16 février 2012
Adieu, Monsieur Sarkozy !
Et encore, je me suis retenu. J’aurais pu charger la barque, quitte à donner dans l’outrance. Ça n’aurait pas été, ceci étant, immérité. Tant c’est bien lui et lui seul, l’homme, Nicolas Sarkozy qui suscite, est en cause. Rien que d’autre que lui. Une attitude, un style, une dérive.
Peu importe son bilan, l’économique, on s’en moque. Depuis quand est-ce un marqueur ? Allons ! Ne soyons mesquins, ni même hypocrites. Remisez donc vos chiffres, vos courbes, vos comptes d’apothicaires, c’est grotesque ! Voulez-vous que je vous ressorte, et avec grande jouissance s’il vous plaît, les bilans de Giscard, de Mitterrand ou de Chirac ?
Oh je sais bien, chacun selon son camp, chacun avec ses œillères, sa petite mentalité de supporteur, trouvera matière à s’enorgueillir. Mais c’est foutaises, et c’est marre ! La vérité c’est que depuis quarante ans nous sommes écrasés, saignés, sacrifiés. Je vous cause des classes populaires et moyennes. Pas de ceux qui, se disant de gauche, n’ont pour seul souci de posséder, comme le voisin, le dernier gadget de feu Steve Jobs. Ne vous étonnez point que ceux-là en pincent pour un candidat qui s’en va rassurer les pleins aux as de la City.
Or donc le bilan, quand bien même serait-il atterrant, n’est pas le point déterminant. Non, c’est l’homme, Nicolas Sarkozy, qui pose problème.
Et ça n’a pas été « une mince affaire » que de l’expliquer en un seul billet limité en nombre de signes et caractères.
Avant de vous le soumettre, j’aimerais y ajouter ceci : les publicitaires, les vendeurs d’espaces, et comme de bien sûr les éditocrates, durant les pauvres semaines qui nous séparent du scrutin, vont tenter de nous faire croire que l’affaire n’est pas pliée. C’est leur métier que de maintenir un semblant de suspens, que de tenir le citoyen en haleine, voire de l’inquiéter. Mais, la vérité, c’est que c’est fini. On sait qui va gagner. Faut pas nous raconter d’histoires, nous prendre pour des benêts. En nous ressortant le Balladur, le Jospin, etc.
Ceci étant, j’ajoute et affirme qu’il n’y a pas de désir d’Hollande. C’est juste une question de contexte. Et qu’il l’emporte de 15 ou 10 points le 6 mai prochain n’a, au fond, que peu d’importance. L’ampleur ne signifiera, en aucun cas, désir.
Tout comme il n’y aura pas de nouveau « 10 mai ». Comme on ne manquera pas de vous le dire. Juste nous retrouverons, espérons-le, un peu de hauteur. Dans la fonction. Un peu de culture, aussi.
Mais pour le reste, oubliez ! Le 6 mai, ce n’est pas la gauche qui arrive au pouvoir. C’est juste un camp qui en déloge un autre. Rien d’autre que cela... Bref, ça n’a pas grand intérêt. Sinon, pour des supporteurs qui n’ont de la chose politique, qu’une vision étriquée, pour ne pas dire égoïste et vulgaire. Et se foutent comme de leur dernier smarphone du sort des classes moyennes et populaires.
Sur ce, voilà le billet en question : CLIC !
17:21 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, sarkozysme, 10 ans de sarkozysme, 2012 ou le rejet du sarkozysme, il n'y a pas de désir d'hollande, le 6 mai ne sera pas le 10 mai, présidentielle 2012, la fin du sarkozysme |
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07 novembre 2010
Ce Que Dominique de Villepin Ne Nous Dit Pas
Que les choses soient bien claires, je ne suis pas en train de tourner casaque, virer de toque, mais le fait est que : constatant comme cet homme, M. de Villepin, « le spectacle pitoyable de la vie politique française » à en avoir la berlue (sconi) j’aurais bien du mal à ne pas approuver ce qu’il assène (avec rictus qu’en rappelle un autre), quand bien même pour le paraphraser (remember le CPE) :
« J’entends ce que dit Dominique de Villepin, mais j’entends aussi ce qu’il ne dit pas ».
Et ce qu’il ne dit pas, nous le savons tous, c’est qu’il fut Premier ministre de la République (31 mai 2005/15 mai 2007), en d‘autres termes, il eut à constituer un gouvernement, et dans celui-ci, il y avait, si je ne m’abuse, et tout du long, un homme qu’il vilipende aujourd’hui : Nicolas Sarkozy. Et la fonction qu’il occupait était hautement régalienne.
M. de Villepin est donc, d’une certaine façon, responsable « d’un des problèmes » qu’il dénonce, étant donné qu’il n’a rien fait pour tenter de nous l’éviter.
Or donc, jamais il ne nous fera avaler, même par un langage châtié, qu’il découvre seulement aujourd’hui, ou depuis trois années, que Nicolas Sarkozy n’était pas taillé pour la fonction, voire que c’était un danger pour notre pays.
Dominique de Villepin est en partie, oui, responsable de la « parenthèse » ouverte le 6 mai 2007, il y a, d’une certaine manière, contribuée.
Oh bien sûr, Sarkozy ayant pris à la hussarde (en 2004) L’UMP créée par Chirac et destinée à mettre sur orbite présidentielle son « fils préféré », Alain Juppé, il eut été difficile de l’empêcher de concourir, nonobstant, en le privant d’une tribune aussi exposée que celle de l’Intérieur, d’une fonction ministérielle quelle qu’elle soit, il lui aurait compliqué la tâche.
