21 mars 2011
Nous Ne Venons Ni Protéger, Ni Porter Assistance Au Peuple Libyen
Un homme qui massacre son peuple ? Ça n’est pas supportable.
Du moins, la communauté internationale ne peut (plus) le tolérer. Or donc, il convient d’intervenir. Pour protéger la population de cette brute sanguinaire. C’est un devoir. Mieux : un honneur. Une fierté.
On aimerait y croire, n’est-ce pas ?
On aimerait.
Que Kadhafi soit un tyran, un dictateur, un fou, « un fils de pute » [1], ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais il fut « notre » tyran, « notre » dictateur », « notre » fou, « notre fils de pute ». Comme jadis Saddam Hussein. Qui, lui aussi, massacra son peuple, en 1988, à l’arme chimique. On dut s’en émouvoir, je suppose, à Paris, à Washington, peut-être même à Moscou, mais je ne me souviens pas que l’émotion fut telle qu’elle conduisit la communauté internationale à intervenir. Non, je ne me souviens pas qu’à l’époque quiconque ait songé à venir en aide, ou porter assistance, aux Kurdes que le pouvoir baasiste extermina copieusement.
La liste serait longue, celle des dictateurs soutenus, armés, financés par les occidentaux, ces dictateurs emprisonnant, torturant, mais aussi s’enrichissant sur le dos de leurs peuples, de Zine el-Abidine Ben Ali à Hosni Moubarak en passant par Laurent Gbagbo... Gbagbo, tiens, en voici un autre qui, en ce moment même, dézingue son peuple. En page 14 de nos quotidiens. Vingt-trois secondes dans les journaux de 20 heures (quand ils y pensent). Circulez, y’a rien à voir ! Démerde-toi Ouattara, l’Alassane adoubé par la communauté internationale. La Côte d’Ivoire, vois-tu, c’est ni le Koweït, ni l’Irak, ni la Libye. C’est pas très pétrolier, en somme. Ça compte pour nib. Même pas pour du cacao. La Côte d’Ivoire, c’est comme le Rwanda, le Darfour, l’Ouganda. On s’en cague, et comment, que l’Afrique noire soit dirigée par des salauds. Qu’elle crève à petit feu. Qu’elle agonise sous nos yeux.
Mieux encore : on s’en fout qu’elle s’islamise, y compris radicalement. Ça, c’est un point diablement intéressant, non ? Oh que si !... Car que ne nous a-t-on pas dit, n’est-ce pas, à propos des Moubarak et Ben Ali, et même Kadhafi et Hussein ? Que oui, c’est vrai, c’était des horribles dictateurs, mais que bon, c’était eux ou le fondamentalisme religieux de très mauvais aloi. Ils étaient comme un rempart. NOS remparts.
Tu veux que je te dise ? Ils nous coûtent cher, très cher, tes foutus remparts à la noix ! Mais bon, si enfin on peut refourguer nos Rafale, on n’aura pas fait le voyage pour rien. Parce que là, ils sont en démonstration les coucous au Dassault, c’est le Salon de l’Aviation comme qui dirait. Ah ça, on les voit à l’œuvre. Si demain le Brésil ne nous en achète pas toute une pétée, c’est à désespérer de tout.
Or donc, la communauté internationale fait dans l’humanitaire. Oyez ! Oyez ! Il s’agirait de porter assistance à la population civile libyenne. Tant c’est insupportable.
Plus insupportable que les bombes au phosphore balarguées sur les civils Gazaouis par l’aviation israélienne en janvier/février 2009 ? … Comment ?… Vous dites ?… Israël, c’est pas pareil ? Parce que c’est une... démocratie ?… Ils sont des nôtres ?… Pardon, j’avais oublié ce détail. Effectivement, ça change tout. C’est pas noté de la même façon.
La Russie, non plus … Quand elle intervient en Géorgie, la communauté internationale estime qu’il s’agit là, de la part des Russes, d’une « réaction disproportionnée ». L’inénarrable George W Bush Jr (à qui Sarkozy ressemble de plus en plus) avait même parlé d'une « violence inacceptable ». Mais il ne pipa mot, pas plus qu’Obama, quand le phosphore brûla Gaza moins de cinq mois plus tard. Là non, ce n’était pas « disproportionné », ni « inacceptable ». C’était de la légitime défense, donc.
Oui, disais-je en liminaire, on aimerait y croire. Mais faut pas nous prendre, non plus, pour des benêts de compète. Allons ! Qui peut croire que cette opération doucettement nommée Aube de l’Odyssée a pour but premier de protéger le peuple libyen ? Depuis quand la communauté internationale se soucie-t-elle de la souffrance d’autrui, qui plus est, arabe ? Oui, je sais, il y en a dans cette opération. Faut bien une caution. Mais à y regarder de près, ça se réduit à qui ?... Au Qatar. C’est-y pas ce pays qui, coup sur coup, vient de se voir attribuer la Coupe du Monde de Football 2022 et les Mondiaux de Handball 2015 à l’immense surprise générale ?... Ils sont bien occidentaux, dites-moi, ces arabes … Quant aux autres, il me semble qu’ils commencent à froncer méchamment des sourcils. Se demandant s’ils ne se sont pas fait rouler et sévère.
Ce qui est le cas.
Car les français, les britanniques, les américains, bref les occidentaux, n’en ont absolument rien à faire du peuple libyen et de ses insurgés de Benghazi. Il s’agit juste de reprendre le contrôle. Les occidentaux ont décidé d’intervenir non pour aider le peuple libyen, mais pour défendre leurs intérêts. Comme en 2004. En Haïti. Une leçon. Pour qui s’en souvient.
Jean-Bertrand Aristide, ça vous dit quelque chose ?... Début 2004, la communauté internationale décide qu’il doit partir [2]. Et pour bien le lui faire comprendre on envoya sur le sol haïtien (entre autres) des troupes françaises et américaines.
C’était drôlement magnifique. Très émouvant.
Il faut rappeler qu’américains et français étaient alors « fâchés ».
Nous avions décidé, un an plus tôt, par la voix de M. Chirac, suivie d’un discours mémorable de M. de Villepin au Conseil de Sécurité de l'ONU, de ne point intervenir en Irak. Nous conseillions même aux américains de ne pas le faire. Ce qu’ils firent pourtant, dès le 19 mars 2003. Avec le grand succès que l’on sait (combien d’attentats, quasi quotidiens, actuellement, sur le sol irakien ?).
En réaction, les américains boudèrent nos produits – comme on dit – on déversait nos vins dans les caniveaux, on boycottait notre foie gras, souillait notre drapeau. Et puis, voilà donc qu’un an plus tard, nous nous retrouvions dans un des pays les plus pauvres de la planète, Haïti, afin d’en chasser l’horrible Aristide, stabiliser le périmètre...
