27 avril 2009
Quand Je Te Disais Que Le Risque Révolutionnaire N’Existe Pas
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Que n’ai-je entendu à propos du billet précédent ! Qu’il était épouvantablement pessimiste [*] que diantre, ça passerait mieux avec de la vaseline .. de l’humour, que les révolutions sont toujours le fait d’une avant-garde pas celui du “plus grand nombre” [oui da, mais depuis y’a cette salope de télévision propagandiste qu’a tissé sa toile et ses paraboles dans chaque foyer fiscal et te ventile façon puzzle toute avant-garde pré-naissante digne de ce nom ou t’en présente des proprettes que le moucheron-citoyen gobe à tire-larigot] que je file un mauvais coton, que jadis j’étais bien plus rigolo et que tiens, j’dis ça, j’dis rien, mais pour te refaire la cerise, pourquoi que t’irais pas voir le dernier spectacle de Franck Dubosc …
Alors que les choses soient bien claires amigo : moi, j’veux bien déconner tout ce qui s’en suit, même pérorer que la révolution, mais oui mon colon, bien sûr que c’est possible, que tu vas voir c’que tu vas voir, les saligauds y vont en bouffer de notre colère, et sus aux agences immobilières, haro sur le banquier, t’are ta gueule, et pas qu’à la récré, messieurs Total, Continental et L’Oréal, ouais, moi j’veux bien, sauf qu'y a comme un os dont je vais de ce pas te dégrossir la couenne.
Or donc, il fut traité par ici de cette émission de propagande gouvernementale qu’est le “A Vous De Juger” de Mâhâme Chabot.
Lors de cet immense foutage de gueule, un très vieux monsieur sous assistance respiratoire de type sarkozyste et nommé Hortefeux nous expliqua qu’il ne serait pas très raisonnable d’y faire une grève générale, fut-elle limitée à 24 heures.
Et pourquoi donc disait-il cela, la personne âgée ?
Eh bien parce que dans la première partie de ladite émission de propagande, un responsable d’une centrale syndicale que manifestement Mâhâme Chabot prenait pour un “zozo”, prévint que si le gouvernement restait sourd (et à la fois inébranlable) aux revendications exprimées par le peuple souffreteux qui, par millions, s’apprêtait à fouler le pavé du 1er mai, alors il proposait, notre syndicaliste, que le pays observe une grève générale (public-privé) d’une durée de 24 heures.
En l’occurrence cette proposition (qui à titre personnel me ravissait à un point que tu peux imaginer) émanait de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière.
Et ce soir-là, ses deux compères, Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) n’émettaient pas la moindre objection. Ils ne le pouvaient de toutes les façons pas, car il était bien entendu qu’il était hors de question d’apparaître divisé aux yeux des téléspectateurs, auquel cas, ils donnaient des points ça comme au grand patronat “délocalisateur” et "licencieur".
Or voici qu’aujourd’hui, l’un d’entre eux - mais tu n'vas pas être surpris, c’est toujours le même ! - François Chérèque de la triste CFDT nous déclare qu’il n’en est pas question, que ça va pas non Jean-Claude, que cet appel à la grève ne réglera pas les problèmes.
Tiens donc !
Cette petite musique m’en rappelle une autre. Celle de M’sieur Hortefeux, par exemple. Qui jeudi dernier dans “A Vous de Juger” avait quant à lui déclaré qu’une grève générale cela ne résout rien.
T’avoueras quand même, que de voir Chérèque et Hortefeux sur la même ligne, ça fout considérablement les boules de compétition.
Comme tu pourrais tout aussi bien me dire que Chérèque on s’en tape copieux le coquillard, qu’il a pas une gueule d’avant-garde mais de jaune congénital, que c’est pas lui qui va nous empêcher de nous y foutre en grève générale, voire plus si affinités.
Peut-être.
Mais il n’en reste pas moins que le front syndical a déjà du plomb dans l’aile avant même le grand raout du 1er mai, et que ça, c’est tout bénef pour le MEDEF et ses amis haut perchés, y compris ceusses de notre gouvernement.
Bref que le risque révolutionnaire qu’évoquait – et c’est ça qu’est super drôle – non pas un dangereux gauchiste-de-sa-mère mais un notable à particule, vient de se prendre un vilain pruneau dans le dos, si ce n’est dans ses plus nobles fondements.
Alors tu peux bien dire et regretter que ces derniers temps je sombre dans un pessimisme de fort mauvais aloi et qu’il serait bienvenu de reprendre ce petit ton badin qu’était jadis le mien, tu vois bien que le temps ne s’y prête guère, et qu’il convient de rester sacrément vigilant sinon, c’est sans vaseline que, dans ton cul, les mécréants vont te dessiner un avenir qui sentira moins la rose que le fumier.
[*] “Un pessimiste c’est celui qui attend la pluie ; moi, je suis déjà mouillé.” [Léonard Cohen]
18:29 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : une grève générale ne résout rien, françois chérèque brise le front syndical, brice hortefeux, arlette chabot, le risque révolutionnaire n'existe pas, grève générale de 24 heures |
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