La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

27 octobre 2011

Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)

16-Mars-1981.jpg« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».

« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »

« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »

« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »

« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »

« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »





[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]

18 décembre 2010

Un Boulevard (De Plus) Offert Au Front National

« On ne réconciliera les Français avec la politique que si les hommes politiques sont irréprochables.
Irréprochables dans leur comportement personnel.
Irréprochables dans leur comportement politique.
».
[Nicolas Sarkozy – Discours au Futuroscope de Poitiers – 26 janvier 2007]

Récidiviste.jpgOr donc, pour la seconde fois en six mois, M. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, a été condamné par la justice.
La première fois, le vendredi 4 juin 2010, pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine, en l’espèce les personnes d’origine arabe, le 5 septembre 2009 » ; la seconde, le vendredi 17 décembre 2010, pour « atteinte à la présomption d’innocence » (de David Sénat).

Dans tout pays dit démocratique, et quand bien même M. Brice Hortefeux ferait-il appel de ces condamnations, qu'il aurait dû remettre au Premier ministre sa démission. En d’autres termes, M. Brice Hortefeux ne devrait plus être au gouvernement depuis le 5 juin dernier.

D’autant plus quand l’homme qu’a été élu le 6 mai 2007 par le peuple français a promis maintes fois qu’avec lui, vous verrez, probité, honnêteté et morale, seront les trois mamelles de son quinquennat, même qu’il ne transigerait pas, ah ça non ! finis les petits arrangements d’antan, les connivences, les amitiés, le fait de prince, ce qui s’applique au citoyen lambda devra s’appliquer dorénavant aux ministres de la République ; et pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on réconciliera « les Français avec la politique » !
Voilà la rupture ! Entre ici « La France d’Après », celle des « braves et honnêtes gens », voici venue l’ère des Irréprochables !
Ça avait de l’allure, n’est-ce pas, ça portait beau et fier. Et puis, quel bel argument ! Parce que, voyez-vous, si jamais moult promesses devaient se heurter à la réalité économique, qu’il nous serait demandé des sacrifices, comment aurions-nous pu les refuser, puisque expliqués, disséqués, pédagogés, par des honnêtes gens, des Irréprochables ? C’eut été se montrer fort ingrats, teigneux, indécrottables.

Las, ce n’était donc que paroles, fumée et autres attrape-couillons ! De la vaseline, de l’entubage, du troufignolage. Et j’en vois qui rigolent, se frottent les paluches, engrangent des voix potentielles, pas à pas, tranquillement ; j’en vois qui vont tirer profit, et comment, de cette traîtrise de plus, de ce mensonge de trop, d’autant plus qu’ils se vantent, eux, d’être vertueux, et du côté de la Loi ; oui, bien sûr, qui d’autre que le Front National pourrait se repaître de cette non-rupture ? Croyez-vous qu’il va se gêner ?
Oui, je sais, Jean-Marie Le Pen, les tribunaux, c’est sa seconde tribune. On l’y a vu plus d’une fois. Et pas pour du « détail », non ! mais du lourd, de l’outrance, du « à vomir », de la saloperie ! et ne me parlez pas de son verbe, celui qu’on vante à son sujet, c’est de l’ampoulé, de l’académique, ça pue le dictionnaire, le bachot ! c’est de l’épate, du rien ... Le socle politique étant devenu si médiocre, il n’était point difficile de se faire passer pour littéraire ... Littéraire mon cul ! Idem pour François Mitterrand !
Mais y’a plus de Jean-Marie Le Pen, fini ! Désormais c’est Marine, dont on s’aperçoit, comme c’est cocasse, que c’est bien la fille de son père ! Evidemment, qu’elle l’est. Depuis le début, depuis toujours. Et dans les grandes largeurs. La dédiabolisation – pure invention des journalistes – c’est du flan.

Bref, si l’on voulait renflouer l’électorat du Front National, on ne s’y prendrait pas autrement. C’en est même suspect. Eminemment.
Et devinez quoi ?
Le Président de la République Irréprochable, à en croire Le Figaro, il est « content » ; pis : « il s’amuse du désordre du camp d’en face » qui règnerait, royal, chez les socialistes ... Il ferait mieux de se préoccuper de l’ordre qui monte. Mais pensez-vous ! Tellement « Il est convaincu d’avoir fait le bon choix (…) en embarquant Alain Juppé » dans le gouvernement « qui, sinon, aurait été vexé comme un pou ».
Voilà où qu’on est rendu ! C’est miséreux ..
... Alain Juppé .. Condamné à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, le 1er décembre 2004, par la Cour d’Appel de Versailles pour « abus de confiance, recel d’abus sociaux, et prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Comme Irréprochable, on fait mieux ... D’autant plus si on ajoute, qu’en première instance, le 30 janvier 2004, le tribunal correctionnel de Nanterre avait estimé que cet homme, Alain Juppé « investi d’un mandat électif public (avait) trompé la confiance du peuple souverain » (il était alors condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité).
Et alors, me dira-t-on, il a payé ! Et cher ! Et n’a-t-on pas vu par le passé autres condamnations à gauche et autres improbables retours ? Et la seconde chance, qu’en faites-vous ? La seconde chance, quand on a « trompé la confiance du peuple souverain » en tant qu’élu de la Nation ? Dans une République Irréprochable, ça n’existe pas.
Et les condamnations de jadis, celles des adversaires, on n’en fait pas état. Puisqu’il y a rupture. Puisqu’on se présente et s’affirme comme le héraut d’une ère politique nouvelle ! Trahir cette promesse, c’est se discréditer, perdre son autorité.

« Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s'ils ne donnent pas l'exemple ? S'ils ne sont pas irréprochables ? »
[Nicolas Sarkozy – Discours à Perpignan – 23 février 2007]

Oh ! bien sûr, il y a le peuple. C’est à lui que Nicolas Sarkozy doit penser. Ce sans-mémoire. Ce peuple qui crie au « tous pourris » mais une fois les élections venues, leur apporte tous les suffrages ! ... Ainsi Juppé, quand il vint se représenter le dimanche 8 octobre 2006 à la mairie de Bordeaux ! Réélu avec 55,24% des suffrages exprimés. Cette municipale anticipée n’avait certes pas passionné les électeurs, abstentionnistes (qu’ont bien tort, comme souvent) à hauteur de 55,18%, mais le fait est qu’il a retrouvé « la confiance du bordelais souverain » qu’il avait pourtant bel et bien trompé. Bon peuple ! Bon veau !
Aussi Balkany ! Condamné (en mai 1996, puis en janvier 1997) pour les mêmes motifs, réélu par les « braves gens » de Levallois-Perret en 2001. Election invalidée par le Conseil d’Etat ! Peu importe, on en refait une, et zou, rebelote, élu les doigts dans le nez. Et dans la foulée, il retrouve un siège à l’Assemblée nationale !
Et Dassault ! Et tant d’autres. Voilà qui doit ravir l’homme de l’Elysée. L’Irréprochabilité, c’est le peuple qu’en décide, doit-il se dire. Et comme le peuple est veau, qu’il populise au bistrot mais se parjure dans l’urne, au fond, pourquoi ne pas continuer comme avant ! On lui donnera à becqueter de la sécurité, de l’identité nationale, au peuple bêlant, vinassé, lobotomisé par la télé, abruti de réseaux sociaux, bref que des tartignolleries qui n’engagent à rien, et voilà. Ni vu, ni battu.

Eh bien, faites messire ! Oubliez donc votre République Irréprochable ... mais ne l’aviez-vous pas oubliée dès votre élection en nommant, le 18 mai 2007, via votre collaborateur de Matignon, Alain Juppé au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, puis en maintenant André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique auprès du ministre du Budget alors qu’il était mis en examen pour « détournement de fonds publics, faux et prise illégale d’intérêt » ?
Entre autres ..

Cette faillite de l’Irréprochable, ce manquement, cette trahison, fera les affaires du Front National. Ce faux-vertueux, ce défenseur d’une idée morte, la Nation, ce parti bourgeois qui n’a que faire des souffrances du peuple, mais capitalise dessus, à grands coups d’équations putassières, d’arguments démagogiques, de propositions farfelues, inapplicables ; ce va-t-en-guerre, misant à n'en plus gerber sur la misère intellectuelle, la déliquescence des esprits, la pauvreté du débat politique, et l’inconséquence du paysage médiatique.
Mais au fond, et tout bien pesé, quelle importance, n’est-ce pas ? Puisque c’est râpé, fini, résolu, on y va droit, au chaos (mondial). Alors tant qu’à liquider le peu qu’il restait, liquidez-donc, votre altesse ! De toute évidence ce n’est pas la dignité qui vous étouffe, ni même la morale ! oui, la morale ! Vous en parliez, si je ne m’abuse ! ... Et de vouloir l’injecter dans le capitalisme (foutaises ! C’est évidemment impossible !) comme dans le bipède politique (mais vous y avez renoncé) ... Sans doute pariez-vous sur la stature, les épaules, le paraître : Vous, DSK, ma foi, ça ne peut pas ne pas passer un premier tour ! c’est du solide, ça envoie le bois ... Vous vous trompez. Et qu’on ne me parle pas d'un « 21 avril à l’envers ». C’est du charabia. De la prose misérable de journaliste. Du reste, le peuple s’en moque de vos « à l’envers ». Il n’a pas de mémoire.

Vous aviez là, l’occasion, et pas qu’une fois, trois, voire quatre, de démontrer, à défaut d’autre chose, que vous incarniez, avec autorité, une rupture. Ne l’honorant pas, par Hortefeux, Juppé, Santini, etc., donc « en trompant la confiance du peuple souverain » vous donnez de la voile, comme jamais, au Front National. Dont on dit, je sais, qu’il ne passera pas, c’est pas envisageable, comme en 2002, vous verrez, il y aura un sursaut, dit Républicain. Penser ainsi, c’est oublier que huit années (une éternité) ont passé. Les données ne sont plus les mêmes … Or donc, une « dérive » est possible.
Et de cette « dérive » vous en serez, en grande partie, responsable.


« On ne fait dignement de la politique que pour servir. Oui, je crois profondément comme Georges Pompidou que le peuple ne devrait avoir devant lui que des hommes politiques sincères et humains. La crise de la politique serait alors résolue. Pour atteindre ce but, il faut juste un peu de morale. Un peu de morale que tous les hommes politiques s'appliqueraient à eux-mêmes avant de faire la leçon aux autres. Un peu de morale qui consisterait à s'appliquer à soi-même les règles de comportement que l'on voudrait voir appliquer par les autres. La dignité de la politique, le respect qu'elle devrait inspirer, la confiance dont elle a besoin ont été ébranlés parce que pendant trop longtemps, à gauche comme à droite, beaucoup de responsables politiques ont pris la détestable habitude de prôner pour les autres des sacrifices qu'ils étaient absolument incapables de s'imposer à eux-mêmes. Parce qu'ils ont pris la détestable habitude d'imposer aux autres des obligations qu'ils ne s'imposaient pas à eux-mêmes. Je ne veux faire la leçon à personne. Mais je veux rompre avec cette dérive qui n'est pas seulement une dérive de la politique. » .
[Nicolas Sarkozy – Discours à Clermont-Ferrand – 27 avril 2007]

26 novembre 2010

Devine Qui Va Repasser En 2012 ?

- Tu crois qu’il va repasser ?
- Qui ça ?
- Ben Sarkozy !
- Oui.
- Pourquoi ?
- Parce que.
- C’est un peu léger comme réponse.
- Certes, mais est-ce ma faute ?
- La faute à qui, alors ?
- Devine !

Dessin Du Canard Enchaîné.jpgAh c’que j’ai bien rigolé, dites ! Vous aussi, je présume.
Quand vous prîtes connaissance de ce titre pour le moins accrocheur et bombardier : « DSK écrase Sarkozy ! ».
J’aime autant vous dire que ça ne fait QUE commencer. Ah, ils vont être nombreux à l’écrabouiller dans les sondages, l’omni-honni de l’Elysée. M’est avis qu’il doit savourer sa virtuelle défaite.
Or donc, préparer sa victoire, qui elle, sera bien réelle.

Oh, croyez-le, j’en suis tout autant que vous, marri. Et cocu, par-dessus le marché.
Mais j’ai beau farfouiller, fureter, disséquer, rien, je ne vois rien, ni personne qui pourrait empêcher Nicolas Sarkozy d’être réélu en 2012.
Rien, car aucun projet digne de ce nom. Aucune alternative. La seule possible, je vais vous dire : ce serait du sang et des larmes. Celui qui osera porter ce programme, pourrait bien, oui, l’emporter en 2012. Mais cet icelui n’a pas encore montré le bout de son museau (et d’ailleurs, personne n’en veut ? Pas vrai ?).
Encore que, cela n’y suffirait peut-être pas. Faudrait-il être, de surcroît, un tribun redoutable, capable de renvoyer l’homme de l’Elysée à ses truismes, pif ! paf ! C’est que, dites, ce Sarkozy, dans le genre je-te-fais-les-questions-et-les-réponses, il se pose là.

Karachi ? Oui, c’est emmerdant, mais Chirac en a connu des plus gratinées, non ? En quarante années de vie politique ... Cela l’a-t-il empêché de mener par deux fois Le Petit au bout, comme on dit au Tarot ? Eh non ! ... Du grand art ! ... Et son successeur, quand bien même serait-il d’une autre école, celle de la télé-crotte, du show, du spectacle en veux-tu, en voilà, enfant des ricanements et de la dérision permanente, en totale adéquation avec son temps médiatique, il est pas mal, non plus.
Pas aimé ?
Certes.
Et alors ? ..
… Et alors, le problème, c’est l’électeur. Tu lui racontes une belle histoire, et zou, il plonge ! A 53,06% ou 50,05%, peu importe !
Et le seul, actuellement, sur ce marché, celui de «  Je vais te raconter une belle histoire à laquelle tu vas croire », c’est Sarkozy.
Sur ce terrain, storytellé, tous les autres ne sont que des nains.
Tu vas voir, oui, comme il va te retourner ce merdier, ah comme je la sens venir l’entourloupe ! Ça me dégueule d’avance !

Oui, mais, me rétorque-t-on, entends-tu comme, ici et , partout, ils n’en peuvent plus de ce Sarkozy !
J’entends.
Mais je ne lui fais pas confiance.
A l'électeur.
Il rouscaille, il geint et gueule, ah ça ira, ça ira, v’là même qu’il dit qu’il a honte – et comme je le comprends – mais dans dix-huit mois, il y réfléchira à deux fois. Et encore !
Quand je dis « à deux fois », c’est une de trop.

Rien ! y’a rien en face ! Pas de concurrent, pas de projet, QUE de la colère. Mais la colère, ça ne fait pas un programme. Pas plus que l’anti-sarkozysme. Je dirais même que l’anti-sarkozysme fait le lit ET la chambre de son altesse. Un peu comme le serpent qui se mord la queue. Comme une fable de Lafontaine. Dont tout le monde se fout, d’ailleurs. Oh, on la connaît la fable, mais on oublie son but. Pourquoi s’embarrasser d’une Morale, n’est-ce pas ?

Y’a pas de Morale, il n’y a plus que des produits manufacturés, du bankable à souhait.

Sarkozy n’est rien d’autre que le produit d’une défaite. Celle de la pensée. De la culture.
Qui, dans ce pays, quel citoyen, souhaite le retour de la pensée ET de la culture en prime-time ?
Personne.
Au contraire !
Nous sommes vautrés corps et âme dans un autre temps, celui où l’émotion est reine, et avec elle, la sacro-sainte victime.
Nous sommes au temps du buzz, de l’immédiateté, de la politique ruquièrisée, druckerisée, ardisonnisée, soit : galvaudée, moquée, (r)abaissée et avec, s’il vous plaît ! la participation effective des intéressés (de Copé à Le Pen en passant par Mélenchon et tous les autres ; tous adôôôôrent jouer à Guignol avec des présentateurs de la télé-promo-ricanante) ; or, qui d’autre que Nicolas Sarkozy incarne mieux ce temps-là ?
Noboby.
Ou alors, ils sont trop jeunes. Ils ne sont pas prêts. Et quand ils le seront, va savoir ! nous serons passés dans une autre dimension, plus ignoble encore.
Oui, Sarkozy est en adéquation bankable avec son époque. Avec son peuple. Une époque et un peuple tristes, sans relief, assez vulgaires en vérité, où ça ricane bêtement ; oui bêtement ! après tout, on a AUSSI les bouffons qu’on mérite, non ? YES RICANE ! En haut, comme en bas. A l’Elysée comme dans ta radio et ta télé.

Et puis, ça va pas faire plaisir, mais tant pis, autant le dire, tant c’est LE point, le crucial : le Front National a gagné. A l’usure, certes, mais il a gagné. La lepénisation des esprits, c’est pas un concept, c’est pas du Onfray, c’est une réalité. Elle est vivace. Et plus que jamais. On peut même dire qu’on en vit le sommet, encore que ! pas sûr qu’on en ait vu le pic.
Et là encore, Sarkozy, sur ce terrain, populaire, populiste et populace, est imbattable. Avec cette petite voix, ce ton innocent qu’il prend, de plus en plus, écoutez-le donc, cet agneau, comme il te la promet belle.

