10 mars 2012
N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !
Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.
Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.
Oh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?
Eh bien parlons-en !
Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).
Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.
De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.
Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…
Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.
Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…
... Moscovici, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).
Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…
Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !
Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.
Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !
[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur !
[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
20:43 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde !, Libéralisme De Gauche, Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (101) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : non au sacre de françois hollande !, non au vote utile !, etat ps, les arrogants, les revanchards, contenons le ps, les jeux sont faits, sarkozy est cuit, 21 avril 2002, 6 mai 2012, 10 mai 1981, arnaud montebourg, françois hollande, dominique strauss-kahn, martine aubry, ségolène royal, votez à gauche, jean-luc mélenchon, philippe poutou, nathalie arthaud, le ps est un parti libéral, le ps ne remet pas en cause le capitalisme, la victoire plutôt que le triomphe, équilibre des pouvoirs, la fin du sarkozysme |
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22 février 2012
2012 : Les Jeux Sont Faits Et Tout Le Monde Le Sait !
T’en souvient-il, de ce discours rouleau-compresseur, celui du 14 janvier 2007, au Parc des Expositions de Paris ? Celui où l’impétrant osa, par onze fois, nous dire : « J’ai changé » !
Tu le revois, le film, calibré à l’image-seconde près, vendu clé en mains à des médias dociles, et ce décorum quasi obscène, cette démesure qui, fallait-il être aveugle pour ne point le voir, annonçait haut et fort, le quinquennat d’une oligarchie, et pas la moins vulgaire, soi-dit en passant.
C’est bien là que, ledit 14 janvier 2007, celui qui voulait « tous les niquer » a tué le match.
Tout observateur à qui on ne la fait pas le savait pertinemment [1]. Et pourtant ! On tenta, et comment, de nous faire croire que non, allons, cette présidentielle n’était pas jouée. Et d’ailleurs regardez, comme il grappille et engrange dans les sondages, le béarnais ; François Bayrou. A tel point qu’un hebdomadaire ne reculant devant rien claironna en Une grasse de caractères :
Et Si C’était Lui ?...
Ben voyons !
Et quand, comme prévu, le centriste plafonna, englué dans une mare à 18 et quelques pourcents, que diantre nous agitèrent-ils sous le tarin ?... Mais la menace d’un autre 21 avril, bien sûr ! Je peux en témoigner, de l’effet, garanti, car trois jours avant le premier tour (19 avril 2007) c’est un Hollande inquiet qui, marinant dans le studio radiophonique, saisit l’occasion d’une pause, un écran publicitaire, pour s’enquérir du fait de savoir si nous pensions qu’il n’y aurait pas, par hasard, péril en la demeure Royal. Ce à quoi, coquins et farceurs, nous lui répondîmes : « Méfiance ! Car effectivement, on l’estime entre 13 et 15, mais qui sait s’il ne serait pas plutôt à 17, voire 18, le Jean-Marie ! ». Et devinez quoi ? C’est aussi ce que redoutait notre corrézien. [2]
Ah, ce qu’on ne ferait pas, n’est-ce pas, pour garder le citoyen en haleine, quand ce n’est pas lui faire peur. Ce qu’on ne ferait pas, en vérité, pour vendre du papier, meubler l’antenne avec de faux débatteurs estampillés « experts » [3]. Mais comprenez une chose, simple : si vous le dites, que c’est fini, que l’affaire est pliée, que le vainqueur on le connaît, et là dès janvier, mais vous salopez votre business ! Vous faites quoi pendant les trois mois qui restent ? Du canevas ? Vous mettez l’écharpe du Barbier aux enchères sur e-Bay ?
Or donc, il n’y avait pas la moindre raison qu’ils ne nous refassent pas la même et en couleur.
Passe encore le match à quatre, qui, convenons-en, était, vu le contexte, la conjoncture, le merdier quoi, assez crédible, il y a encore un gros mois. Et puis, c’était une figure inédite. Donc passionnante. Je veux dire : éminemment bankable ! Rendez-vous compte ! Qui, de François Bayrou, Marine Le Pen ou Nicolas Sarkozy, sera choisi pour affronter François Hollande au second tour ? Mazette, mais quel suspens ! Et surtout, quel audimat ! Quel tirage ! On s’acheminait vers du « sans précédent » à tous les niveaux ! Avec du 21 avril à l’endroit comme à l’envers, n’en jetez plus, c’est trop bonnard !
Manque de bol, cette hypothèse s’éloigne. A en croire les sondages. Bayrou racornit, Le Pen rame [4] et de fait, il reste quoi, à se mettre sous la dent ? Un bon vieux match droite/"gauche". Et hop, vendu ! C’est parti, mon Kiki ! Du Hollande/Sarkozy en veux-tu, en voilà ! En suppositoire, matin, midi et soir... Et v’là qu’on les re-convoque, les fameux experts... Et si Sarkozy-ceci, et si Sarkozy-cela ! C’est que, dites, il est redoutable, cet homme-là. En campagne, c’est un guerrier ! Dieu sait, dans un pays laïc, ce dont il pourrait être capable pour, à l’arrivée, faire la nique au favori ; sur le poteau, le coiffer...
... Vous croyez que je déconne ! Du tout ! Même Attali, il le dit que, ouh-là, gaffe M’sieur Elkabbach, avec Sarkozy, on ne sait jamais, ajoutant, sans rire, qu’il a, ce candidat sortant, « de grandes chances d’être réélu » ! Oui, vous avez bien lu : « de grandes chances » !
C’est bien mon petit Attali, tu joues le jeu. Mes amitiés à toute la bande. Celle du Siècle !
Peu leur chaut que le Sarkozy qu’ils évoquent n’est plus que l’ombre de lui-même.
Peu leur importe que cet homme a, depuis lurette, intégré l’idée de la défaite et que son seul but soit, présentement, de sauver les meubles. Comprendre : éviter une explosion de l’UMP. En assurant sa place au second tour.[5]
Ils ont pourtant, comme beaucoup, noté qu’à Annecy, puis Marseille, l’homme ne parlait plus comme ce 14 janvier 2007, au futur ou au présent, mais à l’imparfait ou au passé composé... Oh non, ce n’est pas un détail, ne croyez pas cela, c’est au contraire d’importance première. Certes, l’homme n’est plus vierge d’Elysée, en la matière il a un passé, lourd et signifiant, mais de là à employer l’imparfait ! Quelle faute !... Allons ! Le peuple, aussi "sot" (le mot favori de Sarkozy) fut-il, n’accordera jamais, en majorité, suffrages à celui qui conjugue la France au passé, quand bien même en irait-il de son bilan ! C’est le futur, c’est le présent, les deux temps majoritaires d’une présidentielle. Même la référence suprême de Sarkozy, le modèle, or donc François Mitterrand, en 1988, c’est encore vers l’avenir qu’il se tournait, c’est au futur qu’il nous causait.
Mais il faut vendre du papier. Il faut maintenir l’audimat. Coûte que coûte. Deux mois encore. Deux mois à nous vendre un match, et, je vous en fais le pari, un « troisième homme » reprenant, comme par magie, du poil de la bête, et, je le suppute, dans la dernière ligne droite, la menace d’un second 21 avril. Tout faire pour ne pas tuer l’intérêt du citoyen. Le tenir. Jusqu’au bout. Avec des hypothèses à n’en plus finir. Y compris, les plus farfelues.
Pourtant qui ne le sait pas ! Qu’elle est jouée cette présidentielle. Depuis deux ans. Au bas mot. Un président sortant battu successivement par Martine Aubry, puis DSK (écrasé, je devrais dire) puis par François Hollande (laminé, serait le terme plus adéquat), un président abordant une telle échéance avec de surcroit une cote de popularité aussi faible, mais enfin, il n’a pas l’ombre de l’ombre d’une chance de gagner ce combat. Tout le monde le sait. Sarkozy compris.... Pour paraphraser Copé : on va pas se mentir, les mecs ! Et la comparaison avec Giscard ne vaut même pas. Giscard, au moins, il eut, un temps, les sondages pour lui.
A moins d’un évènement fâcheux dont la nature m’effraie d’emblée, comme un attentat, une guerre, ou une pandémie planétaire, rien, mais vraiment rien, ne peut changer la donne. Cette présidentielle est morte. Tout ce qui (nous) reste, c’est du verbe. Pas celui convenu, obséquieux, des « experts », non ! Celui de Mélenchon. Il l’aura animée, et de belle façon, cette campagne. Il mérite bien son score à deux chiffres. Il nous aura, le temps de quelques meetings, rendu fierté et dignité. Il nous aura réconciliés avec la chose politique. C’est déjà pas mal. Tant on en aura connues, des présidentielles à l’esbroufe, à la roublardise, à la « je vais tous les niquer ». Lui, au moins, Mélenchon, il ne nous aura pas trop pris pour des cons.
Enfin bref, Sarkozy c’est fini. Et tout le monde le sait.
Le reste, c’est du show, rien qu’un petit spectacle médiatique.
Sans grand intérêt.
[1] La bonne preuve c’est que, aujourd’hui, tous autant qu’ils sont, en conviennent que c’est le 14 janvier 2007 qu'elle s’est jouée, la présidentielle précédente. Mais se sont bien gardés de le hurler sur les toits, il y a cinq ans. Pour les raisons que vous devinez.
[2] Ah les sondages à la con qui circulent sur le Net à quelques encablures d’un premier tour, à commencer par ceux des RG ou autres, ils ont beau être bidons, ils trouveront toujours preneurs. Politiques, comme citoyens-moutons.
[3] C’est-à-dire ceux, toujours les mêmes, qui élucubrent, sur les plateaux de C Dans L’Air, Mots Croisés, sur les chaînes d’infos en boucle telles i>télé, BFMTV, LCI, ou, comme de bien entendu, à la radio, de France Inter à RTL, en passant pas Europe 1 et RMC.
Pour certains, ça fait trente ans que ça dure. Si ce n’est pas quarante ! Et autant de livres inutiles.
[4] Et si elle rame, Le Pen, c’est avant tout de sa faute. Quand on pointe à 24% en mars 2011, et qu’on n’en fait rien, c’est qu’on est mauvais.
Déjà, quand on prétend représenter les « invisibles » ou les « oubliés » on parle sur un autre ton. On ne fait pas des sketches (en chanson, ou en brandissant un ridicule carton rouge) à la télévision. N’importe quel candidat à la présidentielle, même le plus petit, le comprendrait.
Un exemple : souvenez-vous du Sarkozy d’avant l’automne 2006 ! C’était un aboyeur. Il parlait fort. Et puis, tiens donc, la présidentielle approchant, il change de ton. Il s’est mis à parler doucement... Je vous cause de ses prestations médiatiques. Pas de ses meetings. Ah, là c’est différent ! Là, on peut invectiver, hausser le ton ; mais pas à la télévision.
C’est ce que n’a toujours pas compris Marine Le Pen... C’était aussi un travers de Mélenchon, jusqu’à peu. Mais vous avez noté le changement. Désormais, lui aussi, réserve ses outrances pour les meetings. Mais à la TV, il est dorénavant plus posé... Parce qu’un type qui gueule tout le temps, qui parle fort, ça épuise les gens. Et surtout : ça le discrédite. Ce n'est pas parce que le gens en ont marre qu’il faut parler comme eux. Ce n’est pas ça, les représenter. Au contraire !
[5] Lire : C’est Cuit Pour Sarkozy Et Il Le Sait
18:58 Écrit par Philippe Sage dans Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy c'est fini, les jeux sont faits, le cirque médiatique, présidentielle 2012, la fin du sarkozysme, l'ump menacée d'un séisme en 2012, sarkozy tente de sauver les meubles, chronique d'une défaite annoncée, 2012 est terminé depuis 2010, le jeu médiatique, les éditocrates, storytelling 2012 |
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16 février 2012
Adieu, Monsieur Sarkozy !
Et encore, je me suis retenu. J’aurais pu charger la barque, quitte à donner dans l’outrance. Ça n’aurait pas été, ceci étant, immérité. Tant c’est bien lui et lui seul, l’homme, Nicolas Sarkozy qui suscite, est en cause. Rien que d’autre que lui. Une attitude, un style, une dérive.
Peu importe son bilan, l’économique, on s’en moque. Depuis quand est-ce un marqueur ? Allons ! Ne soyons mesquins, ni même hypocrites. Remisez donc vos chiffres, vos courbes, vos comptes d’apothicaires, c’est grotesque ! Voulez-vous que je vous ressorte, et avec grande jouissance s’il vous plaît, les bilans de Giscard, de Mitterrand ou de Chirac ?
Oh je sais bien, chacun selon son camp, chacun avec ses œillères, sa petite mentalité de supporteur, trouvera matière à s’enorgueillir. Mais c’est foutaises, et c’est marre ! La vérité c’est que depuis quarante ans nous sommes écrasés, saignés, sacrifiés. Je vous cause des classes populaires et moyennes. Pas de ceux qui, se disant de gauche, n’ont pour seul souci de posséder, comme le voisin, le dernier gadget de feu Steve Jobs. Ne vous étonnez point que ceux-là en pincent pour un candidat qui s’en va rassurer les pleins aux as de la City.
Or donc le bilan, quand bien même serait-il atterrant, n’est pas le point déterminant. Non, c’est l’homme, Nicolas Sarkozy, qui pose problème.
Et ça n’a pas été « une mince affaire » que de l’expliquer en un seul billet limité en nombre de signes et caractères.
Avant de vous le soumettre, j’aimerais y ajouter ceci : les publicitaires, les vendeurs d’espaces, et comme de bien sûr les éditocrates, durant les pauvres semaines qui nous séparent du scrutin, vont tenter de nous faire croire que l’affaire n’est pas pliée. C’est leur métier que de maintenir un semblant de suspens, que de tenir le citoyen en haleine, voire de l’inquiéter. Mais, la vérité, c’est que c’est fini. On sait qui va gagner. Faut pas nous raconter d’histoires, nous prendre pour des benêts. En nous ressortant le Balladur, le Jospin, etc.
Ceci étant, j’ajoute et affirme qu’il n’y a pas de désir d’Hollande. C’est juste une question de contexte. Et qu’il l’emporte de 15 ou 10 points le 6 mai prochain n’a, au fond, que peu d’importance. L’ampleur ne signifiera, en aucun cas, désir.
Tout comme il n’y aura pas de nouveau « 10 mai ». Comme on ne manquera pas de vous le dire. Juste nous retrouverons, espérons-le, un peu de hauteur. Dans la fonction. Un peu de culture, aussi.
Mais pour le reste, oubliez ! Le 6 mai, ce n’est pas la gauche qui arrive au pouvoir. C’est juste un camp qui en déloge un autre. Rien d’autre que cela... Bref, ça n’a pas grand intérêt. Sinon, pour des supporteurs qui n’ont de la chose politique, qu’une vision étriquée, pour ne pas dire égoïste et vulgaire. Et se foutent comme de leur dernier smarphone du sort des classes moyennes et populaires.
Sur ce, voilà le billet en question : CLIC !
17:21 Écrit par Philippe Sage dans Sarkozysme | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, sarkozysme, 10 ans de sarkozysme, 2012 ou le rejet du sarkozysme, il n'y a pas de désir d'hollande, le 6 mai ne sera pas le 10 mai, présidentielle 2012, la fin du sarkozysme |
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15 juin 2011
Cinq Bonnes Raisons De Ne Pas Réélire Nicolas Sarkozy En 2012
S’il n’était pas candidat à sa propre succession, nous aurions alors une vraie bonne raison de ne pas réélire Nicolas Sarkozy en 2012.
Certes, à l’image de Martine Aubry, il maintient un semblant de suspense. Mais il est formidablement trahi par ses amis.
Ainsi Xavier Bertrand, qui affirme croire « à la victoire de Nicolas Sarkozy en 2012 ».
Or donc, puisqu’il sera candidat, il nous faut trouver d’autres raisons de ne pas le reconduire dans sa fonction. Et des excellentes, s’il vous plaît, tant l’homme mérite le meilleur.
Alors, en voici cinq. Cinq, comme le nombre d’années que Nicolas ne doit pas dépasser à la tête de notre beau pays dont on a coutume de vanter ses fleuves, sa gastronomie, et son humour corrézien.
L’immobilisme – Voilà la hantise de Nicolas, ce contre quoi il aura combattu durant toute sa vie politique : l’immobilisme... Combien de fois l’a-t-on entendu nous assurer qu’il ne « céderait pas à l’immobilisme », allant même jusqu’à dire, devant des élus subjugués, que « l’immobilisme, c’est la mort »... Or, s’il était réélu, c’est bien ce terrible fléau – y’a pas d’autre mot – qui, sournoisement, guetterait Nicolas Sarkozy.
N’est-ce pas l’immobilisme qui, outre une chimiothérapie, gangréna le second septennat de François Mitterrand ?... Itou, celui de Jacques Chirac [1] ?
Pourtant, t’en souvient-il, comme nous fûmes joyeux de reconduire ces deux-là. Surtout le second ! Car enfin, quelles autres raisons, que la joie et l’enthousiasme, auraient pu motiver 82,21% de nos compatriotes à réélire triomphalement le chantre de l’humour corrézien ?
Or, et personne ne peut le contester, pas même Alain Duhamel – c’est dire ! – ces seconds mandats furent ô combien décevants ; nous avions la désagréable impression que notre pays n’était plus gouverné... Et d’ailleurs, n’est-ce pas Nicolas lui-même, qui employa, à propos de ses prédécesseurs réélus, l’expression de : « Rois Fainéants ». Voulons-nous véritablement que Nicolas connaisse le même destin ? Qu’il sombrât dans ce qu’il redoute le plus : l’immobilisme ?
Comment pourrait-il éviter cet écueil, puisqu’il ne pourra, selon l’article 6 de la Constitution, se représenter en 2017, or donc, comment pourrait-il n’avoir pas la sombre tentation de se reposer sur ses lauriers ?
Croyez-vous que la perspective de siéger au Conseil Constitutionnel puisse le motiver ? Croyez-vous que l’ambition démesurée de Jean-François Copé pour 2017 soit de nature à le galvaniser [2] ? N’aurait-il pas plutôt le désir, et farouche, que ce dernier restât ad vitam aeternam député-maire de sa bonne vieille ville de Meaux, où chacun s’accorde à reconnaître, à commencer par lui-même, qu’il y fait du « très bon travail » ?
Non, à la réflexion, tout bien pesé, et de surcroît au regard de l’Histoire, tout nous démontre que l’immobilisme est la mamelle présidentielle en cas de réélection.
Epargnons ce fléau à Nicolas en élisant un homme neuf.
Son salaire – Une misère, comparé à celui de nos grands patrons, ceusses qui font vivre nos entreprises françaises (dans les pays de l’Est, principalement… Ah ! magie du libéralisme effréné, de la défiscalisation et de la mondialisation).
Pourtant, ce n’est pas faute de l’avoir revalorisé. Et dès son arrivée au pouvoir. 172% d’un coup ! Que c’en était beau comme du Proglio !
Mais las ! Avec ses 19 508 euros mensuels, Nicolas fait figure de nain comparé aux émoluments d’un Carlos Ghosn (qu’il a pourtant sauvé de la crise) ou d’un Bernard Arnault !... En effet, que valent 234 096 euros face à, respectivement, 9,2 et 9,7 millions annuels ? Allons-nous tolérer, longtemps encore, ces écarts de salaires ?... Est-il normal, nonobstant, que Franck Ribéry gagnât, au mois, quarante et deux fois plus que Nicolas ? Lui qui, durant son quinquennat, se sera levé tôt – Pentecôte comprise – pour faire gagner la France ?
Eh bien justement, parce qu’il aura travaillé plus, pour notre pays, cet homme mérite de gagner plus ! Or, force est de constater que ce n’est pas en restant, par le truchement de nos suffrages, Président de la République qu’il le pourra.
Seul le privé peut lui offrir un salaire à la hauteur de son ambition... Que dis-je !... De son mérite. Et d’ailleurs, n’est-ce pas son rêve : « aller dans le privé » pour « faire de l’argent » ? Ne l’avait-il pas confié, en novembre 2006, à une vingtaine de privilégiés ébaubis ?
L’an prochain, Nicolas Sarkozy aura 57 ans. L’âge idéal – l’âge ou jamais – pour commencer une nouvelle vie, loin de la politique. Mais cela passe par un couac à la présidentielle 2012, pour pouvoir, enfin, aspirer à un salaire digne des patrons du CAC.
Offrons-lui cette formidable opportunité en ne le réélisant pas l’an prochain.
Sa famille – Qui ne le sait pas ? A nouveau – et nous nous en réjouissons ! – Nicolas va être papa. Il n’est pas dans mon habitude d’aborder la vie privée de nos hommes politiques, à vrai dire j’y répugne, mais l’évènement est tel, unique [3] que pour une fois, je déroge à la règle.
Je n’oublie pas – mais qui le pourrait ? – ce que Nicolas a traversé, notamment durant la campagne présidentielle précédente. Cette épreuve que lui a infligé Cécilia et qui fût, par étrange ricochet, fatale au journaliste people, Alain Genestar. Mais ne l’avait-il pas mérité ? Quel besoin avait-il de torturer, par le biais d’une Une racoleuse, un homme qui souffrait plus que de raison dans sa chair ?
Je n’oublie pas, non plus, le divorce qui suivit, et la fantastique détresse qui s’empara de Nicolas, fraîchement élu. Et combien de temps il aura fallu pour qu’il trouvât une nouvelle « première dame » qui fît honneur à notre pays…
Aujourd’hui, c’est comme un aboutissement. Un enfant va naître...
Mais quelle vie aura-t-il si son père doit résoudre les problèmes de notre pays ? Quelle vie aura-t-il si Nicolas doit aller, une nouvelle fois « chercher la croissance avec [ses] dents » ?
Nous savons, et d’ailleurs, lui-même, Nicolas, l’a dit : « Président de la République c’est un métier très difficile, Madame Ferrari ! ». Un métier tellement « difficile » qu'il n’offre que peu de temps, voire aucun, pour se consacrer à l’éducation d’un enfant... Un enfant, et d’autant plus un Sarkozy, a besoin de la présence de son papa. Et de sa maman.
En ne reconduisant pas Nicolas à l’Elysée l’an prochain, nous lui permettrons de vivre pleinement son bonheur.
Parce qu’il « croit au travail et à la famille », offrons-lui une vie de famille !
La Reconquête – Giscard pensait le faire. Quand il fût battu, en mai 1981, par François Mitterrand... Oui, il pensait bien revenir, Valéry. Sinon, intelligent comme il est, il ne nous aurait pas dit :
« Au revoooooir ! ».
Et puis, la vie, les circonstances, un Traité pour une Constitution Européenne, en auront décidé autrement... Giscard ne se sera jamais représenté devant les Français.
Mais ce que Giscard n’a pu faire, Sarkozy, lui, peut le faire. Car avec Nicolas, c’est bien connu, tout est possible !
Or donc, donnons-lui la possibilité de le démontrer… En 2037. L’année de La Reconquête (les frères Rotman planchent déjà sur le scénario).
En effet, en 2037 – à moins que le réchauffement climatique ou/et une centrale nucléaire ne nous aient pas estourbis d’ici là – nous élirons un nouveau Président de la République. Et quel formidable défi, ce serait, pour Nicolas ! Revenir tels De Gaulle ou Napoléon, pour sauver la France ! Après avoir fait fortune dans le privé, élevé un enfant et l’avoir conduit au sommet de l’EPAD à seize ans révolus, il reviendrait pour un nouveau combat. Le dernier... Un combat dans lequel il aurait toutes les chances de l’emporter. D’abord parce que, par son âge et son parcours, il imposerait le respect. Ensuite, parce que nous serions vieux, nous aussi. Or, nous le savons, 67% des plus de 65 ans votent pour un Sarkozy lors d’une présidentielle (d’après le fameux théorème de 2007).
Si nous voulons vivre cette épopée – qui serait une première dans notre belle République – alors nous devons barrer la route à Nicolas en 2012. Sinon, 2037 n’existera pas. Or, qui voudrait rater un truc pareil ? [4]
La rupture – En ne reconduisant pas Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2012, nous manifesterions une envie, qu’est celle de rupture.
Rupture avec un homme : Nicolas.
Mais pas que.
Et c’est là que ça devient bigrement intéressant. Car rompre avec Nicolas, c’est aussi rompre (liste non exhaustive) avec :
Henri Guaino, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Gérard Longuet, Alain Juppé, Patrick Buisson, Nadine Morano, Xavier Bertrand, Luc Chatel, Roselyne Bachelot-Arquin, Frédéric Lefebvre, Eric Besson, Thierry Mariani ; mais aussi, ce serait stopper net, les ardeurs inconsidérées de Laurent Wauquiez, Jean-François Copé, Christian Jacob, j’en passe et des plus coriaces.
Bref, nous ferions d’une pierre des tas de coups. Un strike monumental.
Qui ne signerait pas pour un tel résultat ?
Ainsi donc, en ne votant pas Sarkozy en 2012, nous romprions, itou, avec toute une équipe. Et sans elle, avouez, nous serions tout de même un peu plus tranquilles.
C’est ce que j’appelle fort modestement et très originalement : la Rupture Tranquille.
On nous l’avait promise en 2007, nous l’obtiendrons par nos suffrages en 2012 !
Vive la République ! Vive la France ! Adieu Nicolas !
[1] En fait, Chirac aura mis douze ans pour faire… UN septennat.
En effet, emporté par son humour corrézien, celui-ci aura dissous sa majorité (pourtant écrasante) un 21 avril 1997.
Conséquence : c’est le « socialiste » (dont le programme ne l’était pas – c’est lui-même qui l’a dit) Jospin qui dirigera le pays à sa place pendant cinq ans.
Ceci étant, on peut y voir là une manœuvre habile de Chirac. Qui n’est pas le dernier, quand il s’y met.
En propulsant Jospin à Matignon, il aura contribué à le faire perdre en 2002 (un 21 avril, là encore - magie des chiffres ! La marque du Chirac). Jacques sachant mieux que quiconque que jamais Premier ministre en exercice n’emporta la présidentielle qui suivit (ainsi lui-même en 1988, et son « ami de trente ans », Edouard Balladur, en 1995).
D’autre part, permettre à Jospin de gagner Matignon, c’était le contraindre à quitter son poste de premier secrétaire du PS. Poste qui échut à… François Hollande. Dont on connaît, désormais, la proximité avec Chirac... Hollande aura pu, ainsi, pendant 11 ans, développer ses réseaux au sein du PS.
On comprend dès lors la vision à long terme de ce fieffé Jacques : favoriser Jospin en 1997 pour mieux l’éliminer en 2002, et faire élire François Hollande en 2012. De fait, on pige mieux son récent et truculent : « Je voterai François Hollande ». Chapeau l’artiste !
[2] Aucunement. Il n’en a cure. C’est du moins ce que nous apprend Le Canard Enchaîné n° 4729 en date du 15 juin 2011 et en page 2 :
« Si je suis réélu, je ne m’occuperai pas de ma succession » a dit Sarkozy à « ses amis ».
Preuve éclatante qu’il ne se battra pas pour Copé. Ni pour quiconque de l’UMP.
[3] Unique à double-titre !
Non seulement c’est la première fois qu’un Président de la République « accouche » durant l’exercice de sa fonction, mais itou, c’est le premier à divorcer et se remarier pendant son mandat.
Or donc, lui qu’aime tant ce qui est unique, offrons-lui un unique mandat en ne le reconduisant pas en 2012.
[4] Sauf que, en 2037, Nicolas Sarkozy pourrait trouver sur sa route, celle de La Reconquête, un adversaire redoutable : le président de la Droite Populaire, également président de la région Ile-de-France – entre autres… – un dénommé : Jean Sarkozy.
Mais raison de plus ! Le fils contre le père ! C’est quand même autre chose, avouez, que des primaires socialistes. Non ?
19:03 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (60) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, rions avec sarkozy, rions avec les présidentielles, immobilisme, salaire du président, sarkozy papa, la reconquête, la rupture tranquille, sarkozy battu en 2012, la fin du sarkozysme, humour corrézien |
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