05 décembre 2011
Aux Chiottes, Le Vote Utile !
Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.
Or donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui, en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».
Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…
… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.
Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?
Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.
Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.
Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.
Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !
Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque, dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.
Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués. Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.
Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !
16:58 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (130) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-michel aphatie, christophe barbier, franz-olivier giesbert, alain duhamel, jean-pierre elkabbach, les éditocrates, yves calvi, vote utile, pensée unique, les nouveaux chiens de garde, les courtisans du pouvoir dominant, le vote utile c'est de la foutaise, ne votez pas utile, votez selon vos convictions, le 22 avril foutons-leur au cul, les commerciaux de la sarkollanderie, de l'importance d'un premier tour, 47% des français ne veulent ni de hollande ni de sarkozy, place au peuple ! |
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26 avril 2011
Douce France
Il a raison, Ménard. Y’a des choses qu’on ne peut plus dire... Sinon, c’est la curée. Voilà qu’on te tombe dessus, recta. Voire pis... Mais j’en ai cure, suis une tête brûlée, le « Pappy » Boyington certifié du Net… Or donc, moi itou, je vais donner dans la parole libérée, décomplexée. Même pas honte. Ni peur… Puisque nous voici au point où nous pouvons TOUT DIRE, au nom du sacro-saint « sans tabou », permettez que je me joigne derechef au concert.
Il a 19 ans. Se prénomme Haythem. Vit à Zarzis, dans le sud de la Tunisie... Il a un « rêve ». Que la journaliste [1] qualifie d’« obstiné » : quitter son pays, gagner la France. Et quand on lui demande pourquoi, il répond que « Tout est bien là-bas (…) le travail » tout ça… Alors qu’ici, à Zarzis, y’a rien. Que du chômage [2]. Pas d’avenir. Ou alors, la prison. Un mot de trop, un geste de travers, et hop, t’es bon pour le zonzon. A l’entendre.
Mais… la révolution, p’tit gars, celle qui vient d’avoir lieu ?
Il y croit pas, à la révolution, Haythem : « Rien ne changera » qu’il dit, « Le système restera aussi pourri qu’avant »... Alors, y’a pas d’autre choix, que celui de partir. Pour « vivre », enfin. Et… « Gagner de l’argent ». En France où « tout est bien ».
J’suis ballot. J’aurais dû faire comme Ménard. Lui donner un titre bien plus provo à cet article. Par exemple : « Vive Haythem ! » ou « Vive Les Clandestins ! ». Tant ce sont – apparemment – les derniers au monde à lui trouver du charme, à notre pays.
A croire qu’ils sont pas au courant : Guéant, Hortefeux, mâme Brunel, Le Pen, Raoult, et quelques Valls (qu’on laisse aller – oui, c’est une blague à balles deux, mais c’est pour détendre), ils doivent pas connaître.
« Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » n’a donc pas traversé la Méditerranée. Pas plus que : « Il faut les remettre dans les bateaux ». Ni : « Les français » qui ne se sentiraient « plus chez eux ». Envahis – ne jamais hésiter à utiliser des termes bien guerriers pour faire « super » peur – par toute cette horde de mahométans « occupant » nos rues (moins d’une dizaine) par la prière.
Et je vous passe les saillies récurrentes du multirécidiviste Eric Zemmour. Ou tout autre propos qui, il y a à peine dix ans, en aurait révulsé plus d'un...
Avouez, que ça réconforte de l’apprendre. On aurait pu craindre que l’image de notre beau pays en fût écornée, pour longtemps. Grâce à Dieu – par chez nous judéo-chrétien dans un pays ô combien laïc – il n’en est rien.
Mieux encore : Haythem et ses compagnons sont persuadés qu’en France, il y a du « travail », or donc, qu’on peut « gagner de l’argent ». Bref, que la France est un paradis, la terre idéale, celle de liberté. Entre autres…
C’est rassérénant, n’est-ce pas ? D’être désiré, d’une certaine façon. Qu’il y ait encore, quelque part dans le monde, des êtres humains qui considèrent ainsi notre pays. Aussi haut, aussi beau… Ah ! je vous avoue que je suis tenté par la grandiloquence, tant je suis heureux, fier même – la voilà, la grandiloquence – fier d’être Français !
Car comment pourrait-on l’être si nous étions honnis, détestés, que de nous ET de la France, on disait pis que pendre… C’est que, ça compte ; l’image !... Et ça fait chaud dans le cœur, et même ailleurs, de constater, via Haythem, que ni Zemmour, ni Guéant, ni Hortefeux, ni personne, pas même Sarkozy, ne l’auront abimée… Malgré eux, la France conserve son aura. Son attrait…
Imaginez, un instant, que ce ne fût plus le cas. Que la France soit vue comme un repoussoir. Peuplée d’êtres apeurés, recroquevillés, méfiants, trouvant mille maux et autres torts à celui – l’étranger – qu’aurait le toupet de ne point lui ressembler, qui nieraient toute richesse autre que la petite sienne, un peuple coupé du monde, reclus, étroit, d’une mesquinerie sans égale ; mais nous serions, n’est-ce pas, les premiers à prendre un bateau, fût-il radeau, pour la quitter !
Ce qui fait que nous soyons fier de notre pays, ce n’est pas un drapeau, ce n’est pas une armée, à peine son économie, c’est sa grandeur. D’âme… La voilà, la richesse, la seule qui vaille et compte, dans un monde où les salariés de base sont dissous par les lois du marché, essorés par le néo-libéralisme.
Mais dire cela, en 2011, parler de « générosité », de « fierté », de « grandeur d’âme », d’Amour même, c’est prêter le flan. C’est, à coup sûr, déclencher la haine, une curée monumentale.
Haythem, ne le sait pas, mais va le découvrir, plus souvent qu’à son tour, cette France dont il a conservé une image enfantine, une du passé, pas si lointain – et puisse que cela continue chez de futurs Haythem – a été prise d’assaut, dans la presse, dans la télé, dans la radio, un peu partout, par d’étranges personnages fustigeant (en échange de juteux émoluments) la – je cite – « bien-pensance » et le « politiquement correct ». Termes putassiers, définitifs, propres à salement couper tout débat digne de ce nom – si tant est qu’il en restât encore.
Si j’osais, je dirais qu’ils « occupent » la France, ces « gens-là ». Leur résister, avec du cœur, de l’Amour, mais aussi, de la force, de la fermeté, de la « détermination » comme l’on dit, c’est se voir, d’emblée, et méprisamment, ô combien, reléguer dans l’univers des Bisounours.
Ces bourgeois, ces « bobos » (car ils en sont, ce sont les premiers d’entre eux ; voyez comme ils vivent grassement, et si loin du peuple) s’ingénient quasi quotidiennement à nous faire la leçon, la Morale, à grands coups de : « Vous n’avez qu’à en prendre un chez vous », « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et comme la « gauche » - ou supposée – renonce, petit à petit, de plus en plus, à tous ses idéaux, l’idiote ! les voilà qui fanfaronnent d’autant. Vulgairement : ils se la pètent. Et dans la soie…
Ils sont la « nouvelle pensée unique », en vérité, les fossoyeurs de notre pays, de ses valeurs, celles d’humanisme, allant même jusqu’à taire ses errances (ce serait « repentance », qu’ils assènent), glorifiant le colonialisme et tutti.
Et pourtant, malgré eux, toute leur rancœur, tout le moisi, il se trouve encore, dans le monde, des Haythem pour la trouver belle, la France. Et je m’en réjouis. Oh que oui !
Ils ont beau éructer, les Zemmour & Cie, pignon sur rue médiatique qu’ils ont ; prendre la roue des idées de l’extrême-droite, nos politiques de papier obsédés qu’ils sont, et uniquement, à conserver leurs postes de députés, de ministres, de lèche-bottes ; rien n’y fait.
Au fond, seuls sont touchés – et salement – ceux qui vivent ici... C’est que, à force de les entendre baver, on finirait, oui, par croire que nous habitons un petit pays sans envergure, tout miné, tout étriqué, sans âme, un pays à la merci de.
Ce n’est pas ce que pense Haythem. Pas encore… Mais nous devrions l’aider à faire en sorte qu’il continue de le penser. Et longtemps…
Penser que douce est la France, accueillante, ouverte, humaine, et qu’au Diable aillent se faire pendre ses curés de la « nouvelle pensée unique » ! [3]
[1] La journaliste en question, c’est Alexandra Deniau.
Pendant trois semaines, elle a suivi le « périple » de Haytem et de ses compagnons.
A l’arrivée, un reportage intitulé « Les Naufragés De La Révolution » et diffusé en ouverture d’Envoyé Spécial, jeudi 21 avril, sur France 2.
