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13 décembre 2011

« La Vérité ? C’est Dégueulasse ! »

Plus-Rien.jpgEcoutez-les, ces crabes d’anesthésistes, tous, ils nous promettent tous, la Vérité.
Ils se nomment Sarkozy, Hollande, Bayrou, Villepin.
La Vérité, c’est leur crédo soudain, le mot-clé, un sésame.
J’t’en foutrais, moi, des lignes et des lignes, à faire, et refaire, de Vérité.

Et puis d’abord, quelle Vérité ?

T’as vérifié la date, celle de péremption, citoyen-candidat ?
Tu devrais, et fissa, tant ta Vérité, elle sent.
Elle est à dégueuler, TA Vérité.
A nous donner l'idée de retourner vers les oiseaux.
Fussent-ils de malheur.

Le développement est à lire : ICI


« Il paraît que la Vérité est aux toilettes/Et qu'elle n'a pas tiré la chasse ?/La Vérité, c'est dégueulasse ! » [Léo FerréNight And Day – LP : Il N’y A Plus Rien - 1972]


podcast

14 juillet 2010

Léo Ferré, Mort Un 14 Juillet

[Réédition de ce billet publié le 5 mai dernier sur Refais Le Monde et Eldoradio, ce 14 juillet étant celui de la prise de la Bastille, pas d'un défilé militaire, et celui de la disparition de Léo. Ferré ... Des titres, trois, sont cachés dans quelques-uns des liens. Profite !]


"Moi, j'suis de la terre  ... Mais, qui j'suis ? .. Ça, j'sais pas .. C'est vous qui allez me l'dire !" ... Ainsi parle Ferré. Au "docteur". Celui de Campus. Sur Europe n°1. Pas loin, Michel Lancelot. Nous sommes en 1969. Et la suite, c'est un grand moment de radio. Une autre radio. Une autre époque. Epique ..


Léo.jpgTu sais, c'était un samedi, je crois. Il faisait très beau. J'allais vers le kiosque à journaux. Celui de cette drôle de place. D'Aix-en-Provence.
Vraiment, il faisait très beau.
Et puis, tu sais quoi, de loin, comme ça, j'aperçois Libération, pleine page, Une qui crevait l'oeil. En noir et blanc. J'me dis, mais c'est quoi ? On dirait - j'te jure, c'est vrai, j'ai pensé ça - une statue grecque. Alors, je m'approche, je veux voir, de près, et là, je le reconnais, d'un coup ; c'était pas une statue grecque, vois-tu, non ! C'était Léo. La gueule de Ferré. Il était mort. C'est pour ça. Qu'il faisait la Une.
Après je sais plus.
J'ai pris l'antenne.
Je voulais pas être là.
Je voulais foutre le camp, tu comprends ?
Voir la mer. Son "balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure".
Je voulais être seul.
Tout seul.
Comme dans cette voiture.
Une R12 TL.
Blanche.
A droite, ma soeur. Devant, au volant, mon père. Et, à la place du mort, ma mère.
Et la radio, France Inter, qui crachait les dernières nouvelles.
Et tout d'un coup, tu sais quoi ?
Les nouvelles se sont tues, et un mec a chanté. Et c'était lui. C'était Léo. Et moi, je m'envole. Je m'en vais. J'suis plus là.  Je regarde les nuages, ils courent, et j'trouve ça beau, moi, petit garçon, de quoi ? 8 ou 9 ans. Cette chanson-là, elle m'emmenait si loin, loin de cette Renault, de ce dimanche un peu triste, elle m'émerveillait, tu comprends, cette chanson. Et puis, soudain, mon père, ma mère, je sais plus, l'un deux a dit :
"Oh, mais il est pénible, lui, à répéter tout le temps, c'est extra, c'est extra, c'est extra .."
Et hop, zou, fini, plus de radio. Plus de Léo. Plus de nuages. Plus rien. La solitude ...

Comme lui, Léo, le Ferré, tu vois, je pensais que "tout le monde, il était musicien". Vraiment, je l'ai pensé. C'est beau, n'est-ce pas, la musique ? Et les mots, qu'on y fout d'ssus. Des mots d'indiens. Des Mohicans. J'aime ça, moi.
Alors tu sais quoi ?
Un jour, demain, me suis-je dit, je l'aurai rien que pour moi, tout en entier, oui, du début, jusqu'à la fin, Ferré, personne pour le couper, personne pour arrêter la course des nuages, et basta ! Quand j'serai grand. Libre. Seul.
Et puis, Aix-en-Provence, un samedi, vlan ! Merde ! J'l'ai raté ! Maudit blues .. A croire qu'on "prend l'bonheur toujours en retard". Et alors, là, sur cette place, la Renault 12 TL blanche, la radio, c'est extra, tout m'est revenu dans la gueule. L'enfance. La solitude. Et tu vois, c'est marrant, j'suis pas de la vierge, j'suis du lion. Ascendant balance. "Qu'on soit de la balance ou du lion/On s'en balance, on est des lions" n'est-ce pas  ? ... Pourquoi j'te dis tout ça ? J'sais pas. Moi aussi, tu vois, j'ai vingt ans. Dans quelques jours. Hier ...