Je me souviens que l’on parla de « réconciliation franco-américaine » et d’avoir pensé tout haut :
« Ah, ben voilà ! Je sais désormais à quoi ça sert un pays pauvre : à réconcilier les pays riches ».
Mais je n’étais pas au bout de mes surprises.
Naïf comme trois Jospin, je pensais que nos soldats intervenaient en Haïti pour libérer les haïtiens, puisque les débarrassant de leur tyran. Que nenni ! Aux journalistes les questionnant sur leur présence en Haïti, les généraux américains et français eurent la même réponse.
L’américain déclara qu’il était là « pour défendre les intérêts des Etats-Unis d’Amérique » et le français « pour défendre les intérêts de la France ». Jamais ils n’eurent le moindre mot de compassion pour le peuple haïtien. Jamais il ne fut cité.
Eh bien, voyez-vous, il en va de même pour la Libye.
Il ne s’agit pas de défendre les intérêts du peuple libyen, mais ceux des américains, des britanniques, des français, etc.
Je ne sais où nous conduira cette guerre, encore une, mais je crois (j’espère) vraiment que nous le payerons cher. Très cher. Et ce sera amplement mérité. Au moins pour une raison : le cynisme épouvantable qui nous a conduit à soutenir des années durant des dictateurs sans jamais nous soucier de la souffrance des peuples.
Et l’on viendrait nous affirmer, aujourd’hui, qu’on s’en préoccuperait ?
Désolé, mais je n’y crois pas une seule seconde.
[1] C’est ainsi que le président Franklin D. Roosevelt qualifiait le dictateur nicaraguayen, Anastasio Somoza :
« Somoza est un fils de pute, mais c’est NOTRE fils de pute ».
[2] Ils sont nombreux, ceux à qui, la communauté internationale a demandé de « partir ». Tenez, Robert Mugabe, par exemple, triste tyran du Zimbabwe. C’était le 8 décembre 2008.
Il est toujours en place.
Vous me direz, depuis le début de l’année, il apparaît que certains peuples aient décidé de prendre eux-mêmes les choses en main en sommant leurs dictateurs de « dégager ! ». Pas sûr que la communauté internationale s’en réjouisse. Du moins, il ne me semble pas l’avoir entendue, ni vue, sauter de joie après les départs de Ben Ali et Moubarak. Au contraire… Quand vous pensez que Fillon a même été jusqu’à saluer la « décision courageuse » de Moubarak, on peut légitimement se poser quelques questions.
NB : une musique peut-être. Ne serait-ce pour adoucir ce merdier .... Allez, mets le son à fond !

18:05 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard, La Tristesse, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : libye, colonel kadhafi, aube de l'odyssée, résolution 1973, forces de la coalition, le pétrole libyen, communauté internationale, plomb durci, ligue arabe, intérêts des occidentaux en libye, fils de pute, prenez-nous pour des cons !, deux poids deux mesures |
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05 décembre 2010
Aubry, Les Primaires Et Le « Clapotis »
Il y a si peu – mais est-ce une surprise ? – à retenir de cet entretien, celui accordé par la première secrétaire du Parti (présumé) Socialiste au Journal Du Dimanche, hormis une vacherie et une tartufferie.
Or donc, la vacherie pour commencer. Elle vaut son pesant.
Faut dire qu’Aubry reprenant à son compte un terme employé par Nicolas Sarkozy, c’est salement jouissif, d’autant plus que ladite vacherie est destinée (en grande partie) à la dame de Melle, la Mitterrandienne à la petite semaine, laminée, faut-il le rappeler, par Sarkozy en 2007.
Bref, c’est du brutal.
Mais entrons dans le vif.
Que dit-elle au juste, Martine Aubry, quant à ces candidatures qui, avant l’heure (la sienne, ça on l’aura compris) prolifèrent ?
Eh bien, elle sarkozyse d’entrée, précisant que son rôle « n’est pas celui d’un commentateur politique », que « son devoir » est de « préparer la gauche (?) à gagner en 2012 » en maintenant « le cap » sans « se laisser distraire par le clapotis des vagues ».
Oui, vous avez bien lu, les « vagues » de candidatures, celles de Montebourg, de Royal, sont réduites à un « clapotis ».
Il va sans dire que le terme n’est pas innocent, il renvoie clairement (donc) à Nicolas Sarkozy, qui le 13 avril 2010 sur la chaîne américaine CBS, répondant à une question portant sur les rumeurs affectant son couple les avait qualifiées itou de « clapotis » :
« Tout ce petit clapotis n’a pas d’importance. Cela fait partie de la vie moderne, d’un système. C’est comme ça, il n’y a pas lieu d’en faire de commentaires. De toute manière on n’y peut rien. »
Il suffit de transposer, et vous comprendrez que pour Martine Aubry, la candidature de Ségolène Royal aux Primaires « n’a pas d’importance » et « il n’y a pas lieu d’en faire » le moindre commentaire. Cette candidature (et avec elle, la personne de Ségolène Royal) est aussi insignifiante qu’une « rumeur ».
Voilà ce qu’il faut entendre.
Entre autres. Tant le mépris qui suinte est grand. Si ce n’est la haine. Et celle-là, de haine, n’a rien de secondaire ..
Ce premier point en dit long sur la bonne ambiance qui règne au sein du Parti Socialiste.
Mais le second, qui concerne les Primaires et leur(s) mode(s) de fonctionnement, n’est pas mal non plus.
Que dit Aubry ?
En substance, ceci :
« C’est au printemps que nous présenterons le projet des socialistes pour la France (…) Je présenterai en janvier, après en avoir discuté avec tous les dirigeants, notre feuille de route et la façon dont nous allons travailler ensemble (…) Le calendrier a été fixé: en juin les candidats, à l’automne le vote. »
Or donc, qui décide du projet ?
La direction du Parti Socialiste. Et il doit, ce projet, être acté avant la désignation du candidat.
Mais alors, à quoi servent ces Primaires ?
Je vais vous le dire : à rien. C’est un simulacre. Une tartufferie.
Car, au fond, de vraies Primaires, ça ressemblerait à quoi ?
A des projets.
Portés par des candidats (ou des équipes). Ce qui n’est pas un non-sens. Chacun sachant qu’au sein de PS, il y a – et c’est normal – plusieurs courants d’idées. Et ils doivent, vu de ma fenêtre, s’exprimer afin d’être débattus, confrontés, jaugés.
En vérité, les électeurs devraient se prononcer sur le meilleur projet, non sur le meilleur candidat.
Ça, c’est l’idée que je me fais de vraies Primaires et, qui plus est, de la démocratie.
Or là, nous avons un projet et un seul, décidé par l’équipe dirigeante du PS.
Bref, nous sommes dans le même cas de figure qu’en 2006/2007. Avec le résultat que l’on sait, et les aveux (qui n’en étaient pas) qui suivirent, sur les 35 heures et le SMIC à 1500€.
