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07 novembre 2011

Le Peuple, Cette Mauvaise Graisse

Hier encore, il n’en était pas question. Vous pensez ! Si la Grèce sortait de l’euro, mais c’est toute l’Europe qu’en pâtirait. Pis : on en crèverait. Tous ! Comme dans un film de Steven Soderbergh, nous assisterions, impuissants, à la « contagion ». L’effet domino. Après la Grèce, ce serait l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et rien, ni personne, alors, ne pourrait l’endiguer. Jusqu’à ce que…

grèce,papandréou,zone euro,sortie de l'euro,référendum grec,effet domino,contagion,europe,fmi,bce,merkozy,moteur franco-allemand,les marchés ont gagné,austérité,rigueur,récession,crise européenne,crise mondiale,29 mai 2005,la capitulation des socialistes européens,peuple grec,peuple européen,le peuple va payer,l'europe n'est pas une démocratieJusqu’à ce que cet homme, Papandréou [1] sans, dit-on, en avertir ses partenaires européens, émit une idée : consulter son peuple, les Grecs... A propos de quoi ? Personne ne le savait, mais d’emblée ce fut une levée de boucliers. D'irresponsable, de traître même, on le rebaptisa. Et, ce qu’il y a de remarquable, c’est qu’il le fût et par les politiques, et par les médias-laquais !

Non mais rendez-vous compte ! A son pays souffreteux, étranglé, à la dérive, « on » (Europe, FMI et tutti) venait au secours, en échange, faut-il le préciser, de réformes et autres mesures que même un Reagan, une Thatcher, jadis, n’auraient jamais osé mettre en place, tant ils se seraient attirés noises, courroux (une révolution sans doute, du genre grand format), et ce Grec, fade, si ce n’est insignifiant, nous chiait dans les bottes en voulant s’enquérir du fait si, par hasard, son peuple, aurait un avis sur la question ! Mais quel ingrat ! Mais quel salaud !

Alors, d’un coup, net, les discours changèrent.

La Grèce ? Mais on peut s’en passer ! Et je vous dirais même mieux : si elle sortait de la zone euro, ce serait pas plus mal. Tellement c’est un boulet
Non mais, vous savez combien ça pèse, la Grèce, Madame ? 2% du PIB de la zone euro !
Ah, ce 2% du PIB, il fit le tour des plateaux de TV, de radio, « ils » s’étaient refilé le mot. Politiques, économistes, éditorialistes, s’en donnaient à cœur joie. Cette Grèce qui, hier encore, était essentielle, cruciale, devint en une journée, un misérable petit pays de merde, un pays de tricheurs, de fraudeurs, de truqueurs, de fainéants même.

Les Grecs veulent la jouer solo, quitter la zone euro, revenir à leur monnaie ridicule ? Eh bien, soit ! Qu’ils crèvent, entendait-on ! D’autant que nos peuples n’y seraient pas opposés. Vous les avez entendus, n’est-ce pas, les Français, les Allemands, rouspéter, c’est chose connue, ils le disent, et tous les jours : « Pourquoi devrions-nous payer pour sauver la Grèce ? ». Et comme ce sont, les Grecs – je vous l’ai dit, à desseins – des tricheurs, des truqueurs, des fainéants, pensez ! Là, pas besoin d’avoir recours à quelconque référendum, la cause est entendue.

Ah, les malfrats ! Les gros dégueulasses. Certes, on les sentait un tantinet gênés aux entournures. C’est que, voyez, consulter le peuple, ça à voir avec ce qu’on nomme : démocratie. C’est embêtant, tout de même... Cette outrée levée de boucliers pourrait faire passer l’idée que cette entité, l’Europe, serait comme qui dirait l’ennemie des peuples, soit : antidémocratique. Confère ce qu’il advint du 29 mai 2005. Comme on te l’a gravement niqué le peuple français.
Comment faire pour contrecarrer cette idée, la noyer ? Faire vite, très vite oublier, que consulter le peuple, « c’est irrationnel et dangereux » !

Facile ! On va te refourguer la même rhétorique que l’on déverse en temps de grèves syndicales. Même que c’est de la rhétorique qui fonctionne très bien auprès de la masse. Y’a qu’à voir chez Pernaut (en fait, chez tout le monde)
Or donc :
« 11 millions de Grecs qui prennent en otage 320 millions d’européens, vous trouvez ça démocratique ? » [2].
Et les journalistes, ces valets, d’acquiescer, bien sûr. En boucle, qu’il est passé cet argument. Une merveille ! Du bel ouvrage, vraiment. Bravo messieurs !

Oh bien sûr, un homme sensé, sage, posé, bref celui qu’on n’invite surtout pas dans les médias (dont le métier est de dramatiser un fait jusqu’à l’excès, non de faire preuve de pédagogie) aurait eu vite fait d’expliquer que de référendum Grec, il n’y aurait pas. Jamais. Qu’il s’agissait, là, de politique intérieure grecque. Mais qui se soucie de ce qui se passe, réellement, en Grèce ?
Personne !
Ces journaux français qui se croient malin, ils titrent « le chaos », mais le chaos, en Grèce, bande de rigolos, ça fait belle lurette qu’il existe pour de vrai. C’est un bordel sans nom, la Grèce. Et nous n’y sommes pas pour rien. Ah ça non !