[2] A Zarzis « une personne sur quatre est au chômage » nous apprend Alexandra Deniau, au cours du reportage.
[3] Qui – c’est assez cocasse – se plaignent qu’on ne peut plus rien dire et n’ont cesse, cependant, de dire ce qu’ils pensent. Une pensée rance. Sale image de la France.
18:01 Écrit par Philippe Sage dans Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (38) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : france, pensée unique, révolutions arabes, espace schengen, france terre d'accueil, zarzis, la nouvelle pensée unique, racisme ordinaire, lepénisation des esprits, immigration clandestine, les valeurs de la france, lampedusa, populisme |
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12 avril 2011
Pour Un Véritable Syndicalisme Défendant Les Droits Des Salariés Européens
C’est à la base que je m’adresse, la base syndicale.
Celles de la CGT, de FO, même de la CFDT.
Or donc, à celles et ceux qui sont sur le terrain, qui les côtoient au quotidien, les salariés, les laborieux, et autres précaires.
A ceux-ci, je dis : faites-vous « tunisien », « égyptien », boutez hors de vos instances dirigeantes, les Thibault, Chérèque, Mailly et consorts.
Clairement, il faut les « dégager ! ».
Le syndicalisme à la papa, pantouflard, déclamant ou paradant sur le perron de l’Elysée, le syndicalisme ménageant (mal) la chèvre (le salarié) et le chou (gras des investisseurs) le syndicalisme étriqué, enfermé dans ses petites frontières, n’a aucun avenir.
Face à la mondialisation, la « globalisation », au discours rodé, rouleau-compresseur, du néo-libéralisme, aux décisions à vue courte du FMI, il convient de répondre non pas nationalement, mais solidairement... Soit avec les « camarades » polonais, estoniens, bulgares, espagnols, portugais, grecs, etc.
Ceux de la base.
La Confédération Européenne des Syndicats, c’est de la blague. Un échec total. Une trahison.
C’est la Confédération des « jaunes ».
Et d’ailleurs, qui peut me dire, où sont les avancées, les progrès, les acquis, et je ne cause même pas des luttes ?
Où et quand s’est-elle fait entendre cette Confédération, sur quels sujets ?
Quel salarié connaît, au demeurant et nonobstant, la CES ?
Il faut en finir avec cette imposture. Et créer un véritable syndicalisme européen, un fort, indépendant, un intransigeant, aussi intransigeante que la sacro-sainte loi du marché, capable de répondre avec fermeté, de mener des actions unissant et associant tous les travailleurs européens, afin que tous, sans exception, puissent bénéficier des mêmes droits, des mêmes acquis, et à terme, d’un salaire minimum européen.
Et ça n’est pas négociable.
J’entends par là, qu’il n’est pas envisageable de se caler sur les moins favorisés.
Nous avons assez payé comme ça.
Oh, je sais, on traite, et comment ! de « favorisés », de « privilégiés » même, voire de « nantis », ceusses – les fonctionnaires français, par exemple – qui s’en vont – de moins en moins, ou à la petite semaine – manifester de République à une quelconque Bastille ministérielle pour défendre leurs acquis dits sociaux ; ainsi une retraite. Hostiles qu’ils seraient à l’effort, au sacrifice, à la réforme.
Car oui, ils appellent ça : une réforme.
Mais doit-on considérer comme une amélioration, un progrès, le fait d’être contraint à travailler plus longtemps ? Soit, de revenir en arrière.
Au nom de quoi ?... Parce que nous vivrions plus longtemps ? Mais qui vivra plus longtemps ? Quelles « couches sociales » ?
La vérité, c’est que ceux qui « vivent moins longtemps » vont travailler quelques années de plus pour celles et ceux, plus confortables, moins exposés, qui « vivront plus longtemps ».
Voilà le sacrifice… Oh mais quel doux « privilège » n’est-il ! Mais quel bonheur d’être un « nanti », bon sang !... Mais de qui se moque-t-on ?
Combien de temps encore va-t-on traiter de « privilégiés » ou de « nantis » des salariés gagnant, à l’année, 10, 20, 30, voire 50 fois moins qu’un doxosophe, diffuseur de la « pensée unique », ces éditocrates qu’étaient tous, sans exception, pour le « oui » au Traité pour une Constitution Européenne, et... contre les manifestations de décembre 1995 ? Tous ces bobos (ceux-là sont certifiés véritables), vivant paisiblement, ces cumulards (radio, télévision, presse) dînant au Crillon avec leurs « amis », politiques (qu’ils tutoient copieusement), décideurs et autres investisseurs ?
Ils sont tellement à mille lieux, et plus encore, des réalités, du quotidien, de la vie même de celles et de ceux qu’ils accablent ; le peuple. Pour ceux-là qui batifolent et se goinfrent dans un monde doré, et depuis tant d’années (de Luc Ferry à BHL, en passant par Minc, Attali et consorts) le peuple est un ignorant, il est inintelligent, archaïque, arc-bouté sur ses acquis.
Or, il n’est rien de moins vrai.
Il a bien des défauts, le peuple, mais c’est lui qui trinque, lui qui raque, se serre la ceinture, c’est lui qui doit travailler plus, se plier à la flexibilité, trimer le week-end, la nuit même, à mi-temps imposé, pour une paye ridicule, toujours, tout le temps.
Que voudraient-ils de plus ?
Qu’on se réjouisse de constater qu’un plan de licenciement (habilement rebaptisé : plan de restructuration) redonnât du tonus à l’action boursière de l’entreprise qui nous a salement lourdés ?
Quant aux syndicats – j’y reviens – de la CGT à FO en passant par la CFDT, c’est un fait, ils ont lâché l’affaire.
Ah, comme nous sommes si loin de ce mois de décembre 1995…
Il faut en finir avec cette mascarade syndicale. Il convient de réinventer le syndicalisme. A échelle européenne.
Oui, il faut se faire tunisien, égyptien, « dégager » les Thibault, les Chérèque, les Mailly.
Et c’est la base qui doit le faire.
Il est grand temps d’établir des passerelles, des solides, avec tous les travailleurs d’Europe, les laborieux, ceux que le FMI affame.
Il est plus qu’urgent de créer une nouvelle Internationale. Puissante. Qui puisse s’opposer au diktat néo-libéral, au capitalisme sans limite.
Il faut y inclure non seulement les travailleurs, mais itou, les chômeurs, les exclus, les laissés-pour-compte.
Il convient, aussi, que toutes les associations traitant du social et de la misère sociale se regroupent, unissant leurs forces et leurs volontés, tant il est impossible – vous le voyez bien – de contrer des décisions injustes, proprement dégueulasses.
L’heure est au combat et à la solidarité.
A l’universel.
Il paraît, n’est-ce pas, qu’une présidentielle se tient dans nos urnes démocratiques, l’an prochain. On nous la prépare aux petits oignons, en nous vendant par sondages (fossoyeurs de la démocratie) et éditoriaux (dithyrambiques), des produits du néo-libéralisme.
Ah ! ce DSK qui les écrase tous !
Comme en 2007, le Sarkozy (Royal n’était qu’un jouet médiatique), ce monsieur Thatcher des temps modernes.
De cette élection, il ne faut rien en attendre. Ce n’est point de cette urne que la victoire surgira. Mais de l’union de tous les travailleurs d’Europe. C’est avec elle, cette union inédite, que nous pourrons répondre enfin à la « pensée unique », celle « protégeant » coûte que coûte, les marchés, les banquiers, la finance, les investisseurs, le productivisme à outrance.
Car elle est bien là, LA « protection ». Ce n’est pas le laborieux qu’on protège, oh non ! Autrement, nous le saurions, nous nous en serions rendu compte, depuis lurette. Pas vrai ?
Or donc, protégeons-nous.
Et la seule voie possible, c’est la solidarité.
Solidarité entre tous les salariés d’Europe, les floués, les trahis, cocufiés par ses dirigeants politiques, syndicaux, et cet ordinateur crétin du néo-libéralisme : le FMI.
