15 septembre 2010
Sonarkozy [Eldoradio/Refais Le Monde]
Il y a deux ans, jour pour jour, un (lundi) 15 septembre, la banque d’affaires américaine Lehman Brothers « était sacrifiée (dixit le site du Figaro) par les autorités américaines ».
Cette faillite incroyable marquait le début de la crise financière que, paraît-il, aucun économiste digne de ce nom n’avait vue venir.
Pourtant, un an plus tôt, lors de l’été 2007, un évènement aurait dû, me semble-t-il, alerter lesdits économistes, mais aussi, les gouvernants les plus éminents : la « crise des subprimes ».
Une telle catastrophe – car c’en est une, et copieuse – ne pouvait pas ne pas avoir de conséquence(s) sur l’économie mondiale tant les banques étaient, dans ce « montage (foireux) » (celui des « subprimes ») parties prenantes jusqu’au trou de cul.
Mais croyez-vous, véritablement, qu’ils n’ont rien vu venir ?
Si c’était le cas, alors pourquoi durant sa campagne présidentielle de 2007, puis lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy, aurait-il appelé à une « moralisation du capitalisme » ?
Pourquoi, s’il ne savait rien de rien, et bien avant que la crise nous tombe sur le paletot, cet homme aurait-il déclaré :
« Tout ne peut pas être abandonné à un capitalisme financier livré à lui-même » ?
(8 janvier 2008, itou)
Or donc, oui, ils avaient pleinement conscience que ce Meccano pouvait s’effondrer, mais, peut-être, se disaient-ils que, va savoir, il restait une chance d’éviter le pire.
Il n’y en avait aucune.
Mais ils l'ont saisie, quand même, à notre grand malheur (jamais le leur) ...
Ceci étant, soyons aimables (c'est un anniversaire, dois-je vous rappeler ...) : comment auraient-ils pu remettre en cause, et préalablement, un « système » qu’ils défendent et nous vendent quotidiennement non comme le « meilleur », non comme le « moins pire » mais comme « le seul et unique viable » ?
Ne croyez pas que ce soit posture de ma part, je ne fais que reprendre l’argumentaire, à la virgule près, du même Sarkozy, copie-conforme de celui d’Obama, Merkel et consorts qui se résume grosso-modo ainsi :
« (N’ayez pas peur) C’est juste une dérégulation du système, il n’y en a pas d’autre(s) possible(s) et nous sortirons de cette crise plus forts que nous y sommes entrés »
Trois ans plus tard (si l'on considère que les « subprimes » constituent le début réel et concret de la « crise ») nous (les classes moyennes et plus bas encore) y sommes encore et jusqu’au cou.
Mais pourquoi, n'est-ce pas, vous causer de tout cela alors que l’actualité s’est singulièrement déplacée depuis (débat sur l’identité nationale, chasse aux Roms et à la Burqa, déchéance de nationalité, etc.) ? – mais peut-être - subrepticement, j'y pense - que cette délocalisation de l’actualité ne soit point fortuite ; je veux dire qu’elle ait un but : nous faire oublier à tout prix que la principale préoccupation de « nos chers compatriotes » fut l’emploi.
Et avec, la santé (n’est-ce pas ce que nous souhaitons en premier à tout un chacun : la santé ?) et un toit.
Eh bien parce que la truculente et talentueuse équipe de Sonar (Radio Nova) nous offrit le 6 janvier 2009 un détournement pour le moins croustillant des vœux 2009 de notre omniprésident (qui rétrécit) Nicolas Sarkozy, vœux (presque quasiment) consacrés à la « crise » qui venait, la salope, de s’abattre sur nos frêles épaules.
Un détournement qui vous en rappellera peut-être d'autres - par exemple et complètement au hasard - ceusses d’un dénommé Bruno Candida dont je vous recommande chaudement les exploits visibles ici et là (avec le recul c’est encore plus drôle et sinistrement prémonitoire)
Vous l’avez compris ce Sonar d’une finesse redoutable, au montage délicat, à l’habillage (musical) jouissif, est une façon comme une autre de fêter cet étrange anniversaire qu’est celui de la faillite totale d’un établissement qui fut le fleuron en terme de finances (et de capitalisme) de la présumée première puissance mondiale, la défunte banque d’affaires : Lehman Brothers, coulée corps et âme un 15 septembre de l’an 2008.

NB : La photo illustrant l’article suggère un Sarkozy tsunamé par la « crise » ou, à défaut, et pour les plus cyniques, la fameuse « France D’Après » que le même nous promit, avec force et conviction, mais ne pouvait séduire - on l'aura compris - que les sots, les ignorants et les gredins !
NB : Pour avoir un accès libre et gratuit à tout le site Eldoradio, inscrivez vous : ICI
09:18 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise des subprimes, lehman brothers, 15 septembre 2008, système capitaliste, libéralisme, sonar, radio nova, voeux présidentiels 2009, eldoradio, histoire de la radio, nicolas sarkozy, une crise sans précédent |
| |
09 mars 2009
Or Donc, La France Est Un Pays De ….
![]()
Avant de répondre à cette effrayante question, il me semble d’utilité publique de rappeler que s’il y a un type dans cette foutue blogosphère qui croit malin en ces temps de “crise-dont-nous-sortirons-plus-forts-que-nous-y-sommes-en...” de donner constamment dans le mauvais esprit, la dérision au carré et la “déclinitude” à tout-va, c’est bien moi.
Bien évidemment, ma pov' mère qui s’est saignée aux quatre veines pour que je devienne ingénieur des ponts-et-chaussées ou cadre supérieur encravaté dans une entreprise leader sur le marché, ne le sait point.
Je veux bien être un sale con, mais y’a comme qui dirait des limites.
Or donc, la France est un pays de quoi ?
Vu de ma fenêtre, j’aurais dit de pharmaciens, tant elles pullulent à chaque coin de rue, ces échoppes où, va savoir pourquoi, pour attirer le chaland, on place en devanture une fesse, une cuisse ou une redoutable paire de seins en photos. Et géantes si possible.
Mais non.
Alors quoi ?
La France serait un pays de quoi ?
De fonctionnaires ?
D’artisans ?
De mousquetaires ?
De fainéants ?
Non plus.
Non, car si tu as bien suivi le déroulé de l’affaire, celle qui nous préoccupe au plus haut point, et qui, curieusement n’est pas la suppression du juge d’instruction (alors qu’il y aurait là, matière à s’interroger, voire à s’insurger !) ni l’interdiction de ce que l’on nomme “Open Bar” (dans quoi va-t-on noyer son chagrin et son licenciement sec, entre amis consentants, désormais, alors que c’est nous, les gueux, qui trinquent ?) mais la "crise-qui-vient-d’ailleurs", tu auras noté que l’Etat (c’est-à-dire : les manants que nous sommes ...) via son Chef suprême nous aura expliqué que notre économie étant en danger, il convenait de la sauver.
Ensuite de quoi, il faudrait refonder (et moraliser, si nécessaire, mais surtout s’il reste un peu de temps et que d’aucuns s’en souviennent) le Capitalisme.
Or donc, je repose la question : La France est un pays de … ?
Eh bien oui, et ça fait froid dans le dos : un pays de banquiers et de constructeurs automobiles.
Rien d’autre que cela.
Ainsi donc, une économie de type Capitaliste, une économie férocement Libérale, ne tiendrait que par ces deux piliers-là :
Les banques et l’automobile.
Si ça n’était point le cas, alors pourquoi les sauver eux ?
Oh je sais, le plan de relance est plus étoffé, mais entre nous, à côté des banques et de l’automobile, ça n’est que peccadilles !
Les banques, l’automobile et leurs esclaves satellites, c’est donc cela le cœur du système économique (mondial) ?
C’est ainsi qu’il fonctionne ?
Sans ces deux piliers-là, il s’écroulerait donc, ce système ?
Ca ne tiendrait qu’à cela ?
Tu sais quoi ?
Je serais révolutionnaire, je le noterai.
En rouge, il va de soi.
[Quand je te disais que j'étais un sale con ..]
22:05 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : plan de relance, crise financière, capitalisme, libéralisme, banques, automobile |
| |











