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05 novembre 2008

Obamadeus !

Happy Holidays Are Over, Mister Obama !

Tout comme toi, tu sais, me suis demandé si je ne rêvais pas, et vas-y que je me pinçais, me giflais, me scarifiais presque !
Allons-allons me disais-je, réveille-toi mon ami, tout ceci n'est pas réel, pas Dieu possible, j'le crois ni ma mère, ni ma race !
Mais non-non-non, tout comme toi, je constatais que ben si, c'était pas un rêve, c'était vrai de chez pas faux.

What ?

Mais non, j't'cause pas de la victoire de Barack Obama !
Je le savais, moi, qu'il allait gagner.
Depuis longtemps, même.

Depuis when ?

Oh, à vol d'oiseau, depuis 2002.
Facile.

J'dis n'importe quoi ?

Ben oui.
Et alors ?
C'est pas moi qui ai commencé.
C'est Bernard-Henri Levy.
Bernard-Henri, il a dit qu'il avait rencontré Barack en 2004, alors que personne ne le connaissait, et qu'il avait bien senti, Bernard-Henri, que cet homme était le "JFK noir" de demain.
C'qu'il est trop fort ce BHL, tout de même !
Sauf qu'il nous l'a dit hier, mardi, soit la veille de l'élection d'Obama, sur un plateau télé.
C'est ballot.
Ben si !
Parce que tu vois, moi, si j'avais rencontré le "JFK noir" comme il dit, trop fier de ma découverte, j'aurais pas attendu quatre ans pour l'annoncer.
Tu me suis ?

Or donc, disais-je, ce matin, très tôt, me disais que c'était pas Dieu possible enfin ! Que, mazette, boudu et saperlipopette, je devais rêver tant ce que j'entendais me ravissait.
Tant surtout, je mesurais le chemin qu'ils leur restent à parcourir à nos petits, tous petits-petits-petits politiques français.

Car que se passe-t-il en France lorsque tombent, à 20 heures, les résultats d'une élection présidentielle ?

Eh bien, je vais te le dire :
Un truc pathétique.

Comme par exemple, Giscard, qui, battu par Mitterrand le 10 mai 1981, nous offre un piteux spectacle, une sortie théâtrale, dérisoire, pompeuse et pompante, concluant son pauvre discours par un "Au Revoir" ridicule.
A peine a-t-il salué le vainqueur, à peine lui a-t-il souhaité bonne chance, juste il invoqua "la providence", la seule selon lui, à pouvoir sauver notre pays du choix que par les urnes il s'était donné.

Comme aussi, plus près de nous mon Dieu, la Dame de Melle, la Marie-Ségolène, qui du bout des lèvres souhaita "au prochain président de la République - oui, elle n'a même pas cité son nom .. - d'accomplir sa mission au service de tous les français ..." avant de nous asséner un pénible discours, uniquement destiné à SES militants, SES supporteurs et SES électeurs, discours au bout duquel elle promettait de les emmener vers ... d'autres victoires !
Infoutue de reconnaître SA défaite, incapable de s'adresser à SON pays, juste bonne à continuer de prêcher auprès de SES ouailles.

Il n'en est pas de même aux États-Unis d'Amérique.
Où là, pardonne-moi de le concéder, mais c'est la grande classe.

Ainsi John McCain qui déclare que - je le cite :
"Cet échec est le mien, pas le vôtre !"
Puis il poursuit magistralement ainsi :
"Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement (...) C'est une élection historique (...) Je reconnais la signification particulière qu'elle a pour les noirs américains (...) Je lui promets - à Barack Obama - ce soir, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider à nous faire traverser les épreuves qui nous attendent (...) Ce soir, je n'ai que de l'amour pour ce pays (...) Je souhaite que Dieu aide celui qui fut mon adversaire !"

Avoue que ça a de la gueule, non ?

Oh certes, ils ne se sont pas balancés que des gentillesses durant la campagne, mais c'est le jeu !
On ne gagne pas une bataille à grands coups de bouquets de fleurs !
Seulement, tu vois, quand la bataille est finie, qu'elle a livré le nom du vainqueur, eh bien, aux Stasunis, le vaincu lui rend hommage.

Quand verrons-nous ça en France ?

D'autant plus, pince-moi je rêve, que c'est tout aussi élégant et respectueux dans l'autre sens avec Barack Obama saluant un John McCain qui "a bataillé dur et longtemps au cours de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste".
Il ajouta qu'il félicitait également sa colistière, Sarah Palin, qu'il était impatient de travailler avec eux, puis s'adressant aux Républicains, il eut ces mots :
"Je n'ai peut-être pas remporté votre vote, mais je vous entends, j'ai besoin de votre aide, et je serai également votre président".

Ah c'est autre chose que Nicolas Sarkozy avec son "J'ai une pensée pour Madame Royal, je veux lui dire que j'ai du respect pour elle .. " qui suintait plus l'ironie qu'autre chose, ben tiens que le respect par exemple !

Mais attends, c'est pas fini !

Même George W Bush Jr a été impeccable.
Après avoir adressé ses félicitations à "Monsieur le Président élu !"
Il ajoutait :
"Quelle nuit superbe pour vous, votre famille et vos partisans (...) Je promets que cette transition se passera en douceur. Vous êtes sur le point d'entreprendre l'un des plus grands voyages de votre vie."

Alors bien sûr, je ne suis pas naïf comme le premier Jospin venu.
Je sais bien qu'il y a derrière cette symphonie de mots, quelques arrières-pensées inavouables, quelques rancoeurs, que oui, c'est aussi du théâtre, de la mise en scène, du dialogue cousu main pour faire passer le message au reste du Monde, que l'Amérique qui est super gentille, humaine et tout le tralala est de retour (alors que c'est pas gagné ..) mais tout de même, ça a une autre tronche que les pauvres discours égocentrés des vaincus comme des vainqueurs de nos Présidentielles à nous.

Et ils seraient bien inspirés, les Sarkozy, les Royal, et demain les Bertrand, les Copé, les DSK et même les Bayrou, de prendre de cette hauteur, de tendre vers cette élégance, se réjouir d'un scrutin, plutôt que de le détourner à leurs maigres profits, pensant déjà à prendre leur revanche au coup suivant.

Pour le reste, cette orgie d'images, toujours les mêmes depuis ce matin sur nos écrans de télévision, ces analyses à balle deux sur ce qui va se passer dans le Monde avec l'élection d'un afro-américain à la Maison-Blanche, et les déclarations élogieuses et dégoulinantes d'hypocrisie de nos politiques, me fatiguent, mais à un point !
Me demande même quand est-ce qu'ils vont oser nous balancer le "Imagine" de John Lennon, ces cons d'abrutis !

Obama est élu.
Tant mieux.
Mais surtout bonne chance.
Il en aura sacrement besoin.

Parce que oh ! Il ne faudrait tout de même pas oublier que Obama ou pas, l'avenir du Monde est aussi sombre qu'un requiem de Mozart.


17 Octobre 2002 : La Une Visionnaire Du Courrier International

PS : Et si on pouvait arrêter avec cette expression de "JFK noir" .. Tant elle est déplacée et grotesque ...


podcast


Et la palme du con qui n'hésite pas à repousser les limites est décernée à Roger Karoutchi, UMP et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement pour cette déclaration à la con qui lui ressemble tellement il est très con et sans le moindre scrupule :
"La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007".
Bravo mon pote, dans la récupération pire que dégueulasse et plus qu'outrancière, t'es du genre minablement imbattable.
L'image même des petits-petits-petits-petits zobs politiques de chez nous qu'on souhaite ardemment ne plus voir, ni entendre.

 
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