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23 avril 2012

Comment Ils Ont Tué Mélenchon !

Jean-Luc Mélenchon

ICI

20 avril 2012

Lettre Au Peuple Mélenchon

Moland Fengkov


« Dis-toi que tu n’as pas fait tout ce chemin pour, dimanche, te coucher.
Te résigner. Au vote utile.
Souviens-toi de ce que disait le Général.
Que nous étions, paraît-il, des veaux.

Et pose-toi cette question :
Qui, dans cette élection, le veau tue-t-il ? »

La suite : ICI



©Photo : Moland Fengkov [Paris Bastille, le 18 mars 2012]

23 mars 2012

Une Campagne (Et Un Pays) Sur La Corde Raide

J’attends …
J’attends le moment où l’on va dire que c’est lui, Nicolas Sarkozy, qui a tout organisé. Que c’est un plan diabolique pour se faire réélire. Après tout, au point où nous en sommes, tout est possible.
Non ?

BanksyOui, j’attends le moment où l’on va crier au complot. C’est bien barré, faut dire.
Je constate, à ce propos, que nous avons – notamment sur Internet – de grands spécialistes, jusque-là méconnus, du Raid. Des pros de la DCRI et du Renseignement...
Ah faut voir comme ils te refont l’opération de A à Z !... Je leur donne ce conseil bien amical : filez donc votre scénar à Luc Besson, ça pourrait l’intéresser, dans le cadre d’un Léon II.. Contactez les studios américains, ils manquent d’idées pour une nouvelle saison des Experts et de NCIS.. Ou mieux : faxer le tout à Marchal, il est sec comme une trique depuis « 36 ». Avec lui, coco, la scène de la baignoire sera bleutée, pétée de ralentis, histoire qu’on voie bien les balles jaillir du 11.43.

J’attends aussi ce moment où, le supporteur du PS, celui qui se dit de gauche, va réclamer plus de surveillances ; vidéos, téléphoniques, numériques. Demander qu’on collât au train, et sans autre forme de procès, tout individu relou. A son seul goût... Oui, j’attends le moment où le citoyen se plaindra de vivre en démocratie, dans un pays libre, estimant que, tout compte fait, c’est trop risqué, trop dangereux. Que mieux vaut un Etat policier. Et qu’on remplaçât, sur le champ, nos services de renseignements par une Stasi.

Toujours est-il qu’après le carnage, on se défoule, n’est-ce pas ? Au mépris de tout. De la mémoire. De ceux qui ne sont plus. Oubliés les morts (ou plutôt les "exécutés") enfants, militaires, professeur... Oubliée la gravité, finie la prétendue dignité... On n’a pas le temps, à l’ère de la démocratie d’opinion. Pas le temps de faire silence. Longtemps... Pas de place pour le recueillement. Moins encore pour la réflexion. Non, il convient de faire du bruit. Se faire entendre. Et vite !

Quant au(x) reste(s), la politique, ses snipers, ses supporteurs, ses aveugles et sourds, c’est moribond.
Cette comédie permanente, son bal des hypocrites, ces petites polémiques, c’est sans nom.
Et vas-y que j’accuse celui-ci de récupération, celle-ci d’instrumentalisation, et la meute des internautes, et autres anonymes experts en commentaires, d’abonder, de surenchérir et d’aboyer.

Alors je vais le préciser : mon choix est fait. Celui du premier tour. Ce sera Mélenchon. Je le précise car la mesquinerie ambiante m’y oblige. Mais je me doute bien, allez, que certains trouveront ENCORE matière à élucubrer, à déceler manœuvres, voire même grande perversité, ou je ne sais quelle traîtrise, quand ils auront achevé le billet que présentement je soumets :

La Campagne Est (Peut-Etre) Relancée

Sur ce : bonne chance !


« Dans toutes les circonstances de la vie quotidienne je fus gêné de n’avoir pas été capable, jusqu’à ces dernières années, de bien saisir la mesquinerie et la bassesse des hommes ».
[Arthur Schopenhauer – A Soi-Même]

10 mars 2012

N’Alimentons Pas Le Sacre Annoncé De François Hollande !