Nous subirions le même traitement, nous, les Français, salaires abaissés, retraites divisées, tout bradé, sacrifices toujours, mais je donnerais cher pour voir, alors, dans quel état, il serait notre pays. Et dans les rues, et à l’Assemblée ! Si nous ne crierions pas à l’injustice !
Et si, par-dessus le marché, on nous traitait de tricheurs, de fraudeurs, de fainéants, ah oui, je voudrais bien voir, tiens, si nous laisserions dire et faire. Peut-être que oui, finalement, tellement nous ne sommes plus rien. Que des loquedus. Des sans-couilles. Avec, nonobstant, 8 millions de pauvres, dont, pour bonne partie, des travailleurs. Mais là itou (comme quoi, y’a pas de hasard) tout le monde s’en fout. Chacun pour sa gueule. Y’a pas que les Grecs qui peuvent crever, nos pauvres aussi. C’est pareil. Ça participe du même esprit. Lamentable. C’est pas nous, c’est les autres. Toujours les autres.

Mais quelle mascarade, quand on y pense ! Un jour la Grèce, essentielle à la zone euro, le lendemain, une chiure. Du balai ! On peut s’en passer. Alors que, ce sont les mêmes, exactement les mêmes qui nous assuraient que, mon Dieu, si la Grèce tombait, alors ce serait horrible, grosse catastrophe, car ensuite, oyez, oyez, patatras l’Italie, puis l’Espagne, le Portugal, et donc, un jour, inévitablement, argh ! La France. Comme pour le H1N1, nous allions tous mourir.

D’un sens, on comprend mieux. Ce qui nous permet de survivre par temps de crise mondiale « sans précédent », de nous en tirer (pour l’instant), ce sont ces petits pays, n’est-ce pas, sur lesquels on se fait la cerise, via prêts assortis de taux d’intérêts aux pourcentages cetelemisés. On les revolvent à crédit. Ils font rempart en quelque sorte, bouclier, contribuent à nous épargner. Or donc, ils doivent, c’est un ordre, une injonction, se sacrifier, pour nous. Coûte que coûte. Pour pas qu’on vive, un jour, ce qu’ils subissent.
C’est ça, mon pote, la solidarité européenne.

C’est comme une guerre, en fait. Les pauvres, au front. Les riches, non.
Organise-t-on un référendum pour demander aux pauvres s’ils veulent y rester, au front ?
Non, bien sûr que non !...
Eh bien voilà, t’as compris pourquoi, ça leur faisait si peur, cette histoire de référendum. A « eux », et (paraît-il)… aux Marchés. Qu’il ne faudrait surtout pas oublier. Mais comment le pourrait-on, puisqu’on nous le dit, répète : « Désormais l’Italie est dans le collimateur des spéculateurs » ?
Les spéculateurs, ceux qu'ont contribué, très activement, à couler la Grèce. Certes, elle était bien endettée, et donc vulnérable, cette Grèce. Mais quel pays (de la zone euro, en l’occurrence) ne l’est pas ?

Reste à savoir quel est l’intérêt – c’est le cas de le dire – de s’attaquer ainsi, et violemment (c’est une guerre, je le redis) aux pays endettés. Quel est le but recherché ? Et pourquoi il ne faut surtout pas que les peuples s’en mêlassent… Hormis pour payer la facture, il va sans dire.
Le peuple, ce coupable idéal, cette mauvaise graisse, qu'il convient de tondre, et plus encore, au mépris de tout, y compris de la démocratie.
Or donc, aujourd'hui les Grecs, et demain, bientôt, tous les européens. Tous !


[1] Doit-on rappeler que, comme Zapatero, Papandréou est ... socialiste. Et que, comme TOUS les socialistes européens, il aura, sans moufter, mis en place des réformes d'une dureté rarement égalée, et dictées, avant tout, par les Marchés et pour la gloire des Marchés.
Nous assistons donc, aussi, à une déroute (et une trahison, surtout) totale des différents partis socialistes européens (le PS français, y compris) qui courbent l'échine, comme des lâches, devant le diktat néolibéral.

[2] Pitoyable diatribe entendue lors d'une édition de C Dans L'Air, et tenue par un dénommé Christian Saint-Étienne. Cet ennemi du peuple, et grand adorateur d'un néolibéralisme plus qu'effréné, est professeur titulaire de la Chaire d'Economie industrielle au Conservatoire National des Arts & Métiers.

10 août 2011

Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !

Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?

Eté-1971.jpgTu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?

Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon". 
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.

Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.

Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.

Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.

Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?

J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".

Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.

Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.

Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.

A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?

Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...

