13 septembre 2011
D’Un Effondrement, L’Autre
Or donc, nous fûmes pilonnés. Ce dimanche 11 septembre 2011. Commémorations ici, commémorations là, partout, impossible d’y échapper.
Un flot d’images insupportables. Des analyses et des commentaires assommants.
Avec, comme de bien entendu, la sempiternelle question, crétine, inutile, futile :
« Où étiez-vous le 11 septembre 2001 ? » et des cons finis pour oser y répondre !
Et je vous fais grâce des conspirationnistes et autres complotistes. Dont on se fout comme de l’an 40. L’essentiel, comme toujours, étant ailleurs.
Car, tout de même, c’est extravagant, n’est-ce pas ? Ahurissant, au point que ça en deviendrait hautement comique, pour qui serait d’un cynisme sans bornes.
Non mais, vous rendez-vous compte ? Nous avons revécu, parfois en temps réel (cf : France Info) les attentats du 11 septembre, nous avons revu ces tours s’effondrer, en long, en large, en travers, pendant toute une journée. Ces tours qui symbolisaient la toute-puissance des Etats-Unis d’Amérique, la finance, le capitalisme décomplexé.
Ça ne vous gratte pas un peu, là ?
Vous ne vous dites pas, tiens, c’est curieux, mais y’a quelque chose qui coïncide, qui fait écho ?
Ah ! Mais non pardi, voyez, non ! C’est une commémoration ! On cherche pas, on diffuse ! En boucle. Et vas-y que je t’annonce, dix ans après, l’échec d’Al Qaïda, mais que, gaffe, le terrorisme n’est pas vaincu, il ne faut pas la baisser, la garde !
Baisser la garde, non, mais diffuser encore, toujours, ces tours s’écroulant, ça oui ! Et sans rien voir, sans rien comprendre, sans faire un rapprochement, osé, certes, mais tout de même !
Et nous voilà terrassés par tant d’aveuglement, je dirai même, par tant de nombrilisme. D’auto-soi.
Ah ! L'Occident, c’est formidable ! D’infantilisme (et de vanité).
Pourtant, ça crève les yeux, non ?
D’un côté, ces tours s’effondrant, commémorations ; et de l’autre, un système agonisant, présentement.
Rien à voir ?
Va savoir !
On commémore, et dans le même temps, ça s’effondre encore, toujours. Les banques, le CAC, la finance, la zone euro et tutti, tout un système qui part en sucette, et personne pour arrêter, freiner, cette chute continue, cet autre effondrement. Qu’ils appellent, ces impuissants pyromanes : la crise !
Mais remballe-là, ta crise ! Ce n’est pas une crise ! C’est bien plus grave que ça !
Et d’ailleurs, de ta crise, en France, on en a pas encore vue la couleur, pas vraiment.
A part quelques exposés, des malchanceux, dont la majorité se branle, tant qu’elle peut conserver son iPhone, son iPad, son iMac. Allons ! Si nous connaissions la crise, ça se saurait ! Y’aurait du monde dans les rues ! 15% de chômage TTC ! TVA au carré ! Ca gueulerait, ça geindrait, peut-être même que ça s’écharperait. Déjà qu’en temps de blocage de raffineries, on sort le knife à la station du coin pour un petit litre d’essence, alors tu penses, si tu crevais la dalle, qu’on te sucrât tes prestations sociales et tout le toutim, qu’on te réservât le même sort de chiens galeux qu’aux Grecs, ça y ferait un sacré ramdam !
Non, on n’a pas vu. Rien. La crise, elle ne nous a pas touchés. Mais ça vient. L’effondrement est en marche, permanent. Les tours jumelles, à côté, c’est de la roupie de sansonnet. Tant les victimes se compteront par millions. Peu seront épargnés…
Et vois-tu, c’est assez extraordinaire, d’en faire des caisses de ce 11 septembre, du gospel et des larmes, (à l’émotion les occidentaux, rien qu’à l’émotion !) et ne pas voir que, dans le même temps, c’est tout un monde qui s’effondre. En direct ! Tous les jours !
Ah, ça par exemple ! Mais, nom de Dieu, ce qu’il faut être aveugle, sourd, ou fou complet ! Pour ne pas dire : salopards, incapables, cyniques véritables.
L’Occident, cette chose suffisante, arrogante, peuplé d’égoïstes, de citoyens gâtés, indifférents et insensibles à la pauvreté qui la cerne, cette pauvreté qu’elle a générée, l’Occident s’écroule, comme dix ans auparavant, deux foutues tours.
Il y a, là, dans cet aveuglement commémoratif, j’avoue, quelque chose de fascinant.
Dimanche, j’ai vu autre chose que des tours s’effondrer. J’ai vu tout un système, une idéologie, une économie, s’écrouler.
Dix ans après.
Et ça ne fait que commencer…
14:01 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 11 septembre 2001, 11 septembre 2011, système capitaliste, effondrement du capitalisme, commémorations, le début de la fin, zone euro, krach boursier, fin de l'euro, chute du dollar, crise mondiale, faillite de la grèce, dettes, déficits, politique d'austérité, plans de rigueur, tours jumelles, wtc, ground zero, la mort du capilatisme, nouvel ordre mondial, les dix ans du 11 septembre |
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26 janvier 2011
Du Chiffre ! [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] … A l’ancienne ! Voilà comment j’ai été élevé : à l’ancienne. Travaille, mon petit. Travaille ! ... Ah, j’en ai entendu, ça oui, que ça me tomberait pas tout cuit dans l’auge. Qu’il fallait trimarder. Et pas qu’un peu. Au mérite qu’on serait reconnu, au mérite et rien d’autre … A les entendre, le travail, le labeur, c’était la panacée, le sésame, mais gaffe ! Pas du littéraire, ah non ! Du matheux ! Assurance pour la vie … J’avais pas le choix, comme qui dirait. Mais qu’importe … Le travail ! C’est de ça dont je voulais vous entretenir. Il est barré. Y’a plus. Défiguré. On s’est fait mettre sévère. Pis : on n’a rien dit.
Que je passe pour réac, j’en ai cure. Je n’écris ni pour l’audience, ni pour me faire plaisir. La subjectivité, je veux bien, mais la vulgarité, je m’y refuse …
Or donc, y'a lurette, le travail, il avait un sens, même si c’était chagrin, ce qu’il a toujours été, peu ou prou. Mais on savait pour quoi, comment et où. Affirmatif ! Même à Boulogne-Billancourt, chez Renault. Y’avait de l’humain, nom de Dieu, un minimum ! On prenait compte, quoi qu’on dise ... Mais aujourd’hui, pauvret, t’es rien. Un numéro. Un matricule. Comme à l’armée. De la chair à canon du Nouvel Ordre Mondial. Une variable ajustable …
… Quelqu’un sait-y pour quoi il taffe, de nos jours ? Et pour qui ?