Oui, ça gueule, ça blogue, ça dit non, et « no pasaran », oui, sauf que, il est déjà passé, l’animal. Il a pris ses quartiers. C’est trop tard.
Oui, ça est sûr et certain qu’au regard de son impopularité, il va manger et copieux ! Yes We Can ! Ah, on va lui faire avaler son quinquennat, à celui-ci, son Fouquet’s, son yacht, ses paradis fiscaux même disparus et sa moralisation bidon du capitalisme ! Tu nous a bien bernés avec ton « travailler plus », ton mérite, tes droits ET devoirs ! Et comme nous sommes nombreux à le vouloir ; or donc, si nous sommes si nombreux, c’est entendu, il va morfler !
Eh bien non !
Car c’est oublier le corps électoral. Et ce corps-là, si vieux, si conservateur, tellement en sentiment d'insécurité, il se donnera une autre fois à ce Sarko-ci.
Ce n’est pas le nombre de gueulards et de ricaneurs qui font une élection, c’est l’électeur. Lepénisé comme un rat. Beaucoup plus que tu ne le croies.
Ce ne sont pas les commentateurs non plus, ni Karachi, ni Bettencourt, ni l’Epad, ni rien, qui viendront à bout d’un homme pareil, c’est : du sang et des larmes.
Or, aujourd’hui, personne ne porte et revendique ce projet. Et tant que ce ne sera pas le cas, alors, mon pote, tu peux gueuler, crier victoire avant l’heure, c’est amusant, ça occupe le temps, même ça fait plaisir, mais en 2012, tu verras, si d’ici là rien ne bouge, celui que tu surnommes « le nain » repassera haut la main, et, dans sa plus grand vulgarité, les doigts dans ton nez.

Or donc et nonobstant, ne me demande plus : « La faute à qui ? »

10 novembre 2010

Bilan Du Remaniement : Deux Morts De Rire Et Un Autre (*) D’Ennui

 

Copie d'Ecran JT France 2 Mercredi 10 Novembre 2010.jpg

[Image : JT France 2 – 20h17 - Mercredi 10 Novembre 2010]



(*) L’Autre, c’est nous.

07 novembre 2010

Ce Que Dominique de Villepin Ne Nous Dit Pas




Que les choses soient bien claires, je ne suis pas en train de tourner casaque, virer de toque, mais le fait est que : constatant comme cet homme, M. de Villepin, « le spectacle pitoyable de la vie politique française » à en avoir la berlue (sconi) j’aurais bien du mal à ne pas approuver ce qu’il assène (avec rictus qu’en rappelle un autre), quand bien même pour le paraphraser (remember le CPE) :

« J’entends ce que dit Dominique de Villepin, mais j’entends aussi ce qu’il ne dit pas ».

Et ce qu’il ne dit pas, nous le savons tous, c’est qu’il fut Premier ministre de la République (31 mai 2005/15 mai 2007), en d‘autres termes, il eut à constituer un gouvernement, et dans celui-ci, il y avait, si je ne m’abuse, et tout du long, un homme qu’il vilipende aujourd’hui : Nicolas Sarkozy. Et la fonction qu’il occupait était hautement régalienne.
M. de Villepin est donc, d’une certaine façon, responsable « d’un des problèmes » qu’il dénonce, étant donné qu’il n’a rien fait pour tenter de nous l’éviter.

Or donc, jamais il ne nous fera avaler, même par un langage châtié, qu’il découvre seulement aujourd’hui, ou depuis trois années, que Nicolas Sarkozy n’était pas taillé pour la fonction, voire que c’était un danger pour notre pays.
Dominique de Villepin est en partie, oui, responsable de la « parenthèse » ouverte le 6 mai 2007, il y a, d’une certaine manière, contribuée.
Oh bien sûr, Sarkozy ayant pris à la hussarde (en 2004) L’UMP créée par Chirac et destinée à mettre sur orbite présidentielle son « fils préféré », Alain Juppé, il eut été difficile de l’empêcher de concourir, nonobstant, en le privant d’une tribune aussi exposée que celle de l’Intérieur, d’une fonction ministérielle quelle qu’elle soit, il lui aurait compliqué la tâche.

Vivre Ensemble.jpgCes deux hommes ont travaillé « ensemble » et si tout est devenu impossible, impossible à vivre dans le sens où l’amoindrissement de notre pays touche les classes sociales les plus fragiles (la « France qui se lève tôt »), et que rien n’est fait pour les en soulager, au contraire ! M. de Villepin porte une part de responsabilité dans ce qui constitue être moins une « parenthèse » qu’un naufrage. Du Yacht au Guilvinec, en passant par le Salon de l’Agriculture, le Fouquet’s, L’Epad et autres foucades fiscales, et tant d’autres épisodes qui nous font honte tant ils sont la marque évidente de la vulgarité, du mépris, quand ce n’est pas de la haine, rien dans ces trois années n’aura contribué à nous donner fierté, courage et dignité.

Jamais M. de Villepin ne nous fera croire qu’il ne savait pas qui était M. Sarkozy.

Une « parenthèse » ! C’est bien faible comparé à ce que nous endurons, monsieur ! Ça ressemble plutôt à des crochets. De la tenaille.
Vous parlez des trois ans qui viennent de s’écouler, mais les dix-huit mois que nous allons subir encore, c’est du ferme, pas du sursis.
Et la campagne présidentielle qui s’annonce promet d’être la plus brutale et la plus basse, voire la plus indigente de toute la Vè République.

