La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

04 août 2011

Personne Pour 2012

Le souffle.
Voilà ce qu’il manque.
Un élan.
Eux qui n’ont que ce mot à la bouche, celui de « rassemblement », y’en a pas un qui l’incarne.
De Sarkozy à Poutou en passant par Mélenchon, Joly, Aubry et tutti, pas un.
Oh, je sais, les projets, on ne les connaît pas, pas encore, mais à vue de nez, ça sent déjà le réchauffé, les rustines, quand c’est pas le suicide collectif.
On me dira itou, patience ! nous ne sommes qu’en août, tu vas voir, dès septembre, ça va se décanter, même qu’y en a qui vont sortir du bois, ou les griffes, aiguisées ; va y’avoir du sport !
Vraiment ?

A-par-Bansky.jpgNon, bien sûr que non, ça va pas se décanter.
Pas besoin d’être grand clerc ou Duhamel pour le deviner. Tout ce qu’on nous donnera à becqueter ce seront des petites phrases, de celles qui font la joie des quotidiens, et des chaînes d’informations en boucle. De la polémique à balles deux. Mais qu’a son intérêt : faire diversion. Contourner l’os. Gaffe surtout, à ne pas aborder les vrais sujets.
La vérité.

Pourtant, ils seront légions sur la ligne de départ : dix, peut-être douze, voire plus.
Mais y’en aura pas un qu’aura le feu sacré. Qu’apparaîtra comme une évidence.
Le temps des grands hommes est révolu. Comme révolues sont, les révolutions. Et peu me chaut que t’occupes je ne sais quelle place, l’indigné… Indigné, mon cul ! T’en as pas assez chié pour être crédible. Ton indignation – je parle de l’occidentale – elle est bien paresseuse. Elle se numérise, et pis voilà. Sujet suivant...
J’t’en foutrais !
Quand on est indigné, vraiment, on reste pas le cul assis par terre, non ! on montre les dents. Quitte à tout foutre en l’air... Non mais c’est quoi, ces rassemblements, pépères, à qui ça fait peur, qui ça impressionne ?... Mais personne ! Et surtout pas les politiques.
Alors, ne t’étonne pas, si rien ne bouge, que tout continue, comme avant, entourloupes, vaseline et tout le bataclan.

Après tout, pourquoi donc iraient-ils se crever la couenne, les candidats, pourquoi prendraient-ils des risques, se fendraient-ils de projets ébouriffants, quand tu vois l’étrange apathie du peuple...
Le peuple !
Ça râle, ça rouspète, ça se plaint, et puis ça rentre chez soi.
Ça veut tout casser, au coin d’un zinc, ou sur un forum à la noix du Net, nouveau défouloir de ceusses qu’ont-que-de-la-gueule, anonymes, planqués, mais dans la vie, la réelle, y’a plus personne. Que des échines courbées. Des « Oui, Monsieur ! » et des « Oui, Madame ! »… Parce que, faut le savoir, les furieux qui vous promettent le chaos sur le Net, à grands coups d’insultes (quand ils donnent pas dans le diffamatoire) dans la « vraie vie », c’est des petzouilles.
Ils valent pas chers, les loquedus.

Quant aux blogs classés politiques, voire militants, c’est de la rigolade ! Y’en a pas un sur cent qui tienne la distance. Et encore, je suis large...
Alors quand on m’affirme que cette présidentielle passera par Internet, je me marre. Pour que ce fût possible, faudrait qu’Internet soit une alternative, pas un copié/collé... Faudrait plus de chair, de profondeur, de rage aussi. Mais penses-tu !... Ça ne pense qu’à ses stats, ses followers et ses RT ; bref, qu’à engraisser son foutu réseau ; un réseau qui sert à rien, quand t’as l’honnêteté de te pencher sur son utilité supposée.

Or donc, pourquoi qu’ils se feraient beaux, nos candidats, pour 2012 ?
Pour qui ?
Pour un peuple qui, depuis lustres, avale toutes les couleuvres ?
Et, qui plus est, se jalouse, s’envie, se mesquine, pour des peccadilles ?
Qui, dès que tu lui tends un os à ronger, se jette dessus, sans même réfléchir ? Abruti qu’il est de télévision, d’idées reçues, d’a priori, de préjugés.
Hostile à tout ce qui ressemble à de l’intelligence, ou au minimum, à de la raison.
Vomissant ses élites et ses surdiplômés.
Crois-tu que pour ce peuple, le candidat de 2012 va se mettre minable ?
Mais bien sûr que non !
Aux cochons, on ne donne pas à bâfrer de la confiture.

Au fond – et c’est le cas de le dire – on a les politiques (et les candidats) qu’on mérite.
Falots, fadasses, timorés.
Avec quelques trublions pour faire le show : Mélenchon, Le Pen, et … Et ce sera tout ; vu que Sarkozy a rangé son barda bling-bling.

Oh, ne vous méprenez pas, je ne les range pas dans la même catégorie, Mélenchon et Le Pen.
Je laisse ça aux éditocrates dont la malhonnêteté intellectuelle est sans limite (car il faut l’être, malhonnête, pour nous faire croire que Mélenchon et Le Pen, c’est pareil), soit à ceux qui fricotent avec les dominants (politiques, patrons, etc.), et nous vendent, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il merde, un bon vieil affrontement droite/gauche ; comprendre : UMP/PS... Paraît que c’est le seul duel compatible avec les marchés, le CAC, les agences de notation, soit avec toute cette saloperie qu’est le capitalisme décomplexé… C’est vous dire si PS et UMP, c’est du kif… La seule différence, c’est que l’un est brut de décoffrage, quand l’autre vous fait croire qu’il est humain... Mais dans les deux cas, c’est le pragmatisme libéral qui l’emporte… Y’a vraiment que des attardés (ou des encartés) qu'ont pas encore pigé que cet affrontement-là, qu’on nous présente comme un affrontement entre la droite et la gauche, c’est une fumisterie... Non pas que la droite ne soit pas à droite, non ! C’est juste le PS qu’est plus à gauche (depuis lurette)... Le PS c’est un centre du genre mollasson... Et d’ailleurs, à en croire les sondages, Hollande en est la tête. Comme quoi, y’a pas de hasard… Oh, il a bien des talents, ce François, au demeurant, mais qu’il nous fasse pas son Jaurès ou son Blum. Qu’il s’en tienne à mimer François Mitterrand… Oui, pour ceux qui l’auraient pas encore remarqué, c’est pourtant flagrant, ce mimétisme. Et j’ajoute que c’est fait exprès. Mais ça risque d’être en pure perte. Parce que ce François-là, il passera pas la primaire… J’y reviendrai. Une autre fois.

Passés ceux-là, les François, les Martine, les Nicolas (qu’est bien parti pour redoubler) qui n’ont donc pour seule ambition QUE de gérer le pays (c’est vous dire si ça donne envie), qu’est-ce qu’on a ?

Eh bien un suicide collectif avec Marine Le Pen.
Icelle nous proposant, ni plus, ni moins, de revenir aux francs.
Elle a dû se tromper de nation... L’Allemagne, c’est un peu plus loin… Parce que s’il y a un pays, un seul en Europe, qui pourrait se permettre de sortir de l’euro, c’est l’Allemagne.
Nous, étant donné notre dette et notre déficit, on est bon comme la romaine… A moins que Madame Le Pen veuille estourbir d’autant plus les classes moyennes et populaires… Vas-y, sors-nous de l’euro, poulette, et tu vas voir combien tu vas le raquer, ton pétrole ! Et le reste. Tout ce dont la France, pays désindustrialisé, a cruellement besoin...
Exporter avec une monnaie, le franc, qui vaut que dalle, ça j’dis pas, mais pour l’import, on va souffrir. Et quand je dis « on », j’pense pas aux fortunés ; eux, c’est de la roupie de sansonnet. Qu’on soie à l’euro, au franc ou au rouble, la différence, ils la voyent pas. Mais le laborieux, lui, il va calencher.
Sinon, rien de nouveau sous le paquebot du FN, c’est toujours la patrie, la préférence nationale, l’identité, enfin-bon-bref, des concepts puant la naphtaline. L’hospice. L'agonie.

Qui d’autre alors ?