Répondre tout de go pour le Grand Capital, les actionnaires, ça n’est pas suffisant. Et pis c’est pas nouveau.
Las, faut que j’entre dans le vif …
On ne travaille plus, on « fait » du chiffre ! Partout ! Dans tous les secteurs. Public comme Privé ... Oui, Public itou ! renseignez-vous, des hôpitaux à la police en passant par l’Education Nationale ; non-sens absolu, dérive, saloperie … Je pourrais contremultiplier les exemples précis et concrets, mais à quoi bon .. Vous les trouverez vous-mêmes… Penchez-vous donc sur votre condition de laborieux, votre propre expérience, vous verrez, c’est l’évidence.
Et alors, me direz-vous ? Où qu’il est le problème ? N’est-ce pas ...
Mais c’est LE problème, justement … Quand il s’agissait de travailler, bon an mal an, on vous reconnaissait une compétence, un savoir-faire, mais dès lors qu’il s’agit de « faire » du chiffre, de l’audience (car c’est bien ce que l’on nous demande, au fond) y’a plus de compétences, plus de savoir-faire qu’entrent en ligne de compte. Abolis ! Y’a plus que de la roublardise, de la biaiserie, de la tricherie en veux-tu, en voilà, voire de l’escroquerie à la Tapie, à la Séguéla, à la Messier. Des consultants, des conseillers, des commerciaux, partout. Payés rubis sur l’ongle … Bref, c’est la prime à l’incompétence, le fameux Principe de Peter. En plein dedans, nous sommes. Et depuis lustres.
Ceusses qui, aujourd’hui, sont « récompensés » pour grande majorité, sont des imposteurs.
Pour pas dire : des voleurs.
Comment pouvons-nous défendre un pouvoir d’achat, un salaire, des conditions de travail, une compétence, un savoir-faire, revendiquer quoi que ce soit, si nous sommes réduits à produire du chiffre ? Tant d’automobiles, tant de procès-verbaux, tant d’auditeurs, tant de bacheliers. C’est impossible ! Car c’est le chiffre qui commande. Toujours. Nous en sommes dépendants, totalement esclaves. C’est l’arbitraire-roi.
Vous pourrez arguer que vous avez sué sang et eau, justifier, démontrer, que tout, vous avez tout fait comme il était prévu, ordonné, planifié, vous serez perdants. Il est là, LE problème ... Bon sang, mais c’est pourtant (et, encore une fois) l’évidence ! …
Le mérite, celui qu’on nous vend et vante, c’est de l’attrape-couillons ! Car dans une affaire où SEUL le chiffre compte, le mérite véritable n’a plus sa place …
Ne nous étonnons point qu’on cause désormais d’un salarié, quel qu’il soit, comme d’une « variable d’ajustement » car c’est réellement ce qu’il est devenu, et ainsi qu’on le considère. Or donc, plus comme un humain. Juste un matricule.
Où avez-vous vu qu’un matricule était « récompensé » au « mérite » ?
Qui avons-nous cru pour que cela devienne possible ?
Quelle indignation, M. Hessel, est désormais envisageable, puisque nous avons accepté de n’être plus des salariés, mais des matricules ? Une variable …
Ce qui, de fait, rend obsolète ou risible tout syndicat, de la CGT à FO, en passant par SUD (oui, même eux) et la CFDT. Du folklore, voilà ce que c’est, le syndicalisme de maintenant. Que peuvent-ils donc défendre en ces conditions, sinon gérer, comme de vulgaires comptables ? C’est bien ce qu’ils sont, non, au demeurant : des comptables ? .. Voyez l’histoire des retraites, c’est parlant. Prenez un cégétiste de l’an mil neuf cent dix, mais aujourd’hui, on le traiterait de « terroriste ». Sûr ! ..
Il faut comprendre cette chose simple : dès lors qu’il n’y a plus que des matricules, producteurs de chiffres, il n’y a plus de travail. Ni de droit du travail. C’est là, le grand ouvrage patiemment élaboré par le Nouvel Ordre Mondial : supprimer le salarié. Le réduire à une variable. Un numéro. De la chair à camemberts PowerPoint. De la matière à statistiques. Ainsi, plus d’obstacle à la marchandisation à outrance, à la robotisation, plus de résistance, plus rien. Que du rentable ... J’avoue, c’est du grand art ! … Nous n’existons plus QUE quantifiés dans et par les instituts de sondages. Des chiffres bruts. Tant de ceci, tant de cela ... Va pleurer des droits, de la considération, du salaire dans cette configuration saloparde ! Allez donc crier aux injustices, on ne vous entendra point. Ni Aubry, ni Mélenchon, ni personne. Faut-il être embrigadé du cerveau pour ne pas le comprendre … Au moins, le tunisien, lui, il l’a pigée, l’entourloupe. Mais pour combien de temps ? Qui le vendra comme on nous a vendus (avec, nous concernant, notre lâche consentement) ? …
De fait, chacun saisira, aisément, que le premier camelot promettant de « réhabiliter le travail » sera élu. Et d’ailleurs, il l’a été à 53,06% des suffrages exprimés ! Mais sur méprise … Le salarié, qu’avait-il entendu ? Qu’enfin, le travail, le vrai, celui reconnaissant compétences, savoir-faire, je dirais même honnêteté, serait avec ce matamore, de retour. Et, cerise sur le gâteau, il lui était de surcroît annoncé que s’il « travaillait plus, il gagnerait plus » ! ... Comment vouliez-vous qu’il refusât cette « offre » ? Sauf que ..
… Il n’était nullement question de réhabiliter « compétences », « savoir-faire », ni même « honnêteté », mais …. de (continuer à) « faire » du chiffre. Plus encore qu’avant. Toujours plus. Et d’en être « récompensé » … Foutaises ! C’est impossible ! Seuls les roublards, les avides, les tricheurs, dans ce schéma, sont vainqueurs. Pis : ils nous sont désignés comme des modèles de « réussite ». Des exemples à suivre … En réalité, ils préservent le haut de la pyramide. Ils sont les arbres cachant la forêt. Celle d’injustices. Ecarts obscènes de salaires. Avantages fiscaux démentiels. Prospérité assurée. Des Servier, récompensés, médaillés. Sur le dos des matricules que nous sommes.
Le seul programme politique acceptable, demain, viendra de celui qui affirmera clairement qu’il mettra fin à cette abjection, ce non-sens, cette dictature du chiffre.
J’ai beau chercher, éplucher, écouter, lire, je ne vois toujours pas cet homme ET ce programme. Ils n’existent pas.
M'assurer du contraire, serait mentir. Ou pire encore.
.../...