Cela fait désormais deux ans que dans tous les sondages, OpinionWay compris, Nicolas Sarkozy est battu, écrasé même, par le candidat du PS, dans les intentions de vote de second tour.
Il le fut, tour à tour, comme dans le même temps, par Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. C’est du jamais vu pour un président sortant. Même le Chirac de 2002, avec toutes ses casseroles, son statut Guignol de « supermenteur », n’aura pas connu de telles projections, et sur un temps aussi lourd.

Alors on peut bien nous assurer, ici où là, que non, grand Dieu, tout n’est pas fini, que les jeux ne sont pas faits, à d’autres ! Evidemment que si, elle est pliée l’affaire ; évidemment qu’il est cuit, le Sarkozy. Il n’en reste pas moins qu’il serait fort dommageable que François Hollande remportât cette élection trop facilement, soit avec un écart trop grand.

Enfariné.jpgOh, j’entends ceux qui, déjà, protestent. Je connais leur refrain ô combien lassant : les sondages se trompent toujours !... Faux, je réponds ! Comment voulez-vous qu’ils se trompent étant donné qu’ils ne sont pas prédictifs ? Ils ne nous donnent pas le résultat d’une élection, en aucun cas ! Seulement le reflet de l’opinion à un "instant T". Rien de plus.
C’est du brut. Mais quid du net ?

Eh bien parlons-en !

Le net c’est la tendance, et c’est le temps qui la détermine. Plus elle s’inscrit dans le temps, plus elle dure, sans jamais mollir, faillir ou racornir, et plus elle indique un choix. Qui n’est pas forcément celui d’un président, pas même d’un futur, mais de ce qu’on ne veut plus. Or, quand durant deux années, et d’autant plus quel que soit l’adversaire lui étant soumis, aussi différent soit-il de profil comme de face ou de sexe, le président est systématiquement laminé, ça relève moins d’un désir (de l’autre) que d’un rejet (du président).

Et d’ailleurs, il suffit d’y regarder de plus près. Ce que peu font, et comme ils ont grand tort ! Tant c’est intéressant. Ainsi dans la dernière livraison Ifop, que découvre-t-on ? Eh bien que dans le cas d’un second tour opposant François Hollande à Nicolas Sarkozy, parmi les 56,5% affirmant qu'ils voteraient pour le candidat du PS, seuls 39% le feraient parce qu’ils souhaitent vraiment que François Hollande devienne "leur" prochain président de la République ; les autres, donc l’immense majorité (61%), pour empêcher une réélection de Nicolas Sarkozy. Et vous pouvez prendre tous les instituts, à quelques pourcents près, c’est la même chose.
Il n’y a donc pas de désir d’Hollande [1]. Juste un rejet de Sarkozy. L’envie, tenace, de s’en débarrasser.

De fait, ce n’est pas une présidentielle que nous vivons. Non : c’est un référendum. Grossier et primaire. Alors je comprends que certains, fort nombreux se réjouissent à l’idée de voir, enfin, Nicolas Sarkozy mordre la poussière ; pis : qu’il disparaisse à tout jamais de nos écrans. Bref, qu’il soit zappé de la vie politique française... Oui, je comprends, après toutes ces années, où rien ne nous fut épargné, du « Kärcher » à la « racaille », du Guilvinec au Salon de l’Agriculture 2008, du Fouquet’s à l’Epad, du discours de Dakar à celui de Grenoble, de Kadhafi à Bachar al-Assad ; et tous ces mensonges, et tous ces sophismes, et toute cette vulgarité. Cette façon détestable de parler au peuple français, de lui faire gober couleuvres sur couleuvres ; et cette Droite populaire, et cette Nadine Morano, sans oublier le fin du fin : Claude Guéant... Oui, y’a matière. Même que, si on pouvait, bordel ! on les effacerait de l’Histoire ces dix années-là, cette période "post-21 avril". Tant tout est là, dans cette date-là : le 21 avril 2002. Ah, l’inconséquence de nos responsables politiques, de l’UMP comme du PS d’ailleurs ! Ah, la sale course à l’échalote frontiste… Oui, je sais, ça a commencé bien avant, mais avouez que depuis 2002, on bat des records ! On a beau dire des Autrichiens, des Hongrois, mais entre nous, on ferait mieux de ne pas trop l’ouvrir.
Des leçons, on en a plus à donner. A personne.

