 2017, l'objectif de M. Copé).

Ferment la marche, le ministre de l’Immigration, Eric Besson (7% – une vraie déception au regard du travail accompli par ce brillant "collaborateur") et deux humoristes particulièrement caustiques et sans concessions de la station de service public, France Inter : Philippe Val (5%) et Jean-Luc Hees (4%). Ces deux derniers (c’est le cas de le dire, puisqu’ils le sont dans ce classement – ô insolence, quand tu me tiens !) boutant hors du classement (réalisé l’an dernier à la même époque troublée) l’imitateur Laurent Gerra et le sénateur Charles Pasqua.

Un sondage qui a le mérite de remettre “les pendules à leur place” (comme dirait joyeusement un autre humoriste proche du pouvoir, j’ai cité : Johnny Hallyday) puisqu’on ne trouve aucune trace de Didier Porte ou de Stéphane Guillon.
On comprend dès lors leur éviction.
En effet, ils n’auront su s’adapter à cette “nouvelle insolence” qui fait fureur dans notre pays, une insolence qui, si elle conduit, parfois, au tribunal, n’en reste pas moins unanimement plébiscitée par nos compatriotes.
De fait, Hees & Val, en remerciant les deux “pseudo” humoristes devenus plus "tyrans" que drôles tellement ils se sont “coupés des réalités du rire d’aujourd’hui” n’auront, en définitive, fait que contenter (et répondre aux attentes de) leur auditorat, qui, faut-il le rappeler, est le premier actionnaire des radios de service public.

Reste à savoir si M. Sarkozy, nouveau champion de l’insolence en politique, serait prêt à assurer chaque matin, à 7h55 et sur France Inter, une chronique humoristique.
Le Parti Socialiste par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, a immédiatement réagi à cette éventualité, arguant du fait qu’il y aurait là “conflit d’intérêts, étant donné que le Président de la République est le principal actionnaire de la chaîne de service public”.
Ce à quoi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a rétorqué qu’il fallait “renvoyer les socialistes d’où ils venaient, soit au pays des Tristus”. Puis il a ajouté : “Ca tombe bien, ça rime avec Fabius”.
Voilà qui devrait sans doute permettre au sémillant Lefebvre d’intégrer ce classement des “humoristes politiques les plus insolents de France” la saison prochaine.

NB : Ce sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1001 personnes pas tellement représentatives de la population a été effectué avant que le chef de l’Etat annonce la fin de la “Garden Party” et qu’un membre de son service d’ordre ne gifle un journaliste de France 3.

13 juin 2010

Plaidoyer Pour Les Caricaturistes Radiophoniques

Oh oui, je sais, beaucoup d’encre à coulé, tant de mots ont été prononcés, suite à la chronique de Didier Porte en date du 20 mai 2010 sur France Inter. Alors pourquoi y revenir ?
Parce que, je crois, il est essentiel, primordial, de connaître non pas l’envers du décor, mais ce que j’appellerais une réalité radiophonique qui, peut-être, échappe aux auditeurs que nous sommes.

C'Etait Didier Porte.jpgAucun, notez-le bien, aucun directeur de radio n’apprécie le caricaturiste. Il le redouterait, plutôt. Et pour une raison, une seule : le rire est – comme ils disent – segmentant. Autrement dit, il n’est pas fédérateur. Or, tout responsable de station radiophonique, obnubilé par l’audience, les parts de marché, n’a qu’un objectif en tête : rassembler le plus d’auditeurs, que ce soit à 7h55, 12h23 ou 17h12.

