01 septembre 2011
A Propos D'Antisémitisme, Et De La Low-Cost, Sud Radio
J’étais au volant de ma voiture. Quand c’est tombé, ce lundi 22 août, peu avant 8 heures du matin, sur Sud Radio.
Je l’ai donc vécu, en direct.
Robert Ménard, c’est vrai, a tout de suite réagi. Mais il était déjà trop tard, c’était passé à l’antenne, comme on dit.
Des propos brefs, tenus par un auditeur (Christian), sans aucune ambiguïté possible : DSK, l’argent, les juifs…
Connaissant l’arrière-boutique radiophonique, et précisément celle-ci, et de surcroît, ayant très vite compris quel ton, quelle couleur, cette station voulait donner à son antenne pour bien marquer son arrivée à Paris, je n’ai pas été étonné. Je savais que ça arriverait. Eh bien voilà, ça n’a pas traîné...
La suite est à lire : ICI
NB : Merci B pour le détournement© du claim Sud Radio.
19:31 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Opinion | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sud radio, robert ménard, eric mazet, antisémitisme, radio low-cost, populisme, michel cardoze, mathieu quetel, jean-eric valli, bertrand de villiers, la nausée, l'audience à tout prix, inculture, mise à pied, sanction du csa, dirigeants jamais sanctionnés, politique d'antenne, rmc, radio courtoisie |
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14 mai 2011
Un Politique Doit-Il Dire Tout Haut Ce Que Certains Français Pensent Tout Bas ?
C’est une professionnelle. De l’argent, des placements. Ce monde que je connais mal, elle parvient à m’y faire entrer. C’est extraordinaire, je pige tout. Bref… Et puis, voilà qu’elle évoque la « sortie de crise ». Et je sors du rôle que je devais tenir [1]. En l’occurrence, je lui demande à qui elle pense quand elle parle de « sortie de crise ». Précisant que pour le citoyen de tous les jours, ça n’est pas très concret, cette « sortie de crise ». Elle rebondit. Reconnaît que ladite « sortie » concerne, en premier lieu et avant tout, les grandes entreprises françaises et… les banques. Puis ajoute : « Vous savez, il y a toujours eu de la misère. Et il y aura toujours des gens qui resteront sur le bord de la route. On n’y peut rien… ».
Or donc, voilà, j’avais ma réponse. La « sortie de crise » ne concerne, peu ou prou, que les plus fortunés. Et les forces vives de la nation. C’est le re-moment de boursicoter, toi qu’à un peu d’artiches de côté, de pépettes placées sur un PEA. Je t’assure… Pour les autres, la grande majorité, fins de mois ric-rac, revenus à peine médians, ou plus problématique, chômeurs, bénéficiaires du RSA, etc., faut s’accrocher. Mais à qui ?… Sûrement pas à Laurent Wauquiez.
Je sais, il s’est fait recadrer, le député-maire-ministre, à deux doigts de se faire « virer »... Mais, dès le lendemain, jeudi, dans le quotidien Le Progrès, il en remettait une louchée. Se justifiait : « J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». Phrase faisant écho à celle prononcée par Michèle Alliot-Marie : « Ce que dit Laurent, c’est ce que disent nos électeurs » [Le Canard Enchaîné n° 4724 – 11 mai 2011].
Voilà qu’est fort intéressant. Et, en même temps, assez terrifiant.
Terrifiant, tant ce genre de saillie dévalue le politique. Et sa fonction.
Terrifiant, car Laurent Wauquiez qui est tout, sauf un crétin [2], sait pertinemment que nous – les classes moyennes et en deçà – ne sommes pas sortis de la crise (hormis, donc, les grandes entreprises et les banques, dixit la « professionnelle ») et que si « la France a mieux résisté [à la crise] que ses voisins [Européens] » ainsi qu’on nous l’a seriné, c’est en grande partie dû à notre système de protection sociale. Unique au monde.
Les « Français » et autres « électeurs » conspuant, vilipendant, ou se plaignant « tout bas » de ce « bouclier social » ne se rendent pas compte à quel point il nous a protégés. Que s’il n’existait pas, ce serait des milliers et des milliers (des millions, en fait) de citoyens qui se retrouveraient, aujourd’hui, non pas « au bord de la route » mais carrément « hors de la société », dans la misère la plus totale.
Dois-je rappeler ce que disait Nicolas Sarkozy le jeudi 25 septembre 2008 à Toulon ? [3]
Un discours, nonobstant, salué aussi bien à droite qu’à gauche…
Oh bien sûr, de ce discours, il ne reste plus grand-chose. Dans les faits. La moralisation du capitalisme a échoué – mais était-elle vraiment voulue, je veux dire mue par une volonté véritable ?
Nous savons très bien quels sont ceux qui sont sortis « plus forts » de la crise qu’ils n’y sont entrés. Si tant est qu’ils y sont entrés un jour… Vu que tout a été fait pour les « sauver ».
Seulement voilà, une élection se radine. Une majeure, puisque présidentielle. Pour le « sortant », et son parti, elle s’annonce mal. Les sondages sont mauvais, la côte de popularité est dramatiquement basse et les résultats en matière de pouvoir d’achat, de salaires et d’emplois sont calamiteux. Qui plus est, le Front National est de retour. Il capitalise, lui. Sur la misère. Le désarroi. Comme toujours... Car n’est-ce pas le Front National qui, depuis toujours, se vante de « dire tout haut ce que les français pensent tout bas » ?... « Dire », oui, mais sans jamais rien proposer. Sinon, un suicide économique et social.