Ces deux hommes ont travaillé « ensemble » et si tout est devenu impossible, impossible à vivre dans le sens où l’amoindrissement de notre pays touche les classes sociales les plus fragiles (la « France qui se lève tôt »), et que rien n’est fait pour les en soulager, au contraire ! M. de Villepin porte une part de responsabilité dans ce qui constitue être moins une « parenthèse » qu’un naufrage. Du Yacht au Guilvinec, en passant par le Salon de l’Agriculture, le Fouquet’s, L’Epad et autres foucades fiscales, et tant d’autres épisodes qui nous font honte tant ils sont la marque évidente de la vulgarité, du mépris, quand ce n’est pas de la haine, rien dans ces trois années n’aura contribué à nous donner fierté, courage et dignité.
Jamais M. de Villepin ne nous fera croire qu’il ne savait pas qui était M. Sarkozy.
Une « parenthèse » ! C’est bien faible comparé à ce que nous endurons, monsieur ! Ça ressemble plutôt à des crochets. De la tenaille.
Vous parlez des trois ans qui viennent de s’écouler, mais les dix-huit mois que nous allons subir encore, c’est du ferme, pas du sursis.
Et la campagne présidentielle qui s’annonce promet d’être la plus brutale et la plus basse, voire la plus indigente de toute la Vè République.
Je vous rejoindrais presque, voyez-vous, sauf que, nous ne sommes pas dans le « divertissement » ; le « divertissement » ce sont les médias qui l’organisent, par des Unes, du storytelling et du buzz dont ils (se) font l’écho.
Nous, M. de Villepin, les citoyens, les laborieux, on morfle, et copieux !
J’entends ce que vous dites, les mots que vous employez, j’aurais aimé, en vérité, qu’ils viennent de la bouche d’un homme de gauche, avec la même force, le même charisme (car vous en avez) mais que voulez-vous, à gauche, on se fade des Mélenchon, des Valls, des Royal, des Collomb et des Aubry (et Besancenot aux abonnés absents) ça manque d’étoffe tout ça, de profondeur, de hauteur. En ceci, oui, « la vie politique française » est « pitoyable » ; Si en plus on y ajoute des Morano, des Bertrand, des Lefebvre, des Balkany ou des Vanneste, c’est même plus un « spectacle » c’est du bernardtapisme ! Ah, il a de sales beaux jours devant lui, le populisme !
Mais pour n’avoir rien fait, rien anticipé, de cette « parenthèse », quand vous aviez les moyens, et comment ! de le faire, vous êtes M. de Villepin également responsable de cette « tâche de honte sur notre drapeau ».
Et venir aujourd’hui, comme hier, la dénoncer, même de fort belle manière, c’est, pardonnez-moi, l’hôpital qui se fout de la charité.
Bref, c’est nous prendre, encore une fois, comme ceusses qui sont actuellement au sommet de ce pays, pour des cons de compétition.
Sur ce, veuillez agréer tout le merdier habituel, et bonne nuit, monsieur.
Ajout du dimanche 14 novembre 2010 [On N'est Pas Couché - France 2 - Samedi 13 novembre 2010]
15:47 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Mauvaise Foi, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (79) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, une parenthèse à refermer, la parenthèse sarkozy, la charge de villepin, spectacle pitoyable, vie politique française, république irréprochable, une tâche de honte, sur notre drapeau, notre pays est amoindri, tout devient impossible, sarkozysme, les amis de sarkozy |
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02 octobre 2010
Septembre Contestataire En 140 Caractères
Septembre, bataille de chiffres, de chiffonniers, mois contestataire nonobstant syndicats délétères, à vous de juger qui sont les menteurs, qui est le mentor.
A ce propos d’à vous de juger, qu’est-ce que j’ai pu me consterner, le 9 septembre dernier, découvrant chez la Chabot un nouveau Mazerolle, une parodie de journaliste, une momie droit venue de l’ORTF et du MEDEF, un dénommé Jean Boutonnat, mais d’où qu’il sort c’lui-là ? ...
... Ceci étant, accident, je le remercie considérablement, car zappant, tant mon ennui était grand, je découvrais un nouveau jeu, très amusant, collusionner cette mascarade avec un autre programme, en l’occurrence Les Incorruptibles du sieur De Palma, et c’est ainsi que passant de Boutonnat/Chabot/Fillon/Royal aux personnages de Ness & Capone, j’en tirais via Twitter des échos rigolos ici, là, là, ici, ici, là, re-là et re-ici.
La télé, actuellement, c’est à ce point emmerdant, abêtissant, lobotomisant, inculturant, suppôt du gouvernement, que je vous y recommande cet exercice déridant. Ça vaudra toujours mieux que le révisionnisme constant d’un Thierry Roland dont Twitter se gaussa joyeusement.
Septembre, adieu mon bon vivant, place aux “bons français”, on sait pas trop c’que c’est, n’est-ce pas, un “bon français”, sans doute un formolisé par la télé-crotte, un “mal-pensant”, un dégénérant. Un qui croit aux boniments, à la “menace terroriste", à la dengue et au chikungunya autochtone, maladies médiatiques de l’automne, diversions grossières pour faire oublier discriminante circulaire, disperser et décourager les contestataires, ceusses hostiles à ladite réforme des retraites, l’inégalitaire, baiseuse de femmes, les cocues éternelles de l’Histoire, tant bien que “mâles”.