Or donc, il va être élu, Hollande. Et ça ne me plaît guère. Je ne m’en réjouis pas, pour être clair.
Je ne l’étais pas plus quand François Mitterrand conquit le château un 10 mai 1981. Nonobstant, je reconnais que l’homme, Mitterrand, aura su, lui, susciter le désir, l’espoir, une force, vraiment.
Je m’en souviens très bien de tous ces gens, ceux du 10 mai, comme ils y croyaient. Persuadés, qu’ils étaient, que leurs vies allaient changer. Qu’enfin, justice leur serait rendue. Justice, c’est bien un mot de gauche, non ?... Je reconnais, oui, qu’il y avait, là, une vraie joie, palpable, presque tactile, ce 10 mai. Et puis, tout de même, les 39 heures, la cinquième semaine de congés payés (1982), la retraite à 60 ans (1983), toutes ces réformes votées alors que la France venait de connaître « la crise la plus grave que le monde ait connue depuis 50 ans » (Valéry Giscard D’Estaing – 2 mars 1981 – extrait de sa déclaration de candidature) ç’avait de la gueule. Ça ressemblait à une politique de gauche. Mais là…

Là, nous allons porter aux responsabilités des revanchards, des morts de faim. De ceux qui ne visent qu’une chose et une seule : le pouvoir. C’est juste un parti qui va prendre la place d’un autre. Lui régler son compte par la voie des urnes. C’est juste un clan qui fera la nique à l’autre.
Et d’ailleurs, regardez-les, lisez-les, observez-les ! Cette arrogance, comme ils ont du mal à la cacher. Ils ont tellement hâte d’y être. Enfin, ils vont pouvoir laver l’affront, pensent-ils, celui du 21 avril 2002.
Et que dire de leurs militants ou de leurs soutiens, notamment sur Internet, dans la jungle des réseaux sociaux et celle de l’agonisante et désolante blogosphère ! Comme ça relaie, moutons, sans se poser la moindre question, le dernier communiqué, la prochaine action, la plus petite vidéo. Comme ça s’acharne, telles des hyènes, sur la dépouille sarkozienne. Ah, je les vois déjà hurler, vociférer, brailler, le soir du 6 mai. Ils vous le diront, retenez bien, que voilà un nouveau 10 mai ! Vous verrez ! Rien que d’y penser, j’en ai la gerbe. Ce ne sera pas un nouveau 10 mai. Mais un mensonge grand format.

Cependant, il reste une quarantaine de jours. C’est suffisant. Pour enrayer cette mécanique. Oh, pas pour l’empêcher, je l’ai dit, c’est râpé, il a gagné le rouennais de Corrèze ! Non, mais pour faire en sorte, et de toutes nos forces, que cette victoire ne soit pas un triomphe. Car imaginez, qu’elle l’emporte, cette équipe-là, par 58 à 42, mais je vous le dis : dans ce cas, ils ne vont plus se sentir, les mecs. Ils vont se croire autorisés à tout, jusqu’à son exact contraire... L’arrogance qu’ils masquent à grand peine, présentement, pour le coup, avec un tel score, un plébiscite, elle va (nous) exploser (à la gueule)…

... Moscovici
, et tous les anciens strauss-kahniens, vous allez apprendre à les connaître, quand plus aucun frein ne les retient... Et Montebourg. Ah, Montebourg ! Le nouveau Jack Lang ! Tout à fait le profil à vous sortir, grandiloquent, qu’il « est né socialiste et qu’il mourra socialiste » ! Quand je pense que des pauvres gens lui ont refilé 17 et quelques pourcents de suffrages lors de la "primaire citoyenne", c’est à pleurer ! Ils se sont fait berner, et dans les grandes largeurs ! Montebourg, l’aile gauche du PS, mais comment ? Comment on a pu en arriver là ?... Mais c’est une imposture, vous savez !... Qui s’en souvient de cet été 2006, où il trahit ses camarades du courant "Rénover Maintenant" [2] en soutenant, par pur opportunisme, la candidate des sondages, Ségolène Royal ? Et Hollande et Aubry, qui étaient soi-disant « les deux faces d’une même pièce », ô combien responsables de l’échec, celui du 21 avril. Et cette lettre ridicule adressée aux deux impétrants. Rien ne l’arrête(ra).

Oui, il reste quarante jours pour endiguer la vague. Celle qui va prendre l’Elysée, puis l’Assemblée. Après le Sénat. Les pleins pouvoirs... On parlait, naguère, d’un « Etat RPR » ? Eh bien, nous allons droit vers un « Etat PS » ! Ils étaient insupportables, les types de droite ? Soyez assurés que ceux-là, qui se prétendent de gauche, et usurpent depuis des décennies le terme de "socialiste", le seront tout autant !... Quoi, la justice sociale ? Vous rêvez ! Où est-elle dans le programme de M. Hollande ? Suffit-il, aujourd’hui, de déclarer que l’ennemi c’est la finance, pour être considéré derechef comme l’allié objectif des classes moyennes et populaires ?... Allons, ce sont des mots, ou des bons mots, qui ne valent pas bien chers en terre de Traders ; la City, par exemple…

Sarkozy défait, je suis pour ! Mais ric-rac. Histoire de leur rabattre, avant qu’il ne soit trop tard, leurs caquets. Une victoire raisonnable, et même, soyons fou ! difficile, avec pour commencer un premier tour serré. Ainsi, ils seraient au moins contraints et forcés de composer. De prendre en compte les diverses sensibilités ou aspirations exprimées par le peuple.
Parce que si c’est un sacre, alors, Adieu Berthe ! N’oubliez jamais que ce n’est pas un homme que vous portez au pouvoir, mais un appareil. Un parti. Une aberration. Avec, au perchoir, Ségolène Royal. Ça promet !

Ah, si encore ils étaient de gauche. Si y’avait dans leurs gènes, un peu de Jaurès, et même de Mendès, nous pourrions leur faire triomphe. Mais ces gens-là sont des libéraux, un peu moins brutaux, certes, que les droitards, mais des libéraux quand même, qui acceptent, et sans barguigner les lois du capitalisme, le diktat des marchés. Ceux qui s’en sortiront, on les connaît. Ce ne sont pas les travailleurs précaires, ni même les travailleurs tout-court, les besogneux j’entends. Mais ceusses de la classe assimilée supérieure. La génération des iPhone et des Ipad. Bref, celle qui ne manque de rien. Mais qui s’indigne de tout.

Alors éparpillez-vous, dispersez-vous, votez Mélenchon, Poutou, Arthaud, et même Bayrou si ça vous chante (Bayrou n’étant rien d’autre qu’un Hollande du Béarn) n’ayez pas peur, puisque de toutes les façons, c’est inscrit, dans les tendances et le temps, Sarkozy, ils n’en veulent plus, et c’est tant mieux.
Oui, parce que c’est fait, parce qu’on sait que la victoire ne peut plus leur échapper, vous qui pensiez, par peur de je ne sais quel 21 avril, par prudence ou discipline, voter comme ils disent, "utile", n’en faites rien. Faites vivre la démocratie, la diversité, la liberté d’opinion et de conscience. Ne concourrez pas au sacre annoncé. Déjouez-le ! Réduisez-le ! Humanisez-le !


[1] Comme il n’y avait pas plus un désir d’Aubry.
En revanche, c’était un tantinet différent avec DSK. Lui seul pouvait réunir sur son nom un vote d’adhésion. A tort ou à raison, une partie des citoyens le considérait comme un économiste solide, une valeur sûre. Et d’ailleurs, quand en juillet 2011, l’affaire du Sofitel présentant de plus en plus (comme il fut dit) des « zones d’ombres », à ce point que d’aucuns parlèrent de « complot » visant à écarter cet homme de la présidentielle, et qu’on évoqua alors, non sa réhabilitation, mais la possibilité d’un retour, comment alors réagit l’opinion ? Eh bien lui qui écrasait Sarkozy depuis des mois dans toutes les projections de second tour, le battait encore par 54 à 46 ! [Sondage BVA publié le 12 juillet 2011] ! Oui, malgré le Sofitel, en dépit des circonstances, deux mois après ce fameux 14 mai 2011, il était encore donné vainqueur ! 

