02 juillet 2011
Marine Le Pen Ment
Dans un entretien publié sur le site de France-Soir, le 1er juillet 2011, Marine Le Pen revient sur l’affaire DSK suite aux révélations du New York Times quant à la crédibilité des accusations portées contre l’ex-Directeur Général du FMI.
Entretien qui commence très fort, puisque par un mensonge :
« Je ne me suis jamais prononcée sur le fond de cette affaire parce que je suis avocate et que je sais combien ces dossiers sont complexes. » Affirme la Présidente du Front National.
Faut-il lui rappeler les propos qu’elle tint, le jour même de l’arrestation de DSK, sur RMC, BFMTV, RTL, etc., et plus encore dans une vidéo postée sur le site du Front National ?
Une vidéo en date du 23 mai dernier, où Marine Le Pen bafoue allégrement la présomption d’innocence (à laquelle elle se dit pourtant « profondément attachée ») et dont voici les extraits les plus remarquables.
« La stupeur non encore dissipée, le système s’est remis immédiatement en marche pour gérer le cataclysme, pour orienter l’opinion publique vers le déni de réalité avec une absurde théorie du complot (…) Durant cette semaine, jamais les français ne furent publiquement invités à s’interroger sur la gravité de l’acte supposé, sur ce que cette affaire disait de nos pratiques politiques et les déficiences de notre démocratie. »
Si Marine Le Pen prend soin de préciser « supposé » quand elle évoque « l’acte », une ligne en amont elle fait mention d’un « déni de réalité » (mais de quelle « réalité » parle-t-elle ? Qui la connaît, ce 23 mai ?) puis, une virgule plus loin, la voilà suggérant que « cette affaire » est révélatrice (?) de « nos pratiques politiques » et « des déficiences de notre démocratie ».
Outre qu’elle n’est pas, là, dans le conditionnel, mais dans l’affirmation, en quoi, « cette affaire » dit quoi que ce soit sur « les déficiences de notre démocratie » ?
Quel est le rapport avec la choucroute ?... Patience, ça arrive…
… Mais avant d’y venir, notons ébaubis qu’elle réfute toute « théorie du complot », la qualifiant même « d’absurde ».
Or que dit-elle, plus aval dans cette vidéo ? Ceci :
« Nicolas Sarkozy, de son côté, malgré la parfaite connaissance de la situation, a promu une personne vraisemblablement perturbée à la tête du FMI, peut-être par machiavélisme, dans l’espoir de faire tomber un adversaire, peut-être simplement par intérêt personnel, pour éloigner Dominique Strauss-Kahn de la présidentielle. Dans tous les cas, Nicolas Sarkozy est gravement coupable d’avoir joué avec l’image de la France en prenant le risque de nommer, à la tête d’une institution qui engage l’image de notre pays, un personnage pareil. »
Diantre ! A la lecture de cette prose, on entend quoi ? Sinon que Sarkozy est un fieffé comploteur. Ou, au minimum, un diabolique calculateur. Mais n’est-ce pas idem ?
Ainsi donc, Marine Le Pen ne croit pas au complot, mais nous en décrit un, totalement « machiavélique », tout droit sorti de son esprit, étayé par rien, ne reposant sur aucun fait avéré, aucune preuve.
Marine Le Pen (qui, là encore, n’est pas dans la supposition, mais dans l’affirmation) va même jusqu’à l’accusation. Non seulement elle accuse le Président de la République d’avoir ourdi afin de se débarrasser d’un adversaire politique, mais qui plus est, elle affirme qu’il savait que Dominique Strauss-Kahn était « une personne vraisemblablement perturbée » (Ce qui, en creux, signifie qu’elle le pense, DSK, « vraisemblablement » coupable des faits qui lui sont reprochés).
Mais au fait, qu’est-ce qui permet à Marine Le Pen de penser que DSK est « une personne vraisemblablement perturbée » ?
Il faut revenir à ces différentes déclarations du 15 mai dernier, pour le savoir.
Ainsi, celle-ci, sur RTL :
« La vérité c’est que, et vous le savez pertinemment bien, tout Paris – le Paris journalistique, le Paris politique – bruisse depuis des mois des rapports légèrement pathologiques que Monsieur Strauss-Kahn semble entretenir à l’égard des femmes ! ».
« La vérité », dit-elle… Et elle repose sur quoi cette « vérité » ?
Des « bruissements ».
Or donc, des rumeurs.
Depuis quand des « rumeurs » font-elles une « vérité » ?
