04 juillet 2009
En Finir Avec Jean-Pierre Pernaut
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Pernaut, je sais, ce serait peine perdue. Et alors ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire que ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ?
Cette attitude qui consiste à dire pour presque tout et à tout bout de champ “ce n’est pas grave !” – comprendre qu’il y a plus grave que “ça” .. – présente un danger, c’est qu’au final, plus rien ne semble grave. Tout est minimisé. Réduit.
Moi, je refuse la “ce-n’est-pas-grave-attitude”. Tout comme je refuse de faire comme si le “JT'” de Jean-Pierre Pernaut n’existait pas. On ne peut ignorer un "journal" dont la part de marché atteint régulièrement les 50%, ce qui signifie que, à cette heure-ci, un français sur deux regardant la télévision s’envoie du Pernaut. On pourrait dire, tant pis pour eux, c’est leur problème, sauf que, c’est surtout tant pis pour nous, c’est avant tout notre problème, tant cette masse impressionnante de gens désinformée et/ou privée d’informations réelles, c’est de la chair à canon pour les prochaines élections.
C’est bien joli de se plaindre, de dire qu’on n’en peut plus du Sarkozy, du Lefebvre et du Guaino, qu’aux élections prochaines on leur fera la peau, il faut bien comprendre que si, le peuple est mal informé, conditionné, “Pernaut-isé”, tu n’auras pas, par les urnes, la peau de Sarkozy-Lefebvre-Guaino.
Voilà pourquoi il est essentiel, primordial de se battre pour une information de qualité, la réclamer, toujours et encore ; voilà pourquoi il ne faut pas dire que Pernaut, ça n’a aucune importance, que ce n’est pas grave ; voilà pourquoi il faut monter au créneau, et tous les jours s’il le faut, pour en finir avec Jean-Pierre Pernaut.
Mais que les choses soient bien claires : que Pernaut soit picard et de Droite, je m’en fous. A la limite même, tant mieux (pour lui) ! Tout comme je me fous que Duhamel soit centriste. Ça ne me choque pas, moi, qu’un journaliste ait des opinions (et une conscience) politiques. Au contraire ! Je les encourage ! A partir du moment où le journaliste conserve son indépendance, je veux dire qu’il n’entretienne avec le politique aucune connivence.
Le problème c’est comment l’information est donnée, délivrée. Et laquelle.
Comment l’information est traitée et/ou maltraitée. Et pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre.
Or donc, voyons à quoi elle ressemble, voyons si seulement elle existe, l’information, chez Pernaut.
Nous sommes jeudi. Le 2 juillet 2009 - Je précise que j’aurais pu tout aussi bien prendre le “JT” de la veille ou du lendemain, tant ils sont isocèles.
”Un peu moins de soleil, mais de la chaleur et des orages ..”
C’est par ces mots que Pernaut ouvre son "journal". C’est le titre principal. C’est l’info. Une carte météo.
“Et puis notre coup d’œil désormais quotidien à la météo de VOS plages ..”
C’est donc le titre second. Après la météo générale, celle de TA plage.
“ET DONC D’ABORD, ces orages qui ont été TRÈS violents, hier, dans l’Ouest (…) Des sortes de mini-tornades (…)”
Et voici le premier reportage. Nous sommes en Loire-Atlantique. Un peuplier est mort. La population est sauve. Une dame dit : “On avait peur !”. Alors on nous montre des pompiers. On pense à Groland. Les reportages de Vincent Marronnier.
On ne comprend pas très bien, ces images. Leur nécessité. Qui ça peut intéresser. On cherche, mais on ne saisit pas l’urgence. Est-ce qu’un peuplier mort qui effraie une dame serait plus important qu’une armée tirant sur la foule ?
”Des orages impressionnants aussi en Espagne, nous dit Pernaut (…) Les grêlons, on le voit sur ces images, étaient parfois gros comme des balles de golf. EN MÊME TEMPS, il continue à faire très chaud sur la quasi-totalité des régions françaises ..”
On ne pige pas ce : “en même temps”. Qu’est-ce qu’il vient faire là ? Quel est le lien ? C’est absurde ! .. “Madame Potillon, est-ce que vous voulez boire quelque chose ?” demande une infirmière. Nous sommes dans une maison de retraite. “Les Provinces Du Nord”. Suzanne s’est équipée d’un ventilateur. Qu’elle coupe la nuit.
Mitterrand, lui, veut nous couper Internet. Et rapidement. La loi Hadopi 2. Mais ça, on en parle pas chez Pernaut. Pourtant, la transition aurait été impeccable : “Si Suzanne coupe son ventilateur la nuit, EN MÊME TEMPS, Frédéric Mitterrand, tout frais ministre de la Culture ..”. Mais non. Dommage. Surtout pour le “tout frais”. Il aurait pu amener le reportage suivant “traitant” de “la canicule” ..
”Dans le Midi, la canicule aussi, jusqu’à 35 degrés dans l’Hérault où y’a DÉJÀ beaucoup de vacanciers, et c’est pas facile de se rafraîchir ..”
Il a l’air de rien comme ça, ce lancement. Pourtant, il est lourd de désinformations et de sous-entendus.
Désinformation, car la canicule dont nous parle Pernaut n’existe pas. Juste, il fait chaud. Or, ce terme “canicule” est précis, délimité. Mais Pernaut s’en fout. Il a décrété que c’était la "canicule" et pis c’est tout. Ce qui aurait pu être la première véritable information de ce journal est une information fausse.
Pour le reste, “où y’a déjà beaucoup de vacanciers” c’est vu de la fenêtre de Pernaut. Rien ne prouve que ce soit réellement des vacanciers. Ça peut être des autochtones. Et puis “beaucoup” ça veut dire quoi ? En fait, Pernaut ami des régions, fait du “bruit”, sous-entend que malgré la crise, le français part “DÉJÀ” en vacances. Tout va bien, quoi ! Quantités d’études prévoient le contraire, mais Pernaut n’en a rien à péter. Il veut faire passer un message positif. Irréel. Déconnecté.
Et c’est alors que survient l’impensable.
Il est 13h07.
”On repartira tout à l’heure dans les régions, mais d’abord, LE RESTE de l’actualité, et d’abord, BIEN ÉVIDEMMENT, les suites de la terrible catastrophe aérienne aux Comores, la jeune rescapée, la seule rescapée a été rapatriée ce matin à Paris (…) Cette jeune fille de 13 ans et demi …”
Or donc, pour Pernaut, “cette jeune fille de 13 ans et demi” (en fait, elle aura 13 ans le mois prochain ..) c’est un "RESTE" de l’actualité.
[ … Silence religieux et dans la foulée, méditation transcendantale poussée .. ]
Bon, “EN MÊME TEMPS”, c’est pas faux : Bahia, c’est effectivement tout ce qu’il “RESTE” du crash de l’Airbus A310.
Mais que veux-tu, quand tu n’écris pas ton journal, tant il est flagrant qu’il ne l’est pas (“Mais D’ABORD, le reste de l’actualité, et D’ABORD ..”) voilà le genre de parallèle fâcheux (Bahia, seule rescapée, considérée comme un “reste” …) et fort peu élégant qui te pend au nez.
Nonobstant le fait que c’est elle, Bahia, qui aurait pu faire l’ouverture du journal, et non un peuplier mort de Loire-Atlantique.
”Sachez que cet après-midi, Nicolas Sarkozy présidera une cérémonie INTER RELIGIEUSE d’hommage aux 152 victimes dont 66 français, VOUS LE SAVEZ ce sera à la mosquée de Paris et EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X …”
Est-il bien utile de commenter cette phrase ? Est-ce un journaliste qui nous parle ou un stagiaire ? Que veut dire ou sous-entend ce “vous le savez (ce sera à la Mosquée de Paris)” par exemple ? Est-il bien certain que Nicolas Sarkozy se rend à cette cérémonie pour la “présider” ?
Quoi qu’il en soit, son “EN MÊME TEMPS la justice française a ouvert une information judiciaire contre X” lui permet de faire enfin une transition qui tient la route, vu que suit l’actualité judiciaire avec, non pas les dix prévenus comparaissant devant le tribunal de Pontoise (Villiers-le-Bel) mais un “Tribunal de Pontoise sous TRÈS haute protection”.
Puis, on apprend qu’il y aurait (comme dans l’automobile traitée hier) des "signes" de reprise dans l’immobilier :
”Les baisses de prix dans l’immobilier semblent se calmer (???) et ces baisses (décidément, il n’écrit pas son journal, c’est clair) ont entraîné une petite reprise des transactions UN PEU PARTOUT, ça dépend BIEN SUR des régions et des villes !”
On note le souci de la précision chez Pernaut, marqué par ce “un peu partout”. Ça veut dire quoi, c’est où “un peu partout” ? On ne sait pas. Mais lui, non plus. Encore une fois, il décide que voilà, ça repart "un peu partout" dans l’immobilier. C’est du même ordre que les vacanciers DÉJÀ nombreux dans le Midi. C’est une "info Pernaut". Confirmée nulle part.
“On repart à l’étranger maintenant ..”
On repart ? .. Ah oui ! C’est vrai qu’on y a fait un tout petit tour (10 secondes à tout casser) en début de "journal". L’Espagne et ses "grêlons gros comme des balles de golf".
” .. Avec toujours une grande confusion autour des obsèques de Michael Jackson ..”
Et ce sera presque tout pour l’étranger. Le Honduras, l’Iran, la Corée du Nord, la zone Euro qui vient d’atteindre son taux de chômage le plus haut depuis 10 ans, et même François Fillon en visite à Bagdad, ça n’est pas digne d’intérêt pour Pernaut. Pour les 6 millions et quelques de personnes qui le regardent ..
Presque tout, disais-je, car il “restait” ceci :
”Toujours à l’étranger un mot de l’épidémie de grippe porcine ..”
On ne comprend pas bien ce “Toujours à l’étranger” ... Cette grippe ne touche-t-elle pas aussi la France ?
N’est-ce pas plutôt une pandémie qu’une “épidémie” ?
Une grippe A/H1N1 qu’une grippe “porcine” ?
En dix mots seulement, Pernaut vient de commettre trois erreurs. On peut dire que “c’est pas grave”, je sais, mais non ! On peut dire aussi que ça suffit ! Que y’en a marre.
Même si, je le concède, ce journal n’est pas le pire qu’il ait présenté. C’est vrai. Il est même sans intérêt. Et alors ? Il faut s’en foutre ? Faire comme s’il n’existait pas ? Se dire “c’est pas grave” que des millions de citoyens, d’électeurs soient mal informés, désinformés, qu’on les déconnecte sciemment de la réalité et ce quotidiennement ? Que ça ne prête pas à conséquences ?
Ne pas vouloir comprendre ou admettre qu’une élection (y compris la majeure, la présidentielle) se joue ou peut se jouer justement par un mauvais traitement de l’info, chez Pernaut comme ailleurs, c’est accepter d’être asservi.
C’est aussi accepter la mort de la démocratie.
Or moi, je refuse de la voir mourir (même si elle est déjà bien atteinte).
Voilà pourquoi il faut monter au créneau, tous les jours s’il le faut, écrire, alerter, se mobiliser, se battre, tout faire pour que ça cesse ; en finir avec Jean-Pierre Pernaut.
14:04 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : le jt de 13h de jean-pierre pernaut, pourquoi il faut en finir avec jean-pierre pernaut, désinformation, la télé c'est la mort de la démocratie, jean-pierre pernaut, pour pernaut bahia est un reste de l'actualité |
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28 mai 2009
Je Ne Marche Pas à La Susan Boyle
On dit qu’elle a le physique ingrat, Susan Boyle. C’est vrai …
Elle est grosse, elle est moche et plutôt du genre velu, Susan Boyle.
On a tous connu, une Susan Boyle. A l’école. Au collège. Au lycée. Au boulot. Et … on lui en a fait baver, tu te souviens ? Et pas qu’un peu, nom de Dieu !
C’est bien d’elle, non, dont on se moquait et sans compter ?
Allons, ne fais pas celui qui ne se souvient pas ! Tu sais très bien, que c’est elle qu’on a rejetée, sifflée, brimée même. C’est elle que nous ne n’invitions jamais à nos soirées. Et aujourd’hui, voilà que .. nous l’applaudissons ? … Tiens donc ! …. Voilà qu’on s’ébaubit, qu’on s’émeut même de – comment dire ? – son .. “incroyable destin”.
Comme une revanche sur la vie qui jusqu’ici ne l’avait pas gâtée. Faut dire aussi, qu’on ne l’a pas vraiment aidée, notre Susan Boyle personnelle. Ou alors, un jour, comme ça, en passant, à peine mité par je ne sais quel sentiment de culpabilité, des remords à pas cher et passagers, une curiosité mal placée, on est allé vers elle, pour très vite, s’en débarrasser. Retourner à la meute. A nouveau, se gausser.