19:26 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndicalisme, syndicats, réinventer le syndicalisme, la lutte, union des peuples, solidarité, combat contre le néolibéralisme, pensée unique, les doxosophes, les éditocrates, unions des travailleurs, nouvelle internationale, le diktat du fmi |
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20 janvier 2011
Quoi, La Tunisie ? [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] ... Ah, vrai, ça m’a scié. Les pattes et le reste. Pensez, la Tunisie ! Mais qui aurait pu se douter … Comme cette crise qui nous est tombée dessus telle la sainte misère, qui l’avait prédite ? .. Certains, je sais, qu’on n’a pas écoutés, relayés, sous prétexte qu’ils gâchaient la nouba capitaliste, système unique, inique (et la pensée qui va avec). Nonobstant, si notre « roi nu » promit lors de sa campagne présidentielle de moraliser le merdier ultra-libéral, c’est bien qu’y avait grosse anguille sous roche. Qu’il, et tous les autres, savaient pertinemment, les camelots, que ça reniflait copieux. Mais la Tunisie, bon sang ! N’allez tout de même pas me chanter qu’elle va écorner le Nouvel Ordre Mondial. Vous passeriez pour un piètre Jean Daniel, savez-vous …
Oui, je suis au jus, j'ai comme du retard ! en matière d’Internet, faut être sur l’évènement derechef. Se ruer sur l’os à ronger. Etre là pour être là. Que ce soye pour twitter, facebooker, bloguer au cube comme au carré, peu importe, pourvu qu’on ait la sensation (ô vertige !) de participer à ce que l’on nomme une « révolution » ... Voire, par ces biais numériques frénétiques de buzzing, se convaincre qu’on en fût un acteur de premier plan. Ou tout comme … C’est extraordinaire, non ? .. Mais quelle époque fantastique !
« Nous sommes tous des tunisiens » coco ! C’est Jean Daniel qui le dit. Pauvre Jeannot. Il se fait vieux, l’ami. C’est pas le premier à, certes, mais quelle tristesse, quel naufrage ...
« Nous sommes tous des tunisiens » ! J’t’en foutrais ! On va nous la refourguer combien de fois cette éculée ? « Nous sommes tous des juifs allemands » oui. Le contexte, la situation, tout y était. Impeccable. Mais de là à le décliner pour chaque évènement vaguement planétaire, ah non ! C’est virer dans le Séguélisme. La saloperie.
T’en souvient-il du « nous sommes tous des américains » après le 11 septembre. My God ! J’en ai vomi et tout le tremblement.
Nous ne sommes pas plus des tunisiens que des américains, moins encore des palestiniens. Nous regardons passer les « révolutions » bien au chaud, le cul tranquille ... Internet, ma foi, c’est un outil de communication, en rien (ou si peu), il participe d’une révolution. La révolution, ce sont les tunisiens qui l’ont faite. Pas nous … Et peu me chaut, Jean Daniel que tu bandasses ! .. Et tous les internautes avec toi.
Voilà qui devait être consigné par ici.
Pour le reste – et quel reste ! – on s’ébaubit, on se pâme, gloire aux tunisiens, ah bon sang, quel peuple ! Et que dire de la communauté des journalistes, de Duhamel à Aphatie, qui souligne – c’est le verbe adéquat – les tergiversations du gouvernement français. MAM, Frédéric Mitterrand et consorts. Les belles âmes … Mais nous ont-ils bien informés, au demeurant, nos apôtres de la déontologie ? Sur ces vingt et trois années de Ben Ali, voué désormais aux gémonies ... Penses-tu ! Quand ont-ils pondu (ou très sporadiquement) reportages, papiers, documentaires édifiants sur l’horrible dictateur ? ... Pas vendeur ? Du tout ! Motus et bouche cousue, voilà tout ... Or donc, comme il est facile, là, maintenant que l’Ali l’est enfui avec sa tonne et demi d’or, de vilipender, dénoncer, s’étonner même.
Faut vous dire, aussi, que la France, en matière de dictateurs, elle s’y connaît et rudement ... Duvalier, où ce qu’il créchait jusqu’à récemment ? Mais chez nous. Et Bokassa antan, Khomeiny jadis (à Neauphle-le-Château), et aux frais de la princesse contribualisante, s'il vous plaît ! Ben tiens ... Ça explique l’embarras ... Les Saddam Hussein, on les kiffe grave. Et tu sais pourquoi, bien sûr ? Parce que tout comme Ben Ali, ils sont un rempart contre – Tadam ! Surprise – l’is-la-mis-me ! ... Bon, pour Khomeiny, d’accord, y’a eu comme une boulette. On ne fait pas d’omelette dictatoriale sans casser des œufs, faut croire ; l'époque était, c'est vrai, bien différente ... Mais les années ont beau mal passer, nous préfèrerons encore et toujours un Kadhafi bien vissé en Libye qu’un Amhadinejad en Iran. Le Colonel, il le tient, le périmètre. Alors qu’avec Mahmoud, on contrôle pas lerche. Dès fois qu’il nous reconstituerait la Perse, celui-ci. Avec tous les tracas qui vont avec. Alors que du dictateur africain – je parle de toute l’Afrique – c’est bon pour le business des occidentaux. Du Nouvel Ordre Mondial ... Quand ça tangue un iota, on t'échange un Gbabo pour un Ouattara. Mais ça change(ra) quoi ? Nada .. Pourvu qu’ils restent bien sages dans leur misère, « ces gens-là », on a assez d’emmerdes avec la Chine, l’Inde et le Paskistan et autres émergents (comme on dit poliment). Même qu’on s'en trouve obligés de leur faire moult courbettes. Droits de l’Homme, dans le cul la balayette ! En même temps, camarade, quand tu vises l’état de nos prisons françaises, t’es mal placé pour sortir ton beau couplet sur les Droits du bipède. Mieux vaut faire profil bas.
Mais où en étais-je ? ... Ah oui ! Le danger islamiste. L’argument qui fait peur. Même que ça marche à tous les coups … Car c’est bien joli ce peuple tunisien qui fait sa révolution, réclame des élections, de la bonne démocratie, mais si c’est pour nous y mettre un Hezbollah local au pouvoir, ça fait pas nos affaires, vois-tu. D’où les tergiversations du gouvernement Sarkozy, de haut en bas (le bas étant occupé par MAM, assez remarquable, je dois dire).
Certes, on pourrait penser que y’a bon la démocratie, l'est chouette ce concept, enfin le tunisien va pouvoir choisir ! Librement. En âme et conscience .. On devrait, oui, s’en réjouir hautement, bruyamment. Ben non … Si c’est pas la démocratie du Nouvel Ordre Mondial (qui a dit ingérence ?) celle apportée clés en main aux irakiens et aux afghans avec le grand, l'immense succès que l’on sait, c’est niet ! ... Vous avez vu, lu, entendu, les grands manitous du Nouvel Ordre Mondial acclamer de suite le peuple tunisien, vous ? Mais pardi, non ! Y'a eu comme du retard à l'allumage ... Un peuple qu'aspire à la Liberté, ça ne va pas. C’est dangereux. Voilà ce qu’il faut entendre. Et vous verrez, ils feront tout pour voler LEUR révolution. Patiemment. En bonne loucedé. Tout rentrera dans l’ordre. Et fissa ...
Le Nouvel Ordre Mondial ne souffre pas les pauvres. Il convient qu’ils restent pauvres, affamés, enchaînés, et assujettis (comme nous). Pour cela, il faut des Ben Ali, des Saddam, des Kadhafi. Avec eux, on s’arrange. On commerce, même. Et pas qu’un peu. Ils tiennent leur peuple, ces lascars, à la Tito, et pendant ce temps, sans tabou ni a priori, on continue de Nouvel Ordre Mondialiser à gogo ... Mais que le gueux se révoltât, ça, c’est guigne. Faut prendre mesure. Evacuer le Ben Ali avant qu’on l’étripe. Ensuite négocier (sous couvert) avec les guignols de transition, jouer la montre, et le moment venu, rétablir l’ordre, le seul qui vaille, le seul qui sied au Nouvel Ordre Mondial. Qui – mais vous l’avez compris – préfère une bonne dictature (en pays pauvres, mais riches par ses sols) à une démocratie qui lui échappe. Sinon, où qu’elle irait s’implanter la firme Total ? Et tous nos bons gros industriels ; y compris, et surtout, ceusses de l’armement lourd. Tu crois qu’on va vendre du tank de compétition ou de l’avion à réaction aux Chinois ?
Alors Jean Daniel, t’es bien gentil avec ton « nous sommes tous des tunisiens » mais il est grand temps de fermer ta boutique des Bisounours.
Nous ne sommes pas des tunisiens. Nous ne sommes presque plus rien. Des spectateurs. Gavés de gadgets, de télé-propagande, ficelés à l'endettement que nous seuls, les laborieux, payons.
