15 février 2011
Les Zozocialistes
Ce qu’il y a de chouette avec les socialistes, c’est qu’on les voit venir de loin. De très loin.
En revanche – et c’est là le truculent – c’est que, eux, ils ne nous voient pas venir. Du tout. Ni de loin. Ni de près.
Pourtant, ils devraient commencer à se douter d’un truc, ces « socialistes » .. C’est que, dites ! Ça fait quand même depuis 1995 qu’ils nous servent et jouent la même tambouille !
Tenez ! prenons ce … – comment dire ? – ... ce pacte (ou clause) de non-concurrence convenu entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ... C’est cocasse, non ? Oh que si .. Parce que, sur le papier, ça donne quoi ?
Si Aubry est candidate aux Primaires, DSK ne le sera pas. Et si DSK l’était, Aubry ne le serait pas.
Merveilleux, non ! Ça, c’est de la camaraderie de compétition !
En vérité, ça ne se danse pas du tout comme ça.
Car tout dépend (donc unilatéralement), de la décision de DSK. Et non d’Aubry.
Or donc, le : « Si Aubry est candidate, DSK ne le sera pas » ça marche pas. Seul vaut : « Si DSK est candidat, Aubry ne le sera pas ».
Et alors ?
Eh bien alors, pas besoin d’être grand clerc pour deviner la suite du programme :
« Si DSK est élu président de la République, Aubry sera nommée Premier Ministre ».
Et il y a fort à parier, que l’inverse fonctionne.
Ce n’est donc pas un pacte de non-agression, mais un arrangement entre « bons amis ». En fait, il faut lire :
« Si tu es candidat(e), je serai ton (ta) Premier ministre ».
Voilà le contrat. Le « deal ».
Bon, je vous passe une autre possibilité, bien plus drôle encore :
« Si DSK n’est pas candidat alors … une bonne douzaine de socialistes (dont Pierre Moscovici et Gérard Collomb) le sera ».
Ce qui explique, dès lors, que nombre de barons et autres notââââbles – Ce qui, au passage, est un bon résumé du PS : un Parti de barons et de notâââââbles – font tout leur possible pour que « DSK y aille ». Sinon, c’est le merdier, la foire, le gros fight.
Vous me direz, oh ! mais c’est de la tambouille politicienne, de la tactique, après tout ça les regarde … Pas faux … Mais tout de même, ce qui saute aux yeux et assez violemment, c’est que cet arrangement entre Mme Aubry et M. Strauss-Kahn se fait sur le dos … des autres candidats potentiels. Une manière comme une autre de forcer le scrutin des Primaires.
Si j’osais, je dirais que nos deux compères ont décidé de bourrer les urnes avant, tant pendant, et l’on s’en souvient, ça eut posé quelques problèmes.
Oh, vrai, il n’y a rien d’illégal, ça est juste de la stratégie … N’empêche qu’elle soulève, et comment, une question que voici : et le projet, outre « 'Faisez' pas les cons, votez DSK (ou, si nous n’arrivons pas à le convaincre : Aubry) », c’est quoi donc ? Le projet pour le pays ? Où qu’il est, le projet, la substantifique moelle ?
J’ai cru comprendre – mais arrêtez-moi si je me trompe – qu’il était en cours d’écriture. Mais par qui ? … Aubry et son « équipe » ? … Cela semblerait logique puisqu’elle est Secrétaire générale du Parti … Notez que dans ce cas, c’est encore une incitation de plus à voter Aubry ou DSK. Vu que DSK et Aubry, c’est la même chose. Si ça n’était pas la même chose, ils n’auraient pas conclu cet arrangement ... De fait, pour quelles raisons étranges le « sympathisant de gauche » irait donner, en octobre prochain, son suffrage à une Royal, un Hollande (candidat non-déclaré pour le moment), un Montebourg ou un Valls ? Pour foutre la merde dans ce joli plan bien organisé par le duo DSK/Aubry ? Voilà qui ne serait pas très urbain, mon « sympathisant » !
Cela dit, s’il en avait l’intention, de mettre le boxon, on lui fait (déjà) comprendre qu’alors, il porterait l’entière responsabilité de la défaite de la gauche (en réalité : des socialistes – que « ces gens-là » soient gentils, et laissent la gauche à la gauche) aux présidentielles de 2012. Habilement, soi-dit en passant. En répétant qu’il faudra voter pour « le candidat le mieux placé ». Comprendre : celui qui a, dans les sondages, le plus de chances de battre Sarkozy.
