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25 avril 2012

Compatible

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[Une de Libé - Mercredi 25 avril 2012]



Pour mémoire :


Claude Guéant [*], le dimanche 26 février 2012, sur Radio J

« Ce n'est pas [le FN] un parti républicain »




[*] Ministre de L'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration.

16 avril 2012

Tympanisation

Bayrou, Sarkozy


"Depuis un mois [on] essaie de raconter aux français que l'élection est jouée (…) !
On a tympanisé les français avec cela."
[N. Sarkozy sur France Télévisions, le 23 avril 1995, soir du 1er tour de la présidentielle]


"60% des français ne veulent pas du deuxième tour Sarkozy/Hollande.
Et cependant, ces français-là, on les tympanise tous les jours
avec un vote qui serait décidé à l'avance."
[F. Bayrou sur Europe 1, ce matin, lundi 16 avril 2012]



NB : En 1955, Sarkozy et Bayrou soutenaient la candidature d'Edouard Balladur.

[Ne vois-tu rien venir ...]

03 avril 2012

La Non-Campagne Présidentielle [Emmerdante Et Merdeuse A La Fois]

Il a raison Cohn-Bendit : « On s’emmerde » dans cette campagne. Elle nous cause pas, cette campagne. Jamais. C’est du meeting, en boucle, vendu clé en main à des médias serviles. Des interviews à la chaîne où le candidat déroule sans que jamais ne rebondisse le présumé journaliste. L’Aphatie de service. C’est un one-man-show permanent où, de ville en ville, inlassablement, le camelot scande toujours les mêmes mots, les mêmes répliques. Il n’y a guère que des militants, des supporteurs, étriqués et mesquins, pour jouir de cette affligeante comédie, se gargariser de la dernière petite phrase de leur petit tribun de pacotille.

Front Populaire , Front de Gauche, BastilleLe chômage, la précarité, les boulots qui vous permettent à peine de croûter, les contrats scélérats, les inégalités salariales, le pouvoir d’achat, le grand désarroi, de tout cela, on ne parle pas. Ou alors, en incantations, à grands coups de « y’a qu’à/faut qu’on ». On la connaît, ta foutue chanson, aux couplets périmés. Alors t’étonne donc pas, qu’elle gagnât du terrain dans les sondages ; l’abstention.

Une vision de la société ? Y’a pas non plus. Pas l’ombre d’un croquis, pas même le début d’une esquisse. Que de l’esquive. Ou alors de l’halal-mon-cul et du Merah refroidi. Plongée sous-Marine garantie. Oyez, oyez ! Français de souche, le coupable de tous nos maux, on l’a trouvé, c’est formidable : c’est l’étranger ! Le basané, l’islamisé ! Faut le virer, par deux le diviser cet immigré, avant qu’il nous foute la République à genoux. Après ça, tu verras, on vivra meilleur, avec du taf pour tout le monde, payé rubis sur l’ongle...
Dis-donc, candidat-démagogue, tu nous prendrais pas, par hasard, pour des cons de compétition ?

Quant à l’international, c’est pas qu’on en parle pas, c’est qu’on en parle jamais. Pourtant ça déconne, à pleins tubes, comme rarement. La poudrière est au taquet. Tout est fin prêt. Les armes refourguées. Dassault, Lagardère, renfloués. Y’a pas à dire, ça sent le merdier. Avec ta petite ONU ankylosée. Et cet OTAN en emportant le vent mauvais... Mais quand t’es Français, de l’international, t’en as rien à caguer. Tu vis sur ton île, bordée d’Atlantique et de Méditerranée, et vivent les congés payés. Y’a plus qu’à bronzer. Et peu nous chaut qu’elle enclume, la Terre. Qu’elle s’assèche. Que disparaissent les espèces… Les espèces c’est comme les langues de nos ancêtres, c’est dans l’indifférence, qu’on les laisse crever. Nous, on cause plus qu’en 140 caractères. On est du genre primaires.

Et la dette, alouette ! Qui va la payer ? Dame Bettencourt ou ta pomme ? Sieur Proglio ou le prolo ? Qui va trimer plus que de raison pour combler l’abyssal dont en rien, ou si peu, nous sommes, nous les gueux, responsables ?... En un rien de temps, tu l'auras remarqué, on nous ferait passer pour des salopards d’assistés, bouffeurs de médicaments, fraudeurs patentés, chômeurs de papier. Après tout, n’est-ce pas ainsi qu’on nous a dépeint le Grec, l’Italien ? Alors, demain, pourquoi pas nous ?... La stigmatisation, enfonce-le toi profond dans le cervelet, c’est pas un concept qu’on réserve aux seuls étrangers. C’est valable aussi pour les syndiqués, les fonctionnaires, les grévistes, les sans-grades, les miséreux et tous les oubliés de l’Irréprochable, cette Ve agonisante… On s’embarrasse pas dans ce monde-là ! Faut dire aussi, que tant qu’il y aura des gogos, des trouillards de première, pour gober toute cette rhétorique de bazar, les oligarques de notre monarchie Républicaine auront de beaux jours devant eux. Et c’est pas via un raout à la Bastille où t’emprunte moins à Chavez qu’à de Gaulle et Malraux, que tu changeras la donne, camarade ! T’as beau avoir épluché à la virgule près une Histoire socialiste de la Révolution française n’est pas Jaurès qui veut, mon coco. Même si, j’en conviens, tu nous auras bien fait kiffer.