Et quand l’ordre reviendra, en Tunisie, nous ne lèverons pas la moitié d’un sourcil. Pas plus qu'Internet ... Internet ! … Mais nous en reparlerons. Chaque chose en son temps. Ce temps qui joue contre les tunisiens. Mais qui s’en soucie, réellement ? …
[7ème Partie]
23:39 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : révolution tunisienne, révolution jasmin, zine el-abidine ben ali, internet et la révolution, jean daniel, frédéric mitterrand, michèle alliot-marie, france et tunisie, nouvel ordre mondial, pensée unique, la tunisie par les journalistes, le danger islamiste, parodie de démocratie |
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05 janvier 2011
Les Banksters [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
C’est ni l’âge, ni l’hiver, non, c’est l’os. On l’a dans l’os et pis c’est tout, et pis c’est marre. Y’a plus d’issue. Le périmètre est bouclé, Chérie, c’est pas qu’on a rien vu, c’est juste qu’on a laissé faire, par fainéantise. Par lâcheté. C’est fini. Comme qui dirait. Y’a plus que le chaos qui vaille. Vivement qu’il se radine.
En attendant, faisons pas dans l’amphigourique, n’est-ce pas, c’est pas l’heure, c’est pas le temps, faut causer simple et cru pour s’attirer la sympathie des masses, jacter, à l’emporte-pièce, apocopes, aphérèses, au truisme, à l’équation, la mathématique, celle que le peuple comprend, derechef, sans se creuser la tête … Y’a pas plus fainéant du caberlot que celui-ci, le peuple. Il gobe tout. Recta. Alors s’indigner … Vous pensez ! …
Cher monsieur, sauf le respect que je vous dois, vous êtes bien aimable, attendrissant, bien urbain, mais s’indigner, c’est trop tard. C’est fini. Elle est pliée, l’histoire, résolue, depuis belle lurette, depuis lustres. Ils ont tout pris, monsieur, se sont servis, y’a plus rien, et nous, qu’on a laissé faire, même qu’on a pas moufté, rien, zéro. Moins que tout, moins que cons, que nous sommes ... S’indigner maintenant, alors qu’ils nous ont vidés, dépecés, ficelés, lavés, essorés, formatés, enrôlés, désossés, encore une fois, cher monsieur, vous êtes bien gentil … voilà, c’est le terme, l’adéquat : gentil … Mais c’est trop tard. Terminé. Le pognon, c’est eux qui l’ont. Le grisbi. Pas touche ! La finance, la banquière, la Reine-Mère, celle qui fait tourner le monde, le Nouvel Ordre Mondial, celui qui assujettit, esclavagise, ratiboise, décommunise, qu’instaure une pensée et une seule, une culture et une seule, une langue pas plus, il a gagné, triomphé, et l’on n’y peut plus rien. C’était avant, très avant, qu’il fallait s’indigner, protester, dans toutes les rues du monde, dire non, prendre les armes même … mais dorénavant, c’est trop tard, monsieur. On a laissé filer, crétins, endormis, fainéants, lâches, soumis, larbins, serviles ! alors de s’indigner, maintenant, que tout est fini, de quoi aurait-on l’air, monsieur ? De rien … De clowns et pis c’est tout. De paquets de viandes.
On a trop regardé passer les trains, ceusses du pognon, sans broncher. Notre pognon, de surcroît, monsieur ! Le nôtre, c’est certain, affirmatif ! Pourquoi voulez-vous qu’on s’indigne ? Même pour le Madoff, on a rien dit. Rien ! Et pour tous les autres, pareil. Ou si peu … A table, le soir, dans un bistrot, petite indignation confortable, qui n’engage à rien, qui soulage, et le lendemain, on retourne au chagrin, pour 1100€ le mois .. Et encore, je suis large .. Vous savez combien ça palpe un Madoff ? … 200, 500, 1000 fois ce qu’on gagne, monsieur ! L’aurait fallu s’indigner dès 5 fois, voyez. Si vous dites rien, bougez pas le doigt, l’oreille, pas même la queue, que vous laissez faire, dès 5 fois, y’a plus à s’indigner.
Un Proglio, z’êtes au courant, combien ça se met dans les poches, l’année ? … 200 fois notre pain dur. Voire plus ... Oh, il présente bien Proglio. Itou Bolloré, Lagardère, Bettencourt, Arnaud, Dassault, Servier, Bouygues, Rothschild, Puech, Guerlain, Louis-Dreyfus, c’est de l’intelligence. Ça se monnaye, l’intelligence. Les hautes études. La roublardise. Faut croire … Mais 500, 600, 1000 fois notre malheur, c’est de la disproportion. Ça est pas normal, ça est pas justice.
Mais que voulez-vous le peuple, tous les peuples, ça marche aux boniments, tu lui dis « travail », « mérite », « récompense », il plonge. Et deux fois. Et encore. Et toujours. Y voit pas l’embrouille, l’entourloupe. L’endormi. Recroquevillé sur ses petits acquis de pauvre, ses RTT riquiquis, ses vacances à crédit, sa sociale sécurité … On lui fait comprendre, à l’enclume, que c’est cadeau, c’est sacrifice, la collectivité, la solidarité, trime, trime, mon coco, et tais-toi, renégat ! Et savez-vous quoi ? Il obtempère. Soumis … C’est misère, n’est-ce pas ? Pendant que Madoff et consorts, ils t’assèchent et se bâfrent, 1000 fois, 3000 fois ! Et nous qu’on dit rien.
La vérité, monsieur, c’est lorsque les Lehmann, Bettencourt, Servier, et tous les autres, ils s’emplument, c’est nous qui paye les déficits. Sans mots dire. Comme des glandus. Comme des grecs … Et l’on nous parle de solidarité ? Solidarité, mon cul ! Nous sommes solidaires de qui, de quoi ? Mais des Madoff, des Rothschild, des Dassault, de la finance, du Nouvel Ordre Mondial. Voilà, l’histoire. C’est nous autres, qui les engraissons, copieux. On a dit oui, monsieur. Par renoncement. Par lâcheté. Par fainéantise …
Quelques jours, on s’acharne sur un Ribéry. C’est crétin, un Ribéry. C’est pas Proglio, voyez … Proglio, c’est intelligent. C’est raffiné. Mais Ribéry .. D’où qu’y sort ? Alors que c’est idem. C’est pas une affaire de Proglio, de Ribéry. C’est une question de disproportion. Dans les deux cas … Qu’on soye intelligent ou crétin, qu’on vienne des beaux quartiers ou de la merde, y’a pas à tortiller, 500 fois, 1000 fois, 3000 fois, c’est même plus de l’indécence, c’est notre faute … Fallait dire non, dès 5 fois ! ... Faire une distinction entre un Proglio et un Ribéry, c’est discrimination. Ça a pas lieu d’être. Les coupables, c’est nous ! Parce qu’on a rien dit. Laissé faire. Embobinés. Trimballés. Etriqués.
Alors s’indigner, dès lors que tout est plié, terminé, que le Nouvel Ordre Mondial avec sa langue, sa pensée, sa dictature, est bel et bien installé, adoubé de surcroît par tous les régimes de la planète, Iran et Chine comprises, vous n’y pensez pas, monsieur ! C’est trop tard. C’est fini. A moins de prendre les armes. Lourdes. Un carnage. Le chaos. Voilà ce qu’il nous reste. Rien d‘autre. Et pis c’est tout.
[2ème Partie]
17:12 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez-vous !, stéphane hessel, il est trop tard, nouvel ordre mondial, la finance, les banquiers, esclavagisme, salaires des grands patrons, solidarité mon cul !, pensée unique, dictature mondiale, la mort des peuples, il n'y a plus rien |
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07 mars 2010
Sarkozy N’A Pas De Projet Pour La France
Oui, d’accord, on nous l’a assez dit, c’est la crise, la pire que la France, que dis-je ? Le monde ait connue depuis un siècle. Une crise qui ne nous coûtera pas un seul centime d’euro. Une crise dont nous sortirons plus forts que nous y sommes entrés. Quand j’entends cela, ces phrases toutes faites, slogans, toujours des slogans, de l’incantatoire, je dis : quoi ? Je dis : Coué ! Je dis que Nicolas Sarkozy n’a pas de projet pour la France et ajoute qu’il n’en a jamais eu. Vraiment.
L’a-t-il dit un jour, François Mitterrand, toujours est-il que dans “Le Promeneur du Champ de Mars” Guédiguian lui fait, par Michel Bouquet, dire :
”Après moi, il n’y aura que des comptables !”
Eh bien voilà, nous y sommes. Totalement écrasés - pour ne pas dire : dépassés - par un système (économique) désormais unique (et dont on nous dit que, même “malade”, c’est le seul viable, qu’il n’y en a pas d’autres possibles .. Ah bon ? ..) les dirigeants de cette planète en sont réduits à colmater, rafistoler, rééquilibrer, ajuster, et Nicolas Sarkozy n’échappe pas à cette triste logique comptable.