Or donc Léo Ferré. 1969. Campus, émission mythique d'Europe n°1 (4 avril 1968/8 septembre 1972). Version psy. Avec, bien sûr, Michel Lancelot. C'est une rediffusion Europe 2. Et c'est reparti. Les nuages. La mer. Paris. Les filles. Et cette télé, cette putain, que tu dois éteindre, si tu veux être libre, si tu veux penser, tanguer, night and day, avec cette fille qu'a vraiment du chien "de la musique au bas des reins" ...


podcast


Léo Ferré (1916/1993), poète, est né le jour anniversaire d'un massacre (24 août) et mort le jour d'une fête nationale (14 juillet). Pas mal, non, pour un anartiste ?


NB : Pour ceusses qui s'intéressent à l'histoire de la radio, alors je vous invite, à découvrir ce site, où donc, quotidiennement, je chronique, un site nommé : Eldoradio. L'inscription est gratuite [Ici].
Le son, ci-joint, proposé n'est qu'un extrait. Il est beaucoup plus riche et dense sur le site-mère.

Eldoradio c'est aussi une application, une page Facebook, un fil Twitter.

Lire la suite

21 avril 2010

Blogueur D’Opinion, Il Est Temps De Fermer La Boutique !

Voilà, C'est Fini.jpgOr donc, ici ou , on nous l’annonce, c’est fini, terminé, remballez vos scribouillures et autres balbutiements, cette écriture clavier, ça n’intéresse plus personne, si tant est que ça eut intéressé quiconque à un moment donné ; allons, rendez-vous à l’évidence, et tout à la fois, à l’inéluctable, ça crève et ça clamse, ou doucement, ça s'étiole, quittez donc cet enfer, sortez, allez humer l’air, vous confronter au réel, ton blog, messire, il est out, kapout, enfin, je veux dire, les politiques, les d’opinion, tu sais, le journalisme citoyen, cette chimère, ou cette trouduculerie, c’est plus la peine, te dis-je, c’est du temps de perdu, c’est pisser dans un violon, prêcher dans un désert.

Si tu veux tenir un blog, raconte ta vie, journal-toi intime, ou donne-nous des recettes de cuisine, des astuces de mère-grand, des points de couture ; fais dans le “geek” ou mets-y de la vidéo qui fait marrer, des photos de tes vacances, de ton dernier-né, à défaut, de ton animal domestique. Mais, de grâce, arrête de te prendre pour un journaliste. D’hurler, points et virgules dressés, contre un système ou des hommes, je t’assure que ça n’intéresse personne. Et d’ailleurs, regarde, rien ne bouge, ni change. Et c’est logique, puisque "rien, il n’y a plus rien". Ferré avait raison. Aphatie, Duhamel, oui, ça oui ! Du rien magnifié, institutionnel, adoubé ! Certes ! Et alors ? On peut les vilipender, les disséquer, démontrer par A+B leurs inconséquences ou leur suffisance, rien, ça ne sert à rien ; idem quant aux politiques.
Ah c’qu’il en faut de la ténacité, ou que sais-je d’autre(s), pour croire que par quelques billets, on pourrait changer l’histoire, la retourner, lui donner sens. Regarde, Sarkofrance ! Déjà trois ans de labeur, un vrai forçat, c’te homme-là, mais au bout du compte, une prison, une impasse ! Ça lasse. Si encore c’était drôle, n’est-ce pas ? Qu’il y eut de la dérision, une jouissance itou, enfin merde, un peu de légèreté, mais non, à la longue ça sent le renfermé, et le roussi, aussi ... Quoi ? ... Que j’vise le nombre de visiteurs uniques de ce glorieux site ? Mais c’est bullshit, mon ami, totalement bullshit ! Fuck, les visiteurs uniques ! Ils ne veulent rien dire ! Ce qui compte c’est le temps qu’ils passent sur le site ! C’est ça, la vraie mesure ! Et ça vaut pour tous les blogueurs ! 2000, 5000, 20 000 visiteurs uniques, qu’est-ce que ça veut dire, si la majorité d’entre eux caltent au bout de 5 secondes ! Rien ! Ça vaut rien ! Nib ! Allons, reconnaissons-le ! Un peu d’honnêteté que diable ! Arrêtons donc ce paluchage des visiteurs uniques ! Le temps passé sur ledit blog par l’internaute-visiteur, voilà, la mesure, la seule. Et il n’y a pas à y revenir. C’est incontestable.

