06 octobre 2011
Ce Qui Plombe Le Parti Socialiste
Passons sur la forme, debout derrière un pupitre, par le temps de parole limité, deux éléments qui concoururent à faire de ces débats quelque chose de passablement guindé. Six candidats dans un carcan. Avec pour s’en échapper, le recours au tutoiement, aux prénoms (« Je suis d’accord avec Martine », « Est-ce que François peut nous expliquer… », « Pas de coups tordus, Arnaud »…).
La forme importe peu. C’est le fond qui compte. Ce qui s’est dit. Et ce que l’on en tire. Un aveu collectif. Celui d’impuissance. Bref : plombant.
Ce qui plombe le Parti socialiste, ce n’est pas DSK. Mais ceux qui l’ont soutenu. Avant de comprendre, un peu tard, qu’ils étaient dans l’erreur, le déni. Mais, jamais, ils ne feront amende honorable, reconnaîtront qu’ils eurent tort. Tant ils sont pétris de certitudes, d’arrogance, voire de mépris. Pour eux, toujours, « Les jeux sont faits ». Ce ne sont pas des socialistes, mais des croupiers.
Ce qui plombe le Parti socialiste, ce sont ses girouettes, ses opportunistes. Fabius, par exemple. Héraut du « non » au Traité pour une Constitution Européenne, avant, le misérable, de tourner casaque. J’appelle cela : « Trahir la confiance du peuple souverain (de gauche) ».
Plus encore, Jack Lang. Toujours prompt à se ranger dans le camp du vainqueur potentiel. Avant-hier, Royal, hier Aubry, aujourd’hui Hollande. Lang c’est le Séguélisme. L’anti-gauche. Le bobo dans toute son horreur. Langue de bois. Toujours là. Qu’on se demande comment c’est possible. Tant il est grotesque et creux. Petite sangsue. Sans envergure. Faussaire. Et fossoyeur. Une honte totale, insupportable.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est son renoncement. Aux valeurs de la gauche. C’est sa conversion au libéralisme.
Bertrand Delanoë, ce commercial, aura – et comme on l’en remercie ! – eu l’impudeur de l’affirmer, clairement : « Oui, je suis libéral ET socialiste ». Ce qui ne peut être possible. C’est l’un ou l’autre.
En vérité, cet « outing » renvoyait à icelle jospinerie : « Mon programme n’est pas socialiste ».
En bon protestant, rigoureux, austère, sincère, Jospin convenait, entre les lignes, à mots couverts, que son programme était libéral. Donc, non-socialiste.
Delanoë, sous prétexte d’audace, aura voulu réconcilier l’inconciliable. Ce n’était pas de l’audace, mais un abandon. Et les classes populaires, moyennes, ont bien entendu le message. Elles ne reviendront pas. Terra Nova a gagné le combat. En loucedé. Travail de sape.
C’est aux cadres, désormais, que ce parti s’adresse. Aux notables, et autres petits bourgeois.
S’il était honnête, ce parti changerait son nom.
Il n’a plus rien de socialiste.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est une date : le 21 avril 2002. C’est ici, qu’il s’est figé. A tout jamais.
Cette date est primordiale. Elle a tout changé. C’est à partir de là, que tout finit. C’est ici, que commence le renoncement. Que le droit d’inventer succombe au droit d’inventaire. Paradoxalement. Car, on eut pu espérer le contraire. Que justement le 21 avril 2002 réveillât le cadavre. Momifié dans son mitterrandisme. Qu’il retrouvât, alors, ce qu’il avait égaré : sa gauche. Ce souffle formidable, d’espoir, d’imagination.
Mais non. Tétanisé, il n’aura pas compris ce que signifiaient les victoires locales, s’enchaînant, régionales, municipales, européennes. Plus encore le « Non » du 29 mai 2005. Autre date. Autre échec. Dernier sursaut. Balayé par une présidentielle dictée par les seuls sondages. Et la trouille.
Terminées les convictions, les idéologies.
Ce qui plombe le Parti socialiste, c’est la peur de revivre le 21 avril 2002. Ça l’obsède.
Il ne sait pas comment s’en défaire. Il n’a toujours pas compris pourquoi les classes moyennes et populaires l’ont déserté. Alors que la réponse est évidente. Elle crève les yeux. Les urnes, aussi.
Hollande est le représentant de cette obsession, de cette peur. Voilà qui mériterait une analyse. Psychiatrique. Tant il est complexe et paradoxal, le soi-disant « candidat normal ».
La norme pour conjurer le sort, mais quelle est-elle ? Qu’est-ce qui fait norme ? Qu’est-ce que le normal au pays du Front national ? Entre 18 et 20% dans les intentions de vote, du jamais vu, mais qui fait sens : cela dit combien le peuple souffre (de l’absence de gauche).
La réponse n’est pas une conversion au libéralisme, au centrisme, mais à la radicalité.
Ce qui plombe le Parti socialiste c’est l’absence de radicalité. La crise, pourtant, aurait dû le conduire à se radicaliser, justement.
A la colère, pas à l’indignation. Aux idées révolutionnaires, pas à la mollesse.
Mais non, ils, les candidats, ont opté pour la compétence, la crédibilité. Le PS s’est Obama-isé. C’est la droite sociale. Ni plus, ni moins.
Quant à Montebourg, comme hier Hamon, c’est l’alibi. Mais rien en lui, ne transpire la gauche. C’est un jeu. De dupes. Hier soutien de Royal, aujourd’hui démondialiste. C’est (que) de l’image. Montebourg n’a rien de Bové, moins encore de Mélenchon. C’est du côté de Valls qu’il faut plutôt chercher. La « gauche moderne ». Celle de la TVA sociale. Des quotas d’immigration. Une gauche de droite. Et ça n’est point caricature. C’est une réalité. Car c’est la logique même, la poursuite de la conversion au libéralisme du PS. Avec Hollande en synthétiseur. Comme toujours.
Et tant pis si Ségolène Royal, lasse, usée, désolée, finit par lâcher cette vérité, la seule entendue lors des trois débats : « Alors nous ne sommes plus socialistes ».
C’est fini. Elle le sait. Et d’ailleurs, elle soutiendra le vainqueur. Les jeux sont faits. Comme dit le croupier.
Pour tout cela, entre autres, ces débats auront été utiles. Ils auront permis une clarification. Une mise au point. Même Fillon salue la performance. C’est dire …
Nous savons, désormais, qu’il n’y a plus de gauche dans ce parti. Il (y) a renoncé.
Il aura refusé, toujours, encore, de prendre la mesure du 21 avril 2002. D’entendre les souffrances, le désarroi. La solitude.
Même la crise n’aura rien changé. C’en est terrifiant.
On aurait pu espérer une rébellion, un combat à mener contre le système régit par le marché et la finance, un combat pour la liberté, mais non ; enfermés dans leur carcan, nos six représentants à grands coups de mots-clés, d’éléments de langage, de formules, statiques, sans colère aucune, sans souffle, sans révolte, auront enterré, publiquement, Jaurès, Blum et même, Mendès-France.
En se tutoyant.
Alors je conçois que beaucoup aient hâte de voir Sarkozy partir. J’entends même que c’est une question de fierté à retrouver. Ce 21 avril 2002 qu’il faut effacer. Aussi.
Mais qu’est-ce que ça veut dire de gagner quand rien n’est grand, beau et fort ?
Qu’est-ce que ça veut dire de gagner pour gagner ? Qu’est-ce que ça va nous apporter ? Si c’est pour vivre dans le même système, les mêmes règles, si rien n’est remis en question. Si Lang est toujours là. Et Fabius. Et tous les autres.
Qu’est-ce que ça va changer au quotidien de ceux qu'en bavent, qu’on humilie chaque jour, à ceux qui espèrent, demain, avoir leur petit coin, rien qu’à eux, enfin se poser, après tant d'années de travail, de servitude ?
Qu’est-ce que ça va changer de porter au pouvoir des hommes et des femmes qui s’accommodent, peu ou prou, d’un monde où le profit, la compétition, le chiffre, passent avant toute chose, avant la vie, avant nous ?
Qu’est-ce que ça va nous apporter, à nous, les laborieux, qu’on écoute pas, des ajustements à la marge ? Sommes-nous donc que cela : une variable ? Qu’on corrige. Qu’on trimballe. Et nous devrions nous en satisfaire ? En être heureux ?
Mais non. Non, il ne faut pas. Il faut résister. Se révolter. Pousser au cul. Il faut les secouer, ces gens-là, ces notables, ces raisonnables. Si tant est que ce soit encore possible. Ou juste envisageable.
Mais quand on regarde le peuple, les bras croisés, ainsi qu’on le voit, sur l’image illustrant cet article, image strauss-kahnienne, à certains égards, avec le terme de "gauche" comme argument de vente, mensonger, que peut-on espérer, tant cette image (qui se voudrait rappel d’une force tranquille, mais qui n’est celle, en vérité, que d’une faiblesse assumée) semble nous dire : « Les jeux sont faits ». Or donc : rien ne va plus.
De ce jeu, de dupes, nous sommes les billes. Les roulés. Les refaits.
Les éternels plombés.
16:13 Écrit par Philippe Sage dans Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (78) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parti socialiste, primaire, la mort du parti socialiste français, le renoncement aux valeurs de gauche, le ps nous a abandonnés, françois hollande, ségolène royal, martine aubry, manuel valls, arnaud montebourg, laurent fabius, jack lang, bertrand delanoë, la gauche moderne est une gauche de droite, les jeux sont faits, pierre moscovici, dsk, 21 avril 2002, le fn a 20%, l'impuissance du ps, hollande les bras croisés, les marchés ont gagné, libéral et socialiste, séguélisme, de quoi le ps est-il le nom ? |
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21 mai 2011
Primaires Socialistes : La Grande Entourloupe
Parfois, on prend sur soi. Et on achète Marianne. Pourquoi ? Parce que l’hebdomadaire (n°735 - semaine du 21 au 27 mai 2011) claironne en Une qu’il a rencontré Dominique Strauss-Kahn. Une conversation « off » en date du 29 avril 2011 [1]. Mazette ! Si ça se trouve, il y a dans ces « offs » des éléments, enfin quelque chose qui pourrait nous aider à comprendre ce qui s’est passé trois semaines plus tard…. Du tout. Pourtant, c’est loin d’être inintéressant.
Oh, je vous avoue que sur trois pages entières, l’intéressant prend en tout et pour tout, un petit paragraphe... Où il est question de « Martine » de « François » et de « Ségolène » .
Il va sans dire que DSK tresse (et non : trousse) des lauriers à la première secrétaire du PS.
Ségolène Royal ? Ce n'est « plus un obstacle »…
Quant à « François », alors là, c’est du velu.
Il « reconnaît les qualités d’Hollande » mais… « s’il [Hollande] maintient sa candidature dans la course élyséenne au-delà du 13 juillet » DSK confie que : « sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ». Ce qui signifie ?… Pour comprendre, il faut revenir à la présidentielle 2007.
En 2004, le PS – à l’en croire – « lave l’affront » du 21 avril 2002 en triomphant aux Régionales. Dans ce triomphe, un emblème, un symbole : Ségolène Royal. Elle a bouté hors de la présidence de la région Poitou-Charentes, Jean-Pierre Raffarin alors… Premier ministre. Personne alors, au Parti Socialiste, ne peut se douter que la « dame de Melle » va faire de cette victoire un incroyable tremplin. Véritablement, personne, dans ce qu’on appelle « l’appareil » du Parti ne l’a vue venir. Et pour cause : elle ne bénéficie d’aucun réseau. Elle n’incarne aucun courant.
Pourtant, elle va réussir l’impensable (même Duhamel ne l'avait pas envisagé, c'est dire ! – j'ironise, bien sûr).
On peut ne pas apprécier, pour diverses raisons, Ségolène Royal – ce n’est pas ma tasse de thé, non plus – mais ce qu’elle a fait entre 2004 et 2007, est un vrai tour de force. Elle est parvenue à rendre sa candidature à la présidentielle incontournable. Or, l’appareil du PS n’en voulait pas... Qui ne le sait pas, aujourd’hui ? Ce n’était pas leur candidate. Le « Tout Sauf Ségolène » n’était pas une invention, un fantasme, c’était réel.
Seulement voilà, les sondages (en 2006) étaient avec elle. Ils disaient que c’était la seule qui pouvait battre Sarkozy. De fait, pourquoi vouliez-vous que les militants fassent un autre choix ?... Pour avoir assisté à la dernière réunion des Primaires 2006 (le 9 novembre à Toulouse-Labège), et quand bien même étions-nous dans un fief plutôt « fabiusien », je peux vous certifier que lorsqu’elle prît la parole, les quolibets fusaient. Mais, quand j’interrogeais les rieurs, ils m’avouaient qu’ils voteraient pour elle. Parce que les sondages... Ce n’était vraiment pas leur choix de cœur.
Je ne vais pas refaire ici la liste de toutes les peaux de banane que l’appareil a glissées sur le parcours de Royal. Mais rien, rien ne lui a été épargné. Et, durant sa campagne, celle de 2007, l’appareil ne l’a pas soutenue. Pas d’enthousiasme, frilosité à la défendre quand elle s’est retrouvée en difficulté, etc. ; bref, le strict minimum.
Certes, si elle avait gagné, « ils » se seraient rangés derrière elle, mais « ils » n’y croyaient pas. Pis : « ils » espéraient qu’elle se ramasse, et pourquoi pas, dès le premier tour [2].
On connaît l’issue, c’est une défaite.
C’est là, que débute ce que l’appareil appelle « la rénovation », mais qui en réalité, est une « reprise en main » du Parti en vue de 2012.
Elle commence(ra) avec l’élection du premier secrétaire (novembre 2008).
DSK est alors Washington. Mais ses lieutenants (Cambadelis, Moscovici, etc.) sont « aux ordres », et donc, à la manœuvre. Le nom du premier secrétaire est validé, ce sera Martine Aubry. Point barre. Seulement voilà, Ségolène Royal ne l’entend pas de cette oreille. Encore une fois, elle étonne son monde. Sa motion est majoritaire. Vous connaissez la suite… Tricherie ou pas ? Bourrage des urnes ou pas ? Quoi qu’il en soit, comme prévu, c’est Martine Aubry qu’est élue.
Fin du premier acte.
A partir de là, une stratégie se met en place. Elle est simple : « on » va verrouiller les Primaires. Pas question de se faire « doubler » comme en 2006. C’est le fameux « pacte de Marrakech ». Un pacte, qui, on le voit bien, a été conclu bien avant !... Mais bon, restons sur ledit pacte de Marrakech... Il se contracte entre quels protagonistes ? Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Intéressant, non ? Oh que si ! Car dans ce pacte on retrouve les deux vaincus de la Primaire 2006 : DSK et Fabius. Que le monde du PS est petit, n’est-ce pas ?...
On connaît la nature du pacte. DSK sera le candidat du Parti, l’appareil, pour 2012, mais, si jamais, pour une raison X, il ne pouvait se présenter, alors « tout le monde se rangera derrière Martine »... Mais qu’est-ce qui pourrait empêcher DSK « d’y aller » ? Vu que tout est borduré. N’est-ce pas le tout-puissant Directeur Général du FMI, qui pendant la « crise » aura fait « un excellent travail » ? Un homme dont la stature est clairement « internationale » !
Certes, il y aura une « alerte » en octobre 2008. La fameuse « affaire Piroska Nagy ».
Il ne faut, à ce propos, jamais oublier que concernant cette « affaire » les médias américains ont été particulièrement sévères et virulents avec DSK. Bien plus que nos « complaisants» médias français… Mais qu’en disaient les socialistes à l’époque ? Eh bien ils étaient tous derrière DSK. Y compris, à droite... Il faut relire les déclarations, elles sont éloquentes. En voici une d’un strauss-kahnien :
« S’il est blanchi, on se dira juste qu’il est incorrigible. S’il est contraint de quitter le FMI (…) c’est un gâchis » [Libération – 20 octobre 2008].
« Incorrigible »... Que voilà un terme qui résonne particulièrement aujourd’hui !
Tout comme celui de « gâchis »…
Un autre de ses proches (toujours dans le quotidien Libération du 20 octobre 2008) déclarait que :
« Son seul schéma pour 2012, c’est sa réussite au FMI. Une démission lui fermerait les portes »...
Et que dire de cette phrase :
« Il est important qu’il sorte du FMI proprement »…
Mais l’affaire se tasse puis se résout, DSK reste en place, tout le monde oublie, le voilà intronisé « sauveur de l’Europe » et, cerise sur le gâteau, coucou, voilà les sondages. Ils ne le donnent pas vainqueur pour 2012, mais triomphateur. DSK « écrase » Sarkozy.
Fin du deuxième acte.
Le troisième acte, on le connaît, il est « sidérant ».
Mais que ce troisième acte ne nous fasse pas oublier les deux premiers. Tant ils en disent long sur les Primaires 2011. Un simulacre, en vérité.
Reprenons ce que dit en « off » DSK dans Marianne :
« s’il [Hollande] maintient sa candidature dans la course élyséenne au-delà du 13 juillet (…) sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ».
Que nous dit cette phrase (qui sonne comme une menace et qui est, de surcroît, particulièrement violente : « sa vie politique s’arrêtera et il n’aura rien ») ?... Sinon que DSK est persuadé de remporter les Primaires !... Tout est fait, organisé, planifié, pour qu’il soit le vainqueur (et les sondages sont avec lui, comme ils l’étaient en 2006 avec Ségolène Royal). Il ne peut pas y en avoir d’autre(s).
Et quand il dit : « il n’aura rien », il est déjà Président de la République ! « Rien » ça veut dire : aucun ministère. Pas même un poste de sous-secrétaire d’Etat !
Or donc, ce sera « la fin de sa vie politique » (vu son âge). Ainsi, en a décidé « l’appareil » du PS : si François Hollande se « maintient », il sera châtié...
Mais quel aveu ! La preuve (en creux) que ces Primaires ne sont qu’une vaste entourloupe.
Oh oui, il y aurait eu un vote, mais l’affaire, vous le voyez bien, était pliée... Ce n’est pas tricher, nous sommes d’accord, c’est juste de la politique politicienne, ou comment rendre évident un choix (ou : forcer un scrutin). Aussi évident que celui (contraint) de 2006.
J’en suis fort marri, mais je dois reconnaître que sur ce coup-là, c’est le triste Zemmour qu’avait vu juste quand il assénait que « ces Primaires n’étaient que du pipeau ». Tu m’étonnes ! Elles sont (étaient, plutôt) « verrouillées ».
Mais voici le quatrième acte. DSK est « out ». François Hollande (tiens donc !) devient le nouveau favori... des sondages. Or, l'appareil n'en veut pas. C'était « Dominique » ou « Martine ». Personne d'autre(s)...
Et l’on voit bien ce qui est train de se passer.
Et qui ne fait que confirmer la thèse des Primaires « bidons ».
Bartolone, lieutenant de Fabius (un des trois du pacte) demande à ce qu’on annule les Primaires et que les socialistes se rangent derrière la première secrétaire. Il n’est pas le seul. Même si tous ne parlent pas de liquider les Primaires. Mais on voit, et très clairement, que les uns, les autres, activent les courants, les réseaux, font pression sur, pour qu’au final, il y ait un vaste mouvement, quasiment une vague, en faveur de Martine Aubry. Parce qu’elle est est LA « candidate (par défaut ou de substitution) » de l’appareil. Et qu’il est hors de question que des « urnes » sorte un autre nom que celui validé par le Parti. Il n’est pas question de revivre 2007.
CQFD.
Mine de rien, cette « petite phrase » de DSK, dans ce numéro de Marianne, est un autre « (petit) coup de tonnerre ».
Décidément, cet homme a(vait) bien des « failles ». Bien trop de certitudes. Péché de vanité. D’orgueil.
Mais par lui, et à travers lui, on parvient à tout démêler. Petit à petit. Et ce n’est pas fini…
Quant aux Primaires, « sympathisants de gauche » vous savez désormais ce qu’elles valent. C’est à vous de jouer.
Si, bien sûr, elles ont lieu…
[1] L’entretien s'est tenu le vendredi 29 avril 2011, dès 13 heures, dans un salon particulier d’un restaurant du XVIIème arrondissement parisien. Etaient présents, outre DSK, les journalistes Maurice Szafran, Jacques Julliard, Nicolas Domenach, Denis Jeambar, et Anne Hommel, chargée des relations de DSK avec la presse française.
[2] A quelques jours du premier tour de la présidentielle 2007, le 19 avril, nous (Sud Radio) recevions François Hollande. Et là encore, ce fut ce qu’il nous confia en « off » (pendant les coupures pub) qui nous intrigua... Plusieurs fois, il nous demanda si nous pensions que Ségolène Royal pouvait passer le premier tour. Insistant sur le score « sondagier » de Jean-Marie Le Pen, peut-être « sous-évalué » d’après lui.
Bref, il craignait, manifestement, un autre « 21-avril ».
19:58 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons !, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (54) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : primaires 2011, la primaire socialiste, dominique strauss-kahn, martine aubry, françois hollande, laurent fabius, le pacte de marrakech, parti socialiste, la primaire c'est du pipeau, les jeux sont faits, tout sauf hollande, congrès de rennes, élection du premier secrétaire |
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23 mars 2009
Le Retour Des Meilleurs D’Entre Eux
Or donc, on me gausse, on me moque, des pierres on me lance, mais peu me chaut, je maintiens le cap et d’avis ne varie pas, ce que j’écrivais le 27 mai 2008, je le maintiens, mieux, à nouveau je le couche sur ce blog :
Alain Juppé et Laurent Fabius pourraient bien être les deux acteurs principaux de l’élection présidentielle de 2012.
![]()
Sauf que, le 27 mai 2008, la Crise n’avait pas encore montré le bout de son sale nez (quand bien même lors de l'été 2007, elle avait prévenu de son arrivée par ce que j’appelle sa bande-annonce : la crise des Subprimes).
Je veux dire que cette Crise, qui est loin d’avoir dit, hurlé ses derniers maux, renforce cette (folle) hypothèse dans la mesure où les dégâts seront tels qu’elle va, c'est certain, redistribuer les cartes et les rôles politiques.
Alors j’entends, ici ou là que Besancenot pourrait, bien involontairement, en tirer “profit” – c’est d’ailleurs ce qu’escompte l’actuel locataire de l’Élysée dans sa stratégie mitterrandienne de Droite, celle visant à réduire le Parti Socialiste, tout comme le gisant de Jarnac atrophia le RPR avec l’épouvantail Le Pen – ou que le béarnais Bayrou pourrait apparaître comme le recours le plus crédible, la “chienlit” économique lui donnant à rebours raison dans l’argumentaire prévisionnel qu’il développa lors de sa campagne présidentielle de 2007, oui, Bayrou enfin, tant il fait figure d’homme raisonnable, sensé, la parfaite incarnation du bon père de famille, et, par extension, celui de la Nation, ce fantasme bien français.
Mais il en est un autre, bien plus tenace, bien plus ancré, qui, en période de durables tourmentes et de perte(s) totale(s) des repères sociaux-économiques, conduit l’électeur à se tourner vers des valeurs sûres, des hommes à poigne, droits dans leurs bottes, forts en tribune, des hommes comme Alain Juppé et Laurent Fabius.
Oh bien sûr, il est long et imprévisible, le chemin qui mène à 2012, et rien ne dit, aujourd’hui, qu’ils parviendront, ces deux ex "Premier ministre", à déjouer les pronostics, à éviter les pièges, à s’imposer comme une évidence au sein de leurs Partis respectifs – surtout Fabius.
Il est, cependant, un fait non acquis, mais fort probable : en 2012, les principaux objectifs fixés par Nicolas Sarkozy ne seront pas atteints.
Soit :
- Le plein emploi.
- Le retour du pouvoir d’achat.
- Une France de propriétaires.
Il pourra, c’est vrai, désigner la Crise comme première responsable de son “échec”, arguant, si et seulement si la reprise économique se fait sentir, que les mesures qu’il a prises pour la combattre, l’endiguer, nous protéger, étaient les bonnes.
Ce que je crois, c’est que ce seront les sondages d’opinion qui seront déterminants. S’ils sont catastrophiques, pourquoi prendrait-il le risque de quitter la scène politique sur une humiliation ?
Juppé, Fabius, omniprésents, comme par hasard (qui n’existe pas) ces derniers temps dans nos médias, cela paraît incroyable, et pourtant, ce ne serait, à mon sens, qu’un juste retour des choses. Une évidence qui surviendrait avec, simplement, quelques années de retard.
Car enfin, n’était-ce pas ces deux-là qui devaient en découdre un jour, une fois leurs “pères” disparus (Mitterrand) ou rangés des voitures (Chirac) ?
Ce sont les circonstances, les aléas de la vie politique qui auront contrarié leur destin. Certains parleront de justice. Elle est, en effet, leur point fatal et commun.
En 1995, ce n’est ni Delors, encore moins Jospin, qui auraient dû représenter le PS à la présidentielle.
Mais Fabius.
Seulement voilà, quatre ans auparavant, en avril 1991, éclate le scandale, celui du “sang contaminé”. Fabius est en première ligne. Dès lors (sans jeu de mots ..) il lui est impossible de se lancer, comme prévu, dans la course élyséenne. Il doit attendre que la justice rende son verdict. L’innocente.
Ce sera chose faite le 9 mars 1999. Ce jour-là, la Cour de Justice de la République le relaxe.
Mais ça ne suffit pas.
Pour le peuple, du moins une partie non négligeable, il reste indissociable de cette “affaire”. Il reste "coupable". C’est injuste, mais c’est ainsi. Le peuple pensant, à tort, et au mépris de toute justice, qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Or, et combien de fois faudra-t-il le rappeler, Laurent Fabius, dans cette “affaire”, a été re-la-xé !
C’est une décision souveraine, une décision importante, elle devrait être respectée par le peuple. Le peuple, celui que De Gaulle traitait de veau, serait pourtant le premier à exprimer son soulagement et sa gratitude si une Cour venait à rendre la dignité de son fils ou de sa fille. Pour son fils ou sa fille, oui, mais pour l’autre, non ! D’autant plus, si c’est un puissant à ses yeux. Pour le peuple, la justice est suspecte quand elle disculpe un puissant. C’est non pas du poujadisme, c’est de la crasse bêtise.
Quoi qu’il en soit, Fabius a vu le train des présidentielles (1995, 2002, 2007) lui passer sous le nez. Mais jamais, il ne renoncera.
Il sera là, en 2012.
En 2007, ce n’est pas Sarkozy qui doit représenter la Droite aux présidentielles.
Mais Juppé.
Car c’est bien le maire de Bordeaux qui fonde en 2002, cette machine de guerre électorale, l’UMP. Il en devient le Président. Sauf que, et il le sait, la justice l’attend. Depuis 1998. Les emplois fictifs.