Luc Ferry n’est qu’un enfant de chœur, à côté de Madame Le Pen…
Ces rumeurs, elle nous les ressert copieusement dans cette vidéo du 23 mai :
« Beaucoup savaient pertinemment que Strauss-Kahn n’était pas, comme on le présentait, un séducteur, mais un harceleur ; non pas un homme qui aime les femmes, mais un homme qui en fait l’objet de pulsions qu’il ne peut apparemment contenir. »
On sent foutrement dans cette phrase, combien Marine Le Pen est « très attachée » à la présomption d’innocence (« … pulsions qu’il ne peut apparemment contenir. »). Mais passons…
« Beaucoup savaient » qu’elle nous bonnit…
Nicolas Sarkozy donc, le « Tout Paris », mais qui d’autres ?...
Madame la procureure Le Pen, n’hésite pas à gravement nous éclairer :
« Ses proches, comme ses amis politiques socialistes, n’en ignoraient rien, mais n’ont rien dit. Et surtout, beaucoup plus grave, ils n’ont rien fait. Par ambitions personnelles, ils s’apprêtaient, au contraire, à tout faire pour qu’il soit le Président de la République Française, et donner ainsi à cet homme des pouvoirs exorbitants, et l’honneur de représenter notre pays dans le monde, mais quelle folie ! ».
« Quelle folie ! » de « donner » à un « personnage pareil » ne sachant contenir « ses pulsions » les clés du pays ; un homme qui n’est pas « un séducteur mais un harceleur »... La présomption d’innocence en reprend un (sale) coup…
Rappelons, au passage, que ce sont les électeurs qui décident du choix du Président de la République via une élection. Pas « les amis politiques socialistes » de Monsieur Strauss-Kahn... Madame Le Pen a, « vraisemblablement », quelques « déficiences » concernant le fonctionnement de notre démocratie.
« Ils n’ont rien dit » ?... Mais « rien dit » à propos de quoi ? Que DSK pouvait être un présumé violeur, par exemple ?... Je n’entends que cette insinuation dans ce : « Ils n’ont rien dit ». Quoi d’autre(s), sinon ?
Et donc ?
Et donc pour « n’avoir rien dit » et « rien fait » ils sont… (tadam !) « Complices ». Soit : les « amis de DSK », ses « proches », Nicolas Sarkozy, etc., mais itou, les médias :
« J’ai, dès les premières minutes de l’affaire, tenu à dénoncer l’omerta de la classe politique et médiatique qui préservaient un silence complice autour des penchants, peut-être pathologiques, de Dominique Strauss-Kahn ».
On résume : selon Madame Le Pen, ce qui s’est passé dans la chambre 2806 (et dont on ne sait toujours rien) le « Tout Paris », les médias, Nicolas Sarkozy, les « amis » et les « proches de DSK » en sont, peu ou prou, responsables.
Mais au fait, quid de cette « simple femme du peuple, certainement brisée, et aujourd’hui terrée » qu’est Madame Diallo ?
Voilà ce qu’en disait Marine Le Pen, le 23 mai :
« Ce qui m’a profondément choquée, ce qui a profondément choqué les nombreuses personnes qui me l’ont dit, c’est qu’il n’y a pas eu un mot pour la victime, pas un mot pour la jeune femme ».
« La victime »… C’est clair, non ?
D’un côté le « harceleur », de l’autre la « victime ».
Madame Le Pen qui se targue d’être avocate devrait savoir que tant que la justice n’a pas établi la vérité, il n’y a pas de victime, mais : une plaignante.
Tant que le verdict n’est pas tombé, on ne peut dire qui est la « victime ».
En qualifiant Madame Diallo de « victime », Marine Le Pen désigne, encore une fois, et en creux, « le milliardaire Strauss-Kahn » comme potentiellement coupable.
Certes, elle y adjoint de l’« apparemment » mais annulé par du « vraisemblablement ».
Emportée par son élan, elle ne s’arrête évidemment pas là… Et voilà qu’on revient à notre invraisemblable choucroute.
« Ce scandale mérite à l’évidence, un complet décryptage. Parce que cette affaire a mis à nu le système, a mis en lumière ses mensonges, a dévoilé ses connivences profondes. Cette affaire qui nous saute à la figure, nous invite, plus que jamais, à ouvrir les yeux sur nos prétendues élites, sur leurs insupportables privilèges. »
Puis d’asséner :
« En France, l’affaire DSK n’aurait probablement jamais été portée à notre connaissance. »
Vraiment ? Dresser la liste des « puissants » traduits en justice, celle de notre pays, serait pour le moins fastidieux, mais rappelons juste à Madame Le Pen, qu’un sénateur socialiste, Monsieur Jacques Mahéas n’y a pas échappé.
Mais, puisqu’elle évoque un « décryptage », eh bien décryptons…
Au vu de ses propos, or donc la concernant, c’est du limpide. Tant cette vidéo du 23 mai « met à nu » Madame Le Pen…
Ce « qui nous saute à la figure » c’est que, en vérité, Marine Le Pen est une menteuse. Car, bien sûr que si, et contrairement à ce qu’elle affirme dans France-Soir, et ainsi que cette vidéo le démontre, elle s’est (bien mal) « prononcée sur le fond de l’affaire ».
Bafouant, plus d’une fois, la « présomption d’innocence » au soi-disant bénéfice de « la présomption de sincérité ».
De surcroît, elle aura accusé : Nicolas Sarkozy, le « Tout Paris », les médias, la classe politique dans son ensemble, etc., de « complicité » (de viol, en l’occurrence, et entre autres...).
Bref, avec Marine Le Pen, on aura surtout touché le fond.
Celui qui remugle.
NB – Pour rappel : « Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique ».
00:14 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (95) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire dsk, marine le pen, france-soir, présomption d'innocence, présomption de sincérité, déni de réalité, marine le pen ment, la rumeur, les accusations de marine le pen, dsk libéré sur parole, déclarations de marine le pen, marine le pen vs dsk |
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20 mai 2011
Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique
Un naufrage. Voire : pire que ça. Car, oui, c’est bien le fond du fond que nous avons touché. A tous les niveaux. Presse, radio, télé, Internet, etc. Rien, ne nous aura été épargné. Un déluge de commentaires délirants, quand ils n’étaient pas graveleux, à vomir. Ils sont peu ceux qui ont su se tenir. Ils sont rares ceux qui ne se sont pas mêlés à la meute. Mais qu’à cela ne tienne, la « page tournée », ils remettront ça, à la prochaine « affaire » tant la mesure, la distance, l’éthique, la dignité, bref, tout ce qui fait qu’un être soit un tant soit peu civilisé, sont des notions qui leur sont étrangères.
La décence, savez-vous ce que ça signifie ? Ou avez-vous tout oublié ?
Comment peut-on se « vautrer » de la sorte en élucubrations, sous-entendus, accepter de se ruer, en masse, comme des chiens, vers le premier micro tendu ?
De Joffrin à Rioufol, de Schneidermann à Plenel, de Domenach à Franz-Olivier Giesbert en passant par le "troussage" de Jean-François Kahn, la liste serait longue, quasi interminable si l’on y ajoute les pauvres déclarations de nos hommes politiques de tout bord. Tous se sont compromis. Dans des propos parfois obscènes, déplacés, insupportables.
Que l’homme de la rue y aille de son commentaire indigent ne relevant que d’un ressentiment personnel, particulièrement étriqué, nauséabond, ainsi que l’internaute (qui n’est pas si différent de l’homme de la rue) éjaculant, confortablement planqué derrière son pseudonyme, lui qui prend comme un malin plaisir à faire de l’Internet une véritable poubelle, un terrible déversoir, c’est pas qu’on finit par s’y faire – comment le pourrait-on ? – on le déplore, et comment ! Mais que des responsables politiques, journalistiques et tutti viennent sur des plateaux de télévision nous tenir des propos ineptes, débattre ( ?) dans un brouhaha dégueulasse, au mépris de tout, parce qu’ils « savaient », se « doutaient de », c’est abject… Mais ils « savaient » quoi, ces gens-là ? Allez-y, déballez, donc ! Mettez tout sur la table ! Les mails, les coups de fil, faites-vous les échotiers des égouts. C’est vrai que c’est le bon moment. C’est précisément maintenant qu’il convient de le faire, n’est-ce pas ?
Non mais, entendez-les, les chiffonniers, rappeler la « présomption d’innocence », et, dans la seconde suivante, la bafouer. Entendez-les, ces misérables, parfois les mêmes, avoir un mot pour la « victime », cette « femme de ménage de 32 ans », puis gloser à l’envi, s’étripant, s’interpellant, alors qu’il faudrait faire silence.
Mais ce sont eux, savez-vous, qui demain, viendront nous faire la leçon, toujours, encore, désignant Internet comme le mal absolu, cet espace où tout est permis, même l’innommable, alors que par leurs élucubrations, leurs scoops à balle deux, puant le rance et la rancœur, ils nous auront offert un équivalent télévisé, radiodiffusé, écrit... Un spectacle pitoyable, où l’intelligence est bannie, où seuls les instincts primaires ont droit de cité.
On eût pu espérer – allez savoir pourquoi ! – que les femmes soient plus mesurées, mais même pas ! C’est à pleurer, Clémentine Autain ! Véritablement à pleurer. Car, encore une fois, ce n’est pas le moment. Ayez au moins, les un(e)s, les autres, la stricte décence d’attendre le verdict. Avant de vous précipiter sur la « bête ».
Le verdict !
En d’autres termes que la « justice fasse son travail ». Est-ce trop demander ? De savoir se tenir. D’être responsable.
Vous n’êtes pas dans vos salons, vous n’êtes pas à table en train de bâfrer, vous tenez des propos publics. Vous n’étiez pas dans cette chambre 2806. Vous ne savez rien. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a sept chefs d’accusation d’un côté, et de l’autre un homme qui les réfute. Point barre. Quand le verdict tombera, alors, peut-être, il sera possible d’en parler, voire d’en débattre, calmement. D’en tirer, le cas échéant, des « leçons ». Mais avant, c’est obscène. C’est flatter, quoi que vous en disiez, les instincts les plus vils. Les pensées les plus primaires.
Ne venez plus nous parler de populisme, s’il vous plaît ! Vous vous en êtes fait, ces derniers jours, les hérauts.
Ne venez pas nous parler de Baudis, de Bérégovoy. Tant à l’époque, là non plus, vous n’aviez pas fait silence. Elucubrant, pensant que, et si, sait-on jamais, etc.
Oui, vous êtes des « chiens ». La caravane du malheur passe, mais vous, vous restez. Aboyant, plus que jappant. Course à l’audience aidant. Et vos livres, qu’il faut vendre !
Et s’il est un verbe que je retiens, c’est « vautrer ».
Vous vous vautrez et vautrerez encore demain. Car vous n’avez aucune éthique. Plus rien de digne. Vous ne retenez rien, du passé, vous êtes fats, suffisants, croyant détenir la vérité, mais cette vérité, c’est la vôtre, elle n’a aucun intérêt, sinon celui de vous servir. Car ça, c’est votre taf. Vous servir ! De tout. Même du malheur. Rien ne vous arrête.
Sept chefs d’accusation, un homme qui les réfute, et... « et vous comprendrez donc, aisément, que nous n'irons pas plus loin dans le commentaire de cette affaire ». Voilà la phrase la plus appropriée que j’ai entendue jusqu’à présent. La seule. C’est le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qui l’a prononcée... Je note que le président de la République aura – pour une fois – su garder le silence. Qu’à ce jour, il ne se sera pas mêlé à la « meute ». Et peu importe ce qu’il en dit, en privé. Il est question de « parole publique ». Il est question de ce que vous donnez à voir, à lire, et entendre.
Je disais, en liminaire, que c’était un naufrage. C’est au-delà.
Véritablement innommable.
16:55 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, La Tristesse, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire dsk, décence, présomption d'innocence, les chiens, propos obscènes, commentaires sur l'affaire dsk, déclarations sur dsk, chefs d'accusation, verdict, justice, course à l'audience, livres à vendre, lynchage médiatique |
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10 février 2011
Ennemis «Jurés» Des Magistrats Et De La Justice
Ah ! ça par exemple ! Qui l'aurait cru ? Non mais lisez donc : deux tiers des français soutiennent les magistrats. Et c'est « exclusif », qu'on nous assure... C'est magnifique, non ? ... Les sondages. Oui, car c'en est un. Bichonné (via Internet) par l'institut BVA (du 8 au 9 février 2011) ... En attendant que l'OpinionWay vienne le modérer dans les grandes largeurs. Comme souvent .. Les sondages ! c'est de la température, de l'anale, ça vaut pas tripette. Le citoyen eut été consulté un 24 janvier, et la musique n'était pas la même. Là, c'était la curée, l'hallali. Y'avait qu'à traîner sur le Net, justement, dans les pires recoins de ses forums, c'était édifiant. Les juges, les magistrats, le citoyen voulait tout bonnement les pendre. Ou quasi.
Et puis, ça veut dire quoi : deux tiers des français soutiennent les magistrats (qui ne sont plus que 32% chez les « sympathisants » de droite, c'est à noter en gras et rouge) ? Concrètement ? ... Qu'ils vont itou manifester ? Se joindre au mouvement ? Afin d'aider la Justice à obtenir ENFIN les moyens « de faire son travail » (comme dit le politique) ... Ou rester cul assis en attendant que ça (se) passe ? Avant de, plus tard, au prochain drame, dire et redire pis que pendre de la magistrature ... Ces citoyens, les plus impatients d'investir nos tribunaux en tant que jurés populaires, ce n'est sûrement pas un sondage qui va les effacer. Ils sont bel et bien là. Ignorant tout de la réalité du monde judiciaire. Pis : ne voulant rien savoir, constamment dans le déni. Pourtant cette réalité est incontestable, même qu’elle est chiffrée, publiée, lisible et visible par tous. Pour qui veut bien s’en donner le temps ..
Or, il est là le hic : le citoyen-justicier, le futur juré populaire, ne prend pas le temps de s’informer correctement. Et Sarkozy le sait bien. C’est, pour lui, pain béni, porte ouverte à toutes les fenêtres. Il profite, abuse jusqu’à l’outrance de l’ignorance, ignorance sur tout ce qui concerne l’Etat. De son fonctionnement, ô combien complexe au demeurant …
… De la Police, de la Justice, notre juré futur, il n’en connaît rien, extrêmement rien ! Que la surface ! Et encore ! … Ce qu’il en sait, se résume à du ouï-dire, de la petite vue personnelle, du « bon sens » … ah ! ce « bon sens » qui remplace tout : raisonnement, analyse, intelligence …
… C’est terrifiant, ceci étant, de noter que ce juré populaire si en demande de sécurité, de pépèritude, n’ait pas le début de l’idée d’aller chercher, de lui-même, des informations véritables afin de se forger l'opinion. Ce doit être trop fatiguant, je présume.
A croire que notre futur juré est un assisté. Du cerveau. Une feignasse. Haineux du fonctionnaire.
Dès lors, quand le matamore, surfant sur la vague – écœurante – de l’émotion, désigne un coupable nommé Justice, il exulte … Salauds de magistrats ! Tony Meilhon, c’est de leur faute ! Faut réprimer … Comment ? .. Ils protestent ? Se foutent en grève ! Mais pour qui se prennent-ils ? ... Peu lui chaut à ce tribunal du « bons sens populaire », que la Justice réclame depuis lustres des moyens humains, financiers, pour mener à bien sa mission, il veut pas le savoir ; c’est trop facile, bien « commode » de se refugier derrière cet argument, récurrent : les moyens … La belle excuse ! Quand on veut, on peut, voilà son crédo.
Et pis y’a Outreau. Qu’on lui remet dans le cassis. « Dysfonctionnements » et tutti.
Ah, que j’aimerais qu’on lui donnât une charge de travail équivalente, on le verrait à l’œuvre, tiens, notre juré de demain !
S’il était un tant soit peu honnête, il le reconnaîtrait, sans barguigner, qu’on ne lui accorde pas les moyens d’accomplir sa mission. Il serait même, et fissa, le premier à s’en plaindre :
« Mais monsieur, comment pouvez-vous me dire que mon travail n’est pas satisfaisant, alors que vous savez pertinemment que pour le mener à bien, il faudrait que nous soyons cinq ou six, or je suis seul ! Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit, chiffres à l’appui .. ».
Qui n’a pas vécu pareille situation ? ..
Je serais curieux, au passage, de connaître la réponse de « monsieur » ... Ne vous aurait-il pas, par hasard, rendu responsable du « manquement » ? Et si c’est le cas, ne l’avez-vous pas vécu comme une injustice ? … Ne trouvez-vous pas qu’il n’y a pas loin de ce « monsieur » à … Sarkozy ? Même procédé. Même politique. Même bouc-émissaire.
Le présumé responsable du manquement, me semble aisément identifiable. Non ?
Oh que oui, qu’il l’est, identifiable ! Bientôt quatre années d’exercice du pouvoir pour Nicolas Sarkozy, et neuf pour l’actuelle majorité. Voilà un temps pour le moins appréciable, conséquent, quand on veut doter son pays (5ème puissance économique mondiale, faut-il le rappeler) d’une Justice digne de ce nom ; exact ou pas ?
Or, c’est un fait, le budget consacré à la Justice française est ridiculement bas : en 2008, il représentait 0,19% du PIB. Ce qui nous place au 37ème rang européen.
Nous avons, en France, 3 procureurs et 9,1 juges pour 100 000 habitants alors que la moyenne dans les pays du Conseil de l’Europe est respectivement de 10,4 et 20,6 !
Qui oserait contester ces données ?
Le gouvernement ? …
Il a beau dire, ce gouvernement, que tout doux ! ce budget a tout de même augmenté de 40% entre 2007 et 2011, il omet juste de signaler que la moitié a été allouée à l’administration pénitentiaire. Que l’inflation sur ladite période est équivalente à 16,5% … Faites donc les comptes ! L’augmentation que nous vend et vante le gouvernement est grotesque. Indigne. Elle n’est pas à la hauteur.
Pis encore : si l’on en croit la Commission Européenne Pour l’Efficacité de la Justice, le budget de la justice française proprement dite n’a progressé que de 0,8% entre 2000 et 2008.
Voilà les données. Elles ne sont pas de droite, de gauche, elles sont réelles … Tout citoyen peut y avoir accès, en toute liberté, il suffit de s’en donner la peine. Le temps.
Mais je comprends. Le crime est si abject qu’il faut un responsable, et sur le champ. Le juré populaire, excédé, le réclame .. Eh bien, ce sera la Justice. C’est elle qu’est « présumée coupable ». Avant même – avant même ! – qu’une enquête n’ait été menée ... On la désigne, comme fautive. Haro ! Haro ! Et le bouffi de ouï-dire, de qu’en dira-t-on, de « bon sens » d’acquiescer ! C’est qu’il la connaît, lui, la Justice ! Oui ! Oui ! Elle est au-dessus des lois ! Vous avez raison, « monsieur » Sarkozy ! On peut rien lui dire sans qu’elle monte sur ses grands chevaux, l’arrogante .. Et pis, c’est bien connu, y sont tous de gôôôche, ces magistrats ! Corporate ! Et bien payés, de surcroît ! …
…. Ah ! misère ! ... Ça voudrait (faire) la Justice, mais ça n’y connaît rien ! Ça ne s’y intéresse pas. Que de la surface ... Préjugés, a priori, émotions, voilà ce qui, sur ledit sujet, gouvernent une partie de la population, partie imposante qu'un sondage ne gommera pas de notre paysage.
Pourtant, tout est là, clair, limpide, chiffré. Disponible.
Si nos crevards de « justice » faisaient cet effort, pas si compliqué, de s’informer correctement, bref, s’ils se comportaient comme de vrais citoyens, le « présumé responsable du manquement » dudit dysfonctionnement, leur crèverait les yeux.
Mais notre « justicier populaire » est – faut-il le lire – un citoyen feignasse. L'ennemi juré des magistrats et de la Justice.
NB : Rappelons la phrase présidentielle qui provoqua l’ire des magistrats :
« Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle ».
Nous noterons, qu’une fois encore (après Colonna, Dominique de Villepin), le Chef de l’Etat, garant de nos institutions, porte atteinte à la présomption d’innocence en évoquant :
« le présumé coupable ».
Or :
« Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. (…) ».
Telle est la « règle ».
13:33 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Opinion, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les français et la justice, la colère des magistrats, les jurés populaires, la france soutient ses magistrats, présomption d'innocence, le citoyen justicier, tony meilhon, dysfonctionnement, le budget de la justice en france, sarkozy et la justice, présumé coupable |
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18 décembre 2010
Un Boulevard (De Plus) Offert Au Front National
« On ne réconciliera les Français avec la politique que si les hommes politiques sont irréprochables.
Irréprochables dans leur comportement personnel.
Irréprochables dans leur comportement politique. ».
[Nicolas Sarkozy – Discours au Futuroscope de Poitiers – 26 janvier 2007]
Or donc, pour la seconde fois en six mois, M. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, a été condamné par la justice.
La première fois, le vendredi 4 juin 2010, pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine, en l’espèce les personnes d’origine arabe, le 5 septembre 2009 » ; la seconde, le vendredi 17 décembre 2010, pour « atteinte à la présomption d’innocence » (de David Sénat).
Dans tout pays dit démocratique, et quand bien même M. Brice Hortefeux ferait-il appel de ces condamnations, qu'il aurait dû remettre au Premier ministre sa démission. En d’autres termes, M. Brice Hortefeux ne devrait plus être au gouvernement depuis le 5 juin dernier.
D’autant plus quand l’homme qu’a été élu le 6 mai 2007 par le peuple français a promis maintes fois qu’avec lui, vous verrez, probité, honnêteté et morale, seront les trois mamelles de son quinquennat, même qu’il ne transigerait pas, ah ça non ! finis les petits arrangements d’antan, les connivences, les amitiés, le fait de prince, ce qui s’applique au citoyen lambda devra s’appliquer dorénavant aux ministres de la République ; et pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on réconciliera « les Français avec la politique » !
Voilà la rupture ! Entre ici « La France d’Après », celle des « braves et honnêtes gens », voici venue l’ère des Irréprochables !
Ça avait de l’allure, n’est-ce pas, ça portait beau et fier. Et puis, quel bel argument ! Parce que, voyez-vous, si jamais moult promesses devaient se heurter à la réalité économique, qu’il nous serait demandé des sacrifices, comment aurions-nous pu les refuser, puisque expliqués, disséqués, pédagogés, par des honnêtes gens, des Irréprochables ? C’eut été se montrer fort ingrats, teigneux, indécrottables.
Las, ce n’était donc que paroles, fumée et autres attrape-couillons ! De la vaseline, de l’entubage, du troufignolage. Et j’en vois qui rigolent, se frottent les paluches, engrangent des voix potentielles, pas à pas, tranquillement ; j’en vois qui vont tirer profit, et comment, de cette traîtrise de plus, de ce mensonge de trop, d’autant plus qu’ils se vantent, eux, d’être vertueux, et du côté de la Loi ; oui, bien sûr, qui d’autre que le Front National pourrait se repaître de cette non-rupture ? Croyez-vous qu’il va se gêner ?
Oui, je sais, Jean-Marie Le Pen, les tribunaux, c’est sa seconde tribune. On l’y a vu plus d’une fois. Et pas pour du « détail », non ! mais du lourd, de l’outrance, du « à vomir », de la saloperie ! et ne me parlez pas de son verbe, celui qu’on vante à son sujet, c’est de l’ampoulé, de l’académique, ça pue le dictionnaire, le bachot ! c’est de l’épate, du rien ... Le socle politique étant devenu si médiocre, il n’était point difficile de se faire passer pour littéraire ... Littéraire mon cul ! Idem pour François Mitterrand !
Mais y’a plus de Jean-Marie Le Pen, fini ! Désormais c’est Marine, dont on s’aperçoit, comme c’est cocasse, que c’est bien la fille de son père ! Evidemment, qu’elle l’est. Depuis le début, depuis toujours. Et dans les grandes largeurs. La dédiabolisation – pure invention des journalistes – c’est du flan.
Bref, si l’on voulait renflouer l’électorat du Front National, on ne s’y prendrait pas autrement. C’en est même suspect. Eminemment.
Et devinez quoi ?
Le Président de la République Irréprochable, à en croire Le Figaro, il est « content » ; pis : « il s’amuse du désordre du camp d’en face » qui règnerait, royal, chez les socialistes ... Il ferait mieux de se préoccuper de l’ordre qui monte. Mais pensez-vous ! Tellement « Il est convaincu d’avoir fait le bon choix (…) en embarquant Alain Juppé » dans le gouvernement « qui, sinon, aurait été vexé comme un pou ».
Voilà où qu’on est rendu ! C’est miséreux ..
... Alain Juppé .. Condamné à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, le 1er décembre 2004, par la Cour d’Appel de Versailles pour « abus de confiance, recel d’abus sociaux, et prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Comme Irréprochable, on fait mieux ... D’autant plus si on ajoute, qu’en première instance, le 30 janvier 2004, le tribunal correctionnel de Nanterre avait estimé que cet homme, Alain Juppé « investi d’un mandat électif public (avait) trompé la confiance du peuple souverain » (il était alors condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité).
Et alors, me dira-t-on, il a payé ! Et cher ! Et n’a-t-on pas vu par le passé autres condamnations à gauche et autres improbables retours ? Et la seconde chance, qu’en faites-vous ? La seconde chance, quand on a « trompé la confiance du peuple souverain » en tant qu’élu de la Nation ? Dans une République Irréprochable, ça n’existe pas.
Et les condamnations de jadis, celles des adversaires, on n’en fait pas état. Puisqu’il y a rupture. Puisqu’on se présente et s’affirme comme le héraut d’une ère politique nouvelle ! Trahir cette promesse, c’est se discréditer, perdre son autorité.
« Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s'ils ne donnent pas l'exemple ? S'ils ne sont pas irréprochables ? »
[Nicolas Sarkozy – Discours à Perpignan – 23 février 2007]
Oh ! bien sûr, il y a le peuple. C’est à lui que Nicolas Sarkozy doit penser. Ce sans-mémoire. Ce peuple qui crie au « tous pourris » mais une fois les élections venues, leur apporte tous les suffrages ! ... Ainsi Juppé, quand il vint se représenter le dimanche 8 octobre 2006 à la mairie de Bordeaux ! Réélu avec 55,24% des suffrages exprimés. Cette municipale anticipée n’avait certes pas passionné les électeurs, abstentionnistes (qu’ont bien tort, comme souvent) à hauteur de 55,18%, mais le fait est qu’il a retrouvé « la confiance du bordelais souverain » qu’il avait pourtant bel et bien trompé. Bon peuple ! Bon veau !
Aussi Balkany ! Condamné (en mai 1996, puis en janvier 1997) pour les mêmes motifs, réélu par les « braves gens » de Levallois-Perret en 2001. Election invalidée par le Conseil d’Etat ! Peu importe, on en refait une, et zou, rebelote, élu les doigts dans le nez. Et dans la foulée, il retrouve un siège à l’Assemblée nationale !
Et Dassault ! Et tant d’autres. Voilà qui doit ravir l’homme de l’Elysée. L’Irréprochabilité, c’est le peuple qu’en décide, doit-il se dire. Et comme le peuple est veau, qu’il populise au bistrot mais se parjure dans l’urne, au fond, pourquoi ne pas continuer comme avant ! On lui donnera à becqueter de la sécurité, de l’identité nationale, au peuple bêlant, vinassé, lobotomisé par la télé, abruti de réseaux sociaux, bref que des tartignolleries qui n’engagent à rien, et voilà. Ni vu, ni battu.
Eh bien, faites messire ! Oubliez donc votre République Irréprochable ... mais ne l’aviez-vous pas oubliée dès votre élection en nommant, le 18 mai 2007, via votre collaborateur de Matignon, Alain Juppé au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, puis en maintenant André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique auprès du ministre du Budget alors qu’il était mis en examen pour « détournement de fonds publics, faux et prise illégale d’intérêt » ?
Entre autres ..
Cette faillite de l’Irréprochable, ce manquement, cette trahison, fera les affaires du Front National. Ce faux-vertueux, ce défenseur d’une idée morte, la Nation, ce parti bourgeois qui n’a que faire des souffrances du peuple, mais capitalise dessus, à grands coups d’équations putassières, d’arguments démagogiques, de propositions farfelues, inapplicables ; ce va-t-en-guerre, misant à n'en plus gerber sur la misère intellectuelle, la déliquescence des esprits, la pauvreté du débat politique, et l’inconséquence du paysage médiatique.
Mais au fond, et tout bien pesé, quelle importance, n’est-ce pas ? Puisque c’est râpé, fini, résolu, on y va droit, au chaos (mondial). Alors tant qu’à liquider le peu qu’il restait, liquidez-donc, votre altesse ! De toute évidence ce n’est pas la dignité qui vous étouffe, ni même la morale ! oui, la morale ! Vous en parliez, si je ne m’abuse ! ... Et de vouloir l’injecter dans le capitalisme (foutaises ! C’est évidemment impossible !) comme dans le bipède politique (mais vous y avez renoncé) ... Sans doute pariez-vous sur la stature, les épaules, le paraître : Vous, DSK, ma foi, ça ne peut pas ne pas passer un premier tour ! c’est du solide, ça envoie le bois ... Vous vous trompez. Et qu’on ne me parle pas d'un « 21 avril à l’envers ». C’est du charabia. De la prose misérable de journaliste. Du reste, le peuple s’en moque de vos « à l’envers ». Il n’a pas de mémoire.
Vous aviez là, l’occasion, et pas qu’une fois, trois, voire quatre, de démontrer, à défaut d’autre chose, que vous incarniez, avec autorité, une rupture. Ne l’honorant pas, par Hortefeux, Juppé, Santini, etc., donc « en trompant la confiance du peuple souverain » vous donnez de la voile, comme jamais, au Front National. Dont on dit, je sais, qu’il ne passera pas, c’est pas envisageable, comme en 2002, vous verrez, il y aura un sursaut, dit Républicain. Penser ainsi, c’est oublier que huit années (une éternité) ont passé. Les données ne sont plus les mêmes … Or donc, une « dérive » est possible.
Et de cette « dérive » vous en serez, en grande partie, responsable.
« On ne fait dignement de la politique que pour servir. Oui, je crois profondément comme Georges Pompidou que le peuple ne devrait avoir devant lui que des hommes politiques sincères et humains. La crise de la politique serait alors résolue. Pour atteindre ce but, il faut juste un peu de morale. Un peu de morale que tous les hommes politiques s'appliqueraient à eux-mêmes avant de faire la leçon aux autres. Un peu de morale qui consisterait à s'appliquer à soi-même les règles de comportement que l'on voudrait voir appliquer par les autres. La dignité de la politique, le respect qu'elle devrait inspirer, la confiance dont elle a besoin ont été ébranlés parce que pendant trop longtemps, à gauche comme à droite, beaucoup de responsables politiques ont pris la détestable habitude de prôner pour les autres des sacrifices qu'ils étaient absolument incapables de s'imposer à eux-mêmes. Parce qu'ils ont pris la détestable habitude d'imposer aux autres des obligations qu'ils ne s'imposaient pas à eux-mêmes. Je ne veux faire la leçon à personne. Mais je veux rompre avec cette dérive qui n'est pas seulement une dérive de la politique. » .
[Nicolas Sarkozy – Discours à Clermont-Ferrand – 27 avril 2007]
16:48 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brice hortefeux condamné, république irréprochable, alain juppé, patrick balkany, andré santini, présomption d'innocence, injure raciale, prise illégale d'intérêt, abus de biens sociaux, front national, marine le pen, la france d'après, marcel dassault |
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