[2] "Rénover Maintenant" était un courant créé par Arnaud de Montebourg. Courant issu du NPS. Lorsque le député de Saône-et-Loire annonça, en août 2006, qu’il soutenait la candidature de Ségolène Royal, plusieurs responsables locaux, adhérents de "Rénover Maintenant", s’en émurent.
Par voie de presse, ils dénoncèrent cet accord passé entre leur leader et la présidente de la région Poitou-Charentes :
« Nous n’acceptons pas que notre désir de Rénover Maintenant soit sacrifié au baromètre des sondages ou des arrangements entre amis ».
Et de réclamer, comme il était prévu, une candidature Montebourg (à la "primaire" des 9 et 16 novembre 2006) afin de porter leurs idées et valeurs.
Ils ne furent pas entendus. Montebourg, trop soucieux du sens du vent, n’en eut cure.
 

01 décembre 2011

Cinq Erreurs Se Sont Glissées Dans Cette Mauvaise Photo. Sauras-Tu Les Retrouver, Oh-là-là, Oh-là-là ?

TNS-Sofres-novembre-2011.jpg

La réponse est : ICI

13 octobre 2011

Le Retour Du 29 Mai 2005

Finalement, cette primaire aura été une réussite. Elle aura permis de clarifier certains points. Et désormais, nous savons. Quel que soit le candidat du PS choisi dimanche, nous savons, oui, qu’il ne sera pas (ou : peut-être pas) du côté du peuple.
Peu importe les concepts de « gauche molle » ou de « gauche dure », ils ne sont que postures médiatiques.
La vérité, c’est que le PS ne portera pas les valeurs du socialisme. Mais celles du Triple A, de la finance et des marchés qu’ils espèrent, les « impétrants », corriger à la marge.
Autant le dire de suite : c’est hautement insuffisant.

Mélenbourg-et-Montechon.jpgC’est insuffisant, car voué à l’échec. L’heure n’est plus à la gestion. Au Bayrouisme. Au raisonnable [*]. Mais à la contre-attaque.
Le temps est venu d’entendre les Todd, les Lordon. Et même, d’une certaine façon, les Montebourg, les Mélenchon. Avec toute la prudence qui, nonobstant, s’impose. Car ces derniers sont avant tout des politiques, non des idéologues purs et durs.
Bref, tout nous invite à la radicalité. Et cette radicalité, elle ne fut que trop peu portée, lors de la « primaire citoyenne ».

Cependant, et quelle divine surprise ! Ce que cette primaire a révélé, ressuscité, c’est une ligne de fracture, celle du 29 mai 2005. Tant mieux ! Merci la crise ! Merci la finance ! Vous avez réveillé un essentiel. Et cet essentiel, c’est un « non » retentissant : non à ce système, non à la mondialisation ! Non, itou, à la moralisation du capitalisme, tant nous le savons, c’est mission  impossible. Un attrape-couillons.

Alors bien sûr, d’aucuns rétorqueront que c’est pur fantasme. Quoi Montebourg ? Quoi Mélenchon ? Ça pèse combien ? 400 000 personnes pour l’un, potentiellement près d’un million pour l’autre. Mais vous êtes minoritaires ! Vous prenez vos rêves pour réalité, ma parole !

Et la dynamique, vous en faites quoi ? La force, le souffle, la ténacité.
Le combat n’a pas encore commencé, si je ne m’abuse ! Or qui sait, de ce qu’il accouchera.
D’un éléphant, vous croyez ?
« D’une souris lepéniste ! » hurlent déjà certains !
Arrêtons-nous, sur ladite souris. Puisque vous insistez.

Car oui, il faut en causer. Tant elle nous ramène, aussi, au 29 mai 2005. A la fameuse ligne de fracture. Les deux France. Du moins, c’est ce que voudraient nous faire croire les journalistes, et autres éditocrates. Ces « laquais », ces « valets » du système.

Le Pen défend la démondialisation ?
Donc, Montebourg, Mélenchon, Le Pen, c’est pareil (et Nicolas Dupont-Aignan, itou) !

C’est extraordinaire, non ? Mais c’est aussi ce qu’ils nous bavaient en 2005. Ah, les charlatans ! Todd a beau s’esbigner à dire, haut et fort, que non, c’est pas pareil, ils n’en ont cure. Normal ! Ils roulent pour le système. Pour que rien ne change.

