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20 mai 2011

Affaire DSK : La Grande Poubelle Médiatique

Un naufrage. Voire : pire que ça. Car, oui, c’est bien le fond du fond que nous avons touché. A tous les niveaux. Presse, radio, télé, Internet, etc. Rien, ne nous aura été épargné. Un déluge de commentaires délirants, quand ils n’étaient pas graveleux, à vomir. Ils sont peu ceux qui ont su se tenir. Ils sont rares ceux qui ne se sont pas mêlés à la meute. Mais qu’à cela ne tienne, la « page tournée », ils remettront ça, à la prochaine « affaire » tant la mesure, la distance, l’éthique, la dignité, bref, tout ce qui fait qu’un être soit un tant soit peu civilisé, sont des notions qui leur sont étrangères.

A-Gerber.jpgLa décence, savez-vous ce que ça signifie ? Ou avez-vous tout oublié ?
Comment peut-on se « vautrer » de la sorte en élucubrations, sous-entendus, accepter de se ruer, en masse, comme des chiens, vers le premier micro tendu ?
De Joffrin à Rioufol, de Schneidermann à Plenel, de Domenach à Franz-Olivier Giesbert en passant par le "troussage" de Jean-François Kahn, la liste serait longue, quasi interminable si l’on y ajoute les pauvres déclarations de nos hommes politiques de tout bord. Tous se sont compromis. Dans des propos parfois obscènes, déplacés, insupportables.

Que l’homme de la rue y aille de son commentaire indigent ne relevant que d’un ressentiment personnel, particulièrement étriqué, nauséabond, ainsi que l’internaute (qui n’est pas si différent de l’homme de la rue) éjaculant, confortablement planqué derrière son pseudonyme, lui qui prend comme un malin plaisir à faire de l’Internet une véritable poubelle, un terrible déversoir, c’est pas qu’on finit par s’y faire – comment le pourrait-on ? – on le déplore, et comment ! Mais que des responsables politiques, journalistiques et tutti viennent sur des plateaux de télévision nous tenir des propos ineptes, débattre ( ?) dans un brouhaha dégueulasse, au mépris de tout, parce qu’ils « savaient », se « doutaient de », c’est abject… Mais ils « savaient » quoi, ces gens-là ? Allez-y, déballez, donc ! Mettez tout sur la table ! Les mails, les coups de fil, faites-vous les échotiers des égouts. C’est vrai que c’est le bon moment. C’est précisément maintenant qu’il convient de le faire, n’est-ce pas ?

Non mais, entendez-les, les chiffonniers, rappeler la « présomption d’innocence », et, dans la seconde suivante, la bafouer. Entendez-les, ces misérables, parfois les mêmes, avoir un mot pour la « victime », cette « femme de ménage de 32 ans », puis gloser à l’envi, s’étripant, s’interpellant, alors qu’il faudrait faire silence.
Mais ce sont eux, savez-vous, qui demain, viendront nous faire la leçon, toujours, encore, désignant Internet comme le mal absolu, cet espace où tout est permis, même l’innommable, alors que par leurs élucubrations, leurs scoops à balle deux, puant le rance et la rancœur, ils nous auront offert un équivalent télévisé, radiodiffusé, écrit... Un spectacle pitoyable, où l’intelligence est bannie, où seuls les instincts primaires ont droit de cité.

On eût pu espérer – allez savoir pourquoi ! – que les femmes soient plus mesurées, mais même pas ! C’est à pleurer, Clémentine Autain ! Véritablement à pleurer. Car, encore une fois, ce n’est pas le moment. Ayez au moins, les un(e)s, les autres, la stricte décence d’attendre le verdict. Avant de vous précipiter sur la « bête ».
Le verdict !
En d’autres termes que la « justice fasse son travail ». Est-ce trop demander ? De savoir se tenir. D’être responsable.

Vous n’êtes pas dans vos salons, vous n’êtes pas à table en train de bâfrer, vous tenez des propos publics. Vous n’étiez pas dans cette chambre 2806. Vous ne savez rien. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il y a sept chefs d’accusation d’un côté, et de l’autre un homme qui les réfute. Point barre. Quand le verdict tombera, alors, peut-être, il sera possible d’en parler, voire d’en débattre, calmement. D’en tirer, le cas échéant, des « leçons ». Mais avant, c’est obscène. C’est flatter, quoi que vous en disiez, les instincts les plus vils. Les pensées les plus primaires.

Ne venez plus nous parler de populisme, s’il vous plaît ! Vous vous en êtes fait, ces derniers jours, les hérauts.
Ne venez pas nous parler de Baudis, de Bérégovoy. Tant à l’époque, là non plus, vous n’aviez pas fait silence. Elucubrant, pensant que, et si, sait-on jamais, etc.
Oui, vous êtes des « chiens ». La caravane du malheur passe, mais vous, vous restez. Aboyant, plus que jappant. Course à l’audience aidant. Et vos livres, qu’il faut vendre !

