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10 mars 2012

N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !

Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.

Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.

Enfariné.jpgOh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?

Eh bien parlons-en !

Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).

Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.

De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.

Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…

Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.

Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…

... Moscovici
, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).

Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…

Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !

Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.

Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !


[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur ! 

[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
 

08 juin 2009

La Mort Du Parti Socialiste Français

A Méditer, Effectivement ...

Non, il n’est pas mort hier soir, lors de ces européennes du 7 juin 2009, le Parti Socialiste Français. Il est mort, il y a fort longtemps.
Mais quand ?

Avant de répondre à cette question, il me semble utile de revenir sur la rouste d'hier.

D’aucuns me rétorqueront que, bah, ce PS en a connu bien d’autres, des raclées. Et des plus sévères. Comme lors des élections européennes de 1994, où la liste conduite par Michel Rocard n’obtint que 14,49% des suffrages exprimés. Oui, mais avec seulement 47,29% d’abstention ! Or là, nous sommes à 16,48% des suffrages exprimés pour une abstention (record) de 59,35% ! De fait, en chiffres bruts, la branlée d’hier est un tantinet plus lourde que celle de 1994.

D’autres, encore, me feront remarquer que, bah, la défaite fait partie du jeu électoral et que, par le passé, le PS a su redresser la tête, notamment en 1997, pour les législatives, puis en 2004, avec une double-victoire aux régionales puis aux européennes.
C’est vrai.
Sauf que ce sont des victoires … par défaut.
Notamment celle de 1997. Rappelons que ce furent des législatives anticipées. le Président de l’époque, Monsieur Jacques Chirac ayant décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale alors qu’elle était majoritairement de .. Droite ! Cette dissolution, le peuple ne la comprit pas ! Et ce ne sont pas les explications merdoyantes de l’Élysée qui le convainquit. Or, quand le peuple ne comprend pas ou qu’il subodore (ici, à raison) une manœuvre politicienne, que fait-il ? Il sanctionne son commanditaire ! Ce qui fut le cas ! L’on dit souvent, et un peu hâtivement, que le peuple est "veau", mais il est bien plus cohérent qu’on ne le croit.
Or donc, la victoire du PS en 1997 est moins dûe à lui-même qu’à une énorme bourde de Chirac et de ses conseillers.
Quant aux deux (dernières) victoires de 2004, elles sont la conséquence de l’humiliation subie le soir du 21 avril 2002 ! Quand horrifié, le peuple de Gauche, aperçoit la tronche goguenarde de Jean-Marie Le Pen en lieu et place des frisettes de Lionel Jospin.
Il ne faut pas oublier qu’il fut alors question de faire barrage au leader du Front National (appel lancée également par l’immense majorité de nos médias au mépris de toute déontologie !) que le peuple de Gauche fut invité par les partis "dits" de Gauche (hormis celui de Madame Laguiller) à voter .. Jacques Chirac !
On se souvient qu’il alla voter en “se bouchant le nez” !
Après l’humiliation, il fut donc question de boire le calice jusqu’à la lie en portant sa voix sur un type qui représentait tout ce que le peuple de Gauche exécrait !
Alors, quand survinrent les échéances électorales de 2004, que se passa-t-il, en vérité ?
Eh bien, il s’agissait de se laver de ce vote contre nature, celui du second tour de la présidentielle de 2002, comme on lave son honneur.
De signifier à Jacques Chirac que ce ne fut jamais un vote d’adhésion.
Et l’on vota PS des deux mains mais avant tout comme des pieds ! Surtout, on ne s’éparpille pas comme en 2002, les mecs !
Il était juste question de retrouver un semblant de dignité, voilà tout.
Et que fit, le PS ?
Désespérant, égal à lui-même dans son absence de réflexion, de médiocrité et de remise en question, Il prit ces deux victoires pour argent comptant ! Alors que c’était moins des victoires qu’une double-revanche sur 2002 ! Et d’ailleurs, on vit ce qu’elles devinrent, ces deux prétendues victoires, lors du scrutin présidentiel de 2007

Alors quand ? Quand est-il mort ce Parti Socialiste Français ? Avec Mitterrand ?
Quand je dis “avec Mitterrand” je ne pense pas à sa mort à lui, mais au 10 mai 1981. Est-ce la victoire du socialisme que l’on célébrait ce jour-là ou celle d’un homme ?
François Mitterrand était un être brillant, cultivé, aimant son pays (mais un peu moins les français – un grand classique !) il était aussi un redoutable stratège politique, tenace, obstiné même, il maniait merveilleusement notre langue, mais .. il n’était pas socialiste !
François Mitterrand a pris le Parti Socialiste pour conquérir l’Élysée. Il n’a pas fait que le prendre, d’ailleurs ! (précisons que la Gauche dite socialiste était en lambeaux quand il s’en empara en 1965, puis se fit consacrer par elle en 1971) Il l’utilisa et le façonna à son image ! Le Parti Socialiste n’était qu’un moyen. Rien d’autre.
Et puis, oh, qu’y a-t-il eu de socialiste, au sens noble du terme, dans les six premiers mois (ceusses que l’on dit de référence) suivant son élection ?
L’abolition de la peine de mort ? … C’est une idée .. socialiste, ça ? .. Non … Du tout ! Le socialisme, ce n’est pas une affaire de “cœur” ou de “générosité”, c’est un PROGRAMME, net, clair et précis.
Alors peut-être, oui, la réduction du temps de travail hebdomadaire de 40 à 39 heures peut-elle être considérée comme “socialiste”. Mais c’est à peu près tout. Non ?
Relisez les 110 propositions du candidat Mitterrand, elles ne transpirent pas plus le socialisme que Jack Lang respire la franchise !
Quant à la suite, c’est quoi ? Sinon une politique de Centre-Droit. Qui commence à la fin 1982, quand Mitterrand dit grosso modo à son Premier Ministre : “Ecoutez Mauroy, je crois qu’il est temps d’ouvrir les yeux sur la réalité économique qui nous entoure !”.
Ce qui n’était pas tuer le socialisme du Parti Socialiste, puisqu’il était déjà mort.