Et j’allais oublier l’absence. De débats. Ah mais, comprenez-vous, il ne faut pas. C’est chasse gardée. Pour les seigneurs du second tour. C’est qu’ils ne jouent pas dans la même cour. Ah non ! Eux, ils sont côté jardin. Bien planqués. A l’abri. Pas question de ferrailler avec – comment qu’ils disent déjà ? – des "petits candidats". C’est indigne de leur statut… Chez ces gens-là, voyez-vous, on ne se mélange pas.
Certes, on prône à tirelarigot le « vivre ensemble ». Mais chacun chez soi.
On se présente comme le candidat du peuple, le rassembleur, le grand humaniste, mais y’a des limites.
On veut bien exposer ses idées, recyclées, mais en terrain conquis. Au Bourget, à Villepinte. Là où on vous applaudit, à tout rompre, quand bien même prononceriez-vous le mensonge ou la contre-vérité la plus énorme !... Ou alors, on défile chez l’Aphatie et l’Elkabbach. Là aussi, t’es peinard. Tu peux dérouler ton baratin, ils n’oseront jamais te reprendre. D’abord parce qu’il y a pas le temps, c’est minuté CSA, faut pas lambiner ; et qu’ensuite, ils sont pas payés pour ça. Ils sont comme Drucker. Ils font ta promo, gratis. On n'est pas chez Politis. Ça pointe pas au Monde Diplomatique, ce journalisme-là. Ça bâfre au Siècle, avec le Minc et toute sa clique et ça n’espère qu’une chose : que rien ne change. L’alternance, ils le savent bien, ç’a pas la gueule de l’alternative. Aucun danger. Alors, prière de ne pas déranger les futurs rois du Château.

Or donc rien. Aucun sujet majeur. Pas la moindre vision. Pas la queue d’un projet. L’essentiel n’est jamais abordé. Ni à bâbord. Ni à Babar. Mais qu’est-ce qu’on s’en fout, n’est-ce pas, puisque l’Hollande y va gagner ! Et toi, pauvre ami, tu prendras cette affaire pour un nouveau 10 mai. C’est dire, si on n’a pas le cul sorti des ronces... Non mais, rendez-vous compte ! On va expédier à l’Elysée, un type qu’aura rien dit, rien proposé, en tous cas rien de concret, que du symbolique. C’est pas pour des nèfles qu’il aura choisi le Bourget, cet homme-là. On aurait dû s’en douter, qu’il survolerait les problèmes plutôt que de les affronter, ferme, les pieds sur Terre... Même son adversaire, il n’ose le nommer. Il lui donne du « candidat sortant ». En mimant Mitterrand… 
Eh, socialiste d’apparence, c’est pas parce qu’on cause avachi sur un pupitre qu’on a, pour autant, l’éloquence, le souffle et la roublardise d’un Tonton flingueur ! Et j’te passe le cynisme.

Alors, bien sûr, on peut arguer que c’est finement joué de la part du rouennais de Corrèze. Mais on peut aussi dire qu’à vaincre sans se mouiller, le triomphe annoncé a comme un goût de péril. Péril pour les gens de petite paie. Dont l’électorat douillet de l’Hollandréou se contrefout. Car voyez-vous, cet électorat-là, confortable et urbain, se moque du tiers comme du quart du désarroi d’autrui et n’a que pour seule ambition de ne surtout pas le rencontrer, de ne jamais le connaître. Mais c’est bien lui qui, pourtant, fêtera le 6 mai qui vient, et dans la plus maousse indécence, la petite revanche d’un parti de notables et d’embourgeoisés notoires.
Revanche sur des années de disette présidentielle ; revanche sur cette droite arrogante et bonapartiste dont, c’est à peine croyable, cette triste bande de sociaux-démocrates n’abrogera aucune réforme, aucune loi (ta retraite, tu te la paieras, et au prix fort) ; revanche enfin, sur cette humiliation suprême que fût le 21 avril 2002, mais qui, dis-toi bien, ne sera pas effacée pour autant, il y aurait même grande imprudence à le penser.

Bref, cette victoire ne sera pas celle du peuple, le besogneux, mais celle, vulgaire, d’un parti. On connaît la suite. On l’a déjà vécue. Mais comme on n’a pas d’estomac, et pas plus de couilles de surcroit, on y retourne. Preuve en est, que les Indignés d’en France, ça n’a jamais existé. Comme cette campagne. La présidentielle 2012. On n’en aura pas vu la couleur. Ils auront tout fait, jusqu’à l’innommable, pour l’éviter, les impétrants.