Mélenchon. Le tribun. Qui va nous faire croire que la gauche-ceci, la gauche-cela. Que la gauche, elle est vivante, quoi…
Que : nos vies valent mieux que leurs profits
Oui, parce que faut pas se leurrer, Mélenchon, il ne fait que prendre la place laissée vacante par Besancenot. Il reprend le flambeau, Méluche. Vu que la LCR s’est autodétruite… Non mais quelle connerie, ce NPA ! J’te jure... Nouveau Parti Anticapitaliste ! Grotesque !... Ligue Communiste Révolutionnaire, ç’avait un peu plus de gueule... C’était sans ambigüité possible… T’as voulu changer l’intitulé, t’as coulé, c’est bien fait… Du coup, c’est Mélenchon qu’est en pôle-position de la gauche. Parce que Poutou et Arthaud, dans le genre on n’est pas là (alors que pourtant, on est tout mité par la crise, que les banquiers se goinfrent comme avant, que le chômage est explosif) ils sont assez remarquables… On peut pas toujours dire c’est la faute des médias. A un moment, le cul, faut se le bouger... Internet, c’est pas fait QUE pour les cons. Ça peut être aussi un outil de combat. Et qui coûte pas bézef en artiches… Mais va expliquer ça à Poutou et Arthaud ! Plus résignés que ces deux-là, ça existe pas.

Or donc, Mélenchon. Qui va pousser ses petites gueulantes, brandir le poing, se prendre pour Voltaire ; les médias déjà s’en délectent, s’en pourlèchent ; ça nous promet de belles vidéos sur Dailymotion, du fight en veux-tu, en voilà, mais quant au projet, et quand bien même me dirait-on qu’il existe, je le trouve, pour ma part, un peu court... Pas très révolutionnaire, quoi…
Les mecs, les grands capitalistes, ceux qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, faut vouloir les saigner. Sinon, c’est pas la peine. De se présenter. Pour quoi faire ?... Pour appeler à voter Aubry au second tour ?... T’es gentil, mais j’ai pas vocation à mettre un bulletin relou dans une urne prétendue démocratique.

Quant aux restes, Borloo, Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Nihous et consorts, c’est du supplétif. Ça n’est là que pour négocier. Avec le vainqueur. Bref, ça vaut rien. En d’autres termes : ça ne nous concerne pas.
Maintenant qu’il s’en trouve pour leur filer des voix, ma foi, ça les regarde. Le vide, que voulez-vous, ça attire.

Donc non, vraiment, y’a personne.
Pour 2012, y’a rien.
Pas un grand homme.
Pas un vrai et beau projet.
Pas d’élan.
Rien qui donne envie. De voter.
Rien qui ressemble à de l’espoir. A de la vie, même.
Alors que la crise nous a plombés, ratatinés, essorés ; c’est incroyable !
Y’a même pas de colère ! Ni de rage. Chez ces prétendants-là. Aucun, vraiment, n’incarne le peuple. Aucun, réellement, n’a l’étoffe. Le souffle. C’est fini, tout ça…
C’est un gestionnaire qu’on va élire. Un comptable. Et dans ce domaine-là, perdu pour perdu, Sarkozy a une longueur d’avance. Quoi qu’ils en disent. Quoi qu’ils prédisent.
Peu importe, au fond, qu’il rempile, ou qu’il se fasse giscarder, étant donné que le choix est pauvre. Sans envergure.

Vraiment, faut être un militant, un encarté, ou un imbécile, pour trouver quelconque intérêt à cette future présidentielle. Tant les prétendants ne sont pas à la hauteur. Des enjeux. Des souffrances. Tant ils n’ont rien à nous proposer de neuf. De grand. De fort !
Ou de renversant.
Mais, encore une fois, on a les candidats qu’on mérite. Nous les culs assis. Les indignés confortables. Lorgnant sur le dernier joujou technologique. Et croyant que la révolution passera par les réseaux sociaux ! C’est vous dire à quel point on est devenus vraiment des cons. Et qu’on mérite amplement, d’être traités comme tel.

10 février 2010

Réseaux Sociaux Killed The “Influent” Blogueur

ben.jpgA peine nés, que les voici décanillés. Ou en passe de l’être. L’affaire semble entendue, pliée, allez zou, du balai ! Retourne dans ta niche, le blogueur “influent”, celle des buzzomètres. Ta prose approximative, obnubilée par tes “Statcounter”, ton “Google Analytics”, tes visiteurs uniques, ta politique du chiffre, de l’audience, à la poubelle ! Et fissa ! Le blogueur va crever, et dans une indifférence aussi générale que méritée. Personne pour le pleurer ! Surtout pas le camarade journaliste ! Tu penses !