14 mai 2009

Prions Avec Fillon

Ne Nous Fions Pas à L'Habit [Qui N'a Jamais Fait Le Moine]

Or donc, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an 2009 que celui que nous considérerons moins comme le pote que l’apôtre de cet homme que nous prîmes, Dieu sait pourquoi, pour le nouveau messie du pouvoir d’achat, oui, c’est en ce jeudi 14 mai de l’an Neuf que ce vieux conservateur de François, nous avoua dans Le Figaro que, finalement, et tout bien dépensé, y’avait comme une énorme couille dans les écritures de Madame Lagarde, vulgairement que la croissance ne serait point négative à hauteur de 1,5 mais de 3%.
Que nous continuions notre descente à une semaine de l’Ascension.
Bref, que nous l’avons bien plus profond dans le fion que prévue par la voyante de Bercy, confortant par la même cette croyance populaire qui dit que : dans un pays n’allant pas croissant tout part en brioche ! Et d’autant plus quand l’église patronale, le sacro-saint MEDEF, envoie ses ouailles au paradis fiscal pendant que, dans le même temps, et à un train d’enfer, il multiplie les pains .. dans la gueule des salariés, ceusses que l’on prend pour des cons bénis.

Cependant (pour reprendre l’expression favorite de nos détenus) et quand bien même pleuvrait-il des cordes, il ne faudrait point, comme ces infidèles de Gauche, tordre le cou à la vérité, nous assure le moine de Matignon.
Notre pays, poursuit-il, est certes rongé par les vers de la crise, mais il résiste mieux que nos voisins.
Notamment l’Allemagne (-6% de croissance prévue pour cet an Neuf).
Un fait nouveau, tant il n’y a pas si longtemps, face à l’adversité, notre belle France n’était point réputée pour sa résistance.
Quant à ces Judas, ces irresponsables [1] nous dit Saint-François, facteurs de troubles, ceusses qui voudraient abattre notre Sainte République laïque par je ne sais quelle révolution bolchévique, ne les écoutez point, croyez plutôt en un capitalisme purifié, un tiers pour ton patron, un second pour tes actionnaires, un dernier pour quelques juteux investissements en Birmanie ou autre Slovaquie, et pour toi, mon souffreteux, une hostie. Tu l’as bien méritée après ce chemin, le seul qui vaille, celui de croix.

Mais que serait un tel prêche, s’il n’y avait point de prophétie ! D’autant plus quand dans la mouise nous surnageons.
L’évêque de Matignon se plie volontiers à l’exercice et tel l’Oracle nous annonce qu’après l’été, sa course folle, il ralentira, le chômage.
L’adorateur du Temple, comprendre le journaliste du Figaro, aurait pu, en l’occurrence, faire remarquer à notre apprenti prophète, notre Moïse d’occasion, que deux lignes en amont, il admettait que nous n'avions aucune prévision suffisamment fiable sur le comportement des agents économiques pour savoir à quel rythme le marché de l’emploi continuera de se dégrader au cours de cet an Neuf.
Comme il aurait pu, aussi, lorsque Saint-François martela en ouverture de son sermon que les banques demeurent solides, l’informer que Natixis venait d’enregistrer une perte de 1,839 milliard d’euros pour le premier trimestre de l’an Neuf.
Si l’adorateur du Temple ne l’a point fait, c’est moins par déférence que par charité chrétienne, tant il sait, le valet, que son maître souffre atrocement du dos [2], ce qui, tu en conviendras, fait de lui un frère, puisque nous les manants, aussi, on en a, et sacrément, plein le dos.
Mais ça n’est rien comparé à nos futurs, enfants et petits-enfants, pour qui, si l’on en croit François, la messe est dite, vu qu’il nous le confesse : il accepte l’idée de vider les caisses vides de l’État en faillite, creuser encore et toujours plus le déficit, donc augmenter plus que pharaoniquement la dette de nos progénitures.
Là, pas besoin d’être prophète pour piger que, pour eux, même ensemble, rien ne sera possible !
Et si des impies, des réfractaires, terroristes de la pensée unique, archaïque, venaient à braire ou bêler que son altesse du Cap-Nègre avait pourtant promis que cette purification du capitalisme (via le sauvetage des banques) ne coûterait pas un seul centime d’euro aux français, il leur serait rétorqué qu’il était question des français d’aujourd’hui et non ceux d’après-demain !
Alors tais-toi donc, et comme les autres prends ta pelle pour, au nom du CAC, du bénéfice et du Saint-Patron, creuser le déficit et la tombe de tes enfants !
Amen !

Eh bien vois-tu, à ce prêche qui, socialement, humainement, apparaît pour le moins fort peu catholique, pour réponse, nous devrions nous hâter d’investir la rue en protestant.


