14 mai 2011
Un Politique Doit-Il Dire Tout Haut Ce Que Certains Français Pensent Tout Bas ?
C’est une professionnelle. De l’argent, des placements. Ce monde que je connais mal, elle parvient à m’y faire entrer. C’est extraordinaire, je pige tout. Bref… Et puis, voilà qu’elle évoque la « sortie de crise ». Et je sors du rôle que je devais tenir [1]. En l’occurrence, je lui demande à qui elle pense quand elle parle de « sortie de crise ». Précisant que pour le citoyen de tous les jours, ça n’est pas très concret, cette « sortie de crise ». Elle rebondit. Reconnaît que ladite « sortie » concerne, en premier lieu et avant tout, les grandes entreprises françaises et… les banques. Puis ajoute : « Vous savez, il y a toujours eu de la misère. Et il y aura toujours des gens qui resteront sur le bord de la route. On n’y peut rien… ».
Or donc, voilà, j’avais ma réponse. La « sortie de crise » ne concerne, peu ou prou, que les plus fortunés. Et les forces vives de la nation. C’est le re-moment de boursicoter, toi qu’à un peu d’artiches de côté, de pépettes placées sur un PEA. Je t’assure… Pour les autres, la grande majorité, fins de mois ric-rac, revenus à peine médians, ou plus problématique, chômeurs, bénéficiaires du RSA, etc., faut s’accrocher. Mais à qui ?… Sûrement pas à Laurent Wauquiez.
Je sais, il s’est fait recadrer, le député-maire-ministre, à deux doigts de se faire « virer »... Mais, dès le lendemain, jeudi, dans le quotidien Le Progrès, il en remettait une louchée. Se justifiait : « J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». Phrase faisant écho à celle prononcée par Michèle Alliot-Marie : « Ce que dit Laurent, c’est ce que disent nos électeurs » [Le Canard Enchaîné n° 4724 – 11 mai 2011].
Voilà qu’est fort intéressant. Et, en même temps, assez terrifiant.
Terrifiant, tant ce genre de saillie dévalue le politique. Et sa fonction.
Terrifiant, car Laurent Wauquiez qui est tout, sauf un crétin [2], sait pertinemment que nous – les classes moyennes et en deçà – ne sommes pas sortis de la crise (hormis, donc, les grandes entreprises et les banques, dixit la « professionnelle ») et que si « la France a mieux résisté [à la crise] que ses voisins [Européens] » ainsi qu’on nous l’a seriné, c’est en grande partie dû à notre système de protection sociale. Unique au monde.
Les « Français » et autres « électeurs » conspuant, vilipendant, ou se plaignant « tout bas » de ce « bouclier social » ne se rendent pas compte à quel point il nous a protégés. Que s’il n’existait pas, ce serait des milliers et des milliers (des millions, en fait) de citoyens qui se retrouveraient, aujourd’hui, non pas « au bord de la route » mais carrément « hors de la société », dans la misère la plus totale.
Dois-je rappeler ce que disait Nicolas Sarkozy le jeudi 25 septembre 2008 à Toulon ? [3]
Un discours, nonobstant, salué aussi bien à droite qu’à gauche…
Oh bien sûr, de ce discours, il ne reste plus grand-chose. Dans les faits. La moralisation du capitalisme a échoué – mais était-elle vraiment voulue, je veux dire mue par une volonté véritable ?
Nous savons très bien quels sont ceux qui sont sortis « plus forts » de la crise qu’ils n’y sont entrés. Si tant est qu’ils y sont entrés un jour… Vu que tout a été fait pour les « sauver ».
Seulement voilà, une élection se radine. Une majeure, puisque présidentielle. Pour le « sortant », et son parti, elle s’annonce mal. Les sondages sont mauvais, la côte de popularité est dramatiquement basse et les résultats en matière de pouvoir d’achat, de salaires et d’emplois sont calamiteux. Qui plus est, le Front National est de retour. Il capitalise, lui. Sur la misère. Le désarroi. Comme toujours... Car n’est-ce pas le Front National qui, depuis toujours, se vante de « dire tout haut ce que les français pensent tout bas » ?... « Dire », oui, mais sans jamais rien proposer. Sinon, un suicide économique et social.
D’aucuns diront : « Mais, c’est ça la démocratie ! C’est entendre le peuple ! »
L’entendre oui, mais de là à l’écouter, y’a une marge…
Et c’est justement cette marge qu’est garante et de la démocratie et de la République. A condition que le politique – le garant ultime – la respecte. Scrupuleusement… Vous souvenez-vous, d’avoir jamais entendu un de Gaulle ou un Mitterrand « dire tout haut ce que certains français pensent tout bas ». Non ?... Alors posez-vous la question du pourquoi ?... Ces hommes-là avaient une haute estime de la fonction (du politique), de la démocratie et de la République. Quoiqu’on en dise... Ils savaient les limites, le danger, la chienlit.
La fonction première d’un politique n’est pas de relayer, approuver et/ou réaliser « les fantasmes des citoyens ».
Il ne doit, en aucun cas – puisque l’on parle de devoir – se faire le porte-parole des ressentiments, des rancœurs, des aigreurs, des mesquineries, des étroitesses d’esprits... La seule (mauvaise) raison qui pourrait le pousser à le faire est la peur. De perdre… Un poste ministériel. Un mandat (de député)… De voir, son parti exploser… Oh ! ils ont beau nous dire qu’à un an des élections, les sondages se sont toujours trompés, ils fouettent, c’est évident, et copieux... La question – elle est aigüe, essentielle – est de savoir, avec cette peur chevillée au corps, jusqu’à quel point ils iront. Jusqu’où ils se renieront. Car, et de quelque bord que l’on soit, les œillères toujours il faut ôter, et convenir, être conscient, que cette droite dite traditionnelle, a des valeurs (sociales, économiques, etc.)... Qu’en restera-t-il si elle se laisse, ainsi, de Guéant à Wauquiez, gagner par la peur ?
Dans une démocratie véritable, une République « irréprochable », un homme politique ne peut pas se laisser aller à « dire tout haut ce que ses électeurs pensent tout bas ». Sinon, il liquide la politique. La démocratie. La République.
Il doit au contraire – c’est un impératif – faire preuve de courage, de pédagogie, et oser dire la vérité.
Or la vérité ne sort pas, jamais, de la rancœur, de la jalousie ou de l’aigreur.
La vérité, c’est que la crise a touché, avant tout, les plus « vulnérables » [3]… C’est intéressant, d’ailleurs, de constater que ceusses qu’en causent n’ont jamais connu la précarité. La vraie. La solitude. Totale…
Il faut savoir une chose simple : si vous n’êtes pas bien entouré (famille, amis, etc.) vous sombrez ! Et gravement. Personne ne vous aidera. Sachez-le… Et surtout pas ceux qui « pensent tout bas »… Nous ne vivons pas dans un monde qui prend le temps des autres (pas même sur Internet). Mais dans un monde (ultra) compétitif… L’égalité des chances, c’est de la foutaise. Un slogan. Et ce monde-là, nous l’approuvons ! C’est un fait. Sinon, nous nous révolterions.