On pourrait observer, là, un arrêt-pipi, tant cet objectif, quantitatif avant tout, s’il est compréhensible, peut expliquer aussi, à quel point la radio, plus particulièrement en France, est aujourd’hui ce qu’elle est : fade, conventionnelle, aux mots choisis, toujours les mêmes, sans relief.
Il y eut pourtant, vers la moitié des années 70, un espoir, une petite révolution. Quand ces radios qualifiées de “pirates” (et qu’elles soient vertes, rouges, brunes, roses ou noires) ont bravé la loi, le monopole, en apportant aux auditeurs qui le voulaient bien, une autre information, une autre façon de penser le monde et la société.
Ce fut un feu de paille.
Car – et pour aller vite - contrairement à ce que l’on pourrait croire, la libération des ondes, soit la fin (relative) du monopole d’Etat sur la radiodiffusion avec l’autorisation (très réglementée) d’émettre "librement" (1981, puis 1982), puis de diffuser de la publicité (1983), a conduit à une triste normalisation du paysage radiophonique français. En clair, les radios leaders d’avant ladite libéralisation (RTL, RMC, Europe 1) ont tout raflé. Je veux dire que petit à petit, elles ont repris la main, en rachetant les franchises (et donc les fréquences : le Graal ..).
Une seule a pu se développer, et ce n’est pas la plus subversive, loin de là, vu que c’est un infâme robinet à musique : NRJ (soit : NRJ, Nostalgie, Chérie FM, Rire & Chansons …).
Il est important d’avoir en tête cet élément : la radio française a raté sa révolution.

Mais revenons au rire, à la caricature.

Sur les radios dites “FM”, ce qu’on appelle “les matinales” (soit une tranche, variante, allant de 5h à 10h du matin) sont grosso-modo consacrées, ou livrées, à l’humour. Mais ce n’est pas un humour subversif, engagé, politique. C’est un humour potache. De petites blagounettes d’adolescents destinées à des adolescents. Et si parfois, ça tourne mal (comme Cauet viré de Fun pour une vanne très maladroite sur les camps de concentration - 17 janvier 1995) c’est avant tout dû – à mon sens – à un manque de culture. Car, et c’est incontournable, si on peut rire de tout, avec tout, en revanche, sans la culture nécessaire, je veux dire une culture de base, c’est impossible.
Point de rire sans culture.

Ça ne se danse pas du tout pareil sur les radios dites généralistes : RTL, Europe 1, France Inter et RMC Info. Où les matinales sont entièrement consacrées à l’information. Cependant, elles ont, hormis RMC Info, à cet horaire précis, un caricaturiste. Nicolas Canteloup pour Europe 1, Laurent Gerra pour RTL et Stéphane Guillon, Didier Porte et François Morel pour Inter.
La question que l’on pourrait se poser est bien évidemment : pourquoi ?
Pourquoi mêler l’humour, la caricature et l’information ?
La réponse ne vous étonnera guère : c’est parce que – comme "on" dit dans le métier – "ça fait de l’audience". Mais une audience atypique.
Et pourquoi est-ce une audience atypique ?
Parce qu’elle constitue un “pic”. En clair, la chronique de ces caricaturistes est bien souvent plus écoutée que ce qui s’est passé avant et que ce qui se passera après.
On comprend alors mieux la raison pour laquelle les journalistes sont chafouins (quoi le rire serait plus important que NOTRE information ?).
En revanche, on comprend moins bien l’argument des directeurs d’antenne ou de stations (et des annonceurs – ne les oublions pas) celui qui consiste à dire que le rire est segmentant. Pourtant, c’est vrai. Il l’est. Dans la mesure où, c’est moins France Inter qu’on viendra écouter que Stéphane Guillon. Et aussi, et surtout, lorsque le caricaturiste livre son papier, sur dix auditeurs purs et durs (ceux qui sont là, pour l’information, si vous voulez), il en fait rire 3, 4 ou 5 ... En d’autres termes, le “rire” (ou la caricature) fait fuir l’auditeur. Si vous ne supportez pas Guillon, vous allez zapper. C’est évident.
Le “pic d’audience” s’explique donc par un apport massif d’auditeurs, mais qui, après la chronique, partiront. Pour la plupart.
Seulement voilà, cet apport massif est une bénédiction. D’autant plus pour les radios privées qui en tirent largement bénéfice(s) avec une augmentation pour le moins intéressante de leur part de marché, et il faut savoir que c’est elle, la part de marché, qui attire les annonceurs, et non l’audience brute.
De fait, même si ça déplaît aux journalistes, aux responsables radiophoniques divers, le caricaturiste est une “bonne affaire”, si j’peux m’exprimer ainsi.
Jusqu’à ce que ..