21:49 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le travail, la politique du chiffre, réhabilitation du travail, mérite, récompense, on fait du chiffre, nouvel ordre mondial, droit du travail, un monde de commerciaux, la mort du syndicalisme, variable d'ajustement, prime à l'incompétence, révoltez-vous ! |
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20 janvier 2011
Quoi, La Tunisie ? [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] ... Ah, vrai, ça m’a scié. Les pattes et le reste. Pensez, la Tunisie ! Mais qui aurait pu se douter … Comme cette crise qui nous est tombée dessus telle la sainte misère, qui l’avait prédite ? .. Certains, je sais, qu’on n’a pas écoutés, relayés, sous prétexte qu’ils gâchaient la nouba capitaliste, système unique, inique (et la pensée qui va avec). Nonobstant, si notre « roi nu » promit lors de sa campagne présidentielle de moraliser le merdier ultra-libéral, c’est bien qu’y avait grosse anguille sous roche. Qu’il, et tous les autres, savaient pertinemment, les camelots, que ça reniflait copieux. Mais la Tunisie, bon sang ! N’allez tout de même pas me chanter qu’elle va écorner le Nouvel Ordre Mondial. Vous passeriez pour un piètre Jean Daniel, savez-vous …
Oui, je suis au jus, j'ai comme du retard ! en matière d’Internet, faut être sur l’évènement derechef. Se ruer sur l’os à ronger. Etre là pour être là. Que ce soye pour twitter, facebooker, bloguer au cube comme au carré, peu importe, pourvu qu’on ait la sensation (ô vertige !) de participer à ce que l’on nomme une « révolution » ... Voire, par ces biais numériques frénétiques de buzzing, se convaincre qu’on en fût un acteur de premier plan. Ou tout comme … C’est extraordinaire, non ? .. Mais quelle époque fantastique !
« Nous sommes tous des tunisiens » coco ! C’est Jean Daniel qui le dit. Pauvre Jeannot. Il se fait vieux, l’ami. C’est pas le premier à, certes, mais quelle tristesse, quel naufrage ...
« Nous sommes tous des tunisiens » ! J’t’en foutrais ! On va nous la refourguer combien de fois cette éculée ? « Nous sommes tous des juifs allemands » oui. Le contexte, la situation, tout y était. Impeccable. Mais de là à le décliner pour chaque évènement vaguement planétaire, ah non ! C’est virer dans le Séguélisme. La saloperie.
T’en souvient-il du « nous sommes tous des américains » après le 11 septembre. My God ! J’en ai vomi et tout le tremblement.
Nous ne sommes pas plus des tunisiens que des américains, moins encore des palestiniens. Nous regardons passer les « révolutions » bien au chaud, le cul tranquille ... Internet, ma foi, c’est un outil de communication, en rien (ou si peu), il participe d’une révolution. La révolution, ce sont les tunisiens qui l’ont faite. Pas nous … Et peu me chaut, Jean Daniel que tu bandasses ! .. Et tous les internautes avec toi.
Voilà qui devait être consigné par ici.
Pour le reste – et quel reste ! – on s’ébaubit, on se pâme, gloire aux tunisiens, ah bon sang, quel peuple ! Et que dire de la communauté des journalistes, de Duhamel à Aphatie, qui souligne – c’est le verbe adéquat – les tergiversations du gouvernement français. MAM, Frédéric Mitterrand et consorts. Les belles âmes … Mais nous ont-ils bien informés, au demeurant, nos apôtres de la déontologie ? Sur ces vingt et trois années de Ben Ali, voué désormais aux gémonies ... Penses-tu ! Quand ont-ils pondu (ou très sporadiquement) reportages, papiers, documentaires édifiants sur l’horrible dictateur ? ... Pas vendeur ? Du tout ! Motus et bouche cousue, voilà tout ... Or donc, comme il est facile, là, maintenant que l’Ali l’est enfui avec sa tonne et demi d’or, de vilipender, dénoncer, s’étonner même.
Faut vous dire, aussi, que la France, en matière de dictateurs, elle s’y connaît et rudement ... Duvalier, où ce qu’il créchait jusqu’à récemment ? Mais chez nous. Et Bokassa antan, Khomeiny jadis (à Neauphle-le-Château), et aux frais de la princesse contribualisante, s'il vous plaît ! Ben tiens ... Ça explique l’embarras ... Les Saddam Hussein, on les kiffe grave. Et tu sais pourquoi, bien sûr ? Parce que tout comme Ben Ali, ils sont un rempart contre – Tadam ! Surprise – l’is-la-mis-me ! ... Bon, pour Khomeiny, d’accord, y’a eu comme une boulette. On ne fait pas d’omelette dictatoriale sans casser des œufs, faut croire ; l'époque était, c'est vrai, bien différente ... Mais les années ont beau mal passer, nous préfèrerons encore et toujours un Kadhafi bien vissé en Libye qu’un Amhadinejad en Iran. Le Colonel, il le tient, le périmètre. Alors qu’avec Mahmoud, on contrôle pas lerche. Dès fois qu’il nous reconstituerait la Perse, celui-ci. Avec tous les tracas qui vont avec. Alors que du dictateur africain – je parle de toute l’Afrique – c’est bon pour le business des occidentaux. Du Nouvel Ordre Mondial ... Quand ça tangue un iota, on t'échange un Gbabo pour un Ouattara. Mais ça change(ra) quoi ? Nada .. Pourvu qu’ils restent bien sages dans leur misère, « ces gens-là », on a assez d’emmerdes avec la Chine, l’Inde et le Paskistan et autres émergents (comme on dit poliment). Même qu’on s'en trouve obligés de leur faire moult courbettes. Droits de l’Homme, dans le cul la balayette ! En même temps, camarade, quand tu vises l’état de nos prisons françaises, t’es mal placé pour sortir ton beau couplet sur les Droits du bipède. Mieux vaut faire profil bas.
Mais où en étais-je ? ... Ah oui ! Le danger islamiste. L’argument qui fait peur. Même que ça marche à tous les coups … Car c’est bien joli ce peuple tunisien qui fait sa révolution, réclame des élections, de la bonne démocratie, mais si c’est pour nous y mettre un Hezbollah local au pouvoir, ça fait pas nos affaires, vois-tu. D’où les tergiversations du gouvernement Sarkozy, de haut en bas (le bas étant occupé par MAM, assez remarquable, je dois dire).
Certes, on pourrait penser que y’a bon la démocratie, l'est chouette ce concept, enfin le tunisien va pouvoir choisir ! Librement. En âme et conscience .. On devrait, oui, s’en réjouir hautement, bruyamment. Ben non … Si c’est pas la démocratie du Nouvel Ordre Mondial (qui a dit ingérence ?) celle apportée clés en main aux irakiens et aux afghans avec le grand, l'immense succès que l’on sait, c’est niet ! ... Vous avez vu, lu, entendu, les grands manitous du Nouvel Ordre Mondial acclamer de suite le peuple tunisien, vous ? Mais pardi, non ! Y'a eu comme du retard à l'allumage ... Un peuple qu'aspire à la Liberté, ça ne va pas. C’est dangereux. Voilà ce qu’il faut entendre. Et vous verrez, ils feront tout pour voler LEUR révolution. Patiemment. En bonne loucedé. Tout rentrera dans l’ordre. Et fissa ...