[1] “(…) Chacun a compris que les manifestations et les grèves ne relanceraient pas l'économie et que les séquestrations des chefs d'entreprise pouvaient avoir des effets désastreux sur l'attractivité française et pour les salariés. À part quelques extrémistes qui défendent un autre modèle de société, tout le monde s'est comporté de façon responsable.” [François Fillon, Le Figaro, Jeudi 14 Mai 2009]

[2] ”(…) C'est vrai que j'ai eu mal au dos ! Mais parler de souffrance quand on exerce les fonctions qui sont les miennes et qu'on s'adresse à des Français qui connaissent des difficultés quotidiennes permanentes, c'est totalement indécent !” [Francois Fillon répondant à la question suivante : “En deux ans, qu’est-ce qui a été le plus dur à Matignon ? Votre mal de dos ou la cohabitation avec Nicolas Sarkozy ?” – Tu vois le niveau des questions et dudit entretien accordé ce jeudi 14 mai au Figaro]

02 mars 2009

Christine Lagarde : En Woerth Et Contre Tous !

Question à 100 milliards d’euros …

Rigole pas, manant, c’est avec ton pognon qu’on joue ..

Question à 100 milliards d’euros, disais-je :

Mais c’est quoi, au juste, le boulot de Mâhâme Lagarde ?

Comme c’est lundi, bon comme le pain (qu’a sacrément augmenté malgré une baisse conséquente du prix du blé, t’as remarqué ..) je joins à la question une photo de la dame …



Il Me Semble Que Lagarde Erre ..


… Sait-on jamais, s’il y a des physionomistes de compétition dans c’te blogosphère, ça pourrait les mettre sur une piste !

Emporté par mon élan, avec la photo, je t’offre trois propositions de type affriolantes :

A – Plante verte.
B – Voyante.
C – Ministre de l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi.

Alors ?

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27 octobre 2008

Récession, Dépression, Suppressions ! [Ou La Crise Des "Supprimes"]

[Sur] Vivre !

On connaissait cette réplique fameuse de Michel Galabru lancée au "Roller" Jean-Hugues Anglade dans le "Subway" de Luc Besson :
"Police, Menottes, Prison !"

Eh bien voilà que nous découvrons celle de la crise :
"Récession, Dépression, Suppressions !"

On a beau nous répéter à longueur de JT et de journées que le spectre de la récession est là, il ne s'agit nullement de spectre, tant nous ne sommes plus dans la perspective mais dans la réalité.

Il suffit de consulter les pages dites "sociales" de nos quotidiens numériques pour se rendre compte de l'étendue du désastre qui, non pas se prépare mais, a déjà commencé.
Une véritable hécatombe.

Quelques exemples :

9 Octobre : Hewlett-Packard SUPPRIME 500 emplois en France selon les syndicats.

21 octobre : La Redoute va SUPPRIMER 672 emplois d'ici à 4 ans.

23 octobre : Kronenbourg va SUPPRIMER 214 emplois en 2 ans.

24 octobre : Renault a annoncé la SUPPRESSION de 2000 emplois (dont 900 en France) après les 4000 départs "volontaires" annoncés en juillet dernier.

27 octobre : CAMIF : 509 postes vont êtes SUPPRIMES !

Etc.

La liste ne cesse de s'allonger, jour après jour ; et je me cantonne à l'hexagone, le phénomène étant mondial.

Après la crise des "Subprimes", dont on nous disait qu'elle n'aurait aucun impact en France, voici la crise des .. "SUPPRIMES" !

Où l'on découvre la violence, par le terme employé  - sans mauvais jeu de mots, quoique ..
Le terme :
SUPPRIMER.

Mais ce n'est pas uniquement un emploi que l'on supprime, c'est un homme, une femme.
C'est une vie.
C'est une famille, parfois.

Elle est là, la réalité.

On utilise, on emploie - j'insiste .. - un terme de tueur (car qui est chargé de supprimer quelqu'un, sinon un tueur ?) pour décrire la perte du travail.

C'est assez édifiant, non ?
Pas besoin d'ajouter quoi que ce soit.

Ou peut-être si.

On pourrait reprocher au Gouvernement de n'avoir rien vu venir, de n'avoir pas anticipé ce qui se profile : un chômage de masse.
Or, il l'a fait.

Eh oui, camarade !

Car depuis le 15 octobre, je te le rappelle, un chômiste ne peut plus refuser plus de deux offres "RAISONNABLES" d'emplois.
Et si tu lis attentivement le texte de ce décret, tu vas te rendre compte que non content de supprimer des vies, on menace(rait) ensuite de les radier si elles n'acceptent pas d'être déclassifiées et/ou dévalorisées,
En d'autres termes, non content d'avoir supprimé des vies, on demanderait ensuite - tu vas voir comme c'est d'un insupportable cynisme - on demanderait ensuite, disais-je, à ces vies supprimées de se montrer ... "RAISONNABLES" !

Et l'on viendrait, en plus, nous dire qu'il est question de ... moraliser le capitalisme ?

Moi je dis qu'il faudrait surtout arrêter de nous prendre pour des cons !