Ah, si encore, il fut honnête, consciencieux, appliqué, le blogueur, qu’il se moqua comme de la dernière guigne de ses foutues statistiques, de ces classements absurdes, abscons, qui pullulent ; flatteurs d’égo ? Non ! Ah que non ! Lesdits classements le tournent en ridicule, l’étriquent d’autant plus, l’étroitisent dans sa bêtise, aveugle. Oh bien sûr, il s’en défend, pérorant que tout cela n’a que peu d’importance, c’est juste un amusement, ces classements, son “rezotage” (cette touze, plutôt, entre suiveurs, bande de lécheurs, suceurs de roues, envieux, et pas qu’un peu !) de type pyramidal, la fameuse chaîne où c’est celui qu’est en haut qui rafle la mise. Il s’est mué en commercial, de lui-même, l’influent blogueur, mais le nie, comme de bien entendu, jusqu’à sa prétendue influence (à la noix), malhonnête jusqu’au trognon, et ne venez pas le lui dire, arguments à la clé, preuves à l’appui, c’est inutile, il vous envoie paître, vous traite de “troll” et vous verrouille de l’IP. C’est qu’il supporte mal la contradiction, le malheureux ! Il s’étale sur le Net, et copieux, sans honte l’étouffant, invoquant, s’il vous plaît, son droit à la liberté, celle d’expression, mais celle de l’autre, n’en veut pas ! D’autant plus si elle est contraire à la sienne ! Eh bien agonise-donc ! La liberté d’expression, elle, te survivra ! Et comment ! Et tant mieux ! Puisque, visiblement, tu ne la garantis pas, ni la tolère, sinon la seule tienne et celle de ceusses qui te flattent, et à satiété ! Pas étonnant, alors, que tu disparaisses, petit à petit, et petitement.

Adios muchachos ! Ne subsisteront, c’est un souhait, que celles et ceux qui s’offrent, généreux, qui se la crèvent, la couenne, pour pondre du billet, du vrai, où y’a du contenant et du contenu, de l’article ; que celles et ceux qui se donnent, sans compter, ni faux amis, ni personne. Que celles et ceux qui, aussi, déconnent, adorables fantaisistes, clowns assumés, amuseurs, conteurs, saltimbanques numériques, écorchés vifs, parfois maudits, ceusses qui donnent à regarder leurs fêlures, ou qui témoignent, magnifiques, émouvants, cinglants, sur leur quotidien, leur turbin, sans rien attendre en retour. Pas même une quelconque reconnaissance. Au diable, la reconnaissance ! L’homme, ce bipède, n’est pas équipé pour. Et le blogueur, d’autant moins.

Enfin, le voilà, le temps de l’écrémage, lent mais sûr, et bas les masques ! L’imposture, pour que ça dure, faut-il encore en avoir les moyens ! Etre doué d’imagination, et du genre fertile ! J’suis pas bégueule, les faussaires, je veux dire les talentueux, moi, je leur tire mon chapeau ! Tu m’as bien eu, l’enfoiré ! Je t’aime, mon salaud ! Tant tu m’as fait voyager, rêver, kiffer ! Mais l’amateur, nib ! Ta pyramide, c’est du vent ! … Comment ? .. Ne serait-ce pas l’hôpital qui se foutrait de la charité ? .. Sans blagues ? .. Moi, blogueur ? .. Tu m’as bien vu ? J’ai pas la blog-roll facile, mon ami ! Et d’une ! Et de l’autre, je rentre pas dans les critères. Je cherche pas à plaire. M’en fous comme de l’an 40 ! Je suis un bâtard. Je poste, comme on dit, je saigne en vérité, je me tire les vers du nez, je me fais violence, je me déloque, de moi, de tout, me tapant de savoir dans quel sens il souffle, ce putain de vent, ce nouveau cancer nommé : buzz ! Je hais le buzz ! Toute cette immédiateté, négation de la pensée, ennemie jurée de l’analyse, dictée (dans le sens : dictature) par l’émotion ! Et quand bien même, je bloguerais, comme on dit, que voilà, ça m’emmerde, à la longue. Non mais, franchement, qui en a à cirer de mes élucubrations sur ceci ou cela ? Qui ça intéresse ? Jacter sur la “garde à vue” par exemple, suis-je qualifié pour ? Et le Karachi truc-machin-chouette, j’entrave quoi ? Faudrait-il être imbu de soi-même, ou crétin, c’est pareil, pour oser penser, une seconde, que ça porte, que ça influe, et autres fadaises !
Je blogue comme on pisse. Question d’hygiène. Mais voilà, ça s’arrête là. Faut pas chercher ailleurs ou autre chose. Pas de pyramide, pas de statistiques, rien. Des mots. A prendre ou à laisser. A commenter, si ça te chante. C’est 2.0. Des mots pesés, choisis avec soin. Un instantané. Pas de quoi en faire un bouquin ! Déjà que j’peux pas souffrir ceusses des chroniqueurs radio, ces compilations de vannes ou de bons mots ! Compiler l’éphémère et le vendre ! Décidément, rien ne nous sera épargné !