Je vous rejoindrais presque, voyez-vous, sauf que, nous ne sommes pas dans le « divertissement » ; le « divertissement » ce sont les médias qui l’organisent, par des Unes, du storytelling et du buzz dont ils (se) font l’écho.
Nous, M. de Villepin, les citoyens, les laborieux, on morfle, et copieux !

J’entends ce que vous dites, les mots que vous employez, j’aurais aimé, en vérité, qu’ils viennent de la bouche d’un homme de gauche, avec la même force, le même charisme (car vous en avez) mais que voulez-vous, à gauche, on se fade des Mélenchon, des Valls, des Royal, des Collomb et des Aubry (et Besancenot aux abonnés absents) ça manque d’étoffe tout ça, de profondeur, de hauteur. En ceci, oui, « la vie politique française » est « pitoyable » ; Si en plus on y ajoute des Morano, des Bertrand, des Lefebvre, des Balkany ou des Vanneste, c’est même plus un « spectacle » c’est du bernardtapisme ! Ah, il a de sales beaux jours devant lui, le populisme !

Mais pour n’avoir rien fait, rien anticipé, de cette « parenthèse », quand vous aviez les moyens, et comment ! de le faire, vous êtes M. de Villepin également responsable de cette « tâche de honte sur notre drapeau ».
Et venir aujourd’hui, comme hier, la dénoncer, même de fort belle manière, c’est, pardonnez-moi, l’hôpital qui se fout de la charité.
Bref, c’est nous prendre, encore une fois, comme ceusses qui sont actuellement au sommet de ce pays, pour des cons de compétition.

Sur ce, veuillez agréer tout le merdier habituel, et bonne nuit, monsieur.


Ajout du dimanche 14 novembre 2010 [On N'est Pas Couché - France 2 - Samedi 13 novembre 2010]

05 septembre 2010

Eric Woerth, Un Homme « Remarquable »

Woerth La Solitude.jpgAh oui, ça oui, il est « remarquable » cet Eric Woerth. Il a du cuir, et solide avec ça ! Faut voir comme il se défend, répond, nie tant qu’il peut, ça vous pose un homme, ça !
Oh bien sûr, ça manque de tout, à commencer par des arguments, de ceusses qui te rabattraient le caquet à je-ne-sais-quelle « gauche milliardaire » je-ne-sais-quelle « presse fasciste » et tout Saint-Germain-des-Prés. Tous ces cochons, ces bobos qui s’acharnent, chaque jour que Sarkozy ne fait plus, sur la peau, les os et tout ce qui s’ensuit de ce pauvre M. Woerth. Car oui, que voilà un pauvre homme ! Non mais rendez-vous compte ! Ce qu’il doit endurer, lui, sa femme, ses enfants, ses chevaux, vous y avez pensé, ce qu’ils souffrent et subissent ? A l’UMP, oui, on y a songé. C’est juste si l’on n’évoque pas l’honneur d’un homme « jeté aux chiens » citant les Salengro, les Bérégovoy ... Alors quoi, n’auriez-vous pas tiré les leçons du passé ?

Et l’on ne mégote pas sur le soutien inconditionnel, régulièrement appuyé, courage Eric, nous sommes avec toi ! Ah ça c’est une famille, n’est-ce pas, qui se serre les coudes jusqu’au trognon, pas comme les autres zozos, les socialistes qu’ont laissé choir le Dray comme une pauvre Swatch, ah non, nous, nous ne sommes pas de ce bois-là ! On fait bloc ! Et tout y passe ! Toutes les outrances ! On parle de « chasse à l’homme » tiens donc ! En pleine « chasse aux Roms » c’est amusant ! Ce qui vaut pour l’un ne vaut pas pour les autres ! Selon que vous serez ministre d’Etat ou misérable, ça ne varie pas, on le connaît le pénible refrain ! Même qu’on en a soupé ! Tiens, comme cet autre : le président, même simple ministre, n’est pas, à l’entendre, au-dessus des lois, mais pas en dessous non plus. En revanche pour les autres, tous les autres, gens du voyage, musulmans, enfants des cités, citoyens lambda, c’est à l’envers qu’il faut l’entendre, et ça n’est pas innocent, eux ne sont pas en dessous des lois, mais ne sont pas au-dessus non plus ! Tu la saisis, la perçois la nuance ! Elle est d’importance ! Elle est là, planquée, dans cette inversion, la stigmatisation ! Mais personne ne la relève ! A croire que ce qui crève les oreilles, ce qui acouphène, on en a cure, à commencer par ce qui nous sert de « journalistes ». Et c’est bien dommage, si désolant.

Mais je m’égare, sciemment, mais je m’égare, nous parlions de qui ?

Ah oui, de Woerth, cet homme « honnête », « remarquable » et des outrances, tel ce terme impropre, inadéquat, ô combien déplacé, dégueulasse, celui de « lapidation médiatique » et allons donc ! Je vous l’ai dit : tout est bon ! Et peu leur chaut qu’il finisse par se renier, oh si, tout de même un peu, cette lettre de recommandation au ministre de l’Intérieur, par exemple, ben oui, finalement, c’est lui qui l’a écrite et signée, mais pardonnez-lui, et mettez cet « oubli » sur le compte de cet acharnement germanopratin, ça lui fait perdre les pédales à m’sieur Woerth, sa mémoire rame et flanche, mais quand bien même, hein, où serait la faute, quel mal y aurait-il ? Vous voulez quoi ? Faire le procès du politique, de ses bizarreries, de petits arrangements entre « amis » ? Pensez-vous qu’il n’y aurait qu’à l’UMP que ça se pratique ?

Et la transparence que tu brandissais comme un étendard, coco, tu t’en souviens, de ta transparence, elle ne vaudrait plus ?

Mais oui, mais bien sûr, on l’a pigé, et comment ! tout ceci ne nous regarde pas. Ni nous, ni la justice, ni qui que ce soit ! Laissez-nous tranquilles ! Nos affaires, nos financements, nos combines, c’est juste LA vie politique. Et celle-ci est - même s’ils n’en feront jamais l’aveu - au-dessus des lois, de la justice, voire même de la République ! Oui, l’Irréprochable ! Alors tiens bon, Eric, ne lâche rien, on est tous avec toi, de Sarkozy au député d’en bas.
Mais quel suicide !

Oui, c’est un suicide ! Mais, au fond, qu’en ont-ils à foutre (de Woerth) ? Rien ! Que dalle ! C’est un soldat, une courroie de transmission, et c’est en cela uniquement qu’il est « remarquable » et « honnête ». « Honnête » avec sa famille politique.
J’parierais ma chemise, une sale qu’attend son lessivage, qu’il l’a présentée sa démission, pas celle de la trésorerie de son Parti, non, celle de son poste au gouvernement. Parce que justement c’est un soldat. Et qu’on lui a refusée. Sèchement ... Ah non, Eric, si tu démissionnes, sais-tu quoi ? tu leur donnerais raison ! Tu comprends ? Ce serait comme avouer ! Or, donc, pas question ! Avec dans l’arrière-cassis, l’idée que le type il pourrait craquer, se déballonner, en balancer une ou deux. C’est qu’il a beau être « droit dans ses bottes » l’Eric, c’est pas un Juppé, qu’ils ont évalué ... Juppé-la-tombe qui paye pour le « vieux » sans moufter ou si peu, ça, c’est pas donné à tous. Sûrement pas au Woerth !
Donc, tu restes ! On va te couvrir ! Allez hop, haro sur les Roms, c’est-y pas joli comme diversion (en même temps, n’est-ce pas toi qu’avais sonné l’alarme ?) ? Et si ça suffit pas, t’inquiète, Eric, des boucs-émissaires, c’est pas c’qui manquent ! On t’en trouve à la pelle, vu le climat, c’est de la rigolade !

Mais v’là que ça revient, comme un boomerang, des révélations comme s’il en pleuvait, mais c’est égal, ils le savaient, oh oui, qu’ils le savaient ! La question n’était pas là. Je veux dire que l’essentiel était de soutenir Woerth, de le lui faire savoir, afin qu’il se taise ; que ça devienne intenable, peu importe, c’était inévitable !
Ce qui comptait AVANT TOUT c’est que cet homme sache ô combien sa famille était, là, présente, à ses côtés ! Et quand il tombera, bientôt, demain, il saura s’en souvenir, de cet indéfectible. Il sera mort politiquement pour sa famille, parce qu’elle en a décidé ainsi, parce qu’il compte pour rien, c’est qu’un rouage, un Kleenex, un sacrifié d’avance.

Ah ce qu’il en faut, n’est-ce pas, du cuir, de l’abnégation, et tant de dévouement, impayable pourtant, monsieur Woerth ! Accepter toutes les couleuvres, fourbir toutes les armes possibles afin de reculer le moment, l’inéluctable, puisque, oui, c’est l’évidence, dans cette triste histoire de sacrifice, on a joué la montre, et pas de la petite, de la Rolex certifiée ... En échange de quoi ? Mais du silence, pardi ! dit de : fidélité. A sa seule famille.
On te recasera, va, Eric, dans quelques châteaux de Versailles, peut-être même dans un hippodrome, t’aimes ça, non, les canassons ? T’en fais pas, ton avenir, on s’en charge. Et les retraites, ma foi, si ça te dérange pas, mais tu comprends, non ? C’est le Fillon qui va reprendre le dossier. C’est mieux comme ça, Eric. Quant au procès – mais qui te parle de procès, Eric ? … Vise donc le Chirac comme on a ficelé le merdier ! Mais quand bien même, si jamais y’avait, nous serons là, avec des tas de peaux de banane, de la diversion en veux-tu, en voilà, t’auras les meilleurs avocats – nous les connaissons bien, vu que nous sommes aussi, de Copé à Sarkozy en passant par Lefebvre et Dati, DES avocats, c’est dire si on maîtrise le bazar ! – et puis, tu sais quoi ? Les gens, n’en auront rien à foutre de ce procès, alors tu vois, tu peux dormir tranquille ! Comme une lettre à la poste ça va passer, qu’on te dit ! Ils remonteront jamais jusqu’en haut ! Jamais ! D’autant plus que les autres, les socialistes, y sont morts de trouille. C’est que, c’est pas joli-joli non plus, chez eux, mon Eric, question financement, et pis regarde comme ils les bourrent, les urnes ! Suffirait qu’on balance deux-trois petits paquets à la presse, de beaux biscuits, et vlan, ils se gamelleraient copieux les zigotos ! A quelques mois de la présidentielle, tu penses bien qu’ils n’en ont pas envie, tout ce qu’ils veulent et souhaitent, c’est qu’on leur foute la paix ! Tu peux compter sur eux, va, ils t’en chercheront pas, des noises. Ils feront profil bas. Comme avec le Chirac.
Alors bonne chance Eric, nous sommes tous avec toi !

Ah oui, à ce niveau-là, je dois le dire, cet homme, monsieur Woerth est, d’une certaine façon, dans le sacrifice avant tout, tout bonnement « remarquable ».
Ça mériterait un prix.

01 juillet 2010

“Si je dis à Eric Woerth de partir …”

Bon déjà, noter qu’il y a un léger souci.
Sur la phrase prononcée par Nicolas Sarkozy.

