La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

23 novembre 2008

Comment "Ils" Ont Vaincu Marie-Ségolène Royal

Avant de développer le comment, retour sur ce qui s'est passé hier, samedi 22 novembre 2008.

Car, hier, il s'est passé quelque chose d'important, voire de définitif, tant on a vu, enfin, une vraie différence entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Elle est criante, cette différence.
Et foutrement intéressante.
Quoi qu'on pense de l'une comme de l'autre, je veux dire de Martine et de Marie-Ségolène.


Angela Aubry/Martine Merkel

Or donc, hier, samedi 22 novembre 2008, c'est Martine Aubry qui s'est exprimée la première.
Il était un peu plus de dix-huit heures.
Et d'où a-t-elle fait sa déclaration ?

De la rue de Solférino ?

Non.

De sa mairie de Lille ?

Non, plus.

Non, elle a choisi de s'exprimer depuis l'Assemblée Nationale.
Là, où l'on débat, où l'on vote, où l'on s'oppose, là où l'on se bat.
Tout un symbole, et il est fort.
Et moi, je dis bravo !
Bien joué, en tous les cas.

Son discours ?

Il fut simple, modeste, direct.
En l'écoutant et la regardant, c'est marrant, je pensais à Angela Merkel.

Martine Aubry serait-elle ou sera-t-elle notre Angela Merkel française ?

En attendant, c'est parfait, rien à dire, c'est du solide, le lieu, les mots, rien n'est laissé au hasard.
Quant aux journalistes présents, ils ont été conviés pour assister à la déclaration, pas pour poser des questions.
On n'est pas là pour polémiquer.
Rajouter de l'huile sur le feu.

Benoît Hamon, lui qui la veille appela à voter pour la mère de Lille, où est-il à ce moment-là ?
Eh bien, il est sur le terrain.
Avec les postiers qui manifestent.
Le message est on ne peut plus clair : avec Martine, nous sommes déjà en action.
Nous sommes de retour, près du peuple, nous les socialistes !
Du moins, peut-on le voir ainsi.
Martine se bat à l'Assemblée, Benoît dans la rue, c'est parfait ... en matière de communication !
De là, à le croire, à le prendre pour argent comptant, c'est une autre paire de manche ...


Blanche Comme Neige ...

Deux plus heures tard, à vingt-heures, c'est au tour de Marie-Ségolène Royal de s'exprimer.
Et d'où fait-elle sa déclaration ?

De Melle ?

Non.

De l'Assemblée Nationale ?

Non plus.

Non, elle a choisi TF1, répondre aux questions de Claire Chazal, continuer à alimenter la polémique.
TF1, étrange comme symbole ..
Mais il y en a un autre.
Cela faisait combien de temps que la Dame de Melle n'était pas apparue vêtue de blanc ?
Ce blanc qui signifie pureté.
Eh bien, je vais te le dire : depuis l'élection présidentielle de 2007.
Ainsi donc, c'est tout ce qu'elle a trouvé, Marie-Ségolène !
Aux présumées fraudes électorales, elle oppose sa présumée pureté.
Ben voyons !

Tu vois, mine de rien, il y a un monde entre Martine Aubry et Marie-Ségolène Royal.
Et je préfère, et de loin, le premier.

Or donc, comment ont-ils vaincu Marie-Ségolène ?

Tout a été parfaitement orchestré.
Je veux dire que oui, bien sûr que oui, la stratégie, et depuis le début, était celle du "Tout Sauf Ségolène".
Seulement voilà, il ne fallait pas que ça se voit.
Sinon, les militants auraient d'emblée pris fait et cause pour la Présidente de la Région Poitou-Charentes.
Hamon, Delanoë, Aubry, tous était unis, dès le départ, pour la dégommer.

Ils savaient qu'ils n'avaient aucune chance en lui opposant une seule candidature.
Celle de Bertrand Delanoë.
Ils savaient aussi que Benoît Hamon n'avait aucune chance de passer le premier tour.
Mais cette candidature, celle de Hamon, était pourtant nécessaire !
D'abord parce qu'il fallait un nouveau visage pour donner aux militants une image, celle du renouvellement du Parti.
Ensuite, parce qu'il était important de faire vivre dans cette élection, l'aile dite gauche du même Parti.
Voilà l'explication de la candidature de Benoît Hamon, adoubée par les éléphants.

Hamon, qui donc n'avait aucune chance de passer le premier tour, ne pouvait ensuite appeler à voter Delanoë pour le second.
Car, ça n'aurait pas été cohérent !
L'aile gauche ne pouvait en aucun cas inviter ses militants à reporter ses voix sur un homme qui s'est déterminé comme libéral et socialiste !
La candidature de Bertrand Delanoë - soutenue en plus par Jospin et Hollande, soit repoussante pour beaucoup -  ne suffisait donc pas dans la stratégie du "Tout Sauf Ségolène".
D'où la candidature de Martine Aubry, pilotée de main de maître en loucédé par, encore et toujours, les éléphants.

Ensuite c'est un jeu d'enfants et de dominos.

Delanoë, battu, se retire et appelle à voter pour la motion de Martine Aubry.
Le "Tout Sauf Ségolène" est en marche, mais il est atténué, caché, ce "TSS", par le maintien de la candidature de Benoît Hamon.
Oui, il était, dans cette stratégie déguisée du "TSS", impératif qu'il ne se retire pas de la course, Benoît, sinon, les ficelles devenaient bien trop grosses et les poutres dans la paille du voisin, apparentes ...

Certes, et chacun le savait, jamais Hamon ne se serait rallié à Marie-Ségolène. Impossible, car là aussi, incohérent.
Il était clair, qu'il appelerait à voter Aubry.
Ainsi, c'est en procédant en plusieurs étapes, soit de ralliement en ralliement, mais des ralliements d'une logique et d'une ligne politique incontestable - ce que je nomme le jeu de dominos - que le "Tout Sauf Ségolène" a été admirablement masqué.
Du grand art.
Et d'où, aussi, la colère de Marie-Ségolène Royal, et le fait qu'elle consteste le résultat du scrutin.
Sauf que, en vérité, c'est moins le résultat qu'elle conteste que la stratégie utilisée pour la dégommer.
Comme elle ne peut pas s'offusquer de ce "TSS" rondement mené, alors elle le masque, à son tour, en accusant ses adversaires de fraudes et de triches

Pourtant, il ne l'est pas contestable, le résultat.
42, 30 ou 53 voix de retard, peu importe !
Pour gagner une élection, il suffit d'obtenir une voix de plus que son adversaire.
Une et une seule suffit.
Point barre.

Il n'y a pas de tricheries, pas de fraudes, peut-être, sûrement, des inexactitudes.
Elles ont été corrigées.
Il serait sage, désormais, de saluer le vainqueur.
De reconnaître sa défaite.
Oui, il serait urgent, Madame Royal, de reconnaître votre défaite, quand bien même ce mot vous fait horreur, comme vous nous l'avez montrés, le 6 mai 2007, en refusant de prononcer ce mot, défaite, promettant même à vos militants de les emmener vers d'autres .. Victoires !

Mais cette fois, c'est fini, Madame.
Vous avez bel et bien perdu.
Et même si je peux comprendre votre colère, votre amertume, tant la stratégie pour vous abattre est évidente, tant oui c'était bien le "Tous Sauf Vous", il n'en reste pas moins que vous avez perdu et puis c'est tout.
Sachez le reconnaître.

Ayez au moins, à défaut d'idées ou de programme, du panache !

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu