17 janvier 2012
L’Agence De Notation : Une Arme De Destruction Massive
Bien sûr, on pourrait en rire. Imaginez ! Ils – mais qui sont-ce ? – voulaient « moraliser » le capitalisme, « réguler » le monde de la finance, et les voici accablés, acculés, sanctionnés pour mauvaise gestion par des agences de notation. Pan dans la gueule ! Effet boomerang…
Et voyez-les, désormais, déloqués, Gros-Jean comme devant. Se renvoyant la balle perdue. Grotesques, pathétiques. Pauvres pantins, pauvres Tartuffes.
Ah oui, c’que c’est drôle, en surface, je veux dire d’un point de vue strictement médiatique ; c’est Guignol tous les jours. Les uns accusant les autres, les autres vilipendant les uns. Et tout y passe. Les « années Mitterrand », les 35 heures, le sarkozysme et j’en passe ; tout est bon dans l’argument de cochon pour trouver le grand fautif de la dégradation...
Nous savions ô combien cette époque était celle de la médiocrité, nous découvrons, atterrés, que c’est bien pis encore…
Car bon sang de merde, qu’est-ce donc que ces agences de notation ? On nous dit : des thermomètres. Des médecins. Des légistes. Foutaises ! Ce sont, en réalité, les meilleurs alliés du système. Ce sont, en vérité, les gardiens du temple. Leurs culs, leurs chemises, appartiennent, corps sans âme, au néolibéralisme. Leur crédo, c’est le chiffre. Que nos dirigeants, ces courbés, suivent à la lettre. Mais pour les peuples, oubliez vos doléances, oubliez même jusqu’à votre existence. Nous sommes, nous le peuple, dans ce magma de chiffres, l’être anonyme.
Une agence de notation, en somme, c’est un gros, un énorme MEDEF planétaire. Ça y cause de croissance, de compétitivité, de désendettement, mais jamais ne se soucie de ceux qui, de la Chine à l’Argentine en passant par Gandrange, turbinent, sont sacrifiés pour des cacahuètes, pauvres variables d’un système qui, sur leurs dos et jusqu’à l’os, engrange... Il ne s’agit pas (plus) de travailler, vous comprenez, il s’agit d’être compétitif. Voilà le mot-clé. Et en son nom, tout sera fait, tout sera détricoté : acquis sociaux, droits du salarié, code du travail, etc.
Quant à la protection sociale ? Il conviendra de la réduire à zéro ! Ou proche de. Le minimum. Même pas syndical.
Dans ce monde-là, tout se paye. Au prix fort.
Ah, la belle revanche ! Le grand cocufiage ! Voyez-moi ça ! Ces agences de notation, si laxistes, gratifiant d’un AAA, et de concert, les Etats-Unis d’Amérique, y compris pendant la Grande Dépression (vous le croyez ça ?) ces complices avérées des subprimes, voilà qu’elles se rebiffent, et dégradent à tout-va !... La crise est passée par là, nous dit-on... Ben voyons ! Mais cette crise ne date pas d’hier, elle est structurelle ! Elle est dans l’ADN même du capitalisme depuis qu’il n’a plus de rivaux, depuis qu’il est devenu LE système unique et la pensée qui va avec.
Et quand bien même ! Depuis lustres, tous les Etats du monde vivent à crédit, et par milliards, au seul profit des financiers, des banquiers, des marchés, et d’un coup, comme ça, tiens donc ! Ce ne serait plus convenable. Ca n’irait plus. Faut désendetter, les mecs ! Sinon, on vous saque votre AAA. On vous donne du BBB. Et pire, si vous n’obtempérez point… De qui se moque-ton ? Pour quels cons finis nous prend-on ?
Mais dites-moi, cela n’aurait-il pas plutôt à voir avec ces petits chefs d’Etat, sans grande envergure au demeurant, qui, t’en souvient-il, se seraient mis en tête, et Martel avec, de « moraliser » ce merdier, « réguler » cette escroquerie grand format, en finir (prière de ne pas rire …) avec les paradis fiscaux. Sus à Monaco, aux Caïmans, tout en épargnant, vous en comprendrez fort aisément les raisons, nos « amis » du Luxembourg, de la Suisse et de la Belgique. Si accueillants avec nos fiertés nationales que sont les Aznavour, les Delon, les Prost et les Hallyday...
Vous voulez « moraliser », « réguler », « déparadiser » fiscalement ? Vous voulez jouer les purs, la Sainte-Nitouche, le gros dur ? Bref, foutre le boxon dans une affaire juteuse qui vous a permis de vivre à crédit pendant des décennies entières ? Eh bien, soit ! Mais nous allons commencer, si vous n’y voyez pas d’inconvénients, par nous préoccuper de ce crédit, justement, sur lequel jusqu’ici, nous n’avons pas été trop regardants.
Autrement dit, chers « moralisateurs » vous allez d’abord régler vos dettes et vos déficits abyssaux, et fissa, sinon, dégradation(s) et, par ricochets, taux d’intérêts velus de chez copieux.
Allez hop, au boulot !
Et qui se réjouit, s’en retrouvent tout ébaubis ? Mais les marchés, pardi ! Nos financiers ! Même pas mal la dégradation des USA. Pas plus que celles en chaîne s’abattant sur ce nain économique qu’est la zone euro ! Agences de notation, marchés et financiers, c’est du kif...
T’as voulu jouer au vertueux, on t’envoie la facture, et ce n’est qu’un début ! On va mettre tout le monde au pas. Soumis au même régime. Une seule règle : la nôtre ! Et plus une tête qui dépasse ! Compris ?
Or donc, c’est drôle, oui, mais en surface. Parce qu’en creusant, et pas longtemps, c’est d’une médiocrité sans nom, d’une bassesse rarement atteinte. On touche pas le fond, non ! On l’explose ! Avec ces Hollande, Bayrou, Villepin, Sarkozy et tutti, pauvres pantins, et cette baudruche de Le Pen, qui se renvoient pathétiquement la balle. S’accusant les uns, les autres. Mais jamais, ô grand jamais, se dressant contre cette saloperie, cette grande fumisterie ! Aucuns d’eux n’appellent à la résistance, seuls Mélenchon, Poutou, Arthaud !
Mais le tableau ne serait pas complet, sans les valets, ces êtres qui se prétendent journalistes et ne sont, en vérité, que des perroquets AFP, voix de leurs maîtres, ceusses du Siècle, chiens de garde du bipartisme, autres alliés objectifs, obséquieux du système, du AAA, de toutes ces fadaises. Les avez-vous entendus nous expliquer que peut-être, oh-là-là, cette perte du Triple A pourrait profiter aux candidats « anti-système » que sont – je cite – Mélenchon, Le Pen, Bayrou…
Bayrou, un candidat « anti-système » ? C’est-y pas cocasse ? C’est-y pas, surtout, un énorme foutage de nous autres ? Bayrou n’est rien d’autre qu’une synthèse. Je prends à droite, je prends à gauche, « Acabi, Acaba, et voilà », votez pour moi ! Et tu le retrouveras ton AAA…
Bayrou n’est certes pas LE système, nonobstant, il en est une composante, elle est tristement centripète.
Mais revenons à nos laquais !... Non messieurs, cette dégradation ne bouleversera pas votre satané échiquier, au contraire ! Elle va le renforcer. Parce que le peuple français est un poltron, aussi un cocu consentant !... Ah mon dieu, on a paumé notre triple A ! Mais alors, si je vote Mélenchon, on va en perdre combien d’autres, de A ?... Voilà ce qu’il pense, le quidam. Il ne voit pas plus loin que le bout de son tarbouif. Il rentre la tête, et le reste, alouette !... Il pète de trouille, le Français. Y’a qu’à voir, tout ce qu’il a gobé jusqu’ici. Du musulman qui le coloniserait aux Roms qui le dépouilleraient... Le tout-sécuritaire, il en redemande, tellement il est pétrifié... C’est un petit bourgeois qui s’ignore, l'électeur français. Un bobo en gestation. S'indignant devant sa p'tite télé... Il a que la gueule, le Français. Il est Lepénisé jusqu’au trognon. Ne sachant même plus faire la différence entre des torchons et des serviettes. Il aura même pensé – c’est dire ! – que DSK pouvait le tirer de son inconfort relatif.
Et voilà pourquoi, tout bien pesé, exposé ci-dessus, l’agence de notation est une arme de destruction massive. Elle vient finir le boulot. Anéantir toute résistance. Toute révolte... Ah c’est une œuvre d’art, j’en conviens ! Tant elle laisse croire qu’il n’y a pas d’autre issue possible.
Tu votes pour le système, ceux qui le défendent, or donc, Sarkozy/Hollande/Bayrou, sinon il va t’en cuire ! Tu connaîtras le même sort que les Espagnols, les Portugais, ou pis encore : les Grecs ! Imparable, non ?
Ce qu’ils ne disent pas, c’est que le choix Sarkozy/Hollande/Bayrou, c’est : adieu la protection sociale, bye-bye tes acquis chèrement conquis, terminés les droits du salarié. La seule différence entre ces trois-là (dont un qui est clairement devenu, en quelques mois, un social-traître), c’est le temps que ça prendra... Bref, en une question comme en cent : préfères-tu te faire mettre rapidement ou lentement ? Voilà l’histoire…
Bien sûr – j’allais oublier – tu peux, aussi, faire le choix de Marine Le Pen. Avec dans l’idée, que ça provoquerait une sorte de « chaos », un électrochoc salutaire. Mais depuis quand, dis-moi, un suicide collectif est de nature à émouvoir un financier ?
Procédant par élimination, il ne reste donc plus, dans ce naufrage, que trois possibilités : Mélenchon, Poutou, Arthaud. Et puisqu’ils nous assomment avec leur « vote utile », cette autre fumisterie, eh bien appliquons-le, mais à leurs dépens, en favorisant, de ces trois-là, le mieux placé : Mélenchon. Et avec lui, résistons. Aux agences de notation, aux banquiers, aux marchés, préférons le peuple. Dussions-nous chèrement le payer.
Mais qu’est-ce qu’un prix à payer quand il s’agit de recouvrer sa dignité ?
18:09 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : standard & poor's, fitch, moody's, agences de notation, aaa, dégradation de la zone euro, qui est derrière les agences de notation?, le capitalisme est une saloperie, résistons aux agences de notation, hollande est un social-traître, les candidats du système, hollande sarkozy bayrou candidats de s&p, le commencement de la fin, seuls mélenchon poutou arthaud, place au peuple, mélenchon 2012, présidentielle 2012, candidats anti-système, il n'est pas trop tard, l'espoir, front de gauche, gauche unitaire, parti de gauche, pcf |
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10 août 2011
Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !
Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?
Tu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?
Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon".
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.
Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.
Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.
Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.
Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.
Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?
J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".
Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.
Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.
Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.
A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?
Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...
01:05 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (49) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : crise financière, crise économique, crise sociale, crise mondiale, krach boursier, plan d'austérité, récession, le capitalisme est une saloperie, dettes des états, déficits, précarité, petites gens, tout faire péter, aux chiottes l'indignation, déclassement, petits boulots |
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21 juillet 2010
Rentrez Chez Vous …
Oh, j’ai fait un drôle de rêve cette nuit … Un homme est descendu du ciel et c’était pas le Père Noël. En même temps, c’est pas vraiment la saison … Non, le gars, il avait des bras immenses, une tête de chou, des pieds nickelés, bref, pour résumer l’affaire, il ressemblait à pas grand chose … Certains, des crétins, des fous ou des gredins, l’appelaient Dieu. Alors, nous nous sommes moqués d’eux, on leur a jeté des tas de pierres. Si on avait pu, ciboire, nous les aurions donnés à bouffer aux lions de Pennsylvanie … Tu sais-tu que la Pennsylvanie est infestée de lions, coco ? C’est dû au réchauffement climatique, qu’ils disent. Et faut voir ça, comme ils sont féroces, ces félins-là. Jamais rassasiées. Toujours en becquetance. Ah, ça fait plaisir à voir ! Ça leur donne un poil du tonnerre, soyeux, or, ravigotant. Braves bestioles, va ! ... Mon pauvre Claude, ma petite Allègre, t’es marron, ma caille ! Tu t’es planté dans toute ta largeur ! Mais c’est bien fait pour ta gueule ! C’est ton orgueil qui t’a perdu ! Retourne-z-y donc dégraisser le mammouth, chéri, avec ce qui nous pend au nez, tu vas les voir rappliquer et fissa ! Mais j’aime autant te prévenir, ils sont du genre hostile ces lascars. Ils s’en foutent comme de l’an 68 que tu soyes notable ou friqué, pauvre ou malfaisant. Font pas la