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07 mars 2010

Sarkozy N’A Pas De Projet Pour La France

La France d'Après.jpgOui, d’accord, on nous l’a assez dit, c’est la crise, la pire que la France, que dis-je ? Le monde ait connue depuis un siècle. Une crise qui ne nous coûtera pas un seul centime d’euro. Une crise dont nous sortirons plus forts que nous y sommes entrés. Quand j’entends cela, ces phrases toutes faites, slogans, toujours des slogans, de l’incantatoire, je dis : quoi ? Je dis : Coué ! Je dis que Nicolas Sarkozy n’a pas de projet pour la France et ajoute qu’il n’en a jamais eu. Vraiment.

L’a-t-il dit un jour, François Mitterrand, toujours est-il que dans “Le Promeneur du Champ de Mars” Guédiguian lui fait, par Michel Bouquet, dire :

Après moi, il n’y aura que des comptables !

Eh bien voilà, nous y sommes. Totalement écrasés - pour ne pas dire : dépassés - par un système (économique) désormais unique (et dont on nous dit que, même “malade”, c’est le seul viable, qu’il n’y en a pas d’autres possibles .. Ah bon ? ..) les dirigeants de cette planète en sont réduits à colmater, rafistoler, rééquilibrer, ajuster, et Nicolas Sarkozy n’échappe pas à cette triste logique comptable.
Il ne peut y avoir de projet pour la France étant donné qu’elle est engloutie, que ce n’est plus une nation, mais un machin, un pantin soumis, (inter)dépendant, brinquebalé au gré, mauvais, des marchés rois, triomphants quoi qu’il advienne, exclusivement financiers. et dont le seul but est le profit, mais pas que : l’égoïsme ! et celui-ci est à son apogée, si tant est que dans ce domaine il y en ait un. Oui, Schopenhauer avait raison, c’est l’égoïsme qui régit le monde, mais à ce point rendu, c’en est terrifiant ! Je ne vois guère plus qu’un cataclysme effrayant pour que cela cesse, je le redis et le maintiens, le point de rupture n’est plus très loin. D’autant plus qu’il n’y aura pas de moralisation, elle est impossible, de fait. Même en greffon. C’qu’il faut être naïf – et le terme est bien faible – pour croire à une moralisation d’un tel monstre. La morale n’est pas son affaire, il s’en tape le coquillard, aveugle, sourd, et sournois. Il brasse et il broie. Voilà tout.

Et Nicolas Sarkozy, dans tout ce tralala ?

Eh bien, il gesticule ! Oui ! Oui ! Il gesticule ! Et ce n’est point de l’anti-sarkozysme primaire, pas plus secondaire, que de l’affirmer, bon sang ! Il a beau dire, Nicolas Sarkozy, qu’il agit, qu’il est à l’œuvre, qu’il n’est pas comme ses prédécesseurs, rois fainéants, qu’il est volontaire, qu’à la fatalité il porte(ra) le fer, c’est du barbouillage, du coloriage, et rien d’autre. Enfin quoi, que nous propose-t-il cet homme-là ? Quelle France porte-t-il ? Est-ce une France novatrice, imaginative, créative ; une France nouvelle ?
Oh bien sûr, dans ses discours (de campagne présidentielle) plumés par Henri Guaino, ç’avait de la gueule, un peu ; même tiens ! ça pouvait donner envie (d’avoir envie). Mais quand on fait l’effort de s’y pencher, d’y retourner, que lit-on ?
Des “Je veux …”.
Comme :
Je veux une politique qui rende possible ce qui est nécessaire” (mais qu’est-ce que le “nécessaire” ? Qui le définit ?).
Ou encore : “Je veux construire une école qui donne envie d’apprendre”. Nonobstant le fait qu’il est difficile d’être contre cette idée, une école qui donnerait envie d’apprendre, c’est creux. Et cette école s’éloigne quand on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux. Quand on la soumet, elle aussi, à une logique comptable. A la politique du “Chiffre”. Au profit de qui ? De quoi ?

