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27 juin 2009

Quand Le MEDEF Se Tait … Ca Sent Mauvais !

J'Aime Beaucoup Ce Que Vous Faites, Nicolas ...

Oh mais dites-moi, j’y pense soudainement, cela fait combien de temps que le MEDEF ne s’est point exprimé via la douce voix de crécelle de Laurence Parisot ?
Avouez que c’est tout de même étonnant, pour ne pas dire curieux, ce silence tout relatif de la “patronne des patrons” !
Alors que, morbleu, l’heure est grave et la crise ravage !
Nous connûmes par le passé un MEDEF plus opiniâtre, plus pugnace, moins en retrait, et en des temps où l’actualité économique était moins préoccupante qu’aujourd’hui ! En des temps où le capitalisme triomphait ouvertement ou en loucedé, venait gonfler les poches déjà bien abondantes d’un Bernard Madoff.

Oh oui, comment se fait-il qu’en cette période difficile, de chômage de masse, de récession, de déficits abyssaux, nous n’ayons point le plaisir doux et amer à la fois de “bénéficier” de l’avis éclairé de Madame Parisot ?
Il y eut pourtant matière, ces dernières semaines, à montrer le bout de son nez, ânonner quelques mots et merveilles, tenez, à la suite, par exemple, de cet évènement qualifié d’historique, l’allocution versaillaise et présidentielle, suivie d’un médiatique et “hortefique” remaniement.
Oui, comment Madame Parisot put-elle rester muette à ce chant, cet aveu, “L'actionnaire doit être justement rémunéré !”, à moins qu’elle considérât qu’il ne s’agisse d’un lapsus, ou d’une langue qui fourche saisie qu’elle était, par l’émotion, celui du moment, omnipotent.

Où est donc passée, nom de Dieu, la hargne légendaire et si peu ouvrière de Madame Parisot ?

Certes, elle fit une apparition, mais ô combien modeste, à la mi-juin dernier, dans ce France 2 de JT. Il faut dire que deux jours plus tôt, l’Hortefeux avait suggéré que l’on reculât de 7 longues années l’âge légal du départ à la retraite. Comment aurait-elle pu se dérober ? Après tout, n’était-ce pas ce que le MEDEF préconisait ?
Est-ce parce que "la crise" que Madame Parisot la joua petit bras atténuant le propos gouvernemental exprimé "à titre personnel", en rappelant que, de son côté, elle se contentait d’un départ à la retraite aux environs de 63 ans et demi … Assorti, tout de même, d’une augmentation de la durée des cotisations. Ah ben, que voulez-vous, on ne se refait pas ! Faut quand même pas déconner ! Autant Jack Lang est né socialiste et mourra socialiste, autant Madame Parisot est née MEDEF et mourra MEDEF ! Sauf que elle, c’est chose certaine. Alors que pour Jack Lang, la messe est dite .. Et depuis fort longtemps !

Oui, il y avait matière à se montrer, à déclamer, ces dernières semaines, tiens Michelin ! Mais non. On ne la ramène pas. On se tait. On fait le mort. Peut-être pas la meilleure idée. Parce que, depuis, chez Michelin, y’a eu un mort. Un vrai.

Oui, je sais, elle s’est “manifestée”, c’est vrai, Madame Parisot, le 11 juin dernier. Il était question de “voler” au secours des patrons. Ceusses des petites et moyennes entreprises ! C’était sur France Info. De bon matin. La “patronne des patrons”, paraphrasant ce fieffé poitevin de Jean-Pierre Raffarin, invitait à adopter la … “PME Attitude”.
Mais inviter qui ? Et pour quoi ?
Le honni, le patron du CAC ?
Pensait-elle, la péronnelle, que, par exemple, l’hyper PDG de chez Total puisse se comporter comme le patron d’une PME familiale, sous-entendu vertueusement – ce qui reste à prouver, tant, de ce côté là itou, j’en ai connu des saligauds, et des gratinés ! - et ce jusqu’en Birmanie en passant l’Irak ?
Non. Oh que non ! Il ne s’agissait point de cela. Mais d’être solidaire avec les petits patrons qui souffrent. Elle eut été bien inspirée, Madame Parisot, de préciser pourquoi, et de quoi souffraient-ils. Sans doute, mais je ne suis pas un spécialiste, à cause du gros, celui du CAC, et pis aussi, du banquier, celui que l’État a sauvé, mais qui, lui, le banquier, rechigne à sauver le petit patron. Même que le banquier, il lui couperait le robinet. A pognon.

Mais bon, en défendant le patron, fut-il petit, elle est dans son rôle. Il serait tout de même abracadabrant qu’elle s’inquiétât du sort funeste des salariés ! Qu’elle incitât le gouvernement à donner un petit coup de pouce au Smic ! Elle n’est pas programmée pour cela, Madame Parisot. Tout comme la CFDT (et désormais la CGT) n’est pas … n’était pas censée donner un gros coup de pouce au gouvernement et au patronat en la jouant mollassonne sur les manifestations …

Or donc, pourquoi ce silence du MEDEF en ces temps économiques troublés ? Pourquoi cette “coititude” alors que nous traversons une crise qui serait la plus épouvantable depuis un siècle ?

Qu’il me soit permis de penser, pour reprendre une "expression-phare" du chef de l’État, que si le MEDEF est à ce point muet, c’est parce que quelqu’un d’autre parle .. à sa place ! Et non seulement parle, mais également suggère, préconise puis applique le programme du MEDEF !
Dans ce cas, pourquoi voulez-vous que ce dernier la ramène ou crie victoire ?
D’autant plus en ces temps de crise et de grande souffrance ouvrière ; ce serait d’une indécence !

Oui, qu’il me soit permis de penser que si le MEDEF est à ce point discret, ou quasiment, c’est parce que quelqu’un parle et agit à sa place !

Mais qui ?

Et si c’était, tout bonnement, Nicolas Sarkozy et son orchestre ?

Ce qui signifierait que, petit à petit, dans ce pays, l’emporte une logique purement patronale.
Et donc, au détriment des salariés, des ouvriers.

Et l’on comprend alors la raison du silence, celui du syndicat patronal, et l’on en tire une maxime, une vigilance, à méditer :
Quand le MEDEF se tait, pour le salarié, l’ouvrier, ça sent mauvais ; TRÈS mauvais !

 
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