Allez ouste ! Au Kärcher, la blogosphère ! La pyramidale ! La Left comme le reste ! Le jeune, il s’en bat les flancs, s’en va voir ailleurs. Et l’a raison ! Il veut de la becquetance, le jeune ! Se fendre la poire ! Du futile, du volatile, du sans fil et du tactile ! Mais aussi, du couillu ! Mais si ! Suis pas du genre à la dénigrer, la jeunesse, moi ! Au contraire, je l’encourage ! Et puis, quoi, les réseaux qu’on dit sociaux, Facebook et compagnie, c’est-y pas rigolo ? Trop fun ! N’est-ce pas ? S’exprimer en 140 caractères max, Twitter, mine de rien, c’est de l’exercice, ah si, pour qui veut bien se laisser prendre au jeu. Car, oui, c’est un jeu. Qui peut virer sérieux. Ou à l’utile. Si, si !

Et viva les réseaux sociaux ! Même colonisés par ceux dont je cause, ces mesureurs de bite ! Ils s’y noieront ! Ça durera, ça durera pas, ma foi, quelle importance ! Tant que ça remet le blog à sa place ! Le politique ou classé comme tel, je veux dire ! Celui qui journalise ! A la va-comme-j’te-pousse ! Seuls surnageront, les authentiques, les purs et durs, se foutant des visiteurs uniques, des pyramides, des statistiques, camarades maudits, camarades misère, peu importe ton étiquette au demeurant, ceux qui courtisent pas, ils seront les derniers des Mohicans.

Et le journalisme citoyen dans tout ça ? .. Citoyen, je veux bien. Encore que, c’est vaste. Chacun voyant le concept de citoyen à sa porte et le balayant quand ça le gratte ou le chatouille. Pour le reste, chacun son taf.
Non ?

01 juillet 2009

C’Que C’est Con Et Triste, La Vie D’Un Blogueur !

EC(oeu)RAN(t)

Ça fait combien de temps ? Que je ne suis pas allé au cinéma. Moi qu’adore ça. Combien de temps que je n’ai pas vu, ni foulé un chemin de terre, le suivre, peu importe où et pourquoi, le suivre, et pis c’est tout.
Ça fait combien de temps, dis-moi, que je suis là, comme vissé au rotin de ce fauteuil, les yeux rivés sur mon écran, à guetter, crevard, l’info, à traquer du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino. Alors que dehors, je les entends, les oiseaux, le vent, le chaud. Alors que dehors, ça grouille, ça rit, ça vit.
Mais non, y’a rien à faire, j’peux pas le quitter, cet écran, sait-on jamais, si elle tombait, c’te info, celle que j’attends, nourriture de ce monstre que j’ai créé, ce blog, le mien.
Ah non, vraiment non, j’peux pas, pas sortir, demain peut-être, allez oui ! Promis ! Demain je sortirai, mais aujourd’hui non, faut que je reste là, tant je le sais, elle va tomber, c’est sûr, l’info, et je vais t’en faire un billet, un beau ! Un billet avec des tas de virgules, de la suspension et des points.
Dans la gueule.

Allez, tombe ! TOMBE ! Mais qu’est-ce qu’elle fout, c’te info ? T’es malade, poulette ? T’as chopé l’aviaire ? .. Non .. ? Ben alors tombe, bordel ! Allez ! Magne-toi ! Ça urge ! J’ai les doigts affutés comme jamais, prêts à claquer, bouffer des kilomètres de clavier ! J’suis chaud comme la braise, ma grande ! Alors faut que tu tombes, et fissa !