Or donc, vous comprenez désormais qu’il n’y a aucune solidarité, ni complicité possible, entre le journaliste et le caricaturiste. C’est de l’ordre de la cohabitation. Dès lors, il n’est pas étonnant de voir Thomas Legrand (chroniqueur de la matinale de France Inter) et Nicolas Demorand (journaliste-présentateur de la même matinale) se désolidariser de Didier Porte. Vu qu’ils ne l’ont jamais été : solidaires. Ils n’ont fait que le tolérer.
Certains, diront : le subir.
Il n’en reste pas moins que ce “lâchage” de Legrand et Demorand est, à mon sens, la marque de la mesquinerie, de la déloyauté, de la bassesse.
Et que dire de Jean-Marc Morandini [*], cet âne fini, brayant dans une tribune du gratuit Direct Soir (8 juin 2010) sa haine de Didier Porte, profitant qu’il fut à terre, pour l’achever, et de la façon la plus abjecte qu’il soit : en réclamant sa démission !

Ah, qu’elle est déjà loin cette année 2009, où Inter (comme RTL et Europe 1) communiquaient à tirelarigot sur ses caricaturistes ! Ah c’qu’ils en étaient fiers ! C’est que, voyez, en temps de crise, il est bon de rire, non ? Et peu importe que l’on mêle info et caricature, carottes et navets, après tout, ne sommes-nous pas au pays des Guignols de l’Info et de Yann Barthes ? Y’a bon la dérision ! Vas-y, fais nous rire, bouffon ! Mais que connaissent-ils du travail de ce qu’ils nomment : le bouffon ? Savent-ils le temps que ça prend de coucher des mots sur un papier, de les peser, toujours et encore ? Savent-ils combien de censures, il s’inflige, le caricaturiste ? Combien de fois, il retourne à l’ouvrage ? Combien il est difficile de faire rire quotidiennement ?
Et ceusses qu’ont porte au pinacle, aujourd’hui, les morts, hein, de préférence (ce qui prouve bien que pour eux, un bon caricaturiste est un caricaturiste mort) les Coluche (Europe 1, RMC, RFM), les Desproges (France Inter), savez-vous combien de fois ils se sont troués à l’antenne ? Combien de fois, ils sont passés à côté ? Vous souvenez-vous que de leur vivant, ils étaient nombreux, les pisse-vinaigre, les Legrand, les Demorand et les Morandini de l’époque, à les trouver “pas drôles” ou “vulgaires” ? Ah, c’est facile, aujourd’hui, hein, de leur trouver toutes les qualités, c’est sûr qu’ils ne viendront plus vous faire chier. Vous êtes tranquilles ! Ah, ça ! Ils peuvent être drôles, hein, maintenant qu’ils sont morts ! Qu’est-ce que ça vous coûte ?
Mais, enfin, au fait, et bordel à chien, qu’est-ce que cela veut dire : “Porte n’est pas drôle” ? Hein ?
Tenez, moi, par exemple, Gerra, il ne me fait pas rire. Du tout. Canteloup, rarement. Et alors ? Cela signifie-t-il qu’ils ne sont pas drôles pour autant, ces deux-là ? Apparemment non. Sinon, y’aurait personne pour venir se bidonner à leurs spectacles (tout comme à ceux de Porte, Morel et Guillon).
Qui décide de (ce) qui est drôle et de (ce) qui ne l’est pas ? Le nombre ? … Les journalistes ? … Eh bien, si c’est le cas, on va pas rigoler tous les jours. Et c’est bien parce qu’ils, les journalistes, se prennent pour un nombril (et j’peux en causer) du moins certains, et pas qu’un petit peu, ah ça non, que de leur coller un caricaturiste dans les pattes, est nécessaire. C’est pas pour cela qu’ils feront mieux leur métier ; faut pas rêver, non plus ! Mais ça leur rabat un tant soit peu le caquet !