PS : Pour tenter d'endiguer la crise, il fut proposé ici et là, de fermer les Bourses pour quelques temps.
On ne le fit pas.
Et les gars (ceusses que l'État voudrait moraliser alors qu'ils n'en ont aucune, de Morale) s'en donnèrent à coeur joie, vendant tout ce qu'ils pouvaient, aggravant ainsi le fameux spectre de la récession..
Du coup, c'est Renault et Peugeot-Citroën qui, partiellement, ferment - 15 jours pour Renault à partir de ce lundi 27 octobre 2008.
Des milliers de salariés se retrouvent au chômage technique.
La Bourse plutôt que la vie, comme toujours ...

14 octobre 2008

Et Soudain, Les Bourses S'Envolèrent [Avec Notre Pognon] !

Comme On S'est Fait Mettre Chocolat, Les Mecs !

T'as pas l'impression qu'on s'est fait gravement niquer ?
Nous qui surnageons dans "l'économie réelle" alors que les Bourses & les Banques, non !

C'est quoi l'économie réelle, tu demandes ?

Ben c'est toi, c'est moi, c'est nous tous allant faire nos courses au Supermarché, tu sais le piège à travailleurs se vantant de lutter contre la Vie Chère et pour notre pouvoir d'achat tout en se faisant des marges en lousdé sur notre pauvre dos, nous tous prenant abonnements à tel fournisseur d'accès ou de téléphonie, nous, toujours et encore, contractant crédits ça comme à la grande joie de ton banquier qu'entonne alors un sonore et indécent :
"I'll be gooOOood !"

Mais l'argentier, le trader, enfin toute cette association à but exponentiellement lucratif, cette bande de joyeux malfaiteurs, que nenni !
N'évoluent pas dans l'économie réelle de ta mère, les brothers !
Mais dans l'argent fictif.
Et pétent allègrement dans la soie.
Avant de t'envoyer bouler via huissiers et lettres recommandées quand étranglé par la réalité, tu ne peux plus allonger le moindre denier.

Tu sais quoi ?

Eh bien, c'est avec notre pognon que ces lascars, hier à l'agonie, viennent aujourd'hui de jouir énorme à près de 12% - à la Bourse Del Paris - et reprendre les affaires courantes, le fameux "business as usual".
Comme si de rien n'était ainsi que le chante (et si mal) notre Jackie Kennedy de pacotille.

Oh oui, je sais, le pognon, doivent le rembourser les malfrins.
Comme au début des années 90, par exemple, lors de la fameuse crise des Caisses d'Epargne US.
Plus de 400 milliards de dollars qu'ils ont palpés, les copains, pour se refaire la cerise.
Même principe qu'aujourd'hui :
L'État prête le pognon qui ne vient pas de nulle part, mais de la Banque Centrale, et y'a intérêt à c'que les joueurs de thunes remboursent, et pourquoi ?
Parce que la Banque Centrale, elle rigole pas avec son blé, mon pote.
Elle veut en revoir la couleur et au micro-centime près !
Z'ont remboursé, les renégats de la finance ?

Moui.

Enfin, pas tout à fait !

Au final, il manquait la bagatelle de 50 milliards.
Et qui qu'a raqué ce copieux reliquat ?
Ben le contribuable américain, mon con !

Je te l'ai dit, elle rigole pas la Banque Centrale avec l'oseille !
Et il en va de même avec l'Européenne !

Et c'est pour ça que je te redis que cette nuit, c'est avec notre pognon que les agonisants du lundi sont repartis le mardi, gaillards comme jamais, "titriser" leur race.
Fillon a beau se racler les mains, jouer le Sarthois bienveillant, il le sait jusqu'au trognon, qu'un jour, nous paierons la facture.
Le fameux reliquat.
Un pourboire, c'est à croire, pour les rois de la finance.
Ceux qui tiennent le Monde par les couilles.
D'où l'appellation de "Bourses".

Au passage, je te rappelle aimablement que lorsqu'on fit doucement remarquer (le 8 janvier 2008) à notre chef de l'Etat que le peuple il voudrait bien un peu plus de pouvoir d'achat comme le candidat nous l'avait promis, l'insolent n'hésita point à nous trahir, nous mentir, nous abandonner, en rétorquant :
"Qu'attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?"

Ben voilà.
T'as le tableau dans son ensemble !
Pour nous qui vivotons dans l'économie réelle, on ne viderait pas des caisses supposées vides, ni ferait turbiner la planche à biftons, même qu'en sus, on nous ferait la Morale, dis-donc !
Mais pour les autres, ceusses qui dilapident, ventilent, ah là, on est aux petits oignons, chéri(e) !

Et ça a, en plus, l'outrecuidance de nous annoncer, que ça voudrait moraliser le Capitalisme ? [Rires !]

Alors, t'as toujours pas l'impression qu'on s'est fait gravement niquer ?
Nous à qui, on demande de ... travailler le dimanche ! - Ca va durer longtemps le foutage de gueule ?