Ce que je veux dire, c’est que, si nous l’approuvons – même tacitement – nous devons en accepter le prix... Et quel est ce prix ? Sa nature ? Eh bien, elle est collatérale et humaine... Il est évident que dans un tel monde, ceux qui « resteront sur le bord de la route » seront moult.
Voilà le prix de ce monde. Le prix à payer. Sans barguigner.
Et voilà pourquoi accuser le pauvre, le laissé pour compte, le décroché, de nos maux sociaux-économiques, est une immense saloperie.
Est-ce le pauvre, première victime de la « crise », qui gonfle la dette ?
Est-ce lui qui met en péril notre économie ?
Ou est-ce quelqu’un(s) d’autre(s) que – pour être bien clair – nous n’avons pas le courage de frontalement accuser, jusqu'à terme ?
Est-ce un(e) bénéficiaire du RSA et de quelques minima sociaux qu’est responsable du mal-être d’une société ?
Est-ce lui qui menace notre sécurité ?
Ou celui qui joue avec notre fric et par milliards au carré ?... A ce dernier, on ne s’attaque pas, parce que sans lui, plus de crédit, plus de maison, plus de petit confort, étroit, le confort, mesquin, mais confort quand même, n’est-ce pas ?… Le pauvre, citoyen sous perfusions, lui, il nous encombre, tant il est un témoin gênant de notre lâcheté. Pas vrai ?
Ah, c’est formidable ! Suite à « une crise sans précédent » il était question de moraliser le capitalisme, et puis, élection majeure se profilant, et certains – nombreux, faut croire, pactole électoral – « pensant tout bas », on va, finalement, chasser le gueux. C’est plus simple…
Un paradis fiscal, tu peux toujours t’accrocher, tu l’auras pas comme ça, d’autant plus qu’il t’est utile ; mais un pauvre, ça sert à quoi ? N’est-ce pas plutôt un « cancer » qu’il faudrait éradiquer ?... Et si je disais, moi, qu’un paradis fiscal, un parachute doré, un bonus indécent, c’était de l’ordre de l’Ebola ? La cause de tous les maux. Premiers responsables des laissés sur « le bord de la route »… « On n’y peut rien ! » disait la professionnelle. Mais, « on n’y peut rien » parce qu’on ne fait « rien ». Enfin, si… On chasse le gueux. C’est moins compliqué. Et ça fait jouir les crétins. Les mesquins. Les lâches... Et comme ils sont nombreux, hein, M. Wauquiez ?
Ah c’est pas le courage qui nous étouffe ! Ça non ! C’est la médiocrité. La saloperie. La bassesse. Et de voir des politiques, des élites de la Nation [2], s’en faire l’écho, c’est au-delà de la démission. C’est sans nom.
Non, le peuple qui « pense tout bas » n’est pas une référence. Il n’a aucune compétence. En rien. Il est ignorance.
Il n’est que ressentiments et crasse d’esprit. Un aviné, un parasite, si on l’écoute et le relaie. Un véritable ennemi de la démocratie et de la République. Un sale type. A qui, l’on ne souhaite même pas d’être pauvre, nu, et rongé par la honte... De toutes les façons, c’est impossible. La honte, il ne connaît pas. Puisqu’il ne sait même pas ce que c’est. Ce qu’elle signifie.
Ce qui n’est pas le cas de Wauquiez... Lui, au moins, a idée de ce que c’est. Sinon, il ne se serait jamais justifié ainsi :
« J’ai juste dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ».
Une phrase qui pue la honte ; itou une phrase terrible, tant elle est la négation du politique, d’un parcours, de valeurs (républicaines et démocratiques), mais aussi le summum du pathétique.
Or donc, voilà !... « Dire tout haut ce que certains français pensent tout bas », nonobstant le fait que c’est une démission du politique, c’est vertigineusement pathétique.
[1] Actuellement au chômage, je prends ce qui vient. Des « petits boulots » à la pelle. Là, pour 13€ TTC je testais une banque. Une de prestige. Avec un scénario très précis, borduré copieux. Bref, je n’étais pas là pour faire la causette, parler crise ou « sortie de crise »…
[2] Beau parcours que celui de Wauquiez. Brillant même. Louis-le-Grand, Henri IV, Ecole Normale Supérieure d’où il sort major (via une agrégation d’histoire), Institut d’Etudes Politiques ensuite, puis Ecole Normale d’Administration dont il sortira premier de sa promotion.
Bref, il représente clairement l’élite de ce pays. Il est donc passablement consternant de l’entendre tenir des propos assez indignes, indigents, carrément populistes. Ça relève de l’insulte à sa propre intelligence (et à la nôtre). Nous ne sommes pas loin de la honte totale et d’un déni, j’entends par déni, celles des valeurs qui l’animaient, et ce en quoi il croit.
[3] « Il faut bien sûr d’abord penser aux plus vulnérables dont la vie devient trop dure et qui souffrent. C’est dans les moments de crise que la solidarité avec ceux qui sont en difficulté doit être la plus forte. C’est la raison pour laquelle, j’ai pris la décision de créer le RSA, d’augmenter le minimum vieillesse, les pensions de réversion les plus modestes et pour les titulaires de minima sociaux (…] J’assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail. C’est une décision juste et raisonnable » [Nicolas Sarkozy – Discours de Toulon – Jeudi 25 septembre 2008]
02:07 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Je M'Excuse Mais Merde !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent wauquiez, rsa, minima sociaux, cancer de la société, sortie de crise, observatoire des inégalités, dire tout haut, penser tout bas, populisme, moralisation du capitalisme, précarité, grande pauvreté, présidentielle 2002 |
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12 novembre 2010
Mais De Quel « Monde » Parle Lula ?
Or donc, jeudi 11 novembre 2010, celui qu’est encore (un peu) Président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, tenant conférence de presse introductive au fameux G20 dont M. Sarkozy espère tant, déclarait, peu ou prou, que si les pays riches « ne consomment pas, et misent uniquement sur les exportations [pour sortir de la crise] le monde court à la faillite ».
Bien.
Mais …
… De quel « monde » parle Lula ?
En réalité, Lula parle du « vieux monde ». Celui qu’agonise « en direct ». Tellement suffisant, hautain, devenu branque et bientôt chèvre, incontrôlable, shooté, banquérisé & bunkérisé.
Ce monde-là, c’est le monde Occidental.
C’est de ce « monde », et uniquement de celui-là, dont nous parle Lula.
Et cela fait des années qu’il plonge et "couac40", dépassé par le « système » qu’il a mis en place, un « système unique » pour toute la planète, une « pensée unique » pour tous les humains qui la peuplent. Ce « système » est un monstre, sorte de logiciel tout droit sorti de Skynet, et comme tout monstre, il va morfaler jusqu’au trognon ses créateurs et ses ouailles, tout balayer, éparpiller par p’tits bouts, façon puzzle, ce monde Occidental, le ventiler.