Tout de même quelques nouvelles sur cet Internet qu’on voudrait museler, des fameuses, des à lire, à imprimer, réfléchir, comme ces dix raisons de dire non, comme ce billet sans concessions et cet autre sans détours. Il n’en reste pas moins que, dans son ensemble, oui, la blogosphère est un néant, le degré zéro de pensée, le royaume des palucheurs se la pétant gravement, un tout-à-l’égo partouzant.
Aussi et enfin un livre qui n’aura pas le Goncourt, mais qu’importe, il en vaut bien d’autres, il n’épargne personne, surtout pas Internet, justement, et cette jeunesse amorphe, en carton-pâte, qu’elle soit bourgeoise ou des cités, chacun en prend pour son grade, et c’est tant mieux. C’est mérité, dix fois, mille fois. Avant que l’inéluctable ne survienne, le chaos, qu’il est bon de se plonger dans Apocalypse Bébé de Virginie Despentes.
Or donc, voici la mensuelle fournée, dérisoire et foutraque, démantelée, voire : défoncée.
16:23 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : twitter, réforme des retraites, manifestations, bataille de chiffres, a vous de juger, bons français, menace terroriste, circulaire anti-roms, apocalypse bébé, virginie despentes, inculture, sarkozysme, septembre 2010 |
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08 août 2010
« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté ... »
Alors comme ça, un sondage estival ferait comme du chambard, non mais regardez-moi ça, une (grande, immense) majorité de français approuverait les différentes « mesures de lutte contre l’insécurité » déroulées ces dernières semaines par ceusses dont « la seule ambition est d’assurer la protection des honnêtes gens » [Brice Hortefeux, Le Parisien/Aujourd’hui En France, dimanche 1er août 2010] par ceusses, itou, qui sont en charge dudit dossier, celui de « notre sécurité » depuis juin 2002, soit huit bonnes années pleines ! Diantre ! Mais est-ce véritablement une surprise ?
Oh bien sûr, on peut jaser sur la méthodologie, tout comme sur les items, plus orientés, directifs, ce serait bien difficile ! Quand tu veux les faire cracher au bassinet, m’sieur le sondeur (indépendant, cela va de soi, n’est-ce paaaas …) tu mets le paquet, mon saligaud ! … Nonobstant, qui s’est penché sur les détails du sondage en question ? M’est avis qu’ils sont peu nombreux ! Tiens donc ! Auraient-ils comme les j’tons d’y trouver une vérité qui dérange ? Quelque chose qu’il faudrait taire ? Pourtant, c’est bigrement intéressant ces « détails » …
Ah, j’en conviens, ça fait mal au cœur et au cul ! Mais c’est écrit, là, noir sur blanc, y’a pas à tortiller tellement ça jure, allez donc voir, faites l’effort ! Ces français qui sont encore plus majoritaires que les autres à approuver des deux mains, déchéance de nationalité, vidéosurveillance à tirelarigot, démantèlement de camps illégaux (quand je te disais que l’affaire était orientée, balisée) de Roms, répression au carré si ce n’est au cube et autres réjouissances d’un autre temps, ce sont des ouvriers, des artisans, des commerçants, des employés et des chefs d’entreprises (PME), bref, ce que l’on nomme les « classes moyennes » !
Et personne ne le dit ? Comment se fait-il ? …
Oh oui, là encore j’en conviens, ce n’est pas un scoop ! Ça fait belle lurette que nous le savons, même qu’on n’a pas attendu un 21 avril, ni le prochain, ah ça non ! Et Sarkozy en a bien (in)conscience [*] ! Alors vlan, il remet le couvert ! Oyez, oyez, « honnêtes gens » je vous ai compris ! Vous en aurez pour votre argent ! C’est moi, le gars de la Marine, ne vous y trompez pas ! Et Rocard a beau dire qu’il le « paiera cher » c’est même pas sûr tant ce troupeau, tu l’enfarines et copieux, avant de le tondre par le pouvoir d’achat, lui vanter les vertus du travail ! Facile ! C’est un électorat que tu trimballes à ta guise ! Suffit de sortir l’artillerie lourde, et le voilà qui exulte ! Pis : il se défoule, libération de la parole comme jamais, la honte, c’est pas ça qui l’étouffe, du moment que tu lui promets la sécurité ! Quand bien même cela ferait huit ans - je l’ai bien précisé - que tu lui chanterais le même refrain, les mêmes lois et décrets, c’est kif-kif, il en redemande ! Pourquoi s’en priverait-il, alors, ce président ? Qu’est-ce qu’il en a faire des conséquences, du bruit, des odeurs ? Rien ! Du moment que la gauche, enfin, ce qu’il en reste, est de nouveau kaput, infoutue de réagir, de contrer, gauche mollassonne, sans relief ..