Le Nouvel Ordre Mondial ne souffre pas les pauvres. Il convient qu’ils restent pauvres, affamés, enchaînés, et assujettis (comme nous). Pour cela, il faut des Ben Ali, des Saddam, des Kadhafi. Avec eux, on s’arrange. On commerce, même. Et pas qu’un peu. Ils tiennent leur peuple, ces lascars, à la Tito, et pendant ce temps, sans tabou ni a priori, on continue de Nouvel Ordre Mondialiser à gogo ... Mais que le gueux se révoltât, ça, c’est guigne. Faut prendre mesure. Evacuer le Ben Ali avant qu’on l’étripe. Ensuite négocier (sous couvert) avec les guignols de transition, jouer la montre, et le moment venu, rétablir l’ordre, le seul qui vaille, le seul qui sied au Nouvel Ordre Mondial. Qui – mais vous l’avez compris – préfère une bonne dictature (en pays pauvres, mais riches par ses sols) à une démocratie qui lui échappe. Sinon, où qu’elle irait s’implanter la firme Total ? Et tous nos bons gros industriels ; y compris, et surtout, ceusses de l’armement lourd. Tu crois qu’on va vendre du tank de compétition ou de l’avion à réaction aux Chinois ?
Alors Jean Daniel, t’es bien gentil avec ton « nous sommes tous des tunisiens » mais il est grand temps de fermer ta boutique des Bisounours.
Nous ne sommes pas des tunisiens. Nous ne sommes presque plus rien. Des spectateurs. Gavés de gadgets, de télé-propagande, ficelés à l'endettement que nous seuls, les laborieux, payons.
Et quand l’ordre reviendra, en Tunisie, nous ne lèverons pas la moitié d’un sourcil. Pas plus qu'Internet ... Internet ! … Mais nous en reparlerons. Chaque chose en son temps. Ce temps qui joue contre les tunisiens. Mais qui s’en soucie, réellement ? …
[7ème Partie]
23:39 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : révolution tunisienne, révolution jasmin, zine el-abidine ben ali, internet et la révolution, jean daniel, frédéric mitterrand, michèle alliot-marie, france et tunisie, nouvel ordre mondial, pensée unique, la tunisie par les journalistes, le danger islamiste, parodie de démocratie |
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14 janvier 2011
La Peur [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] … Voilà l’extraordinaire, l’impensable : pour figer un peuple, il suffit de mal le payer, au lance-pierre. Petits salaires, bien étriqués, au rabais … Vous me direz, oh-là, tout doux ! Enfin ! Votre peuple trimardant pour des nèfles, il se révoltera, ah ça ira, ça ira, la rue il investira, une nouvelle Bastille, il prendra ! … Fut un temps, y’a lustres, oui. Il l’aurait fait. Jamais il n’aurait accepté de chagriner pour 800, 1000 ou 1200 roubles d’euros le mois. Sans oublier la retraite, la riquiqui, qui lui pend au cul. Mais vous omettez LE paramètre. Celui qu’enterre toute révolte. Ce paramètre essentiel, c’est la peur.
Croyez-vous qu’un palestinien ait peur ? Ou un tunisien, puisqu’il est actuellement question d’icelui ? Non, ils n’ont pas. Voilà qu’est fort intéressant, n’est-ce pas ? Pourtant, le tunisien vit depuis lurette sous le joug d’une dictature certifiée conforme. Le palestinien est floué, désossé, déporté (« déplacé », dit-on polypocritement, en s’en lavant copieusement les mains) quand ce n’est pas « phosphoré » (même que ça ressemble, là, pour le coup, à un « crime contre l’humanité ») ... Oh, comment se fait-il qu’ils ne soyent point morts de trouille, ou morts définitifs, rectifiés, ces palestiniens, ces tunisiens, comme nous le sommes, nous français qui nous croyons vivants ? … Est-ce – j’hypothétise à la sagouin, à la Levy/Minc/Attali – parce qu’ils n’auraient plus rien à perdre ? Et d’ailleurs, comment pourraient-ils (ou avoir peur de) perdre quoi que ce soit puisqu’ils n’ont plus rien ? Ou quasi. Même de leurs terres, on les a spoliées.
Oui, voilà l’extraordinaire, l’impensable, c’est dans les pays confortables, ainsi la France regorgeant de blé – oh que si ! Bettencourt/Servier/Pinault/Etc, ça vous y cause ? – dans ces pays protégés de toute guerre ou danger, même le terroriste, que l’on épouse et craintes, et peurs, ad vitam.
Nous ne nous révoltons pas, pas plus que nous nous indignons, ou alors à table, dans un bistrot, à la petite semaine, péteux, lâches et serviles que nous sommes, l’échine bien courbée, ânonnant nos « on n’y peut rien, c’est comme ça, à quoi bon ? » parce que nous sommes pétris de pétoches, celles de perdre le peu qu’on nous octroie. Un portable, un écran, des gadgets.
Ils vont venir vous le(s) prendre, qu’on nous dit ! ... Mais qui donc ? ... Mais les musulmans, les Roms, ceusses de l’Est, le fameux plombier polonais, les africains, tous, ils vous convoitent tous, ces métèques. Ils sont une menace à votre tranquillité, votre sécurité. Ils sont cancers. Il faut s’en protéger …
… Et qui nous le dit ? Les tranquilles, les « sécure » ... Et c’est là l’autre point, l’autre extraordinaire et remarquable : croyez-vous que dans les beaux quartiers, chez les rupins, les Zemmour et les Minc, on craint de se voir, un jour, dépouiller ? Pensez-vous que nos Demorand, Chabot, Calvi, ceusses taffant pour les grands industriels, aient peur ? Et les Bettencourt, et les Bolloré, et les Lagardère, bref, les employeurs aux ordres du Nouvel Ordre Mondial ? Bien sûr que non ! Absolument pas ! Comment vous expliquez ça ? Hein ? Que tous « ces gens-là », pétant on ne peut plus dans la soie, émergeant à 5, 10, 100, 500 fois plus que vous et moi, s’en carrent et comment, du prétendu danger musulman ? De la supposée menace ? De toutes ces calembredaines, en vérité. Car elle ne viendra jamais, l’heure où les pauvres viendront nous égorger. Aucune chance que ça arrive. Faut-il être con au dernier degré pour ne pas l’avoir compris … Ignorer tout de l’Histoire. Sinon deux Tours. C’est bien peu ..