D’aucuns diront : « Mais, c’est ça la démocratie ! C’est entendre le peuple ! »
L’entendre oui, mais de là à l’écouter, y’a une marge…
Et c’est justement cette marge qu’est garante et de la démocratie et de la République. A condition que le politique – le garant ultime – la respecte. Scrupuleusement… Vous souvenez-vous, d’avoir jamais entendu un de Gaulle ou un Mitterrand « dire tout haut ce que certains français pensent tout bas ». Non ?... Alors posez-vous la question du pourquoi ?... Ces hommes-là avaient une haute estime de la fonction (du politique), de la démocratie et de la République. Quoiqu’on en dise... Ils savaient les limites, le danger, la chienlit.
La fonction première d’un politique n’est pas de relayer, approuver et/ou réaliser « les fantasmes des citoyens ».
Il ne doit, en aucun cas – puisque l’on parle de devoir – se faire le porte-parole des ressentiments, des rancœurs, des aigreurs, des mesquineries, des étroitesses d’esprits... La seule (mauvaise) raison qui pourrait le pousser à le faire est la peur. De perdre… Un poste ministériel. Un mandat (de député)… De voir, son parti exploser… Oh ! ils ont beau nous dire qu’à un an des élections, les sondages se sont toujours trompés, ils fouettent, c’est évident, et copieux... La question – elle est aigüe, essentielle – est de savoir, avec cette peur chevillée au corps, jusqu’à quel point ils iront. Jusqu’où ils se renieront. Car, et de quelque bord que l’on soit, les œillères toujours il faut ôter, et convenir, être conscient, que cette droite dite traditionnelle, a des valeurs (sociales, économiques, etc.)... Qu’en restera-t-il si elle se laisse, ainsi, de Guéant à Wauquiez, gagner par la peur ?
Dans une démocratie véritable, une République « irréprochable », un homme politique ne peut pas se laisser aller à « dire tout haut ce que ses électeurs pensent tout bas ». Sinon, il liquide la politique. La démocratie. La République.
Il doit au contraire – c’est un impératif – faire preuve de courage, de pédagogie, et oser dire la vérité.
Or la vérité ne sort pas, jamais, de la rancœur, de la jalousie ou de l’aigreur.
La vérité, c’est que la crise a touché, avant tout, les plus « vulnérables » [3]… C’est intéressant, d’ailleurs, de constater que ceusses qu’en causent n’ont jamais connu la précarité. La vraie. La solitude. Totale…
Il faut savoir une chose simple : si vous n’êtes pas bien entouré (famille, amis, etc.) vous sombrez ! Et gravement. Personne ne vous aidera. Sachez-le… Et surtout pas ceux qui « pensent tout bas »… Nous ne vivons pas dans un monde qui prend le temps des autres (pas même sur Internet). Mais dans un monde (ultra) compétitif… L’égalité des chances, c’est de la foutaise. Un slogan. Et ce monde-là, nous l’approuvons ! C’est un fait. Sinon, nous nous révolterions.
Ce que je veux dire, c’est que, si nous l’approuvons – même tacitement – nous devons en accepter le prix... Et quel est ce prix ? Sa nature ? Eh bien, elle est collatérale et humaine... Il est évident que dans un tel monde, ceux qui « resteront sur le bord de la route » seront moult.
Voilà le prix de ce monde. Le prix à payer. Sans barguigner.
Et voilà pourquoi accuser le pauvre, le laissé pour compte, le décroché, de nos maux sociaux-économiques, est une immense saloperie.
Est-ce le pauvre, première victime de la « crise », qui gonfle la dette ?
Est-ce lui qui met en péril notre économie ?
Ou est-ce quelqu’un(s) d’autre(s) que – pour être bien clair – nous n’avons pas le courage de frontalement accuser, jusqu'à terme ?
Est-ce un(e) bénéficiaire du RSA et de quelques minima sociaux qu’est responsable du mal-être d’une société ?
Est-ce lui qui menace notre sécurité ?
Ou celui qui joue avec notre fric et par milliards au carré ?... A ce dernier, on ne s’attaque pas, parce que sans lui, plus de crédit, plus de maison, plus de petit confort, étroit, le confort, mesquin, mais confort quand même, n’est-ce pas ?… Le pauvre, citoyen sous perfusions, lui, il nous encombre, tant il est un témoin gênant de notre lâcheté. Pas vrai ?
Ah, c’est formidable ! Suite à « une crise sans précédent » il était question de moraliser le capitalisme, et puis, élection majeure se profilant, et certains – nombreux, faut croire, pactole électoral – « pensant tout bas », on va, finalement, chasser le gueux. C’est plus simple…
Un paradis fiscal, tu peux toujours t’accrocher, tu l’auras pas comme ça, d’autant plus qu’il t’est utile ; mais un pauvre, ça sert à quoi ? N’est-ce pas plutôt un « cancer » qu’il faudrait éradiquer ?... Et si je disais, moi, qu’un paradis fiscal, un parachute doré, un bonus indécent, c’était de l’ordre de l’Ebola ? La cause de tous les maux. Premiers responsables des laissés sur « le bord de la route »… « On n’y peut rien ! » disait la professionnelle. Mais, « on n’y peut rien » parce qu’on ne fait « rien ». Enfin, si… On chasse le gueux. C’est moins compliqué. Et ça fait jouir les crétins. Les mesquins. Les lâches... Et comme ils sont nombreux, hein, M. Wauquiez ?
