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06 octobre 2011

Ce Qui Plombe Le Parti Socialiste

Passons sur la forme, debout derrière un pupitre, par le temps de parole limité, deux éléments qui concoururent à faire de ces débats quelque chose de passablement guindé. Six candidats dans un carcan. Avec pour s’en échapper, le recours au tutoiement, aux prénoms (« Je suis d’accord avec Martine », « Est-ce que François peut nous expliquer… », « Pas de coups tordus, Arnaud »…).
La forme importe peu. C’est le fond qui compte. Ce qui s’est dit. Et ce que l’on en tire. Un aveu collectif. Celui d’impuissance. Bref : plombant.

Les-Bras-Croisés.gifCe qui plombe le Parti socialiste, ce n’est pas DSK. Mais ceux qui l’ont soutenu. Avant de comprendre, un peu tard, qu’ils étaient dans l’erreur, le déni. Mais, jamais, ils ne feront amende honorable, reconnaîtront qu’ils eurent tort. Tant ils sont pétris de certitudes, d’arrogance, voire de mépris. Pour eux, toujours, « Les jeux sont faits ». Ce ne sont pas des socialistes, mais des croupiers.

Ce qui plombe le Parti socialiste, ce sont ses girouettes, ses opportunistes. Fabius, par exemple. Héraut du « non » au Traité pour une Constitution Européenne, avant, le misérable, de tourner casaque. J’appelle cela : « Trahir la confiance du peuple souverain (de gauche) ».
Plus encore, Jack Lang. Toujours prompt à se ranger dans le camp du vainqueur potentiel. Avant-hier, Royal, hier Aubry, aujourd’hui Hollande. Lang c’est le Séguélisme. L’anti-gauche. Le bobo dans toute son horreur. Langue de bois. Toujours là. Qu’on se demande comment c’est possible. Tant il est grotesque et creux. Petite sangsue. Sans envergure. Faussaire. Et fossoyeur. Une honte totale, insupportable.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est son renoncement. Aux valeurs de la gauche. C’est sa conversion au libéralisme.
Bertrand Delanoë, ce commercial, aura – et comme on l’en remercie ! – eu l’impudeur de l’affirmer, clairement : « Oui, je suis libéral ET socialiste ». Ce qui ne peut être possible. C’est l’un ou l’autre.
En vérité, cet « outing » renvoyait à icelle jospinerie : « Mon programme n’est pas socialiste ».
En bon protestant, rigoureux, austère, sincère, Jospin convenait, entre les lignes, à mots couverts, que son programme était libéral. Donc, non-socialiste.
Delanoë, sous prétexte d’audace, aura voulu réconcilier l’inconciliable. Ce n’était pas de l’audace, mais un abandon. Et les classes populaires, moyennes, ont bien entendu le message. Elles ne reviendront pas. Terra Nova a gagné le combat. En loucedé. Travail de sape.
C’est aux cadres, désormais, que ce parti s’adresse. Aux notables, et autres petits bourgeois.

S’il était honnête, ce parti changerait son nom.
Il n’a plus rien de socialiste.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est une date : le 21 avril 2002. C’est ici, qu’il s’est figé. A tout jamais.
Cette date est primordiale. Elle a tout changé. C’est à partir de là, que tout finit. C’est ici, que commence le renoncement. Que le droit d’inventer succombe au droit d’inventaire. Paradoxalement. Car, on eut pu espérer le contraire. Que justement le 21 avril 2002 réveillât le cadavre. Momifié dans son mitterrandisme. Qu’il retrouvât, alors, ce qu’il avait égaré : sa gauche. Ce souffle formidable, d’espoir, d’imagination.
Mais non. Tétanisé, il n’aura pas compris ce que signifiaient les victoires locales, s’enchaînant, régionales, municipales, européennes. Plus encore le « Non » du 29 mai 2005. Autre date. Autre échec. Dernier sursaut. Balayé par une présidentielle dictée par les seuls sondages. Et la trouille.

Terminées les convictions, les idéologies.

Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est la peur de revivre le 21 avril 2002. Ça l’obsède.
Il ne sait pas comment s’en défaire. Il n’a toujours pas compris pourquoi les classes moyennes et populaires l’ont déserté. Alors que la réponse est évidente. Elle crève les yeux. Les urnes, aussi.
Hollande est le représentant de cette obsession, de cette peur. Voilà qui mériterait une analyse. Psychiatrique. Tant il est complexe et paradoxal, le soi-disant « candidat normal ».
La norme pour conjurer le sort, mais quelle est-elle ? Qu’est-ce qui fait norme ? Qu’est-ce que le normal au pays du Front national ? Entre 18 et 20% dans les intentions de vote, du jamais vu, mais qui fait sens : cela dit combien le peuple souffre (de l’absence de gauche).

