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25 juin 2010

Sarkozy (Enfin) Plébiscité Par Le Peuple Français

Voilà un sondage qui devrait redonner du baume au cœur au chef de l’Etat, d’autant plus en cette période morose où l’Equipe de France désole et encolère nos concitoyens, le chômage va galopant, les scandales pullulant sans qu'on sache à qui ça profite, et où triomphent les manifestants de tout poil.

Un Plébiscite.jpgSelon un sondage H1N1 réalisé pour le quinzomadaire à géométrie variable Qu’il est bon de rire parfois quand toute l’économie d’un pays est grippée, à la question :

“Selon vous, quel est l’humoriste politique le plus insolent actuellement en France ?”

Les français ont placé M. Sarkozy en tête des huit personnalités proposées.

Avec 31% des voix (score identique à celui qu’il obtint lors du premier tour de la présidentielle 2007) Nicolas Sarkozy devance très largement Brice Hortefeux (19%) et Manuel Valls (15%).

Les français ont certes apprécié les boutades du Ministre de l’Intérieur (“Quand il y en a un ça va, c’est quand il y en a plusieurs qu’il y a des problèmes”) ou du trublion du Parti Socialiste (« Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos… ») mais pour la plupart des sondés, rien ne dépasse les “Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts”, “Je serai le président du pouvoir d’achat”, “Au nom de quoi récupérer les électeurs du Front National, c’est mal ?”, “Casse-toi, pov’con !” ou encore le fameux “La France, on l’aime ou on la quitte” de M. Sarkozy.

Derrière ce trio, on trouve ensuite Patrick Balkany pour l’”ensemble de son œuvre” (avec seulement – et c’est une surprise – 10% des voix) Jean-François Copé (notamment pour cette déclaration qui a beaucoup plu : “Moi vivant, il n’y aura pas d'augmentation de la redevance” et son combat acharné contre la Burqa) qui fédère, sur son seul nom, 9% des français (de bon augure pour 2017, l'objectif de M. Copé).

Ferment la marche, le ministre de l’Immigration, Eric Besson (7% – une vraie déception au regard du travail accompli par ce brillant "collaborateur") et deux humoristes particulièrement caustiques et sans concessions de la station de service public, France Inter : Philippe Val (5%) et Jean-Luc Hees (4%). Ces deux derniers (c’est le cas de le dire, puisqu’ils le sont dans ce classement – ô insolence, quand tu me tiens !) boutant hors du classement (réalisé l’an dernier à la même époque troublée) l’imitateur Laurent Gerra et le sénateur Charles Pasqua.

Un sondage qui a le mérite de remettre “les pendules à leur place” (comme dirait joyeusement un autre humoriste proche du pouvoir, j’ai cité : Johnny Hallyday) puisqu’on ne trouve aucune trace de Didier Porte ou de Stéphane Guillon.
On comprend dès lors leur éviction.
En effet, ils n’auront su s’adapter à cette “nouvelle insolence” qui fait fureur dans notre pays, une insolence qui, si elle conduit, parfois, au tribunal, n’en reste pas moins unanimement plébiscitée par nos compatriotes.
De fait, Hees & Val, en remerciant les deux “pseudo” humoristes devenus plus "tyrans" que drôles tellement ils se sont “coupés des réalités du rire d’aujourd’hui” n’auront, en définitive, fait que contenter (et répondre aux attentes de) leur auditorat, qui, faut-il le rappeler, est le premier actionnaire des radios de service public.

Reste à savoir si M. Sarkozy, nouveau champion de l’insolence en politique, serait prêt à assurer chaque matin, à 7h55 et sur France Inter, une chronique humoristique.
Le Parti Socialiste par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, a immédiatement réagi à cette éventualité, arguant du fait qu’il y aurait là “conflit d’intérêts, étant donné que le Président de la République est le principal actionnaire de la chaîne de service public”.
Ce à quoi, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, a rétorqué qu’il fallait “renvoyer les socialistes d’où ils venaient, soit au pays des Tristus”. Puis il a ajouté : “Ca tombe bien, ça rime avec Fabius”.
Voilà qui devrait sans doute permettre au sémillant Lefebvre d’intégrer ce classement des “humoristes politiques les plus insolents de France” la saison prochaine.

NB : Ce sondage réalisé auprès d’un échantillon de 1001 personnes pas tellement représentatives de la population a été effectué avant que le chef de l’Etat annonce la fin de la “Garden Party” et qu’un membre de son service d’ordre ne gifle un journaliste de France 3.

22 mai 2010

Apéros Facebook : La Proposition Choc de Nicolas Sarkozy

Sarkapéro.jpgCoup de théâtre, hier soir sur TF1, dans l’émission “A Votre Santé, M. Le Président !”.
Devant une Laurence Ferrari médusée et un David Pujadas égal à lui-même, le chef de l’Etat s’en est pris violemment à ceux qui “stigmatisent la jeunesse, qui est la richesse de ce pays”.
Puis, il ajoutait : “Je n’ai pas été élu pour interdire les apéros Facebook, Madame Ferrari !

Nicolas Sarkozy a donc pris l’opinion publique à contre-pied. Comme, en son temps, François Mitterrand. Alors que 58% des français sont pour l’interdiction systématique des apéros Facebook, le locataire de l’Elysée a martelé qu’il n’était “ni question de les interdire, ni même de les encadrer".
Le chef de l’Etat s’est ensuite lancé dans un vibrant plaidoyer en faveur de la jeunesse française, “une jeunesse imaginative, qui ne se laisse pas abattre par la crise, et qui a choisi, et comme on peut la comprendre, David Pujadas, de s’amuser”. Et quand le journaliste de France 2 lui rappelait que le peuple français était majoritairement favorable à l’interdiction, le Président de la République a rétorqué qu’il n’était “pas homme a se laisser gouverner par les sondages. Les sondages, sondent, a-t-il dit, moi j’agis. Chacun son métier”.

Puis, nouveau coup de tonnerre, il a annoncé son intention d’inscrire les apéros Facebook dans la Constitution :
Dans un monde en crise, la pire que nous ayons connue depuis un siècle, Laurence Ferrari, et dans une République de droits et de devoirs, les jeunes ont non seulement le droit de se retrouver en ville pour y faire la fête, mais également le devoir de le faire (…) C’est pourquoi je souhaite la mise en œuvre d’une réforme constitutionnelle”.
Certes, Nicolas Sarkozy ne peut plus obtenir une révision de la Constitution sans l’accord au moins implicite du PS, mais il compte sur la “sagesse des dirigeants socialistes” tout en les invitant à ne “pas perdre leur sang-froid”. Laurence Ferrari eut beau faire remarquer au chef de l’Etat que la majorité des trois cinquièmes serait, sans doute, difficile à atteindre, il balaya cette hypothèse d’un revers de la main et a insisté sur le fait qu’il était temps “que chacun prenne ses responsabilités” rappelant, au passage, son slogan de campagne présidentielle, “Ensemble, tout est possible” : “Eh bien voilà, ils sont ensemble, mieux, ils s’amusent ; au Congrès, désormais, de se prononcer sur le possible. Et sans vouloir influer de quelque manière que ce soit sur sa décision, je le dis très solennellement, il est temps que la France entre dans le troisième millénaire et y prenne toute sa place”.

Les questions de “santé publique” furent abordées par les deux journalistes, mais là encore, M. Sarkozy renvoya l’argument arguant que “le gouvernement n’avait pas à se mêler de la santé de ses concitoyens ! Avouez que c’est quand même formidable, ça, David Pujadas ! Nous avons là, une jeunesse qui s’amuse, fait la fête, et il faudrait s’en inquiéter ! Enfin, c’est quoi cette histoire ?”.

Très en forme, le Président de la République a même ironisé sur sa faible côte de popularité : “Croyez-vous qu’au stade où j’en suis, j’ai vocation, en plus, à devenir imbuvable ?”.

Cependant, l’échange est devenu autrement plus vif, lorsque Alain Duhamel est venu conclure l’émission. Visiblement irrité par des questions portant sur “la dette publique”, le “chômage qui tarde à se stabiliser” et “les préoccupations des français, qui sont, croyez-le ou non, autrement plus importantes que l’inscription des apéros Facebook dans notre Constitution”, Nicolas Sarkozy a sèchement répondu au journaliste par un sonore “Faites pas le malin, Duhamel !” avant d’expliquer que “ces apéros ne coûteront pas un seul centime d’euro aux français” et insistant, une nouvelle fois, sur le fait “qu’en temps de crise, il est normal de s’amuser, Alain Duhamel. Je comprends que ça ne vous plaise pas. Peut-être que vous n’aimez ni la jeunesse, ni Internet, eh bien, moi, Alain Duhamel, je l’aime ! La jeunesse, Internet. Je trouve qu’il y a là, un formidable espoir ! Un élan ! Il faut l’encourager !”.
Alain Duhamel tenta bien de revenir à la charge, en vain, le chef de l’Etat l’interrompit avec une phrase qui fera sans doute date dans l’histoire de la Vè République : “Je n’ai pas été élu pour vous écouter, Alain Duhamel

Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir suite à l’annonce faite par le chef de l’Etat d’inscrire les apéros Facebook dans la Constitution.
Le Parti Socialiste parle de “démagogie” et “de totale irresponsabilité de la part du Président de la République”.
Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) se demande si “après le G20, Nicolas Sarkozy n’aurait pas l’intention de créer le G Vin ?”.
Quant à Dominique de Villepin, il a ironisé en proposant de nommer “Charles Pasqua, ministre des Apéros Facebook” ajoutant que le sénateur retrouverait là “ses premières amours”.
L’Elysée a immédiatement répliqué évoquant “le sectarisme et l’archaïsme de la gauche. Une gauche tournée vers le passé, qui n’aime pas la jeunesse, et le fait savoir”.
Seule fausse note dans ce concert, Frédéric Lefebvre qui, s’il reprit à son compte les termes de “sectarisme” et d’”archaïsme” ajoutait qu’il “faudrait peut-être songer à renvoyer la gauche dans son pays !” [*]
Quant à Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille elle s’est réjouie de voir les apéros Facebook bientôt inscrits dans la Constitution, voyant là, “une preuve formidable de la modernité de notre Président” puis, elle a invité tous les jeunes de France à venir danser avec elle sur Les Black Eyes Peas et Lady Gaga à Toul, lundi prochain.

Enfin, selon Claude Guéant, Jean-Louis Borloo devrait être prochainement nommé Premier ministre des Apéros Facebook. Il aura pour première tâche d’organiser via Facebook, mais aussi Twitter, une "Garden-Party géante", le 14 juillet prochain, à l’Elysée.

[*] D’après le Canard Enchaîné à paraître mercredi prochain, Nicolas Sarkozy aurait fait part de son agacement suite à la déclaration du porte-parole de l’UMP : “Ce Frédéric Lefebvre commence à me saouler, grave” aurait-il dit à l’un de ses proches collaborateurs.

 
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