Il ne peut y avoir de projet pour la France étant donné qu’elle est engloutie, que ce n’est plus une nation, mais un machin, un pantin soumis, (inter)dépendant, brinquebalé au gré, mauvais, des marchés rois, triomphants quoi qu’il advienne, exclusivement financiers. et dont le seul but est le profit, mais pas que : l’égoïsme ! et celui-ci est à son apogée, si tant est que dans ce domaine il y en ait un. Oui, Schopenhauer avait raison, c’est l’égoïsme qui régit le monde, mais à ce point rendu, c’en est terrifiant ! Je ne vois guère plus qu’un cataclysme effrayant pour que cela cesse, je le redis et le maintiens, le point de rupture n’est plus très loin. D’autant plus qu’il n’y aura pas de moralisation, elle est impossible, de fait. Même en greffon. C’qu’il faut être naïf – et le terme est bien faible – pour croire à une moralisation d’un tel monstre. La morale n’est pas son affaire, il s’en tape le coquillard, aveugle, sourd, et sournois. Il brasse et il broie. Voilà tout.
Et Nicolas Sarkozy, dans tout ce tralala ?
Eh bien, il gesticule ! Oui ! Oui ! Il gesticule ! Et ce n’est point de l’anti-sarkozysme primaire, pas plus secondaire, que de l’affirmer, bon sang ! Il a beau dire, Nicolas Sarkozy, qu’il agit, qu’il est à l’œuvre, qu’il n’est pas comme ses prédécesseurs, rois fainéants, qu’il est volontaire, qu’à la fatalité il porte(ra) le fer, c’est du barbouillage, du coloriage, et rien d’autre. Enfin quoi, que nous propose-t-il cet homme-là ? Quelle France porte-t-il ? Est-ce une France novatrice, imaginative, créative ; une France nouvelle ?
Oh bien sûr, dans ses discours (de campagne présidentielle) plumés par Henri Guaino, ç’avait de la gueule, un peu ; même tiens ! ça pouvait donner envie (d’avoir envie). Mais quand on fait l’effort de s’y pencher, d’y retourner, que lit-on ?
Des “Je veux …”.
Comme :
“Je veux une politique qui rende possible ce qui est nécessaire” (mais qu’est-ce que le “nécessaire” ? Qui le définit ?).
Ou encore : “Je veux construire une école qui donne envie d’apprendre”. Nonobstant le fait qu’il est difficile d’être contre cette idée, une école qui donnerait envie d’apprendre, c’est creux. Et cette école s’éloigne quand on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux. Quand on la soumet, elle aussi, à une logique comptable. A la politique du “Chiffre”. Au profit de qui ? De quoi ?
Non, Nicolas Sarkozy n’a pas de projet pour notre pays, il n’en a jamais eu, sinon celui de s’inscrire coûte que coûte et vaille que vaille dans un modèle économique dévastateur, fut-ce jusqu’au cou, sans même s’assurer qu’il était par quelques digues solidement contenu. Et quand elles ont rompu, une fois de plus, une fois de trop, alors il s’est mué en pompier, en plombier, et que sais-je encore, proposant de changer par ici, un joint, par là, un tuyau, mais jamais le robinet.
A pognon.
Rappelant, comme de bien entendu, que seuls le “travail”, l’”effort”, le “mérite”, pourront nous sortir de ce pétrin, sauf que, le “travail”, l’”effort”, le “mérite”, ne suffisent plus dans ce monde-là. Ça se saurait, crois-moi ! On a assez payé pour s’en rendre compte, l’ami. Et au prix fort !
Dans ce “système”, en réalité, le salarié de base ne sera jamais gagnant. Il est condamné à écoper, souquer, marner, voilà le projet ! Eh bien, si c’est celui-ci, je dis qu’il n’y en a pas. Qu’il n’y en a jamais eu. Crise ou pas crise. Et puis, tiens ! puisqu’on en parle, allez-y, revenez quelques années, qu’elles soient dix, vingt ou quarante en arrière, vous constaterez que la crise est permanente. Nous sommes en crise depuis longtemps. Et tout ce qu’on nous propose, c’est d’éponger. Et si d’aventure, on se rebelle, on fait savoir que, nous voici traités de tous les noms : v’là même qu’on serait antipatriotiques. Ou violents ! Déraisonnables. Quant à ceux qui se suicident, c’est rien, c’est une mode, ça va passer, comme toutes les modes. C’est de l’ordre du cyclique. Et pour le reste, on légifère ! Comme si tout se réglait par la Loi. Un fait divers ? Allez hop, une loi ! Jamais vu ça ! Est-ce donc ainsi qu’on gouverne un pays ? Qu’on lui donne envie d’avoir envie ? Est-ce cela le projet : La loi ? N’y a-t-il rien d’autre ?
En vérité, nous n’avons pas porté à la tête du pays, un président. Ni même un père de la Nation. Mais un gestionnaire. Un comptable - Et je dirais même : un piètre chef d’entreprise. Tant il est dépassé, largué, noyé.
Mais aussi, et c’est important, un chef de guerre, je veux dire : un stratège politique. De ceusses qu’ont une revanche à prendre. Un homme qui voulait “tous les niquer !”. De droite comme de gauche. De droite, pour les humiliations qu’il a subies. Les mises à l’écart. Les quolibets, aussi. Et c’est pourquoi, l’ouverture ! Oh bien sûr, elle fait mal à gauche, mais elle emmerde, et pas qu’un peu, à droite. C’est qu’ils sont nombreux à lorgner sur tel maroquin ou telle mission. Et quand ils voient qu’il ou elle reviennent à des Kouchner, des Hirsch, des Amara, des Rocard, des Lang ou des Attali, c’est plus le dépit qui les ronge, c’est la haine. Mais c’est fait exprès. C’est pour mieux les contenir ; à distance, les laisser. De toutes les façons, se dit Sarkozy, ils n’ont pas le choix : à part moi, il n’y a personne ! Et il a raison. Pour le moment ..
Quant à la gauche, il la méprise ou s’en amuse. L’ouverture n’étant en rien une preuve de son “non-sectarisme” (foutaises !). C’est juste du “folklore” politique. De l’habileté. De l’opportunisme.
Ah si, il est important de le préciser, croyez-moi, ça éclaire un peu plus l’homme. Les comptes (toujours et encore des comptes ..) qu’il a à régler, c’est essentiel ! Il n’en aura jamais terminé, c’est sans fin ! Et c’est important, parce que nous, on s’en fout ! Sa revanche ne nous concerne pas. Son flair politique, indéniable, ses qualités de stratège, ce jeu d’échec et mat, ce n’est pas cela qui va changer nos vies. Nous sortir de l’ornière. Or, c’est ce qui prime, malheureusement, chez Sarkozy. Et c’est d’ailleurs la seule chose que nous retiendrons de son quinquennat (et sans doute du suivant) : Sarkozy et … rien d’autre !
Un homme. Mais pas de projet. Sinon de croire que l’on peut s’en sortir par le “travail”, l’”effort” et le “mérite”.
De deux choses l’une, à ce propos : ou il le croit vraiment, et au vu du monde qui nous entoure, je veux dire, de la façon dont il se danse, économiquement impitoyable, il n’a rien compris au “film”.
Ou alors, il n’y croit pas, il n’y a jamais cru, parce qu’il sait que c’est insuffisant, et dans ce cas, il nous aura mentis. Mais peu importe ! il n’aura pas été le premier. On a comme l’habitude. De se faire enfler. Quant à savoir si nous en tirerons les leçons, soit la prochaine fois, ne pas élire un homme (qui aurait une revanche à prendre) mais un projet pour la France, une alternative réelle, faudrait-il encore qu’il et elle existent. Or, je crains fort que non. Tant ils sont tous, peu ou prou, verts compris, aliénés à cette logique économique, unique, mondiale. Avec certes quelques différences, mais bien maigres.
Or donc, je ne vois guère pour en sortir qu’un cataclysme ; la Grèce – ou autre sinistré - en est peut-être l’embryon. Le projet.
17:53 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (22) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, travail, effort, mérite, logique comptable, politique du chiffre, pensée unique, système économique mondial unique, point de non-retour |
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18 novembre 2009
C’Est Maintenant Ou … Patrick Sébastien !
A force, noyés, ou se laissant noyer, par les flux et les flots contradictoires des infos, des avis, rien, on ne remarque plus rien. On accepterait même l’impensable, sans moufter. Comme ça.
Toutes ces images, tous ces mots, ce brouhaha permanent, partout, dans la radio, sur nos écrans, tout le temps, il faudrait s’en défaire, s’extraire, se dire que, ça n’est pas important, non ça ne l’est pas tant que ça ! A quoi bon, après tout ? Avec ou sans moi, ça tournera aussi mal que pire, et d’ailleurs pourquoi avec moi ? Hein ? Qui suis-je, ou serais-je, pour penser que ce pourrait être avec moi ? … Quoi, dans l’urne … ? Ma voix dans l’urne, c’est ça ? Elle compte, cette voix ? Et si je disais non, je ne crois pas, elle ne compte pas plus que les autres, que la tienne, elle est insignifiante, relativement insignifiante ! Le génie, pervers, mais génial, c’est de nous avoir fait croire que cette voix, mais bien sûr qu’elle compte, il ne faut pas y renoncer, ne renonce pas, vote, exprime-toi, alléluia, après quoi …
… Après quoi, Zemmour, Giesbert, Duhamel, Barbier et tous les autres - TOUS les autres ! - et comme ils sont nombreux, et de plus en plus, et toujours les mêmes, je veux dire, pensant pareil, parlant sur le même mode, viendront t’expliquer, flux, flots, pourquoi, où et comment elle marche mal, la société ; viendront t’expliquer, flux, flots, que les gens pensent que, que les gens voudraient que, qu’ils ne sont pas, les gens, contents parce que ; mais les gens, c’est qui ?
C’est eux ?
C’est effrayant, non, toutes ces personnes, oh certes brillantes pour quelques-unes, toutes ces personnes dans la radio, la télé, la presse, partout, qui, à intervalles réguliers, parlent de nous, des qui chôment, qui sont seuls, ne savent plus, des qui sont prêts à tomber, tout lâcher, ou qui votent mal, et d’ailleurs, s’ils votent mal, Front National, c’est bien parce qu’ils souffrent, qu’ils sont seuls, ne savent plus … Ah ! C’était donc ça ? ...
Toutes ces personnes, confortablement assises, gracieusement rémunérées, qui désossent, parfois entre deux salves d’applaudissements - les nôtres - le mal-être qui nous ronge, la colère, légitime disent-ils, qui nous tente mais jamais n’éclate, vraiment.
Et ça fait des années que ça dure, des années qu’ils parlent, comme ça, de nous, du voisin, et pourquoi pas de son chien, celui qu’a la rage, de notre façon de vivre même, de nous habiller, de boire, de bâfrer. Ça fait des années qu’ils nous donnent la leçon. Qu’ils nous font la morale.
Et nous ?
Oh nous, on existe à peine, mis en scène, grotesques dans des jeux de cirque télévisés, furtifs dans un micro-trottoir ou pathétiques figurants de reportages, montés, coupés, mixés, "floutés". Sans droit de regard.
Nous, nous sommes au bout d’un fil, celui numérique d’un standard radiophonique, mais vite fait, faudrait pas déranger, tu comprends - la pensée, la dominante ? Et si jamais, le temps d’antenne tu dépasses, tu t’épanches, on passe au suivant, on enchaîne, on te zappe, non sans t’avoir soigneusement fiché. Les fichiers, sais-tu, ça existe, en radio, comme en télé ! Nous y sommes, après notre passage, répertoriés comme “bon” ou “mauvais client”. Avec toutes nos personnelles coordonnées.
Nous sommes, au mieux, de la chair à canon d’audimat, une variable d’ajustement ; au pire, mais à vrai dire et pour eux, du bétail, un troupeau qui fait “meuh”, qui fait méééé” (68, parfois ..)
Puis, comme nous nous sommes exprimés, ils reviennent, Barbier, Bacqué Reynié, et TOUS les autres, les revoilà autour d’une table ou n’importe quelle autre table de n’importe quelle autre émission, télé, radio, peu importe, ce sont toutes les mêmes, car ce sont toujours les mêmes personnes qui y sont conviées, et s’il y en a une nouvelle, de personne, c’est encore la même, puisqu’elle pense et s’exprime, flux, flots, comme ses pairs, ses glorieux et médiatiques aînés.
Encore ils parlent de nous, de ce que l’on veut, de ce que l’on pense, et même quand nous ne disons rien, c’est pas grave ! Il y a des sondages qui disent que nous pensons ceci, nous voulons cela ; alors c’est reparti, ça continue, et pourquoi diable sommes-nous ainsi, volatiles, versatiles, j’entends même ingouvernables ! Ah, mais c’est ça, la France ! Les français ! Voyez-vous, nous sommes formidables, nous, les français ! Oui, formidables, parce que, au fond, même ingouvernables, elle tourne encore et toujours la République, et pas si mal que ça ! Elles passent les réformes, mêmes les plus liberticides ! Oui, on râle, on geint, on se plaint, on trépigne et parfois manifeste, mais finalement, hein, ça tient ! Mais ..
… Mais comment est-ce possible ?
Je veux dire, comment en est-on arrivé là, à laisser parler ces gens-là, à notre place ? A penser pour nous, et parait-il - tu vas pas le croire ! - pour notre bien ?
Qui sont-ils ces consultants, ces analystes, ces éditorialistes, pour que nous leur accordions tant d’importance ? Que vivent-ils, au quotidien, pour savoir ce que je suis, ce que je souffre, ce que je veux ou ne veux plus ? Par quel miracle ou falsification de la pensée, peuvent-ils, ainsi, nous décrypter, comme des grenouilles nous disséquer ? Du haut de leurs plateaux, radio, télé, oui, de là-haut, sauraient-ils, infailliblement, ce que nous sommes ?
Vraiment ?
S’ils le savaient, mais avant tout, s’ils nous considéraient un peu, rien qu’un tout petit peu, alors pourquoi, hein, quand quelqu’un, un autre qu’eux, ose venir, là-haut, les interpeller ou les contredire, avec des mots de presque tous les jours, des pas conventionnels, des hésitants, alors ils le traitent avec condescendance ou net, de … bobo ! Oui, tu m’as bien entendu, de bobo ! Parce que, eux, bien sûr, ils n’en sont pas ! Oh non, ils sont bien au-dessus de ça, confortablement assis, gracieusement rémunérés ! Ils sont la loi, oh si, ils le sont ! Et avec la notice, s’il vous plaît ! C’est eux la raison. C’est eux !
Et si, une autre fois, un type, un qui parle comme il parle, tu vois, un salarié, ou celui qui les défendrait, comme ce Xavier Mathieu - tu te souviens ? Alors là, c’est d’abord la gêne sur le plateau, parce qu’il parle comme il parle justement, parce que oui, il peut être grossier, mais la vie, elle est grossière ! La vie, il l’éprouve, lui, et c’est pour ça qu’il n’a pas d’autres mots pour la décrire ; et alors tu sais quoi ? Alors, le mépris ! Oui, le mépris, je t’assure, il se lit, il transpire chez ces gens-là, et lui, le salarié, le Xavier Mathieu, il le sent, ce mépris, alors il hausse le ton ! Normal, vu comme on le traite ! Il se révolte, oralement se révolte, et là, c’est la curée, ils disent que c’est insupportable, qu’il est violent ! Ah mais si, vous êtes violent ! Enfin, écoutez-vous ! Et ça, la violence, c’est inacceptable ! I-nac-ce-pta-ble ! N’est-ce pas, Benoît Hamon ? N’êtes-vous pas d’accord ? Il est d’accord, Benoît, mais .. Mais non ! Trop tard. Il l’a dit. C’est inacceptable. Voilà, c’est fini. Sujet suivant ! … Et merde ! Pour une fois qu’un type parlait comme nous, tentait avec ses mots de décrire ce que l’on souffre, comme on en bave, on lui coupe la chique ; pire, on l’humilie. Il n’est pas assez bien, le salarié ; pas assez propre, le syndicaliste. Il n’est pas "éthiquement" ou "correctement" représentatif.
Alors ils reviennent, Bonnaud, re-Duhamel, re-Barbier et re-TOUS les autres, et à nouveau, ils parlent de nous .. Non !
Non, c’est plus possible !
Je (me) dis que ce n’est plus possible. Il faut arrêter ça. Les gens qui parlent à notre place, faut arrêter ! Ces gens qui ne savent rien de rien de notre quotidien comme de nos rêves, ça suffit ! C’est à nous, désormais, de parler. A nous !
Quoi ?
Du populisme, dis-tu ?
C’est ça ?
Eh bien soit, si tu le dis, allez, noyé que je suis dans les flux, les flots, je basculerais donc, puisque ça te fait tant plaisir, dans un populisme de mauvais aloi en faisant part de ce que je pourrais appeler mon exaspération, sauf que, c’est bien au-delà, de l’exaspération. Très au-delà !
