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28 novembre 2008

Si C'est Pas Malheureux, Tout De Même, Ces Salauds De Pauvres Qui Meurent En Pleine Moralisation Du Capitalisme !

Pauvre France !

Oui, parce que si tu l'avais un peu oublié, je me fais un plaisir de te le rappeler, nous sommes donc en pleine moralisation du capitalisme ..

[Silence Poli]

Or donc, on s'émouvrait en haut lieu de la mort subite de sans-abri, alors que ici, , re-ici ou re-, on te pondrait, sans vergogne aucune, des arrêtés anti-SDF en veux-tu, en voilà ?

Or donc, on chasserait les SDF du centre de nos villes par décrets illégaux, parce que tu comprends, ça rebute le touriste blindé de pognon, les commerçants, les riverains, que ça gâche le décor d'une bourgeoise cité, que ça fait tâche de voir la misère mendier à nos pieds, et ensuite ça viendrait geindre ou s'indigner parce que le miséreux est mort ... dans un bois ?

Non mais dis-donc, de nos gueules, tu te foutrais pas un peu, mon Gouvernement ?

Or donc, on émettrait l'idée d'obliger le sans-abri à rejoindre un hébergement d'urgence, sous prétexte qu'il est inacceptable pour les pouvoirs publics de laisser mourir les gens en période de grand froid, alors que des sans-abri, il en meurt tous les jours, hiver comme été, printemps comme automne ...

Dois-je comprendre que, au-dessus de -6°C, c'est acceptable ?
De laisser mourir les gens.

Et puis, au nom de quoi, et de quel droit obligerais-tu un SDF à dormir dans une structure .. qui n'existe pas, ou qui n'est pas adaptée ?
Une structure dans laquelle, bien souvent, il est maltraité, quand ce n'est pas détroussé,
Une structure discriminante puisque, systématiquement, elle refuse le SDF aviné ou juste de mauvais poil.

Et puisqu'on en parle de ces centres d'hébergement, la Charte des Enfants de Don Quichotte, celle d'il y a déjà deux ans, celle de décembre 2006, Charte qui ne comportait que six articles, Charte ne demandant que le strict minimum, comme des locaux décents et à taille humaine, tu t'en souviens mon Gouvernement ou tu t'es torché avec ?

Ces Don Quichotte à qui la justice de mon pays a confisqué 200 tentes, comme elle a condamné le DAL à 12 000€ d'amende pour avoir installé, du 3 au 15 décembre 2007, un campement abritant des mal-logés et des sans-papiers.
C'était rue de la ... Banque.
Quelle ironie, non ?
Mais tu l'as constaté, dans mon pays, on préfère sauver les banques plutôt que de secourir les gueux, les pauvres, les miséreux.
C'est ce qu'on appelle, je présume, la moralisation du capitalisme !

Or donc, comment peut-on s'émouvoir ou s'indigner de la mort de sans-abri, et dans le même temps condamner les "Abbé Pierre" qui leur viennent en aide, fermer les yeux sur ces communes, bien plus nombreuses que l'on croit, qui par décrets bafouant les Lois de la République chassent le miséreux de leurs centres repus et cossus, et j'te parle même pas de celles qui pissent à la raie des 20% de logements locatifs sociaux que la Loi, dont ils se moquent, leur impose ?

Et pourquoi, encore une fois, s'en émouvoir et s'en indigner quand vient le temps des frimas alors qu'il en meurt toute l'année durant, des SDF ?

Vois-tu, mon Gouvernement a comme l'émotion et l'indignation saisonnières tout autant que sélectives.

Sélective, oui, car c'est le même qui s'émeut de la mort d'adolescents bien proprets lors d'un accident de cannyoning en Haute-Savoie, mais fait silence quand un petit garçon de douze ans, un enfant de sans-papiers, se jette, apeuré, du quatrième étage d'un immeuble picard.