différence, ils crognent et puis c’est tout ... Et c’est pas la peine de gémir, on l’a bien mérité, ah ça oui, et d’ailleurs, c’est ce qu’il a dit, le chum, celui qui ressemble à rien. Qu’est pas plus un Dieu que toi ou moi. Dieu n’existe pas, balourd ! Non mais, regarde-toi ! Ça y crève les yeux et le reste que t’es seul, qu’y a personne, que nous sommes des trous de cul, sans Jésus, ni Judas ... Infoutus de faire la révolution, incapables de dire non, handicapés du cassis, serviles, lâches, égoïstes ; des teignes, voilà ce qu’on est. Toujours à lorgner sur l’auge du voisin. Quand c’est pas pour lui chouraver ses acquis sociaux ... Putain d’humanité de merde ! ... Il disait quoi, l’autre, déjà ? … La lucidité se tient dans mon froc ? ... C’est-y ça ? ... Non mais Ferré, tu débloques ou quoi ? Tu naufrages ! T’es out, pépé ! La lucidité, le froc, c’est terminé, y’a plus ! Que les ténèbres et du savon à barbe ! ... Qui donc inventera le désespoir ? .. Mais même ça, le désespoir, ça nous fait pas calter ! On s’en arrange ! On le bichonnerait presque, le désespoir ! Pis, on l’expose, on le publie, on le chante ! ... Tu sais quoi, Léo ? On en est au point, rendu, où on vendrait nos propres mères, rien que pour vivre encore un peu ! ... Ouais ! ... Tellement on la courbe l’échine ! Dès le premier Poutine ! Quand c’est pas un Berlusconi, un Sarkozy, tous ces camelots de pacotille ! Mais devant lesquels, on se prosterne, baderne ! On suffrage universel ! ... Et crois-tu qu’après ça, on irait se le torcher, le cul ? Même pas ! On baffre ! ... Et l’espèce de machin qu’est descendu du ciel, qu'a pas une tronche de Père Noël, sais-tu c’qu’il a dit ? - Tiens-toi bien et juste ! - Il a dit :
16:05 Écrit par Philippe Sage dans Anticipation | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la poursuite impitoyable, marlon brando, le sheriff calder, rentrez chez vous, un an de silence, le temps de la réflexion, la fin de tout, le chaos, le capitalisme est une saloperie, léo ferré est toujours mort, ecoute le vent, il est temps, avant qu'il ne soit trop tard |
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06 juin 2010
“Le Capitalisme Est Une Saloperie”
Certains diront, mais enfin, mon cher monsieur, vous tombez de l’arbre ? Vous débarquez ou quoi ?
Que vous dire ?
Que c’est bien possible. Après tout ! Seulement voilà, je ne connaissais pas cet homme-là : Franck Lepage (photo). Je l’ai découvert, il y a quoi ? Une semaine, tout au plus, via Bénédicte Desforges [*]. Une vidéo. Un passage. Et j’ai eu envie d’en savoir plus. Et, autant vous le dire, je n’ai pas été déçu. Je dois même vous avouer que depuis Loïc Wacquant (et Noam Chomsky) je n’avais entendu discours aussi brillant.
Or donc, Franck Lepage. Dont vous trouverez un CV pour le moins sommaire à cette adresse. Franck Lepage, disais-je, de 2006 à 2009, s’est produit sur scène. Mais, ce n’est pas un spectacle, un one-man-show, ou du théâtre. Non. Du tout. C’est un travail. Une pensée. Un constat. L’essentiel de ce travail, du moins celui auquel, je veux, ici, faire référence, est dans son intégralité, si vous le souhaitez, et comme je vous le recommande, disponible sur Internet. Il est là.
Lors de ce travail, Franck Lepage nous parle de culture, d’Education nationale, de capitalisme, de fascisme, de salariat (de Shoah, même), et des mots qu’on “nous a volés”. Les mots, comme vous le savez, sont importants. Ils ne sont pas, jamais innocents. Nous sommes, depuis bien longtemps, et dans une contraction, et dans une falsification des mots. Et, comme de bien entendu, les médias, entre autres, sont, qu’ils le nient ou pas - peu importe, puisque c’est une réalité - le relais de cette contraction, de cette falsification, de ce vol. Ce que nous pourrions nommer l'Orwellisation de la société. Elle est marche, et depuis belle lurette.
Dans la vidéo que je vous propose, extrait du travail remarquable de Franck Lepage, tout commence par un plan de tomates. Et l’on se dit, mais c’est quoi, ça ? Où va-t-on ? Non mais, franchement .. Et puis, très vite, on comprend, on saisit, et ça s’emballe, et ça ne s’arrête plus. D’aucuns parleront de performance, de démonstration. A ceux-là, je leur dis, non, ni performance, ni démonstration. Certes, et tant mieux, ce que nous dit Franck Lepage, est tout à fait discutable. En tous les cas, il amène à une réflexion, et, si on daigne prendre le temps, à des commentaires. Pourvu, qu’ils soient éclairés, avisés, argumentés. C’est le moindre qu’on puisse attendre à la lecture de ce travail-là.
