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01 septembre 2010

Août Sécuritaire En 140 Caractères

Twitter Août 2010.jpg« J’avoue/J’en ai/Bavé/Pas vous/Mon amour »

Va savoir pourquoi, j’ai c’te strophe du Gainsbourg dans le cassis. Putain de mois d’août ! C’qu’on en a bavé ! Sans amour … Ah c’que ça a cogné, désigné, expulsé, tant et tant que, me semble-t-il « De l’été c’est la fin/Les fleurs ont perdu leurs parfums » et la France son a-Rom ..

J’avoue, j’ai pas eu le cœur à … Souvent, je fis banquette, regardant pendant des heures entières, hébété, le vent caresser ou fouetter les feuillages, ceusses qui peuplent cette fenêtre, au premier, ma tanière. J’aurais bien fait la grève, de quoi, je ne sais pas, de tout ; m’extraire tant le dégoût me submergeait … Sale temps ! Et peu nous chaut, visiblement, qu’à des années d’ici, ils se traînent et meurent, au Pakistan. T’es pas bien né, faut croire, le pakistanais, t’aurais dû te faire haïtien en loucedé ou touriste friqué, indonésien, là, tu l’aurais eu ton pognon, ta médecine, de quoi survivre jusqu’au prochain carnage maritime.

Eté moisi jusqu’au trognon, chasse aux Roms, à l’étranger, déchu de sa nationalité, taïaut, taïaut, ça y fait la Une des journaux, sans plus que ça révulser le populo ; quant aux jeunots, balle-peau ! Jeunesse de merde, va ! Qu’est-ce que tu fous, où t’es ? Ah bordel à chien, je connus d’autres temps où ladite jeunesse t’aurait investi la rue en moins de deux et pour moins que ça ! Mais je l’ai dit et le redis : nous ne sommes plus rien, pas même des français … Que faire avec ce merdier ? En rire devient presque déplorable. Et pourtant … Le rire, vois-tu, cette cicatrice, rend la vie plus supportable. Ça vous y met une grimace, triste, sur votre discours haineux, sécuritaire, celui avec lequel vous faites front (national) et promettez, demain, de nouveaux boucs-émissaires.

Or donc, les voici, les grimaces, celles d’août. Les bavantes. Que des tâches sur notre drapeau. Et quelques babioles ..

Rentre Chez Toi 18 08 2010.jpg
Les Déchus 02 08 2010.jpg
Boulets 24 08 2010.jpg

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28 août 2010

Nous Ne Sommes Plus Rien [Pas Même Des Français]

Ensemble, Tout Devient Pénible.jpgSe taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets. Et le reste, tout ce qui vocifère et martèle. Laisser faire et crier, asséner formules creuses (« La France n’a pas vocation à … »). Regarder l’été nous fuir, doucement, comme dégoûté, désolé. Par des sondages, crétins et grossiers, chassé.

L’été s’en va, et comme il a raison ! De lui-même il s’expulse et nous dit : « Je suis un Rom, et vous merde pour l’éternité ! » ..
Oh, comme j’aimerais que l’hiver le plus rude, s’abatte sur cette terre de France, qu’on en bave et crève, pandémie de froid, de gel et de congères. Que feraient-ils, alors, nos ténors ? Enverraient-ils l’armée ou des escadrons entiers de BST mater les frimas ? … Hein ? … Quels seraient leurs mots, leurs slogans ? « La France n’a pas vocation à accueillir tous les hivers du monde » ?
Oui, puisque rien n’est possible, puisque tout nous indiffère, alors l’hiver, la nuit, totale et entière, et basta le pays des Lumières ! Foutez-moi tout ce merdier à la bougie ! Renvoyez-nous au moyen-âge ! Et plus vite que ça !
« La France n’a de leçons à recevoir » dis-tu ? Dans ce cas, suivant les pointillés, coupons-là, et hop ! A la baille ! Et vogue la galère, le radeau ! Tant nous ne méritons pas le mur que d’aucuns nous prédisent, mais un naufrage, immense, en noir et blanc … « Plutôt blanc » glavioteront les « de souche » qui, soyez-en certains, jusque dans la tempête et les enfers, les poumons gorgés d’eau, de sel et de déchets, ne sauraient d’avis diverger, puisqu’ils sont invariables, invariablement sots. Des fous, des gredins, voilà ce qu’ils sont ! La lie et le déshonneur ! Coulez-moi « ça » par le fond avec dans les haut-parleurs, du Zemmour et du Dantec. Et bon débarras ...