Reste à savoir, jusqu’où il ira, cet homme-là ! C’est que, dis, la recette est bonne ! A merveille, elle fonctionne ! Alors pourquoi pas, demain, allez hop, quitte à ratisser dans les grandes largeurs, un référendum sur le code de la nationalité ou sur l’immigration ! N’est-ce paaaaaaas ? Pourquoi pas, non plus, en finir avec le regroupement familial ? Quant au droit du sol, ma foi, faut voir ! Le droit du sang, si ça se trouve, ça leur irait très bien, à ces « braves gens » ? Ou la peine de mort pour les pédophiles ! C’est bon ça ! Ça ramène du bétail, bon sang ! Voyez, c’est pas les propositions à venir qui manquent, y’aurait même plutôt l’embarras du choix ! Et peu nous chaut que le New York Times nous fasse la leçon ! Ces cochons d’américains ! Mais qu’ils balayent donc devant leur porte ! C’est bien ça, que j’ai cru entendre ? C’est pas que je sois pro-américain primaire, ah ça non ! Faut pas pousser, non plus ! Mais tout de même, cette phrase, celle de Thomas Jefferson, je la donnerais à réciter chaque jour à tous les citoyens de France et d’ailleurs :
« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre. »
Vous m’en ferez cent lignes. A la main. Et au quotidien. Vos prières et autres foutaises, vous me les remisez au diable, en lieu et place, vous méditerez chaque soir, sur cette phrase, ce qu’elle veut dire, son sens.
Ah, mais non, vous vous trompez, ce n’est pas notre liberté que nous sacrifions qu’ils disent, les « braves gens » ! Non ! Mais la liberté de quelques Roms, de sales polygames, de délinquants « d’origine étrangère » de la pire espèce ! Des tueurs de flics, messire ! De véritables parasites prêts « à égorger nos fils et nos compagnes » ! … Ah, mais quelle misère ! ... J’ai le regret d’écrire qu’il avait raison, le Général, quelle bande de veaux ! …
Mais leur liberté, c’est aussi la tienne, sagouin ! Assassin de la République ! Si tu la sacrifies, rien, tu ne mérites rien ! Ni liberté ! Ni sécurité ! Que dalle ! Sinon des camps, de travail ! Oui ! Tu verras ! On y viendra !
Enfin quoi ! Ouvriers, artisans, commerçants, employés et (petits) chefs, qu’avez-vous dans la caboche ? Ne voyez-vous pas qu’on vous entourloupe, gruge et balade ? Relisez donc le Code Pénal, tout y est, tout est là, croyez-moi, y’a de quoi turbiner ! Pas besoin de doubler les lois, tout ça, c’est que de l’effet d’annonce(s) ! … Tu veux quoi ? … Le port d’armes ? … Vivre dans une société fermée, cadenassée, filmée ? Et vivre, tout simplement vivre, t’y as pensé ? ….
Et qu’on ne me parle pas du Front National et son « candidat anti-système » ! « Anti-système », mon cul ! Ça marche avec, et comment ! Le Front National, c’est qu’un parti de bourgeois, que de la posture, n’en a rien à faire de ta misère, de tes tracas ! Jamais ce parti-là n’a pris la défense des « classes moyennes », jamais ! Jamais à ses côtés, quand elles se font remercier, jeter, délocaliser. Pas un mot, rien ! Que des gredins ! Du balai ! Allez ouste ! …
Non, c’est la gauche, qu’il faut réinventer, c’est elle qu’il faut ressusciter, la vraie, la généreuse, même si, c’est vrai, des Jaurès, des Blum, des Mendès, y’en a plus, fini, terminé, mais qu’importe ! Faut la secouer cette mollasse de gauche, la pousser au train, c’est à nous de le faire, en vertu du fait qu’il ne faut rien attendre, il faut prendre les devants, toujours, anticiper, bref, se comporter en citoyen, actif, volontaire, pugnace, et non en troupeau de vaches à sonder. L’heure a sonné ! Celle de regagner notre honneur et notre dignité !
Ne laissons pas des camelots, carriéristes et autres bonimenteurs (pathétiques, grotesques) nous berner à seules fins électorales ! Ne laissons pas ces « gens-là » petit à petit, insidieusement, nous confisquer au nom de sécurité (mais qu’est-ce donc, hein, que la sécurité ?) ce que nous avons de plus précieux : notre liberté ! Ne les laissons pas assassiner la République !
[*] Au fait, monsieur le président, elle est où, votre « politique de civilisation » ? Celle qui devait « remettre l'homme au coeur de la société » ? Cette politique promise qui devait « réhumaniser notre société » ? Et « mettre le changement indispensable au service de l'homme » ?
Nonobstant, n'avez-vous pas déclaré, le 6 mai 2007, soir de votre élection, que vous seriez le « président de TOUS les français » ? Or, donc, celui qui les rassemble, les unit, et non, celui qui les divise.
Souvenez-vous de votre allocution télévisée du mercredi 18 février 2009 où vous nous proposiez « le seul chemin qui vaille (...) celui du refus de la facilité ». Or, encore une fois, il n'y a rien de plus facile que de dresser les gens les uns contre les autres, rien de plus facile que de les opposer, les diviser. A contrario, il est bien plus difficile, mais bien plus noble, de les rassembler. C'est même le devoir d'un Chef d'Etat ... Auriez-vous finalement décidé de changer de « chemin », opter pour celui de vos prédécesseurs (dont vous n'avez cesse de nous démontrer leurs présumées insuffisances) soit celui de la « facilité » dans le seul but de servir, non votre pays, mais vos ambitions personnelles ?
18:08 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Devoir De Mémoire[s], Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lutte contre l'insécurité, déchéance de nationalité, démantèlement de camps de roms, vidéosurveillance, code la nationalité, immigration, liberté, sécurité, thomas jefferson, république, politique de civilisation, sarkozysme |
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01 juillet 2010
“Si je dis à Eric Woerth de partir …”
Bon déjà, noter qu’il y a un léger souci.
Sur la phrase prononcée par Nicolas Sarkozy.
Oh, c’est pas grave-grave, tant l’esprit reste le même, je veux dire ce qui émane, en définitive, des propos (présumés) du chef de l’Etat. Mais nous sommes tout de même bien embarrassés.
Eh oui ..
C’est qu’il y a des précédents, comme on dit.
Récemment, cette saillie, assez grossière vous en conviendrez, du footballeur de Chelsea, Anelka, qui se retrouve (va savoir comment) en Une du quotidien l’Equipe (dont on aimerait, itou, qu’il soit sommé, ce quotidien, de s’expliquer sur cette Une dégueulasse, ne serait-ce que via les syndicats de journalistes) et dont certains de ses coéquipiers disent que ce n’est pas ce qu’a dit Nicolas Anelka. Pas, tout à fait.
Ainsi Thierry Henry, qui face à Michel Denisot affirme que “ce ne sont pas les mots de Nico” tout en avouant, le malheureux écervelé, que de là où il était, il “n'arrivait pas à entendre ce que disait Nico. Il ronchonnait. Ce qui me frappe, c'est comment la personne qui a dit ça aux journalistes ait pu l'entendre” ..
... Mais QUI le conseille ce pauvre Thierry Henry (ne me dites pas que c’est Nicolas Sarkozy ..) ?
Et puis, y’en a un autre, de précédent, et non des moindres, comme dirait le camarade journaliste toujours aussi imaginatif, c’est le SMS du candidat au mariage, Sarkozy :
“Si tu reviens, j’annule tout !” rendu public par Le Nouvel Observateur.
Qui a fait : pshiiiiiiit …
Vous avez remarqué, ceci étant, comme depuis quelques temps (mauvais, très mauvais) des phrases parviennent à faire la Une ou les gros titres de la presse traditionnelle, infiniment respectable, n’est-ce paaaaaaaas, cette presse qui n’hésite pas, qu’il canicule ou qu’il pleuve à tomber sur le paletot de l’Internet en le traitant de Voici géant ? [Rires à gorge déployée].
Mais où en étais-je ?
Ah oui !
01:15 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eric woerth, affaire bettencourt, république irréprochable, exemplarité des ministres, sarkozy couvre woerth, si je dis à eric de partir, c'est qu'il y a quelque chose, aveu, sarkozy nous a mentis, la république irréprochable n'existe pas, république bananière, sarkozysme |
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22 mars 2010
Ils Disent Qu’Ils Ont Entendu Le Message Des Français
Or donc voilà, c’est fait, ils ont voté.
Et puis après, chantait Ferré ?
Eh bien après, les politiques sont venus s’exprimer sur les plateaux télé, radio, politiques de droite, de gauche, du centre, de nulle part, ou revenus du diable vauvert, ils sont venus nous dire qu’ils avaient “entendu le message des français” qu’il convenait de l’analyser avec “sang-froid” et “lucidité” pour les uns, avec “humilité” pour les autres, égard aux “devoirs” que ce “message” (leur) confère. Mais .. de quel “message” parlent-ils ?
Eh bien il suffit de les écouter. C’est édifiant. Tenez, Xavier Bertrand, qu’a-t-il entendu ?
Un machin étrange.
Que par ce vote, “les français n’ont pas dit non aux réformes”. Moi qui croyais qu’on votait pour dire “oui à” j’apprends, stupéfait, que nous voterions pour “ne pas dire non à” ; ici : aux réformes.
Mais de quelles réformes parle-t-il ? On n’en sait rien. Ce mot-là, réforme, est un mot magique, peu importe ce qu’il contient, juste ou pas, il est synonyme d’action. Paraît-il.
Dans ce vote qualifié de “crise” par le même Bertrand, “les français, ce soir, n’ont pas voulu le retour aux 35 heures. Ils n’ont pas voulu, non plus, la fin des heures supplémentaires. Les français, ce soir, n’ont pas voulu que l'on revienne sur l'exonération des droits de succession".
Diantre !
Mais comment fait-il pour entendre tout ça ? C’est écrit, noir sur blanc, sur un bulletin de vote, ces choses-là ? Je veux dire qu’il se passe un truc, une fois que notre bulletin est glissé dans l’urne ? Il est transformé en “message” par une machine, il est Google translaté ou quoi ? Non mais franchement ! Est-ce que, au moins, il entend ce qu’il dit, ce monsieur Bertrand, nonobstant le fait que, chose certaine, cet homme-là s’écoute avant tout parler. Or, comment entendre l’autre, son soit-disant “message”, quand on n’écoute que soi ?
”Le message nous devons l’analyser, l’entendre, et apporter les bonnes réponses” nous dit le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, qui donc, visiblement, n’a pas entendu Xavier Bertrand qui, on vient de le voir (et de l’entendre, surtout) n’a pas perdu de temps à l’analyser, lui.
Mais Lefebvre, non plus.
Puisque deux phrases plus loin, il apporte la réponse :
“Il faut qu’on aille plus vite et plus fort, qu’on amène des résultats aux français sur l’emploi, et la sécurité, par exemple”.
“Plus fort” (que les autres) ça c’est bien la marque de fabrique de Frédéric Lefebvre, car non seulement il “entend” le message de ceux qui ont voté dimanche, mais aussi, celui des abstentionnistes ! Lundi matin, sur France Info, après avoir affirmé que l’un des faits marquants de cette élection était l’abstention, et que bien malin celui ou celle qui pourraient dire ce qu’elle signifie (mettons ça sur le compte de la “lucidité”) il osa, quelques minutes suivantes, nous assurer que les abstentionnistes, “ce qu’ils nous disent, c’est qu’ils en ont marre que la droite et la gauche se déchirent alors que le pays est en crise” (nous mettrons ceci sur un autre compte, qui n’a, cette fois, rien à voir avec la politique, puisqu’il relève de l’extra-lucidité soit, vulgairement, d’une vaste fumisterie).
De fait, comment croire à une éventuelle lecture d’un “message” envoyé par les français, quand dans un même entretien, l’homme qui prétend s’y pencher, nous dit tout et son contraire ?
Je cite messieurs Bertrand et Lefebvre, comme j’aurais pu tout aussi bien citer Nadine Morano, Rama Yade, peu importe, la musique est la même, ils ont TOUS entendu “le message des français” : oui aux réformes et aux heures supplémentaires, non aux 35 heures, et non, pas du tout, mais qu’est-ce que vous me chantez-là, enfin c’est une élection régionale, pas une législative, ni une présidentielle, Nicolas Sarkozy n’est en aucun cas désavoué, comment pouvez-vous dire une chose pareille, sous-entendu, ce n’est pas “le message des français”. Bref, ce n’est pas un “vote sanction”.
Ah bon ?
Oui, je marque mon étonnement, car Xavier Bertrand n’a pas vu “non plus, dans cette élection, un vote d’adhésion, un vote d’envie vis-à-vis du Parti socialiste”.
Si c’est le cas, que signifie donc la victoire du Parti socialiste et de ses alliés (qu’il reconnaît) ?
Si ce n’est pas un “vote d’adhésion”, et qu’en même temps l’électeur “n’a pas voulu” sanctionner le gouvernement (alors que TOUS les ministres participant à ces régionales ont été battus, quand ce n'est pas balayés) qu’est-ce c’est ? Quel est le “message” ?
On y revient.
On tourne en rond, surtout.
Mais la faute à qui ? A ceux qui délivrent un “message” ou à qui veut bien l’entendre ?
Et la “remontée” du Front National, au fait ? Y aurait-il, là aussi, un “message” ?
Non.
Juste une explication technique.
Car à en croire Xavier Bertrand “la remontée du Front National est due à la crise” .. Dans ce cas-là, monsieur Bertrand, je suppose que, l’hiver qui, cette année, s’est un tantinet éternisé, c’est aussi dû à la crise, n’est-ce pas ? L’hiver, il s’est dit que, tiens, comme c’est la crise, que sur le front de l’emploi, il fait froid et que gèlent les salaires, ben je vais rester plus longtemps, ils n’y verront que du feu … Qu’attendez-vous pour réformer l’hiver, monsieur le gouvernement ? Puisque tout passe par elle, la réforme ?
Et si moi, un français parmi les autres, je disais que, voilà, j’en ai marre. Marre de vos discours. Marre de tout. D’être pris pour un con. Que je vote ou non. Qu’est-ce que ça change ? Puisque vous ne m’entendez pas. Ni moi, ni personne. Vous venez me prêter, comme ça, des intentions, un message, que je n’ai jamais envoyé, jamais pensé. Ce que je ressens, ce que je vis, ce que je souffre et ce dont je ris, vous vous en moquez. Oui, parfaitement, vous vous en moquez ! Et la preuve c’est que le jour où par voie référendaire le peuple français a dit non au Traité pour l’élaboration d’une constitution européenne, et où, là encore, vous êtes venus nous dire, plus condescendants que jamais, que vous aviez entendu “le message”, quelques mois plus tard, via le parlement, vous le faisiez passer, ce traité, car oui, celui de Lisbonne est peu ou prou celui proposé le 29 mai 2005. Et vous me direz, bien sûr, ou bien entendu (puisque : “vous entendez” ..) que ça rien à voir ! … Vraiment ? … Pourtant, elle est là, la fracture. Le divorce entre le peuple et le politique. La désaffection, celle des urnes. La présidentielle n’était qu’un leurre. Un sursaut, si vous préférez. Parce que naïfs que nous sommes, nous avons cru à tous ces boniments, une nouvelle génération qu’on nous disait, une nouvelle façon de faire de la politique ! Foutaises ! Vous nous avez trahis, une fois de plus, une fois de trop, et “le message”, s’il y en a un, c’est que demain, vos urnes, vous n’aurez plus à vous en soucier, tellement dedans les bulletins y seront maigres. Plus d'audience, sale conséquence de votre déficit d'audition. Comme vous ne manquez pas d’air, c’est couru, vous nous accuserez, de désertion, d’incivilité, que sais-je encore, de faire le lit de la tyrannie, des extrêmes, vous brandirez la menace qui nous guette, celle d’un totalitarisme, considérant que le vôtre, si tant est que vous le reconnaissiez un jour, est acceptable, dans la mesure où il s’appuie, lui, sur une idée avec laquelle, cependant, vous vous torchez allégrement, celle dite de démocratie, celle où, à vous entendre, vous lisez comme dans un livre.
Eh bien continuez à lire ce que jamais nous n’avons écrit. Continuez à analyser des messages que nous n’avons jamais envoyés. Poursuivez votre tâche, sans vous préoccuper des souffrances, des petites gens, de ceux qui tombent, qui renoncent, qui s’en vont, oui, poursuivez dans le déni. Après tout, quelle importance ! Nous savons bien que c’est fini, c’est cuit, votre démocratie, qu’on vote ou non, vous ne changerez rien, on a bien compris …
Nos cris comme nos silences, vous ne les entendez pas.
Ce que vous entendez, c’est vous. Et vous seuls.
16:10 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (61) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le message des français, second tour des régionales 2010, les français n'ont pas dit non aux réformes, frédéric lefevre sur france info, la remontée du front national, désaffection des urnes, mort de la démocratie, autisme politique, sarkozysme |
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28 octobre 2009
Qu’Est-Ce Que Tu Viens M’Emmerder Avec Ton Identité Nationale ?
Avant d’être français, de chair et de sang, je suis. Fait et refait.
Et cette chair, et ce sang, n’appartiennent à aucune patrie, n’obéissent à aucun drapeau, ils sont miens, pour toujours, à jamais. Ils sont ma seule et unique propriété, et je revendique le droit d’en user comme bon me semble.
Mon identité, c’est mon sang, c’est ma chair, et tu ne peux rien y changer.
Tu ne peux rien y faire.
Avant d’être français, je suis fils, frère, cousin et oncle de.
Avant d’être français, je suis aimant, amant, compagnon de.
Et fier de l’être.
C’est ainsi que je suis, c’est ainsi que je vis, et tu ne peux rien y changer.
Tu ne peux rien y faire.
Je ne suis ni le fils d’un drapeau, pas plus que je le suis d’une nation ou d’un hymne.
Je ne suis pas rejeton de Charlemagne ou de Napoléon, mais de Verlaine et Rimbaud.
Je préfère me nourrir de Villon ou de La Boétie, que de Besson ou de Sarkozy.
Et si je dois mourir que ce soit sous la plume d’un Hugo plutôt que sous celle d’un Guaino !
Je ne suis pas et ne serais jamais le posthume héros de vos guerres et de vos carnages, ce temps-là est révolu, et d’ailleurs, si, comme je l’entends, vous avez tant l’amour de votre patrie, alors crénom de Dieu, montrez l’exemple, pour une fois ! En Afghanistan, donnez votre sang ! En Somalie, donnez votre vie ! Plutôt que de sacrifier, toujours, celui et celle des autres ! Donnez-lui vos propres fils, plutôt que les nôtres ! A nous l’Epad, à vous le front ! Allons quoi ! Vous l’aimez donc ou pas, votre patrie ? Eh bien, dans ce cas, vous dis-je, montrez l’exemple ! Que ce ne soit pas, toujours et encore, aux pauvres et autres miséreux d’engraisser votre République par la chair et le sang !
Puisqu’elle ne sera jamais, votre République, celle de l’égalité des chances – ô la belle foutaise ! La terrible enculerie ! – osons celle, moins chimérique, de l’égalité des risques ! Partageons-les au nom de la patrie et de l’amour de la nation ! Au nom du “vivre ensemble” ! Mais n’oubliez jamais que dans “vivre ensemble” il y a, avant tout : vivre !
Je vis et suis fait de chair et de sang, ensuite de quoi, peut-être, oui, je suis français.
Je n’ai pas honte de l’être, mais je n’en suis pas fier non plus ! Pourquoi, et pour quoi faire, serais-je fier d’être français ? Je pourrais, pourquoi pas, être fier d’avoir accompli ceci ou cela, oui, même ce peu-là, mais être fier d’être français .. Franchement, entre nous, n’est-ce pas un tantinet incongru ? Psychanalytiquement préoccupant ? Oh bien sûr, je l’avoue, j’eus comme une érection vaguement patriotique quand, et pour la première fois, l’équipe de France, celle de football, remportait en 1984, son premier titre ! Mais quand l’autre équipe, celle de Sarkozy, refile des Rafales aux brésiliens, ma foi, dois-je, la queue basse, faire acte de contrition tant, oui, je le confesse, je ne sens, là, aucunement vibrer une quelconque fibre nationale ?
Et si tu évoques ou me parles de République, je t’énumère, derechef, les noms de celles et ceux qui sont morts pour elle. Encore une fois, ce ne sont pas tes fils. Et pourtant, tu oses, toi, nous demander, à nous, ce que c’est d’être français et la fierté de l’être ? Toi qui refuses toujours, obstinément, de payer dignement ceux, sénégalais, kabyles ou marocains, qui se sont battus pour la France, notre pays ?
Non, je ne suis pas fier d’être français, je suis né français. Mais si d’aventure - et j’en suis fort marri - je devais en avoir honte, c’est à toi que je le devrais. Toi qui récite Pétain. Qui Lepénise nos fils et nos compagnes. Qui insulte et maltraite la Terre qui m’a vu naître. Cette Terre que j’aime, malgré tout, malgré toi.
Et si tu me parles de Moulin ou de ses ancêtres, je te répondrais, Joffrin, qu’ils ne sont pas morts pour la France, ou pour une je-ne-sais-quelle identité nationale, non, ils sont morts pour la liberté ! Et la liberté, par définition, n’a pas de nation, de patrie ou de drapeau !
La liberté, c’est un chant.
Un hymne, sa prison.
Avant d’être français, je suis libre. Libre de choisir mes liens, mes contraintes et mon fardeau.