La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité.

Ce qui plombe le Parti socialiste c’est l’absence de radicalité. La crise, pourtant, aurait dû le conduire à se radicaliser, justement.
A la colère, pas à l’indignation. Aux idées révolutionnaires, pas à la mollesse.
Mais non, ils, les candidats, ont opté pour la compétence, la crédibilité. Le PS s’est Obama-isé. C’est la droite sociale. Ni plus, ni moins.

Quant à Montebourg, comme hier Hamon, c’est l’alibi. Mais rien en lui, ne transpire la gauche. C’est un jeu. De dupes. Hier soutien de Royal, aujourd’hui démondialiste. C’est (que) de l’image. Montebourg n’a rien de Bové, moins encore de Mélenchon. C’est du côté de Valls qu’il faut plutôt chercher. La « gauche moderne ». Celle de la TVA sociale. Des quotas d’immigration. Une gauche de droite. Et ça n’est point caricature. C’est une réalité. Car c’est la logique même, la poursuite de la conversion au libéralisme du PS. Avec Hollande en synthétiseur. Comme toujours.
 
Et tant pis si Ségolène Royal, lasse, usée, désolée, finit par lâcher cette vérité, la seule entendue lors des trois débats : « Alors nous ne sommes plus socialistes ».
C’est fini. Elle le sait. Et d’ailleurs, elle soutiendra le vainqueur. Les jeux sont faits. Comme dit le croupier.

Pour tout cela, entre autres, ces débats auront été utiles. Ils auront permis une clarification. Une mise au point. Même Fillon salue la performance. C’est dire …

Nous savons, désormais, qu’il n’y a plus de gauche dans ce parti. Il (y) a renoncé.
Il aura refusé, toujours, encore, de prendre la mesure du 21 avril 2002. D’entendre les souffrances, le désarroi. La solitude.
Même la crise n’aura rien changé. C’en est terrifiant.

On aurait pu espérer une rébellion, un combat à mener contre le système régit par le marché et la finance, un combat pour la liberté, mais non ; enfermés dans leur carcan, nos six représentants à grands coups de mots-clés, d’éléments de langage, de formules, statiques, sans colère aucune, sans souffle, sans révolte, auront enterré, publiquement, Jaurès, Blum et même, Mendès-France.
En se tutoyant.

Alors je conçois que beaucoup aient hâte de voir Sarkozy partir. J’entends même que c’est une question de fierté à retrouver. Ce 21 avril 2002 qu’il faut effacer. Aussi.

Mais qu’est-ce que ça veut dire de gagner quand rien n’est grand, beau et fort ?

Qu’est-ce que ça veut dire de gagner pour gagner ? Qu’est-ce que ça va nous apporter ? Si c’est pour vivre dans le même système, les mêmes règles, si rien n’est remis en question. Si Lang est toujours là. Et Fabius. Et tous les autres.

Qu’est-ce que ça va changer au quotidien de ceux qu'en bavent, qu’on humilie chaque jour, à ceux qui espèrent, demain, avoir leur petit coin, rien qu’à eux, enfin se poser, après tant d'années de travail, de servitude ?

Qu’est-ce que ça va changer de porter au pouvoir des hommes et des femmes qui s’accommodent, peu ou prou, d’un monde où le profit, la compétition, le chiffre, passent avant toute chose, avant la vie, avant nous ?

Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, les laborieux, qu’on écoute pas, des ajustements à la marge ? Sommes-nous donc que cela : une variable ? Qu’on corrige. Qu’on trimballe. Et nous devrions nous en satisfaire ? En être heureux ?

Mais non. Non, il ne faut pas. Il faut résister. Se révolter. Pousser au cul. Il faut les secouer, ces gens-là, ces notables, ces raisonnables. Si tant est que ce soit encore possible. Ou juste envisageable.

Mais quand on regarde le peuple, les bras croisés, ainsi qu’on le voit, sur l’image illustrant cet article, image strauss-kahnienne, à certains égards, avec le terme de "gauche" comme argument de vente, mensonger, que peut-on espérer, tant cette image (qui se voudrait rappel d’une force tranquille, mais qui n’est celle, en vérité, que d’une faiblesse assumée) semble nous dire : « Les jeux sont faits ». Or donc : rien ne va plus.