Or donc, comme c’est génial, tu confines un peuple (en paix) dans une précarité totale. Salariale et sociétale ... Pour qu’il ne s’en révolte pas, ni s’en indigne, jamais, tu le cloues par la peur … La télévision est un outil formidable, à cet effet. Ouvre-là, tu verras. La TNT, c’est de l’explosif, mon pote. Police, menottes, prison, le mieux-disant sécuritaire. Délinquants, dealers, violeurs, arnaqueurs de tout poil sur ton écran, chaque soir que le Nouvel Ordre Mondial fait. Reportages calibrés. Aux petits oignons … Et la PQR (la Presse Quotidienne Régionale), l’as-tu donc lue ? Il faudrait auparavant te pencher sur ceusses qui la tiennent, c’est intéressant, ah ça oui ! Des barons. Des Dassault, des Lagardère et tutti … Pas besoin de l’acheter, la PQR, garde ton flouze, elle est gratuite sur Internet. C’est parlant ... En Une, invariablement, et avant tout, des morts, un voisin que tu vas apprendre à connaître, un peu trop tard ; des braquages, à quelques centimètres de ton modeste appartement ou de ta petite bicoque achetée à crédit ; des accidents, des drames, des musulmans, des gitans. Tous les jours. Même le dimanche. « Ils sont partout » ... Ah, ça n’aide point, n’est-ce pas, à se sentir en bonne sécurité. Mais c’est fait pour … c’est pour mieux distiller la peur, mon enfant, te figer comme un rat .. Dans un pays en paix ! Y’a pas à dire, c’est du grand art ... Votre paix, soit tout ce qu’il vous reste, est menacée (comme c’est intelligent, ce concept – notez que ça ne peut fonctionner que dans un pays en paix, justement) qu’il nous est enclumé … Et ça marche, à fond les ballons ... Les bonnes nouvelles, les belles initiatives ? Elles sont reléguées en page 17, et bien bâclées, cul-cul, gnangnan à souhait, comme une émission de Reichmann, à la dégueulasse, à l’écœurant. Des bons sentiments, me dira-t-on … foutaises ! Ils ne sont pas gratuits, eux … Comme la rosette. Oui, même les pauvrets y ont droit. Mais uniquement en se prostituant dans un écran de télévision, en se confessant intime au vu de tous, en répondant à des questions stupides (ce qui signifie que la télévision les considère comme tels) sinon, nada ! Tu peux crever.
Et pendant ce temps-là, pendant que tu t’enterres dans la peur, l’infondée mais sacrément bien orchestrée, ils s’engraissent. A 5, 10, 100, 500 fois ta misère de salaire. C’est logique, puisque : « c’est étudié pour » que tu ne bouges pas un cil.
Tu trouves que c’est injuste, bien sûr, pas très décent, tout cet argent, mais tu laisses filer. Tu n’es pas un palestinien. Pas même un tunisien. Que tu soutiens ! Ne dis pas non, je l’ai vu et lu sur tes blogs ... J’ai bien ri ... Quitte à être grotesque jusqu’au trognon, pense à faire de même avec les haïtiens. Là-bas itou, ce sont les riches, peu nombreux mais bien présents, dont on s’occupe en premier. Comme ce fut le cas au Sri Lanka, après le tsunami. Les autres ont croupi des mois et des mois, et plus encore, sous des tentes et dans la merde.
Mais je digresse …
… Ce n’est pas toi qu’on protège, le laborieux, le salarié, c’est le Nouvel Ordre Mondial. Et ceusses, comptés, bien identifiés, qui en tirent ô combien bénéfices (Goldman Sachs en premier) ... On t’agite du musulman, du Rom, de l’étranger, du bon bouc-émissaire de première, vieille ficelle, afin que tu te recroquevilles, pendant que la Chine avance, sagement, sans faire de bruit, elle qui va faire de nous un musée … Tu t’es fait avoir, couillonner, et sévère. Parce que tu connais pas l’Histoire. Un palestinien lui, il la connaît. Jusqu’à ses pierres … Il est bien plus grand que nous. Lui, il se bat, toujours ... Le chinois ultra-libéral, aussi, mais qui s’en soucie, à partir du moment où il (nous) achète, sonnant et trébuchant ?
Nous, on se branle en lisant Stéphane Hessel, puis on retourne se coucher. Comme des valets … A quoi bon 500 000 exemplaires écoulés, ils n’ont servi à rien ... Pauvre Hessel. Pauvre français. Triple A, mais quadruple buse au carré.
[6ème Partie]
17:57 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la dictature de la peur, sentiment d'insécurité, nouvel ordre mondial, les banksters, salaires de misère, palestiniens, tunisiens, presse aux mains des industriels, la télévision, propagande, goldman sachs, la chine triomphante, servilité volontaire |
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12 janvier 2011
Le Refus [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] ...Ça n’a pas traîné. Vite, très vite, dès petiot, on m’a fait comprendre, d’où qu'y soufflait le vent, comment ça se dansait, le merdier .. On me l’a bien enfoncé dans le crâne, le refrain, celui que tutti colporte, les pauvrets surtout, les pas vernis, les laborieux. Un refrain qui tient en une phrase, définitive, briseuse de rêves, de tout, de celle qui démobilise, te fait entrer dans le rang, ad vitam.
Oh, tu la connais, cette maudite phrase, elle pue la résignation de compète, la lâcheté aussi. Elle dit : « C’est comme ça, et pis c’est tout ». Avec des add-on du genre : « On n’y peut rien », « Faut se faire une raison », « A quoi bon ! De toute façon, on n’est pas de taille », « Et puis, oh, y’a plus malheureux que nous, hein ! », « Pourquoi veux-tu que ça change ? » et j’en passe. Tellement qu’elle est longue la liste.
Voilà ce qui nous tue, petit à petit. Nous fait renoncer à tout. A tout ce qu’on croyait. Espérait. Fait de nous, des vieux machins. De tristes complices… Parfois dès vingt ans. Oui, dès cet âge-là, pour certains, c’est déjà fini … La vie.
Nous sommes vieux et faits d’hiver. Même nos musiques sont tristes. Nos hommes politiques sont tristes. Nos journalistes sont tristes. Plus de génie, plus d’éclats. Tout est formaté.
Idem, nos élites ou supposées telles ! D’ailleurs, parlons-en, tiens ! Qui sont-elles ? ... Des camelots bavardant, entre eux, et à n’en plus finir sur des plateaux télévisés, toujours les mêmes : Attali, Minc, Bernard-Henri Levy et consorts ! Ils nous parlent de misère, de souffrance, les nôtres, avec des mots, ma chère ! des phrases, faut voir, et des tronches de circonstances, bien compassées, celles des riches héritiers de la condescendance … Ils nous expliquent, nous traduisent, nous dissèquent, en direct, en différé, les Editocrates, les philosopheux, les môôôssieurs …
… Mais ça y connaît quoi ? De la souffrance et de la misère ? Rien ! Que dalle ! Tous ces gens, toilettés, qui font la leçon, la Morale, condamnent la violence, l’ouvrière en particulier, jamais qu’ils en ont bouffé de la merde, jamais qu’ils ont connu un trottoir, la faim, l’humiliation, la subordination, l’esclavage, ils ne savent pas ce que c’est, mais en causent pourtant ; ils élucubrent, exposent, prophétisent ...