Oui, parce que l’info qu'ils nous donnent à becqueter est incomplète, partiale, standard, conventionnelle, une info à 500 mots, pas plus, parfois même complaisante, pour ne pas dire obséquieuse.
Oui, c’est bien parce que le journalisme français est plat, sans la moindre percussion, et que, par-dessus le marché, il se pense incontournable, qu’il faut lui adjoindre un bouffon. C’est vital.
Tout en précisant que le caricaturiste n’est pas là QUE pour faire rire. Ce n’est pas un clown ! Le caricaturiste caricature, c’est une lapalissade, mais il est, je crois, utile de bien le rappeler.
Et qu’on les apprécie ou pas, qu’ils nous fassent rire ou pas, peu importe ! On s’en moque ! Chacun voyant l’humour à sa porte ! 
J’estime que ces mecs font leur boulot. Et ils le font bien. Et que nous en avons besoin.

Ne laissons pas l’information aux seuls journalistes ! Parce qu’elle est, cette information, ca-ri-ca-tu-ra-le !
Alors, continuons, oh oui, à caricaturer la caricature ! Aimons nos bouffons !
Mieux : défendons-les !
Non parce qu’ils nous vengent, non parce qu’ils sont drôles, mais parce qu’ils sont : nécessaires.


[*] Dans son billet en date du mardi 8 juin 2010, Jean-Marc Morandini, courageux comme toujours, perroquet pathétique, reprend les mots de Demorand et Legrand.
Comme eux, il parle de “vulgarité” et d’”insanités”.
Il ose même écrire, ce godillot, que “nous sommes nombreux à ne pas avoir envie que notre redevance serve à financer cette vulgarité”.  Et il précise : “Dans n’importe quelle autre radio, un animateur qui hurle ainsi de telles insanités à une heure de grande écoute aurait été immédiatement remercié”.
Nonobstant le fait que je ne vois pas de quelle(s) radio(s) parle ce monsieur Morandini, qui plus est, que sa vision radiophonique m’effraie, me désole, et me semble sortir tout droit d’une dictature, il me plaît de rappeler que sur Europe 1 où “officie” ledit Morandini, Laurent Baffie (que j’apprécie beaucoup) avait tagué sur les murs de la station de la rue François 1er : “Fuck Lagardère”.
Même que ça a fait un p’tit tour sur l’Internet.
Je présume que Môssieur Morandini a été derechef, voir son cher Arnaud Lagardère, pour s’offusquer de ces “insanités” de cette “vulgarité”, et réclamer la tête de son collègue, Laurent Baffie ..

03 avril 2010

Jean-Luc Hees Contre Stéphane Guillon

Stéphane Guillon Répond à Jean-Luc Hees.jpgOr donc, Jean-Luc Hees, patron de la “maison” Radio France aura choisi la date du 1er avril (humour !) pour publier une tribune (dans Le Monde) joyeusement intitulée :
Je persiste et je signe, l’humour a ses frontières”.
Enième joute par media interposé entre lui et celui qu’il qualifie (à contre-cœur) d’humoriste, le dénommé Stéphane Guillon, dont les chroniques matinales sur France Inter ne le font pas rire. Du tout.
Et je serais tenté d’ajouter : et moi donc ! [*]

Mais, je vous en prie, entrons dans le vif.

Il est clair, tellement ça transpire dans ses lignes, que Jean-Luc Hees n’apprécie ni l’humour de Stéphane Guillon, ni … Stéphane Guillon lui-même. Il ne l’apprécie pas à ce point que, d’une part, dans sa tribune, il ne cite jamais son nom ; et d’autre part, il le qualifie successivement d’humoriste, puis d’humoriste entre guillemets, et enfin, de “membre du personnel”.
Capito ?