De ce jeu, de dupes, nous sommes les billes. Les roulés. Les refaits.
Les éternels plombés.

30 novembre 2010

L’Emmerdeuse

 

Ségolène Royal Présente ....jpg



Martine : Il dit quoi, Pignon ?
Dominique : Je sais pas ... On dirait qu’il se nettoie les doigts ..
François : Je ne me nettoie pas les doigts, je réfléchis.. Et arrêtez de m’appeler : Pignon !

[L’Emmerdeuse – Un film de Ségolène Royal, depuis hier sur vos écrans – A suivre : Le Dîner De Cons, sortie prévue : automne 2011]



"C'est toujours sympa d'avoir des petits candidats un peu farfelus qui concourent à la fonction suprême" [Ben - France Inter - 30 novembre 2010]



 

05 novembre 2009

Bonne Nouvelle Pour La Gauche : Le PS Déclare Forfait Pour 2012 !

Rempotez-Moi Ca !

Entre Malek Boutih estimant qu’une victoire du PS en 2012 “n’apporterait pas une espérance nouvelle”, François Hollande se disant “sceptique” quant aux chances du PS de remporter la présidentielle-de-dans-moins-de-trois-ans et Pierre Moscovici sortant un livre brillamment intitulé “Mission Impossible ?” on hésite à penser quoi que ce soit. A vrai dire, on est bien embêtés.
Mais en même temps, on a tout de même envie …

1 – De féliciter ces trois lascars, ne serait-ce que pour la lucidité émanant de leurs propos (même affublée d’un point d’interrogation, ce qui dans le cas de Moscovici est somme toute logique, vu qu’il est député du Doubs, et que dans le Doubs à défaut de t’abstenir, tu t’interroges …) la lucidité, une qualité fort peu courante chez nos présumés socialistes. A ce point, que régulièrement on (la droite) leur reprochait un certain “angélisme”.

2 – De les féliciter une seconde fois et tambour battant (genre en invitant des amis, même Facebook) tant cette soudaine lucidité nous en bouche un sacré coin !

3 – De leur dire, nonobstant et passé notre étonnement qui n’était, bien évidemment, que cynisme et ironie au carré, que si c’est une tactique pour faire croire à Nicolas Sarkozy que la voie est libre, qu’il a déjà gagné haut la main et les doigts dans le nez (ce qui, physiquement, n’est pas banal et, à la fois, fort malpoli) la présidentielle 2012 faute d’opposition, faute de PS, avec l’espoir - ou plutôt l’arrière-pensée - que, jaugeant l’affaire pliée d’avance, il baisserait la garde ou s’endormirait sur ses lauriers, voire se laisserait aller à quelques fanfaronnades de mauvais aloi (du genre plus gratinées que : “Cette élection, j’commence à pas trop mal la sentir !”) fanfaronnades qui lui feraient perdre des tas de points S’miles auprès de l’électorat au profit, bien entendu, du candidat PS, qui, du coup, et contre toute attente, viendrait le coiffer sur le poteau, c’est d’un foireux rarement égalé !
Faudrait quand même pas prendre le locataire de l’Élysée pour une burne de compétition !

Non mais franchement, quel serait l’intérêt, autre que celui – et donc foireux - développé dans le point "3”, pour un parti comme le PS (le deuxième de France après l’UMP, faut-il le rappeler, soit celui qui, théoriquement, a le plus de chance de représenter ce que, poliment, nous nommons : l’alternance) de se déclarer perdant à une élection qui, de surcroît, n’aura pas lieu la semaine prochaine, mais dans deux ans et demi ? Deux ans et demi !!! C’est qu’il peut s’en passer des évènements, et des fâcheux, durant ce laps de temps, d’autant plus que la crise n’a pas dit son dernier mot - pas plus que ses derniers maux. Pire, elle vient, pour nous autres les salariés (ou pas) d’en bas, à peine de commencer.
Et quand bien même, cette abdication (grotesque) ne relèverait pas d’une éventuelle tactique, que faudrait-il comprendre alors des défaitistes déclarations de messieurs Boutih et Hollande et de l’interrogation Moscovicienne ? Sinon, ceci :

Nous ne voyons pas qui, au sein du PS, peut battre Sarkozy en 2012. 