Or, là aussi – pour le moment – les deux candidats « les mieux placés » sont : DSK et Aubry.
Avouez que ça commence à faire beaucoup. On pourrait même se demander pourquoi le PS organise des Primaires ? … Pour occuper l’espace médiatique ?
Nonobstant, cette histoire de « candidat le mieux placé » pose un autre problème.
Vous allez me dire que je suis naïf comme trois Jospin, mais le « sympathisant de gauche » n’aurait-il pas plutôt intérêt à voter pour … le « meilleur projet » ?
Oh, je comprends fort bien que le but (à peine caché) des socialistes soit de battre Sarkozy en 2012, qu’itou cela ferait super plaisir à tous ceux (de gauche ou pas) qui veulent le voir partir, mais de là à ce que ça devienne LE projet, c’est léger - mais je vais y revenir.
D’autre part, quitte à ce que ce soit une histoire de personne(s), ne vaudrait-il pas mieux voter pour la plus apte, la plus résistante (tant c’est un combat de tueurs, une présidentielle) la plus strong, celle qui déplacera la foule, la galvanisera, la conquerra, par son audace et sa fougue, plutôt que pour « la mieux placée » ? … Tant « le mieux placé » d’aujourd’hui peut être « le mal placé » de demain (ex : Royal, Jospin, Balladur, Barre, et même Giscard) en vertu du fait que, dès lors que la campagne est lancée, on voit le candidat à l’ouvrage. Et boum, patatras …
Qui plus est, compter sur le seul rejet de Sarkozy, ne sera pas suffisant.
En premier lieu, parce que cet homme est imprévisible, je veux dire qu’il est capable de tout (mais vraiment de tout !) y compris retourner la situation.
Et c’est là qu’on en revient au « projet ». Dont Sarkozy, remettant son titre en jeu [*], n’a pas à s’encombrer. Tout comme Mitterrand n’en avait pas besoin en 1988.
En revanche, les socialistes, en ont besoin, eux. Pour conquérir le pouvoir par le peuple.
Je sais, je sais, ils sont en train de l’écrire, de le peaufiner, sauf que, ça n’est pas un projet : ce n’est qu’une collection de propositions élaborées uniquement en réaction à la politique menée par le pouvoir en place. Un « projet en réaction », j’appelle ça ..
Eh bien ça ne sera pas suffisant, non plus.
Clairement oui, c’est un programme d’opposition (au sarkozysme) que nous proposent Aubry et DSK. Pas un projet pour la France. Ça manque d’imagination, d’idées, de souffle, d’innovations, de création, de jeunesse, de beauté, d’envies, de rêves même ... Bref, ça manque de tout, et a fortiori, de gauche… C’est triste et sans relief. C’est fait de rustines et de pansements.
Alors, on camoufle tout ça avec des Primaires fictives (puisque bien cadenassées, comme précédemment expliqué) ; avec cette histoire de « candidat le mieux placé » (les sondages faisant de plus en plus l'opinion et détricotant la réelle démocratie) ; l’inévitable « vous aussi, hein, vous n’avez pas envie de prendre 5 ans de plus avec Sarkozy » ; sans parler de cette vaste fumisterie de « vote utile » (qui est aux socialistes ce que la sécurité est à Sarkozy : un fond de commerce ; le même, celui de « la peur »).
Certes, on n’en peut plus de M. Sarkozy, mais quand même, le projet, c’est ..
Oh, mais le projet, on verra une fois sur place. Et puis, eh ! DSK, avec un boulot de président du FMI sur son CV, c’est pas l’assurance de s’en sortir, ça ? C’est pas un gage de sérieux ? ..
Peut-être (encore que ..) mais où qu’il est le socialisme dans votre packaging ? Où sont les idées de gauche ? Le souffle. Celui qui donne force et espoir.
Non, tout ça, c’est de la tambouille, de l’arrangement, de l’habillage : c’est Pepsi qu’on nous vend et vante pour, l’an prochain, battre Coca.
Et c’est moins un parti politique qu’une bande de zozos qui nous propose ce « deal ».
Les zozocialistes.
Ceusses qu’on voit venir de loin avec tout leur fric-frac politicien.
Mais qui, eux, sûrs de leur « produit », et confortablement installés dans leurs bureaux de barons, de notââââââbles, ne voient (encore) pas ce qui les attend : une déroute de plus.
[*] Oui, Nicolas Sarkozy sera candidat en 2012.