Sans compter que - de toutes les façons, tu l'auras remarqué, on ne compte plus, là, tant les sommes donnent le vertige - j'ai comme l'impression que les gars de la Bourse et tous leurs amis, z'auraient comme exagéré le merdier, gagné du temps en geignant, histoire de faire monter les enchères.
Et ça a marché !
Preuve que ce sont bien eux, les rois du Monde !

C'est ce que je nomme la métaphore de l'enfant et du footballeur.
Métaphore développée en deux temps ce mardi 14 octobre matin sur Toulouse FM ..

Première Partie :
La Métaphore De L'Enfant Qui S'Rait Malade.


podcast


Deuxième Partie :
L'Enfant Est Rejoint Par Un Footballeur Qui Fait Sa Mijorée Sur Le Terrain.


podcast


Bonne Chance ...


13 octobre 2008

La Crise En Une Question



Ne plus avoir accès aux BIENS, au fond, est-ce vraiment un MAL ?


07 octobre 2008

La Française Des Gueux [Ou 15 999 999 De Chances De Se Faire Mettre]

Désormais 15 999 999 De Se Faire Mettre ! 

Je me souviens de Michel.

Michel Colucci.

Son sketch sur la publicité, notamment le passage sur les lessives.

"Le nouvel Omo, il lave encore plus blanc ! .. Blanc, je sais c'que c'est comme couleur : c'est blanc ! .. Moins blanc que blanc, j'me doute : ça doit être gris clair ! .. Mais plus blanc que blanc, qu'est-ce que c'est comme couleur ? .. C'est nouveau, ça vient de sortir !"

Eh bien, il en va de même du nouveau Loto.

Alors que nous sommes lessivés, essorés, rincés - ou allons bientôt l'être - par la crise financière, v'là que la Française Des Jeux nous sort un nouveau Loto nous assurant que "c'est nouveau, ça vient de sortir" et qu'il paye encore plus blanc que le précédent.

Et là, tout comme Coluche, je m'exclame :
"Je me maaaaaarrrrre !"

Tant je le sais, tu le sais, nous le savons (de Marseille) la Française Des Jeux, c'est tout sauf une entreprise philanthropique.
En réalité, c'est un système dans le système destiné à te piquer ton blé pour renflouer les caisses de l'État.
Une sorte de blanchiment d'argent qui s'rait légal.
Mais avant tout, une arnaque géante et carrément géniale.

Oui, géniale !

Car comment ça marche, le Loto ?

Très simple.

Mais d'abord un rappel :

On sait depuis des lustres que pour endormir le gueux, étouffer dans l'oeuf ses rebellions, ses légitimes revendications, il suffit de lui donner du pain et des jeux - et depuis quelques décennies, un troisième larron : la télévision !
Et quand il se prend trop de pains dans la gueule (chômage, récession, plus de pouvoir d'achat ..) on met l'accent aigu sur le jeu en lui tenant à peu près ce langage :

"Mon plus démuni, nous le savons (toujours de Marseille) t'es sur le gril. Pour toi et tes enfants, c'est la croix et la bannière. Alors voilà ce que nous te proposons : rejoins la notre, de bannière, en cochant des croix sur une grille. Et tu sais quoi ? Riche tu deviendras."

Et c'est incroyable, mais ça marche !
A croire que le gueux est vraiment trop con.

Pourquoi qu'il est con, le gueux ?

Parce qu'il a une "chance" sur 14 millions de remporter le gros lot.
Soit ...

... 13 999 999 de chances de se faire enculer !

Et franchement, faut vraiment être con pour accepter de se faire mettre deux fois par semaine et y retourner la semaine suivante.

Mais c'est pas tout - et c'est là où le génial se radine ...

Là où c'est génial, donc, c'est que le gueux il mise quelques euros, et tu sais quoi ?
Y'en a un et un seul qui repart avec le pognon.

Mais d'où qu'il vient ce pognon ?

Ben des autres gueux.
Des petits euros qu'ils ont misés.

C'est pas énorme ça ?
C'est pas génial ?
Se faire mettre et payer pour se faire mettre !

D'autant plus que tout l'argent misé ne va pas dans les poches du gueux gagnant !
Loin de là !
Une (très) grosse partie des mises va dans celles, énormes, de la Française Des Jeux et .. celles (vides) de l'Etat.

Tu veux que j'te dise ?

Moi j'appelle ça un impôt maquillé comme une voiture volée.
Et après tu viendrais te plaindre que tu en payes trop ?
Des impôts !
Tu m'fais doucement rigoler, tu sais !

Or donc, La Française Des Jeux (Et L'Etat) te propose un nouveau maquillage.

Et, comme par hasard, en ... pleine crise financière !

Là, ça mérite un arrêt-buffet.

Crois-tu que ce soit vraiment le fruit du hasard ?

Eh bien moi, je dis non.