Ah c’est pas le courage qui nous étouffe ! Ça non ! C’est la médiocrité. La saloperie. La bassesse. Et de voir des politiques, des élites de la Nation [2], s’en faire l’écho, c’est au-delà de la démission. C’est sans nom.
Non, le peuple qui « pense tout bas » n’est pas une référence. Il n’a aucune compétence. En rien. Il est ignorance.
Il n’est que ressentiments et crasse d’esprit. Un aviné, un parasite, si on l’écoute et le relaie. Un véritable ennemi de la démocratie et de la République. Un sale type. A qui, l’on ne souhaite même pas d’être pauvre, nu, et rongé par la honte... De toutes les façons, c’est impossible. La honte, il ne connaît pas. Puisqu’il ne sait même pas ce que c’est. Ce qu’elle signifie.
Ce qui n’est pas le cas de Wauquiez... Lui, au moins, a idée de ce que c’est. Sinon, il ne se serait jamais justifié ainsi :
« J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ».
Une phrase qui pue la honte ; itou une phrase terrible, tant elle est la négation du politique, d’un parcours, de valeurs (républicaines et démocratiques), mais aussi le summum du pathétique.
Or donc, voilà !... « Dire tout haut ce que certains français pensent tout bas », nonobstant le fait que c’est une démission du politique, c’est vertigineusement pathétique.
[1] Actuellement au chômage, je prends ce qui vient. Des « petits boulots » à la pelle. Là, pour 13€ TTC je testais une banque. Une de prestige. Avec un scénario très précis, borduré copieux. Bref, je n’étais pas là pour faire la causette, parler crise ou « sortie de crise »…
[2] Beau parcours que celui de Wauquiez. Brillant même. Louis-le-Grand, Henri IV, Ecole Normale Supérieure d’où il sort major (via une agrégation d’histoire), Institut d’Etudes Politiques ensuite, puis Ecole Normale d’Administration dont il sortira premier de sa promotion.
Bref, il représente clairement l’élite de ce pays. Il est donc passablement consternant de l’entendre tenir des propos assez indignes, indigents, carrément populistes. Ça relève de l’insulte à sa propre intelligence (et à la nôtre). Nous ne sommes pas loin de la honte totale et d’un déni, j’entends par déni, celles des valeurs qui l’animaient, et ce en quoi il croit.
[3] « Il faut bien sûr d’abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C’est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C’est la raison pour laquelle, j’ai pris la décision de créer le RSA, d’augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux (…] J’assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C’est une décision juste et raisonnable » [Nicolas Sarkozy – Discours de Toulon – Jeudi 25 septembre 2008]
02:07 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Je M'Excuse Mais Merde !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent wauquiez, rsa, minima sociaux, cancer de la société, sortie de crise, observatoire des inégalités, dire tout haut, penser tout bas, populisme, moralisation du capitalisme, précarité, grande pauvreté, présidentielle 2002 |
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26 avril 2011
Douce France
Il a raison, Ménard. Y’a des choses qu’on ne peut plus dire... Sinon, c’est la curée. Voilà qu’on te tombe dessus, recta. Voire pis... Mais j’en ai cure, suis une tête brûlée, le « Pappy » Boyington certifié du Net… Or donc, moi itou, je vais donner dans la parole libérée, décomplexée. Même pas honte. Ni peur… Puisque nous voici au point où nous pouvons TOUT DIRE, au nom du sacro-saint « sans tabou », permettez que je me joigne derechef au concert.
Il a 19 ans. Se prénomme Haythem. Vit à Zarzis, dans le sud de la Tunisie... Il a un « rêve ». Que la journaliste [1] qualifie d’« obstiné » : quitter son pays, gagner la France. Et quand on lui demande pourquoi, il répond que « Tout est bien là-bas (…) le travail » tout ça… Alors qu’ici, à Zarzis, y’a rien. Que du chômage [2]. Pas d’avenir. Ou alors, la prison. Un mot de trop, un geste de travers, et hop, t’es bon pour le zonzon. A l’entendre.
Mais… la révolution, p’tit gars, celle qui vient d’avoir lieu ?
Il y croit pas, à la révolution, Haythem : « Rien ne changera » qu’il dit, « Le système restera aussi pourri qu’avant »... Alors, y’a pas d’autre choix, que celui de partir. Pour « vivre », enfin. Et… « Gagner de l’argent ». En France où « tout est bien ».
J’suis ballot. J’aurais dû faire comme Ménard. Lui donner un titre bien plus provo à cet article. Par exemple : « Vive Haythem ! » ou « Vive Les Clandestins ! ». Tant ce sont – apparemment – les derniers au monde à lui trouver du charme, à notre pays.
A croire qu’ils sont pas au courant : Guéant, Hortefeux, mâme Brunel, Le Pen, Raoult, et quelques Valls (qu’on laisse aller – oui, c’est une blague à balles deux, mais c’est pour détendre), ils doivent pas connaître.
« Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » n’a donc pas traversé la Méditerranée. Pas plus que : « Il faut les remettre dans les bateaux ». Ni : « Les français » qui ne se sentiraient « plus chez eux ». Envahis – ne jamais hésiter à utiliser des termes bien guerriers pour faire « super » peur – par toute cette horde de mahométans « occupant » nos rues (moins d’une dizaine) par la prière.