Mais surtout, en premier lieu, quel intérêt à donner son avis sur, au hasard, la dernière rumeur, le dernier fait et geste de son altesse sarkozoïde, quelle portée cela peut-il avoir, hein, sinon celui d’un pet de lapin. Sinon, celui de se faire plaisir.
Le combat, le vrai, ce n’est pas sur un blog qu’il se mène, mais dans la rue, ou sur le terrain. Aux côtés de ceusses qui sont en peine. Qu’est-ce qu’il en a carrer, le gars de Molex ou de Sodimatex, d’un billet de blogueur ? Et les sans-papiers, ça change leur quotidien, peut-être ? Qui osera affirmer que Proglio s’est rétracté parce que le Net grondait ? Qui peut croire une chose pareille ? Et t’as vu la gueule, de ton No Sarkozy Day ? Si c’est pas une preuve de la non-influence totale d’une supposée armada de blogueurs, c’est quoi ?

Rien, je te dis ! Ça ne sert à rien. Même bien troussé, même bien ficelé, je veux dire, si tu te donnes du mal, que tu mégotes pas sur les arguments, références et tout le toutim, que tu ponds un billet majuscule, le monde s’en cague et s'en fout ! Ce qui le préoccupe, ce monde, c’est le buzz, vois-tu ! Ce qu’a bien pu dire (ou pas) Rachida Dati. Le buzz, relayé copieusement par les médias, par ceusses qui parlent net. Tu les a entendus, n’est-ce pas ? Parlent-ils du Net, ces Morandini’s Boys (ou pas) en des termes élogieux ? Nous donnent-ils à becqueter du blogueur qui se saigne, qui bosse dur ? Ou plutôt de l’anecdotique, du tape-à-l’œil, du futile ? N’as-tu pas noté que ce qu’ils promeuvent du Net, c’est ce qui le disqualifie dans l’opinion, tout ce qui fait dire que, pfff, le Net, c’est soit une poubelle, soit une vaste rigolade, le grand n’importe quoi. Ah, s'ils, ces chroniqueurs [*] ayant pignon sur rue, et surtout dans le système (ce qui explique, cela dit, bien des choses) retenaient de l’Internet, la beauté, l’originalité, la force même, mais non !
Alors, à quoi bon se crever la couenne ?
A quoi bon aligner des mots, des billets, suer, puisque de toute évidence, ce que l’on retiendra, comme toujours, c’est le médiocre, sans compter - ô j’allais oublier, cet aspect ! - que si tu dépasses les 20 lignes, c’est même plus dans un violon que tu pisses ! C’est que, vois-tu, faut faire court. Sinon, ça ennuie. Même sur un sujet important. Tiens, j’t'en prends un, que personne ne veut traiter, pas même un journaliste certifié, le sujet Alain Bauer ! Passionnant comme étude ! Bien plus que je-ne-sais-quel bouclier fiscal à la noix ! Ou qu’un éventuel Karachigate ! Eh bien, sur un sujet pareil, c’est pas 20 lignes qu’il faudrait. C’est du costaud. Ça demande du temps et de la longueur. Du courage, aussi … Mais je m’égare, sûrement, je m’égare ... De toutes les façons, je le sais, oh oui, Rachida Dati ou Carla Bruni-Sarkozy, ces "clapotis", c’est tellement plus important !

De fait, et tout bien considéré, un blog d’opinion, c’est au mieux sympathique, au pire sans intérêt. Tout est verrouillé. Pour ne pas dire vérolé. Mieux vaut conter fleurette. Ou payer sa tournée au Kremlin-Bicêtre. Mais pour le reste, oubliez ! Remballez ! C’est perdu d’avance ! C’est du savon à barbe ! Ça rase tout le monde ! Tant ça préfère pouffer, mater de la vidéo, du cul à foison, et buzzer à l’occasion. Faut pas se leurrer ! Celui qui vient sur le Net, surfer comme on dit, c’est rarement pour de la lecture.
Quant à la "liberté d’expression", puisque souvent, on l’invoque, cette pauvrette, c’est devenu un tel foutoir, sans règles, sans éthique, on y met tellement ce qu’on veut, vue de sa seule fenêtre, que, c’est même plus la peine ! Basta ! Plutôt se taire, allez voir la mer, son "balancement maudit", celui "qui vous met le cœur à l’heure", et, quand sera venu le temps, bientôt, (de) reprendre le boulot, le chagrin, anonyme, incertain, et "regarder passer les révolutions". Tant il y a plus de chance(s) qu’elles viennent de la rue que d’un blog. Du peuple que des internautes. De la souffrance plutôt que d’un lieu confortable. Car oui, j’allais l’oublier cet essentiel : combien de blogueurs (d’opinion) la vivent, vraiment, la souffrance ? Celles des Molex, des Sodimatex ? Celle du déraciné. De celui qui n’a plus rien. Pas même une épaule sur qui pleurer. Celle qui ne fera jamais le buzz, ce cancer véhiculé par des saligauds de première.
Combien sommes-nous à vivre et souffrir ce que nous écrivons et dénonçons ?

Or donc, il est temps, de la fermer.
La boutique.

[*] Qui, soit dit en passant, pillent - parfois - le Net de ses meilleures idées ou réflexions. Ni vu, ni connu, j’me sers, et bonsoir Clara ! .. Belle mentalité, n’est-ce pas ? ..



Bruit Of The End :

podcast

30 août 2009

Emmène-Moi Voir La Mer !

“Écoute, écoute... Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l'heure …”
[Léo Ferré – "Il N’y a Plus Rien”]


Sur toutes les plages y a des p'tits garçons ...


Emmène-moi voir la Mer. Les goélands. L'hiver.
Sors-moi de là, d'ici, d'ailleurs.
Délivre-moi de tout, de rien, du fardeau, un quotidien.
Emmène-moi voir la Mer.

Des kilos de mètres nous boufferons, du bitume à tire-larigot, lignes droites, discontinues, gaffe, aux virages, gaffe, tiens bon la barre et t'inquiète, de tout, de rien, après tout et mine de rien, la Vie c'est qu'un chemin, par les cornes il faut la prendre, l'échine ou le cou, il faut par cœur la prendre et puis c'est tout.

Nous le ferons, ce chemin, comme il te plaira, en calèche, sur deux-roues, à tire-d'aile, évitant motels, gîtes et palaces, nous le ferons sans mots dire, sans modèle, heureux et rebelles.

Prends-moi donc, sans poser de questions, ni remuer la boue, à quoi bon.
Laisse-les crever, les fantômes, doucement, entre les lignes, en silence, plus jamais ne te retourne, ni ne réveille leurs maux, ils te niqueraient l'émail ces salauds, t'aiguiseraient les dents, ta race canine, jusqu'à ce que, trop incisive, tu viendrais mordre, fatalement, dans le mâle, le mal de mère que je suis, l'Adam de sagesse.

Prends-moi donc, une bonne fois, une bonne fois pour toute, tire-moi de tout, de rien, partout, à même le chemin, sous une étoile ou sur la paille, sans lorgner sur celle du voisin, sans lorgner la poutre apparente d'un passé, blogué, enterré, dépassé, aux cendres dispersées, aux larmes mitoyennes.

Nous le ferons comme il te plaira, sur le dos, le ventre ou le bas-côté, concave ou convenu, sur le bitume ou biturés, à couverts ou à nus.
A nous deux, la Vie, les chevauchées fantastiques, les charges héroïques, et peu me chaut que les zéros tiquent, merde aux cons et mort aux vaches, le mors aux dents sautons dans l'inconnu, ah le joli festival de peaux douces, de peaux lisses et de poésies, oui, par tous les pores suons et suintons, cochon qui s'en dédit, j'en fais le serment, ce sera mon dernier saut d'homme et "go more" !

Ne devenons pas les sombres héros de l'amer, tant, tu le sais bien, l'amer tue, le bitume, les lignes, droites et discontinues, celles, rebelles, tenant notre commun et original destin, les lignes d'un chemin naissant qu'il nous faut prendre par les cornes, l'échine ou le cou, qu'il nous faut prendre et puis c'est tout.

Il nous conduira, ce chemin, loin de tout, de rien, du fardeau, du quotidien, si près des "go more" et des goélands, de l'hiver puis du printemps, alors, putain de bordel de ta mère, Foutre-Dieu et coquin de sort, puisque de là, d'ici et d'ailleurs, que des sornettes il n'en ressort, de pauvres bobinettes, pâles et ternes fantômettes, prends-moi, prends-nous, une bonne fois, une bonne fois pour toute, sans poser de questions, ni remuer la boue, emmène-moi, emmène-nous, heureux et debout, à tire-d'aile, en calèche ou sur deux-roues, emmène-moi, emmène-nous, voir l'Amour ; la Mer.

18:33 Écrit par Philippe Sage dans Entracte | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la mer, léo ferré, goélands, fardeau, quotidien, chemin, amour, vie, éternité | | |

 
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