30 octobre 2009
Et Le Chômage, Ca Travaille Qui ?
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C’est dingue non ? Toutes ces affaires, ces débats, ces trucs et ces machins qui se succèdent sur fond récurrent de grippe A.
Mitterrand (Frédéric) Sarkozy (Jean) Besson (Éric) et voilà-t-y pas que maintenant, c’est la maison Chirac qui brûle ! Ça n’arrête jamais !
Et pis, t’as remarqué, c’est bien cadencé. Une polémique chasse l’autre, et zou, c’est reparti, mon Kiki ! Ça buzze et ça re-buzze ! Ça poste, ça commente, ça disserte, ça twitte et ça blogue ! Ça ronge l’os qu’on nous tend ! Et quand il n'y en a plus, y’en a encore ! C’est un puits sans fin ! Et, toujours cette foutue grippe A qui monte, descend puis remonte, ce H1N1 qui telle une chanson populaire, s’en va puis revient.
On est gâté, non, question bonbon à sucer ? On n’a pas le temps de s’ennuyer. Toujours une actu-de-mes-fesses à becqueter. Et si n’est pas une actu-de-mon-cul, c’est un débat à la noix.
Elle est pas belle, la vie politique française ? Elle est pas chouette, notre République irréprochable ? On n’est pas bien là, décontractés du cervelet, la parole libérée ?
Et pis, quand trop c’est trop, on a notre Zorro, le Guillon, qui nous dégomme du Sarko au petit déjeuner ! C’est vrai quoi, tout ce spectacle, il faut s’en bidonner ! La dérision, coco, c’est essentiel ! Ça soulage ! Et pis, surtout, ça change tout ! … Pas vrai … ? Au moins, pendant qu’on rigole, les autres, là-haut, font moins les marioles ! Même qu’ils font dans leur froc, n'est-ce pas ? A tel point, que dans le collimateur, z’auraient Les Guignols ! C’est dire s’ils ont le traczir, les mecs ! Et d’ailleurs, l’ont tellement, que vlan, ils nous y foutent dans la gueule, une identité nationale de derrière les fagots, et boum, c’est reparti comme en 40 ! Ah, le beau débat que v’là ! Et si ça suffit pas, tu reprendras bien un p’tit peu de Burqa ? … Mais si … ! Faut que ça cogite, faut que ça s’écharpe, faut que ça mijote ou marine (Le Pen). Et pendant c’temps-là …
… Et pendant c’temps-là, t’as les bourses qui s’envolent, les banques qui "farandolent".
Pendant c’temps-là, t’as la crise qui louvoie et le chômage qui croît, mais le crois-tu, personne n’en parle, ou si peu.
Le chômage, aujourd’hui, ça fait quoi ?
Trois lignes, au bas mot, dans les journaux, comme relégué dans la rubrique des “chiens écrasés”.
Le chômage, c’est plus qu’un communiqué. Pas la peine, d’épiloguer. Dommage collatéral, quasi normal. Circulez, y’a rien à voir !
Parlons plutôt de sujets autrement plus sérieux, comme ce Prince Jean, cet autre Mitterrand, ou de cette vidéo auvergnate qui défie les lois de la HD ! … Mais, je comprends : parler de chômage, c’est d’un chiant ! Non ? … Mais si … ! Ça ennuie tout le monde ! A l’audimat, ça fait queue dalle ! Et puis, c’est négatif, le chômage ! Ça donne une mauvaise image de notre pays, de notre modèle social !
D’autre part, c’est la crise, et qui dit crise, dit chômage ! Alors pourquoi en parler ? Puisque c’est inéluctable ! C’est comme la mort. Et dans nos sociétés occidentales, on n’en parle jamais, de la mort. Sinon à la Toussaint.
Oh bien sûr, on pourrait faire un effort, se souvenir que le monsieur que 53,06% de bons citoyens ont porté à la tête de l’État, nous parlait, autrefois, de fatalité, et que, ma foi, il n’était pas de cette religion-là ! .. Ah non ... ! Même qu’il répétait, sans cesse, à nous autres les français, qu’il n’y a pas de fatalité ! Toute règle ayant son exception, considérons que le chômage en est une. Comprendre qu’on n’y peut rien ! Que voulez-vous qu’on y fasse, hein ? Mais puisqu’on vous le dit, qu’on résiste mieux que nos voisins ! Alors quoi ! Prenez votre mal en patience, c’est juste un orage, et puis voilà ! ... Et puis ça marche, surtout ! … Tu les entends, les syndicats … ? … Tu l’as vue la rentrée sociale … ? … Tu la sens, l’opposition … ? ... Eh non ! 40 000 chômeurs en plus chaque mois, et ... RIEN ! On préfère débattre de l’identité nationale, des velléités d’un enfant bien né ou des saillies de Monseigneur Lefebvre ! Les chômeurs qui se ramassent à la pelle, y peuvent crever !
Nous c'qui nous intéresse, désormais, c’est de savoir si le Chirac, y va morfler ! Ou si, vu son âge – refrain connu … - vaudrait mieux pas le laisser tranquille, cet homme-là !
Nous c'qui nous préoccupe, c’est d’être "fier d’être français", qu’il y ait 10 ou 12% de chômeurs, peu importe !
Nous c'qui nous turlupine, c’est de savoir si Villepin est réellement la seule opposition crédible à la politique de Nicolas Sarkozy !
Mais de s’interroger sur l’utilité d’un ministre de la Relance, non !
De se demander si la politique économique de la France est la bonne, non plus !
ON S’EN FOUT !
Nous, on veut de la polémique, des affaires, et que ça "buzz", bordel de Dieu !