Et je vous passe les saillies récurrentes du multirécidiviste Eric Zemmour. Ou tout autre propos qui, il y a à peine dix ans, en aurait révulsé plus d'un...
Avouez, que ça réconforte de l’apprendre. On aurait pu craindre que l’image de notre beau pays en fût écornée, pour longtemps. Grâce à Dieu – par chez nous judéo-chrétien dans un pays ô combien laïc – il n’en est rien.
Mieux encore : Haythem et ses compagnons sont persuadés qu’en France, il y a du « travail », or donc, qu’on peut « gagner de l’argent ». Bref, que la France est un paradis, la terre idéale, celle de liberté. Entre autres…
C’est rassérénant, n’est-ce pas ? D’être désiré, d’une certaine façon. Qu’il y ait encore, quelque part dans le monde, des êtres humains qui considèrent ainsi notre pays. Aussi haut, aussi beau… Ah ! je vous avoue que je suis tenté par la grandiloquence, tant je suis heureux, fier même – la voilà, la grandiloquence – fier d’être Français !
Car comment pourrait-on l’être si nous étions honnis, détestés, que de nous ET de la France, on disait pis que pendre… C’est que, ça compte ; l’image !... Et ça fait chaud dans le cœur, et même ailleurs, de constater, via Haythem, que ni Zemmour, ni Guéant, ni Hortefeux, ni personne, pas même Sarkozy, ne l’auront abimée… Malgré eux, la France conserve son aura. Son attrait…
Imaginez, un instant, que ce ne fût plus le cas. Que la France soit vue comme un repoussoir. Peuplée d’êtres apeurés, recroquevillés, méfiants, trouvant mille maux et autres torts à celui – l’étranger – qu’aurait le toupet de ne point lui ressembler, qui nieraient toute richesse autre que la petite sienne, un peuple coupé du monde, reclus, étroit, d’une mesquinerie sans égale ; mais nous serions, n’est-ce pas, les premiers à prendre un bateau, fût-il radeau, pour la quitter !
Ce qui fait que nous soyons fier de notre pays, ce n’est pas un drapeau, ce n’est pas une armée, à peine son économie, c’est sa grandeur. D’âme… La voilà, la richesse, la seule qui vaille et compte, dans un monde où les salariés de base sont dissous par les lois du marché, essorés par le néo-libéralisme.
Mais dire cela, en 2011, parler de « générosité », de « fierté », de « grandeur d’âme », d’Amour même, c’est prêter le flan. C’est, à coup sûr, déclencher la haine, une curée monumentale.
Haythem, ne le sait pas, mais va le découvrir, plus souvent qu’à son tour, cette France dont il a conservé une image enfantine, une du passé, pas si lointain – et puisse que cela continue chez de futurs Haythem – a été prise d’assaut, dans la presse, dans la télé, dans la radio, un peu partout, par d’étranges personnages fustigeant (en échange de juteux émoluments) la – je cite – « bien-pensance » et le « politiquement correct ». Termes putassiers, définitifs, propres à salement couper tout débat digne de ce nom – si tant est qu’il en restât encore.
Si j’osais, je dirais qu’ils « occupent » la France, ces « gens-là ». Leur résister, avec du cœur, de l’Amour, mais aussi, de la force, de la fermeté, de la « détermination » comme l’on dit, c’est se voir, d’emblée, et méprisamment, ô combien, reléguer dans l’univers des Bisounours.
Ces bourgeois, ces « bobos » (car ils en sont, ce sont les premiers d’entre eux ; voyez comme ils vivent grassement, et si loin du peuple) s’ingénient quasi quotidiennement à nous faire la leçon, la Morale, à grands coups de : « Vous n’avez qu’à en prendre un chez vous », « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et comme la « gauche » - ou supposée – renonce, petit à petit, de plus en plus, à tous ses idéaux, l’idiote ! les voilà qui fanfaronnent d’autant. Vulgairement : ils se la pètent. Et dans la soie…
Ils sont la « nouvelle pensée unique », en vérité, les fossoyeurs de notre pays, de ses valeurs, celles d’humanisme, allant même jusqu’à taire ses errances (ce serait « repentance », qu’ils assènent), glorifiant le colonialisme et tutti.
Et pourtant, malgré eux, toute leur rancœur, tout le moisi, il se trouve encore, dans le monde, des Haythem pour la trouver belle, la France. Et je m’en réjouis. Oh que oui !
Ils ont beau éructer, les Zemmour & Cie, pignon sur rue médiatique qu’ils ont ; prendre la roue des idées de l’extrême-droite, nos politiques de papier obsédés qu’ils sont, et uniquement, à conserver leurs postes de députés, de ministres, de lèche-bottes ; rien n’y fait.
Au fond, seuls sont touchés – et salement – ceux qui vivent ici... C’est que, à force de les entendre baver, on finirait, oui, par croire que nous habitons un petit pays sans envergure, tout miné, tout étriqué, sans âme, un pays à la merci de.
Ce n’est pas ce que pense Haythem. Pas encore… Mais nous devrions l’aider à faire en sorte qu’il continue de le penser. Et longtemps…
Penser que douce est la France, accueillante, ouverte, humaine, et qu’au Diable aillent se faire pendre ses curés de la « nouvelle pensée unique » ! [3]
[1] La journaliste en question, c’est Alexandra Deniau.
