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06 mai 2012

Enfin !

6 mai 2012,sarkozy c'est fini,présidentielle 2012

20:00 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 6 mai 2012, sarkozy c'est fini, présidentielle 2012 | | | |

01 mai 2012

De La «Drôle de Campagne» à «La Bataille de France» En Passant Par Pétain

1940
"Chacun l’aura noté, le climat de cette campagne de second tour est lourd.

Douloureux.
Et quoi qu’il se passe dimanche soir, il laissera des traces.
Comme si c’était tout un pays qu’il fallait, demain, panser et repenser.

Nonobstant, la tournure que prend cette campagne ne me surprend guère.
Elle m’attriste, profondément, ça oui, mais elle ne me surprend pas.
Tant ça vient de loin. Tant c’était déjà là.
Mais par où commencer ?
Peut-être par ce que je notais, en décembre dernier, et qui me déplus fortement.
Je n’en fis pas état alors, me disant, à tort, qu’il ne fallait pas lui apporter plus d’importance que ça.
Que ce n’était là qu’une maladresse.
Une bêtise.
Mais entrons dans le vif."

La suite : ICI



A lire, itou : La référence à Philippe Pétain par Alain Garrigou [Les Blogs du Diplo]

25 avril 2012

Compatible

Compatible.jpg
[Une de Libé - Mercredi 25 avril 2012]



Pour mémoire :


Claude Guéant [*], le dimanche 26 février 2012, sur Radio J

« Ce n'est pas [le FN] un parti républicain »




[*] Ministre de L'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration.

24 avril 2012

Image De La France Forte Qui, Droit Dans Ses Bottes, Y Croit !

D'après Le Figaro, "Nicolas Sarkozy [est] convaincu de pouvoir l'emporter".

En léger différé, voici la réaction d'un poids-lourd de l'UMP (intronisé jadis, "Le meilleur d'entre nous", par un certain Jacques Chirac), hier, lundi 23 avril 2012, sur RTL...

Enthousiasme


20 avril 2012

Lettre Au Peuple Mélenchon

Moland Fengkov


« Dis-toi que tu n’as pas fait tout ce chemin pour, dimanche, te coucher.
Te résigner. Au vote utile.
Souviens-toi de ce que disait le Général.
Que nous étions, paraît-il, des veaux.

Et pose-toi cette question :
Qui, dans cette élection, le veau tue-t-il ? »

La suite : ICI



©Photo : Moland Fengkov [Paris Bastille, le 18 mars 2012]

16 avril 2012

L’Etonnante Inquiétude Du Citoyen Jean-Michel Aphatie

Jean-Michel Aphatie est «inquiet»... Et si il l’est, écrit-il le 13 de ce mois d’avril 2012, c’est parce que «cette campagne ne sert pas à grand-chose». Les grands sujets, les périls, immédiats ou lointains, qui nous menacent, les errements de nos dirigeants successifs, etc., aucun de ces points n’est sérieusement abordé, disséqué, débattu.

Quoi que l’on pense, a priori, de M. Aphatie, il me semble difficile, sur ce constat, de lui donner tort. A moins, bien sûr, d’être un partisan, un militant, un supporteur, bref un aveugle et sourd, un embrigadé jusqu’au cul. Ceci étant, il n’est pas inopportun de se demander, après lecture de cette prose lucide, à quoi il sert, Aphatie ! Et avec lui, un certain journalisme français.

AphatieCar après tout, dans cette campagne de premier tour, les candidats, grands ou petits, seront venus exposer leurs programmes, leurs idées, leurs projets ; partout. Je veux dire : dans tous les médias. N’était-ce pas l’occasion rêvée pour les placer face à leurs contradictions, leurs insuffisances, parfois même leurs mensonges ? N’était-ce pas le moment, enfin, de leur poser les bonnes questions, et de s’y tenir ? J’entends par "s’y tenir", faire fi des diversions, des sourires connivents, de la petite phrase qui noie le poisson, de ces figures de style qui ravissent les imbéciles. "S’y tenir" signifiant : faire son métier. Celui de journaliste. Vaille que vaille. Et quoi qu’il en coûte.

Seulement voilà, nonobstant le fait que cela impliquerait que ledit journaliste oubliât, le cas échéant, l’annonceur, l’actionnaire, ou l’industriel qui l’emploie, il conviendrait itou qu’il traitât d’égale façon chaque candidat. Or, et très manifestement, d’Aphatie à Elkabbach en passant par Cohen, on se complaît à être dur avec les présumés faibles, beaucoup moins avec les supposés forts. Ce qui n’est pas (bien qu’outrés, ils le nient) chose nouvelle. Au contraire ! C’est une triste constante.
Le problème, voyez-vous, c’est que, cette complaisance ça prend de la place, pour ne pas dire trop de place. De fait, il n’en reste pas lerche pour aborder l’essentiel. Comme l’avenir d’un pays. En déclin.
Alors après, venir s’étonner, comme Aphatie, que, dans cette campagne présidentielle, «les grandes choses n’y prennent pas une grande place» c’est l’hôpital qui se fout ouvertement de la charité.

Oh j’entends bien que tous ces journalistes et autres éditocrates (Duhamel, Joffrin, Barbier, etc.), pour beaucoup starifiés, militent pour une présidentielle à l’américaine. Soit : deux candidats principaux (UMP, PS) et un troisième (Modéré) pour tenir la chandelle. Pour eux, ne devraient pouvoir se présenter à ce scrutin, dit majeur, que ceux qu’ont véritablement une chance d’être élus.
Qui ne l’a pas encore compris ?
Mais dix candidats, non ; ça les emmerde. Pis : ça désacralise la présidentielle. Ca la folklorise, qu’ils disent... Doit-on comprendre que si effectivement, nous n’avions à choisir qu’entre trois candidats (et non : trois options) ces journalistes feraient alors leur métier ?
Permettez-moi d’en douter.

Oui, j’en doute, car rien, absolument rien, pas même ce temps de parole, il est vrai contraignant, ne les empêche, aujourd’hui, de mettre sur la table, les vrais enjeux, les grands périls. Avec ceux qui, demain, auront (eu) à gérer le pays. En l’occurrence, Sarkozy et Hollande. Or, ils ne le font pas. Ils pratiquent l’interview sans douleur. Prenant grand soin de ne point parler de sujets qui inquiètent, fâchent, ou tout simplement interrogent. Ils préfèrent causer de petites choses sans importance. Comme le nom du futur Premier ministre. Des conséquences éventuelles de tel fait divers sur la campagne. D’un « off », d’une rumeur, d’un ragot. Parfois, aussi, de gestuelle ou de col roulé.
Mais de la dette, des déficits, comment les résoudre, très concrètement, allez-y, expliquez-nous ! Et le chômage ? Inverser la courbe ! Fort bien ! Mais comment ? Vos mesures, quelles sont-elles ? Jamais ! Ou en survol.

A aucun moment, ils ne rebondissent. Quand bien même le candidat proférerait le plus gros mensonge, la mesure la plus irréalisable, la promesse la plus démagogique. Alors que, quand c’est Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Poutou, Arthaud, Cheminade, et même Joly, alors là, c’est la curée ! Le grand jeu ! Là, ça relance, ça rebondit, et même parfois, ça fait « son » journaliste... J’en veux pour preuve Anne-Sophie Lapix. Que ne s’est-on pas ébaubi, notamment sur le Net, de la pâtée qu’elle a mise à Le Pen, en matière économique. Certes… Mais elle n’a fait, là, que son métier de journaliste. S’en ébaubir, c’est très étrange, et, à la fois, symptomatique. Cela me fait penser à ces passagers applaudissant, allez savoir pourquoi, le pilote au seul motif qu’il ait réussi à poser sur la piste, l’Airbus dans lequel ils sont sanglés... Ben là, c’est pareil ! On applaudit une journaliste qui n’a fait que son travail... Le problème, c’est qu’elle ne le fait pas avec tout le monde. Tout comme Aphatie. Et tous les autres. Ces mêmes qui se plaignent, aujourd’hui, que cette campagne n’aura pas servi à grand-chose.

Mais si elle n’a pas servi à grand-chose, c’est aussi parce que les journalistes n’ont pas fait leur boulot. Ils n’ont pas posé les bonnes questions. Ils n’ont pas abordé les vrais sujets. Ils sont restés à la surface des choses. Ils l’ont joué facile, peinard, paresseux. Car oui, c’est facile de mettre un "petit", un Poutou, en défaut, ou de le maltraiter. Mais un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, non, ils s’y refusent ! Et il y a une raison à cela. A cette évidente différence de traitement.
Imaginez un journaliste – que dis-je ! TOUS les journalistes ! – reprenant Sarkozy sur tel sujet, Hollande sur tel point (et ce ne sont pas les sujets et les points qui manquent) comme ils le font pour les autres, insistant jusqu’à obtenir une réponse, mais une vraie, ou, dans le pire des cas, un terrible embarras, un abracadabrant bafouillage, voire un silence qu’en dirait bien long ; mais alors, vers qui l’électeur se tournerait-il ? Mettre en défaut un Sarkozy, un Hollande, et même un Bayrou, allez savoir si ça ne profiterait pas au Front de Gauche, au Front national, ou à ces "petits" qu’ils méprisent au point qu’avant l’égalité totale des temps de parole, ils ne daignaient les recevoir (Ainsi Joly, scandaleusement recalée par "Des Paroles Et Des Actes").

Voyez comme tout Concorde, jusqu’à Vincennes. Parce qu’ils militent pour une cause, le bipartisme, alors ils le protègent. Jamais ne le bousculent. Alors que tout, absolument tout est disponible, notamment sur Internet : les contradictions, les mensonges, les errances, les flous, les outrances. Les programmes y sont passés au tamis, en matière de dette, de déficit, de croissance, de chômage. Sans la moindre concession. Sans l’once d’une partisanerie. Et ce ne sont pas des hurluberlus qui en font état, mais des économistes, par exemple, des philosophes, des scientifiques, et même, des journalistes ! Des journalistes, un peu moins médiatiques que M. Aphatie, c’est vrai. Beaucoup moins stars. Et moins tenus par quelques actionnaires, annonceurs ou autres richissimes industriels. Ils ne font pas le "kéké" dans une émission de divertissement ["Le Grand Journal de Canal+"] où depuis toujours, le politique est tourné en dérision, où la futilité est la règle d’or.

Le jour, M. Aphatie, où vous ferez votre métier, où, quel que soit le responsable politique qui viendra sur votre plateau, ou dans votre studio, vous poserez les bonnes questions, aborderez les vrais sujets, à l’impartialité, à la déontologie, plutôt que de les laisser roupiller dans un blog qui ne fait de mal à personne, alors, peut-être, votre inquiétude sera recevable.
Si cette campagne, comme vous l’écrivez, se situe «assez loin de la vérité», c’est aussi parce que vous vous situez délibérément, et avec une constance qui, ô combien, vous discrédite, très loin de ce que l’on nomme : le journalisme.


NB : Le billet «inquiet» de M. Aphatie

Tympanisation

Bayrou, Sarkozy


"Depuis un mois [on] essaie de raconter aux français que l'élection est jouée (…) !
On a tympanisé les français avec cela."
[N. Sarkozy sur France Télévisions, le 23 avril 1995, soir du 1er tour de la présidentielle]


"60% des français ne veulent pas du deuxième tour Sarkozy/Hollande.
Et cependant, ces français-là, on les tympanise tous les jours
avec un vote qui serait décidé à l'avance."
[F. Bayrou sur Europe 1, ce matin, lundi 16 avril 2012]



NB : En 1955, Sarkozy et Bayrou soutenaient la candidature d'Edouard Balladur.

[Ne vois-tu rien venir ...]

03 avril 2012

La Non-Campagne Présidentielle [Emmerdante Et Merdeuse A La Fois]

Il a raison Cohn-Bendit : « On s’emmerde » dans cette campagne. Elle nous cause pas, cette campagne. Jamais. C’est du meeting, en boucle, vendu clé en main à des médias serviles. Des interviews à la chaîne où le candidat déroule sans que jamais ne rebondisse le présumé journaliste. L’Aphatie de service. C’est un one-man-show permanent où, de ville en ville, inlassablement, le camelot scande toujours les mêmes mots, les mêmes répliques. Il n’y a guère que des militants, des supporteurs, étriqués et mesquins, pour jouir de cette affligeante comédie, se gargariser de la dernière petite phrase de leur petit tribun de pacotille.

Front Populaire , Front de Gauche, BastilleLe chômage, la précarité, les boulots qui vous permettent à peine de croûter, les contrats scélérats, les inégalités salariales, le pouvoir d’achat, le grand désarroi, de tout cela, on ne parle pas. Ou alors, en incantations, à grands coups de « y’a qu’à/faut qu’on ». On la connaît, ta foutue chanson, aux couplets périmés. Alors t’étonne donc pas, qu’elle gagnât du terrain dans les sondages ; l’abstention.

Une vision de la société ? Y’a pas non plus. Pas l’ombre d’un croquis, pas même le début d’une esquisse. Que de l’esquive. Ou alors de l’halal-mon-cul et du Merah refroidi. Plongée sous-Marine garantie. Oyez, oyez ! Français de souche, le coupable de tous nos maux, on l’a trouvé, c’est formidable : c’est l’étranger ! Le basané, l’islamisé ! Faut le virer, par deux le diviser cet immigré, avant qu’il nous foute la République à genoux. Après ça, tu verras, on vivra meilleur, avec du taf pour tout le monde, payé rubis sur l’ongle...
Dis-donc, candidat-démagogue, tu nous prendrais pas, par hasard, pour des cons de compétition ?

Quant à l’international, c’est pas qu’on en parle pas, c’est qu’on en parle jamais. Pourtant ça déconne, à pleins tubes, comme rarement. La poudrière est au taquet. Tout est fin prêt. Les armes refourguées. Dassault, Lagardère, renfloués. Y’a pas à dire, ça sent le merdier. Avec ta petite ONU ankylosée. Et cet OTAN en emportant le vent mauvais... Mais quand t’es Français, de l’international, t’en as rien à caguer. Tu vis sur ton île, bordée d’Atlantique et de Méditerranée, et vivent les congés payés. Y’a plus qu’à bronzer. Et peu nous chaut qu’elle enclume, la Terre. Qu’elle s’assèche. Que disparaissent les espèces… Les espèces c’est comme les langues de nos ancêtres, c’est dans l’indifférence, qu’on les laisse crever. Nous, on cause plus qu’en 140 caractères. On est du genre primaires.

Et la dette, alouette ! Qui va la payer ? Dame Bettencourt ou ta pomme ? Sieur Proglio ou le prolo ? Qui va trimer plus que de raison pour combler l’abyssal dont en rien, ou si peu, nous sommes, nous les gueux, responsables ?... En un rien de temps, tu l'auras remarqué, on nous ferait passer pour des salopards d’assistés, bouffeurs de médicaments, fraudeurs patentés, chômeurs de papier. Après tout, n’est-ce pas ainsi qu’on nous a dépeint le Grec, l’Italien ? Alors, demain, pourquoi pas nous ?... La stigmatisation, enfonce-le toi profond dans le cervelet, c’est pas un concept qu’on réserve aux seuls étrangers. C’est valable aussi pour les syndiqués, les fonctionnaires, les grévistes, les sans-grades, les miséreux et tous les oubliés de l’Irréprochable, cette Ve agonisante… On s’embarrasse pas dans ce monde-là ! Faut dire aussi, que tant qu’il y aura des gogos, des trouillards de première, pour gober toute cette rhétorique de bazar, les oligarques de notre monarchie Républicaine auront de beaux jours devant eux. Et c’est pas via un raout à la Bastille où t’emprunte moins à Chavez qu’à de Gaulle et Malraux, que tu changeras la donne, camarade ! T’as beau avoir épluché à la virgule près une Histoire socialiste de la Révolution française n’est pas Jaurès qui veut, mon coco. Même si, j’en conviens, tu nous auras bien fait kiffer.

Et j’allais oublier l’absence. De débats. Ah mais, comprenez-vous, il ne faut pas. C’est chasse gardée. Pour les seigneurs du second tour. C’est qu’ils ne jouent pas dans la même cour. Ah non ! Eux, ils sont côté jardin. Bien planqués. A l’abri. Pas question de ferrailler avec – comment qu’ils disent déjà ? – des "petits candidats". C’est indigne de leur statut… Chez ces gens-là, voyez-vous, on ne se mélange pas.
Certes, on prône à tirelarigot le « vivre ensemble ». Mais chacun chez soi.
On se présente comme le candidat du peuple, le rassembleur, le grand humaniste, mais y’a des limites.
On veut bien exposer ses idées, recyclées, mais en terrain conquis. Au Bourget, à Villepinte. Là où on vous applaudit, à tout rompre, quand bien même prononceriez-vous le mensonge ou la contre-vérité la plus énorme !... Ou alors, on défile chez l’Aphatie et l’Elkabbach. Là aussi, t’es peinard. Tu peux dérouler ton baratin, ils n’oseront jamais te reprendre. D’abord parce qu’il y a pas le temps, c’est minuté CSA, faut pas lambiner ; et qu’ensuite, ils sont pas payés pour ça. Ils sont comme Drucker. Ils font ta promo, gratis. On n'est pas chez Politis. Ça pointe pas au Monde Diplomatique, ce journalisme-là. Ça bâfre au Siècle, avec le Minc et toute sa clique et ça n’espère qu’une chose : que rien ne change. L’alternance, ils le savent bien, ç’a pas la gueule de l’alternative. Aucun danger. Alors, prière de ne pas déranger les futurs rois du Château.

Or donc rien. Aucun sujet majeur. Pas la moindre vision. Pas la queue d’un projet. L’essentiel n’est jamais abordé. Ni à bâbord. Ni à Babar. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout, n’est-ce pas, puisque l’Hollande y va gagner ! Et toi, pauvre ami, tu prendras cette affaire pour un nouveau 10 mai. C’est dire, si on n’a pas le cul sorti des ronces... Non mais, rendez-vous compte ! On va expédier à l’Elysée, un type qu’aura rien dit, rien proposé, en tous cas rien de concret, que du symbolique. C’est pas pour des nèfles qu’il aura choisi le Bourget, cet homme-là. On aurait dû s’en douter, qu’il survolerait les problèmes plutôt que de les affronter, ferme, les pieds sur Terre... Même son adversaire, il n’ose le nommer. Il lui donne du « candidat sortant ». En mimant Mitterrand… 
Eh, socialiste d’apparence, c’est pas parce qu’on cause avachi sur un pupitre qu’on a, pour autant, l’éloquence, le souffle et la roublardise d’un Tonton flingueur ! Et j’te passe le cynisme.

Alors, bien sûr, on peut arguer que c’est finement joué de la part du rouennais de Corrèze. Mais on peut aussi dire qu’à vaincre sans se mouiller, le triomphe annoncé a comme un goût de péril. Péril pour les gens de petite paie. Dont l’électorat douillet de l’Hollandréou se contrefout. Car voyez-vous, cet électorat-là, confortable et urbain, se moque du tiers comme du quart du désarroi d’autrui et n’a que pour seule ambition de ne surtout pas le rencontrer, de ne jamais le connaître. Mais c’est bien lui qui, pourtant, fêtera le 6 mai qui vient, et dans la plus maousse indécence, la petite revanche d’un parti de notables et d’embourgeoisés notoires.
Revanche sur des années de disette présidentielle ; revanche sur cette droite arrogante et bonapartiste dont, c’est à peine croyable, cette triste bande de sociaux-démocrates n’abrogera aucune réforme, aucune loi (ta retraite, tu te la paieras, et au prix fort) ; revanche enfin, sur cette humiliation suprême que fût le 21 avril 2002, mais qui, dis-toi bien, ne sera pas effacée pour autant, il y aurait même grande imprudence à le penser.

Bref, cette victoire ne sera pas celle du peuple, le besogneux, mais celle, vulgaire, d’un parti. On connaît la suite. On l’a déjà vécue. Mais comme on n’a pas d’estomac, et pas plus de couilles de surcroit, on y retourne. Preuve en est, que les Indignés d’en France, ça n’a jamais existé. Comme cette campagne. La présidentielle 2012. On n’en aura pas vu la couleur. Ils auront tout fait, jusqu’à l’innommable, pour l’éviter, les impétrants.

Pauvre campagne. Merdeuse et ô combien emmerdante. Qui jamais, ou rarement, se sera souciée de nous. Et du monde qui nous entoure. Parfois nous cerne...
Nos inquiétudes, nos désirs, nos rêves, ils n’en ont cure. Nous ne sommes que des mains qu’on frôle. Un corps électoral sur lequel, avec démagogie, on surfe. A qui l’on prie, de voter utile. De rentrer dans le rang. Celui qui mène à l’isoloir. Ensuite de quoi, vient le temps de « méprisance », où l’on nous conjure de faire silence. Cinq ans durant. Jusqu’à la prochaine campagne. Qui, pas plus que celle-ci, daignera compte tenir de nos doléances, encore moins de nos souffrances, tant ce qui n’a d’importance, c’est que : coûte que coûte et vaille que vaille, vive la République, et vive la France !

23 mars 2012

Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide

J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?

BanksyOui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.

J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.

Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !

Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.

Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :

La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée

Sur ce : bonne chance !


« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]

07 mars 2012

Tartuffe !

Tartuffe.jpg

« Nous allons créer un impôt sur les bénéfices minimum pour les grands groupes en France, les groupes du CAC 40, parce que j'ai découvert quelque chose qui n'est pas normal, c'est qu'ils maximisent les avantages fiscaux et une partie d'entre eux ne payent pas du tout d'impôt. »
[Nicolas Sarkozy – Des Paroles Et Des Actes – Mardi 6 mars 2012]

Cinq ans pour « découvrir » ce que tout le monde sait depuis belle lurette, c’est-y pas se foutre du monde, « candidat du peuple » ?

Tartuffe !

 
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