Non, Nicolas Sarkozy n’a pas de projet pour notre pays, il n’en a jamais eu, sinon celui de s’inscrire coûte que coûte et vaille que vaille dans un modèle économique dévastateur, fut-ce jusqu’au cou, sans même s’assurer qu’il était par quelques digues solidement contenu. Et quand elles ont rompu, une fois de plus, une fois de trop, alors il s’est mué en pompier, en plombier, et que sais-je encore, proposant de changer par ici, un joint, par là, un tuyau, mais jamais le robinet.
A pognon.
Rappelant, comme de bien entendu, que seuls le “travail”, l’”effort”, le “mérite”, pourront nous sortir de ce pétrin, sauf que, le “travail”, l’”effort”, le “mérite”, ne suffisent plus dans ce monde-là. Ça se saurait, crois-moi ! On a assez payé pour s’en rendre compte, l’ami. Et au prix fort !
Dans ce “système”, en réalité, le salarié de base ne sera jamais gagnant. Il est condamné à écoper, souquer, marner, voilà le projet ! Eh bien, si c’est celui-ci, je dis qu’il n’y en a pas. Qu’il n’y en a jamais eu. Crise ou pas crise. Et puis, tiens ! puisqu’on en parle, allez-y, revenez quelques années, qu’elles soient dix, vingt ou quarante en arrière, vous constaterez que la crise est permanente. Nous sommes en crise depuis longtemps. Et tout ce qu’on nous propose, c’est d’éponger. Et si d’aventure, on se rebelle, on fait savoir que, nous voici traités de tous les noms : v’là même qu’on serait antipatriotiques. Ou violents ! Déraisonnables. Quant à ceux qui se suicident, c’est rien, c’est une mode, ça va passer, comme toutes les modes. C’est de l’ordre du cyclique. Et pour le reste, on légifère ! Comme si tout se réglait par la Loi. Un fait divers ? Allez hop, une loi ! Jamais vu ça ! Est-ce donc ainsi qu’on gouverne un pays ? Qu’on lui donne envie d’avoir envie ? Est-ce cela le projet : La loi ? N’y a-t-il rien d’autre ?

En vérité, nous n’avons pas porté à la tête du pays, un président. Ni même un père de la Nation. Mais un gestionnaire. Un comptable - Et je dirais même : un piètre chef d’entreprise. Tant il est dépassé, largué, noyé.
Mais aussi, et c’est important, un chef de guerre, je veux dire : un stratège politique. De ceusses qu’ont une revanche à prendre. Un homme qui voulait “tous les niquer !”. De droite comme de gauche. De droite, pour les humiliations qu’il a subies. Les mises à l’écart. Les quolibets, aussi. Et c’est pourquoi, l’ouverture ! Oh bien sûr, elle fait mal à gauche, mais elle emmerde, et pas qu’un peu, à droite. C’est qu’ils sont nombreux à lorgner sur tel maroquin ou telle mission. Et quand ils voient qu’il ou elle reviennent à des Kouchner, des Hirsch, des Amara, des Rocard, des Lang ou des Attali, c’est plus le dépit qui les ronge, c’est la haine. Mais c’est fait exprès. C’est pour mieux les contenir ; à distance, les laisser. De toutes les façons, se dit Sarkozy, ils n’ont pas le choix : à part moi, il n’y a personne ! Et il a raison. Pour le moment ..
Quant à la gauche, il la méprise ou s’en amuse. L’ouverture n’étant en rien une preuve de son “non-sectarisme” (foutaises !). C’est juste du “folklore” politique. De l’habileté. De l’opportunisme.
Ah si, il est important de le préciser, croyez-moi, ça éclaire un peu plus l’homme. Les comptes (toujours et encore des comptes ..) qu’il a à régler, c’est essentiel ! Il n’en aura jamais terminé, c’est sans fin ! Et c’est important, parce que nous, on s’en fout ! Sa revanche ne nous concerne pas. Son flair politique, indéniable, ses qualités de stratège, ce jeu d’échec et mat, ce n’est pas cela qui va changer nos vies. Nous sortir de l’ornière. Or, c’est ce qui prime, malheureusement, chez Sarkozy. Et c’est d’ailleurs la seule chose que nous retiendrons de son quinquennat (et sans doute du suivant) : Sarkozy et … rien d’autre !
Un homme. Mais pas de projet. Sinon de croire que l’on peut s’en sortir par le “travail”, l’”effort” et le “mérite”.
De deux choses l’une, à ce propos : ou il le croit vraiment, et au vu du monde qui nous entoure, je veux dire, de la façon dont il se danse, économiquement impitoyable, il n’a rien compris au “film”.
Ou alors, il n’y croit pas, il n’y a jamais cru, parce qu’il sait que c’est insuffisant, et dans ce cas, il nous aura mentis. Mais peu importe ! il n’aura pas été le premier. On a comme l’habitude. De se faire enfler. Quant à savoir si nous en tirerons les leçons, soit la prochaine fois, ne pas élire un homme (qui aurait une revanche à prendre) mais un projet pour la France, une alternative réelle, faudrait-il encore qu’il et elle existent. Or, je crains fort que non. Tant ils sont tous, peu ou prou, verts compris, aliénés à cette logique économique, unique, mondiale. Avec certes quelques différences, mais bien maigres.
Or donc, je ne vois guère pour en sortir qu’un cataclysme ; la Grèce – ou autre sinistré - en est peut-être l’embryon. Le projet.