Souviens-toi l'an dernier, la crise des Subprimes.
Honnêtement - un mot grossier pour la Française Des Jeux - Honnêtement, disais-je, fallait pas avoir fait Saint-Cyr pour comprendre que c'était le début de l'implosion que nous vivons aujourd'hui.
Pourtant, depuis un an, le Gouvernement qu'a fait mieux que Saint-Cyr, n'a cesse de nous dire que non, tout va bien, et d'ailleurs regardez, le chômage baisse, les réformes avancent, allez circulez, y'a rien à voir !
Mais que pouvait-il faire d'autre ?
Tu crois que la mission d'un Gouvernement c'est de faire peur à la population en lui disant la vérité ?
Non.
Sa mission c'est de rassurer le peuple.
Sauf en période électorale.
Là, c'est l'inverse !
Pour se faire élire, il faut effrayer la population, en lui disant, lui martelant que c'est l'insécurité partout, mais que si tu votes pour moi, c'est fini, y'en aura plus, de l'insécurité.

Tu piges ?

Faire peur pour se faire élire, rassurer une fois élu.
Et fustiger ceusses - les opposants - qui tentent d'avertir le peuple du danger qui le guette, que ça sent copieusement le roussi, les montrer du doigt, ces opposants, déclarant que ce sont d'horribles pessimistes, d'archaïques déclinologues, de sales petits gauchistes juste bons à propager la peur, cette peur qu'ils ont eux-mêmes, les vainqueurs, utilisée pour se faire élire.

C'est ÇA, la politique.

Comme démontré brillamment en amont, il ne fallait donc pas être bien malin pour deviner que la crise des Subprimes n'était - à moins d'un miracle - que l'embryon de cette énorme crise mondiale qui va engraisser (pas tous) les riches et lessiver (presque tous) les pauvres.

Ca veut dire quoi : "à moins d'un miracle" ?

Eh bien ça veut dire que l'été dernier, celui de 2007, constatant le début d'une faillite, le spéculateur en devienne subitement humain et arrête de spéculer.
D'où le "à moins d'un miracle" tant il y avait 1 chance sur 14 millions que ça se produise.
Et 13 999 999 de chances que ça nous retombe sur le groin.
Car le spéculateur, rien ne l'arrête.
Il n'est pas "moralisable".

Et donc, ce nouveau Loto n'est absolument pas le fruit du hasard, il est en gestation depuis quelques mois, suite à une étude approfondie de la situation économique.
On pourrait comparer ceci à une étude de marché.
L'étude ayant validé le fait que nous courions à la catastrophe, et qu'en conséquence le petit peuple allait gravement souffrir, c'était le moment opportun de lui offrir de quoi se soulager.
La recette restant la même : par le jeu, riche tu deviendras.
Ce qui s'appelle : vendre du rêve.
En fait, du vent.

Seulement, il n'y avait aucun intérêt à proposer un nouveau Loto, si ce n'était point pour se faire encore plus de blé.
Je veux dire soutirer encore plus de pognon aux gueux que nous sommes.
Mais comment maquiller l'affaire pour qu'elle semble en être une aux yeux et aux oreilles du client ?

Très simple en misant - comme toujours - sur sa crédulité, crédulité accentuée par la crise instaurant chez lui, et sournoisement, la peur ; la peur de tout perdre : son travail, sa maison, son ménage, comme il l'a vu dans sa télé.

Aveuglé par cette peur, le pigeon ne voit QUE la somme proposée : 2 millions d'euros ! [5, hier soir ...]
Mazette, mais c'est bien plus d'argent à rafler que dans la précédente version du Loto, dis-moi !
Oui da, mais c'est pas fini !
Ecoute bien comme la Française Des Jeux (Et L'État) sait y faire pour appâter le chaland :
Si personne ne trouve la combinaison gagnante, tu sais quoi mon pigeon ?
On rajoute 1 million dans le nourrin et ainsi de suite !

Alors, à qui le tour ?

Sauf que, pour une grille qui comporte toujours le même nombre de numéros, 49, tu ne peux plus en cocher 6 mais 5.
Oui, je sais, il y a les fameux numéros "chance" - là encore, le terme est mûrement réfléchi, il fait écho, ce mot chance, dans la tête du gueux.
Ils sont 10, ces numéros "chance-mon-cul-oui !" et tu dois en choisir un seul.

Et alors, me diras-tu ?

Eh ben alors, va voir ton prof de math le plus proche, et en cinq minutes il va te démontrer que dans cette nouvelle version, tu n'as plus 1 chance sur 14 millions de gagner le gros lot, mais .. 1 chance sur 16 millions !

Et crois-tu que réduisant tes chances, La Française Des Jeux abaisserait le coût de ta mise ?
Bien sûr que non.
De 1,2€ la grille passe à 2€ !
Soit une augmentation de 25% !
Bonne affaire pour la Française des Jeux et pour l'Etat, non ?
Belle aubaine que cette crise financière, n'est-ce pas ?