Mais vous me direz, en quoi ça nous concerne, oh-là-là, oh-là-là et, à la fin en même temps ?
Après tout, il est le patron, alors qu’il se démerde avec son Guillon via son Val, plutôt que de nous prendre à partie. Oh si, un peu, tout de même, qu’il nous enjoint, Jean-Luc Hees !
Car au fond, l’objet de cette tribune, n’est pas ce qu’il nomme les limites de l’humoriste, qui seraient, d’après lui, au nombre de deux (l’acceptabilité des citoyens et la morale républicaine – ce qui est très subjectif et peut se discuter à l’envi) mais son désarroi, voire son impuissance. Oui, à vrai lire, Jean-Luc Hees est terriblement désolé du succès que rencontre Stéphane Guillon sur France Inter. Il le déplore. Et donc, nous le dit. Ou plus précisément en fait part aux auditeurs de France Inter via Le Monde !
Quoi ? Comment ? Enfin, vous, auditeurs de cette honorable maison, pilier du service public, réputée pour son sérieux, sa finesse d’esprit, mais enfin, comment pouvez-vous être si nombreux, des millions, à rire aux “vannes impayables (de “notre humoriste”) sur l’apparence physique” d’une Aubry ou d’un Besson ? Hein ? Alors ce “vide cérébral” qui nous entoure, aurait également touché les auditeurs de France Inter, autrefois si exigeants, si cultivés, si différents ?
Mais si ! C’est ça qu’il dit, M. Hees ! C’est un appel ! A la désertion ! Aidez-moi ! Ou, au minimum, donnez-moi raison !
Il doit avoir en tête cette phrase de Coluche  :
Quand on pense qu’il suffirait que les gens ne l’achètent pas pour que ça se vende plus
Sauf que chez lui ça donne :
Il suffirait que les gens ne l’écoutent plus, ou moins, juste un peu moins, pour que je puisse m’en séparer, de ce Guillon !”. Ce “membre du personnel” qui s’est autoproclamé “génial et intouchable” ! Mais oui !
Parce que voyez-vous, congédier, disons, un animateur-vedette d’une FM, comme NRJ, Skyrock ou Fun Radio, ça n’est pas un problème. Ces animateurs-là sont interchangeables, ils comptent pour du beurre ! Un Cauet, pfff … ! Ça se remplace facile, j’vous assure, et personne ne moufte. Oh, l’auditeur grogne un peu, au début, oui, mais il s’en remet, et vite fait ! Et l’audience n’en pâtit même pas ! Au contraire !
Alors que sur une généraliste, comme on dit, telles France Inter, Europe 1 ou RTL, ah là, ça se danse pas pareil, parce qu’on ne joue pas dans la même cour. Guillon, c’est pas Cauet. Et puis en face, t’as Canteloup et Gerra, du lourd, ah ça rigole pas ! Faut pas se planter sur le "comique" ! Et quand t’en tiens un, un qui ramène des auditeurs par paquet de millions, ben (normalement) tu te frottes les mains, vois-tu ! C’est tout bénef ! D’autant plus que toutes ces généralistes - pour le moment - misent à fond sur le trublion, celui qui dégomme du politique à tout-va, le ridiculise, le caricature, ah cette désormais sacro-sainte dérision quasiment obligatoire, ah la grande bouffonnade, mais peu importe, hein, ce qui compte c’est que l’auditeur rie et nombreux ! Et il le sait bien Jean-Luc Hees, pourtant, il a quand même le toupet de nous dire :”De qui se moque-t-on ?”.
Eh bien, je vous renvoie la question, cher monsieur !