Oh, c’est pas grave-grave, tant l’esprit reste le même, je veux dire ce qui émane, en définitive, des propos (présumés) du chef de l’Etat. Mais nous sommes tout de même bien embarrassés.
Eh oui ..
C’est qu’il y a des précédents, comme on dit.
Récemment, cette saillie, assez grossière vous en conviendrez, du footballeur de Chelsea, Anelka, qui se retrouve (va savoir comment) en Une du quotidien l’Equipe (dont on aimerait, itou, qu’il soit sommé, ce quotidien, de s’expliquer sur cette Une dégueulasse, ne serait-ce que via les syndicats de journalistes) et dont certains de ses coéquipiers disent que ce n’est pas ce qu’a dit Nicolas Anelka. Pas, tout à fait.
Ainsi Thierry Henry, qui face à Michel Denisot affirme que “ce ne sont pas les mots de Nico” tout en avouant, le malheureux écervelé, que de là où il était, il “n'arrivait pas à entendre ce que disait Nico. Il ronchonnait. Ce qui me frappe, c'est comment la personne qui a dit ça aux journalistes ait pu l'entendre” ..
... Mais QUI le conseille ce pauvre Thierry Henry (ne me dites pas que c’est Nicolas Sarkozy ..) ?

Et puis, y’en a un autre, de précédent, et non des moindres, comme dirait le camarade journaliste toujours aussi imaginatif, c’est le SMS du candidat au mariage, Sarkozy :
Si tu reviens, j’annule tout !” rendu public par Le Nouvel Observateur.
Qui a fait : pshiiiiiiit …

Vous avez remarqué, ceci étant, comme depuis quelques temps (mauvais, très mauvais) des phrases parviennent à faire la Une ou les gros titres de la presse traditionnelle, infiniment respectable, n’est-ce paaaaaaaas, cette presse qui n’hésite pas, qu’il canicule ou qu’il pleuve à tomber sur le paletot de l’Internet en le traitant de Voici géant ? [Rires à gorge déployée].

Mais où en étais-je ?

Ah oui !

Lire la suite

24 octobre 2009

Moi, Philippe S., Commentateur Qui Commente [*]

Les Hommes de l'Homme-qui-agit prennent connaissance des commentaires des commentateurs-qui-commentent

C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari ? Non mais attendez ! Pour quoi croyez-vous que j’sois né ? Pour rester le clavier ballant et ne piper mot alors que, dans le même temps, des Chatel, des Bertrand ou des Lefebvre, commentent – et faut voir, comment, m’sieur Pujadas – les commentateurs-qui-commentent ?
Mais enfin, que dirait-on de moi, si j’prenais le parti de ne rien dire ? Que dirait-on de moi, si je n’faisais pas mon travail, celui de commentateur-qui-commente ? Croyez-vous que ma mère m’aurait porté neuf longs mois - dans son ventre ! - pour donner vie à un commentateur-qui-ne-commenterait-pas ?
Je n’ai pas, Laurence Ferrari, été mis au monde pour me taire !
Mes parents, David Pujadas, m’ont donné une mission que je compte bien mener à son terme ! Et ce n’est pas parce que je suis à mi-mandat de mon existence que j’vais, comme d’autres, comme beaucoup, renoncer à commenter-les-hommes-qui-agissent !

Pourquoi, et au nom de quoi, le ferais-je ?
Pour aller jouer aux boules ?

Que les choses soient bien claires, mâhâme Ferrari, je n’ai rien contre ceux-qui-jouent-aux-boules. Je les respecte. Profondément. Ils font un travail formidable ! Mais enfin, quel homme je serais si, plutôt que de dire – et je ne suis pas le seul - qu’à 23 ans, sans aucun diplôme, aucune qualification, on ne peut prétendre à un poste aussi lourd de responsabilités que celui de président de l’Epad, j’allais sur la place du marché, faire un carreau ou pointer ?
Croyez-vous que ça m’fasse plaisir de constater que, sur le sujet que j’viens d’évoquer, la France est la risée du monde, comme j’ai pu le lire chez les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale ?
Monsieur Lefebvre, qui fait son travail d’opposant aux commentateurs-qui-commentent, a-t-il dit, ne serait-ce qu’une seule fois, que la presse internationale cherchait à “détruire” l’homme-qui-agit ? A-t-il accusé les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale de faire partie d’un “monde politico-médiatique” dont le seul but – le seul but, David Pujadas ! - serait d’abîmer l’homme-qui-agit ?
Et pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Parce qu’il est mon fils ou celui d’un commentateur-qui-commente ?
Vous savez bien que non !

Mais j’vais vous dire autre chose, Laurence Ferrari : estimeriez-vous normal que, dans une République irréprochable, un commentateur-qui-commente se taise quand on crée deux nouveaux fichiers de police – deux d’un coup, m’sieur Pujadas, deux d’un coup ! Et à la veille d’une législative partielle ! – sans passer par le Parlement ?
Estimeriez-vous normal qu’aucun commentateur-qui-commente ne rappelle à l’homme-qui-agit qu’il n’a pas été élu pour légiférer par décret mais pour donner plus de pouvoir au Parlement ? N’est-ce pas le devoir du commentateur-qui-commente que de le lui rappeler ? Comme, n’est-ce pas son devoir de lui rappeler qu’il a fait le serment, le 6 mai 2007, d’être du côté des opprimés, de ceux qui souffrent, quand il renvoie dans un pays en guerre, trois afghans, au beau milieu de la nuit ?
Croyez-vous que nous sortirons de l’hypocrisie en opposant à l’homme-qui-agit-par-décret-et-au-beau-milieu-de-la-nuit, un silence poli ?

Si l’homme-qui-agit a des droits et des devoirs, nous n’en avons pas plus, ni moins que lui, David Pujadas.