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Fermer les volets, les écoutilles et les clapets. Au diable vos fadaises (« Ça suffit ! ») vos Universités d’Eté, c’est l’hiver, c’est mort et c’est tant mieux ! Laissez ! Laissez-les faire ! Puisqu’ils vous le disent et répètent, ils « ne font qu’appliquer la loi » comme d’autres, autrefois. Mais n’allez pas le leur rappeler, ils ne s’en souviennent pas, ils n’étaient pas nés, ça n’a rien à voir ! Vous perdriez votre temps. De « bien-pensants » vous seriez, fissa, relégués au statut peu enviable de « munichois ». Tu vois, c’est cuit, râpé, mais tu le savais, n’est-ce pas ? Si, tu le savais que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement. Il suffit d’une crise, et zou, on remet le couvert, l’immonde ! Sauf que, nous n’en sommes qu’à l’entrée, tu vas morfler, et copieux, quand viendra le plat de résistance ! Oui, je sais, qu’il est fort mal approprié, de par les circonstances, ce mot-là : résistance ! Morte qu’elle est, la belle ... Dépecée, et ce n’est qu’un début ! Tout, ils oseront tout ! Et jusqu’au trognon ! La peur, ça les connaît ! Pour nous la foutre, ils sont champions ! Et ça marche à tous les coups  ... Alors pourquoi s’en priver ! … Quelle misère ! … Mais quel est donc ce peuple, de quel cerveau est-il doté, en a-t-il un, lui qui se prend pour Attila ?
« Dans une France socialiste/Je mettrais ces fumiers debout/A fumer le scrutin de liste/Jusqu’au mégot de mon dégoût » [*] et le goulag, Pépé ! Le goulag ! Ça leur ferait les pieds ! Peut-être même que ça leur donnerait des idées. A la noix, à la con, mais des idées !

Se taire. S’enterrer. Plus bouger. Regarder les trains, ceusses de la mort, passer, la nôtre, et l’hiver ... Regarde comme il est chouette, cet hiver ! Tu pourras bien le décréter, le couvre-feu, mon Hortefeux, il n’en aura cure ! Lui, tu ne pourras pas l’arrêter ! Pas plus l’expulser ! Il est là et pour longtemps ! Vidéosurveille-le, si ça t’amuse ! Injurie-le, traite-le de ce que tu veux d’ « Auvergnat » de « voyou » de « crapule », tu ne risques rien ! Ni condamnation, ni peine, ni amende ! Quant à le réguler, Nicolas, n’y pense même pas ! Il est sourd, plus encore que Liliane ! Envoie-z-y donc l’autre benêt, celui qui nous les brise de Nice, nous chanter son refrain : « Eté ou hiver, il faut choisir ! » .. Trop tard, malandrin ! Cet hiver ne nous quittera pas. Il est, désormais, notre drapeau national ! Notre pavillon à hisser sur le radeau que vous nous avez destiné, reste de France, pauvre de nous.
L’avait raison, Léotard - pas Philippe, François. Oui, « Ça va mal finir ». Mais comme c’est long et tuant ... Alors finissons-en, vraiment ! Laissez ! Laissez-les faire ! Taisons-nous ! Enterrons-nous ! Ne bougeons plus ! Comme hier, comme avant-hier, comme souvent ! Car, qu’avons-nous fait, hein ? Pour éviter « ça » ? Nous sommes-nous battus ? Même pas ! Regarde ! Les rues sont désertes, les grèves non-reconductibles, les pétitions atones, les protestations muettes, or, donc, nous sommes complices, nous sommes d’accord ! Complices des expulsions et des rafles ... D’accord pour les foutre dehors, eux et les suivants ...