Et ce serait (donc) par la « consommation » que nous le sauverions ? ... Créer le besoin, encore et toujours, formater l’humain comme un rat, le réduire à cet état, de « consommateur », « vache-à-lait », trimardeur … mon cul ! Ça n’y suffira pas ! Pas cette fois !
Entre ici, le chaos, l’acte final ! Pas la peine de réserver son ticket, pas de balcon, ni de strapontin, non ! C’est au premier rang (d’oignons), que nous assisterons, ébahis et muets, à la fin, immense, d’une pure folie.
Non mais regardez-les, ces pantins encravatés, nous assurer que « tout va bien, on contrôle la situation, dormez tranquille, nous allons moraliser le monstre » !
Que c’est drôle ! Et pathétique à la fois. Ça a des airs de presque 38. Avant « la drôle de guerre ». Ça monte au créneau, ça nous demande d’écoper et souquer, de rustiner et colmater jusqu’à plus d’âge, parfois même gratis, mais tiens donc ! comme c’est bizarre, v’là que j’entends comme une p’tite musique qui suinte de ce grand corps malade qu’est l’Occident, et dont le gimmick (ou la boucle) serait :
« Ah les cons ! S’ils savaient ! ».
Faut-il être aveugle au dernier degré, lobotomisé par la télé-crotte, sourd à crier, pour ne pas « savoir ».
Pour ne pas, au minimum, se douter que.
Lula aurait été plus convaincant et inspiré, s’il avait eu le courage et l’honnêteté de finir sa phrase.
Car, oui, elle est incomplète. Il manque l’essentiel. Tant dans toute faillite, il y a repreneur. Dans toute faillite, il y a un vainqueur. Celui qui ramasse la mise, ou ce qu’il (en) reste, les miettes et quelques vestiges, et devient le nouvel empereur (qu’il est déjà) le leader, le number one, celui qu‘impose ses règles et sa loi, une autre dictature. Et fera de l’Occident, un musée pour touristes. Un machin à colorier, à prendre en photo, à découper suivant les pointillés.
Oui, Lula, aurait été un sacré mec aux roubignolles d’acier trempé, d’autant plus qu’il se retire, autant le faire en beauté, sur un coup d’éclat qu’aurait fait son effet et bien du chambard, tout en ajoutant au « merdier » mais peu importe, au point nous en sommes ! Oui, disais-je, il aurait porté beau, Lula, s’il avait dit :
« Le monde court à sa faillite … et la Chine à son triomphe ».
Celle à qui l’on fait cadeaux et courbettes : « Oui madame ! Bien madame ! Tout ce que vous voudrez madame ».
Celle qu’on reçoit tels des laquais.
Mais comme il ne l’a pas dit, Lula-sur-le-départ, continuons à faire comme si, rustinons, colmatons, trimons, nos acquis bradons, après tout, qu’est-ce qu’on s’en fout à présent, l’affaire est entendue, n’est-ce pas ?
Pour les autres, crédules, forcenés ou attardés mentaux, il reste cette fanfaronnade costumée, ce spectacle pour gogos, un machin à prendre en photo : le « G Vain ».
NB1 : Jadis (en 1957) quand le mémorialiste prédisait la même chose, la Chine triomphante, L’Express rétorquait :
« Ce n’est pas pour demain »
Le mémorialiste répondait alors, cinglant :
« Ça peut aller vite ! »
L’autre jour, mardi, un de ses fils, un Goncourt, futur pamphlétaire (car il est là, son seul avenir littéraire possible) las de tout ce tralala, cette comédie, ce naufrage, accordait entretien radiodiffusé.
Lorsque le journaliste goguenardisait sur l’hypothèse d’un Châtelus-le-Marcheix transformé, dans un avenir proche, « en un Disneyland colonisé par les chinois », le Goncourt après un sonore « Et alors ? », ajoutait, de plus en plus las :
- On va plus produire de choses en France, c’est fini !
- Donc .. Donc la France comme un vaste musée .. dédié au tourisme mondial !? Il a dit, le journaliste ; et à son ton, on devine qu'il ne croit pas une seconde (tout comme l’Express de 1957) aux propos tenus par ce nouveau mémorialiste, qui pourtant, y revient :
- Oui, eh ben … pourquoi pas ? (…) Il faut envisager la réalité (…) Je suis pas là pour dire c’qui est bien ou pas bien ! Je suis là pour essayer de montrer c’qui s’passe dans le monde, et c’est ça qui s’passe actuellement en France ! … [Soupir] … Les chinois … nous adorent en tant que destination touristique. Ils sont nombreux, ils sont riches … [Silence] ... Donc euh .. Voilà.
Nous y sommes, ça veut dire, le « Voilà ».
Ou quasiment.
NB2 « La Chine est un géant qui dort ; quand il remuera le petit doigt, il fera trembler le monde » [Napoléon]
18:43 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, seoul, lula, le monde court à sa faillite, la fin du monde occidental, la chute du capitalisme, le triomphe de la chine, moralisation du capitalisme, le g vain, de la consommation, voyage au bout de la haine, michel houellebecq, goncourt 2010 |
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24 septembre 2010
Frédéric Lefebvre Te Dit En Substance Qu’On Ne Saurait Accepter La Pauvreté Et T’Invite A L’Expulser Manu Militari
On dirait comme un poisson dans son aquarium tant il est plein cadre, de la poiscaille cravatée à grosses lunettes qui ferait ses ablutions, ses glouglous.
On ne sait trop d’où qu’il nous cause, cet orectolobiforme à front suant, on mate, on scrute, on se torticolise, le décor, on le détaille, ça nous y fait penser, tout bien pesé, à des toilettes d’établissements, de ceusses qu’organisent des colloques, tables rondes à l’eau d’Evian si ce n’est de Vichy, des chiots pour hommes d’affaires, consultants et tout le bataclan. Bref, en un mot comme en cent, d’emblée ça y donne pas envie, ce fond vert caca, cet éclairage falot, on éprouve comme de la répugnance, du dégoût, d’autant plus que la prose du vertébré, c’est pas du vers aquatique mais de la paramécie verbeuse, de la diarrhée d’aselles, ça schlingue du gammares et copieux.
Pis, tiens, voilà qu’on l’identifie le merlan, mais bon sang, c’est le père Frédo ! La ventouse de son altesse, monseigneur Lefebvre en personne ! … Mais qui donc brouhahate dans son dos ? … Ces empaffés de la commission européenne ? … D’où le ton mezzo, de peur qu’on l’entende déblatérer, je présume ..
… Faut dire que c’est pas joli-joli c’qu’il nous raconte là, notre raie manta. Ça nous invite à pétitionner, à « soutenir » ce qu’il nomme « le démantèlement de tous les camps illicites » … Ah oui, j’suis bien d’accord, ça mégote pas sur les termes, et pas des moins violents, rendez-vous compte : démantèlement ! C’est du choisi, ça, et pas au hasard. Tu comprends, faut que ça marque, que ça enclume les esprits … Mais qui, jusqu’ici, s’est penché sur la signification première de ce mot pour le moins guerrier ? … Ah je sais, oui, je sais, en cette époque d’immédiateté, de buzz et d’émotivité gluante, on s’en fout comme de l’an 40 du sens des mots, c’est un tort, car s’en cogner, c’est sombrer, perdre son identité.
Or donc, démantèlement, mot signifiant à l’origine : « ôter le manteau ».
En quelque sorte, déshabiller l’autrui, vider la truite.
Voilà à quoi il nous convie, Lefebvre : à déloquer le pauvre, le miséreux, le sans-rien, car c’est bien d’eux, n’est-ce pas, dont il cause, le porte-parole ? qui d’autre, dites-moi, vit dans « de véritables bidonvilles » sinon le pauvre ?
Oui, j’avoue, c’est assez cocasse quand on sait que, dans le même temps, à des milliers de kilomètres de là, son maître, Napoléon-le-Petiot, ce grand moralisateur du capitalisme, devant un parterre chic et somnolent, exhortait chefs d’états opulents à ne pas « s’abriter derrière la crise économique pour faire moins » proposant de taxer les transactions financières pour … lutter contre la pauvreté dans le monde.
Ah oui, comme c’est d’une cocassitude à toute épreuve ! D’un côté, généreux, mais loin d’ici, on s’engage à éradiquer la pauvreté, de l’autre, chez nous, la Gaule, on éradique le pauvre, on le démantèle jusqu’au trognon, et c’est Lefebvre, lui-même, qui de son aquarium, ose fustiger le « double-langage » de ceusses qui « donnent des leçons (…) à l’intérieur du pays ou à l’extérieur » !
J’avoue, c’est croustillant de cynisme véritable.
Mais vous savez, c’est pas fait nouveau. Ah non ! Le pauvre, qu’il soit Rom ou pas, c’est pas d’aujourd’hui qu’on le chasse « des centres-villes ». Là encore, « double-langage » ! … L’hiver on pleure sur son sort, on alerte la populace, c’est que dis, ça fait désordre un gueux qui meurt de froid dans nos cités, mais l’été, en loucedé, on pond de l’arrêté pour l’expulser des mêmes cités, faudrait pas que ça fasse tort aux braves commerçants dès fois que ça rebuterait l’estivant cette misère croupissant au pied de leurs échoppes ! … Y’en a même, de gauche, qui y foutent du répulsif pour mieux les chasser ! … Et l’autre, celui de Burdigala, oui, le Juppé, qu’appelle à plus de mesure, l’a oublié qu’au début de ce millénaire l’a signé de sa belle main, sous la pression de la gente commerçante et des riverains (aka : « les braves gens ») un arrêté anti-bivouac. C’est-y pas beau, ça, un arrêté anti-bivouac ! On salue, et comment, la fertile imagination de celui qui logea, naguère, son fils au frais du contribuable parisien ! … Mais faut comprendre, il pouvait pas intituler son arrêté, anti-SDF, ça est pas très Républicain et compatible avec la « France (est) généreuse, la France (qui) a du cœur » dont parle le porte-parole du Mouvement Populaire.
Or donc, le poisson, il te demande de « soutenir le démantèlement de tous les camps » de pauvres. Car la pauvreté, comprends-le « on ne peut (l’)accepter ».
D’autant plus dans un pays riche ..
En fin de compte, la moralisation du capitalisme, comprends-le, consiste avant tout à expulser « de notre territoire » les pauvres, « sans aucune distinction d’origine et de culture » tant le pauvre « viole » de par sa condition pouilleuse « les lois » du capitalisme.
La « France (est) généreuse, la France (qui) a du cœur » donc.
NB : Quant au sens actuel du terme démantèlement, il renvoie à la « démolition de murailles, de fortifications d’une ville » soit d’une « place forte » ou d’une « place de guerre ».
Où l’on apprend, ébaubis, que les Roms ou autres pauvres campant dans des « bidonvilles » constituent une « place de guerre ».
D’ici à c’qu’on les traite de terroristes, y’a pas loin ..
13:09 Écrit par Philippe Sage dans Opinion, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frédéric lefevre, pétition de l'ump, démantèlement des camps illégaux, que veut dire démanteler ?, le sens des mots, moralisation du capitalisme, éradication de la pauvreté, arrêté anti-sdf, la france généreuse, la france qui a du coeur, expulsions de roms |
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31 mars 2010
Mais De Quoi, Ou De Qui, Rient-Ils ?
02:17 Écrit par Philippe Sage dans Le Choc Des Photos | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, barack obama, moralisation du capitalisme, le monde c'est rigolo, et nous ? |
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13 février 2010
Et Si C’Etait La Guerre Qui Nous Pendait Au Nez …
Or donc la Grèce. Faillite. Panique ! Après l’Islande, ô Reykjavik que tout le monde a déjà oublié ! Et demain, qui d’autres ? L’Espagne ? Le Portugal ? Le Luxembourg ? Non, j’déconne, pas le Luxembourg, c’est là qu’elles sont, les thunes.
Ohé du bateau, où qu’elle est l’Europe, la politique, et le monde, FMI et tutti quanti ! Pourquoi diantre, je songe ainsi à Attali ? Le Jacques-qu’a-dit :
“C’est soit l’inflation, soit la guerre !”.
Pourquoi, aujourd’hui, triste, désolé, citoyen perdu, dépassé, je ne vois comme avenir, que la guerre ?
Or donc, ils défilèrent, les fonctionnaires grecs. En nombre et en colère. Quoi ? Alors comme ça, c’est eux, n’est-ce pas, qu’allaient devoir faire des sacrifices ? Eux qu’allaient devoir se serrer la ceinture ? Mais pourquoi nous, demandaient-ils ? Sommes-nous les responsables de cette bérézina, de cette déroute ? Mais bon sang, ce n’est pas à nous de payer ! Vous entendez ? Pas à nous !
Oui, je sais, on le connaît ce refrain. On les a vus, ces mêmes cortèges, ici, en France, et ailleurs. Et toujours la même question :
“Pourquoi nous ? Hein ? Pourquoi ce serait à nous de payer ?”.
L’âge de la retraite, à reculer. Le dimanche, sacrifié. Travailler, travailler .. Eponger, oui ! Ecoper, souquer, marner, turbiner encore, et toujours, et pour quoi ? Pour qui ? Qui osera leur dire que leurs interrogations ne sont pas légitimes ? Qui osera leur dire qu’ils n’ont pas raison ? Jusqu’où ira le cynisme ? Combien de temps encore, eux, nous, et tous les autres, supporteront de payer, de leur sueur, de leur temps, de leur vie, pour les erreurs, les errements, les dérives, dont ils ne sont en rien, ou si peu, responsables ? Il est où, il est quand, le point de rupture ? Celui de non-retour ? Combien de licenciements, de mises au banc de la société, de vies brisées, faudra-t-il encore souffrir au nom du “vivre ensemble”, de la solidarité (nationale), au nom d’un système qui nous broie, nous enchaîne, jamais ne nous considère, jamais ne nous élève ? Est-ce du populisme, ou que sais-je encore, que de l’écrire ? Est-ce simpliste, démagogique, boboïsant ? Ou vulgaire ?
Ce le serait, si je désignais, comme ça, en pâture, quelques traders. Non ?
L’affaire est bien plus complexe, bulles récurrentes, éclatantes, bombes économiques qui balaient, soufflent, quantité de salariés, lentement, infernal jeu de dominos, comme un virus qui se répand, patiemment, et détruit, détruit, détruit .. Quant à ceux qui restent ? … Ah, eh bien ceux-là, on leur demande d’être raisonnables, compréhensifs, d’en mettre un coup, allez quoi, les coudes il faut se serrer, ensemble, et de la crise, plus forts, nous sortirons ! Vous verrez ! Vous en serez “récompensés” ! … Comment … ? … Qu’est-ce que tu dis … ? Tu as parlé de : récompense ?
Suis-je donc un chien ? … C’est ça ? … Ou un enfant, attardé, pour que tu t’adresses à moi en ces termes ?
Je ne travaille pas pour être récompensé, Monsieur, je travaille pour vivre, je fais de mon mieux, je voudrais être heureux, je suis prêt à bien des sacrifices pour cela, ah oui, mais, et quand bien même cela pourrait-il te paraître désuet, ou comme un concept dépassé, je tiens plus que tout à ma dignité !
Travailler ne me fait pas peur, je ne veux pas, simplement, travailler la tête baissée. Je ne veux pas payer des pots que je n’ai jamais cassés ! Pourquoi moi ? Pourquoi nous ? Qu’avons-nous fait ? Ou pas fait ? Avons-nous compté nos heures, y compris les supplémentaires ? Ne nous sommes-nous pas levés, chaque matin, courant à droite, à gauche, ici, ou là, écoles, crèches, et vite un train, un bus, une auto, les bouchons, que de bouchons, pour honorer notre contrat ? Que fallait-il faire de plus ? Bosser les jours fériés ? Etre plus variable d’ajustement que nous le sommes devenus ? Accepter une baisse de salaire ? Mais va donc te faire voir chez les Grecs, Monsieur, et là, oui, pour le coup, je donne dans la vulgarité !
Il est un fait, c’est pas moi qui l’invente, crise ou pas crise, c’est toujours à nous qu’on demande des efforts, du temps, des sacrifices. Mais, cette fois, ô nouveauté, l’on nous assure que ça ne nous coûtera pas un centime ! Promis ! Juré ! … Ah oui ? … Serais-tu donc magicien, Monsieur ? Ou thaumaturge ? Ou juste, un fieffé menteur ?
L’argent, il circule, on le sait, mais il prend le périphérique. Nous, on en voit pas la couleur. Nous, on nous y fait miroiter de l’Euromillion. De la loterie. Attrape-gogos, impôts déguisés, pièges à pauvres de nous. Et rien d’autres.
La vérité, c’est qu’elle ne cesse de s’abattre, petit à petit, sur les petits, la crise. Elle creuse, toujours, et encore, les inégalités. Elle (nous) divise. Tant elle fait peur. Tant on veut pas la choper ! Préserver ce qu’il nous reste. Un travail, une famille, des amis. Recroquevillés, que nous sommes, honteux, affreusement égoïstes. Désolés de l’être.
La crise appauvrit, précarise comme on dit, et c’est là, le danger. Les délaissés, les oubliés, les abandonnés, de plus en plus nombreux, bientôt (déjà ?) majoritaires, on le sait bien (et je ne parle même pas des émeutiers de la faim, des futurs réfugiés climatiques, etc.) perdu pour perdu, finissent un jour, c’est certain, par se tourner vers qui leur promet une revanche, et peu leur importent alors sa couleur, brune, rouge, orange ou religieuse. Le malheur est fédérateur, aveugle et sourd. Mais à qui la faute ? Hein ? Qui en portera la responsabilité ?
Oui, ça pue la guerre. Civile, sociale, mondiale. Elle est de plus en plus inévitable. Cette façon, nauséabonde, de désigner des boucs-émissaires, et non les coupables de notre malheur, est un signe avant-coureur.
Cette impuissance européenne. Cette inquiétude américaine. Cette paranoïa mondiale. Ce tout-sécuritaire. Tout est là. Tout est réuni. Tout est prêt. Et la Chine triomphante. En surface.
Le monde s’écroule, je veux dire : le capitaliste sauvage, le libéral effréné, l’immoralisable, car il est bien tard, trop tard, de vouloir, ou de faire mine de vouloir, le moraliser. Les dégâts sont innombrables. Pas réparables. Pourtant, c’est vers nous qu’on se tourne, une fois de plus, et allez ! Courage ! Mettez-y un coup ! Un coup de plus ! Récompense ! Récompense ! Nib, oui ! C’est foutu ! La maison brûle ! Islande, Grèce, Espagne, Portugal. Et l’Afrique ! Et tant d’autres ! Haïti ! Ils sont trop nombreux ! Trop ! Ça déborde. La misère. Le fossé. C’est pas à nous de payer. Non ! Vous vous trompez ! Une fois encore. Une fois de trop. Ça me fait mal, de l’écrire, de le dire. J’en ai froid dans le dos. Mais je ne vois pas d’autre issue que celle-ci, non, je ne vois pas comment elle pourrait être évitée, et qui voudrait ou pourrait l’éviter.
Non, je ne vois rien d’autre que la guerre. Oui, elle nous pend au nez. Comme jamais.
19:17 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation, Crise Financière, La Tristesse | Lien permanent | Commentaires (112) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise economique mondiale, précarité, pauvreté, observatoire des inégalités, c'est pas à nous de payer, boucs-émissaires de la crise, l'inflation ou la guerre, ça pue la guerre, moralisation du capitalisme |
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06 août 2009
Angela, Nicolas, Obama Et Cetera
On n’est pas bien là ? Tranquilles. Pendant qu’à cap Nègre, il barbote et brunit, notre vagal souverain. Pas un mot, pas le moindre communiqué de sa part depuis une semaine ; mine de rien, ça nous y fait des vacances. Merci M. le Président, enfin, de votre silence !
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Nonobstant, je profite de cette hyper-absence élyséenne pour faire comme un point sur la saison, ce championnat politique où nous fûmes, nous les “moyens”, lobés, taclés, quand ce n’est pas relégués sur le banc ou mis sur la touche.
Ce championnat où le PS joua, à la perfection, le hors-jeu.
Et y’a comme un drôle de goût qui me vient. C’est peut-être, je ne sais, la lassitude [1]. Celle surprenant l’opposant permanent. Quel rôle ingrat, finalement, éreintant, que celui qui trouve toujours à redire ! Parce que, au fond, j’aimerais être content, moi, avoir le sourire. J’aimerais être fier de mon pays. De son président. A qui, je reconnais, cependant, une certaine habileté. Mais de celle qui me hérisse. Me déplait.
Par exemple, cette propension, plus maligne qu’habile, à nous culpabiliser (tant oui, c’est culpabilisant, à la longue, de s’entendre dire que nous sommes contre - le bien de - notre pays ; c’est que, nous finirions par le croire si, égarés par le doute, nous baissions la garde). C’est intéressant. Et épouvantable à la fois.
Je m’explique.
Nicolas Sarkozy souhaite(rait), pour le bien de la démocratie dit-il, que notre pays ait une opposition digne de ce nom. Or, quand elle se manifeste, dans la rue, les journaux, sur Internet [2] elle est - pour lui - avant tout une manifestation de l’immobilisme ET de la “pensée unique” [3].
Les deux étant, à ses yeux, liés.
Mais pourquoi en serions-nous les hérauts ?
Parce que nous sommes – toujours à ses yeux - contre la réforme. Ce qui est faux ! Nous ne sommes pas contre la réforme, mais contre les siennes, parce qu’elles nous apparaissent trop fortes pour les faibles et trop faibles pour les forts.
En fait, la ligne sarkozyste est la suivante : j’agis, je réforme. Donc [sophisme à suivre ..] ceux qui s’opposent sont pour l’inaction, l’immobilisme [4]. C’est simple, pour ne pas dire simpliste ; c’est surtout intellectuellement malhonnête et scandaleux ! Pourtant, dans l’opinion, ça passe, et (malgré Besancenot) comme une lettre à la poste.
La crise qui aurait pu infléchir cette ligne, au contraire, l’a renforcée. Et de la pire des façons. A savoir que désormais, s’opposer à la politique du gouvernement, c’est être irresponsable. Jouer contre son camp. Il conviendrait, parce que c’est la crise [5] d’oublier nos différends (et nos convictions) d’être unis. Ben voyons !
Or donc, je faisais le point, travaillé depuis des mois par cette histoire de “pensée unique”. C’est quoi, bon sang, la “pensée unique” ? Qui la tient, la répand, et dans quel but ? Est-elle, cette “pensée unique” synonyme d’immobilisme ? Sommes-nous, réellement, nous, les opposants, les promoteurs de cette “pensée” ?
J’avais, je l’avoue, une idée derrière la tête.
La voici.
Elle se lit, limpide.
Nicolas Sarkozy au Zénith de Toulon [6] le 25 septembre 2008 : “Nous pouvons sortir, mes chers compatriotes, plus forts de cette crise.”
Barack Obama, le 24 février 2009 : “L’Amérique sortira plus forte de la crise !”
Stephen Harper, Premier ministre du Canada, le 10 mars 2009 promet que le Canada sortira “au plus vite de la crise (…) et plus fort que jamais !”
Yannis Papathanassiou, ministre de l’Économie et des Finances de la Grèce, le 25 mars 2009 : ”Nous sommes certains que le pays sortira renforcé et plus optimiste de la crise …”
Giulio Tremonti, ministre de l’Économie de l’Italie, le 4 juin 2009 : “L’Italie sortira plus forte de l’actuelle crise financière que beaucoup d’autres pays européens.”
Angela Merkel, chancelière de l’Allemagne, le 14 juillet 2009 : “Nous voulons sortir de cette crise plus forts que nous y sommes entrés.”
Je pourrais en citer bien d’autres. La liste est si longue, celle des gouvernants assurant à leurs “chers compatriotes” que leur pays sortira “plus fort” de cette crise.
Pas que des responsables politiques, d’ailleurs.
La presse, également.
Mais aussi, des chefs d’entreprise (celui de Toyota, de la SNCF, etc.).
Mais encore des experts, des économistes, des philosophes, des présidents d’organisations ou d'associations …
Oui, la liste est très longue. Mais les mots, eux, sont toujours les mêmes. Certes, il y a quelques variations ; ainsi alors que la France “peut” et que l’Allemagne “veut”, l’Amérique, elle, "sortira plus forte de la crise", comme si c’était une certitude, comme si elle pensait être, encore, le moteur de ce Monde.
Le Canada, vantard, sortira "plus vite" de cette crise que les autres.
L’Italie, plus vantarde encore, fanfaronne qu’elle en sortira "plus forte" que ses voisins européens.
Mais peu importe cette guéguerre-de-c’est-moi-qui-sortirai-de-la-crise-plus-fort-et-plus-vite-que-toi-euh ! Ce qu’il faut retenir, c’est le message, invariable : “Nous” allons sortir renforcés de cette crise, plus forts que nous y sommes entrés. (Au passage, il est intéressant de noter que personne, ou presque, n’ose prétendre le contraire .. Pourtant, c’est une hypothèse tout à fait envisageable. Non ?)
Eh bien moi je dis que, quand autant de responsables, aussi divers, tiennent, et depuis des mois et des mois, le même discours aux quatre coins de la planète, nous y sommes en plein dedans, dans la “pensée unique”. Elle est là, la “pensée unique”. Et pas ailleurs !
Et ce sont les mêmes qui nous accuseraient de ce mal ?
Reste que, c’est bien joli tout ceci, rabâcher que “nous sortirons plus forts de cette crise” (si tant est que nous en sortions …) mais .. QUI ?
Qui est ce “nous” ?
Non.
Ne rêve pas.
C’est pas toi. Ni moi. Ni elle.
C’est pas nous, quoi.
C’est eux. Leur système. Qu’ils ne veulent absolument pas moraliser. Ils veulent juste le sauver. C’est tout ! Ne rien changer. Faire mine de, pour la forme, la photo, à grands coups de déclarations de principe sans lendemain, mais pas plus.
Et c’est logique, vu que, c’est Sarkozy qui “nous” (et là, “nous” c’est vraiment nous … ) le dit : les hérauts de la “pensée unique” sont les mêmes qui prônent l’immobilisme ! Or comme, c’est eux (Angela, Nicolas, Obama et cetera) les cerveaux de la "pensée unique" …
CQFD et merci Nicolas ! (Prends une photo, car c’est la première et dernière fois que je remercie ce type ..)
Barbote et brunis bien.
En espérant que tu sortiras “plus fort” de tes vacances que tu n’y es entré. Tant il va falloir être fort, sais-tu, à la rentrée, pour contenir notre colère.
Elle est grande.
Elle est forte.
Elle est, comme tu l’aimes : unique.
[1] Je dois avouer que je suis à la fois éberlué et attendri par Juan de Sarkofrance. Chaque jour, il nous sort un billet ventilant sa majesté. Plus d'un, en vérité. Comment fait-il pour ne pas être gagné par la lassitude ? Est-ce une vie que d’être contre TOUS les jours ? Et je me disais, putain, s’il repasse en 2012, Sarko, Juan, il en reprendra pour 5 ans.
Comme notre Président, la “charge” de Sarkofrance est “proprement inhumaine”.
[2] Vu sa représentation dans les Assemblées, les régions, les mairies, le PS devrait être l’opposant n°1. Or, il est mort. Oh si ! Regarde donc la tête de Martine ! C’est pas vraiment une tête de vivante, non ?
Donc, disais-je, le PS étant mort (tout en restant grotesque) c’est dans la rue, les journaux, sur Internet, que se situe l’opposition.
[3] Le 5 février dernier, dans cette indigente plaisanterie intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy parlait même du “catéchisme de la pensée unique”.
Quel culot !
Lui qui voudrait qu’à ses réformes, nous communions ..
[4] Toujours dans cette même parodie d’émission du 5 février 2009, le chef de l’Etat disait : “Le monde change Monsieur Pujadas (ne me demande pas pourquoi c’est Pujadas qui prend, je sais pas .. Il doit avoir la tête d’un type qui change pas … Qu’est pas de ce monde .. Il est vrai aussi que Sarkozy, il a tendance à penser que le Service Public et le monde-qui-bouge, ça fait deux … Pujadas représentait alors, ce soir-là, l’immobilisme ..) le monde change à une vitesse stupéfiante (on dirait du Contador dans le texte .. En même temps, Sarkozy, l’aime bien le cyclisme ..) et mon devoir, c’est de conduire le pays pour qu’il s’adapte à la compétition mondiale, qu’on ait le plein emploi (puis-je dire que nous n’en prenons pas le chemin ?) que les gens (je ne supporte pas qu’on nous appelle : "les gens" ..) puissent dire que leurs enfants ont les meilleures universités, les meilleurs lycées, la meilleure éducation (il vient de dire trois fois la même chose, mais c’est pas grave ..) Je ne vais pas y répondre par l’immobilisme mais par la réforme ..”
C’est pas scandaleux, ça ?
Il est tout de même sous-entendu que les opposants à Sarkozy ne sont pas pour le "plein-emploi" et une "meilleure éducation" ! C’est en cela que le discours de Nicolas Sarkozy est épouvantable.
[5] Quand on parle de “crise” ne pas se méprendre. Si les banques la rencontrent, c’est branle-bas de combat. On met tout en œuvre, notre pognon durement gagné en l’occurrence, pour les sauver. Avec comme argument de saligaud : si on ne les sauve pas, vous perdez vos économies, braves gens.
Mais quand les braves gens sont à leur tour touchés par la “crise”, là, c’est plus la même. On leur demande d’être raisonnables. De se calmer. On leur fait même la morale. [“Mais qu’est-ce que c'est que cette histoire d’aller séquestrer des gens ?”] … Faible avec les forts, mais fort avec les faibles, te disais-je ..
[6] Eh oui, Nicolas a de l’humour. Il choisit un Zénith pour nous informer que le pays va sombrer ..
18:14 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nous sortirons plus forts de la crise, notre pays sortira renforcé de la crise, pensée unique, bonus, traders, système capitaliste, moralisation du capitalisme, sarkofrance |
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02 août 2009
La Vie Revolving
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Ils roulaient pas sur l’or, mes parents. C’était des fonctionnaires moyens avec un salaire moyen. Des locataires. Oh bien sûr, ils caressaient le rêve d’être, un jour, propriétaires. Seulement voilà, s’endetter sur 20 ans, comme ils disaient, il n’en était pas question. Plus tard, peut-être, quand ma sœur et moi serions partis. Quand ce serait à notre tour, de nous la faire, la vie.
Ils roulaient pas sur l’or, mais nous ne manquions de rien. Nous mangions largement à notre faim. Même qu’il fallait rien laisser.
L’été, on gagnait la mer. Rarement, la montagne. Pour un mois. Ferme. Et sous le sapin, celui de Noël, ils y étaient, les cadeaux. Pas toujours ceux que nous avions commandés. Mais ils y étaient.
C’était pas la grande vie, on espérait un tiercé dans l’ordre pour s’offrir du superflu, du pas ordinaire. Mais il n’est jamais venu. Ou alors dans le désordre. Ce jour-là, il a sorti les verres de compétition, mon père, ceux qui brillent et tout. J’eus droit de le goûter, du bout des lèvres, et pour la première fois, le vin de Bordeaux. Un grand cru. Ça m’a tourné la tête, un peu. Une torgnole, et c’était réglé. A nouveau, je filais droit.
Ils faisaient attention à tout, mes parents, question pognon, ils géraient au cordeau. Avec ce qu’ils palpaient, ils se démerdaient comme des chefs. Même l’essence, ils la brûlaient pas. Du coup, en bonnes gens de droite, ils en mettaient à gauche, au cas où. Un imprévu. Un coup dur. Comme la voiture. C’est que c’est pas éternelle, une Renault. Même si tu la bichonnes. Tu peux la faire reluire, l’astiquer tant que tu veux, vient le jour où elle te lâche, l’ingrate. La Renault 8 bleue, par exemple. Elle voulait plus rien entendre, la carne. Ou si peu.
Me souviens, c’était une après-midi de printemps. L’année de “La Belle Histoire” de Michel Fugain et de “Pour La Fin Du Monde” de Gérard Palaprat.
C’était 1972.
Nous étions tous les trois, ma mère, ma sœur et moi, perchés sur le balcon, celui qui donnait sur les garages, l’arrière du bâtiment.
Elle nous avait dits, ma mère, qu’une surprise allait arriver. Mais quoi ? Elle voulait rien lâcher. Elle répétait vous verrez bien. Alors on trépignaient. Sûr qu’une baffe a dû partir, histoire de nous calmer. Une seule. Ma sœur, elle était dispensée.
Et puis, enfin, elle s’est ramenée, la surprise. Elle était blanche. Brillante. Avec mon père, dedans. Fier comme Artaban.
C’était la nouvelle Renault, une 12 TL.
Alors on est tous descendus, excités comme des puces. On a dévalé les quatre étages, comme jamais. Avec des cris de joie. Planqués dans nos intérieurs.
On l’a vu de près, le trophée. Les yeux écarquillés.
Nous nous sommes mis à tourner autour comme des vainqueurs, des indiens qu’auraient mâté une diligence. Mon père, il disait de faire attention, que si l’un d’entre nous rayait la carrosserie, il allait la sentir passer, l’avoinée. Que c’était une voiture, bon sang, pas un jouet ! Et qu’il avait fallu trimer des mois entiers, jongler avec le blé, pour se l’offrir.
Et pas à crédit.
Des fonctionnaires moyens avec un salaire moyen, et pourtant, la bagnole, ils l’avaient payée comptant !
Aujourd’hui, c’est plus possible. Pour une caisse, même petiote, du genre discrète, sans options, tu te fades un crédit. 48 mois minimum.
Même pour un écran plat, tu mendies. T’appelles M’sieur Cetelem ou M’dame Cofidis.
Parfois, c’est juste pour te casser en vacances. Aller voir la mer. Respirer, un peu. Et même pas pour un mois. Deux petites semaines. Et encore !
Il est là, le malaise.
Le problème.
Nous sommes passés, consentants, sans même nous en apercevoir, d’une société où par nos salaires moyens nous pouvions, comptant, changer raisonnablement de voiture à une société où nous ne pouvons quasiment plus rien nous offrir de conséquent sans passer par la case crédit.