Ce qui s’appelle, en bon français, « mettre la charrue avant les bœufs (ou les bourrins) ». Mais, on l’a bien saisi, à desseins ..
En d’autres termes, et pour être tout à fait clair, qui mieux que Martine Aubry (ou DSK) pourrait porter le projet du PS en 2012, étant donné que c’est elle et la direction du PS (et DSK) qui l’élaborent ?
Voilà ce qu’il faut entendre. Parce que c’est la logique même. C’est une évidence.
Enfin ! Qui, dans ces conditions, enverrait, une Royal ou un Hollande défendre un projet qui n’est pas vraiment le sien ? Au nom de quoi ? Au nom du « nous sommes tous des socialistes » ? Du « rassemblement » ? Allons ! Vous savez bien que ça ne marche pas, pas dans ce sens-là !
Voilà pourquoi je dis que c’est de la tartufferie, un simulacre.
Quant à l’aspect « démocratique » de ces Primaires, c’est de l’habillage. De la foutaise ! De l’attrape-couillons. Tout est verrouillé, le projet comme le calendrier. Faudrait être abruti au dernier des degrés pour ne pas le piger !
Dès lors, on comprend mieux pourquoi les candidatures de Montebourg, Royal, et même de Valls et autres Moscovici, sont, pour Martine Aubry (et la direction du PS) de l’ordre du « clapotis ».
CQFD.
Or donc, il n’y a pas de Primaires. Certes, il y aura un vote, mais depuis quand la démocratie (puisque c’est ainsi qu’on nous vend ces Primaires, comme le nec-plus-ultra de la démocratie et la preuve que le PS est un parti moderne – il est, là, permis de rire aux éclats ..) se résume à cela : une urne ?
Cette urne, voyez-vous, je la prédis funéraire, une fois de plus.

18:54 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (42) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, les primaires, le calendrier du ps, le projet du ps, le clapotis, royal est un clapotis, simulacre de démocratie, le ticket aubry dsk, aubry au jdd, 35 heures, smic à 1500€, il n'y a pas de primaires, prenez-nous pour des cons ! |
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24 juillet 2010
Et J’Inventai Le « Bouclier Retraite »
Ah, t’en veux de la justice sociale ? Eh bien je vais t’en donner, moi ! Et de la gratinée. De la copieuse. De celle qui fleure le “bon sens”. Non mais attends ! C’est qu’ils nous feraient avaler n’importe quoi, dis !
Mais entrons dans le vif.
Le bouclier fiscal, c’est quoi ? Mardi 20 juillet 2010, sur France Inter, Jean-François Copé nous en donnait une définition :
“C’est : personne ne paye plus de 50% de ce qu’il a gagné, en impôts”.
Refrain connu …
Et cette règle est valable pour tout le monde. Pour Madame Bettencourt comme pour Marcel, ouvrier à Panazol. Quand bien même le Marcel, il a peu de chance (si ce n’est aucune) que l’administration fiscale lui rende un trop-perçu sous la forme d’un chèque affriolant au cas où "il serait évalué" que notre limousin aurait craché plus de 50% de ce qu’il a durement gagné.
Mais bon, c’est aussi cela le “vivre ensemble” et la sacro-sainte “égalité des chances” dont on nous rabat les oreilles. Sur le papier, ç'a de la gueule, mais dans la réalité, c’est Bettencourt & cie qu’empochent l’essentiel dudit “trop-perçu”. Quant à Marcel, qu’il chiale pas, il lui reste une chance au tirage, celui organisé moult fois par semaine par la Française Des Jeux qu’est, soit dit en passant, étroitement maquée à l’Etat au .. détriment de Marcel … Or tous, nous le savons : 100% des Marcel ont tenté leur chance. C’est dire si le pognon entre, et à grands flots, dans les caisses de l’Etat et de son acolyte doué d’imagination en jeux-qui-te-plument-le-porte-monnaie-des-classes-moyennes.
Mais c’est aussi à Marcel que l’on chantonne :
“Cher ami, votre espérance de vie ayant drastiquement augmenté, vous comprendrez assez aisément que pour continuer à financer votre régime de retraites, vous allez devoir travailler plus longtemps.”
Vous noterez l’implacable logique de l’affaire : tu vis plus longtemps, donc tu dois bosser plus longtemps.
Mais vous noterez également, et comme c’est curieux, qu’à aucun moment, on ne propose une autre solution. D’autres pistes pour “sauver” le régime de retraites. Non, il n’y en a(urait) qu’une. C’est fort ! … Surtout, et encore une fois, pour un pays qui promeut à qui mieux-mieux le “vivre ensemble” ET “l’égalité des chances”.
Mais c’est pas fini !
23:44 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Opinion, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bouclier fiscal, bouclier retraite, justice sociale, espérance de vie, inégalités d'espérance de vie, pénibilité du travail, ensemble tout est possible, le travail comme seule valeur, nous sommes des vaches-à-lait, sauf madame bettencourt, prenez-nous pour des cons ! |
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16 juin 2010
Et Sébastien Renonça A Nous Pomper Le Dard !
[Article publié sous le titre de "Et Sébastien Vint Nous Pomper Le Dard" le 27 mars 2010 sur Refais Le Monde avec en sa queue, le renoncement dudit Sébastien en vidéo, ce mercredi 16 juin 2010, jour de ... "retraites" ... ]
Avant-propos [17 juin 2010] : "Monsieur Sébastien, vous dites que, oh ben ça alors, Internet, vous ne saviez pas qu'à ce point c'était une poubelle. Monsieur Sébastien, Internet est à l'image du monde. Ni plus, ni moins. Nous ne vivons pas dans le monde joyeux des Bisounours. Et le monde va mal, Monsieur Sébastien. Très mal. Ceci étant, vos arguments avancés (médias, Internet-poubelle), sont assez lamentables. Quand on croit en un combat, quand on s'engage, on tient ce combat, vaille que vaille. On se bat, comme chantait Ferré. Je constate que vous lâchez le manche, - et quoi que je pense de ce manche (on s'en fout) - pour des raisons merdeuses. Or, donc, j'en tire la conclusion, que cette initiative, le DARD, n'était rien d'autre qu'une opération promo. Car, encore une fois, quand on a des convictions, quand on pense qu'on peut être utile, on se bat ! Jusqu'au bout ! Et peu importe ce qu'on en dit. Aussi, je ne retire pas le moindre mot du billet écrit le 27 mars 2010. Vous venez de les valider par votre piteux renoncement."
Mais qu’avons-nous fait, bon sang, quelles sont nos fautes, sont-elles si grandes, pour que ce fut, lui, Patrick Sébastien qui vint à notre rescousse, brandissant un manifeste qualifié par ses soins d’humaniste, un manifeste nous invitant non pas à la révolution, eh non, mais à la révolte ! Sommes-nous donc à ce point maudits ?
Ah si j’avais su, et comme je le jure devant Dieu et cette République laïque et indivisible, je me serais mieux battu ! J’aurais donné de mon temps et de ma personne ! J’aurais donné mon sang, ma maison, ma femme, et ce qu’il me reste d’économies afin d’éviter cette triste issue : notre destin presqu'aux mains d’un “tourneur de serviettes” !
Comment ?
Je serais, vous dites, discriminant, hautain ou arrogant, en traitant monsieur Sébastien de “tourneur de serviettes" ? Mais, n’est-ce pas ainsi qu’il se présente et se définit ? N’est-ce pas cette image qu’il trimballe et défend ? Et encore, aujourd’hui, dans ce combat auquel il nous convie ?
Mais, bien évidemment, sinon, qu’il a le droit, ce saltimbanque, de monter au créneau ! Comme Pierre Arditi ! Lilian Thuram ! Ou je ne sais quel Patrick Bruel ! Comme n'importe quelle icône médiatique ! Là n’est pas le problème, ni la question ! C’est juste que bon, on eut préféré que ce soye un Voltaire, un Molière, un Hugo ou un Camus, et même, allez, tant pis, au point où nous en sommes, un Sartre ! Il est vrai qu’après Sartre, il y eut Montand ! A partir de là, et pour citer Gad Elmaleh (autre philosophe des temps modernes) c’était comme qui dirait “la porte ouverte à toutes les fenêtres” !
Cela dit, je l’avoue, j’en conviens, ça ne me va pas plus, même ça m’indispose et me dérange, ces Duhamel et autres Aphatie, tous ces confortables qui font la moue, celle du dégoût, lèvent les yeux au ciel, quand devant eux, on évoque, sourires entendus, Patrick Sébastien et son association à but non lucratif, le D.A.R.D. ! Car tel est le sigle - ou le signe de ralliement - dudit manifeste, un sigle qui, selon monsieur Sébastien, ferait et référence à l’écrivain, le Frédéric, aussi à la guêpe et son essaim. Pourtant, et comme c’est bizarre, dans ce D.A.R.D., on y voit ou entend également du Bigard, comme une connotation grivoise, pour ne pas dire graveleuse, celle qui vient du slip, allons enfants du pif et du calendos, à vos majeurs pointés, on va leur montrer, et leur mettre où je pense, franchouillis, franchouillas, nous voilà ! Une certaine idée de la France ! Celle qui fait "tagada pouet-pouet" ! Celle qui s’exprime le matin chez Bourdin & Co sur RMC Info ! Celle du “bon sens” nous assure Sébastien !
Quoi ? Je ferais là, encore, preuve de suffisance, de cynisme et de dédain ! Mais non, voyons ! Allons ! La vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder (ah ben puisque la télé est désormais religion, parole d’évangile, j’y pioche et j’y prends, puisque si bas, nous voilà rendus ou vomis).
Ailleurs, donc, mais où ? Mais j’en sais foutre rien, à la fin ! Personne ne le sait plus, à vrai dire. Du coup, chacun devient légitime. Tous les avis se valent. C'est la confusion totale. Plus de repères. Niquée, la lumière ! Et toi donc, Voltaire !
De fait, il n’est point étonnant, tant ça nous pendait au nez, et copieux, qu’il surgisse le camelot, le médiatique, le bateleur, le généreux, à grands coups de “Je” et d’altruisme conjugués ! Oyez, oyez, souffreteux, miséreux, exclus, bouillus et foutus, esgourdez donc c’te invitation à construire une société nouvelle, vidée de tout mépris, de toute suffisance, de cette salope qu’est l’indifférence ! Une société idéale où l’on ne te volerait plus tes libertés, sans le moindre abus de pouvoir, parce que, sais-tu, le pouvoir, c’est mal ! ... Bouh ! ... Le bien c’est : l’Amour ! Ami, entends-tu : “L’Amour” ! “Efforçons-nous” (puisque tel est le slogan du D.A.R.D.) d’essayer de “nous rassembler le plus possible pour que le pouvoir de l’Amour soit plus fort que l’amour du pouvoir !” .. Si avec ça, Patrick Sébastien ne détrône pas Yannick Noah (autre philosophe d’aujourd'hui) du Top50 des personnalités préférées des français, ou tout au moins, ne dépasse pas, la Joséphine, l’ange-gardien, la Mimie Mathy, je vous le dis, ce sera la chienlit !
Quoi, j’y vais un peu fort et méchant ? Plus encore que le Guillon (autre sombre héros des opprimés que nous sommes) ou que le Zemmour ? .. Ah bon ? .. Mais enfin, savez-vous donc ce que signifie ce sigle, le D.A.R.D. ?
Droit Au Respect et à la Dignité !
Voilà oui, rien que ça ! Ni plus, ni moins ! Et ce serait avec (ou par) Patrick Sébastien que nous retrouverions ce droit ?
Eh bien non !
Non, car fallait-il encore qu’auparavant, monsieur Sébastien se déloque, se défasse ou s’affranchisse, qu’il abandonne, un temps, ses autres mandats, les médiatiques, les télévisuels, afin de se consacrer TOTALEMENT à ce combat, cet engagement, tant il réclame du temps, de l’énergie, du corps et de l’esprit. Tant l’affaire est grave quand on le lit ! Mais si tel est le cas, la situation, alors, c’est à bras-le-corps qu’il faut y aller, s’y plonger, n’avoir aucune autre priorité que le D.A.R.D., pas jouer en parallèle le saltimbanque de cabaret, sinon, c’est pisser dans un violon, ou à la raie, la nôtre en l’occurrence.
Dites, ça relève moins du militantisme que du dilettantisme, votre affaire, à mi-temps, monsieur Sébastien ! Non ?
Oh bien sûr, cela ne lui aurait pas évité les sarcasmes, les quolibets et autres narquoiseries, tant elle lui colle, sangsue, à la peau, cette image de "tourneur de serviettes", animateur de fin de banquets, mais, il eut été moins aisé, s’il s’en était délaissé, ou écarté, un peu, de mettre son engagement, sa sincérité, en doute. Ou de s’en gausser.
Mais non, rien à faire, cette image, l’indécrottable, il ne veut s’en départir, et vlan ! Il te la colle, chewing-gum, à son manifeste, par un sigle avant tout grivois, digne du Bigard, le D.A.R.D., et comme c’est bizarre, on y lit moins du Frédéric ou je en sais quel essaim de guêpes que ce cri-ci :
”Vous nous l’avez que trop pompé, le dard !”
"Vous", ce sont les politiques, les élites (qu'on honnit à n'en plus pouvoir, aujourd'hui) les intellectuels (s’il en reste) les sociologues, les experts, les journalistes et toute la clique ! Avec notre D.A.R.D. on va vous en faire voir, mes saligauds ! Et profond ! Voilà ce qu’il est donné à entendre ! Et de fait, ce “populisme” dont on habille monsieur Sébastien et son initiative, n’apparait pas plus disproportionné qu’immérité !
Il aurait fallu, c'était nécessaire, je le répète, avant d’engager ce combat, de nous le proposer, que monsieur Sébastien se “décabarétise”, se “dépetit-bonhomme-en-moussise”, qu’il envoie valdinguer cette image, celle du "tourneur de serviettes", qu’il renonce à la grivoiserie, au majeur pointé et toutes autres allusions au gaudriolisme.
Qu’il se présente nu ou sous un jour nouveau, sérieux, grave, oui grave ! Puisqu’à l’entendre, la situation l’est.
Un combat, tel que celui-ci, monsieur, ce n’est pas du spectacle, de la magie ou du cabaret ! C'est du velu ! C'est une vie !
Mais puisqu’il n’a pas su, ou voulu se départir de cette image, puisqu’il a souhaité, mordicus, qu’elle l’accompagne, alors, déjà, par son manifeste, c'est lui, Sébastien qui nous le pompe, et grave, le dard.
Et franchement, vu où qu’on est, rendus - ou perdus - c’était vraiment pas le moment ! Ah ça non ! Ni l’endroit !
AJOUT du mercredi 16 juin 2010 :
Sébastien annonce la fin du D.A.R.D. précisant, dans cette vidéo, qu'il n'imaginait pas qu'Internet était à ce point "une poubelle" ..
19:51 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick sébastien, le dard, une révolte pas une révolution, manifeste humaniste, le boycott est notre arme, populisme, prenez-nous pour des cons !, exploitation de la misère sociale, fin du dard |
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07 juin 2010
Yade La Joie ! [Rions Avec Rama]
C’est donc cette femme au chapeau magnifique, là, en photo dans les tribunes V.I.P. de Roland Garros (aux côtés du PDG de France Télévisions), qui trouve l’hôtel des bleus “indécent” … (trop luxe, bling-bling, etc.)

[... Indécent, vaut mieux qu'un long discours ...]
AJOUT du mercredi 16 juin 2010 : Et voilà que le Canard Enchaîné nous en apprend une bien bonne !
Définitivement : ♫ Yade-la-joie ♫
10:02 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rama yade, roland garros, patrick de carolis, polémique autour des bleus, hôtel des bleus, bling-bling, luxe, indécence, prenez-nous pour des cons ! |
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06 juin 2010
“Le Capitalisme Est Une Saloperie”
Certains diront, mais enfin, mon cher monsieur, vous tombez de l’arbre ? Vous débarquez ou quoi ?
Que vous dire ?
Que c’est bien possible. Après tout ! Seulement voilà, je ne connaissais pas cet homme-là : Franck Lepage (photo). Je l’ai découvert, il y a quoi ? Une semaine, tout au plus, via Bénédicte Desforges [*]. Une vidéo. Un passage. Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu. Je dois même vous avouer que depuis Loïc Wacquant (et Noam Chomsky) je n’avais entendu discours aussi brillant.
Or donc, Franck Lepage. Dont vous trouverez un CV pour le moins sommaire à cette adresse. Franck Lepage, disais-je, de 2006 à 2009, s’est produit sur scène. Mais, ce n’est pas un spectacle, un one-man-show, ou du théâtre. Non. Du tout. C’est un travail. Une pensée. Un constat. L’essentiel de ce travail, du moins celui auquel, je veux, ici, faire référence, est dans son intégralité, si vous le souhaitez, et comme je vous le recommande, disponible sur Internet. Il est là.
Lors de ce travail, Franck Lepage nous parle de culture, d’Education nationale, de capitalisme, de fascisme, de salariat (de Shoah, même), et des mots qu’on “nous a volés”. Les mots, comme vous le savez, sont importants. Ils ne sont pas, jamais innocents. Nous sommes, depuis bien longtemps, et dans une contraction, et dans une falsification des mots. Et, comme de bien entendu, les médias, entre autres, sont, qu’ils le nient ou pas - peu importe, puisque c’est une réalité - le relais de cette contraction, de cette falsification, de ce vol. Ce que nous pourrions nommer l'Orwellisation de la société. Elle est marche, et depuis belle lurette.
Dans la vidéo que je vous propose, extrait du travail remarquable de Franck Lepage, tout commence par un plan de tomates. Et l’on se dit, mais c’est quoi, ça ? Où va-t-on ? Non mais, franchement .. Et puis, très vite, on comprend, on saisit, et ça s’emballe, et ça ne s’arrête plus. D’aucuns parleront de performance, de démonstration. A ceux-là, je leur dis, non, ni performance, ni démonstration. Certes, et tant mieux, ce que nous dit Franck Lepage, est tout à fait discutable. En tous les cas, il amène à une réflexion, et, si on daigne prendre le temps, à des commentaires. Pourvu, qu’ils soient éclairés, avisés, argumentés. C’est le moindre qu’on puisse attendre à la lecture de ce travail-là.
Je disais donc, tout commence avec un plan de tomates, et hop, voilà que surgissent Sarkozy, la culture, la gauche, le fascisme, le système, le capitalisme, la Shoah, Malraux, le gaullisme, le communisme, etc.
En précisant, et c’est important, que bien souvent, vous l'avez noté, l'on évoque le clivage droite-gauche ; ou plus précisément, certains, en s’exprimant, dans les médias essentiellement, prétendent le dépasser, ce clivage. En réalité, c’est complètement faux. Ils sont, et restent, partisans. Or ici, et c’est là – j’allais dire : le miracle !- oui, c’est là le miracle – allez, je l’ai dit – Franck Lepage, lui, dépasse totalement le clivage droite-gauche. Il est ailleurs. Il est avec nous. Encore, faut-il accepter de l’entendre.
Avant de vous laisser tranquillement, observer, écouter, penser cette vidéo (et les deux suivantes, en liens ci-après) et dans le seul souci d’aiguiser votre appétit, voici quelques extraits choisis :
”Il faut désormais que chaque individu ait la liberté de se faire exploiter où il veut, quand il le veut (…) Très vite (…) ce système fabrique des inégalités qu’il faut rendre légitime, acceptable, et donc, c’est l’école qui sert à ça (…) L’école est le système qui vous fait croire que votre place dans la hiérarchie sociale est le résultat de votre mérite scolaire ou de votre bonne volonté culturelle (…) L’école reproduit les inégalités (…) Vous avez 1% en 1945 de fils d’ouvriers à l’université. Vous avez 1% de fils d’ouvriers, en 2005, à l’université (…) Le théorème de l’excès de culture ( …) c’est d’expliquer que, contrairement à ce qu’il se raconte partout, les gens ne manquent pas de culture, ils ont trop de culture par rapport à ce que le système leur autorise d’exploiter (…) La seule vraie crise, c’est la crise salariale.”
Franck Lepage - “Incultures”
Je vous laisse en liens, comme précisé en amont, la suite de ce travail :
1 - “Vous n’aurez bientôt plus les mots pour penser négativement le capitalisme”
2 - “Le capitalisme est une saloperie”.
Ce qui m’amène à cet ajout, tiré de ces deux vidéos linkées. Que je soumets, là encore, à votre réflexion :
”Le management est la doctrine de l’exploitation. Quel était le mot le plus employé dans les ouvrages de management dans les années 60 ? Le mot : Hiérarchie. Quel est le mot le plus employé dans ces ouvrages de management à partir des années 90 ? .. Non .. Le mot “Hiérarchie” n’existe plus. Zéro citation. Non, le mot le plus utilisé, désormais, c’est : Projet ! Projet est LE mot de la doctrine capitaliste. On ne peut rien faire contre ça ! Vous pouvez combattre la hiérarchie, mais, si elle s’appelle : Projet ; vous n’allez quand même pas emmerder des ouvriers qui se réalisent comme créateurs dans le cadre d’un projet (…) Vous êtes persuadés que TOUT LE MONDE doit avoir des projets. Votre banque vous demande quels sont vos projets. Vous devez avoir un projet de vie parce que vivre ne suffit plus, manifestement. Et donc, cette saloperie de mot transforme tout ce qui bouge en marchandise sans que nous nous en rendions compte. Projet veut dire : produit (…) Le capitalisme est une saloperie (…) Il nous fait le défendre quand nous croyons l’attaquer et il utilise pour cela l’artifice d’un langage de pacotille, un langage de verroterie, de camelote, qui nous fait le désirer (…) Nous ne faisons que reproduire des rapports de domination en croyant faire le contraire (…) Mesdames et messieurs, on nous a volés des mots ! Nous allons droit dans le mur avec la plus grande générosité” [Franck Lepage]
[*] Bénédicte Desforges a publié le 4 mars 2010 "Police, Mon Amour" (Anne Carrière Eds)
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : franck lepage, incultures, capitalisme, crise du salariat, l'école reproduit les inégalités, le mot projet, doctrine du capitalisme, le capitalisme est une saloperie, prenez-nous pour des cons ! |
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16 mai 2010
Comme Ton Gouvernement, Le Salaire, Tu Baisseras
Ce qu’il y a d’épatant avec ce gouvernement, ce qu’on le voit venir de loin. Toujours, il utilise les mêmes ficelles. Les plus grosses, de préférence. Paraît que plus elles le sont, mieux ça passe (Dixit : Chirac).
Or donc, voilà que certains ministres annoncent que, “par solidarité”, ils sont prêts, les braves gens, à accepter une baisse de leurs émoluments.
Ami fonctionnaire (ou pas), ne vois-tu rien venir ?
Qui se souvient de cette réunion, incroyable, de notre gouvernement, à Versailles, un 28 juin de l’année 2009 ?
Ah, qu’elle était belle, la photo, ensoleillée, de cette fine équipe, bûchant un .. dimanche !
Oh bien sûr, il était question de plancher sur le Grand Emprunt annoncé par M. Sarkozy quelques jours plus tôt, n’est-ce pas, mais, nous, qui ne sommes en aucun cas des benêts de compétition, on l’a bien vu, le truc, énorme, tellement il crevait l’œil : le dimanche ! Ton gouvernement taffe un dimanche ! Tiens donc ! Un hasard, sans doute ! Au moment pile, où ce même gouvernement bataillait ferme, via son ministre du Travail de l’époque, l’auvergnat Brice Hortefeux, pour autoriser le citoyen à .. travailler le dimanche (sur la base, comme de bien entendu, du volontariat qui n’existe que dans la tête d’un ministre, tant dans la “vraie vie” ça ne se danse pas du tout ainsi !)
Et donc, rebelote cette semaine, alors que le mot de rigueur ne doit surtout pas être prononcé [*] et que dans le même temps, la Grèce vient d’annoncer – entre autres - un gel de toutes les retraites sur 3 ans ainsi que celui des salaires des fonctionnaires, suivie par l’Espagne où là, ce n’est pas un gel, mais une baisse de 5% du salaire des fonctionnaires (à partir du 1er juin, suivi, cependant, d’un gel en 2011) et du Portugal avec, là encore, une baisse des hauts salaires dans la fonction publique, des élus et des membres du gouvernement de 5%, notre bon gouvernement prépare la même douloureuse, mais en prenant soin, en amont, de “donner l’exemple”. Baissons nos rémunérations (13 471€ mensuels bruts pour un ministre, 12 124 pour un secrétaire d’Etat – je vous fais fi des divers frais, dits de fonctions, remboursés, et plafonnés, généreusement à 5837€/mois) ensuite de quoi, ma foi, comment se pourrait-il que "notre ami" le fonctionnaire ne suive pas le mouvement ? Hein ? Enfin quoi, ce serait bien le diable, si ce fonctionnaire ne se mettait pas, et fissa, au diapason ! Et par esprit de "solidarité", bien sûr ...
Finaud, non ?
Cela dit, ne soyons pas trop sévère, ou injuste, ce gouvernement montre moins l’exemple qu’il suit celui de ses voisins (qui rappelons-le, s’en sortiraient moins bien que nous).
Soit la Grande-Bretagne, avec un Cameron qui, allez hop, décrète un gel (décidément, c’est LE mot tendance du moment) des salaires des membres de son gouvernement pendant 5 longues années.
Soit, itou, l’Espagne, ou Zapatero a décidé, ce mercredi 12 mai, une baisse de 15% du salaire de ses ministres.
Or, comme je l’ai rappelé, cela s’accompagne, très souvent, du même traitement pour les fonctionnaires.
Or donc, pourquoi cela se passerait-il différemment en France ? “Au nom de quoi ?” comme aime à le dire M. Sarkozy, notre bon président, qui rappelons-le, lui, tel le Proglio (ou le Pérol) de base, à peine arrivé au pouvoir, s’est copieusement augmenté de 172% bruts, alors que, quelques semaines auparavant, le 21 septembre 2007 à Calvi, François Fillon déclarait que la France était “en situation de faillite” (comme quoi, ça ne date pas d’hier, comprendre : la crise a bon dos, parfois ..).
Cette proposition indécente, baisse de salaire des fonctionnaires, mais également dans le privé, n’est pas nouvelle. En février 2009, Le Figaro tâtait déjà le terrain. Et dans les faits, on pouvait l’observer, notamment en mai 2009, chez Hertz (ce qui ne choqua aucunement, Brice Hortefeux, bien au contraire, là encore, il s'agissait de "solidarité" autre mot-clé avec "gel" !)
Alors, je sais, certains parleront de populisme, de démagogie, voire d’irresponsabilités, mais je le dis et le maintiens : pourquoi serait-ce aux salariés de Grèce, d’Espagne, du Portugal, de France, et bientôt d’Italie, voire d’Allemagne et de Grande-Bretagne de payer pour des erreurs – et le mot est bien faible – dont ils ne sont en rien responsables ?
Comment peut-on oser nous dire que “la crise ne nous a pas coûté, un centime d’euro”, vu que, si il y a "gel" – ou baisse – des salaires, et que dans le même temps, augmentent taxes diverses et variées, électricité, gaz, carburants, etc., il est évident que nous sommes plus que perdants, que notre portefeuille sera moins gaillard ?
Encore une fois, pourquoi est-ce à nous de consentir à des sacrifices, toujours nous, et pas ceux qui sont les vrais responsables de cette crise ?
Combien de temps, encore, allons-nous accepter l’intolérable ?
Quoi qu’il en soit, l’affaire semble pliée, la douloureuse n’en finit plus de tomber, ces fonctionnaires qui devaient être “moins nombreux mais mieux payés”, vont devoir se serrer la ceinture, voire plus.
Et dans le privé, itou.
Même que, ça ne fait que commencer.
Bienvenue, citoyens et contribuables, dans une “République irréprochable” !
[*] Le 6 mai, François Fillon annonçait un “gel” des dépenses de l’Etat sur trois ans [2011/2013]. Le même homme qui, donc, nous avait avertis que la France était “en faillite”, le 21 septembre 2007.
D’où cette question à 1000€ :
Pourquoi ne pas avoir gelé ces mêmes dépenses dès 2007, ami sarthois ? “Au nom de quoi” ?
17:23 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rigueur, austérité, gel des dépenses, gel des salaires, baisse des salaires, les cocus de la crise, zone euro, prenez-nous pour des cons ! |
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16 janvier 2010
Ah Les Cons ! [Peillon, Besson, Le Pen & Chabot]
Ah, l’est content de son coup, médiatique, le Peillon. Pauvre rateux, triste couillon ! Comme Besson, l’est roi, de la désertion. C’est juste un “m’sieur Binet qui s’est débiné/Ca-bi-net !”. Et du coup, mon cochon, on a plongé sous-Marine. Dans le débat, inexorablement, nous baissons. C’est misère ! Pourtant, vas-y qu’ça glose, qu’ça jacte, qu’ça élucubre autour de l’épiphénomène, alors que ça ne mérite, si c’est désormais ça, la politique, le combat, la joute, que du mépris. Du “Allez tous vous faire foutre et plus vite que ça ! On n’est pas des loufiats !”.
Rien. Zéro. Ballepeau. C’est caniveau. Alors tant qu’à tirer vers le bas, je vidéo. Besson, Chabot, Le Pen et Peillon dans le même bateau. Sombre. Merde in France et caca haut !
Sans oublier, des cacahuètes pour l’apéro, merderie politique de bistrots ..
[“Ah Les Cons !” – Philippe Sage, 16 janvier 2010 ]
16:00 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vincent peillon, arlette chabot, marine le pen, eric besson, a vous de jugez, prenez-nous pour des cons !, l'ami caouette, gainsbourg |
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08 septembre 2009
Le Virus De La Connerie
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C’était fin de matinée. Il était 11h47, et tout à coup je lui dis, je lui annonce que je dois sortir.
Elle me regarde, hébétée, comme sonnée, puis, me demande pour quelles raisons.
Je lui réponds que j’ai une carte à poster, ma mère, et pis que merde ! j’aimerais bien savoir à quoi il ressemble, le “nouveau” Libération.
- Et à ton avis, me dit-elle, il ressemble à quoi ?
- Oh, sûrement à rien, je fais. Mais c’est juste pour en avoir le cœur net ! [*]
Alors elle se précipite vers moi, me serre fort dans ses bras, me dit des mots que jamais encore elle n’avait prononcés.
Ah, j’vous jure que j’en avais l’estomac tout retourné, que j’ai bien failli renoncer. Mais non. C’était plus fort que tout, que nous, fallait que je sorte.
- Sois prudent, mon amour qu’elle a dit dans un sanglot.
J’ai promis que je le serais, qu’elle pouvait compter sur moi, que de toutes les façons, j’avais mon portable, que tout irait bien.
On s’est fait un signe de la main comme dans les films qui sont américains et, après un ultime regard, j’ai pris mon courage à deux mains, et je l’ai fait. Du domicile conjugal, je me suis extrait.
Chemin faisant, en moi-même je pensais que c’était misère de raser les murs par un si beau temps. Que ce serait tellement mieux de danser sur le bitume. Sourire aux passants. Dire bonjour à la dame. Seulement voilà, j’avais promis d’être vigilant. De faire gaffe. Quand bien même, il n’était qu’à 800 mètres, le marchand de journaux. La boîte aux lettres.
Tout allait bien, quand soudain, à mi-parcours, j’entendis des cris.
Je me dis que non, ah non, ça n’était pas possible, ça ne pouvait être ce que je croyais. Mais si. C’était bien ça ! Sur ma gauche, je la vis. L’école ! Avec en son préau, des enfants ! Des enfants par dizaines, hurlant et gesticulant ! Des mômes de même pas dix ans gigotant et courant ... EN LIBERTÉ !
Alors elle me prit, la panique. Et la colère aussi !
Une école ! … OUVERTE … ! En pleine pandémie de grippe A ! Non mais ça va pas ? Mais c’est de l’inconscience ! Un crime contre l’humanité !
Je me mis à courir comme un dératé en direction de la maison, sûr que j’ai dû battre un record du monde, celui du 280 mètres papillon à la course à pied, et je criais, criais, criais :
- Roooooselyne ! Putain Roselyne, vient m’aider ! J’vais choper la grippe porcine ! J’vais mourir ! … Aaaaaah … ! Mon Dieu ! Mais t’es où ? T’es où Brice Hortefeux et tes hommes en bleu ?
Tu es sortie, affolée. Tu m’as demandé ce qu’il se passait. Je t’ai dit que j’avais croisé une école, une école ouverte, avec tout un tas d'enfants en liberté. Que sans doute, il était trop tard, que déjà, j’étais contaminé de la tête aux pieds.
Alors vite, nous sommes rentrés, nous avons tout fermé, à double-tour. Sauf le chien. Qu’on a foutu dehors. Dès fois que.
J’ai dit que je boirais bien un petit verre de quelque chose pour me remettre de c’te histoire. Tu m’as accompagné. Et nous l’avons tuée. La bouteille de Paracétamol.
Puis, le silence s’est installé. Doucement.
Tu m’as regardé. Longuement.
Avant qu’elle n’augmente, tu as allumé une cigarette, et, dans un mouvement de cheveux, tu as dit :
- Dis-donc, Philippe, y’a comme une question qui m'vient, là ...
- Ah oui ? .. Et .. Laquelle ?
- Eh bien, je me demande si avec cette grippe A, tout ce ramdam médiatique, nous ne serions pas, par le plus grand des hasards, en train de devenir complètement cons ..
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
- Par là, je veux dire qu’on serait en train de nous inoculer le virus de la connerie, que ça ne m’étonnerait guère …
- Tu crois ?
- J’en ai bien peur ..
[*] Bingo ! Comme je le pensais, le "nouveau" Libération ne ressemble (quasiment) à rien. Ils ont juste changé la police de caractère …
14:19 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : h1n1, grippe a, pandémie de l'indécence, marc gentilini, la france en fait-elle trop avec la grippe a ?, écoles fermées pour cause de grippe a, prenez-nous pour des cons ! |
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16 août 2009
Reprise ? What Reprise ?
Or donc, il suffit que le PIB fasse un petit prout au delà de zéro (+0.3% pour le second trimestre 2009) pour que Mâhâme Lagarde se la pète (léger, mais se la pète tout de même) sur tous les médias (bien complaisants) de ce pays. A l’entendre, ce + 0.3% serait la preuve que le gouvernement a pris les bonnes décisions, que son plan de relance serait le bon. Si tel était le cas, alors comment se fait-il que ce “rebond” de croissance constitue, pour elle comme pour tous les spécialistes, une “énorme surprise” [1] ?
Ce terme, celui de “surprise”, avait déjà été employé (et c’est le cas de le dire) pour qualifier la (présumée) baisse du chômage en juin dernier. A croire que c’est le nouvel axe de communication de ce gouvernement : ah ben ça alors, non mais si on s’attendait, vous vous rendez compte, une croissance positive, le chômage qui baisse, et tout ça en pleine crise, la pire-que-le-monde-ait-connue-en-un-siècle !! Non mais quelle surprise ! (sous-entendu : nous sommes vraiment très très forts et très très efficaces, ne trouvez-vous pas ?).
La “surprise” doit être totale, en effet, pour les gars de Molex, Continental et consorts. Pour les 400 000 (record historique) qu’ont perdu leur emploi entre le second trimestre 2008 et le second trimestre 2009. Ils doivent, d’où ils sont, soit dans les méandres infernaux du Pôle Emploi [2] l’apprécier, cette double “surprise”. Et je vous passe ces petites entreprises qui elles, en connaissent une autre, de “surprise”, une bien gratinée, celle que leur réserve le banquier, celui que le gouvernement a sauvé des eaux en septembre dernier, même que ça ne nous aurait pas, de notre poche, coûté un seul euro, le banquier qui les envoie copieusement péter, ces petites entreprises, quand, parce que la crise, elles viennent le trouver pour mendier des fonds, pas grand chose, le strict nécessaire à leur survie.
Ah comme tout ceci est parfaitement huilé !
Cela fait des mois et des mois qu’on nous dit la crise-ceci, la crise-cela [3] des mois et des mois qu’on nous bombarde de prévisions négatives, de sombres perspectives, quand bien même nous promet-on que de cette crise, nous sortirons plus forts. Oui, cela fait des mois qu’on nous prépare au pire, on ne cesse de nous le mâcher, rabâcher, ce pire, tant et si bien qu’à force nous nous sommes faits à cette idée que bon, d’accord, les carottes sont cuites, tant et si bien que voilà, nous y étions, résignés ou presque, à attendre la suite, un tsunami social. Ah oui, comme tout ceci est parfaitement huilé, pensé, maîtrisé ! Car en lieu et place de la grande catastrophe que l’on nous avait prédite, voilà-t-y pas que, ô “surprise”, en cette période où le rosé est roi, du rouge nous sortons ! T’attendais pas, hein ? Eh ben quoi, souris, nom de Dieu !
Et alors le timing, impeccable ! C’est au plus fort de l’été, des chassés-croisés, des images de vacanciers, que l’on vient t’informer que le pays retrouve des couleurs, qu’il se redresse, qu’il a de nouveau la gaule, qu’il bande, “énorme”, à + 0.3%.
Et tu voudrais, avec toutes ces belles “surprises”, foutre le feu à la rentrée ? Tu voudrais, alors qu’elle agonise, la récession, manifester, défiler, séquestrer, ton usine faire sauter ?
Car c’est bien de cela, dont il est question : préparer la rentrée. Étouffer toutes velléités de révolte. C’est à cela qu’elles servent, les “surprises”. A déminer le terrain. Et poursuivre, doucement, mais sûrement, les réformes : la taxe carbone (un impôt déguisé ..), le recul de l’âge de départ à la retraite, la suppression du juge d’instruction et de la taxe professionnelle. Le grand emprunt. Et, tu verras, l’assurance-maladie. La douloureuse ..
Voilà à quoi servent les “surprises”. A taire la colère. Ose la manifester, demain, à la rentrée, alors que l’on te dit que le pays sort de l’ornière, et l’on te montrera du doigt ; l’on t’accusera même, va savoir, d’anti-patriotisme. Tu passeras, aux yeux de l’opinion, pour un renégat, un rabat-joie, un trouble-bonheur.
Voilà l’histoire qu’on nous prépare. C’est du grand art.
En vérité, il n’y a pas plus de “surprises” que de reprise (sinon celle du championnat de France de football. Et, aussi, de rugby ..).
Il fut démontré que de baisse du chômage en juin dernier, il n’y eut pas. Au contraire.
Quant au “rebond” de croissance, il est conjoncturel. Mécanique. Un vulgaire pet de lapin. A peine dû au fameux plan de relance. Celui qui va nous coûter bonbon, dans les années à venir. Parce que ce plan, c’est nous qui le paierons, un jour. Pas ton banquier. Lui, il s’est déjà copieusement renfloué. Pour lui, oui, la récession, c’est fini. Mais seulement pour lui. Pour nous, elle ne fait que commencer. Mais ça, c’est tout sauf une “surprise” …
[1] Eh oui, + 0.3% c’est une “énorme surprise” ! Comme quoi, nous n’avons pas les mêmes valeurs ..
[2] Fusionner l’ANPE et l’ASSEDIC par temps de crise, ça, c’est la bien mauvaise surprise que le gouvernement a mitonné pour les chômeurs. A tel point mauvaise, que lassés, certains renoncent à leurs droits ..
[3] A noter que l’on nous conditionne de la même façon en ce qui concerne le virus A/H1N1. On nous prépare chaque jour à la catastrophe. De sorte que, si elle ne survient pas, ou si elle est moindre que prévue, là aussi, comme pour la crise, on nous jouera la comédie de .. la bonne “surprise” !
18:43 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la france est sortie du rouge, la france sort de la récession, inattendu retour de la croissance, retour surprise de la croissance, hausse conjoncturelle de la croissance, propagande, bourrage de crâne, prenez-nous pour des cons ! |
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