De toutes les façons, quoi qu’on dise, ou écrive, nous les sans-noms, on se fera mal traiter de "populistes", de "bobos", de "démagos", de "poujadistes", voire même, plus salement encore !
Quoi qu’on dise, ou écrive, l’étiquette, une infâme de préférence, est prête, prête dans le seul but de nous discréditer, nous faire passer pour ce que jamais nous fûmes, nous renvoyer, gueux, manants, d’où l’on vient.
Alors, puisque c’est ainsi, ainsi qu’ils nous voient, décrivent et maltraitent, autant y aller : reprenons la parole, cette parole que chaque jour et depuis trop longtemps, ils nous volent et travestissent ! Gueulons, scandons, manifestons, faisons-nous entendre, tout de suite ! Maintenant ! Sinon …
Sinon, c’est Patrick Sébastien qui le fera.
17:02 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick sébastien veut créer un rassemblement humaniste, ces gens qui parlent à la place du peuple, les éditocrates, bobos, populisme, pensée unique, confiscation de la parole, marketing de la pensée, ça suffit ! |
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06 août 2009
Angela, Nicolas, Obama Et Cetera
On n’est pas bien là ? Tranquilles. Pendant qu’à cap Nègre, il barbote et brunit, notre vagal souverain. Pas un mot, pas le moindre communiqué de sa part depuis une semaine ; mine de rien, ça nous y fait des vacances. Merci M. le Président, enfin, de votre silence !
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Nonobstant, je profite de cette hyper-absence élyséenne pour faire comme un point sur la saison, ce championnat politique où nous fûmes, nous les “moyens”, lobés, taclés, quand ce n’est pas relégués sur le banc ou mis sur la touche.
Ce championnat où le PS joua, à la perfection, le hors-jeu.
Et y’a comme un drôle de goût qui me vient. C’est peut-être, je ne sais, la lassitude [1]. Celle surprenant l’opposant permanent. Quel rôle ingrat, finalement, éreintant, que celui qui trouve toujours à redire ! Parce que, au fond, j’aimerais être content, moi, avoir le sourire. J’aimerais être fier de mon pays. De son président. A qui, je reconnais, cependant, une certaine habileté. Mais de celle qui me hérisse. Me déplait.
Par exemple, cette propension, plus maligne qu’habile, à nous culpabiliser (tant oui, c’est culpabilisant, à la longue, de s’entendre dire que nous sommes contre - le bien de - notre pays ; c’est que, nous finirions par le croire si, égarés par le doute, nous baissions la garde). C’est intéressant. Et épouvantable à la fois.
Je m’explique.
Nicolas Sarkozy souhaite(rait), pour le bien de la démocratie dit-il, que notre pays ait une opposition digne de ce nom. Or, quand elle se manifeste, dans la rue, les journaux, sur Internet [2] elle est - pour lui - avant tout une manifestation de l’immobilisme ET de la “pensée unique” [3].
Les deux étant, à ses yeux, liés.
Mais pourquoi en serions-nous les hérauts ?
Parce que nous sommes – toujours à ses yeux - contre la réforme. Ce qui est faux ! Nous ne sommes pas contre la réforme, mais contre les siennes, parce qu’elles nous apparaissent trop fortes pour les faibles et trop faibles pour les forts.
En fait, la ligne sarkozyste est la suivante : j’agis, je réforme. Donc [sophisme à suivre ..] ceux qui s’opposent sont pour l’inaction, l’immobilisme [4]. C’est simple, pour ne pas dire simpliste ; c’est surtout intellectuellement malhonnête et scandaleux ! Pourtant, dans l’opinion, ça passe, et (malgré Besancenot) comme une lettre à la poste.
La crise qui aurait pu infléchir cette ligne, au contraire, l’a renforcée. Et de la pire des façons. A savoir que désormais, s’opposer à la politique du gouvernement, c’est être irresponsable. Jouer contre son camp. Il conviendrait, parce que c’est la crise [5] d’oublier nos différends (et nos convictions) d’être unis. Ben voyons !
Or donc, je faisais le point, travaillé depuis des mois par cette histoire de “pensée unique”. C’est quoi, bon sang, la “pensée unique” ? Qui la tient, la répand, et dans quel but ? Est-elle, cette “pensée unique” synonyme d’immobilisme ? Sommes-nous, réellement, nous, les opposants, les promoteurs de cette “pensée” ?
J’avais, je l’avoue, une idée derrière la tête.
La voici.
Elle se lit, limpide.
Nicolas Sarkozy au Zénith de Toulon [6] le 25 septembre 2008 : “Nous pouvons sortir, mes chers compatriotes, plus forts de cette crise.”
Barack Obama, le 24 février 2009 : “L’Amérique sortira plus forte de la crise !”
Stephen Harper, Premier ministre du Canada, le 10 mars 2009 promet que le Canada sortira “au plus vite de la crise (…) et plus fort que jamais !”
Yannis Papathanassiou, ministre de l’Économie et des Finances de la Grèce, le 25 mars 2009 : ”Nous sommes certains que le pays sortira renforcé et plus optimiste de la crise …”
Giulio Tremonti, ministre de l’Économie de l’Italie, le 4 juin 2009 : “L’Italie sortira plus forte de l’actuelle crise financière que beaucoup d’autres pays européens.”
Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne, le 14 juillet 2009 : “Nous voulons sortir de cette crise plus forts que nous y sommes entrés.”
Je pourrais en citer bien d’autres. La liste est si longue, celle des gouvernants assurant à leurs “chers compatriotes” que leur pays sortira “plus fort” de cette crise.
Pas que des responsables politiques, d’ailleurs.
La presse, également.
Mais aussi, des chefs d’entreprise (celui de Toyota, de la SNCF, etc.).
Mais encore des experts, des économistes, des philosophes, des présidents d’organisations ou d'associations …
Oui, la liste est très longue. Mais les mots, eux, sont toujours les mêmes. Certes, il y a quelques variations ; ainsi alors que la France “peut” et que l’Allemagne “veut”, l’Amérique, elle, "sortira plus forte de la crise", comme si c’était une certitude, comme si elle pensait être, encore, le moteur de ce Monde.
Le Canada, vantard, sortira "plus vite" de cette crise que les autres.
L’Italie, plus vantarde encore, fanfaronne qu’elle en sortira "plus forte" que ses voisins européens.
Mais peu importe cette guéguerre-de-c’est-moi-qui-sortirai-de-la-crise-plus-fort-et-plus-vite-que-toi-euh ! Ce qu’il faut retenir, c’est le message, invariable : “Nous” allons sortir renforcés de cette crise, plus forts que nous y sommes entrés. (Au passage, il est intéressant de noter que personne, ou presque, n’ose prétendre le contraire .. Pourtant, c’est une hypothèse tout à fait envisageable. Non ?)
Eh bien moi je dis que, quand autant de responsables, aussi divers, tiennent, et depuis des mois et des mois, le même discours aux quatre coins de la planète, nous y sommes en plein dedans, dans la “pensée unique”. Elle est là, la “pensée unique”. Et pas ailleurs !
Et ce sont les mêmes qui nous accuseraient de ce mal ?
Reste que, c’est bien joli tout ceci, rabâcher que “nous sortirons plus forts de cette crise” (si tant est que nous en sortions …) mais .. QUI ?
Qui est ce “nous” ?
Non.
Ne rêve pas.
C’est pas toi. Ni moi. Ni elle.
C’est pas nous, quoi.
C’est eux. Leur système. Qu’ils ne veulent absolument pas moraliser. Ils veulent juste le sauver. C’est tout ! Ne rien changer. Faire mine de, pour la forme, la photo, à grands coups de déclarations de principe sans lendemain, mais pas plus.
Et c’est logique, vu que, c’est Sarkozy qui “nous” (et là, “nous” c’est vraiment nous … ) le dit : les hérauts de la “pensée unique” sont les mêmes qui prônent l’immobilisme ! Or comme, c’est eux (Angela, Nicolas, Obama et cetera) les cerveaux de la "pensée unique" …
CQFD et merci Nicolas ! (Prends une photo, car c’est la première et dernière fois que je remercie ce type ..)
Barbote et brunis bien.
En espérant que tu sortiras “plus fort” de tes vacances que tu n’y es entré. Tant il va falloir être fort, sais-tu, à la rentrée, pour contenir notre colère.
Elle est grande.
Elle est forte.
Elle est, comme tu l’aimes : unique.
[1] Je dois avouer que je suis à la fois éberlué et attendri par Juan de Sarkofrance. Chaque jour, il nous sort un billet ventilant sa majesté. Plus d'un, en vérité. Comment fait-il pour ne pas être gagné par la lassitude ? Est-ce une vie que d’être contre TOUS les jours ? Et je me disais, putain, s’il repasse en 2012, Sarko, Juan, il en reprendra pour 5 ans.
Comme notre Président, la “charge” de Sarkofrance est “proprement inhumaine”.
[2] Vu sa représentation dans les Assemblées, les régions, les mairies, le PS devrait être l’opposant n°1. Or, il est mort. Oh si ! Regarde donc la tête de Martine ! C’est pas vraiment une tête de vivante, non ?
Donc, disais-je, le PS étant mort (tout en restant grotesque) c’est dans la rue, les journaux, sur Internet, que se situe l’opposition.
[3] Le 5 février dernier, dans cette indigente plaisanterie intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy parlait même du “catéchisme de la pensée unique”.
Quel culot !
Lui qui voudrait qu’à ses réformes, nous communions ..
[4] Toujours dans cette même parodie d’émission du 5 février 2009, le chef de l’Etat disait : “Le monde change Monsieur Pujadas (ne me demande pas pourquoi c’est Pujadas qui prend, je sais pas .. Il doit avoir la tête d’un type qui change pas … Qu’est pas de ce monde .. Il est vrai aussi que Sarkozy, il a tendance à penser que le Service Public et le monde-qui-bouge, ça fait deux … Pujadas représentait alors, ce soir-là, l’immobilisme ..) le monde change à une vitesse stupéfiante (on dirait du Contador dans le texte .. En même temps, Sarkozy, l’aime bien le cyclisme ..) et mon devoir, c’est de conduire le pays pour qu’il s’adapte à la compétition mondiale, qu’on ait le plein emploi (puis-je dire que nous n’en prenons pas le chemin ?) que les gens (je ne supporte pas qu’on nous appelle : "les gens" ..) puissent dire que leurs enfants ont les meilleures universités, les meilleurs lycées, la meilleure éducation (il vient de dire trois fois la même chose, mais c’est pas grave ..) Je ne vais pas y répondre par l’immobilisme mais par la réforme ..”
C’est pas scandaleux, ça ?
Il est tout de même sous-entendu que les opposants à Sarkozy ne sont pas pour le "plein-emploi" et une "meilleure éducation" ! C’est en cela que le discours de Nicolas Sarkozy est épouvantable.
[5] Quand on parle de “crise” ne pas se méprendre. Si les banques la rencontrent, c’est branle-bas de combat. On met tout en œuvre, notre pognon durement gagné en l’occurrence, pour les sauver. Avec comme argument de saligaud : si on ne les sauve pas, vous perdez vos économies, braves gens.
Mais quand les braves gens sont à leur tour touchés par la “crise”, là, c’est plus la même. On leur demande d’être raisonnables. De se calmer. On leur fait même la morale. [“Mais qu’est-ce que c'est que cette histoire d’aller séquestrer des gens ?”] … Faible avec les forts, mais fort avec les faibles, te disais-je ..
[6] Eh oui, Nicolas a de l’humour. Il choisit un Zénith pour nous informer que le pays va sombrer ..
18:14 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nous sortirons plus forts de la crise, notre pays sortira renforcé de la crise, pensée unique, bonus, traders, système capitaliste, moralisation du capitalisme, sarkofrance |
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26 mars 2009
C’est Dans L’Aisne, Qu’Un Mauvais Coton, Nous Filons …
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Et c’est en écoutant Christophe Barbier, le lendemain dans “C Dans L’Air”, que j’eus la confirmation que nos journalistes sont bien des perroquets, si ce n’est de vulgaires télégraphistes.
Car vois-tu, je l’ai suivi, de bout en bout, en direct sur la T.N.T., le discours non-explosif de Saint-Quentin.
Comme un crétin, je n’avais pas pris de quoi noter.
Or, très vite, une phrase attira mon attention. Elle traitait de l’impudeur. De la souffrance. Mais impossible de me la remémorer dans ses termes exacts – vivement que notre altesse mette en branle son plan Alzheimer, c’est moi qui te le dis ..
Alors, je surfais histoire de la retrouver.
Le Nouvelobs.com, le Figaro.fr, Liberation.fr, etc. tous, je les ai tous faits. Mais rien à faire. Cette phrase, je ne la retrouvais point. Cependant, je remarquais que TOUS, je dis bien TOUS, reprenaient les mêmes saillies du discours “sarkozien”.
Comment est-ce possible ?
Des sites si différents, parfois complémentaires – très utile, cette complémentarité, pour (d’habitude) recouper une info, la disséquer, et c’est bien là, l’un des réels avantages du soit-disant virtuel.
Et c’est donc Christophe Barbier qui, le lendemain du discours de Saint-Quentin, sur France 5, me fournit la réponse.
Elle est effrayante.
Il nous appris que le Président Sarkozy s’était emmêlé les pinceaux dès le début de son “speach”.
En effet, il ne devait pas dire :
”Ce soir je veux poser des valeurs. Je veux rappeler des repères.”
Mais :
”Ce soir, je veux rappeler des valeurs. Je veux poser des repères.” [Ne cherche pas confirmation, le texte a été immédiatement corrigé sur le site de l’Elysée]
Ça veut dire quoi ?
Tout simplement que les principales rédactions de c’pays avaient reçu le discours en amont. Bien avant qu’il ne soit prononcé.
Or, il faut le savoir, quand une rédaction reçoit un texte (de Sarko, de Martine Aubry, de Bayrou, de qui tu veux, peu importe, ça marche pareil ..) certains passages sont surlignés, afin d’indiquer au journaliste ce qu’il doit communiquer - oui, tu peux aller vomir, si tu veux, ça mérite ..
Voilà pourquoi, dans la presse, tu trouves les mêmes résumés, les mêmes phrases-clef.
Il a beau jeu, ensuite, Sarkozy, de fustiger la pensée unique.
Dieu, que la presse est grotesque !
Ou soumise.
Et pourquoi ?
Pourquoi est-elle à ce point soumise ?
Je t’invite à y réfléchir.
Alors vois-tu, après "ça", quel intérêt y aurait-il à commenter ce non-évènement que fut le discours de Saint-Quentin ?
Il est vide.
Il est creux.
Il est victimaire, tout en notant, comme toujours, que chez Sarko, et c’est bien là l’insupportable, il y a les victimes dignes d’intérêts, et les autres.
Ce discours, tu vois, il est : malhonnête, déplacé, injuste.
Malvenu.
Il a raison Barbier : on n’alerte pas la République pour ne rien dire, du moins, que nous ne savions déjà. Il suffisait de se fendre d’un communiqué et Basta !
Là où je ne suis pas d’accord avec le directeur de l’Express, là où je diffère, c’est sur la ville choisie, celle de Saint-Quentin.
Il parle, Barbier, de choix septentrional. D’un potentiel écho au discours de Toulon. Mais, si j’peux me permettre, j’ai une autre proposition :
Saint-Quentin, parce que c’est dans cette ville, que le 25 janvier 2007, le candidat Sarkozy justifiait ses références à Jaurès, Blum, De Gaulle et consort. C’est ce jour-là qu’il s’adressa à la “France-Qui-Souffre”.
C’est cela qu’il voulait nous rappeler.
La souffrance qu’il n’aurait pas oubliée. Qu’il mesure. Qu’il entend. Même muette.
Il était là, l’écho.
A lui-même.
D'où, Barbier, le passé composé.
Voilà.
C’est tout.
C’est peu.
En fait, j’avais tout dit, hier.
Je rajouterai juste une "chose".
La seule annonce, véritable, que le chef de l’État nous a faite, et qui est la suivante :
”La seule appartenance à une bande pourra être sanctionnée pénalement d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.”
Quelle rapport avec la Crise ?
Eh bien je te renvoie (Ça va réjouir CSP – et tant mieux ! et dans un autre registre, Bénédicte ...) à cette vidéo de 1999 que j’avais choisie pour ouvrir Refais Le Monde en octobre 2006.
Elle traite de l’insécurité sociale. Et de son prolongement pénal.
Et l’on se rend compte aujourd’hui combien Loïc Wacquant avait raison.
Et combien ça va nous faire mal.
Sur ce point – et c’est bien le seul – Nicolas Sarkozy ne nous aura pas menti : oui, ça va nous faire très mal !
Même s’il utilise d’autres mots.
Ceux de la pensée unique qu’il prétend pourfendre.
22:00 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christophe barbier, c dans l'air, discours de saint-quentin, journalisme français, pensée unique, loïc wacquant, insécurité sociale |
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