A travers cette polémique d’un soit-disant “monde-politico-médiatique” cherchant, paraît-il, à “déstabiliser” l’homme-qui-agit, franchement, qui est visé ?
Je vais vous le dire, David Pujadas. Ce n’est pas homme-qui-agit ! Ce n’est pas non plus le-fils-de-l’homme-qui-agit ! C’est le fils-de-Craô que je suis, que nous sommes tous, nous les commentateurs-assis-qui-marchons-debout-et-faisons-preuve-d’action-civique-en-commentant-l’homme-qui-agit !
Je n’ai pas, en démocratie, à avoir honte d’être un commentateur-qui-commente, mâhâme Ferrari.
Je n’ai pas, David Pujadas, à m’excuser d’être ce que je suis.
Et ni moi, ni tous les autres commentateurs-qui-commentent ne se reconnaissent dans les commentaires qui sont faits, à notre égard, par les hommes-qui-agissent-et-qui-commentent-les-commentateurs-qui-commentent.

Encore une fois, Laurence Ferrari, nous n’avons pas été mis au monde pour nous taire. Et nous n’nous tairons pas. Nous continuerons à commenter, parce que c’est, à la fois, nécessaire et indispensable à toute démocratie digne de ce nom ; et nous le ferons, David Pujadas, sans aucun tabou et en toute transparence.
Je le dis, solennellement, aux hommes-qui-agissent : nous ne céderons pas un millimètre, nous n’éluderons pas nos responsabilités. Car si nous l’faisions, qui défendrait alors cette belle idée à laquelle nous tenons toutes et tous : celle d’une démocratie réelle ou chacun, Laurence Ferrari, et chacune, David Pujadas, ne se trouvent être ni au dessus de l’homme-qui-agit, mais ni en dessous non plus ?

Dans une démocratie, il faut des hommes-qui-agissent, des commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-agissent-commentant-les-commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-jouent-aux-boules-sur-la-place-du-marché, des judokas-qui-font-du-parachute-dans-une-circonscription-UMP-où-même-un-âne-serait-élu et des hommes-qui-agissent-et-se-réjouissent-que-l’âne-fasse-"Hi-Han" !
C’est cela la démocratie, mâhâme Ferrari !
Maintenant, si certains n’en veulent plus, de cette démocratie, de ce modèle français, qu’ils nous le disent franchement, et nous nous f’rons un plaisir, par des commentaires - oui, David Pujadas, par des commentaires ! - d’expliquer aux français ce que cela signifie.

J’ajoute, Laurence Ferrari, que dans un pays où la liberté de la presse est passée en sept ans – en sept ans ! - de 2002 à 2009, du 11ème au 43ème rang, il ne me semble pas que ce soit une attitude responsable de la part d’un homme-qui-agit de désigner comme coupables, comme présumés responsables, les commentateurs-qui-commentent de la baisse constante de sa côte de popularité auprès de l’opinion, y compris au sein de sa propre majorité, à tel point qu’elle en vient à voter des lois, soit-disant, par erreur ?
Voter une loi par erreur ! C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari !
Croyez-vous que ce soit le fait d’un complot “politico-médiatique” dont nous serions les ourdisseurs ?
Ou, est-ce que certains députés de la majorité, n’auraient pas, comme nous, les commentateurs-qui-commentent, plus la moindre envie de se taire, se rendant compte qu’ils n’ont pas été élus, ni mis au monde, pour flatter, chaque jour, l’homme-qui-agit ?

Non, David Pujadas, ne comptez pas sur moi, pour ajouter, à cette évidente fronde de la majorité, un commentaire quel qu’il soit.
Quand bien même préférerais-je, au nom de la démocratie et de la liberté d’opinion, un excès de commentaires, fussent-ils caricaturaux, à pas de commentaires du tout.


[*] Billet écrit sur le ton de l’acteur qui, lui, agit …

01 mars 2009

Floué, Trahi, Abandonné

J'suis Bien Embêté M'Sieur !

J’vois, par exemple, mon beau-frère, M’sieur, le frère d’ma femme, il a monté son affaire, carrosserie et tout le toutim, eh ben vous savez quoi, M’sieur ? .. Quand il a fallu trouver un gérant, ma femme, d’emblée elle lui a soufflé le nom de Jean-Claude ..
.. Jean-Claude, y’a pas à dire, question mécanique, il est doué, même qu’il s’en laisse pas conter, M’sieur .. Il a bien des défauts, Jean-Claude, un caractère de chien, toujours à voir la paille dans l’œil du voisin, râleur comme c’est pas pensable, tout c'que vous voulez, mais question boulot, M’sieur, c’est un cador ! ..
Ça le gênait un peu aux entournures à mon beau-frère, pensez, il aurait préféré trouver un type par lui-même, un compétent bien sûr, quelqu’un sur qui s’appuyer, quelqu’un qui s’rait pas d'la famille quoi, ou de l’entourage. Mais il a vite renoncé, M’sieur. Faut dire aussi qu’on peut rien lui refuser à ma femme.
Ah ! Ma femme ! …
Comme j’dis tout le temps, c’est le genre qu’a d'la poigne, d'la persuasion à revendre, même qu’elle est tombée d'dans quand elle était p’tite, M’sieur. Elle a ça dans le sang ..

Mais pourquoi j’vous raconte tout ça ? ..

Ah oui .. François Pérol !

Ça vous turlupine, hein, M’sieur, c’te histoire, celle d’un ex et tout frais secrétaire d’État qui prend la tête de la seconde banque de France .. Y’aurait comme anguille sous roche .. Un truc pas net ..
Mais c’est comme mon beau-frère avec son entreprise de carrosserie !
.. Non ? ..
C’qui compte, M’sieur, c’est que Pérol, il soye compétent en la matière .. Et d’après votre Président, qui l'connaît bien, puisque ça fait des lustres qu’ils travaillent ensemble, il l’est, même que ce s'rait le meilleur ! …
Alors ?
.. Où est le problème, M’sieur ? …
Vous pensez, peut-être que votre Président aurait comme de l’intérêt à nommer un de ses proches à la tête du second consortium bancaire français ? …
Mais lequel, M’sieur ?

J’vais vous faire un aveu ...

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu