01 janvier 2012
Bonne Année En Un Dessin
00:05 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 2012, bonne année, pancho, canard enchaîné, nicolas sarkozy, la france d'après |
| |
18 décembre 2010
Un Boulevard (De Plus) Offert Au Front National
« On ne réconciliera les Français avec la politique que si les hommes politiques sont irréprochables.
Irréprochables dans leur comportement personnel.
Irréprochables dans leur comportement politique. ».
[Nicolas Sarkozy – Discours au Futuroscope de Poitiers – 26 janvier 2007]
Or donc, pour la seconde fois en six mois, M. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration, a été condamné par la justice.
La première fois, le vendredi 4 juin 2010, pour « injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine, en l’espèce les personnes d’origine arabe, le 5 septembre 2009 » ; la seconde, le vendredi 17 décembre 2010, pour « atteinte à la présomption d’innocence » (de David Sénat).
Dans tout pays dit démocratique, et quand bien même M. Brice Hortefeux ferait-il appel de ces condamnations, qu'il aurait dû remettre au Premier ministre sa démission. En d’autres termes, M. Brice Hortefeux ne devrait plus être au gouvernement depuis le 5 juin dernier.
D’autant plus quand l’homme qu’a été élu le 6 mai 2007 par le peuple français a promis maintes fois qu’avec lui, vous verrez, probité, honnêteté et morale, seront les trois mamelles de son quinquennat, même qu’il ne transigerait pas, ah ça non ! finis les petits arrangements d’antan, les connivences, les amitiés, le fait de prince, ce qui s’applique au citoyen lambda devra s’appliquer dorénavant aux ministres de la République ; et pourquoi ? Parce que c’est ainsi que l’on réconciliera « les Français avec la politique » !
Voilà la rupture ! Entre ici « La France d’Après », celle des « braves et honnêtes gens », voici venue l’ère des Irréprochables !
Ça avait de l’allure, n’est-ce pas, ça portait beau et fier. Et puis, quel bel argument ! Parce que, voyez-vous, si jamais moult promesses devaient se heurter à la réalité économique, qu’il nous serait demandé des sacrifices, comment aurions-nous pu les refuser, puisque expliqués, disséqués, pédagogés, par des honnêtes gens, des Irréprochables ? C’eut été se montrer fort ingrats, teigneux, indécrottables.
Las, ce n’était donc que paroles, fumée et autres attrape-couillons ! De la vaseline, de l’entubage, du troufignolage. Et j’en vois qui rigolent, se frottent les paluches, engrangent des voix potentielles, pas à pas, tranquillement ; j’en vois qui vont tirer profit, et comment, de cette traîtrise de plus, de ce mensonge de trop, d’autant plus qu’ils se vantent, eux, d’être vertueux, et du côté de la Loi ; oui, bien sûr, qui d’autre que le Front National pourrait se repaître de cette non-rupture ? Croyez-vous qu’il va se gêner ?
Oui, je sais, Jean-Marie Le Pen, les tribunaux, c’est sa seconde tribune. On l’y a vu plus d’une fois. Et pas pour du « détail », non ! mais du lourd, de l’outrance, du « à vomir », de la saloperie ! et ne me parlez pas de son verbe, celui qu’on vante à son sujet, c’est de l’ampoulé, de l’académique, ça pue le dictionnaire, le bachot ! c’est de l’épate, du rien ... Le socle politique étant devenu si médiocre, il n’était point difficile de se faire passer pour littéraire ... Littéraire mon cul ! Idem pour François Mitterrand !
Mais y’a plus de Jean-Marie Le Pen, fini ! Désormais c’est Marine, dont on s’aperçoit, comme c’est cocasse, que c’est bien la fille de son père ! Evidemment, qu’elle l’est. Depuis le début, depuis toujours. Et dans les grandes largeurs. La dédiabolisation – pure invention des journalistes – c’est du flan.
Bref, si l’on voulait renflouer l’électorat du Front National, on ne s’y prendrait pas autrement. C’en est même suspect. Eminemment.
Et devinez quoi ?
Le Président de la République Irréprochable, à en croire Le Figaro, il est « content » ; pis : « il s’amuse du désordre du camp d’en face » qui règnerait, royal, chez les socialistes ... Il ferait mieux de se préoccuper de l’ordre qui monte. Mais pensez-vous ! Tellement « Il est convaincu d’avoir fait le bon choix (…) en embarquant Alain Juppé » dans le gouvernement « qui, sinon, aurait été vexé comme un pou ».
Voilà où qu’on est rendu ! C’est miséreux ..
... Alain Juppé .. Condamné à quatorze mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité, le 1er décembre 2004, par la Cour d’Appel de Versailles pour « abus de confiance, recel d’abus sociaux, et prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Comme Irréprochable, on fait mieux ... D’autant plus si on ajoute, qu’en première instance, le 30 janvier 2004, le tribunal correctionnel de Nanterre avait estimé que cet homme, Alain Juppé « investi d’un mandat électif public (avait) trompé la confiance du peuple souverain » (il était alors condamné à 18 mois de prison avec sursis et dix ans d’inéligibilité).
Et alors, me dira-t-on, il a payé ! Et cher ! Et n’a-t-on pas vu par le passé autres condamnations à gauche et autres improbables retours ? Et la seconde chance, qu’en faites-vous ? La seconde chance, quand on a « trompé la confiance du peuple souverain » en tant qu’élu de la Nation ? Dans une République Irréprochable, ça n’existe pas.
Et les condamnations de jadis, celles des adversaires, on n’en fait pas état. Puisqu’il y a rupture. Puisqu’on se présente et s’affirme comme le héraut d’une ère politique nouvelle ! Trahir cette promesse, c’est se discréditer, perdre son autorité.
« Comment les hommes politiques pourraient-ils avoir une autorité s'ils ne donnent pas l'exemple ? S'ils ne sont pas irréprochables ? »
[Nicolas Sarkozy – Discours à Perpignan – 23 février 2007]
Oh ! bien sûr, il y a le peuple. C’est à lui que Nicolas Sarkozy doit penser. Ce sans-mémoire. Ce peuple qui crie au « tous pourris » mais une fois les élections venues, leur apporte tous les suffrages ! ... Ainsi Juppé, quand il vint se représenter le dimanche 8 octobre 2006 à la mairie de Bordeaux ! Réélu avec 55,24% des suffrages exprimés. Cette municipale anticipée n’avait certes pas passionné les électeurs, abstentionnistes (qu’ont bien tort, comme souvent) à hauteur de 55,18%, mais le fait est qu’il a retrouvé « la confiance du bordelais souverain » qu’il avait pourtant bel et bien trompé. Bon peuple ! Bon veau !
Aussi Balkany ! Condamné (en mai 1996, puis en janvier 1997) pour les mêmes motifs, réélu par les « braves gens » de Levallois-Perret en 2001. Election invalidée par le Conseil d’Etat ! Peu importe, on en refait une, et zou, rebelote, élu les doigts dans le nez. Et dans la foulée, il retrouve un siège à l’Assemblée nationale !
Et Dassault ! Et tant d’autres. Voilà qui doit ravir l’homme de l’Elysée. L’Irréprochabilité, c’est le peuple qu’en décide, doit-il se dire. Et comme le peuple est veau, qu’il populise au bistrot mais se parjure dans l’urne, au fond, pourquoi ne pas continuer comme avant ! On lui donnera à becqueter de la sécurité, de l’identité nationale, au peuple bêlant, vinassé, lobotomisé par la télé, abruti de réseaux sociaux, bref que des tartignolleries qui n’engagent à rien, et voilà. Ni vu, ni battu.
Eh bien, faites messire ! Oubliez donc votre République Irréprochable ... mais ne l’aviez-vous pas oubliée dès votre élection en nommant, le 18 mai 2007, via votre collaborateur de Matignon, Alain Juppé au ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, puis en maintenant André Santini, secrétaire d’Etat chargé de la Fonction Publique auprès du ministre du Budget alors qu’il était mis en examen pour « détournement de fonds publics, faux et prise illégale d’intérêt » ?
Entre autres ..
Cette faillite de l’Irréprochable, ce manquement, cette trahison, fera les affaires du Front National. Ce faux-vertueux, ce défenseur d’une idée morte, la Nation, ce parti bourgeois qui n’a que faire des souffrances du peuple, mais capitalise dessus, à grands coups d’équations putassières, d’arguments démagogiques, de propositions farfelues, inapplicables ; ce va-t-en-guerre, misant à n'en plus gerber sur la misère intellectuelle, la déliquescence des esprits, la pauvreté du débat politique, et l’inconséquence du paysage médiatique.
Mais au fond, et tout bien pesé, quelle importance, n’est-ce pas ? Puisque c’est râpé, fini, résolu, on y va droit, au chaos (mondial). Alors tant qu’à liquider le peu qu’il restait, liquidez-donc, votre altesse ! De toute évidence ce n’est pas la dignité qui vous étouffe, ni même la morale ! oui, la morale ! Vous en parliez, si je ne m’abuse ! ... Et de vouloir l’injecter dans le capitalisme (foutaises ! C’est évidemment impossible !) comme dans le bipède politique (mais vous y avez renoncé) ... Sans doute pariez-vous sur la stature, les épaules, le paraître : Vous, DSK, ma foi, ça ne peut pas ne pas passer un premier tour ! c’est du solide, ça envoie le bois ... Vous vous trompez. Et qu’on ne me parle pas d'un « 21 avril à l’envers ». C’est du charabia. De la prose misérable de journaliste. Du reste, le peuple s’en moque de vos « à l’envers ». Il n’a pas de mémoire.
Vous aviez là, l’occasion, et pas qu’une fois, trois, voire quatre, de démontrer, à défaut d’autre chose, que vous incarniez, avec autorité, une rupture. Ne l’honorant pas, par Hortefeux, Juppé, Santini, etc., donc « en trompant la confiance du peuple souverain » vous donnez de la voile, comme jamais, au Front National. Dont on dit, je sais, qu’il ne passera pas, c’est pas envisageable, comme en 2002, vous verrez, il y aura un sursaut, dit Républicain. Penser ainsi, c’est oublier que huit années (une éternité) ont passé. Les données ne sont plus les mêmes … Or donc, une « dérive » est possible.
Et de cette « dérive » vous en serez, en grande partie, responsable.
« On ne fait dignement de la politique que pour servir. Oui, je crois profondément comme Georges Pompidou que le peuple ne devrait avoir devant lui que des hommes politiques sincères et humains. La crise de la politique serait alors résolue. Pour atteindre ce but, il faut juste un peu de morale. Un peu de morale que tous les hommes politiques s'appliqueraient à eux-mêmes avant de faire la leçon aux autres. Un peu de morale qui consisterait à s'appliquer à soi-même les règles de comportement que l'on voudrait voir appliquer par les autres. La dignité de la politique, le respect qu'elle devrait inspirer, la confiance dont elle a besoin ont été ébranlés parce que pendant trop longtemps, à gauche comme à droite, beaucoup de responsables politiques ont pris la détestable habitude de prôner pour les autres des sacrifices qu'ils étaient absolument incapables de s'imposer à eux-mêmes. Parce qu'ils ont pris la détestable habitude d'imposer aux autres des obligations qu'ils ne s'imposaient pas à eux-mêmes. Je ne veux faire la leçon à personne. Mais je veux rompre avec cette dérive qui n'est pas seulement une dérive de la politique. » .
[Nicolas Sarkozy – Discours à Clermont-Ferrand – 27 avril 2007]
16:48 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brice hortefeux condamné, république irréprochable, alain juppé, patrick balkany, andré santini, présomption d'innocence, injure raciale, prise illégale d'intérêt, abus de biens sociaux, front national, marine le pen, la france d'après, marcel dassault |
| |
22 août 2010
Rien [Ou Si Peu]
Tu vas voir, qu’à ce train-là, ils vont nous le ratiboiser et pas qu’à moitié, le pays, et avec lui, les esprits ou ce qu’il en reste. Ah, ça décanille sec, ça élague, ça démantèle, quelle maestria ! Non, vraiment, j’en suis baba (aux Roms ...) ! Bravo les gars ! C’est du grand art ! Bettencourt et sa clique, Woerth et son cloaque, finis ! Adios ! ... Quant au pouvoir d’achat, la France d’après, celle qui se lève tôt – tu t’en souviens, dis ? – cette France de propriétaires et du plein-emploi, niquée ! Oubliée ! ... Parce que, sais-tu quoi ? Tu n’es pas en « sécurité » ! Pas assez ! Et si tu crois l’être, on va t’enfoncer dans le crâne, et à coup de massue s’il le faut, que non, bordel de merde, « tu-n’es-pas-en-sécurité » ! T’as compris ? ... Et qu’on s’amuse à dire le contraire et vlan ! Te voilà relégué dans la division des « bien-pensants » ! ... Hein ? ... Quoi ? ... Que dis-tu ? ... C’est quoi un « bien-pensant » ? Mais j’en sais foutre rien, mon pote ! Logiquement, c’est l’inverse d’un « mal-pensant » ! Non ?
Or, donc, il ne faut pas, c’est exclu, dans cette France-là, « bien penser » ! Et d’ailleurs, il ne faut plus penser. Du tout ! Si tu penses, qui sait ? Demain ou après-demain, tu t’en irais, peut-être, péter un truc, une vitrine, une école, un système ... Une caténaire ... Police-menottes-prison pour ta pomme, ah comme il va morfler le sale mec, l’ultra-gauchiste ! Terroriste, va ! ... Alors non, ne pense pas malheureux ! Evite ! Prends ta dose quotidienne de Drucker, de Reichmann, de Dechavanne. Bouffonne-toi l’existence ! Ivre-toi de téléconne ! Icône donc les Pujadas, les Chabot, les Chazal et autres Ferrari ! Ça c’est de l’info, coco ! Made in Guéant from Elysée ! Son taff à cet ostrogoth, c’est de filer chaque jour que Sarkozy fait, un os à ronger. A l’AFP ! A Reuters ! Au JT ! A tutti quanti qui se prétend journaliste ! Et ensuite, c’est la curée ! Haro sur le Rom ! Le musulman ! Le pas-de-chez-toi ! Le métèque ! Ce scélérat, ces crapules qui veulent ta peau, ton blé, ton boulot ! Mais si ! ... Vois comme ils sont armés jusqu’aux dents, et pas de la petite dent de lait ! Ah ça non ! De la bonne grosse dent, aiguisée et finement ! Qui sait, s’ils n’iraient pas jusqu’à bouffer nos gosses ! Oui, comme autrefois, les communistes ! C’est de la même espèce, de la même race, sans foi, ni loi, des parasites dont il faut, manu-militari se débarrasser et pour quoi ? Pour ton bien, ton bien à toi, et celui de la nation ! Nation chérie, allons enfants de la patrie ! Il faut expulser ces malfaisants, et plus vite que ça ! ... Parce que, bien évidemment, tu es d’accord ! Nous sommes TOUS d’accord ! La preuve, c’est qu’on ne dit rien ! Que dalle ! Notre cul, on le bouge pas ! Affalés chez nous, à pondre des textes, du kleenex, à regarder passer les trains et quelques putains d’avions, ceusses qui raccompagnent « dignement » (oui « dignement » car je te rappelle que la France n’est assurément pas un pays de sauvages ; on accueille et on expulse avec le maximum d’humanité, nom de Dieu !) ces brutes, ces racailles, ces miséreux qui menacent notre tranquillité, le « vivre ensemble ». Le nôtre, bien entendu ! Ça, tu l’as bien compris ! « Vivre ensemble » certes, mais pas avec n’importe qui ! En tout cas, pas avec « eux » ! La France, elle est aux Français ! Aux français d’abord ! Les autres : dehors ! ... Sacré programme, n’est-ce pas ? ... J’irais même jusqu’à dire que c’est foutrement « bien pensé » ! A croire que là-haut, dans ce qu’on nomme assez judicieusement « le château » on se fait et copieux des infusions vendéennes, De Villiers dans ta boule à thé ! On se shoote au Le Pen ! Même que, on doit sniffer du Mégret, des lignes de Bruno, ça c’est de la came de compète, MNR certifié ! Y’a pas mieux sur le marché ! …
... Ah, bordel ! Mais qu’est-ce t’as donc dans le cervelet ? Tu ne la vois donc pas la manip’ ? L’entourloupe ? La fumisterie ? Tu crois qu’après tout ce ramdam, tu seras plus en « sécurité » qu’hier ? Non ! Bien sûr que non ! Parce qu’il y aura toujours un bouc émissaire ! Te bile pas, va, on t’en trouvera, et à la pelle ! Ils te les désigneront ! Et comment ! Et tu marcheras, comme aujourd’hui ! ... Applaudissements ! ... Parce que dès qu’on te cause de « sécurité » tu plonges et recta ! Tu ferais n’importe quoi pour te sentir EN « sécurité » ... Et ils le savent ! Peu leur chaut que la première des sécurités ce soit un emploi ET un toit ! Pourvu que ça ramène de l’électorat ! Du tondu, du meuh-meuh, du qui regarde le doigt, jamais la Lune ! Un doigt qui pue, tellement il se l’est gratté, le cul ! ... Oui, tu verras, y’aura toujours un salopard d’étranger, né sur ton sol français, qui mettra en péril TA « sécurité » ... Y’a bon le filon ! ... Aujourd’hui le Rom, hier encore le musulman, comme jadis, tu te souviens, le juif ! ... Et pendant c’temps-là, où qu’il passe, le pognon ? Tu te la poses, cette question ? Parce que du pognon, sais-tu, y’en a ! A foison ! La France, c’est pas le Bengladesh, mon pote ! C’est un pays qui respire le blé, l’artiche, les pépettes, mais toi, moi, on n’en verra pas la couleur ! Et tu sais pourquoi ? ... Parce que pendant qu’on expulse, qu’on raccompagne, qu’on rafle, le pognon, lui, il circule. Elle est là, l’entourloupe ! La fumisterie ! Et voilà comment on se fait mettre, et bien profond ! ... Quoi, la crise ? .... QUELLE crise ? ... Mais ça fait 30 ans qu’on est en plein dedans ; TRENTE ANS ! Et tu crois que le pognon, il s’est fait la malle dans cet intervalle ? Bien sûr que non ! Même que t’as un indice : les salaires ... Pas les nôtres, Dugland ! Non, ceux de nos dirigeants, les compétents, plein les fouilles qu’ils s’en mettent ! Ah, ils doivent se marrer, et grassement, quand leurs poteaux, ceusses du « château » nous remettent le sketch bien huilé de la « sécurité » ! Doivent se taper sur les cuisses, les mecs ! Tiens, j’suis même prêt à parier qu’ils appellent le Woerth pour le convier à la fête ! Le Woerth, le Santini, le Balkany, l’Estrosi, enfin bref, toute la bande ! Tout le gang ! ... Et donc ?
Et donc rien !
RIEN !
Continuons comme ça, restons bien sages, chez nous, à nous offusquer mollement, à ne RIEN foutre, à laisser faire. Continuons à marcher du pied gauche – paraît que ça porte bonheur – dans la merde « sécuritaire ». Continuons à faire semblant de ne pas comprendre. De ne pas voir. Laissons-les ratiboiser ce pays, ce fantôme, le peu d’esprit qui l’habite. Après quoi, rien, définitivement, il n’y aura plus RIEN.
Pas même l’idée du chaos.
23:00 Écrit par Philippe Sage dans La Tristesse, Politiquement Très Incorrect | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roms, expulsions, démantèlement de camps de roms, affaire bettencourt-woerth, argument sécuritaire, la france d'après, la théorie du bouc émissaire, salaire des grands patrons, quelle crise ?, la france de sarkozy, la victoire du front national, le chaos, il n'y a plus rien |
| |
16 novembre 2009
Mais Au Fait, Où Est-Elle, La “France D’Après” ?
Te souviens-tu d’un clip de campagne du candidat Nicolas Sarkozy, un clip qui fête ses trois ans ce mois-ci, puisque datant de novembre 2006 (“Jo-yeuuuux anniiiii-ver-sairrrre, le clip de campagne de Nicolas !”) ?
Sur une musique non pas d’ascenseur (social ?) mais typique de celle illustrant ces spots publicitaires vantant qui une assurance, qui une banque, qui une agence-intérim-de winners-où-tout-le-monde-il-est-beau-et-sourit, Nicolas récitait un texte, le ton pausé, rassurant. C’est ce que l’on appelle un slam.
Il portait un titre, ce slam : “Imaginons La France d’Après !”
Je te propose d’y retourner, aidé d’un café corsé ou, à défaut, d’un schnaps carabiné, ensuite de quoi, j’en suis certain, tu te battras bec et ongles contre cette absurde proposition, celle d’un "droit à l’oubli" (il n’en est pas question, madame NKM, car ce serait alors nous priver de ce nectar, ce document que je qualifie sans barguigner d’historique, ce clip qui doit mordicus rester sur le Net afin d’instruire nos mémoires trop souvent sélectives ou capricieuses quand ce n’est point branlantes ..) :
Quelle émotion - et à la fois, quel choc ! - n’est-ce pas, nous éprouvons et ressentons à l’écoute et la vision de ce clip !
Ce slam d’une minute et quarante cinq secondes qui vire, au final, en comédie musicale de pacotille chantée (?) par de jeunes godelureaux, aussi creux que fats (“On peut tous imaginer-ié-ié-iéééé/Mumh, mumh, mumh”) !
Ah, mais quel sublime désastre de l’art contemporain et numérique ! A ce point, que vois-tu, plutôt que d’enseigner - au nom d’une identité nationale (pathétique cache-misère, vil subterfuge !) - à nos enfants une sanguinaire Marseillaise, je me plais à imaginer que l’on fît, chaque matin dans toutes les écoles, tous les collèges et lycées de France, récitation de ce texte riche de deux cent vingt-trois mots, afin que chacun se souvienne qu’un jour, alors que l’hiver et Legrand Augustin toquaient à notre porte, un homme nous contait une France où le vent caressait les coquelicots ; une "France d’Après".
Une France où le salarié, extatique, victorieux, déambule, bras levés, dans son entreprise, ou croule de bonheur sous des dossiers multicolores.
Une France où l’égalité des chances, c’est pouvoir, dès haut comme trois pommes, contempler à perpette et derrière de frimeuses lunettes, les neiges éphémères de nos pistes skiables.
Une France où la liberté, c’est se fendre, acrobate, d’une roue dans la rue, jeter son corps sur un duvet de fleurs.
Une France aux visages multiples, bigarrés, éclatants, invariablement souriants.
Une France où, cadre supérieur, tu fais le con sur un vélo ; à bout de bras, projettes, envoies virevolter ton enfant dans le ciel bleu.
Une France dont l’ambition est de montrer au monde un chemin original, chemin symbolisé à l’image par un avion s’envolant, et tiens donc, on pense – trois ans après, qui pourrait nous le reprocher ? – à trois afghans qui seraient dans cet avion, trois afghans retournant, via Air Besson, dans leur pays dévasté par la guerre et les privations. Comme chemin, comme ambition, ça oui, c’est pour le moins “original” …
Oh j’en conviens, c’est faire preuve de bien mauvais esprit, que de relever cela. En même temps, comment ne pas le relever, les images aidant ! – c’est terrible, non, les images ? Mais à vouloir ne vivre (et régner) que par l’image, il fallait bien se douter, qu’elles se vengeraient, les braves salopes ! C’est comme une épée, une image ! Ceusses qui l’utilisent comme un glaive, un jour, par elles périront.
Oui, c’est terrible, l’image, car vois-tu, afghans nonobstant, cette France promise il y a trois ans, cette "France d’Après", elle n’existe (toujours) pas.
Trois ans après, c’est une France où le chômage, la précarité et la souffrance croissent. Point de vent caressant paisiblement un champ de coquelicots, mais - sous prétexte d’une crise qui jamais n’atteint ni ne touche le puissant - une pluie de licenciements balayant les pots de terre que nous sommes.
On ne croule pas de bonheur, non plus, sous les dossiers multicolores, on se suicide, plutôt, à France Télécom, chez Renault, PSA-Citroën, dans la police, chez les agriculteurs, les vieux et les chômeurs. C’est la France qui se suicide plus tôt. Plutôt qu’elle ne se lève.
On ne fait pas plus virevolter son gamin dans le ciel bleu, on devine celui, gris, abyssal, de sa dette, celle que l’on creuse sans compter et qu’il devra combler, moins par le mérite que par ses efforts, toujours et encore, des efforts. Dimanche compris. Suer plus et plus longtemps, jusqu’à, disons, tes soixante huit ans. Pour la prospère tranquillité de - toujours les mêmes, bien que moins nombreux me dit-on - quelques croquants : banquiers, assureurs, hommes d’affaires et/ou de pouvoir.
Bref.
Trois ans après ce slam de Nicolas, il faut bien le constater, la "France d’Après" n’est pas là.
Trois ans après ce slam de Nicolas, la France, en réalité, c’est un ... Grand Corps Malade …
NB : Mais ne perdons pas espoir, car comme le dit le slam : il n’y a pas de fatalité, il y a certainement une France d’Après … Après Sarkozy !
16:54 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la france d'après, il n'y a pas de fatalité, travail, efforts, mérite, imaginons la france d'après, où en sont les promesses de nicolas sarkozy, le bilan de nicolas sarkozy |
| |