Ah non, il n’est pas si simple de remercier le "clown". Parfois, ça se paie même très cher. RTL en sait quelque chose. Elle qui caracolait en tête dans les sondages, elle qui tutoyait les 20 points d’audience (ce qui est impossible aujourd’hui), voici, la folle, qu’elle décide, à la rentrée 2000, de tout changer, rajeunir, à ce qu’elle disait, son auditoire. Et hop ! Exit Bouvard, Fabrice, ou Philippe Alexandre. Certes, ce ne sont pas là des "clowns", ou des "humoristes". C’est vrai. C’étaient des piliers, comme on dit, de la station. Virés comme des malpropres.
Et qu’advint-il ?
Une catastrophe. Même qu’on avait jamais vu chose pareille. Une terrible dégringolade, des auditeurs perdus par millions, à ce point, que la queue entre les jambes, RTL rappela Bouvard. Trop tard .. Le mal était fait !
Une telle erreur, voyez-vous, ça donne à réfléchir. Même ça fait comme qui dirait jurisprudence, quelque part. 
Ce que je veux dire, c’est que, ne croyez pas que Guillon soit “invirable” parce que Sarkozy en aurait dit du mal, que l’Elysée voudrait sa tête, non ! Foutaises ! Il est “invirable” parce qu’il fait de l’audience. Trop d’audience ! Et que ni Hees, ni Val, ne connaissent quelqu’un qui pourrait faire autant que lui. Oh, c’est pas faute de chercher, mais ils ne sont pas certains du résultat. Voilà le problème. Et voilà pourquoi, Hees se fend d’une tribune : ce type ne me fait pas rire, et je ne comprends pas qu’il vous fasse rire, ça n’est pas possible, merde ! Enfin quoi ! On est sur France Inter pas sur NRJ !
Bref, il voudrait tant, M. Hees, que Guillon soit moins écouté. Un peu moins, juste ce qu’il faut, quoi. Et ça suffira pour justifier son congé. Rien à voir avec Sarkozy, DSK, Besson, ou Aubry …

Pour le reste, je veux dire : de sa tribune, les excuses, tout ça, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme, pfff .. C’est de l’habillage, comme on dit en radio. Ou du remplissage.
Quant aux attaques sur le physique qu’il - donc - ne supporte pas, eh bien ma foi, et puisqu’il le cite, je convie à la barre, Maître Desproges. Aurait-il, ce feu Pierre, lors d’un Tribunal des Flagrants Délires mémorable de 1982, où il était face à Jean-Marie Le Pen (oui, Desproges, lui, chroniquait face aux invités qu’il caricaturait – ça avait quand même une autre gueule) aurait-il, disais-je, osé déclarer :

Il y a plus d'humanité dans l'œil d'un chien quand il remue sa queue, que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil” ?

(Doit-on rappeler aux jeunes qui nous écoutent que Jean-Marie Le Pen est borgne, et qu’il y avait donc là, une allusion à son infirmité, donc à son physique ..)

Non !
Mais sur scène : oui !

Voilà toute la différence, ou, puisque Jean-Luc Hees emploie le terme : la limite.
Nonobstant le fait que cette allusion au physique du leader du FN était, de toutes les façons, et où que ce soit, autrement mieux tournée et plus fine que ce que nous donne à becqueter les lundis, mardis, et mercredis sur France Inter, ce Stéphane Guillon, dont - j’en ai fait l’aveu en liminaire - l’humour supposé me laisse froid.
Mais je voudrais également préciser que les jérémiades de M. Besson (ou de, jadis, DSK) sont d’un ridicule rarement atteint. Mais bon, j’en conviens, face à la relative médiocrité, le risque est de répondre, et comme c’est couru, par une plus grande médiocrité, encore .. C’est ce que j’appelle : l’escalade par le bas. Et s’il y a un point sur lequel Hees a raison, c’est que, oui, quelque part, c’est clair, on touche quand même un peu le fond (le fameux “vide cérébral” ..).
Pour le coup, je me marre amer.

[*] Eh oui, que voulez-vous que je vous dise, la chronique de Guillon sur France Inter ne me fait pas rire. Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle. C’est moins de l’humour qu’une tribune politique.
En revanche, et dans un tout autre style (ou format) je le trouve bien plus féroce, enfin, il me fait marrer quoi, le samedi soir chez Ardisson. Ce qui est un comble ! Ardisson étant, à mon sens, une bien mauvaise maison.
Or donc, quel paradoxe ! Etre rigolo dans une maison douteuse, et ne pas l’être dans une maison considérée comme convenable.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu