10 juillet 2010
Le Figaro, C'est Pas Des Rigolos !
Apprenant, hier, vendredi 9 juillet 2010, que Nicolas Sarkozy interviendrait durant une bonne heure, lundi soir (jour anniversaire de la victoire des bleus en Coupe du Monde de football – oui, il aime bien les symboles de winners, le chef de l’Etat ..) sur France 2 et qu’il serait, en outre, interrogé par David Pujadas, je ne pus résister à la tentation.
Moi qui répugne à laisser des commentaires sur ces sites d’informations dites "traditionnelles", allez savoir pourquoi, la chaleur, peut-être, cet été longtemps espéré qui, de fait, nous rend hilares, absurdes et vaguement insouciants, cette fois, j'y allai frénétiquement, tapotant vorace sur mon clavier !
Pensez ! Sarkozy interrogé (à sa demande) par Pujadas sur l’actualité capricieuse, et plus particulièrement sur cette affaire abracadabrantesque classée Bettencourt/Woerth et destinée faire “pshiiiit”, ça méritait bien une aimable participation !
Or, donc, excité, je postai un commentaire enflammé, court, délicatement précis, et, soucieux de ne pas faire les choses à moitié, je portai mon dévolu sur le meilleur d’entre eux, la crème des crèmes, soit Le Figaro.fr., le canard des Mougeotte’s boys.
J’étais plutôt fiérot de mon commentaire. L’avait de la gueule. Pas "fasciste" pour un sou, ni emprunt d’un esprit nauséabond des "années 30". Non, non ! Juste pas piqué des hannetons.
Me suis même dit : ils vont être tordus de rire, les gars du Figaro. Eux qui doivent pas rigoler tous les jours avec Rioufol. Pas plus avec Sarkozy, qui, à c’qu’il paraît, les surveille et traque comme le lait sur le feu.
Me suis trompé.
La preuve :
Proposer un journaliste (Plenel) pour questionner le chef de l'Etat, c’était pourtant super drôle.
Non ?
14:17 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy interrogé par pujadas, le figaro et ses modérateurs, le figaro n'a pas d'humour, edwy plenel, mediapart, affaire woerth, affaire bettencourt, liberté de la presse, rions avec le figaro ! |
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24 octobre 2009
Moi, Philippe S., Commentateur Qui Commente [*]
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C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari ? Non mais attendez ! Pour quoi croyez-vous que j’sois né ? Pour rester le clavier ballant et ne piper mot alors que, dans le même temps, des Chatel, des Bertrand ou des Lefebvre, commentent – et faut voir, comment, m’sieur Pujadas – les commentateurs-qui-commentent ?
Mais enfin, que dirait-on de moi, si j’prenais le parti de ne rien dire ? Que dirait-on de moi, si je n’faisais pas mon travail, celui de commentateur-qui-commente ? Croyez-vous que ma mère m’aurait porté neuf longs mois - dans son ventre ! - pour donner vie à un commentateur-qui-ne-commenterait-pas ?
Je n’ai pas, Laurence Ferrari, été mis au monde pour me taire !
Mes parents, David Pujadas, m’ont donné une mission que je compte bien mener à son terme ! Et ce n’est pas parce que je suis à mi-mandat de mon existence que j’vais, comme d’autres, comme beaucoup, renoncer à commenter-les-hommes-qui-agissent !
Pourquoi, et au nom de quoi, le ferais-je ?
Pour aller jouer aux boules ?
Que les choses soient bien claires, mâhâme Ferrari, je n’ai rien contre ceux-qui-jouent-aux-boules. Je les respecte. Profondément. Ils font un travail formidable ! Mais enfin, quel homme je serais si, plutôt que de dire – et je ne suis pas le seul - qu’à 23 ans, sans aucun diplôme, aucune qualification, on ne peut prétendre à un poste aussi lourd de responsabilités que celui de président de l’Epad, j’allais sur la place du marché, faire un carreau ou pointer ?
Croyez-vous que ça m’fasse plaisir de constater que, sur le sujet que j’viens d’évoquer, la France est la risée du monde, comme j’ai pu le lire chez les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale ?
Monsieur Lefebvre, qui fait son travail d’opposant aux commentateurs-qui-commentent, a-t-il dit, ne serait-ce qu’une seule fois, que la presse internationale cherchait à “détruire” l’homme-qui-agit ? A-t-il accusé les commentateurs-qui-commentent de la presse internationale de faire partie d’un “monde politico-médiatique” dont le seul but – le seul but, David Pujadas ! - serait d’abîmer l’homme-qui-agit ?
Et pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Parce qu’il est mon fils ou celui d’un commentateur-qui-commente ?
Vous savez bien que non !
Mais j’vais vous dire autre chose, Laurence Ferrari : estimeriez-vous normal que, dans une République irréprochable, un commentateur-qui-commente se taise quand on crée deux nouveaux fichiers de police – deux d’un coup, m’sieur Pujadas, deux d’un coup ! Et à la veille d’une législative partielle ! – sans passer par le Parlement ?