Il est mort plusieurs fois. Lors de la Guerre d’Algérie, par exemple. Il meurt souvent, à ce propos, quand un conflit survient. Ce merdier impossible chez les socialistes français en 1939 ! Mais quelle cacophonie ! Entre ceux qui collaborent et ceux qui ne savent pas. Quoi ? Prendre le maquis ?
Déjà lors de la Première, comme on dit, on se déchire comme des saligauds au sein de la SFIO. Celle de Jaurès. Le castrais ne veut pas de cette guerre. Il s’y oppose en tant que socialiste. Mais, Jules Guesde, son camarade, ne s’y oppose pas. Ah mais, non ! Il voit dans ce conflit l’occasion d’en finir avec .. le Capitalisme ! L’ennemi juré du Socialisme !
Les divisions au sein de ce Parti, sont récurrentes. C’est presque une marque de fabrique ! Et pourquoi ? Mais parce que, foutre-Dieu, on ne sait pas, ce que c’est le socialisme ! Et depuis toujours ! Depuis le début ! S’ils savaient, croyez-vous qu’ils passeraient leur temps à s’entre-déchirer, ces malheureux ?


Et si, finalement, le Parti Socialiste Français était mort dès sa naissance, soit à la fin du XIXème Siècle ? … Quand il se rendit compte que ce qu’il pensait porter comme idéologie éclairante, populaire et généreuse, le socialisme, était incompatible, pensaient-ils, avec l’économie de marché. Oh certes, ce n’était que l’embryon de ce que nous vivons (ou subissons) aujourd’hui ! Mais la Révolution Industrielle a, de fait, et progressivement, ouvert une nouvelle ère économique, celle du libre-échange. Donc, de l’économie de marché. C’est à cette époque, que tout commence, et pour certains, finit ..

En fait, cela fait plus d’un siècle que ceux qui se prétendent “socialistes” nous mentent. Ils ne le sont pas, socialistes. En revanche, les communistes, eux, le sont. Clairement. Enfin, jusqu’au Programme Commun, quoi ..
Cela fait plus d’un siècle que les différents Partis Socialistes Français (ainsi, la SFIO, Le PS et même le PSU …) sont en réalité des convertis au libéralisme, et la seule différence avec celui de Droite, c’est qu’il défendrait, le socialiste français, une vision vaguement sociale du libéralisme.

Il serait grand temps qu’il le dise aujourd’hui. Qu’il fasse son coming-out politique. Qui ne serait pas un demi-mensonge comme celui proféré l’an dernier par Bertrand Delanoë (“Je suis libéral ET socialiste” – D’où t’es socialiste, Bertrand ?) ni une abrupte vérité de protestant style Jospin (“Mon projet pour la France n’est pas socialiste !”) mais une vérité éclatante qui pourrait se traduire de la sorte :
Nous sommes des libéraux de .. Gauche.
Oui, de Gauche, parce que .. Bah, ça ne veut rien dire. Juste ça fait plaisir. A celui qui le prétend. Ça fait chouette, quoi, de rajouter le terme de Gauche. Ça n’engage pas. C’est purement décoratif !
Disons que pour le peuple dit de Gauche, l’aveu serait moins brutal.

En fait, si je pousse le raisonnement jusqu’au bout, le PS devrait non pas se rénover, mais se "refonder", ce qui signifie se débarrasser et fissa du mot “socialiste” (puisqu’il ne l’est pas et ne l’a jamais été) donc changer de nom (Parti Libéral de Gauche, par exemple, ça sonne riche ..) changer de têtes, changer de programme, changer de discours. Ce qui équivaudrait, au final, à se présenter comme étant l’alter-égo du Parti Démocrate américain (Kennedy, Carter, Clinton, Obama).
Certes, le Parti Démocrate US est plutôt de Centre-Droit, clairement même, mais à la française (hein, nous sommes tellement originaux, nous autres !) considérons que, chez nous, ce serait une formation de ... Centre-Gauche.
Nonobstant, nos amis présumés socialistes en seraient plus cohérents, vu que l’emblème des Démocrates, c’est l’âne, et qu’ils en sont au bonnet.

Si jamais le PS fait cette mue, mais pas après-demain, non, la semaine prochaine, alors tout devient plus clair : le chemin, le programme et même … le candidat pour la Présidentielle de 2012.
Car, dans cette configuration-là, un nom s’impose comme une évidence : celui de Dominique Strauss-Kahn !
Rien ne dit qu’il pourrait l’emporter, d’autant plus que d’ici à 3 ans, bien des évènements (désagréables) peuvent se produire, et bien des imprévisibles aussi, mais il sera coriace à battre, le DSK, quel que soit le candidat de la Droite !

En revanche, si le PS ne fait pas cette mue, alors, il va cette fois mourir pour de vrai. Et en direct. Sous nos yeux. Je parle, bien évidemment, de la formation politique. L’idée socialiste étant morte depuis plus d’un siècle au sein de ce Parti.

Mais alors, quid du socialisme en France ?

Oh, je crois que Olivier Besancenot, son NPA et ses militants s’en démerdent assez bien ! … Non ?



AJOUT
du mercredi 10 juin 2009 - 19h25
: "Le Mot Socialiste Ne Veut Plus Rien Dire !"

 
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