Et s’il est un verbe que je retiens, c’est « vautrer ».
Vous vous vautrez et vautrerez encore demain. Car vous n’avez aucune éthique. Plus rien de digne. Vous ne retenez rien, du passé, vous êtes fats, suffisants, croyant détenir la vérité, mais cette vérité, c’est la vôtre, elle n’a aucun intérêt, sinon celui de vous servir. Car ça, c’est votre taf. Vous servir ! De tout. Même du malheur. Rien ne vous arrête.

Sept chefs d’accusation, un homme qui les réfute, et... « et vous comprendrez donc, aisément, que nous n'irons pas plus loin dans le commentaire de cette affaire ». Voilà la phrase la plus appropriée que j’ai entendue jusqu’à présent. La seule. C’est le porte-parole du gouvernement, François Baroin, qui l’a prononcée... Je note que le président de la République aura – pour une fois – su garder le silence. Qu’à ce jour, il ne se sera pas mêlé à la « meute ». Et peu importe ce qu’il en dit, en privé. Il est question de « parole publique ». Il est question de ce que vous donnez à voir, à lire, et entendre.

Je disais, en liminaire, que c’était un naufrage. C’est au-delà.
Véritablement innommable.

04 mai 2010

Tu Devrais Aller Lire Ceci ..

Extrait :

"La police nationale est subséquemment de plus en plus considérée par la population, et jusque dans les rangs de certains de nos collègues les plus inexpérimentés, comme une force étrangère à la population, qu’elle devrait « mater » et non protéger" ..

Ici : l'avant, le pendant, et l'après.

Merci de prendre le temps, camarade(s) ..



Zik bonus :

podcast

02 octobre 2009

Polanski Par Frédéric Bonnaud : Cet Obscur Objet Du Scandale

Il est atterré, sincèrement peiné, Ted Stanger. Par ce qu’il entend. Comment ne pas l’être ? Tant ce qui se dit confine au désastre.
Un de plus.

C'est, Donc, Frédéric Bonnaud

Or donc, nous sommes consternés et, accessoirement, mercredi soir (30/09). Quasiment jeudi.
C’est une émission de télévision du service public paisiblement intitulée “L’Objet Du Scandale”. Elle est présentée par Guillaume Durand [1]. On y cause de "l’affaire Polanski". Introduite comme ci :

C’est l’émotion en France et dans le milieu du cinéma. Alors, est-ce une farce juridique, un scandale culturel ou est-ce que la justice est implacable pour tout le monde ?

Ça calme, non, ce genre d’accroche quelque peu putassière (“50 mn inside” à côté, ce serait presque de la roupie de sansonnet ! C’est dire ! ) ?
J’avoue ne pas comprendre, ni me remettre, de cette étrange interrogation : “Est-ce une farce juridique ?”.
Mais passons.
L’éponge.
Tout comme la plupart des interlocuteurs aimerait la passer, et pas qu'un peu, sur le "délit” qui vient de rattraper un “homme de 76 ans”, un “père de famille”, 32 ans plus tard. A Zurich.

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20 février 2009

“ … C’Est Le Difficile Qui Est Le Chemin !”

La Justice, Nouveau Maître-Mot Du Dr Sarkozy !

Au fond, il y a peu de différences entre les vœux à la Nation de Nicolas Sarkozy (31 décembre 2008, 20 heures) et son allocution de mercredi soir (18 février 2009, 20 heures).
On retrouve, peu ou prou, les même termes :

- Travail
- Effort
- Mérite
- Récompense
- Justice
- Solidarité
- Devoir

Les mêmes phrases :

- “Nous allons sortir renforcés de cette crise ..”
- “Mon devoir est de soutenir les classes moyennes/Je ne laisserai pas les plus fragiles d’entre nous ..”
- “J’ai été élu pour moderniser le pays/pour réformer notre pays (hôpital, lycées, universités, Etat lourd et coûteux) …”
- “Il est essentiel de garder notre sang-froid …”

Et la même attitude :

Debout derrière un pupitre, tel l’Empereur de la "Guerre Des Etoiles" ; ou debout sans pupitre, tel un roi nu.
Debout face à la crise.
Seul.

Même termes, mêmes phrases, même attitude, Il n’y a donc aucun virage, aucun changement de cap.
Peu importe que cette crise soit “sans précédent”, Nicolas Sarkozy ne bouge pas.
Et les quelques mesures annoncées mercredi soir ne sont que des rustines, des pansements destinés à calmer “les plus fragiles d’entre nous” en espérant qu’ainsi ils n’investiront pas la rue.
Car tel est son but : éviter (au pire, différer) un mouvement social d’envergure (et “sans précédent”) qui lui pend au nez !
En clair, Nicolas Sarkozy joue la montre, gagne du temps, avec l’espoir un peu fou qu’à la fin de cette année, il y aurait comme les signes d’un début d’embellie, une amorce - quand bien même fut-elle infime - de descente de crise, ce qui lui permettrait, lors des vœux prochains, d’enfumer le concitoyen avec le talent qu’on lui connaît, soit en procédant par sophismes et quelques raccourcis mathématiques (Sarkozy gère notre pays comme un comptable .. En cela, il donne raison à François Mitterrand qui disait : “Après moi, il n’y aura que des comptables !”).  

Il y a, cela dit, deux différences (de petites tailles) entre le discours du 31 décembre 2008 et l’allocution du mercredi 18 février 2009.

Tout d’abord, un terme a disparu :
Immobilisme.

Ce terme ne visait pas seulement les syndicats, l’opposition (traitée souvent d’archaïque) mais aussi, et surtout, les fonctionnaires.
Nicolas Sarkozy a enfin compris qu’à défaut de les convaincre ou de les mettre dans sa poche, il fallait peut-être cesser de les déconsidérer, quand ce n’est pas les insulter (comme les chercheurs, par exemple ..)

Ensuite - mais d’une certaine façon, c’est un remplacement habile du terme “immobilisme” - Nicolas Sarkozy a introduit une nouvelle notion :
Le refus de la facilité ! (“Je vous propose le seul chemin qui vaille : celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité !”)

En cela, et toutes proportions gardées (pour ceusses qui connaissent son manque de culture) il reprend la formule de Kierkegaard qui disait :
”Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin !”

On pourrait passer des heures sur ce que signifie dans les six cerveaux en état de marche de Nicolas Sarkozy, ce “refus de la facilité”.
D’autant plus dans une période, où comme il le dit lui-même, “les difficultés qui nous attendent (…) seront grandes !” [31 décembre 2008]
On peut néanmoins, s’autoriser à penser que dans son esprit, et selon sa logique purement comptable, la facilité consisterait à embaucher plus de fonctionnaires, interdire les licenciements et augmenter le SMIC.

Quoi qu’il en soit, il est un point sur lequel, on ne peut lui faire de reproches.
Avant son élection, il avait promis que c’en était fini d’un président qui se cache derrière ses ministres, qu’il serait, lui, en première ligne.
Il l’est.
Peut-être trop (il va même jusqu’à annoncer les réformes à la place des ministres concernés - en qui il n’a jamais fait confiance ...) mais il l’est.
Il l’est à tel point, qu’on a peine à trouver un ministre, même mauvais, qui ne soit pas devant lui en terme de popularité dans les enquêtes d’opinion.
Il l’est, debout, mais – forcément - de plus en plus seul.
Sur ce point-là, il ne nous a pas mentis.
Pour le reste, ça se discute … (“Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous abandonnerai pas !” – 6 Mai 2007]

S’il y a un (vrai) reproche à faire (hormis le non-changement de cap et les rustines-pansements annoncées mercredi soir) c’est son silence.
Pas un mot sur ce syndicaliste, mort dans la semaine, en Guadeloupe.
Et ce silence (gênant) chez cet homme qui n’a eu cesse de nous dire qu’il serait toujours du côté des victimes, quitte à bâtir une justice rien que pour elles, me conforte dans l’idée qu’en "Sarkozie", il y a bien deux sortes de victimes : les bonnes (les innocentes ?) et les mauvaises (les coupables ?).
Celles que l’on plaint et celles que l’on tait.
Or, quand on fait de la justice une priorité (“La justice doit être une priorité en ce moment” – Nicolas Sarkozy, mercredi 18 février 2009 – on pourrait se demander : pourquoi en ce moment ? La justice ne doit-elle pas être une priorité permanente ?) en d’autres termes quand on se place du côté de l’équité, on se doit (lui qui aime tant ce mot : devoir) de ne point faire quelques distinctions que ce soit en matière de victimes.
Je conçois que pour Nicolas Sarkozy ce soit difficile.
Mais, comme il l’a dit lui-même :
“Je vous propose le seul chemin qui vaille : celui de l’effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité !”
Encore un effort, Monsieur le Président, tant être juste, c’est d’abord refuser la facilité.
Celle que vous ne nous accordez pas.


[Sur ce je m’éclipse une semaine, à moins que dans ce laps de temps, la grippe aviaire revienne, le réchauffement climatique s’accélère ou .. le peuple, enfin, se révolte ..]

 
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