Merde ! Il faut leur dire merde, les éteindre ! Bordel à chien ! ... Comment osent-ils claquer le beignet d’un Xavier Mathieu, d’un licencié dans le cul, d’un viré comme malpropre, disserter sur le quotidien d’un laborieux, eux qu’ont rien connu, que leurs salons, leur rupinitude, fricotant et frayant avec les puissants, se bâfrant d’oseille … car c’est cher payé, croyez-moi, l’avis de ces gens-là ! Ça se monnaye sec …
Merde à nouveau et ad lib ! Oui merde, et au cube, car à quelle souffrance, à quelle misère, quel désespoir ont-ils mis fin, avec leurs discours à n’en plus pouvoir, récurrents, les Minc, les Attali, les Adler ? De quelles guerres nous ont-ils débarrassées ? Mais d’aucune, de rien ! C’est de notre misère dont ils se nourrissent ! ... Ils blablatent, imbus, puis rentrent chez eux, repus, dans leurs demeures cossues, satisfaits et tranquilles, en sécurité, protégés. Pour en ressortir aussi sec et fermement s’indigner de telle dictature ou telle atrocité ô combien lointaines, les jean-foutre !
En vérité, c’est le Nouvel Ordre Mondial qu’ils nous inculquent, nous perfusionnent ; allons, soyez raisonnables, qu’ils nous disent, le communisme, le socialisme, c’est pas laïquement possible, pas viables, c’est du massacre, vous le voyez bien, c’est prouvé, avéré, c’est Staline ! ... Réduire le communisme à Staline, quelle imposture ! Quelle falsification ! ... Mais c’est pour mieux te vendre le Nouvel Ordre Mondial, mon enfant, te le visser dans la tête, ad vitam…
Résignez-vous qu’ils nous mal chantonnent, ces confortables, c’est comme ça et pis c’est tout, on n’y peut rien, faut se faire à l’idée, y’a qu’à moraliser, un suppositoire, et ça ira, vous verrez, c’est pas la panacée, nous en convenons, mais c’est le moins pire des systèmes … Le moins pire !?! Ce qu’il faut pas entendre. Serait-on venu au monde pour se contenter du moins pire ? Et vivre, vous y avez pensé ? N’y aurait-il que vous qui y auraient droit ? …
Faut plus les boire, ces loups, ces inutiles, ces Zemmour, pamphlétaires à la noix. Faut plus. Ni eux, ni les journalistes, les Elkabbach, les Demorand, les Chabot et tous les autres. Tous ou quasi .. Itou, la merde, l’ont jamais croquée, connaissent pas, mais se permettent, et comment, de nous jauger, camemberiser, statistifier, les pégreleux déontologues.
Les journalistes, sous prétexte que ça va sur le « terrain », ça croit nous connaître. Pardi ! Mais ça fait que passer. Ça prend du son, ça micro-trotte, et pis c’est tout ... La merde, la misère, la souffrance, n’en ont pas idée. Pas la moindre.
Mais eux, comme les Editocrates, pareil, de Calvi à Pujadas en passant par le grand ordonnateur, l’AFP, ça fait la morale aux Mathieu, aux délocalisés, à tous les maudits de la République ; dis, tu vas la condamner la violence, hein, tu vas te "contrir", te rependre, demander pardon, dis, que c’est déjà beau qu’on t’invite sur NOTRE plateau … Quelle bande de chacals ! Ça me dégueule … Mais qui s’offusque, s’en indigne ? Qui prend les armes, la Bastille ? Personne ! On laisse faire et dire. Comme des lâches. De vieux débris. Y’en a même qu'opineraient du sous-sous-chef, des qu’en bavent, de la classe bien moyenne, devenue mesquine, envieuse de ses frères et sœurs, tellement qu’elle est lobotomisée, apeurée, lepenisée au trognon, en demande de protection. Pour qui se prend-il ce Xavier Mathieu, qu’elle pense ! Qu’il nous foute la paix. La paix, voilà c’qu’on veut. Etre tranquilles. Qu’on nous fasse pas chier. Qu’on peut rien y faire, que c’est comme ça. Qu’y a plus malheureux que nous.
Ils avaient vingt ans. Ils étaient déjà vieux. Finis. Avant même d’avoir vécu. Rien qu’un peu.
J’en ai fait aussi, des conneries. Pas mal .. Des arrangements merdeux, de ceusses qui te poursuivent. Que t’arrives pas à oublier. Je mettais ça sur le compte de l’inexpérience, d’une éducation, d’un manque. Mais non .. C’était pas ça. C’était de la lâcheté, du renoncement. Pourvu qu’on le voye pas, que je me disais. Je suis pas comme ça. J’ai pas lâché l’affaire. Je vais me refaire ... Mais tout de même, l’éducation, ce qu’on t’enfonce dans le caberlot, tous les jours, même quand c’est fête, ça marque. Aux fers. Faut de la volonté pour s’en défaire. Coûte que coûte. Et peu importe les conséquences ... La solitude.
Quand on comprend qu’on n'est pas là pour se faire aimer, ou reconnaître, qu’on n’est pas né pour faire du chiffre, du rendement, qu’on se souvient de ses rêves d’enfant, toutes ces merveilles, ces trésors de spontanéité, alors, va, tout va bien. Et si c’est à deux, c’est heureux. Pas besoin d’être plus.
Le bonheur, l’épanouissement, passent par le refus. Net et sans concession.
Refus de se courber, de se résigner, d’obéir.
Refus de participer de quelque façon que ce soit à tout ce qui nous dépouille, nous assujettit, nous vieillit avant l’heure. Nous Attalise, nous Pujadise ou Chabotise. Nous Nouvel Ordre Mondialise
Et dire non, jusqu’à son dernier souffle à ceusses qui vous disent que « c’est comme ça, on n’y peut rien, faut se faire une raison ». Ne jamais faire sien ce refrain. Sinon, c’est mourir.
Sans avoir rien vécu.
[5ème Partie]
18:29 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : xavier mathieu, souffrance ouvrière, les editocrates, les laquais, nicolas demorand, david pujadas, arlette chabot, eric zemmour, nouvel ordre mondial, refuser, dire non, désobéissance, indignation |
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07 janvier 2011
Les Oiseaux [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] ... Aux anges, que j’étais, quasi ému. Quand je l’ai vu, dis, le sujet : la pluie. Même que j’ai gardé le document, comme un trophée, une relique ... Attends, que je te le sorte. Bouge pas .. Voilà .. C’est du polycopié certifié .. Mercredi 4 mai 1977 .. à 8 heures 30 … Durée : 2 heures .. Coefficient (Section C) : 3 .. Un texte d’Alain. Très court. 13 lignes … « Sous La Pluie » qu’ils l’avaient intitulé .. Un extrait de Propos Sur Le Bonheur qu’il était précisé, souligné .. Aucune hésitation, dis, d’emblée, hop ! la deuxième proposition, que j’ai prise : « Décrivez, en une page au plus, une rue sous la pluie » … Comme ça fusait ! j’avais qu’à les égarer, mes lampions, les laisser partir, divaguer, et tout, je revoyais tout, la solitude, les carreaux, le ciel, tout ... Combien que j’ai eu ? … La note ? Le nougat. Je sais pas. Un concours que c’était. Les notes, ils les donnent pas. Jamais. T’es reçu, 8 sur 100, ou tu l’es pas. C’est tout. Après tu pars, tout tu quittes, tes vieux, ta petite sœur, ta chambre, tout ... Parce que la pluie, tu l'as saisie. Tu sais pas, pourquoi, d’où ça vient, c’est comme ça. A peine quinze piges, et c’est la pluie. C’est elle qui te la fait galoper, l’imagination ; elle qui t’emmène, loin. Plus jamais revenir …
Aujourd’hui, c’est pas, c’est plus la pluie.. Non .. C’est des oiseaux qui tombent du ciel .. Par centaines .. Des oiseaux .. Bordel … Des piafs …
Où que j’en étais ? .. Ah oui .. L’indignation. Le Nouvel Ordre Mondial. L’oiseau de malheur ..
On peut bien faire les marioles, les indignés, les Mélenchon, qu’est-ce que ça changerait ? Ils nous ont déloqués, plumés, petit à petit, patiemment, tout, ils nous ont tout enlevé ! Même la démocratie. Il n’en reste plus rien. Une urne. Et des mots crasseux pour l’emplir .. Voilà à qui, à quoi, ils l’ont réduite, la démocratie. A Séguéla. A Tapie. Autant dire un dégueulis, un simulacre, je dirais même une dictature (le Nouvel Ordre Mondial, que ça s’appelle, affirmatif ! Où, paraît-il, le chinois est heureux de palper des nèfles ! J’t’en foutrais, salopard ! vendu ! loufiat !) une dictature, disais-je, et avec notre bénédiction, s’il vous plaît, tellement qu’on a rien dit, qu’on a laissé faire, filer, fainéants d’endettés qu’on est !
Faudrait-il que le peuple, tous les peuples crèvent de faim ? Tous sans exception, à l’unisson, pour que ça s’indigne, se révolte, y foute la feu … Et quand bien même, il n’est pas certain qu’elle naîtrait alors, qu’elle surgirait enfin, comme un poing, énorme, gigantesque, celle par qui tout est possible, celle avec et par qui tu renverses tout, banquiers, fumiers, bonimenteurs, régimes et montagnes comprises : la solidarité ... Sans elle, comme elles sont orphelines, la révolte, l’indignation ; sans elle, la solidarność, point de salut … Que de la pluie, noire. Une pluie d’oiseaux tout occis, crounis, kaput !
Oh ! on en cause de solidarité, on la rupine plutôt, on nous la vend et vante, by « épisode neigeux », by inondations, la terre et tout son tremblement, 3,2,1, partez ! Oyez, oyez ! Ce sont les soldes du cœur ! Donnez donc, braves gens, les aimables, c’est l’heure, y’a du record dans l’air !.. Regardez, voyez comme ils sont solidaires, n’est-ce pas, les français dans ces moments-là … Ces moments-là, oui. Et encore ! C’est du montage télévisuel, du préfabriqué radiophonique, de l’épate médiatique, faut pas se leurrer .. Une fois les micros fermés, les caméras caltées, tout le monde y rentre chez lui, s’enferme, à double, triple-tour, se protège.
Il l’a bien noté, son altesse fanfaronnante. Le Sarkozoïde. C’est le mot-clé de ses vœux de la 2011 : « protéger », « protection ». Huit fois qu’il l’a écrémé. Au subjoncprout de l’imparfait … Sarkozy, le « protecteur » … Vous me la polycopierez ! .. C’est la meilleure de l’année. Et dire qu’elle ne fait que commencer ! … Ça promet.
Des mots, j’entends, que des mots ! attrape-nigauds ! pas à nous, on marche pas, pas deux fois ! On n’en veut plus de cet homme-là, l’Atlantiste, l’Otaniste, gérant, ô combien comptable, du Nouvel Ordre Mondial …
... Des mots, certes. Mais comme ils résonnent. Positivement... Allez donc la prendre, la température, vous en serez tout édifiés. Comme ça en quémande de la vidéosurveillance à gogo, du scanner puissance X, du contrôle au facies, de la fouille au corps, au cul, partout ! Ah, protégez-moi, messire, s’il vous plaît, mes petites économies, ma petite maison, mon petit travail .. Boutez-moi ces Roms, ces musulmans, hors de là, hors de tout … Et ça se dit fier d’être français … Les poltrons ! ..
Un peuple gai, joyeux, imaginatif, il s’en balance de la protection d’icelui : il vit.
Or, c’est l’évidence, ça crève les yeux, nous ne vivons plus. Bouffés, rongés que nous sommes par la peur, qu’implore protection, assistance. Et qui dit peur, dit : pas de solidarité. Aucune. Zéro. Ou alors au clairon médiatique, et de la comptée, de la mesurée : Haïti, oui ! Vendée, oui ! Myopathes, aussi ! Mais Pakistan, jamais ! Pas conforme, trop musulmane .. Cher, que ça va se caguer, cet abandon, ce mépris. A la bombe. Thermonucléaire. Bactériologique. Même qu’on l’aura pas volée ... Nous, les laborieux, à qui l’on a tout pris, pensée, raison, acquis, salaires, espérance de vie, sans que l’on bronche, ni l’oreille, ni la queue, abrutis que nous sommes de télévision, cette salope, vecteur principal, omniscient, du Nouvel Ordre Mondial ; la télévision, cette endormisseuse, la décervellisante, tueuse dans l’œuf de toute révolte, de toute indignation. Comme des cochons, qu’elle nous traite et considère. Du bétail microtrottoirisable. Malléable. Ajustable …
Faut l’éteindre. L’autodafer. Avant qu’elle fasse de nous autres des oiseaux morts. Nous qui, déjà, ne vivons plus. Morts de peurs. Nous plaignant de tout. D’insécurité organisée, orchestrée, marketée par le Nouvel Ordre Mondial. De calembredaines abracadabrantes.
Même du temps, qu’on s’en plaint. De la pluie. Ma jolie …
[3ème Partie]
18:10 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez-vous !, nouvel ordre mondial, sarkozy le protecteur, pluie d'oiseaux morts, jacques séguéla, bernard tapie, dictature mondiale, tueuse de démocratie, télévision piège à cons, les chinois sont heureux, les peuples sont peureux, organisation de l'insécurité, régime de la peur |
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05 janvier 2011
Les Banksters [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
C’est ni l’âge, ni l’hiver, non, c’est l’os. On l’a dans l’os et pis c’est tout, et pis c’est marre. Y’a plus d’issue. Le périmètre est bouclé, Chérie, c’est pas qu’on a rien vu, c’est juste qu’on a laissé faire, par fainéantise. Par lâcheté. C’est fini. Comme qui dirait. Y’a plus que le chaos qui vaille. Vivement qu’il se radine.