Or, donc, complices et d’accord, nous ne sommes plus rien. Pas même des français. Surtout pas, des français ..
Et comme on ne peut être et avoir été, alors qu’advienne l’hiver.
Et nous enterre.

[*] Extraits de “Ils Ont Voté” [Léo Ferré]

22 août 2010

Rien [Ou Si Peu]

La France Est De Retour.jpgTu vas voir, qu’à ce train-là, ils vont nous le ratiboiser et pas qu’à moitié, le pays, et avec lui, les esprits ou ce qu’il en reste. Ah, ça décanille sec, ça élague, ça démantèle, quelle maestria ! Non, vraiment, j’en suis baba (aux Roms ...) ! Bravo les gars ! C’est du grand art ! Bettencourt et sa clique, Woerth et son cloaque, finis ! Adios ! ... Quant au pouvoir d’achat, la France d’après, celle qui se lève tôt – tu t’en souviens, dis ? – cette France de propriétaires et du plein-emploi, niquée ! Oubliée ! ... Parce que, sais-tu quoi ? Tu n’es pas en « sécurité » ! Pas assez ! Et si tu crois l’être, on va t’enfoncer dans le crâne, et à coup de massue s’il le faut, que non, bordel de merde, « tu-n’es-pas-en-sécurité » ! T’as compris ? ... Et qu’on s’amuse à dire le contraire et vlan ! Te voilà relégué dans la division des « bien-pensants » ! ... Hein ? ... Quoi ? ... Que dis-tu ? ... C’est quoi un « bien-pensant » ? Mais j’en sais foutre rien, mon pote ! Logiquement, c’est l’inverse d’un « mal-pensant » ! Non ?

Or, donc, il ne faut pas, c’est exclu, dans cette France-là, « bien penser » ! Et d’ailleurs, il ne faut plus penser. Du tout ! Si tu penses, qui sait ? Demain ou après-demain, tu t’en irais, peut-être, péter un truc, une vitrine, une école, un système ... Une caténaire ... Police-menottes-prison pour ta pomme, ah comme il va morfler le sale mec, l’ultra-gauchiste ! Terroriste, va ! ... Alors non, ne pense pas malheureux ! Evite ! Prends ta dose quotidienne de Drucker, de Reichmann, de Dechavanne. Bouffonne-toi l’existence ! Ivre-toi de téléconne ! Icône donc les Pujadas, les Chabot, les Chazal et autres Ferrari ! Ça c’est de l’info, coco ! Made in Guéant from Elysée ! Son taff à cet ostrogoth, c’est de filer chaque jour que Sarkozy fait, un os à ronger. A l’AFP ! A Reuters ! Au JT ! A tutti quanti qui se prétend journaliste ! Et ensuite, c’est la curée ! Haro sur le Rom ! Le musulman ! Le pas-de-chez-toi ! Le métèque ! Ce scélérat, ces crapules qui veulent ta peau, ton blé, ton boulot ! Mais si ! ... Vois comme ils sont armés jusqu’aux dents, et pas de la petite dent de lait ! Ah ça non ! De la bonne grosse dent, aiguisée et finement ! Qui sait, s’ils n’iraient pas jusqu’à bouffer nos gosses ! Oui, comme autrefois, les communistes ! C’est de la même espèce, de la même race, sans foi, ni loi, des parasites dont il faut, manu-militari se débarrasser et pour quoi ? Pour ton bien, ton bien à toi, et celui de la nation ! Nation chérie, allons enfants de la patrie ! Il faut expulser ces malfaisants, et plus vite que ça ! ... Parce que, bien évidemment, tu es d’accord ! Nous sommes TOUS d’accord ! La preuve, c’est qu’on ne dit rien ! Que dalle ! Notre cul, on le bouge pas ! Affalés chez nous, à pondre des textes, du kleenex, à regarder passer les trains et quelques putains d’avions, ceusses qui raccompagnent « dignement » (oui « dignement » car je te rappelle que la France n’est assurément pas un pays de sauvages ; on accueille et on expulse avec le maximum d’humanité, nom de Dieu !) ces brutes, ces racailles, ces miséreux qui menacent notre tranquillité, le « vivre ensemble ». Le nôtre, bien entendu ! Ça, tu l’as bien compris ! « Vivre ensemble » certes, mais pas avec n’importe qui ! En tout cas, pas avec « eux » ! La France, elle est aux Français ! Aux français d’abord ! Les autres : dehors ! ... Sacré programme, n’est-ce pas ? ... J’irais même jusqu’à dire que c’est foutrement « bien pensé » ! A croire que là-haut, dans ce qu’on nomme assez judicieusement « le château » on se fait et copieux des infusions vendéennes, De Villiers dans ta boule à thé ! On se shoote au Le Pen ! Même que, on doit sniffer du Mégret, des lignes de Bruno, ça c’est de la came de compète, MNR certifié ! Y’a pas mieux sur le marché ! …