Mais aujourd’hui, on l’applaudit.
Aujourd’hui, c’est notre Susan à nous. Oui, à nous ! … Car elle nous appartient, tu comprends ? C’est NOTRE copine, désormais ! Alors qu’elle est toujours aussi moche, grosse, velue et sapée comme un sac ! Mais … MAGiiiiiE ! ça ne nous dérange plus ! On trouverait même que, finalement, ça a du style ! … Et tu sais quoi ? … J’te fiche mon billet, qu’y a des sagouins, des qui s’emmerdent pas, des pas gênés, qui doivent clamer haut et fort qu’ils le savaient bien, tiens ! qu’elle avait du talent, qu’elle était exceptionnelle, la Boyle ! Même qu’ils l’avaient toujours dit. Et ne crois pas qu’elle est, cette attitude, britannique. NooOOOon ! C’est juste la nature humaine qu’est ainsi faite.
La saloperie, vois-tu, ça n’a pas de nationalité. L’être humain est un sale type. Moi, le premier.
Et toi, avec.
Nonobstant, je dois te faire un aveu : je n’applaudis pas. Je ne m’ébaubis pas. Je ne m’émeus point. Je ne marche pas à la Susan Boyle.
Et tu sais pourquoi ?
Parce que c’est un attrape-cons comme sait si bien et quasi quotidiennement nous fabriquer cette machine à broyer qu’est cette pute, cette femme, cette salope : la télévision !
L’on me rétorquera que, dans ce genre d’émission, un télé-crochet, c’est le public qui vote, qu’a le pouvoir, celui de désigner la star, et qu’elle est là, la victoire, parce que le public ne suit pas les "critères", ceusses qu’on lui impose chaque jour dans les médias via la publicité, tu sais ces "critères" qui disent que pour réussir il faut être comme ci, comme ça, belle, élancée, lookée, rebelle, minaudante ou mystérieuse, écervelée ou sophistiquée, sans oublier le milieu social bien sûr ! pas trop bas, pas trop haut non plus, faut pas déconner - à moins d’être la fille ou le fils de, là, c’est différent, t’as ton ticket dès la sortie vaginale - oui, ces critères, eh bien le public les envoie péter en consacrant une Susan Boyle, celle-là même dont il se moquait hier, celle-là même qu’il rejetait, il décide d’en faire un symbole. SON symbole ! Car ce n’est pas Susan Boyle qui prend sa revanche, mais le public ! Contre les critères qu’on lui impose, qu'il subit. Il fait de Susan, SA chose !
Or, ce n’est pas la sienne.
Mais celle de la télévision.
Et des publicitaires.
Comme l’était Magalie Vaé, notre grosse à nous de la Star Academy. Celle que tu as élue, pour la même raison que le public anglo-saxon va élire Susan Boyle, parce que, elle aussi, Magalie, ne correspondait pas aux "critères".
Et une fois élue, tu l’as acheté son disque ?
Bien sûr que non !
Une fois élue, tu l’as oubliée.
Car ta nature est ainsi faite.
Et la télévision le sait bien.
La télévision se sert de Susan Boyle, car elle te connait. Elle te connait bien. Elle sait que tu vas marcher. A fond les ballons. Et d'ailleurs, vas-y que je te "buzz" l’affaire sur Internet, comme si c’est TOI qui l’avais découverte, Susan Boyle !
La question, la seule qui vaille, est la suivante : pourquoi ?
Pourquoi la télévision te propose-t-elle ce qu’elle sait pertinemment être "ton" futur vainqueur ?
La réponse est simple : parce qu’elle veut te vendre quelque chose.
Ici, elle te vend un conte de fées. Clés en mains. Il est tout "pipeauté", ce conte de fées, mais peu importe ! L’important c’est que le public y adhère. Y croit. Et tout est fait, organisé, pensé, pour que ce soit le cas. Et C’EST le cas !
La télévision se sert de Susan Boyle pour te faire passer ce message : si Susan y arrive, alors toi aussi, tu peux y arriver ! Toi qui ne corresponds pas aux “critères”. Toi qui pensais que tu n’avais aucune chance, eh bien tu vois, regarde, c’est possible ! Toi aussi, tu peux, dans ce monde, vivre un contre de fées !
C’est fantastique comme message, non ?
C’est dégueulasse, surtout. Au sens Léo Ferré, du terme.
Parce que c’est un mensonge, un ignoble mensonge.
A quoi sert-il ?
A te mentir demain.
Qui sert-il ?
Ceux qui te mentent tous les jours : les décideurs, les industriels, les publicitaires. Les faiseurs de "critères".
Et même, les politiques.
Oui, les politiques !
Tu n’imagines pas quelle était leur joie quand ils constatèrent le succès rencontré par le “Loft” ... Alors comme ça, ça ne nous posait aucun problème, ou si peu, de mater, via des caméras, des jeunes évoluer dans leur intimité ? … Tiens donc ! … Comme c’est intéressant ! ... Non parce que, avant le “Loft”, fallait voir les réactions outrées quand un maire installait dans sa ville des caméras de vidéosurveillance ! Atteinte à la vie privée et tout le tralala ! Mais après le “Loft” que tu as consacré, validé, cet argument ne tient plus. Tu comprends ?
La télévision ce n’est pas innocent. Jamais !
La télévision est un immense laboratoire dont nous sommes les grenouilles. Elle teste sur nous de nouveaux produits (et toujours plus dangereux, notamment pour la démocratie) et selon notre réaction, le politique en tire des conclusions.
Mais pas que lui.
Les publicitaires, aussi. Surtout.
Or donc, concernant Susan Boyle, il ne s’agit que de mensonge. De voir, si ça mord. Encore. Si c’est oui, et c’est le cas, alors ça veut dire qu’ils peuvent te mentir demain. Tout va bien !
Tu crois aux contes de fées ? Génial !
Eh ben on va t’en servir un bien joli demain, mon pote ! Un bien gratiné !
Comme par exemple, te faire croire qu’ensemble, tout est possible ! Tu te souviens, hein, de ce slogan publicitaire …
C’est elle, la publicité, les publicitaires, qui énoncent et font les "critères". Ce ne sera jamais toi. Ni moi. Et surtout pas Susan Boyle. Dont ils se servent. Et se moquent !
Ces gens-là, les faiseurs de "critères", tu ne les connais pas, et tant mieux pour toi ! Ils vendraient leurs mères. Ils écorcheraient un chat, juste pour le plaisir. Celui de le voir saigner.
C’est eux qui font danser le monde. Et le monde n’est pas un conte de fées. Parce que, justement, c’est eux qui le font. Et le défont. Où ils le veulent. Et quand ils le veulent.
Susan Boyle n’est qu’un appât. Rien d’autre. Et toi, tu mords.
Au mieux, elle profitera un peu de cette gloire éphémère, puis doucement, retrouvera l’anonymat. La solitude. Et tout le monde s’en foutra. Nous les premiers.
Au pire, elle sera broyée. Détruite. Ce ne sera pas la première. Mais là encore, personne ne s’en préoccupera. On s’en battra les couilles comme de notre première Loana.
Et puis, dans cinq ans, ou dix, les médias iront la voir, faire du reportage, de l’audience, et donc des écrans publicitaires.
Ils iront la voir dans sa petite maison tranquille, seule et triste, ils iront la voir comme ce chômeur qu’a gagné au loto, et qui ne sachant pas gérer l’argent, le trop d’argent – mais comment le pourrait-il ? – a tout perdu.
Elle aime bien ça, la télé, les gens qui rentrent dans le rang. Qui retrouvent leur milieu social.
Après t’avoir fait croire aux contes de fées, elle remet les pendules à l’heure, la télé, pour mieux te vendre via les publicitaires, demain, un autre mensonge, une autre Susan Boyle.
Celle dont tu te moquais hier - tu te souviens ? - celle que tu applaudis aujourd’hui, et que tu oublieras demain.
Musique n’ayant rien rien à voir avec ce billet. C’est juste comme ça. Pour oublier. Oublier ce qui est laid, la télévision, les publicitaires, la nature humaine ..

[Nina Hagen Band : "Naturtrane" - 1978]
23:05 Écrit par Philippe Sage dans Télévision, Piège à Cons | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : susan boyle en finale de britain's got talent, magalie vaé, loana, loft story, star academy, la télé c'est la mort de la démocratie, la télé c'est un outil pour installer une dictature |
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