En attendant, faisons pas dans l’amphigourique, n’est-ce pas, c’est pas l’heure, c’est pas le temps, faut causer simple et cru pour s’attirer la sympathie des masses, jacter, à l’emporte-pièce, apocopes, aphérèses, au truisme, à l’équation, la mathématique, celle que le peuple comprend, derechef, sans se creuser la tête … Y’a pas plus fainéant du caberlot que celui-ci, le peuple. Il gobe tout. Recta. Alors s’indigner … Vous pensez ! …
Cher monsieur, sauf le respect que je vous dois, vous êtes bien aimable, attendrissant, bien urbain, mais s’indigner, c’est trop tard. C’est fini. Elle est pliée, l’histoire, résolue, depuis belle lurette, depuis lustres. Ils ont tout pris, monsieur, se sont servis, y’a plus rien, et nous, qu’on a laissé faire, même qu’on a pas moufté, rien, zéro. Moins que tout, moins que cons, que nous sommes ... S’indigner maintenant, alors qu’ils nous ont vidés, dépecés, ficelés, lavés, essorés, formatés, enrôlés, désossés, encore une fois, cher monsieur, vous êtes bien gentil … voilà, c’est le terme, l’adéquat : gentil … Mais c’est trop tard. Terminé. Le pognon, c’est eux qui l’ont. Le grisbi. Pas touche ! La finance, la banquière, la Reine-Mère, celle qui fait tourner le monde, le Nouvel Ordre Mondial, celui qui assujettit, esclavagise, ratiboise, décommunise, qu’instaure une pensée et une seule, une culture et une seule, une langue pas plus, il a gagné, triomphé, et l’on n’y peut plus rien. C’était avant, très avant, qu’il fallait s’indigner, protester, dans toutes les rues du monde, dire non, prendre les armes même … mais dorénavant, c’est trop tard, monsieur. On a laissé filer, crétins, endormis, fainéants, lâches, soumis, larbins, serviles ! alors de s’indigner, maintenant, que tout est fini, de quoi aurait-on l’air, monsieur ? De rien … De clowns et pis c’est tout. De paquets de viandes.
On a trop regardé passer les trains, ceusses du pognon, sans broncher. Notre pognon, de surcroît, monsieur ! Le nôtre, c’est certain, affirmatif ! Pourquoi voulez-vous qu’on s’indigne ? Même pour le Madoff, on a rien dit. Rien ! Et pour tous les autres, pareil. Ou si peu … A table, le soir, dans un bistrot, petite indignation confortable, qui n’engage à rien, qui soulage, et le lendemain, on retourne au chagrin, pour 1100€ le mois .. Et encore, je suis large .. Vous savez combien ça palpe un Madoff ? … 200, 500, 1000 fois ce qu’on gagne, monsieur ! L’aurait fallu s’indigner dès 5 fois, voyez. Si vous dites rien, bougez pas le doigt, l’oreille, pas même la queue, que vous laissez faire, dès 5 fois, y’a plus à s’indigner.
Un Proglio, z’êtes au courant, combien ça se met dans les poches, l’année ? … 200 fois notre pain dur. Voire plus ... Oh, il présente bien Proglio. Itou Bolloré, Lagardère, Bettencourt, Arnaud, Dassault, Servier, Bouygues, Rothschild, Puech, Guerlain, Louis-Dreyfus, c’est de l’intelligence. Ça se monnaye, l’intelligence. Les hautes études. La roublardise. Faut croire … Mais 500, 600, 1000 fois notre malheur, c’est de la disproportion. Ça est pas normal, ça est pas justice.
Mais que voulez-vous le peuple, tous les peuples, ça marche aux boniments, tu lui dis « travail », « mérite », « récompense », il plonge. Et deux fois. Et encore. Et toujours. Y voit pas l’embrouille, l’entourloupe. L’endormi. Recroquevillé sur ses petits acquis de pauvre, ses RTT riquiquis, ses vacances à crédit, sa sociale sécurité … On lui fait comprendre, à l’enclume, que c’est cadeau, c’est sacrifice, la collectivité, la solidarité, trime, trime, mon coco, et tais-toi, renégat ! Et savez-vous quoi ? Il obtempère. Soumis … C’est misère, n’est-ce pas ? Pendant que Madoff et consorts, ils t’assèchent et se bâfrent, 1000 fois, 3000 fois ! Et nous qu’on dit rien.
La vérité, monsieur, c’est lorsque les Lehmann, Bettencourt, Servier, et tous les autres, ils s’emplument, c’est nous qui paye les déficits. Sans mots dire. Comme des glandus. Comme des grecs … Et l’on nous parle de solidarité ? Solidarité, mon cul ! Nous sommes solidaires de qui, de quoi ? Mais des Madoff, des Rothschild, des Dassault, de la finance, du Nouvel Ordre Mondial. Voilà, l’histoire. C’est nous autres, qui les engraissons, copieux. On a dit oui, monsieur. Par renoncement. Par lâcheté. Par fainéantise …
Quelques jours, on s’acharne sur un Ribéry. C’est crétin, un Ribéry. C’est pas Proglio, voyez … Proglio, c’est intelligent. C’est raffiné. Mais Ribéry .. D’où qu’y sort ? Alors que c’est idem. C’est pas une affaire de Proglio, de Ribéry. C’est une question de disproportion. Dans les deux cas … Qu’on soye intelligent ou crétin, qu’on vienne des beaux quartiers ou de la merde, y’a pas à tortiller, 500 fois, 1000 fois, 3000 fois, c’est même plus de l’indécence, c’est notre faute … Fallait dire non, dès 5 fois ! ... Faire une distinction entre un Proglio et un Ribéry, c’est discrimination. Ça a pas lieu d’être. Les coupables, c’est nous ! Parce qu’on a rien dit. Laissé faire. Embobinés. Trimballés. Etriqués.
Alors s’indigner, dès lors que tout est plié, terminé, que le Nouvel Ordre Mondial avec sa langue, sa pensée, sa dictature, est bel et bien installé, adoubé de surcroît par tous les régimes de la planète, Iran et Chine comprises, vous n’y pensez pas, monsieur ! C’est trop tard. C’est fini. A moins de prendre les armes. Lourdes. Un carnage. Le chaos. Voilà ce qu’il nous reste. Rien d‘autre. Et pis c’est tout.
[2ème Partie]
17:12 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : indignez-vous !, stéphane hessel, il est trop tard, nouvel ordre mondial, la finance, les banquiers, esclavagisme, salaires des grands patrons, solidarité mon cul !, pensée unique, dictature mondiale, la mort des peuples, il n'y a plus rien |
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