La sanction tombe, en janvier 2004.
Un an d’inéligibilité, 14 mois de prison avec sursis, après appel. C’est fini. C’est râpé. Il ne peut plus être l’homme de 2007. Il rend tous ses mandats, s’exile au Québec. Et QUI prend, à la hussarde, les rênes de l’UMP ?
Nicolas Sarkozy !
Et justement !
Oui, justement, comme elle est intéressante, comme elle fait écho, la trajectoire de Nicolas Sarkozy. C’est même un cas d’école. Mieux, elle renforce l’hypothèse d’un (éventuel) retour de Juppé, comme de Fabius. Quand bien même les chemins ne seraient pas les mêmes, je veux dire que – pour le moment – ce n’est pas la justice qui freina l’actuel chef de l’Etat dans ses ambitions, mais des défaites électorales majeures.
En 1993, il devient Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement Balladur. Le voilà sur orbite. En 1995, il choisit son camp : ce ne sera pas Chirac. Il préfère son “ami de trente ans", Edouard, qui en fait son porte-parole de campagne. Son nom circule quand on évoque celui du futur Premier ministre.
On connaît la suite.
Balladur ne passe pas le premier tour. Sarkozy endosse, à son corps défendant, l’image du traître. Il est presque mort politiquement. A lui, la traversée du désert.
Et comment en sortira-t-il, de ce désert ?
Par un un miracle : la dissolution de l’Assemblée Nationale, en 1997 ! C’est elle, dans sa débâcle, qui va lui permettre de revenir. A croire que ce type a le cul bordé de nouilles ! Lui, le pestiféré, devient Secrétaire National du RPR, puis, Président par intérim de ce même Parti. Quel incroyable retour, non ?
Mais il sera de courte durée.
En juin 1999, la liste qu’il conduit avec Alain Madelin aux Européennes se classe troisième, très loin derrière celle de Francois Hollande et à un poil de pourcent de celle emmenée par le tandem Pasqua/De Villiers. Ce n’est pas une défaite, c’est une déroute. A ce point, que le 14 juin 1999 – que je propose comme date de joie nationale et jour férié – Nicolas Sarkozy démissionne de son mandat de Président du RPR, de toutes responsabilités au sein du Parti “présumé” Gaulliste et .. se retire de la vie politique ! Pendant près de trois ans, il exercera son métier d’avocat.
C’est le 21 avril 2002, ce que l’on nomma un séisme politique, Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002, qui va favoriser l’impensable : son retour en politique. Et il sera tonitruant.
Il devient le "Monsieur sécurité" du gouvernement Raffarin. Puis celui de son pire ennemi : Dominique De Villepin.
On connaît la suite : Chute de Juppé, prise de l’UMP, l’affaire est pliée.
Oui, elle est particulièrement intéressante la destinée de Nicolas Sarkozy. Un homme politiquement mort deux fois, et qui, en définitive, bénéficiant de circonstances abracadabrantesques en tire le maximum possible : l’Élysée.
Sa trajectoire démontre qu’en politique rien n’est jamais perdu, rien n’est jamais fini, démontre que oui, tout est possible, y compris l’improbable.
Et Laurent Fabius comme Alain Juppé ne l’ignorent pas.
Pourquoi voudrais-tu que ces deux hommes renoncent à leur destin ?
Rien, ni personne, ne les fera renoncer tant qu’il ne sera pas avéré qu’ils n’ont pas une chance de le réaliser.
Et cette chance, fut-elle ironie, c’est la Crise.
Ils sauront, tant ils sont brillants, intelligents, naturellement doués, non pas en profiter, mais patiemment, s’imposer comme deux évidences. Deux repères. Deux recours.
Car ils sont à ce jour, de leurs Partis respectifs, de (très) loin, les meilleurs.
Ils le savent.
Et sauront le faire savoir.
20:11 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : laurent fabius, alain juppé, crise financière, perspectives 2012, emplois fictifs, sang contaminé, destin politique |
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