Comme dirait le candidat de 2017, le désopilant Jean-François Copé, « on va arrêter de se mentir », n’est-ce pas ..
On va surtout arrêter de prendre les français pour des benêts au carré avec des minauderies du style :
« Je sais pas, m’sieur Pujadas .. et puis vous savez, Président de la République, c’est un métier très difficile, mâme Ferrari … Mais bon, je me déciderai à l’automne.. » ..
A d’autres, ces salamalecs !
Car, si nous sommes passés du septennat au quinquennat, c’est justement pour permettre au président de « pouvoir faire » deux mandats consécutifs en vertu du fait que dix ans c’est moins pénible (pour le peuple) que quatorze. Et il faudrait vraiment un évènement d’une gravité extrême (haute trahison, par exemple) pour que le Président en exercice renonce à « remettre son titre en jeu ». Alors ça va, maintenant …
18:33 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : primaires socialistes 2011, martine aubry, dominique strauss-kahn, si dsk n'y va pas, accord dskaubry, le candidat le mieux placé, vote utile, spectre du 21 avril, quel est le projet du ps ?, le ps est-il de gauche ?, bourrage des urnes, françois hollande, manuel valls |
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29 septembre 2010
Hollande, L’Autre François
Qui a dit, déjà :
« Si tu n’as aucune chance, saisis-là ! » ?
Peu importe, ce qui compte c’est que cette formule absurde (quoique ..) va comme un gant à François Hollande. Car non seulement et a priori, il n’a aucune chance d’être, l’an prochain, par les primaires, désigné, élu, porté candidat du PS à l’élection présidentielle 2012, mais aussi, et surtout, c’est sa dernière chance de (pouvoir) l’être.
Pourtant, et de loin, de très loin même, c’est lui le meilleur candidat possible, c’est lui la chance des « socialistes ». La seule.
Oh oui, je sais, je les connais, les arguments, les réticences, qui, pardonnez-moi, tiennent plus de l’apparence, de la forme que du fond. Il est « pas assez » ceci, « pas assez » cela, en gros (bien qu’il ait maigri) et pour aller vite, il n’aurait pas la bouille d’un futur président. La gueule de l’emploi, quoi.
Aussi, il n’aurait pas d’image (médiatique, s’entend) ou alors, comme elle est floue !
Il serait pas très bon en télévision, non plus. Son humour, fin, féroce même, constituerait, paraît-il un handicap. Comme si un homme politique devait être austère, assommant, didactique. Plus encore qu’un Juppé ou un DSK … Et puis, il n’a jamais participé à un gouvernement. Ni comme ministre, ni comme secrétaire d’Etat. Et s’il a une image, une seule, c’est celle du type qui passe à côté, qui rate le train, tout le temps, un loser pour parler crû. Trop dans le consensus. Pas assez tueur. On aime ça, les tueurs, en France. Ah oui ! On les vénère même, avant de les haïr. On croit, en vérité, en l’homme providentiel (mais si !) à celui qui va sauver le pays, le tirer de là, on y croit dur comme fer, à cet homme-là, On l’espère, on l’attend, comme un Christ. Que l’on cloue cinq ou dix ans après, avec délice.
Alors oui, c’est un fait, Hollande n’est pas l’homme providentiel. Et tant mieux ! C’est juste un homme de fond. Plus pragmatique que l’on pense, beaucoup plus solide aussi. Il est beaucoup plus d’une manière générale que ce que, non pas il donne à voir, mais que le citoyen lui prête, lui colle en apparence. Sûrement est-ce de sa faute, mais que peut-il y faire ? Doit-il se changer, se travestir, se pipoliser, quitte à se trahir, pour plaire coûte que coûte ? Ne plus être lui-même ?
Il le sait, Hollande, qu’il n’a, a priori, aucune chance. D’où, certainement, cet air soucieux que je ne lui connaissais pas, pas à ce point-là, qui l’habitait constamment, même entre deux bons mots, samedi, le 25 septembre 2010, à Besançon, à l’occasion d’un salon du livre (« Les Mots Doubs »).
La veille, Bartolone avait enclumé, à desseins, laissant entendre qu’il y aurait un accord passé entre les deux autres prétendants, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Les favoris. Vraiment ? ... Mais les favoris pour qui ? ... Oui, pour les sondages ! C’est écrit, c’est chiffré, ce sont les deux seuls qui pourraient battre Sarkozy en 2012. Et il n’y a que cela qui compte pour eux, pour les militants, pour le peuple de gauche (expression pour le moins ridicule) : battre Sarkozy en 2012. Peu importe le candidat, finalement. Elle est là l’erreur. Hollande s’y est engouffré, habilement, déclarant que l’anti-sarkozysme n’était pas un programme mais une « paresse ». Il a raison. Ce qui importe n’est pas de battre Sarkozy, mais de gagner. Ah ! oui, la nuance est subtile, mais elle est cruciale, pourtant.