Faut dire que ce Gouvernement qui se dit du côté des victimes a oublié de te préciser un point important : c'est que, à ses yeux, il y a des victimes qu'il considère moins que d'autres, elles ne sont pas toutes logées à la même enseigne - certaines, comme ici, ne sont même pas logées du tout - il y en a des nobles mais il y en a aussi des honteuses, elles sont facilement identifiables, ces honteuses, elles commencent toutes par "sans" :
Sans-abri, sans-papiers, sans domicile fixe, sans emploi ...
Ce sont les victimes d'un système économique, d'une orientation politique.
Or, qui décide d'un système économique et d'une orientation politique si ce n'est le Gouvernement, celui-là même qui, faux-jeton, outrecuidant, vient geindre le cuistre, s'émouvoir et s'indigner médiatiquement dans un but et un seul :
Faire diversion ! 
En clair, masquer ses inconséquences.



[Ce Billet Existe Aussi En Version Sonore : "Froide Est Ma Colère"]

23 septembre 2008

Enlacés, Ils Dorment

Ni Commentaires, Ni Mots Dire.

4h07, et la voilà qui sonne, claironne, mon armée jusqu'aux dents de réveils.

Pourquoi 4h07, me diras-tu ?

Parce que c'est un horaire de train !
De voyageurs.
J'aime cette idée de faire de chaque journée nouvelle, une valise.
Et tout à mettre dedans.

4h13, i>télé.
Sarkozy, Les Nations Unis, un Palestinien dans une voiture, un petite fille dans une rivière, du sang, l'E.T.A., le CAC qui part en vrille, une carte météo qui brille.
La routine.

4h16, un café, brûlant, en poudre, arrache-gueule, une douche, des vêtements pris au hasard, et me voici dehors ; déjà 4h36, il fait frais, je trouve.
Il fait quoi ?
7, peut-être 8 degrés, pas plus.
Dans mes oreilles, Zazie elle dit qu'elle était là, rue Copernic, là pour le Sida qu'elle a chanté, elle dit qu'elle a tout vu, au JT, la Somalie, le Rwanda, le mépris, et qu'elle n'a rien fait.
Je la boucle.
Et je trace entre rouleaux et jets d'eau, camions miniatures et Playmobils de Mairie.

4h46.
Je suis en avance.
Il me reste cent et quelques mètres à parcourir, quand soudain, je les vois.
Au pied d'un cinéma.
Le Gaumont de la Place Wilson.
A Toulouse.

Sur le trottoir, ils dorment.
Profondément.
Dans un fatras de cartons, de couvertures, ils dorment enlacés.

Cet homme, cette jeune fille.

Lui, en position foetale, le cheveux épais, dreadlockés.
Elle, l'épaule légèrement dénudée, tatouée, elle que j'aperçois parfois, la journée, mendier.
D'un seul bras, tendre, infiniment tendre, elle enlace l'homme ; on dirait qu'elle sourit.

Je me suis arrêté.
Saisi.
Je les ai regardés.
Je les ai regardés comme si j'avais onze ans.
Et demi.

Je les trouvais beaux, si beaux, elle et lui.
J'aurais voulu les prendre en photo, mais je n'ai pas osé.
Sans doute, trouvais-je l'idée indécente.
Alors, encore, longuement, je les ai regardés dormir, enlacés, pour que jamais cette image ne me quitte.

Je ne sais pourquoi, j'étais à la fois triste et heureux.
Tristement heureux.

La Bourse, le Monde, tout un système qui s'écroule, arrogant, vociférant, et eux, eux sans plus rien d'autre qu'eux-mêmes, ils dorment, là, dans le frais, la rosée urbaine ; à même le trottoir, ils dorment, enlacés.
Ils s'aiment.

Ils n'ont plus rien et pourtant, ils s'aiment quand même.

Et je me disais, que c'est moi, c'est toi, c'est nous qui sommes à la rue.
Et pas eux.

Et pas eux.


podcast


17:09 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, dormir dehors, ils s'aiment, daniel lavoie, zazie, eternité | | |

26 août 2008

Quand Nicolas Sarkozy Parlait A La France Qui Souffre

Vivement Mai 2009 !