Mais non. Rien. Que du menu fretin. De la TVA à 5,5. Qu’est-ce que tu veux que j’en fasse ? Puisque je suis là, cloîtré chez moi, café à volonté, sandwich vite fait, petit verre de rosé. Qu’est-ce que tu veux que j’aille engraisser le cafetier encarté UMP ? Le gratifier d’un billet bien salé, aux petits oignons, aillé copieux, comme son addition, la gratinée, l’estivale. Parce que tu vois, le Marcel, y va pas se gratter pour l’assaisonner, ta note ! TVA à 5,5 ou pas ! Faudrait pas perdre de vue les fondamentaux du petit commerce. Et les fondamentaux y disent que l’été, on fait pas dans la figure imposée, mais dans la libre. C’qui veut dire que tu vas raquer, et pas qu’un peu. Ton demi, celui de la zone touristique, il s’est déjà envolé, garçon ! Au zinc comme en terrasse.
Alors quoi ?
J’vais quand même pas me fader le Mitterrand. En remettre une couche sur ces pôôôvres socialistes !
Manuel Valls ?
J’suis allergique.
Valls, c’est queue dalle, c’est bernique.
C’est rien.

Rien, putain, mais y’a vraiment rien de rien. Pas d’info ! Ou alors, y’en a trop. Beaucoup trop ! Et je pète de chaud. J’ai mal au dos. J’ai mal partout. A force de surfer, comme un taré, de sites en sites. A bouffer du Net, du billet de blogs. Du billet mal branlé, vite expédié, juste pour dire : j’y étais ! C’est moi, le premier ! Yesss ! Et vas-y que je te donne mon avis, à la noix, sur la Burqa ! Hadopi en veux-tu, en voilà ! Et Karachi dans le ventilo ! Mais quelle misère ! Mais qu’est-ce que je fous là ? Alors que dehors, je les entends, les rires, les cris, les gens. Alors que dehors, c’est l’été, enfin !
Mais non, ah non, putain de ta mère, y’a rien à faire, j’peux pas ! Tant pis, je reste là, me disant qu’elle tombera, la salope, l’info-qui-va-bien, Sarkozy-Lefebvre-Guaino, et même Boutin, tiens, m’en fous ! J’prends ! … T’entends … ? J’suis tellement à cran, que j’suis prêt à tout, nom de Dieu, même à me taper la Boutin !

Mais rien.
Rien ne vient.

Sinon, le téléphone. Qui sonne.
C’est toi.
Mais j’suis pas là. J’suis dans l’écran. Je guette. Je traque. Sur Internet. Tu comprends ? … Dis … ? Dis-moi que tu comprends ? Que c’est pas le moment. Plus tard. Ce soir. Quand je l’aurai nourri. Le monstre. Le mien. Mon blog.
D’accord ?

Et j’y retourne. Crétin dans son rotin. De sites en purin. Je tourne, je vire et je clique. Et la voilà qui claque ! Une info cloaque. Un entretien. Le Nouvel Obs. Sarkozy. C’est pour demain ! C’est pour jeudi.
J’vais me la faire. Y va morfler l’Olivennes, le pote à Baverez. Je vais te l’aligner sévère. Ah bordel à chien, cette fois, je le tiens ! Mon billet ! Mon quotidien ! Mais non … Ah merde, nooOOOOoon ! C’est Fontenelle, qui l’a torché mon billet ! Salaud de Fontenelle ! … Voleur … ! Tu m’as piqué mon affaire ! Qu’est-ce que j’vais faire, moi, maintenant ? Y’a rien d’autre. Rien …

Putain, j’en peux plus ! J’te jure. Des RSS, des flux, des réseaux présumés sociaux, des réseaux de mon cul. C’est sans fin. Et vas-y que j’me twitte, que j’me facebookise, comme un rat.
Mort.
Alors que dehors, je les entends. Ils rient, grouillent et vivent. Un café, du rosé, l’addition. C’est tout de même mieux que Sarkozy-Lefebvre-Guaino.

Il faut que je sorte. De là. D’ici.
Faut que j’aille voir à quoi ça ressemble, la vie, la vraie. Même si je sais, je reviendrai. Tâter du clavier. Nourrir le monstre que j’ai créé.
Mais avant, juste une heure, pas plus, mettre mon sale nez dehors, me laisser aller, prendre, ou surprendre.
Quitter un instant cette non-vie.
Celle triste et conne du blogueur que nous sommes.
Devenus.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu