30 juillet 2009
Nicolas Est Parti. Robert, Lui, Toujours Pas !
C’était un lundi. Le 8 décembre de l’année dernière. Dans la salle des fêtes de l’Élysée, on fêtait le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Ce jour-là, cet homme qui se targue d’avoir “le devoir d’agir quand y’en a tellement qui ont le devoir de parler” [1] s’est avancé, solennel, mais avec toujours ce sourire, énervant, cette grimace qu’il ne parvient jamais à réprimer, et, dans un mouvement d’épaule, il a dit :
”Il doit partir”.
Rama Yade [2] celle que l’on pria de se taire un an plus tôt, quand la France déroulait tapis rouge, macarons et Garde Républicaine pour accueillir le Colonel Kadhafi, de toutes ses mains, applaudit.
Ce lundi-là, le 8 décembre 2008, c’est au président du Zimbabwe, Robert Gabriel Mugabe, que le chef de l’État et président intérimaire de l’Union Européenne [3] s’adressait. Lui donnant même au passage, à ce dictateur africain, du “Monsieur” [4].
Il était bien temps de s’en préoccuper, du Zimbabwe de “Monsieur” Mugabe.
Ce pays qui fut le “grenier à blé de l’Afrique” rongé par la famine, dézingué par le choléra, la tuberculose et le Sida.
Un pays privé de tout, de liberté (y compris de la presse) un pays où l’on musèle, torture et assassine.
Oui, il était grand temps de s’en inquiéter, quand bien même pourrait-on regretter qu’il faille attendre un “anniversaire” pour le faire. Mais tout de même, l’on se disait que si le “libérateur des infirmières bulgares” [ … silence poli ..] tapait du poing sur le pupitre élyséen, oui, si l’homme qui, le soir de son élection, promettait d’être toujours aux côtés de “ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures” s’y mettait (enfin) alors, va savoir, y’avait peut-être un espoir pour le peuple zimbabwéen !
Seulement voilà, près de 8 mois plus tard, “Monsieur” Mugabe est toujours au pouvoir. Et n’a pas l’intention de le lâcher. Et ce fanfaron “vagal” tançant ceux qui, à ses yeux, n’ont qu’un seul devoir, celui de parler, vient subitement de les rejoindre.
Tant pis pour les zimbabwéens, pour lesquels il n’aura, en définitive, rien fait, sinon leur laisser à penser que, pour le leur ôter, une fois les bougies soufflées.
Robert est toujours là.
Nicolas, lui, est parti.
Au cap Nègre.
[1] C’est ce qu’il disait le 5 février dernier : “J’ai d’abord le devoir d’agir .. Y’en a tellement qui ont le devoir de parler, faut bien qu’il y en ait un qui ait le devoir d’agir” [Émission “Face à La Crise”]
[2] Rama Yade qui eut cette phrase incroyable et assez révélatrice : “Si je suis là, c’est parce que UN HOMME l’a souhaité ..” [Dimanche 2 Novembre 2008, France 5, dans feue l’émission “Riposte”]
[3] Mais aussi Président à peine caché de l’UMP, des Hauts-de-Seine, de France-Télévisions, de France-Inter, du CSA, de l’ouverture et du redécoupage électoral …
[4] C’est une manie chez Sarkozy de donner du “Monsieur” aux dictateurs et autres tyrans.
Par exemple, le 5 février 2007, dans cette vaste rigolade intitulée “J’ai Une Question à Vous Poser”, il parlait de …. Monsieur Hitler ! [“D’abord monsieur, le fait que le président iranien ait été élu le rend pas respectable pour autant ! Je rappelle que Monsieur Hitler a été élu !” – Nicolas Sarkozy]
RAPPEL : Selon Que Vous Serez Un Dictateur Africain Ou Nord-Coréen ...
19:18 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robert mugabe, zimbabwe, sarkozy demande à mugabe de partir, sarkozy au cap nègre, dictateur africain, choléra, famine, les promesses non tenues de nicolas sarkozy |
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