Pauvre campagne. Merdeuse et ô combien emmerdante. Qui jamais, ou rarement, se sera souciée de nous. Et du monde qui nous entoure. Parfois nous cerne...
Nos inquiétudes, nos désirs, nos rêves, ils n’en ont cure. Nous ne sommes que des mains qu’on frôle. Un corps électoral sur lequel, avec démagogie, on surfe. A qui l’on prie, de voter utile. De rentrer dans le rang. Celui qui mène à l’isoloir. Ensuite de quoi, vient le temps de « méprisance », où l’on nous conjure de faire silence. Cinq ans durant. Jusqu’à la prochaine campagne. Qui, pas plus que celle-ci, daignera compte tenir de nos doléances, encore moins de nos souffrances, tant ce qui n’a d’importance, c’est que : coûte que coûte et vaille que vaille, vive la République, et vive la France !

23 mars 2012

Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide

J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?

BanksyOui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.

J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.

Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !

Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.

Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :

La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée

Sur ce : bonne chance !


« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]

05 mars 2012

Aidez-Le ... A Partir !

Aidez-moi.jpg

C'est : ICI

18 février 2012

Sarkozy : Plutôt Mitterrand Que Giscard

A peine le slogan du « candidat sortant » était-il dévoilé que d’aucuns, des morts de faim, se précipitaient dans les archives et, fiers comme Artaban, nous en extirpaient, avec grande gourmandise, une breloque issue de la campagne présidentielle 1981 sur laquelle trônait un certain Giscard, et la signature suivante :
« Il faut une France forte ».
Ah, mais ça par exemple ! Ne trouvez-vous point que ce slogan ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de notre désormais président-candidat : « Une France forte » ?

Sauf que, on peut aisément trouver moult autres prétendants qui, dans un passé plus ou moins récent, firent appel à cette image de la « France forte ».
Ainsi Ségolène Royal (« Plus juste, la France sera plus forte ») et François Bayrou en 2007 (« La France de toutes nos forces ») ; Jean-Marie Le Pen en 2002 (« Une force pour la France ») ; ou encore… François Mitterrand en 1981 avec dans un premier temps « La Force tranquille » puis dans un second : « De toutes les forces de la France ».

Alors pourquoi Giscard ?

Sans doute, par paresse. Car, ma foi, quoi de moins fatiguant que d’établir un parallèle entre Sarkozy et Giscard ? Et se saisir avec hâte et obstination de tout élément tendant à le valider d’autant. Comme si d’aucuns voulaient inscrire, mordicus, Sarkozy dans un destin giscardien. Cela voulant signifier que, comme Giscard, il sera défait, et deviendra donc, Sarkozy, le second président de la Ve République à échouer dans la sollicitation d’un second mandat.
Il est vrai que, sur le papier, c’est assez jouissif.

Seulement voilà, je doute fort que Sarkozy s’inscrive dans ce schéma. Tant c’est pas le genre à (re)partir en campagne avec l’idée (saugrenue) de la perdre.
En d’autres termes, je ne crois pas, mais alors pas du tout, que son slogan fasse directement, ou même indirectement, écho à celui de l’infortuné Giscard.

Non, encore une fois, c’est du côté de Mitterrand qu’il faut chercher.

Encore une fois, car t’en souvient-il, en 2007, l’affiche de campagne du candidat Sarkozy ci-dessous...

Ensemble.jpg


... Avait comme des airs de … « Force tranquille » :

Tranquille.jpg


Certes, dans la version sarkozyste, le petit village avait disparu, ainsi que son clocher ; en lieu et place, une sorte de vallée verdoyante où virevoltait, dans sa partie droite, un oiseau bienveillant.
Mais c’eut été assez grossier, avouez, de donner dans le copié-collé. Et puis, la France de 2007 n’est pas la même que la France de 1981. Il fallait que ce soit visible.
Nonobstant, vous imaginez, dans un même plan, Sarkozy et un clocher ? Ah j’en connais qu’aurait sacrément jasé. Tant l’homme n’a pas son pareil pour exalter, dès que possible, les valeurs chrétiennes de la France.

Non, c’est le format, l’ambiance, ce qui se dégage de ces deux affiches. Il y a manifestement des similitudes. Et c’est habilement fait. Car ça joue sur le subliminal.

Regardez bien les visages, les expressions. Visez-moi un peu les regards, les sourires. La place que l’homme occupe dans ces deux affiches. Sarkozy y étant – mais c’est logique – un peu plus à droite.
Et la pose ! Matez-le bien, ce Sarkozy ! Ne se dégage-t-il pas de lui comme une… « Force tranquille » ? N’est-ce pas cela qu’il était, avant tout, donné à voir ?

Toujours est-il qu’en 2007, et comme je m’en rappelle ! ils furent bien nombreux à les noter, ces similitudes.

Eh bien, il en va de même avec « La France Forte » que voici :

Forte.jpg


Qui renvoie, selon les mêmes principes, subliminaux, à cette affiche de 1988 :

Unie.jpg


Ce qui frappe, d’emblée, ce sont les slogans.
Tous les deux sont composés d’un article, d’un nom propre et d’un adjectif.
Avec en commun, les deux premiers (« La France »).
Seul l’adjectif diffère.
En apparence.
Car qu’est-ce qui fait la force, sinon : l’union ?

Alors bien sûr, nous avons un Mitterrand totalement de profil. Alors que Sarkozy, lui, est de trois-quarts.
Pourquoi ?

Eh bien parce qu’en 1988, Mitterrand est archi-favori. Il plane dans les sondages. Tout le monde sait qu’il va être réélu. Il peut donc se permettre ce que personne, à ma connaissance, n’a osé faire, ni avant, ni après lui : poser de profil ! En vainqueur, quoi !

Sarkozy n’est pas dans la même position. Depuis fin 2010, tous les sondages le donnent perdant. Ecrasé par DSK, désormais par François Hollande, et même battu (55/45) par Martine Aubry. Du jamais vu dans la Ve pour un président en exercice.
Il ne peut donc prendre la même pose que Mitterrand, celle de la statue du Commandeur.
Mais il ne peut pas non plus réitérer celle de 2007, soit se présenter de face. On pose de face quand on est candidat, pour se faire reconnaître. Mais pas quand on est président (ce que, au passage, Giscard, en 1981, n’a pas compris).

Alors, très habilement, il choisit l’intermédiaire : de trois-quarts. De fait, il ne nous regarde pas. Comme Mitterrand en 1988, il scrute. Un horizon. Avec la même sérénité ; avec confiance et assurance.
Peut-être, oui, y a-t-il quelque chose de plus dans le regard de Mitterrand. Mais c’est dû au fait qu’il était le vainqueur certain. Et il le montrait fort bien !

Vous noterez itou, et encore une fois, des similitudes dans les expressions : à commencer par le même sourire. Pas trop marqué. Juste ce qu’il faut… Les mêmes petites rides aux coins des yeux, fortement mis en évidence. C’est le signe de l’homme qui a bien vécu, sachant apprécier les plaisirs de l’existence, un jouisseur ; un homme qui n’est point hanté par quelques tourments ou regrets ; un homme rassurant ; bref : un protecteur.

Reste le fond. Qui là encore, comme pour les deux affiches précédentes (le village qu’a laissé place à une vallée) ne peut être identique, et pour la même raison : la France de 2012 n’est pas la même que celle de 1988. Celle de 2012 traverse une crise…
Alors, d’un côté, on fait simple, juste une couleur unie. Qui va comme un gant avec le slogan (« La France unie »).
De l’autre, la mer. Bleue, de toutes les façons. La mer, parce qu’il l’a dit, le soir où il s’est déclaré : il est le capitaine qui n’abandonne pas le navire en pleine tempête. Et ce qu’on voit, c’est le résultat, si nous reconduisons cet homme à la barre du navire France : plus de tempête, mais en lieu et place, une mer calme et tranquille. Et hop, ni une, ni deux, on en revient à … « La Force tranquille » !

Oui, c’est bien du côté de Mitterrand qu’il fallait chercher. Les mêmes codes. La même symbolique.
Mitterrand encore et toujours, comme en 2007, parce que c’est le seul président qui fût réélu sans la moindre discussion (ce qui n’a pas été le cas de Chirac en 2002, victoire entachée, ou biaisée, par le « coup de tonnerre » du 21 avril 2002).
C’est donc LE modèle. LA référence. Il n’y en a pas d’autre !

Pourquoi voulez-donc que ce fût Giscard ? Pourquoi voulez-vous qu’un homme tel que Sarkozy, si ambitieux, prenne pour référence ou modèle le seul président à avoir échoué dans la sollicitation d’un second mandat ?

Quand bien même irait-il, tout l'indiquant, vers ce destin-là...

 

16 février 2012

Adieu, Monsieur Sarkozy !

Et encore, je me suis retenu. J’aurais pu charger la barque, quitte à donner dans l’outrance. Ça n’aurait pas été, ceci étant, immérité. Tant c’est bien lui et lui seul, l’homme, Nicolas Sarkozy qui suscite, est en cause. Rien que d’autre que lui. Une attitude, un style, une dérive.

Repoussant.jpgPeu importe son bilan, l’économique, on s’en moque. Depuis quand est-ce un marqueur ? Allons ! Ne soyons mesquins, ni même hypocrites. Remisez donc vos chiffres, vos courbes, vos comptes d’apothicaires, c’est grotesque ! Voulez-vous que je vous ressorte, et avec grande jouissance s’il vous plaît, les bilans de Giscard, de Mitterrand ou de Chirac ?
Oh je sais bien, chacun selon son camp, chacun avec ses œillères, sa petite mentalité de supporteur, trouvera matière à s’enorgueillir. Mais c’est foutaises, et c’est marre ! La vérité c’est que depuis quarante ans nous sommes écrasés, saignés, sacrifiés. Je vous cause des classes populaires et moyennes.  Pas de ceux qui, se disant de gauche, n’ont pour seul souci de posséder, comme le voisin, le dernier gadget de feu Steve Jobs. Ne vous étonnez point que ceux-là en pincent pour un candidat qui s’en va rassurer les pleins aux as de la City.

Or donc le bilan, quand bien même serait-il atterrant, n’est pas le point déterminant. Non, c’est l’homme, Nicolas Sarkozy, qui pose problème.
Et ça n’a pas été « une mince affaire » que de l’expliquer en un seul billet limité en nombre de signes et caractères.

Avant de vous le soumettre, j’aimerais y ajouter ceci : les publicitaires, les vendeurs d’espaces, et comme de bien sûr les éditocrates, durant les pauvres semaines qui nous séparent du scrutin, vont tenter de nous faire croire que l’affaire n’est pas pliée. C’est leur métier que de maintenir un semblant de suspens, que de tenir le citoyen en haleine, voire de l’inquiéter. Mais, la vérité, c’est que c’est fini. On sait qui va gagner. Faut pas nous raconter d’histoires, nous prendre pour des benêts. En nous ressortant le Balladur, le Jospin, etc.

Ceci étant, j’ajoute et affirme qu’il n’y a pas de désir d’Hollande. C’est juste une question de contexte. Et qu’il l’emporte de 15 ou 10 points le 6 mai prochain n’a, au fond, que peu d’importance. L’ampleur ne signifiera, en aucun cas, désir.
Tout comme il n’y aura pas de nouveau « 10 mai ». Comme on ne manquera pas de vous le dire. Juste nous retrouverons, espérons-le, un peu de hauteur. Dans la fonction. Un peu de culture, aussi.

Mais pour le reste, oubliez ! Le 6 mai, ce n’est pas la gauche qui arrive au pouvoir. C’est juste un camp qui en déloge un autre. Rien d’autre que cela... Bref, ça n’a pas grand intérêt. Sinon, pour des supporteurs qui n’ont de la chose politique, qu’une vision étriquée, pour ne pas dire égoïste et vulgaire. Et se foutent comme de leur dernier smarphone du sort des classes moyennes et populaires.

Sur ce, voilà le billet en question : CLIC !

09 janvier 2012

Apprenons A Lire Les Sondages

Ah Balladur !
Et Delors …
Et ce pauvre Jospin.
Tu t’en souviens ?
Quelle gifle !

Soldages.jpgDe fait, c’est devenu un sport national, n’est-ce pas... On prend comme plaisir, jouissance, à vilipender les sondagiers. On en dit pis que pendre. Mais avec une telle mauvaise foi… Et, une grande, immense, hypocrisie... Car qui sont les plus gros consommateurs de %, de fourchettes, d’estimations ? Eh bien le politique, aussi le journaliste, le médiatique. C’est leur came. Sans cette litanie de chiffres, ils sont perdus, cadavres à la renverse.

Quant au citoyen, ce mouton, ce vulgaire, il braie à n’en plus pouvoir. Les sondages, qu’il dit, faut pas les lire, rien ! C’est truquerie, enculerie et compagnie. Ah, tu as tort, citoyen. Et ô combien ! C’est bien plus sérieux et pervers que tu ne le crois et penses, cette affaire. Et ça se goure moins, bien moins que tu ne le prétends. Oublie ton Jospin, refais donc le chemin, et tu verras bien, s’il ne fut pas, à chaque fois annoncé, le vainqueur final.

Oui, je le répète et maintiens, ni de Gaulle, ni Pompidou, ni Giscard, ni Mitterrand, ni Chirac et ni Sarkozy ne furent des présidents tombés des nues ; tous ils étaient inscrits dans les courbes sondagières. Sauf que, ça n’est point dans celles de janvier (je cause de second tour) que tu les trouveras, ni même de février (encore que, Sarkozy l’avait remporté le match, et les doigts dans le nez, dès le 14 janvier 2007) mais celles d’avril, et plus encore de mai. Et là, tu verras bien que jamais ils ne se sont plantés, les sondagiers. Quoi que tu dises, quoi que tu braies.

Ah, il faudrait pétitionner, manifester, gueuler, pour qu’on les abrogeât. Qu’on nous débarrassât, à tout jamais, de ces fossoyeurs de la démocratie, que sont les instituts de sondages. Meilleurs alliés du système. Et du foutu vote utile. Ce vote à la noix. Ce vote de poltrons. Soit : de ceux qui ne veulent pas du changement, du vrai. Bobos de droite comme de gauche. Alliés objectifs des partis dominants contre les intérêts du peuple. Blanc bonnet et bonnet blanc.

Mais puisqu’ils existent, et que chacun, à sa façon, s’en accommode, on ne saurait les ignorer, les mépriser, les sous-estimer, ces sondages à la con. Encore faut-il savoir les lire.

La première des règles étant de faire fi de toute projection de second tour. Tant que le premier n’a pas rendu son verdict, c’est sans valeur. D’autant plus en janvier. Tu peux péter les scores, à 54%, si tu passes pas le premier tour le 22 avril prochain, t’auras l’air fin, mon coco !

Avant le second tour, citoyen, journaliste, politique, etc., il y a un premier tour. Et dans icelui, un rapport de forces. Or, vois-tu, en ce début d’année 2012, il n’est pas favorable à la « gauche ». Et la question est la suivante : cela va-t-il en l’état rester, ou bien alors, positivement évoluer ?

La suite est à lire : ICI

01 janvier 2012

Bonne Année En Un Dessin

Canard-Enchaîné-27-juin-200.jpg
[Dessin de Pancho - Canard Enchaîné - 27 Juin 2007]

00:05 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 2012, bonne année, pancho, canard enchaîné, nicolas sarkozy, la france d'après | | | |

21 décembre 2011

2012 : Sur Le Papier, Un Format à Quatre

Non pas que les jeux soient faits, pas plus que les carottes fussent cuites, mais tout de même, et n’en déplaise aux enclumeurs du bipartisme, pour cette neuvième présidentielle de l’histoire de la Ve République, ils seront quatre.
C’est dire si l’issue est incertaine. Combien c’est plus ouvert que d’aucuns le (pré)disent.
Or donc, quatre candidats peuvent accéder au second tour. Et bien malin celui qui pourrait, aujourd’hui, avancer le nom des deux qui, le soir du 22 avril, seront choisis, et à quelle hauteur.

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Oh bien sûr, il y a le bilan. On peut s’en gausser, l’égrener, le placarder, brandir les chiffres, arguer qu’ils sont ô combien négatifs. C’est vrai… Mais c’est oublier un paramètre essentiel : la crise. Et on l’entend déjà, le déroulé ; il est limpide : voyez les Grecs ! Voyez les Espagnols ! Et l’Irlande, le Portugal, l’Italie et tutti ! Regardez ce qu’ils ont perdu, ce qu’on leur a pris.

Mais Sarkozy ne va pas seulement jouer cette carte-là, en se présentant comme celui qui, vaille que vaille et coûte que coûte, nous aura épargné des réelles affres de la crise, avec son cortège de salaires baissés ou gelés, de pensions rognées ou de taux de chômage écrasant (21,52% en Espagne) ; il va aussi, et c’est corrélatif, miser sur une corde autrement plus sensible qui, peu ou prou, pourrait s’énoncer ainsi : on ne change pas de président quand votre pays est engagé dans une guerre (Méthode George W. Bush Jr.).
Ce terme, celui de guerre, peut sembler excessif ; pour nous. Mais il ne l’est sûrement pas pour les Grecs ou les Italiens. Dans quel autre contexte, en effet, autre que celui d’une guerre, en vient-on à : capituler ? Aucun.
Et puisqu’il est celui, Sarkozy, qui nous aura(it) épargné ce sort-là, alors il est, de fait, le meilleur, ou le mieux placé, pour que demain, nous ne le connaissions (toujours) pas. Aux autres candidats de démontrer le contraire. Qu’il n’est pas le mieux à même. Ce ne sera pas simple. D’autant vu ce qui s’annonce. Une récession. Ce qui signifie que les marges de manœuvres seront particulièrement étroites (à moins de proposer une autre voie, radicale, or donc socialiste dans le sens noble et premier du terme) ; du coup, les principaux rivaux du président sortant vont avoir un mal de chien à convaincre une majorité qu’avec eux, on en chierait moins.

Autre élément : Sarkozy n’a pas changé de tactique. Quand il s’est déclaré, via la presse régionale, le 30 novembre 2006, ça faisait déjà un bail qu’il était en campagne. En fait, dès son arrivée à l’Intérieur, le 7 mai 2002. Il aura compris, très vite, que le PS mettrait du temps à se relever du 21 avril. Que son seul véritable rival ne pouvait être que quelqu’un de sa famille politique... Il avait raison. Quand Juppé tomba, surgit Villepin. On connaît la suite...
Certes, les données ne sont plus les mêmes. Villepin semble déterminé à vouloir sa revanche. Toujours, encore, cette éternelle bataille entre chiraquiens et balladuriens… Mais que peut Villepin contre un homme qui aura sillonné la France tout le long de son quinquennat ? C’est que, ces petites tables rondes, à raison de deux à trois par semaine, c’était pas pour amuser la galerie ou se dégourdir les gambettes. C’est clairement une campagne qui ne veut pas dire son nom. Et mine de rien, ces déplacements auront leur importance. Ils pèseront dans la balance.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteFrançois Hollande. Encore une fois, le PS aura désigné son candidat bien tard. Et c’est un tort. Ah ! N’est pas Mitterrand qui veut ! Lui avait réussi ce tour de force – tranquille – s’imposer, être l’évidence, même avec deux défaites dans la besace.
« Contre la volonté d’un homme, disait Mitterrand, on ne peut rien ». Pas même un Rocard.
François Hollande est-il habité par cette volonté-là ? Ténue. Pas sûr…
Et puis, surtout, il n’est pas le maître. Ce n’est pas lui qui tient le PS comme Mitterrand le tenait. Là encore, c’est un tort.

Alors bien sûr, ce n’est pas comme ça qu’elle devait se danser l’Histoire. Hollande, il visait 2007. Et c’était légitime, puisqu’il était le premier secrétaire. Et d’ailleurs, pour qui s’en souvient, la presse, dès septembre 2004 (soit après les régionales gagnées haut-la-main par le PS) avait dessiné le match de 2007 : c’était Sarkozy contre Hollande. Mais 2005 aura tout bouleversé. Avec son fameux référendum qui – c’est une sale habitude – coupera le PS en deux. Et de cette division, Hollande sortira tout aussi affaibli que disqualifié. La suite est assez abracadabrantesque… 

Quoi qu’il en soit, cette fois François Hollande n’a pas laissé passer sa chance. Seulement voilà, tout le monde le sait, le candidat du PS, c’était pas lui ; c’était : DSK. Et il aurait remporté les primaires citoyennes. Les doigts dans le nez.
De fait, Hollande n’est certes pas un candidat de substitution, mais il a gagné par défaut. On peut y voir un signe du destin. Mais rien ne dit que ce signe sera, à l’arrivée, positif.
Cependant, le PS peut toujours se dire qu’il l’a échappé belle. Tant du côté de l’UMP, on était fin prêt (et ô combien ravi) d’affronter DSK…  C’eût été une nouvelle humiliation à laquelle, cette fois, le PS n’aurait pas survécu.

Hollande, c’est vrai, aura bien tenté d’avancer le calendrier, pour deux raisons :
1 – Il éliminait DSK.
2 – Il sait très bien que pour avoir une chance de remporter la présidentielle, le candidat du PS doit être désigné le plus tôt possible afin d’apparaître comme une évidence et surtout, comme un chef incontesté et incontestable.

Malgré tout ce micmac, cette tambouille assez infecte, François Hollande est, pour le moment, le favori de cette présidentielle. Dans les sondages.
Sauf que, depuis quelques semaines, on note un tassement, pour ne pas dire une érosion. Lente, mais inquiétante. Certes, les projections de second tour sont sans appel, mais … Que peuvent-elles bien signifier à plus de quatre mois de l’échéance ? Balladur aussi, en décembre 1994, écrasait littéralement le second tour. Et puis…
Hollande va devoir muscler son jeu. Et dès le mois de janvier.

Reste, toutefois, le contexte de crise (et ses imprévisibles), et avec, ces marges de manœuvres si étroites qui font que, on ne voit pas (encore) très bien la différence essentielle, déterminante, qui sépare(rait) un Sarkozy d’un Hollande. Si ce n’est que l’un est de droite, et l’autre… Prêt à s’allier avec François Bayrou.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteFrançois Bayrou. Et c’est reparti mon kiki ! Voilà même qu’on évoque un remake de 2007 : Bayrou, le troisième homme ? A la seule différence que, en décembre 2006, le Béarnais pointait à 8% dans les sondages. Alors que là, il est à 14.

En fait, tenace, obstiné, Bayrou ne fait que récolter les fruits de sa campagne présidentielle précédente. Il est dans la continuité. Et s’il ne commet aucune erreur, il pourrait fort bien être la (fausse) surprise de ce scrutin. D’autant vu le contexte.
Car après tout, quitte à se tourner vers quelqu’un qui protège - puisque ce sera, de toute évidence, un des thèmes de cette campagne – une partie de l’électorat, oui, pourrait être tentée d’accorder ses suffrages à un homme qui, ma foi, n’a guère varié, ne serait-ce que dans son diagnostic. N’était-il pas celui qui, en 2007, parlait déjà des méfaits de la dette et des déficits ?

Il lui faudra, néanmoins, convaincre qu’il a la carrure. La stature de l’homme d’Etat.
Et puis, il y a, chez lui, quelque chose qui, paradoxalement, rappelle la nonchalance. Une certaine lenteur. Or, nous sommes en des temps pressés, où l’immédiateté est – malheureusement – reine.  Et s’il est, depuis peu, populaire, ce n’est pas un tribun. Il n’est pas comme Chirac, Mitterrand ou Sarkozy, quelqu’un qui galvanise et soulève la foule. Vous me direz, Giscard, non plus...

L’autre problème, c’est le MoDem… Ça pèse pas très lourd. Et il faudra trouver une majorité à l’Assemblée, si jamais … Nul doute que ses concurrents (Hollande, Sarkozy) ne se priveront pas de le souligner. Une « majorité centrale », certes, mais tu la trouves où ? Il va falloir que Bayrou fasse preuve d’une grande habilité pour passer cet écueil. Ce déficit… Il ne pourra éternellement nous vanter une « majorité centrale » sans la détailler. Et c’est quand il le fera, qu’il perdra tout, ou alors, remportera le match.


présidentielle 2012,22 avril 2012,les favoris de 2012,les quatre pour 2012,nicolas sarkozy,françois bayrou,françois hollande,marine le pen,les enjeux de 2012,2012 présidentielle ouverteMarine Le Pen. Ah ! Si DSK n’était pas tombé … Oui, je sais, cela peut paraître incongru placé ici, mais c’est pourtant lui, DSK, que Sarkozy espérait affronter en 2012. Pour les raisons que, désormais, nous connaissons (Carlton et autres joyeusetés)… Ah ! La stratégie était ô combien meurtrière, elle conduisait à un nouveau 21 avril. Et Marine Le Pen s’en pourléchait d’avance. Car (et comme c’est étrange, tant c’est synchro) DSK était aussi LE candidat qu’elle aurait été « ravie d’avoir en face ». Tu penses !...

Bref, l’Histoire s'élucubrait ainsi : un second tour Sarkozy/Le Pen dont, bien évidemment, Sarkozy pensait sortir largement vainqueur ; et Marine Le Pen, crise aidant, se disant que, il y avait une petite chance, de tirer là, son épingle du jeu.