Je disais donc, tout commence avec un plan de tomates, et hop, voilà que surgissent Sarkozy, la culture, la gauche, le fascisme, le système, le capitalisme, la Shoah, Malraux, le gaullisme, le communisme, etc.
En précisant, et c’est important, que bien souvent, vous l'avez noté, l'on évoque le clivage droite-gauche ; ou plus précisément, certains, en s’exprimant, dans les médias essentiellement, prétendent le dépasser, ce clivage. En réalité, c’est complètement faux. Ils sont, et restent, partisans. Or ici, et c’est là – j’allais dire : le miracle !- oui, c’est là le miracle – allez, je l’ai dit – Franck Lepage, lui, dépasse totalement le clivage droite-gauche. Il est ailleurs. Il est avec nous. Encore, faut-il accepter de l’entendre.
Avant de vous laisser tranquillement, observer, écouter, penser cette vidéo (et les deux suivantes, en liens ci-après) et dans le seul souci d’aiguiser votre appétit, voici quelques extraits choisis :
”Il faut désormais que chaque individu ait la liberté de se faire exploiter où il veut, quand il le veut (…) Très vite (…) ce système fabrique des inégalités qu’il faut rendre légitime, acceptable, et donc, c’est l’école qui sert à ça (…) L’école est le système qui vous fait croire que votre place dans la hiérarchie sociale est le résultat de votre mérite scolaire ou de votre bonne volonté culturelle (…) L’école reproduit les inégalités (…) Vous avez 1% en 1945 de fils d’ouvriers à l’université. Vous avez 1% de fils d’ouvriers, en 2005, à l’université (…) Le théorème de l’excès de culture ( …) c’est d’expliquer que, contrairement à ce qu’il se raconte partout, les gens ne manquent pas de culture, ils ont trop de culture par rapport à ce que le système leur autorise d’exploiter (…) La seule vraie crise, c’est la crise salariale.”
Franck Lepage - “Incultures”
Je vous laisse en liens, comme précisé en amont, la suite de ce travail :
1 - “Vous n’aurez bientôt plus les mots pour penser négativement le capitalisme”
2 - “Le capitalisme est une saloperie”.
Ce qui m’amène à cet ajout, tiré de ces deux vidéos linkées. Que je soumets, là encore, à votre réflexion :
”Le management est la doctrine de l’exploitation. Quel était le mot le plus employé dans les ouvrages de management dans les années 60 ? Le mot : Hiérarchie. Quel est le mot le plus employé dans ces ouvrages de management à partir des années 90 ? .. Non .. Le mot “Hiérarchie” n’existe plus. Zéro citation. Non, le mot le plus utilisé, désormais, c’est : Projet ! Projet est LE mot de la doctrine capitaliste. On ne peut rien faire contre ça ! Vous pouvez combattre la hiérarchie, mais, si elle s’appelle : Projet ; vous n’allez quand même pas emmerder des ouvriers qui se réalisent comme créateurs dans le cadre d’un projet (…) Vous êtes persuadés que TOUT LE MONDE doit avoir des projets. Votre banque vous demande quels sont vos projets. Vous devez avoir un projet de vie parce que vivre ne suffit plus, manifestement. Et donc, cette saloperie de mot transforme tout ce qui bouge en marchandise sans que nous nous en rendions compte. Projet veut dire : produit (…) Le capitalisme est une saloperie (…) Il nous fait le défendre quand nous croyons l’attaquer et il utilise pour cela l’artifice d’un langage de pacotille, un langage de verroterie, de camelote, qui nous fait le désirer (…) Nous ne faisons que reproduire des rapports de domination en croyant faire le contraire (…) Mesdames et messieurs, on nous a volés des mots ! Nous allons droit dans le mur avec la plus grande générosité” [Franck Lepage]
[*] Bénédicte Desforges a publié le 4 mars 2010 "Police, Mon Amour" (Anne Carrière Eds)
21:57 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : franck lepage, incultures, capitalisme, crise du salariat, l'école reproduit les inégalités, le mot projet, doctrine du capitalisme, le capitalisme est une saloperie, prenez-nous pour des cons ! |
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