Pendant trois semaines, elle a suivi le « périple » de Haytem et de ses compagnons.
A l’arrivée, un reportage intitulé « Les Naufragés De La Révolution » et diffusé en ouverture d’Envoyé Spécial, jeudi 21 avril, sur France 2.
[2] A Zarzis « une personne sur quatre est au chômage » nous apprend Alexandra Deniau, au cours du reportage.
[3] Qui – c’est assez cocasse – se plaignent qu’on ne peut plus rien dire et n’ont cesse, cependant, de dire ce qu’ils pensent. Une pensée rance. Sale image de la France.
18:01 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, pensée unique, révolutions arabes, espace schengen, france terre d'accueil, zarzis, la nouvelle pensée unique, racisme ordinaire, lepénisation des esprits, immigration clandestine, les valeurs de la france, lampedusa, populisme |
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16 juin 2010
Et Sébastien Renonça A Nous Pomper Le Dard !
[Article publié sous le titre de "Et Sébastien Vint Nous Pomper Le Dard" le 27 mars 2010 sur Refais Le Monde avec en sa queue, le renoncement dudit Sébastien en vidéo, ce mercredi 16 juin 2010, jour de ... "retraites" ... ]
Avant-propos [17 juin 2010] : "Monsieur Sébastien, vous dites que, oh ben ça alors, Internet, vous ne saviez pas qu'à ce point c'était une poubelle. Monsieur Sébastien, Internet est à l'image du monde. Ni plus, ni moins. Nous ne vivons pas dans le monde joyeux des Bisounours. Et le monde va mal, Monsieur Sébastien. Très mal. Ceci étant, vos arguments avancés (médias, Internet-poubelle), sont assez lamentables. Quand on croit en un combat, quand on s'engage, on tient ce combat, vaille que vaille. On se bat, comme chantait Ferré. Je constate que vous lâchez le manche, - et quoi que je pense de ce manche (on s'en fout) - pour des raisons merdeuses. Or, donc, j'en tire la conclusion, que cette initiative, le DARD, n'était rien d'autre qu'une opération promo. Car, encore une fois, quand on a des convictions, quand on pense qu'on peut être utile, on se bat ! Jusqu'au bout ! Et peu importe ce qu'on en dit. Aussi, je ne retire pas le moindre mot du billet écrit le 27 mars 2010. Vous venez de les valider par votre piteux renoncement."
Mais qu’avons-nous fait, bon sang, quelles sont nos fautes, sont-elles si grandes, pour que ce fut, lui, Patrick Sébastien qui vint à notre rescousse, brandissant un manifeste qualifié par ses soins d’humaniste, un manifeste nous invitant non pas à la révolution, eh non, mais à la révolte ! Sommes-nous donc à ce point maudits ?
Ah si j’avais su, et comme je le jure devant Dieu et cette République laïque et indivisible, je me serais mieux battu ! J’aurais donné de mon temps et de ma personne ! J’aurais donné mon sang, ma maison, ma femme, et ce qu’il me reste d’économies afin d’éviter cette triste issue : notre destin presqu'aux mains d’un “tourneur de serviettes” !
Comment ?
Je serais, vous dites, discriminant, hautain ou arrogant, en traitant monsieur Sébastien de “tourneur de serviettes" ? Mais, n’est-ce pas ainsi qu’il se présente et se définit ? N’est-ce pas cette image qu’il trimballe et défend ? Et encore, aujourd’hui, dans ce combat auquel il nous convie ?
Mais, bien évidemment, sinon, qu’il a le droit, ce saltimbanque, de monter au créneau ! Comme Pierre Arditi ! Lilian Thuram ! Ou je ne sais quel Patrick Bruel ! Comme n'importe quelle icône médiatique ! Là n’est pas le problème, ni la question ! C’est juste que bon, on eut préféré que ce soye un Voltaire, un Molière, un Hugo ou un Camus, et même, allez, tant pis, au point où nous en sommes, un Sartre ! Il est vrai qu’après Sartre, il y eut Montand ! A partir de là, et pour citer Gad Elmaleh (autre philosophe des temps modernes) c’était comme qui dirait “la porte ouverte à toutes les fenêtres” !
Cela dit, je l’avoue, j’en conviens, ça ne me va pas plus, même ça m’indispose et me dérange, ces Duhamel et autres Aphatie, tous ces confortables qui font la moue, celle du dégoût, lèvent les yeux au ciel, quand devant eux, on évoque, sourires entendus, Patrick Sébastien et son association à but non lucratif, le D.A.R.D. ! Car tel est le sigle - ou le signe de ralliement - dudit manifeste, un sigle qui, selon monsieur Sébastien, ferait et référence à l’écrivain, le Frédéric, aussi à la guêpe et son essaim. Pourtant, et comme c’est bizarre, dans ce D.A.R.D., on y voit ou entend également du Bigard, comme une connotation grivoise, pour ne pas dire graveleuse, celle qui vient du slip, allons enfants du pif et du calendos, à vos majeurs pointés, on va leur montrer, et leur mettre où je pense, franchouillis, franchouillas, nous voilà ! Une certaine idée de la France ! Celle qui fait "tagada pouet-pouet" ! Celle qui s’exprime le matin chez Bourdin & Co sur RMC Info ! Celle du “bon sens” nous assure Sébastien !