Mais parlons de ces sondages, tiens ! Or donc, ils donnent DSK et Aubry gagnants. Un an et demi avant la bataille. C’est formidable ! Dois-je rappeler que Marie-Ségolène Royal, dans les sondages, battait Sarkozy en 2006 ? Et c’est la seule raison, entendez-vous, la seule raison pour laquelle les militants l’ont désignée candidate lors des primaires de novembre 2006. On connaît la suite, elle n’a pas perdu, elle s’est faite laminée.
Alors on pourrait faire le procès des sondages ! Ces saligauds qui donnaient la Royal vainqueur se seraient trompés ? Du tout ! Y’a pas eu tromperie ! Un sondage, c’est quoi ? C’est un instantané. Une photo. Un désir. A l’avenir incertain. Et je crois bien que ces couillons de militants vont reproduire la même erreur. Voter pour le favori des sondages, oubliant que le citoyen évolue, au fil de temps, des déclarations, des évènements ... Que croyez-vous ? Qu’un citoyen vote toute sa vie à gauche ou toute sa vie à droite, quel que soit le temps ? Foutaises ! Ça n’existe pas, ce genre de citoyen, ou alors c’est un militant. Un encarté. Le citoyen lambda va de droite, à gauche, en passant par le centre et les extrêmes, il n’est pas figé. Il vote pour le plus fort. Voilà tout. Et peu importe qu’il soit d’un bord ou de l’autre. Il s’en contrefout !
D’autre part, faites cet effort, reprenez tous les sondages des élections présidentielles précédentes, et vous verrez, ils vous donnent tous, sans exception, le futur vainqueur. En février, l’affaire est pliée. On sait qui va gagner. Et pourquoi ? Parce qu’une campagne présidentielle est impitoyable, c’est un révélateur. Et ni Jospin, ni Royal, ne se sont révélés en 1995, 2002 et 2007 ... Pire : ils sont passés à côté. Complètement. Ils ont été mauvais ... Et pourquoi ? Parce qu’ils n’étaient pas les « bons candidats ».
En face, faut dire, il y avait des guerriers, des tueurs. Chirac, pourtant aux fraises, en 1994, baladé par Balladur, a remonté, et faut voir comment, son handicap sondagier. Sarkozy, c’est différent. Dès 2002, il a entamé sa campagne, prenant à la hussarde l’UMP en 2004, il en a fait une véritable machine de guerre, brutale, impitoyable, ayant compris et tiré les leçons du 21 avril 2002, décomplexé totalement, de droite dure, il était imbattable. Seul Fabius pouvait lui créer des problèmes. Car oui, en 2007, même si la marche était bien haute, ce n’était ni Royal, ni DSK qui pouvaient tenir la dragée haute à ce tribun d’exception qu’est Sarkozy, mais Fabius. Parce que c’est aussi un tribun. Un homme qui peut être violent verbalement. Et d’ailleurs, Sarkozy l’avait confié à sa garde rapprochée : « Si c’est Fabius, ce sera brutal ». Donc malaisé.
Mais ces imbéciles de militants se sont fait bernés, aveuglés, par des instantanés, oubliant ce que c’est une campagne, sa dureté, sa violence, combien le citoyen y est sensible, et combien au fil de la campagne, son désir se fait plus précis.
Le 14 janvier, c’était fini. Sarkozy avait gagné. Ah ! il faut revoir la séquence. Comment il s’est transformé, cet homme-là ! De 2002 à 2006, puis en 2007. C’est assez fascinant.
Il en est un autre qu’a suivi ce chemin. Celui de la transformation à tous les niveaux : c’est François Mitterrand. Le loser éternel. Le perdant étonnant de 1965, le vaincu surprise de 1974, mais, dès 1978, au lendemain d’une nouvelle défaite aux législatives, le voilà qui prend une autre dimension. Et quand vint la campagne de 1981, il achève sa transformation. Il se transcende. Il est méconnaissable. Ah ! ce n’est pas Jospin, tiens ! Ni Royal ! Y’avait de la matière, de la roublardise, de la stratégie, du génie même, dans cet homme-là ! Il ne pouvait pas ne pas gagner. Or, souvenez-vous, dans les sondages, ceusses de 1980, il était donné perdant, à ce point que le candidat de 1969 a cru en sa chance, je parle de Rocard. Pauvre Michel ! Comme il fut renvoyé et fissa à ses chères études ! On n’arrête pas un vainqueur !