Tu sais quoi ?

J'ai tout gardé.

Les discours de campagne (présidentielle) de Nicolas Sarkozy, tous abondamment ponctués de "Je veux"  de "Je propose" en passant par "On ne peut pas continuer comme ça !", je les ai tous archivés.

Pourquoi ai-je fait cela ?

Parce que cet homme a maintes fois (et bien imprudemment) déclaré :

"Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous abandonnerai pas !"

Quand tu oses balancer une phrase pareille, aussi énorme, il faut t'attendre Nicolas, à ce que le citoyen te guette tout jouissant au tournant.
Y compris le site du Monde qui tenait à jour (mais ne les fait plus, bien étrangement ..) toutes les promesses que tu nous as faites, pouvoir d'achat compris.
Tu te souviens, au moins, que tu devais être le Président du pouvoir d'achat, mon Nicolas ?

Je ne te cache pas que c'est douloureusement fastidieux, mais en même temps, particulièrement utile, voire croustillant, parfois, de se replonger dans les discours de campagne de notre actuel Roi .. Président de la République.
Faut vraiment avoir rien d'autre à foutre, non plus.
Mais c'est pas plus con que de collectionner des timbres !

Et pis, quand tu tombes sur une pépite, c'est limite si tu bandes pas ta race.

Ainsi, le discours du lundi 18 décembre 2006 dans cette bonne vieille ville sinistrée de Charleville-Mézières (Où, lors de la 2002, Le Pen avait obtenu 41% des suffrages).

Ce soir-là, Nicolas Sarkozy s'adressait à la France qui souffre.
Celle à qui, depuis, il dit :
"Casse-toi pauvre con(ne)"
Ou :
"Descends un peu le dire ici, si t'es un homme !"

Et voilà LA pépite de ce discours :

"Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid."

Tu veux que je te dise ?
J'suis pas peu fier de l'avoir retrouvée celle-ci.
Ça dépasse Lionel Jospin (rires) qui lors de sa campagne de 2002 avait promis lui, zéro SDF à la fin de son mandat, soit en 2007.

Or donc, si je ne m'embrouille pas dans mes comptes, et considérant que l'homme a promis de ne pas nous mentir-trahir-abandonner, en mai 2009, note-le bien, tu ne verras plus personne dormir sur le trottoir et y mourir de froid.
Mourir de froid, ça entre dans les clous, à moins que le réchauffement climatique s'accélère copieux et que mai 2009 soit islandais, glaciaire ou sévèrement polaire.
Quant à ne plus voir un quidam dormir sur nos trottoirs dans neuf mois, ça je demande à voir.

Je sais, c'est petit même avec des talonnettes, c'est pas joli-joli ce que je suis en train de faire, mais je t'emmerde !

N'oublie pas, camarade misère !
En mai 2009, dans neuf mois (une histoire à coucher dehors - oui, y'a un jeu de mot dans cette parenthèse ...) si tu trouves un homme, une femme, couchant sur le trottoir, alors, renvoie donc ce discours de Charleville-Mézières à la face notre bon Roi avec la mention :

"Finalement, tu nous a mentis, trahis, abandonnés."



NB : En ce qui concerne la France de propriétaires - tu te souviens que Nicolas voulait faire de ce pays, un pays de propriétaires ! - c'est mal barré aussi :
Les Ventes Dans l'Immobilier Neuf Chutent De 34%.


Sinon, la (sale) blague du jour, c'est Bertrand Delanoë qui est officiellement candidat au Poste de Premier Secrétaire de ce Parti qui a l'outrecuidance de se qualifier de Socialiste.
Nous savions tou(te)s que ce Parti était gravement malade, mais à ce point-là, j'crois qu'on va arrêter le traitement et le laisser crever doucement.
Tellement y'a plus rien à faire pour lui ...

19:42 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : charleville-mezieres, nicolas sarkozy, promesses, sdf, dormir dehors, mai2009, 18 décembre2006 | | |

 
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