Aujourd’hui, l’argent que nous gagnons, chèrement, durement, ne sert qu’à nous endetter.
Alors bien sûr, les “besoins” ne sont plus les mêmes. Les priorités, non plus. C’est vrai.
Et alors ?
La vérité, c’est que, au fil des années, sous prétexte de chômage (“Y’en a des dizaines qui attendent dehors, qui seraient bien contents de l’avoir votre boulot, alors, doucement les basses .." – Refrain connu et bien pénible) de concurrence, de compétition, nous nous sommes faits rouler, pour ne pas dire piller.
Nous sommes (très) peu dans ce pays, aujourd’hui, à être payé convenablement. Au juste prix. A la hauteur.
Le salaire qu’on nous octroie, et faut voir, parfois, avec quelle mauvaise grâce, ça nous permet quoi ? Sinon, de subvenir à peine à notre malheur. Car c’est bien un malheur, en tous les cas ça y ressemble, que de taffer pour, au final, baver comme des cons devant les vitrines. Baver à telle enseigne, que ça te fait mal. Que c’est pas normal. Que merde, tu l’as bien mérité, non, cet écran ?
Alors tant pis, tu entres, on te sourit, on te dit oui, qu’il n’y a aucun problème, même que tu pourras commencer à payer QUE le mois prochain ; tu vois, tout va bien ! Sauf que non. Tout va mal. La vérité, c’est que l’argent que tu gagnes, il ne suffit pas. La vérité, c’est que les salaires n’ont pas suivi. Ils sont à la traîne. Depuis longtemps. A ce point, que florissent désormais des organismes de crédit qui te proposent de .. racheter les crédits que tu ne peux plus honorer. Le crédit sans fin. Jusqu’à ta mort. Va savoir, ils seraient même capables de te sortir de la tombe pour se rembourser, ces charognards !
On nous a volés, floués. Et voilà qu’en plus on se fout de nous en évoquant une valeur travail qui se serait barrée en sucette. Ah oui ? … Mais quelle valeur peut avoir le travail, quel est l’intérêt à travailler, si c’est pour être payé bien en deçà des réalités de l’économie dite "réelle" ?
Alors moi je veux bien en entendre, comme par exemple, qu’il n’y aurait pas d’autre système possible, que de le prétendre, c’est mentir, donner de l’espoir là où y’en a pas. Se moquer du monde. Des pauvres gens. Qu’il suffit de moraliser tout ce merdier, et tu vas voir, ça va repartir. Mais ça va repartir pour qui ?
Pour les banquiers et les organismes de crédit ?
Non merci !
Évidemment qu’un autre système est possible. Un autre choix de société. Une autre vie. Une vie au comptant. Et sans pour autant, rouler sur l’or.
Demain, celui ou celle qui nous la proposera, cette vie-là, un Parti, une vraie Gauche, alors là oui, nous lui accorderons, contents, notre crédit.
[Le débat est aussi sur Agoravox]
21:45 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Opinion, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : credit revolving, moralisation du capitalisme, endettement des ménages, revalorisation du travail, stagnation des salaires, un autre système que le capitalisme existe |
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01 avril 2009
G Vain
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Or donc, hardis les amis, c’est demain, jeudi 2 avril, que s’ouvre le .... (tous en chœur et bien fort) : G20 !
Le G20 dont le but est de ..
Eh bien ?
Le G20 dont le but est de ..
Comment ça tu ne sais pas !
M’enfin, c’est expliqué en long, en large et en travers (en travers, surtout) dans tous nos journaux qui - est-il bien utile de le rerererappeler - sont complètement libres et indépendants.
[Silence poli]
Ne me dis pas que tu ne lis pas la presse de c'pays !
Oh !
Mais c’est arrivé quand ?
Ah, quand même ..
Bon, quoi qu’il en soit, mon ami, le G20 a un but, il est noble, il est beau, il consiste à moraliser le capitalisme …
Mais pourquoi tu ris comme ça ?
Je te demande de t’arrêter !
Tu crois que c’est en se moquant qu’on va aider ces braves gens à moraliser le merdier ?
Tu crois que c’est une attitude responsable de pouffer à qui mieux-mieux !
Attendons de voir avant de se gausser !
Si ça se trouve, ils vont nous pondre un petit décret mondial de derrière les fagots qui va faire super peur aux traders, aux tauliers des paradis fiscaux, va faire en sorte que les patrons du CAC vont un peu moins la ramener.
[Silence religieux]
Ben pourquoi pas ?
Si ensemble tout est possible, alors imagine à 20 !
Et puis, j’te ferais dire que Nicolas Sarkozy, avec l'immense modestie qui l’habite, il a déclaré que si ce G20 n’aboutissait pas à …
[Attends, j’ai un trou, là …]
Pouf-pouf, je recommence ..
Oui, je disais que Nicolas Sarkozy il a menacé de quitter le G20 si y’en avait certains que ça les démangeaient de n’pas moraliser le capitalisme, ce même capitalisme qui te prête un yacht pour aller faire le kéké à Malte, t’ouvre gracieusement le Fouquet’s pour fêter un évènement à grands coups de Cristal Roederer ou t’évite de te faire passablement chier au Fort de Brégançon en t’invitant gracieusement (et aux frais de la princesse, mais pas de Clèves ..) dans de somptueuses résidences américaines et/ou mexicaines.
[Silence de mort]
Tu vois que c’est bien barré cette histoire de G20. Qu’on nous prend pas du tout pour des cons de compétition.
En attendant, ça débute ce soir, à Londres, par un gargantuesque dîner.
Un gargantuesque dîner, oui.
Et l’adjectif est faible.
De sorte que, là oui, on peut rigoler (mais doucement) en se demandant si ce foutage de gueule .. Ce G20, ce ne serait pas plutôt le "G Faim".
Et à nos frais, il va de soi.
C’est-à-dire aux frais de ceusses qui commencent à avoir sérieusement les crocs !
Bonus sonore :

Toulouse Fm, La Matinale – Mercredi 1er Avril 2009, 7h36.
19:49 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : g20, moralisation du capitalisme, sarkozy menace de quitter le g20, yacht, fouquet's, wolfeboro, roberto hernandez ramirez, gros foutage de gueule |
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02 février 2009
De L’Irresponsabilité Selon Nicolas Ou Selon Barack
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Barack a beau être, dixit Nicolas, un “copain”, ils n’ont cependant pas la même définition du mot : irresponsable.
Et pis d’abord, ça veut dire quoi : irresponsable ?
Prenons un Robert de base, rendons-nous à la page 625 et lisons :
Irresponsable : 1 Qui devant la loi n’est pas responsable, n’a pas à répondre de ses actes. Les aliénés sont irresponsables. 2 Qui se conduit sans assumer de responsabilités, sans envisager les conséquences …
Bien.
Voyons maintenant qui est “irresponsable” selon Nicolas et selon Barack.
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barack obama, nicolas sarkozy, irresponsabilité, sud, syndicats, crise financière, moralisation du capitalisme |
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