Libre, entends-tu ?
Je suis libre et de l’être, je ris. Je suis librairie. Camus, Villon, La Boétie.
Et si tu me dis que cette liberté, je la dois, entre autres, à Moulin, ses ancêtres, j’en conviens. Mais puisqu’ils sont morts moins pour l’idée d’une nation que pour sauver la liberté, qu’est-ce que tu viens m’emmerder avec ta prison d’identité nationale ?
Ce n’est pas la nation qui fait l’identité, ni nos identités qui font une nation.
Et nous ne sommes pas plus français que nous n’étions, hier, tous des américains ou des juifs allemands.
Nous sommes, identitairement, au delà les nations. Et fiers de l’être.
Avant d’être d’une nation, je suis un être humain.
Or donc, voilà LA question, la seule qui vaille :
Qu’est-ce que c’est, être humain, aujourd’hui ?
22:34 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Opinion | Lien permanent | Commentaires (87) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, fier d'être français, qu'est-ce que c'est être français ?, eric besson relance le débat sur l'identité nationale, qu'est-ce qu'une nation ?, qui suis-je ou vais-je et dans quel état j'erre ?, lepenisme, sarkozysme |
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25 juin 2009
Mieux Payés, Qu’il Disait
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Oh la la, mais pourquoi donc ce Nicolas Sarkozy ne change-t-il pas de cap et s’entête-t-il à vouloir “supprimer” un fonctionnaire sur deux ? [1]
Parce que, d’après Lui, comme ils sont beaucoup, ces fonctionnaires, ils sont “mal payés”, “mal considérés”, “mal respectés”.
C’est écrit en toutes lettres dans l’Abécédaire de ses propositions.
Nous pourrions contester cette logique proche du sophisme [2] qui consiste à décréter sans autre forme de procès que le nombre serait la (seule) cause réelle et sérieuse des maux de la fonction publique.
Nous ne le ferons pas.
Par charité laïque, nous laisserons les socialistes s’en dépatouiller, et, sait-on jamais ! s’ils démontent avec brio (plutôt qu’avec Martine Aubry …) cette logique sophistique ça pourrait les remettre en selle, voire dans la course électorale ! [Ben dites-moi “merci !” les morts ! Je vous file un boulevard, là ! .. Celui qui vous conduira à être, demain, par les électeurs, mieux considérés, mieux respectés ; bref, ça peut payer ..]
Or donc, le non remplacement de 225 000 salariés de la fonction publique (partis ou battus en retraite) d’ici à 2012 permettra, selon Nicolas Sarkozy et ses mathématiques modernes de niveau CM1, d’avoir dans notre pays, des fonctionnaires “mieux payés”, “mieux formés”, “mieux considérés”, “mieux respectés”.
Ce refrain-là, il le tient depuis 2005 [3].
Et nous le chante encore aujourd’hui.
Et alors ?
Eh bien alors, ce jeudi 25 juin 2009, le ministre du Budget, Eric Woerth, a annoncé que les survivants .. les fonctionnaires bénéficieraient en 2010 d’une hausse de salaire de .. 0,5% ! [4]
[ … Sifflement admiratif et en trémolo … ]
0,5%, mais c’est E – NOOoo - ooOOR – ME !
Cela dit, et sans prétendre être plus bolchévique que la moyenne nationale, je ne suis pas certain que cette gratification inconsidérée aidât le fonctionnaire lambda à se sentir “mieux respecté”, non par ses concitoyens, mais par ceusses qui le dirigent.
[1] En mars 2007, Sarkozy affirmait que d’ici à 2012, 450 000 fonctionnaires partiraient à la retraite. Le fait de n’en remplacer qu’un sur deux permettrait, selon Lui, à l’Etat de mieux les rémunérer, mais aussi de faire des économies, donc de réduire son endettement. Abyssal, aujourd’hui …
[2] Le 5 février dernier, dans la rocambolesque émission intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy déclarait ceci : “Je regardais les chiffres sur l’Education Nationale. Depuis 1990, y’a 400 000 élèves en moins dans nos écoles, dans nos collèges et nos lycées. 400 000 en moins … Et nous avons embauché 500 000 enseignants de plus. C’EST DONC BIEN que ce n’est pas en embauchant toujours plus de fonctionnaires qu’on résout les problèmes.”
Voilà l’exemple typique de la pensée Sarkozienne. Elle relève exclusivement du sophisme (“Plus il y a d'emmental, plus il y a de trous. Plus il y a de trous, moins il y a d'emmental. Donc plus il y a d'emmental, moins il y a d'emmental.”) sophisme marqué par le “C’est donc bien que ..” … Ben non ! .. Il y a peut-être d’autres explications. Comme par exemple, une mauvaise répartition des postes ; trop d’enseignants ici, et pas assez là-bas. J’dis ça, j’dis rien …
[3] «Je propose un nouveau pacte de confiance aux fonctionnaires. […] Je propose moins de fonctionnaires, mais des fonctionnaires mieux payés, mieux formés, mieux considérés, mieux respectés. » [Lille, le 28 janvier 2005]
[4] Et 0,8% cette année. En deux fois. 0,5 au 1er juillet. 0,3 au 1er octobre ..
19:23 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, mieux payés mieux formés mieux considérés mieux respectés, sophisme, sarkozysme, logique comptable, les fonctionnaires augmentés de 0, 5% en 2010 |
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