25 juin 2009

Mieux Payés, Qu’il Disait

450 000 - 225 000 = + 0,5%

Oh la la, mais pourquoi donc ce Nicolas Sarkozy ne change-t-il pas de cap et s’entête-t-il à vouloir “supprimer” un fonctionnaire sur deux ? [1]

Parce que, d’après Lui, comme ils sont beaucoup, ces fonctionnaires, ils sont “mal payés”, “mal considérés”, “mal respectés”.

C’est écrit en toutes lettres dans l’Abécédaire de ses propositions.

Nous pourrions contester cette logique proche du sophisme [2] qui consiste à décréter sans autre forme de procès que le nombre serait la (seule) cause réelle et sérieuse des maux de la fonction publique.
Nous ne le ferons pas.
Par charité laïque, nous laisserons les socialistes s’en dépatouiller, et, sait-on jamais ! s’ils démontent avec brio (plutôt qu’avec Martine Aubry …) cette logique sophistique ça pourrait les remettre en selle, voire dans la course électorale ! [Ben dites-moi “merci !” les morts ! Je vous file un boulevard, là ! .. Celui qui vous conduira à être, demain, par les électeurs, mieux considérés, mieux respectés ; bref, ça peut payer ..]

Or donc, le non remplacement de 225 000 salariés de la fonction publique (partis ou battus en retraite) d’ici à 2012 permettra, selon Nicolas Sarkozy et ses mathématiques modernes de niveau CM1, d’avoir dans notre pays, des fonctionnaires “mieux payés”, “mieux formés”, “mieux considérés”, “mieux respectés”.

Ce refrain-là, il le tient depuis 2005 [3].
Et nous le chante encore aujourd’hui.

Et alors ?

Eh bien alors, ce jeudi 25 juin 2009, le ministre du Budget, Eric Woerth, a annoncé que les survivants .. les fonctionnaires bénéficieraient en 2010 d’une hausse de salaire de .. 0,5% ! [4]

[ … Sifflement admiratif et en trémolo … ]

0,5%, mais c’est E – NOOoo - ooOOR – ME !

Cela dit, et sans prétendre être plus bolchévique que la moyenne nationale, je ne suis pas certain que cette gratification inconsidérée aidât le fonctionnaire lambda à se sentir “mieux respecté”, non par ses concitoyens, mais par ceusses qui le dirigent.


[1] En mars 2007, Sarkozy affirmait que d’ici à 2012, 450 000 fonctionnaires partiraient à la retraite. Le fait de n’en remplacer qu’un sur deux permettrait, selon Lui, à l’Etat de mieux les rémunérer, mais aussi de faire des économies, donc de réduire son endettement. Abyssal, aujourd’hui …

[2] Le 5 février dernier, dans la rocambolesque émission intitulée “Face à La Crise”, Nicolas Sarkozy déclarait ceci : “Je regardais les chiffres sur l’Education Nationale. Depuis 1990, y’a 400 000 élèves en moins dans nos écoles, dans nos collèges et nos lycées. 400 000 en moins … Et nous avons embauché 500 000 enseignants de plus. C’EST DONC BIEN que ce n’est pas en embauchant toujours plus de fonctionnaires qu’on résout les problèmes.”
Voilà l’exemple typique de la pensée Sarkozienne. Elle relève exclusivement du sophisme (“Plus il y a d'emmental, plus il y a de trous. Plus il y a de trous, moins il y a d'emmental. Donc plus il y a d'emmental, moins il y a d'emmental.”) sophisme marqué par le “C’est donc bien que ..” … Ben non ! .. Il y a peut-être d’autres explications. Comme par exemple, une mauvaise répartition des postes ; trop d’enseignants ici, et pas assez là-bas. J’dis ça, j’dis rien …

[3]  «Je propose un nouveau pacte de confiance aux fonctionnaires. […] Je propose moins de fonctionnaires, mais des fonctionnaires mieux payés, mieux formés, mieux considérés, mieux respectés. » [Lille, le 28 janvier 2005]

[4] Et 0,8% cette année. En deux fois. 0,5 au 1er juillet. 0,3 au 1er octobre ..


 
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