Quoi ? Je ferais là, encore, preuve de suffisance, de cynisme et de dédain ! Mais non, voyons ! Allons ! La vérité est ailleurs, comme le disait Fox Mulder (ah ben puisque la télé est désormais religion, parole d’évangile, j’y pioche et j’y prends, puisque si bas, nous voilà rendus ou vomis).
Ailleurs, donc, mais où ? Mais j’en sais foutre rien, à la fin ! Personne ne le sait plus, à vrai dire. Du coup, chacun devient légitime. Tous les avis se valent. C'est la confusion totale. Plus de repères. Niquée, la lumière ! Et toi donc, Voltaire !
De fait, il n’est point étonnant, tant ça nous pendait au nez, et copieux, qu’il surgisse le camelot, le médiatique, le bateleur, le généreux, à grands coups de “Je” et d’altruisme conjugués ! Oyez, oyez, souffreteux, miséreux, exclus, bouillus et foutus, esgourdez donc c’te invitation à construire une société nouvelle, vidée de tout mépris, de toute suffisance, de cette salope qu’est l’indifférence ! Une société idéale où l’on ne te volerait plus tes libertés, sans le moindre abus de pouvoir, parce que, sais-tu, le pouvoir, c’est mal ! ... Bouh ! ... Le bien c’est : l’Amour ! Ami, entends-tu : “L’Amour” ! “Efforçons-nous” (puisque tel est le slogan du D.A.R.D.) d’essayer de “nous rassembler le plus possible pour que le pouvoir de l’Amour soit plus fort que l’amour du pouvoir !” .. Si avec ça, Patrick Sébastien ne détrône pas Yannick Noah (autre philosophe d’aujourd'hui) du Top50 des personnalités préférées des français, ou tout au moins, ne dépasse pas, la Joséphine, l’ange-gardien, la Mimie Mathy, je vous le dis, ce sera la chienlit !
Quoi, j’y vais un peu fort et méchant ? Plus encore que le Guillon (autre sombre héros des opprimés que nous sommes) ou que le Zemmour ? .. Ah bon ? .. Mais enfin, savez-vous donc ce que signifie ce sigle, le D.A.R.D. ?
Droit Au Respect et à la Dignité !
Voilà oui, rien que ça ! Ni plus, ni moins ! Et ce serait avec (ou par) Patrick Sébastien que nous retrouverions ce droit ?
Eh bien non !
Non, car fallait-il encore qu’auparavant, monsieur Sébastien se déloque, se défasse ou s’affranchisse, qu’il abandonne, un temps, ses autres mandats, les médiatiques, les télévisuels, afin de se consacrer TOTALEMENT à ce combat, cet engagement, tant il réclame du temps, de l’énergie, du corps et de l’esprit. Tant l’affaire est grave quand on le lit ! Mais si tel est le cas, la situation, alors, c’est à bras-le-corps qu’il faut y aller, s’y plonger, n’avoir aucune autre priorité que le D.A.R.D., pas jouer en parallèle le saltimbanque de cabaret, sinon, c’est pisser dans un violon, ou à la raie, la nôtre en l’occurrence.
Dites, ça relève moins du militantisme que du dilettantisme, votre affaire, à mi-temps, monsieur Sébastien ! Non ?
Oh bien sûr, cela ne lui aurait pas évité les sarcasmes, les quolibets et autres narquoiseries, tant elle lui colle, sangsue, à la peau, cette image de "tourneur de serviettes", animateur de fin de banquets, mais, il eut été moins aisé, s’il s’en était délaissé, ou écarté, un peu, de mettre son engagement, sa sincérité, en doute. Ou de s’en gausser.
Mais non, rien à faire, cette image, l’indécrottable, il ne veut s’en départir, et vlan ! Il te la colle, chewing-gum, à son manifeste, par un sigle avant tout grivois, digne du Bigard, le D.A.R.D., et comme c’est bizarre, on y lit moins du Frédéric ou je en sais quel essaim de guêpes que ce cri-ci :
”Vous nous l’avez que trop pompé, le dard !”
"Vous", ce sont les politiques, les élites (qu'on honnit à n'en plus pouvoir, aujourd'hui) les intellectuels (s’il en reste) les sociologues, les experts, les journalistes et toute la clique ! Avec notre D.A.R.D. on va vous en faire voir, mes saligauds ! Et profond ! Voilà ce qu’il est donné à entendre ! Et de fait, ce “populisme” dont on habille monsieur Sébastien et son initiative, n’apparait pas plus disproportionné qu’immérité !
Il aurait fallu, c'était nécessaire, je le répète, avant d’engager ce combat, de nous le proposer, que monsieur Sébastien se “décabarétise”, se “dépetit-bonhomme-en-moussise”, qu’il envoie valdinguer cette image, celle du "tourneur de serviettes", qu’il renonce à la grivoiserie, au majeur pointé et toutes autres allusions au gaudriolisme.
Qu’il se présente nu ou sous un jour nouveau, sérieux, grave, oui grave ! Puisqu’à l’entendre, la situation l’est.
Un combat, tel que celui-ci, monsieur, ce n’est pas du spectacle, de la magie ou du cabaret ! C'est du velu ! C'est une vie !
Mais puisqu’il n’a pas su, ou voulu se départir de cette image, puisqu’il a souhaité, mordicus, qu’elle l’accompagne, alors, déjà, par son manifeste, c'est lui, Sébastien qui nous le pompe, et grave, le dard.