Ceci étant, même si ce château de cartes s’est brutalement écroulé, il n’en reste pas moins que Marine Le Pen peut encore accéder au second tour. Parce que le terreau est là. Le contexte est propice. Et d’ailleurs, depuis un an, ne plane-t-elle pas dans les sondages ? 24, 16 ou 20%, peu importe, c’est du jamais vu pour un candidat du FN. Voilà qui devrait, au minimum, préoccuper les uns, comme les autres.
Mais il y a une autre donnée préoccupante : c’est le profil de l’électeur potentiel du FN. Il correspond à celui qui vit, de près ou de pas très loin, la crise justement. Il fait partie des ouvriers, des classes populaires, et même, des classes moyennes.
Il y a aussi ce slogan, ou ce sigle, celui de « UMPS » qui lui parle. Parce que, effectivement, UMP et PS ont dirigé tour à tour le pays. Et lui, il voit le résultat. Seulement le résultat.
D’autre part, il considère que s’il y a un parti qui, depuis 30 ans, n’a pas changé de discours, c’est bien le FN. Oh bien sûr, il serait facile de lui démontrer que ledit FN n’est pas, à la base, un parti se souciant de sa condition. Au contraire ! C’est en réalité un parti farouchement libéral, mais qui, par la force des choses, je veux dire considérant la structure de son électorat, vira de bord vers le milieu des années 90, délaissant sa doctrine reaganienne, pour opportunément, et petit à petit, apparaître comme – je cite – le parti des « oubliés » et des « invisibles ».

Mais que voulez-vous ! Nous n’avons personne pour démonter cette machine. Et sûrement pas Caroline Fourest. Que ce soit par le biais d’un livre ou d’un documentaire (tiré du livre) c’est, à chaque fois, un coup d’épée dans l’eau. Trop scolaire, trop paresseux ; pas assez abouti, surtout. Or, tout de même, il serait plus qu’urgent de dire, haut et fort, que le FN n’est, ni plus, ni moins, qu’un parti maurrassien. Pour y arriver, il conviendrait de cesser de focaliser sur les personnalités (ici, Le Pen père et fille) pour s’atteler exclusivement à l’idéologie véhiculée par cette formation. Et, parce que ce travail n’a pas été fait, ou bâclé, alors oui, Marine Le Pen a une petite chance, vu le contexte, d’accéder au second tour.


Une surprise ? Il est d’usage d’y croire. Chaque présidentielle en réserverait une. Vraiment ?
Quand on se penche sur les huit précédentes, on en relève bien peu. Et puis, honnêtement, le favori finit toujours par l’emporter. Non ?
Que ce soit De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, je ne vois là, aucune surprise. Sinon le vainqueur attendu.
Quoi, Jospin ? Replongez-vous dans les sondages, et vous constaterez que s’il fût, effectivement, le favori, dès janvier 2002 il ne cessa de perdre du terrain. A cet égard, il sera important de noter les scores sondagiers de février prochain. Si, par exemple, Hollande plafonnait à 22%, alors, vous pourrez vous dire que c’est sale temps.

Une surprise, donc… Elle aurait pu être envisageable. Mélenchon, par exemple. Ne serait-ce que parce que : la crise, le contexte, le terreau, lui sont, a priori, favorables.
Seulement voilà, il semble bien que c’est le FN qui en tire(ra) profit.
Cela tient à son ancrage. 27 ans qu’il est là, ce FN. Au-dessus des 10%. C’est un long, très long chemin.
Cela tient, aussi, au fait que beaucoup d’anciens électeurs du PCF, mais aussi du PS, sont aujourd’hui des électeurs du FN. Et quatre mois, c’est bien trop court pour les ramener.

Il aurait fallu lancer l’affaire en 2005. Après le référendum. C’est là que Mélenchon aurait dû quitter le Titanic PS. Rejoindre le Front de Gauche et le préparer. S’aguerrir lors de la présidentielle 2007, poser les premiers jalons, imposer sa griffe, sa marque, et aujourd’hui, alors, oui, ce serait différent. Il y aurait une véritable force, peut-être pas suffisante, mais assez pour peser efficacement. Mais là, c’est trop juste.
Du reste, Mélenchon ne décolle pas dans les sondages. Oh, bien sûr, on a vu Bayrou passer de 8% en décembre 2006 à plus de 18% le soir du 1er tour 2007, avec dans l’intervalle un pic à 24. Sauf que, là encore, Bayrou c’est un travail de longue haleine. Un autre long chemin. Il part de très loin, Bayrou … Des années qu’il laboure, inlassablement, le (même) terrain.
La seule surprise – si surprise, il doit y avoir – ce serait que Mélenchon fasse plus de 10%. Mais au détriment et/ou au profit de qui ?


Ils sont donc quatre : Nicolas Sarkozy, François Hollande, François Bayrou et Marine Le Pen. C’est parmi eux que se trouvent les deux qui, le 22 avril prochain, seront choisis pour s’affronter dans un duel inédit.
Et bien malin qui, ce jour, pourrait dire lesquels.
Tant cette élection est bien plus ouverte qu’on nous le dit. Du moins – mais il est important de le préciser – en ce qui concerne son premier tour.



NB : Comme c'est période de fêtes, et te les souhaitant belles, je  te glisse, ci-dessous, un cadeau sonore.
A écouter sans modération.

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