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18 avril 2009

Les Excuses De Marie-Ségolène N’Engagent Ni La France, Ni Les Français

Par Intérêt Plus Que Par Don

Or donc Marie-Ségolène Royal a, par lettre, présenté ses excuses à José Luis Zapatero pour les propos tenus – en privé - à l’égard du Président du gouvernement espagnol par Nicolas Sarkozy, propos qu’elle qualifie d’injurieux et qui, ajoute-t-elle, n’engagent “ni la France, ni les français”.

Pour la (très) petite Histoire, est-il bien utile de rappeler que – selon le quotidien Libération – Nicolas Sarkozy, cet homme aux six cerveaux parfaitement irrigués, aurait déclaré – entre autre - que Zapatero “n’est peut-être pas très intelligent”.
C’est donc cela, “Zapatero n’est peut-être pas très intelligent.”, qui pose visiblement un problème à Marie-Ségolène.

Moi, ce qui me pose un vrai problème, c’est qu’elle prend ce qu’elle veut des propos présumés tenus par le chef de l’État, ce qui ressemble fort à de la malhonnêteté intellectuelle.
Une sale habitude chez nos politiques – et malheureusement aussi, chez le camarade journaliste, dont on attend moins des phrases sorties de leur contexte qu’un Verbatim.

J’en veux pour preuve éclatante cette phrase de Michel Rocard :
“La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en assumer sa part” constamment réduite à : “La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde.”
En omettant volontairement la partie la plus essentielle de la parole rocardienne, soit que notre pays doit – et c’est bien cette notion de devoir qui est là, essentielle - de la misère du monde, en assumer sa part, le politique travestit à desseins les propos de Michel Rocard, lui faisant même dire ce qu’il n’a pas dit, afin de justifier, qui une immigration “choisie” et non plus “subie”, qui une (impossible) fermeture de nos frontières.

Marie-Ségolène use de la même ficelle, la réduction à des fins personnelles et politiques d’une phrase émise, pour faire mine de s’offusquer dans une vaine colère des “propos injurieux” de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero.
Il suffit de prendre la phrase dans son entièreté pour démontrer la malhonnêteté intellectuelle de la Dame de Melle :

«Il n’est peut-être pas très intelligent. Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»

Sans oublier de préciser, tant c’est important, que cette phrase de Nicolas Sarkozy venait juste après celle-ci, troublante, prononcée par le socialiste de type landais, Henri Emmanuelli :

«On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero»

Il est intéressant de noter que Sarkozy traduit brutalement ce “On peut dire beaucoup de choses sur Zapatero” par “Il n’est peut-être pas très intelligent”.
Qu’il me soit permis de penser, pour reprendre un gimmick sarkozien, qu’il ne fait que dire tout haut, et parce qu'il le sait, ce que pense tout bas Henri Emmanuelli de … Zapatero.
Car, oui, ce n’est pas tant Nicolas Sarkozy qui estime que le chef du gouvernement espagnol n’est "peut-être pas très intelligent", mais bien notre socialiste landais.
Quand on remet les mots à leur place, et dans l’ordre juste de la discussion, c’est une évidence. Et d’autant plus – et c’est primordial - quand on connaît le parcours, les idées et les convictions d’Henri Emmanuelli.

Quant à la suite : «Moi j’en connais qui étaient très intelligents et qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle»

C’est une vraie vacherie adressée … aux socialistes français, car il est clair qu’il fait là, allusion à Lionel Jospin.

Marie-Ségolène Royal aurait été plus inspirée d’envoyer une lettre à l’exilé de l’Ile de Ré qu’à José Luis Zapatero. Mais pour lui dire quoi ?

Or donc, il n’y a aucun propos injurieux de la part de Nicolas Sarkozy à l’égard de José Luis Zapatero, Marie-Ségolène le sait bien et c’est à des fins strictement personnelles qu’elle réduit les propos présidentiels.
Voilà pourquoi les excuses (ridicules) de Madame Royal n’engagent qu’elle et ne nous concernent pas.

Si elle voulait vraiment être utile à son pays, nous rendre service, elle ferait mieux de s’insurger de propos réellement injurieux tenus le 18 mars dernier devant des dirigeants de la Majorité par le chef de l’État à l’égard des journalistes, propos rapportés par le Canard Enchaîné paru ce mercredi 15 avril 2009 :

”Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule. Il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore, les bandits, eux, ont une morale.”

Injurieux et TRÈS inquiétant.

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