Estimeriez-vous normal qu’aucun commentateur-qui-commente ne rappelle à l’homme-qui-agit qu’il n’a pas été élu pour légiférer par décret mais pour donner plus de pouvoir au Parlement ? N’est-ce pas le devoir du commentateur-qui-commente que de le lui rappeler ? Comme, n’est-ce pas son devoir de lui rappeler qu’il a fait le serment, le 6 mai 2007, d’être du côté des opprimés, de ceux qui souffrent, quand il renvoie dans un pays en guerre, trois afghans, au beau milieu de la nuit ?
Croyez-vous que nous sortirons de l’hypocrisie en opposant à l’homme-qui-agit-par-décret-et-au-beau-milieu-de-la-nuit, un silence poli ?
Si l’homme-qui-agit a des droits et des devoirs, nous n’en avons pas plus, ni moins que lui, David Pujadas.
A travers cette polémique d’un soit-disant “monde-politico-médiatique” cherchant, paraît-il, à “déstabiliser” l’homme-qui-agit, franchement, qui est visé ?
Je vais vous le dire, David Pujadas. Ce n’est pas homme-qui-agit ! Ce n’est pas non plus le-fils-de-l’homme-qui-agit ! C’est le fils-de-Craô que je suis, que nous sommes tous, nous les commentateurs-assis-qui-marchons-debout-et-faisons-preuve-d’action-civique-en-commentant-l’homme-qui-agit !
Je n’ai pas, en démocratie, à avoir honte d’être un commentateur-qui-commente, mâhâme Ferrari.
Je n’ai pas, David Pujadas, à m’excuser d’être ce que je suis.
Et ni moi, ni tous les autres commentateurs-qui-commentent ne se reconnaissent dans les commentaires qui sont faits, à notre égard, par les hommes-qui-agissent-et-qui-commentent-les-commentateurs-qui-commentent.
Encore une fois, Laurence Ferrari, nous n’avons pas été mis au monde pour nous taire. Et nous n’nous tairons pas. Nous continuerons à commenter, parce que c’est, à la fois, nécessaire et indispensable à toute démocratie digne de ce nom ; et nous le ferons, David Pujadas, sans aucun tabou et en toute transparence.
Je le dis, solennellement, aux hommes-qui-agissent : nous ne céderons pas un millimètre, nous n’éluderons pas nos responsabilités. Car si nous l’faisions, qui défendrait alors cette belle idée à laquelle nous tenons toutes et tous : celle d’une démocratie réelle ou chacun, Laurence Ferrari, et chacune, David Pujadas, ne se trouvent être ni au dessus de l’homme-qui-agit, mais ni en dessous non plus ?
Dans une démocratie, il faut des hommes-qui-agissent, des commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-agissent-commentant-les-commentateurs-qui-commentent-les-hommes-qui-agissent, des hommes-qui-jouent-aux-boules-sur-la-place-du-marché, des judokas-qui-font-du-parachute-dans-une-circonscription-UMP-où-même-un-âne-serait-élu et des hommes-qui-agissent-et-se-réjouissent-que-l’âne-fasse-"Hi-Han" !
C’est cela la démocratie, mâhâme Ferrari !
Maintenant, si certains n’en veulent plus, de cette démocratie, de ce modèle français, qu’ils nous le disent franchement, et nous nous f’rons un plaisir, par des commentaires - oui, David Pujadas, par des commentaires ! - d’expliquer aux français ce que cela signifie.
J’ajoute, Laurence Ferrari, que dans un pays où la liberté de la presse est passée en sept ans – en sept ans ! - de 2002 à 2009, du 11ème au 43ème rang, il ne me semble pas que ce soit une attitude responsable de la part d’un homme-qui-agit de désigner comme coupables, comme présumés responsables, les commentateurs-qui-commentent de la baisse constante de sa côte de popularité auprès de l’opinion, y compris au sein de sa propre majorité, à tel point qu’elle en vient à voter des lois, soit-disant, par erreur ?
Voter une loi par erreur ! C’est tout de même formidable, ça, mâhâme Ferrari !
Croyez-vous que ce soit le fait d’un complot “politico-médiatique” dont nous serions les ourdisseurs ?
Ou, est-ce que certains députés de la majorité, n’auraient pas, comme nous, les commentateurs-qui-commentent, plus la moindre envie de se taire, se rendant compte qu’ils n’ont pas été élus, ni mis au monde, pour flatter, chaque jour, l’homme-qui-agit ?
Non, David Pujadas, ne comptez pas sur moi, pour ajouter, à cette évidente fronde de la majorité, un commentaire quel qu’il soit.
Quand bien même préférerais-je, au nom de la démocratie et de la liberté d’opinion, un excès de commentaires, fussent-ils caricaturaux, à pas de commentaires du tout.
[*] Billet écrit sur le ton de l’acteur qui, lui, agit …
18:34 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Je M'Excuse Mais Merde !, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les commentateurs commentent, sarkozy agit, monde politico-médiatique, fronde de la majorité, affaire jean sarkozy, légiférer par décret, démocratie réelle, république irréprochable, liberté de la presse |
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