... Ah, bordel ! Mais qu’est-ce t’as donc dans le cervelet ? Tu ne la vois donc pas la manip’ ? L’entourloupe ? La fumisterie ? Tu crois qu’après tout ce ramdam, tu seras plus en « sécurité » qu’hier ? Non ! Bien sûr que non ! Parce qu’il y aura toujours un bouc émissaire ! Te bile pas, va, on t’en trouvera, et à la pelle ! Ils te les désigneront ! Et comment ! Et tu marcheras, comme aujourd’hui ! ... Applaudissements ! ... Parce que dès qu’on te cause de « sécurité » tu plonges et recta ! Tu ferais n’importe quoi pour te sentir EN « sécurité » ... Et ils le savent ! Peu leur chaut que la première des sécurités ce soit un emploi ET un toit ! Pourvu que ça ramène de l’électorat ! Du tondu, du meuh-meuh, du qui regarde le doigt, jamais la Lune ! Un doigt qui pue, tellement il se l’est gratté, le cul ! ... Oui, tu verras, y’aura toujours un salopard d’étranger, né sur ton sol français, qui mettra en péril TA « sécurité » ... Y’a bon le filon ! ...  Aujourd’hui le Rom, hier encore le musulman, comme jadis, tu te souviens, le juif ! ... Et pendant c’temps-là, où qu’il passe, le pognon ? Tu te la poses, cette question ? Parce que du pognon, sais-tu, y’en a ! A foison ! La France, c’est pas le Bengladesh, mon pote ! C’est un pays qui respire le blé, l’artiche, les pépettes, mais toi, moi, on n’en verra pas la couleur ! Et tu sais pourquoi ? ... Parce que pendant qu’on expulse, qu’on raccompagne, qu’on rafle, le pognon, lui, il circule. Elle est là, l’entourloupe ! La fumisterie ! Et voilà comment on se fait mettre, et bien profond ! ... Quoi, la crise ? .... QUELLE crise ? ... Mais ça fait 30 ans qu’on est en plein dedans ; TRENTE ANS ! Et tu crois que le pognon, il s’est fait la malle dans cet intervalle ? Bien sûr que non ! Même que t’as un indice : les salaires ... Pas les nôtres, Dugland ! Non, ceux de nos dirigeants, les compétents, plein les fouilles qu’ils s’en mettent ! Ah, ils doivent se marrer, et grassement, quand leurs poteaux, ceusses du « château » nous remettent le sketch bien huilé de la « sécurité » ! Doivent se taper sur les cuisses, les mecs ! Tiens, j’suis même prêt à parier qu’ils appellent le Woerth pour le convier à la fête ! Le Woerth, le Santini, le Balkany, l’Estrosi, enfin bref, toute la bande ! Tout le gang ! ... Et donc ?

Et donc rien !
RIEN !
Continuons comme ça, restons bien sages, chez nous, à nous offusquer mollement, à ne RIEN foutre, à laisser faire. Continuons à marcher du pied gauche – paraît que ça porte bonheur – dans la merde « sécuritaire ». Continuons à faire semblant de ne pas comprendre. De ne pas voir. Laissons-les ratiboiser ce pays, ce fantôme, le peu d’esprit qui l’habite. Après quoi, rien, définitivement, il n’y aura plus RIEN.
Pas même l’idée du chaos.

 
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