Eh oui, le nouveau Loto, il lave encore plus blanc.
C'est ce qui est dit dans la publicité.
Mais souviens-toi que, plus blanc que blanc, ça n'existe pas comme couleur.
D'autant plus qu'ici, il ne s'agit pas de lessive, mais d'argent.
Et tu n'en verras jamais la couleur.
Sinon, ces couleuvres que tu avales.
Et en les avalant, lessivé tu finiras.

"C'est nouveau, ça vient de sortir", depuis hier, lundi, tu n'as plus 13 999 999 de chances de te faire mettre, mais 15 999 999.

Et si tu passais ton tour, pour une fois, quand bien même ton avenir serait moins blanc que blanc, soit gris-clair virant au foncé ?



podcast

14 août 2008

Lagarde Des Sots

Economiste à Balle Deux

Or donc - et comme c'est étonnant dis-donc ! - notre PIB part en brioche.
En clair, il ne va pas croissant.

Même qu'on battrait des records, mais à l'envers, vois-tu.

Mais à qui la faute ?

Christine Lagarde ...

Tu sais celle qui, sans rire, nous invita à faire preuve d'intelligence face à la hausse effrénée du prix du pétrole, soit renoncer à la voiture pour enfourcher le vélo afin de te rendre au turbin, ce qui fit super (moyennement) marrer l'employé dont le lieu de travail se situe bien souvent à plus de trente bornes de chez lui.
Et considérablement énerver le marin-pêcheur qui, à juste titre, ne se voyait pas pécher le thon rouge en pédalo.

Christine Lagarde, disais-je, a sa petite idée sur les causes de la récession .. du recul constant de notre PIB.

Le fautif, pour Madame Lagarde, c'est toi, c'est moi, c'est nous.

C'est du moins ce qu'il me semble comprendre à la lecture de l'entretien qu'elle accorde ce jour au Figaro, notamment quand elle dit, deux points, ouvre tes guillemets ma jolie :

"(...) Je crois, surtout, qu'il y a une certaine frilosité des français à investir dans l'immobilier, en cette période d'incertitudes sur l'évolution du marché."

"Une certaine frilosité", donc.

Les mots ayant un sens précis, et Madame Lagarde ne l'ignorant certainement pas - sinon, c'est grave - compulsons notre dictionnaire et constatons :

Frilosité : caractère frileux.

Bien.

On remonte d'une définition :

Frileux : craintif, apeuré. Ex : "Une attitude frileuse devant la vie."

Conclusion : Madame Lagarde estime que nous sommes peu ou prou des chiffes molles qu'en n'auraient bézef pas dans le froc, que nous sommes des petites choses qui manqueraient de courage, rechignant à prendre des risques inconsidérés mais bons pour le pays, rongés par la peur - cette mauvaise conseillère, n'est-ce pas ! - que nous sommes.

L'analyse des économistes est un peu plus mesurée, si j'peux me permettre, Madame ...

.. Ces mêmes économistes qui ne cessent depuis des mois de vous dire que vos prévisions de croissance dépassent l'entendement au point qu'ils se demanderaient, les mecs, si vous ne seriez pas, soit idiote, soit incompétente, et qu'il serait grand temps, quand bien même serait-il trop tard, d'ouvrir les yeux, de revenir sur Terre, et d'arrêter de raconter des fadaises, pour ne pas dire des conneries aux concitoyens que nous sommes (Traduction personnelle, certes, mais qui n'est pas loin de ce que l'économiste pense tout bas de Madame Lagarde).

... Plus mesurée disais-je, se trouve être l'analyse des économistes, qui ne parlent pas de "frilosité" des français, mais "d'attentisme."
Ce qui n'est pas pareil.
Du tout.

La preuve :

Attentisme : attitude politique consistant à attendre que les événements s'annoncent pour prendre une décision.

Bref, Madame Lagarde, l'économiste, il (te) dit (mais t'es sourde, faut croire ..) que nous ne sommes pas "frileux", mais sage devant la conjoncture.
Ou, au demeurant, que nous faisons preuve de prudence, voire de pragmatisme de bon aloi.

En d'autres termes, l'économiste nous prend pour des adultes responsables, quand toi, Madame, tu nous traites comme des enfants de CM2.

J'vais te dire, Madame, j'voudrais bien, moi, investir dans l'immobilier, j'te t'assure, mais vu le merdier économique ambiant, t'es gentille, mais j'vais pas me mettre en faillite personnelle pour tes beaux yeux et tes cheveux gris argentés de bourgeoise patentée.

Il y a quelques mois, notre bon roi, Nicolas Sarkozy, via un badaud nous traitait de "pauvres cons", puis plus tard répondant à une question de Mâhâme Chabot, nous insultait une seconde fois en insinuant que nous n'étions pas si sots - ce qui sous-entendait clairement que nous l'étions, mais pas tant que ça .. -

Madame Lagarde, elle, nous prend ouvertement pour des cons en pariant sur notre sottise.

20:56 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christine lagarde, pib, recession, frilosité, attentisme, economie, sarkozy | |

 
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