Mais François Hollande dans tout ça ?
Eh bien, je prétends qu’il est de cette trempe. Mitterrandienne. Que cet homme se transformera. Une campagne le transcendera. Parce que c’est un tribun. Parce qu’il est solide. Impitoyable.
Il est donné perdant dans les instantanés ! Tant mieux ! C’est sa chance ! Aubry, n’en a aucune. Et pour plusieurs raisons. La première étant que non, les français ne sont pas prêts à porter une femme à l’Elysée. Certains vont hurler à cette affirmation, machisme, misogynie, phallocratie et tout le bataclan, je sais. Mais on ne refait pas les citoyens. On ne change pas les mentalités en si peu de temps. Et le temps, qui plus est, est à la crise. Pire encore, sachez-le, que celle de 29. Et c’est l’autre raison, cette guerre économique, cette guerre totale, qui constitue l’obstacle principal ... Désolant ? Sans doute ! Oui. Mais c’est ainsi, et je l’affirme, une femme, dans ces conditions n’a pas l’ombre d’une chance.
Il y aurait d’autres raisons, plus politiques, mais à quoi bon les décliner tant les deux premières sont insurmontables ?
DSK ? Ah ! Voilà un client. « Monsieur économie ». Ça rassure. L’électorat qui hésite, je veux dire. Bonne côte chez les patrons, de surcroît. Oui mais, Sarkozy (encore lui) lui a bien savonné la planche. En appuyant, en 2007, sa candidature pour la présidence du FMI. Le poste le mieux payé de Washington. Pas bête, hein ? Il est malin comme dix singes, ce Sarkozy ! Alors, comme ça, m’sieur Strauss-Kahn, vous « socialiste » payé grassement, mieux encore qu’un de mes Proglio, pendant ces quelques années loin de notre pays qui subissait une « crise sans précédent » vous vous présentez aux suffrages des français ? Mais dites-moi, m’sieur Strauss-Kahn, votre mandat au FMI, ne disiez-vous pas que vous l’honoreriez jusqu’au bout ? C’est bien ce que vous affirmiez, en 2007 ? Or donc, vous avez abandonné ce poste, oh certes, pour venir servir la France, vos compatriotes, mais peuvent-ils avoir toute confiance en un homme qui ne respecte pas ses engagements ? Comment pourrait-il croire un homme qui ne tient pas (sa) parole ?
Et puis, mais c’est détail, ce qu’il est assommant, ce DSK ! Je me souviens de son discours, le 9 novembre 2006, lors de la dernière réunion publique, à Toulouse/Labège, avant le vote des militants. Mais quel ennui ! Même Delors, c’est dire, était moins rébarbatif.
Alors qui reste-t-il ? Sinon Hollande !
Oh ! non, pas par défaut. Mais parce que c’est lui. C’est l’autre François. Aussi fin, aussi tribun, aussi impitoyable que Mitterrand. Dont, d’ailleurs, il a et prend quelques accents. Mais pour le savoir, encore faut-il l’avoir observé derrière un pupitre. Il les enfonce tous. Y compris Fabius. Il est redoutable.
Oui, c’est lui, le seul. Et de loin. Son programme est là, ficelé, mûrement pensé. Et il est prêt. Comme jamais.
Comment faire comprendre à des militants obsédés à faire chuter Sarkozy, que François Hollande est l’homme, non providentiel, mais l’homme de la situation ?
Comme leur faire comprendre qu’il les étonnera, eux, mais surtout et avant tout les citoyens volatiles, hésitants, qu’il emportera l’adhésion, parce justement, il sera une vraie, une grande révélation.
Celui qu’on n’attendait pas.
Et c’est eux, souvent, ceux qu’on n’attendait pas (ou plus), les (futurs) vainqueurs.
19:38 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, françois hollande 2012, primaires socialistes 2011, martine aubry, dominique strauss-kahn, hollande la chance du ps, plaidoyer pour françois hollande, la métamorphose de françois hollande, sondages d'opinion, comment battre sarkozy en 2012 ?, hollande l'homme de la situation, les mots doubs, françois mitterrand |
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