Car c’est bien cela, malheureusement, qui est sous-entendu : le “qui”. Rien d’autre. Et surtout pas, et c'est à déplorer, un quelconque projet. Ce qui est pourtant, le projet, essentiel, vital, incontournable pour mener un combat, espérer la victoire. C’est le projet qui peut apporter “une espérance nouvelle”. C’est un projet qui peut dissiper les éventuels scepticismes, notamment ceux des électeurs. C’est un projet qui pourrait rendre une "mission" possible. Or, en annonçant (buzzant, comme on dit) ou prévoyant à haute voix leur défaite (ou leur souhait de ne pas remporter la présidentielle de 2012 – Boutih) près de trois ans avant l’échéance, les socialistes nous font ce terrible aveu :

Nous n’avons, aujourd’hui, aucune autre politique crédible à vous proposer, aucune alternative, et nous n’en aurons pas plus une dans les 130 semaines qui nous séparent de la présidentielle 2012 !

C’est à se flinguer.

Mais il est vrai, c’est un fait, que le PS, depuis Jospin en 1995, croit plus en l’homme providentiel (qui finit par décliner forfait, comme Delors) qu’à un projet (d’où le forfait de Delors). Et pourquoi ? Parce qu’il ne sait plus ce que c’est, concrètement, qu’un projet socialiste (témoin de ce désarroi, Lionel Jospin en 2002 : “Mon programme pour la France n’est pas socialiste !”). Il ne voit pas comment il pourrait porter un tel projet dans un monde clairement libéral. Il n’y croit pas. Oh certes, ce n’est pas un scoop, chacun sait ou se doute (ou se "Doubs", à l’image du ravi de la crèche, Moscovici) se doute bien, disais-je, que cela fait belle lurette que le PS ne croit plus au socialisme (il n’a de “socialiste” que le nom, pour être clair).
Prisonnier de son étiquette, puisqu’entêté qu’il est à ne pas la changer (par exemple en rebaptisant le parti, soit en le délestant du terme : socialiste) il compte sur un homme. Une personnalité. Un nouveau Mitterrand. Un homme peu ou prou de droite, quoi (du coup, DSK semble être la meilleure option pour le PS en 2012) ! Celui qui mettrait tout le monde d’accord. Un pragmatique de droite (pure) avec un charisme de gauche (molle).
Avec un tel homme, le providentiel, le projet, celui qui se voit trop quand tu n’en as pas – ce qui est le cas, aujourd’hui - oublié ! Pas besoin ! Avec un tel homme, un projet, ça devient aléatoire, du folklore, du décoratif. Une guirlande de Noël. Un attrape-couillons, pour parler cru.

Cela dit, il y a tout de même un progrès (et nous en revenons aux deux premiers points identiques de cynisme dérisoire) : le PS sort – péniblement, mais sort - de cette soit-disant tare que lui reprochait la droite : l’angélisme. A mots couverts, il convient que le socialisme n’a aucune chance de l’emporter lors d’une élection majeure. Ce n’est plus, pour le PS, le socialisme (au sens Jaurès du terme) un facteur d’espérance.
Et c’est très bien.
Car le peuple de gauche sait désormais, et cette fois définitivement, que ce n’est plus vers le PS qu’il faut se tourner. Plus jamais.
Et donc, finalement oui, félicitons et bruyamment nos trois lascars, car, mine de rien, ils viennent de nous faire gagner un temps précieux. En gros : 130 semaines. C’est plus qu’il n’en faut pour que les vraies forces de gauche travaillent sans tarder sur et à un projet.
Si tant est, qu’elles se mettent d’accord. Ce qui, là non plus, n’est pas gagné ...

02 septembre 2008

Moscoveni, Moscovedi, Moscopasvici

Ah !
Pierre Moscovici !

Et Un De Moins !

Tu sais à qui tu me fais penser, Pierre ?

A Lionel Jospin !

[Je sais, Pierre, c'est terrible ..]

Ce bon vieux Lionel qui, du bout du bout de ses lèvres, se demandait s'il n'avait pas fait preuve de "naïveté" lors de sa campagne présidentielle de 2002 en n'allant pas chatouiller son Chirac de renard sur le thème de la "sécurité".

Et c'est bien cela, la naïveté, qui a emporté les dernières chances de Pierre Moscovici, celles d'accéder, en novembre prochain, au poste de premier secrétaire du Parti présumé Socialiste.

Tant il faut être bien naïf, ou pire encore, pour n'avoir rien vu venir.

Non mais que croyais-tu, Pierre ?

Que les Fabius, les amis de DSK ou cette belle girouette de Montebourg (le Jack Lang du 21ème siècle) allaient fidèlement te soutenir, amicalement te porter, fraternellement te sacrer, comme ils te l'avaient promis ?
C'était bien mal les connaître !

M'enfin, ne te souviens-tu pas des énormes peaux de banane qu'ils parsemèrent sur le chemin présidentiel - des primaires jusqu'au premier tour - de Marie-Ségolène ?

Car ce n'était point le camp adverse qui sortait quelques vidéos ou quelques déclarations d'antan décrédibilisant la dame de Melle, mais bien tes propres camarades, en premier lieu les Fabiusiens et les Strauss-Kahniens !
Ils ne sont pas comme toi, désintéressés, ces gens-là.
Ce sont des "combinards" de catégorie une, des "tambouilleurs" d'élite, des "ourdisseurs" de première !

Ils t'ont laissé croire, pauvre poire, à leur soutien pour mieux t'endormir, pour mieux te trahir.
Ils t'ont laissé occuper l'espace médiatique durant ces derniers mois, se disant que, enfin exposé, dans la lumière, tu t'emballerais, jusqu'à en devenir quasiment aveugle, jusqu'à ne pas voir l'impensable :
Une alliance de tes "nouveaux amis" avec la Dame de Lille.
La Martine.
L'Aubry.
Ce que tu constatas, amer et claqué, le week-end dernier, aux Universités d'été de La Rochelle !


La Chèvre De Fabius & DSK

Pourquoi elle, tu te demandes ?

Parce que, quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle dise, elle ne sera jamais "présidentiable".
Donc pour "eux", en aucun cas un obstacle.

Oh, bien sûr, elle espère l'inverse, elle s'imagine un destin royal, un avenir qui vaudrait de l'or.
Mais son manque de charisme, le poids de ses 35 heures et l'antipathie qu'elle suscite, ne la mettront jamais en position de vainqueur potentiel.
Mais bon, si elle pense qu'elle a ses chances, se sont-ils dit, autant le lui laisser croire en lui filant un os à ronger :

Le poste tant envié de premier secrétaire.

Avant de la renvoyer dans sa niche quand s'engagera la fratricide bataille qui, fin 2011, opposera François Hollande, DSK, Laurent Fabius, Bertrand Delanoë, et, peut-être, mais ça m'étonnerait fort, Marie-Ségolène Royal.
Ça m'étonnerait, oui, car je te fais le pari qu'elle perdra la présidence de la région Poitou-Charentes aux Régionales de 2010, et cette défaite scellera définitivement ses ambitions présidentielles.

Choisir Martine Aubry, c'était à vrai dire, géostratégiquement, leur seule option, bien qu'un choix par défaut.

Passons sur le cas Marie-Ségolène, ils la détestent.
Et pis d'abord, ils pensent, et à raison, qu'elle n'a aucune chance de décrocher le poste de premier secrétaire.
Ils se réjouissent déjà de sa mort politique.
Alors à quoi bon s'en soucier.

Restait Bertrand Delanoë.
Comment l'empêcher au vu de sa côte de popularité d'emporter le morceau ?
Eh bien, c'est simple !
Ils t'ont dit que les militants ne referaient pas deux fois la même connerie, sacrer un homme sur sa côte de popularité, comme ils le firent en novembre 2007 en portant leurs suffrages sur Marie-Ségolène, par les sondages convaincus de ses réelles chances de battre Nicolas Sarkozy dans la course à l'Elysée.
Qu'il valait mieux, dans l'intérêt du Parti ne point sacrer un champion des sondages (en réalité un "présidentiable" redoutable pour "eux") mais un homme raisonnable - toi, en l'occurrence - désintéressé, juste soucieux de remettre un peu d'ordre dans la "famille", d'être un arbitre, mais un arbitre n'ayant pas oublié l'année venue (2012) qui l'a aidé (Fabius, DSK) à conquérir le leadership du Parti.

Et tu les as crus ?

Tu es effrayant de naïveté, Pierre ..

Et ils l'ont TRES bien saisi.

A tel point qu'ils continuent en t'envoyant Montebourg pour - c'est son job - arrondir les angles, comme par exemple, j'en mettrais mes deux mains à couper, te proposer une place pour le moins enviable au sein du prochain bureau politique dont Martine Aubry sera la Thatcher en chef.

Et, comme de bien entendu, grand naïf que tu es, tu ne sauras refuser.

Bonne nuit, Pierre ...

... Et, Adieu, les socialistes !

 
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