Et les milliers de chômeurs qui viennent chaque mois grossir les rangs de Pôle Emploi, qu’ils se démerdent ! Non mais oh ! On va quand même pas pourrir "nos" Régionales avec un débat sur le chômage et tout son tralala ! C’est comme la dette, on verra ça plus tard !
Non ?
C’est vrai quoi, le chômage, aujourd’hui, ça travaille qui ?
17:02 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le chômage se poursuit, le chômage absent du débat, la religion du buzz, stratégie de la diversion, dérision partout, le chômage est-il une fatalité, qui se soucie du chômage ? |
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24 septembre 2009
Le Monde De Nicolas Sarkozy
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Il serait vain (comme : G20) de chercher à tirer quoi que ce soit de positif, enthousiasmant ou projetant dans cette connivente causerie [*] qui nous fut infligée hier soir (mercredi 23 septembre) peu après 20 heures entre Nicolas Sarkozy, Mâhâme Ferrari et David Pujadas. Un véritable simulacre d’interview politique. Le degré zéro du journalisme.
Qu’après (ou avant) ce naufrage, le chef de l’État aille sermonner, humilier (devant témoins) Arlette Chabot à propos du manque d’émissions politiques (dignes de ce nom) sur France Télévisions, ce n’est même pas risible, c’est se foutre ouvertement de la gueule du monde.
Nonobstant, si, et dans le seul but de distraire l’ennui et la lassitude qui nous prirent suite à ce qu’il convient de nommer un meurtre du journalisme politique entre bons amis, nous tentions de retenir quelque chose de ce qui fut dit, alors nous pourrions noter que :
1 – Sur Tf1 et France 2, Nicolas Sarkozy nous affirma que les paradis fiscaux, c’était terminé [rires nourris de nous autres]. Quelques heures plus tard, à la tribune de l’ONU, il rappelait qu’il fallait les combattre.
Il faudrait savoir …
2 – Répondant à une question sur sa santé rapport à son “malaise vagal” de juillet dernier, Nicolas Sarkozy confia que sa santé était “bonne” et qu’il n’avait “pas le droit d’être négligent dans sa façon de s’hydrater”.
Comme tu vois, cet entretien atteignit des sommets.
Ceci dit, n’est-il pas hilarant d’apprendre que notre souverain a tout intérêt à s’hydrater alors même que le pays est financièrement à sec, que le déficit de l'Etat part à vau-l’eau ?
A ce propos, j’en connais un qui s’hydrate copieux, c’est Jean-Louis Borloo.
3 - (et ceci découle, c’est le cas de le dire, de la remarque suivante) Rappeler aux pauvres citoyens que nous sommes, que le sauvetage de notre système bancaire ne nous aura pas coûté un centime d’euro, c’est assez gonflé vu que, justement, le déficit de l'Etat a doublé en une seule année. Or, qui va payer pour rembourser ce colossal déficit et durant de très longues années ? Il ne me semble pas que ce sera Baudouin Prot ou M. Bolloré.
4 – Durant tout l’entretien (et c’est le seul point à retenir) Nicolas Sarkozy a parlé de la crise en ces termes :
“La crise a été…”, “Il y a eu la crise …”.
C’est donc au passé qu’il la conjugue. Ce qui signifie que, dans son esprit, la crise, c’est fini.
Mais fini pour qui ?
Pour le monde de la finance.
En revanche, pour nous, citoyens de base, elle se poursuit. Et elle se poursuit sévère avec des plans de restructuration .. de licenciements, de mises d’office à la retraite, d’emplois de plus en plus précaires (emplois de services, temps partiel imposé, contrats saisonniers…). Elle continue socialement, avec son lot de souffrances, d’exclusions, de solitude. Pour nous, la crise est toujours là, et, sans doute, pour longtemps. Mais “nous”, Nicolas Sarkozy s’en moque. Pour lui, ce qui comptait, c’était sauver un système. Il l’est (temporairement) alors tout va bien !
Cela donne une idée du monde dans lequel vit Monsieur Sarkozy. Même si nous nous en doutions. Il vit dans celui du CAC, de la finance. Il vit dans le monde de Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Bernard Arnault, Serge Dassault ou d’Agnès Cromback et Mathilde Agostinelli. Mais ce monde-là, monsieur le Président, ce n’est pas le nôtre.
Dois-je rappeler que, le 5 mai 2007, vous avez été élu par les urnes pour être, non pas le Président de la République de quelques-uns - les plus grandes fortunes de ce pays - mais pour être celui de TOUS les français.
Il est grand temps de sortir de votre monde, M. Sarkozy, et d’apprendre le nôtre. Celui des beaux leurrés. Pas des Bolloré.
[*] Pas une seule question qui fâche lors de cette causerie pré-enregistrée. Ou alors, quand, timidement, elles venaient, elles étaient prévenues par un sourire complice du “présumé” journaliste, œillade qui semblait signifier :
“Excusez-moi de vous poser cette question, mon Nicolas, mais comme les gens se la posent …”
Alors le Président se tortillait d’aise, gratifiant le questionneur d’un même sourire traductible :
“Y’a pas de mal, Mâhâme Ferrari, ne soyez donc pas gênée, nous étions d’accord pour en parler de toutes les façons. N’ayez crainte, je vais leur sortir le baratin-à-la-con habituel …”
Bonus : Puisque c'est ainsi, soyons désinvoltes ..

17:45 Écrit par Philippe Sage dans Crise Financière, Sarkozysme, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy sur tf1 et france 2, parodie de journalisme, sarko show, sarkozy et arlette chabot, la crise est finie, le chômage se poursuit |
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