Et franchement, vu où qu’on est, rendus - ou perdus - c’était vraiment pas le moment ! Ah ça non ! Ni l’endroit !
AJOUT du mercredi 16 juin 2010 :
Sébastien annonce la fin du D.A.R.D. précisant, dans cette vidéo, qu'il n'imaginait pas qu'Internet était à ce point "une poubelle" ..
19:51 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick sébastien, le dard, une révolte pas une révolution, manifeste humaniste, le boycott est notre arme, populisme, prenez-nous pour des cons !, exploitation de la misère sociale, fin du dard |
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18 novembre 2009
C’Est Maintenant Ou … Patrick Sébastien !
A force, noyés, ou se laissant noyer, par les flux et les flots contradictoires des infos, des avis, rien, on ne remarque plus rien. On accepterait même l’impensable, sans moufter. Comme ça.
Toutes ces images, tous ces mots, ce brouhaha permanent, partout, dans la radio, sur nos écrans, tout le temps, il faudrait s’en défaire, s’extraire, se dire que, ça n’est pas important, non ça ne l’est pas tant que ça ! A quoi bon, après tout ? Avec ou sans moi, ça tournera aussi mal que pire, et d’ailleurs pourquoi avec moi ? Hein ? Qui suis-je, ou serais-je, pour penser que ce pourrait être avec moi ? … Quoi, dans l’urne … ? Ma voix dans l’urne, c’est ça ? Elle compte, cette voix ? Et si je disais non, je ne crois pas, elle ne compte pas plus que les autres, que la tienne, elle est insignifiante, relativement insignifiante ! Le génie, pervers, mais génial, c’est de nous avoir fait croire que cette voix, mais bien sûr qu’elle compte, il ne faut pas y renoncer, ne renonce pas, vote, exprime-toi, alléluia, après quoi …
… Après quoi, Zemmour, Giesbert, Duhamel, Barbier et tous les autres - TOUS les autres ! - et comme ils sont nombreux, et de plus en plus, et toujours les mêmes, je veux dire, pensant pareil, parlant sur le même mode, viendront t’expliquer, flux, flots, pourquoi, où et comment elle marche mal, la société ; viendront t’expliquer, flux, flots, que les gens pensent que, que les gens voudraient que, qu’ils ne sont pas, les gens, contents parce que ; mais les gens, c’est qui ?
C’est eux ?
C’est effrayant, non, toutes ces personnes, oh certes brillantes pour quelques-unes, toutes ces personnes dans la radio, la télé, la presse, partout, qui, à intervalles réguliers, parlent de nous, des qui chôment, qui sont seuls, ne savent plus, des qui sont prêts à tomber, tout lâcher, ou qui votent mal, et d’ailleurs, s’ils votent mal, Front National, c’est bien parce qu’ils souffrent, qu’ils sont seuls, ne savent plus … Ah ! C’était donc ça ? ...
Toutes ces personnes, confortablement assises, gracieusement rémunérées, qui désossent, parfois entre deux salves d’applaudissements - les nôtres - le mal-être qui nous ronge, la colère, légitime disent-ils, qui nous tente mais jamais n’éclate, vraiment.
Et ça fait des années que ça dure, des années qu’ils parlent, comme ça, de nous, du voisin, et pourquoi pas de son chien, celui qu’a la rage, de notre façon de vivre même, de nous habiller, de boire, de bâfrer. Ça fait des années qu’ils nous donnent la leçon. Qu’ils nous font la morale.
Et nous ?
Oh nous, on existe à peine, mis en scène, grotesques dans des jeux de cirque télévisés, furtifs dans un micro-trottoir ou pathétiques figurants de reportages, montés, coupés, mixés, "floutés". Sans droit de regard.
Nous, nous sommes au bout d’un fil, celui numérique d’un standard radiophonique, mais vite fait, faudrait pas déranger, tu comprends - la pensée, la dominante ? Et si jamais, le temps d’antenne tu dépasses, tu t’épanches, on passe au suivant, on enchaîne, on te zappe, non sans t’avoir soigneusement fiché. Les fichiers, sais-tu, ça existe, en radio, comme en télé ! Nous y sommes, après notre passage, répertoriés comme “bon” ou “mauvais client”. Avec toutes nos personnelles coordonnées.
Nous sommes, au mieux, de la chair à canon d’audimat, une variable d’ajustement ; au pire, mais à vrai dire et pour eux, du bétail, un troupeau qui fait “meuh”, qui fait méééé” (68, parfois ..)
Puis, comme nous nous sommes exprimés, ils reviennent, Barbier, Bacqué Reynié, et TOUS les autres, les revoilà autour d’une table ou n’importe quelle autre table de n’importe quelle autre émission, télé, radio, peu importe, ce sont toutes les mêmes, car ce sont toujours les mêmes personnes qui y sont conviées, et s’il y en a une nouvelle, de personne, c’est encore la même, puisqu’elle pense et s’exprime, flux, flots, comme ses pairs, ses glorieux et médiatiques aînés.
Encore ils parlent de nous, de ce que l’on veut, de ce que l’on pense, et même quand nous ne disons rien, c’est pas grave ! Il y a des sondages qui disent que nous pensons ceci, nous voulons cela ; alors c’est reparti, ça continue, et pourquoi diable sommes-nous ainsi, volatiles, versatiles, j’entends même ingouvernables ! Ah, mais c’est ça, la France ! Les français ! Voyez-vous, nous sommes formidables, nous, les français ! Oui, formidables, parce que, au fond, même ingouvernables, elle tourne encore et toujours la République, et pas si mal que ça ! Elles passent les réformes, mêmes les plus liberticides ! Oui, on râle, on geint, on se plaint, on trépigne et parfois manifeste, mais finalement, hein, ça tient ! Mais ..
… Mais comment est-ce possible ?
Je veux dire, comment en est-on arrivé là, à laisser parler ces gens-là, à notre place ? A penser pour nous, et parait-il - tu vas pas le croire ! - pour notre bien ?
Qui sont-ils ces consultants, ces analystes, ces éditorialistes, pour que nous leur accordions tant d’importance ? Que vivent-ils, au quotidien, pour savoir ce que je suis, ce que je souffre, ce que je veux ou ne veux plus ? Par quel miracle ou falsification de la pensée, peuvent-ils, ainsi, nous décrypter, comme des grenouilles nous disséquer ? Du haut de leurs plateaux, radio, télé, oui, de là-haut, sauraient-ils, infailliblement, ce que nous sommes ?
Vraiment ?
S’ils le savaient, mais avant tout, s’ils nous considéraient un peu, rien qu’un tout petit peu, alors pourquoi, hein, quand quelqu’un, un autre qu’eux, ose venir, là-haut, les interpeller ou les contredire, avec des mots de presque tous les jours, des pas conventionnels, des hésitants, alors ils le traitent avec condescendance ou net, de … bobo ! Oui, tu m’as bien entendu, de bobo ! Parce que, eux, bien sûr, ils n’en sont pas ! Oh non, ils sont bien au-dessus de ça, confortablement assis, gracieusement rémunérés ! Ils sont la loi, oh si, ils le sont ! Et avec la notice, s’il vous plaît ! C’est eux la raison. C’est eux !
Et si, une autre fois, un type, un qui parle comme il parle, tu vois, un salarié, ou celui qui les défendrait, comme ce Xavier Mathieu - tu te souviens ? Alors là, c’est d’abord la gêne sur le plateau, parce qu’il parle comme il parle justement, parce que oui, il peut être grossier, mais la vie, elle est grossière ! La vie, il l’éprouve, lui, et c’est pour ça qu’il n’a pas d’autres mots pour la décrire ; et alors tu sais quoi ? Alors, le mépris ! Oui, le mépris, je t’assure, il se lit, il transpire chez ces gens-là, et lui, le salarié, le Xavier Mathieu, il le sent, ce mépris, alors il hausse le ton ! Normal, vu comme on le traite ! Il se révolte, oralement se révolte, et là, c’est la curée, ils disent que c’est insupportable, qu’il est violent ! Ah mais si, vous êtes violent ! Enfin, écoutez-vous ! Et ça, la violence, c’est inacceptable ! I-nac-ce-pta-ble ! N’est-ce pas, Benoît Hamon ? N’êtes-vous pas d’accord ? Il est d’accord, Benoît, mais .. Mais non ! Trop tard. Il l’a dit. C’est inacceptable. Voilà, c’est fini. Sujet suivant ! … Et merde ! Pour une fois qu’un type parlait comme nous, tentait avec ses mots de décrire ce que l’on souffre, comme on en bave, on lui coupe la chique ; pire, on l’humilie. Il n’est pas assez bien, le salarié ; pas assez propre, le syndicaliste. Il n’est pas "éthiquement" ou "correctement" représentatif.
Alors ils reviennent, Bonnaud, re-Duhamel, re-Barbier et re-TOUS les autres, et à nouveau, ils parlent de nous .. Non !
Non, c’est plus possible !
Je (me) dis que ce n’est plus possible. Il faut arrêter ça. Les gens qui parlent à notre place, faut arrêter ! Ces gens qui ne savent rien de rien de notre quotidien comme de nos rêves, ça suffit ! C’est à nous, désormais, de parler. A nous !
Quoi ?
Du populisme, dis-tu ?
C’est ça ?
Eh bien soit, si tu le dis, allez, noyé que je suis dans les flux, les flots, je basculerais donc, puisque ça te fait tant plaisir, dans un populisme de mauvais aloi en faisant part de ce que je pourrais appeler mon exaspération, sauf que, c’est bien au-delà, de l’exaspération. Très au-delà !
De toutes les façons, quoi qu’on dise, ou écrive, nous les sans-noms, on se fera mal traiter de "populistes", de "bobos", de "démagos", de "poujadistes", voire même, plus salement encore !
Quoi qu’on dise, ou écrive, l’étiquette, une infâme de préférence, est prête, prête dans le seul but de nous discréditer, nous faire passer pour ce que jamais nous fûmes, nous renvoyer, gueux, manants, d’où l’on vient.
Alors, puisque c’est ainsi, ainsi qu’ils nous voient, décrivent et maltraitent, autant y aller : reprenons la parole, cette parole que chaque jour et depuis trop longtemps, ils nous volent et travestissent ! Gueulons, scandons, manifestons, faisons-nous entendre, tout de suite ! Maintenant ! Sinon …
Sinon, c’est Patrick Sébastien qui le fera.
17:02 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick sébastien veut créer un rassemblement humaniste, ces gens qui parlent à la place du peuple, les éditocrates, bobos, populisme, pensée unique, confiscation de la parole, marketing de la pensée, ça suffit ! |
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