La vérité, c’est que non, ce n’est pas pareil.
D’un côté nous avons le socialisme, et de l’autre, l’ultra-nationalisme.
D’un côté nous avons des adversaires du néolibéralisme, de l’autre des girouettes. Oui, parfaitement, des girouettes ! Car, pour qui s’en souvient, le Front national est avant toute chose, un parti qui, toujours, a défendu le système capitaliste ; ultra-libéral il est, ultra-libéral il demeure. Sa conversion à la souffrance du peuple, son intérêt soudain pour les classes populaires, n’est que pur opportunisme, dicté par une logique électorale. Et s’il combattit le système ce n’était point l’économique, mais le politique. En d’autres termes : les institutions, la Ve République.
Jamais le Front national n’a été du côté de ceux qui triment, qu’en bavent, qui désespèrent. En revanche, c’est bien le désespoir qui conduisit une partie de l’électorat (de gauche, souvent) à se tourner vers le FN. Il serait désolant, préjudiciable, que cette tendance lourde, enrayée temporairement en 2007, par un matamore, un fanfaron, se poursuivit en 2012.

Mais revenons à notre futur candidat du PS. Soit, il porte les thèmes de Todd, de Lordon, etc., un tant soit peu, soit il reste dans un trip social-démocrate, et Adieu Berthe !
Soit il incarne les valeurs du socialisme, aussi la colère du peuple, l’espoir, l’imagination, le combat contre le néolibéralisme, soit il se contente d’être une alternative au sarkozysme, ce dont on se fout royalement. Car quel intérêt, pour nous, d’avoir demain à l’Elysée, un Sarkozy vaguement social ? Or donc, un Hollande (sorte de Bayrou du PS) ou une Aubry (un delorisme pépère).

Il semble, malheureusement que le candidat du PS ne bougera pas d’un iota ; il restera social-démocrate, pauvre substitut au sarkozysme. Tant pis pour lui, dans ce cas… mais qu’il sache ceci :
Sarkozy, c’est (déjà) fini. Il se peut qu’il ne passe même pas le 1er tour de la future présidentielle ! Et cette obsession à vouloir le battre, cette invitation permanente à nous en débarrasser, notamment par le foutu « vote utile », c’est une diversion. C’est pour éviter de parler de socialisme, du peuple, et du « non » qui gronde,  ce « non » que les médias complices contiennent, en rappelant, par exemple, combien le peuple est résigné.
Non, il n’est pas résigné.
En revanche, si la radicalité n’est pas dans le bon camp, il pourrait très bien voter FN, en masse.
Le FN, c’est lui, l’Adversaire. Oublier ça, c’est se tromper de combat. Todd et Lordon, l’ont compris. Quand est-ce que la « gauche », ou supposée telle, va le comprendre ?

Je m’en tape, moi, d’avoir le PS au pouvoir. Je m’en fous comme de l’an 40 de prendre une revanche sur (la droite, le sarkozysme, etc.). S’il n’est pas socialiste, l’élu, ça ne vaut rien. Ça ne changera pas mon quotidien. Je ne vivrai pas mieux. Je ne serai pas plus heureux. Mais peu importe…

Peu importe, car ce qui compte c’est qu’aujourd’hui nous avons un boulevard devant nous. Et c’est la crise qui l’a ouvert, ce boulevard. Il serait insensé de ne pas le prendre. De ne pas faire savoir, haut et fort, que nous ne voulons plus subir. Nous ne voulons plus être des variables d’ajustement. Des Kleenex. Des Molex.

Tout bien considéré, nous avons l’occasion de prendre non pas notre revanche, mais de poursuivre, reprendre, ce qui fut gagné, éphémèrement, le 29 mai 2005.
Cette date-là n’aura pas été inutile. Soit nous saisissons cette chance, soit nous remettons à demain. Mais rien ne dit, cette fois, qu’il y aura un « demain ».

En définitive, jamais une élection présidentielle, n’aura été, à ce point, importante. Cruciale.
- Sarkozy/Hollande/Aubry/Bayrou/Morin/Etc., c’est le choix de la résignation.
- Marine Le Pen, c’est le choix du repli (sur soi). Or, on ne lutte pas contre le néolibéralisme, la finance, les marchés, en se repliant. Mais en combattant. En affrontant, directement, ce qui nous broie.
Qui plus est, mais je l’ai dit, le FN-du-côté-du-peuple, c’est une énorme arnaque. Mais plus c’est gros, mieux ça passe, n’est-ce pas ?
- Or donc : le seul vrai choix, c’est Todd, c’est Lordon. Pour le moment, il n’y a qu’un candidat qui défend cette ligne : Mélenchon (avec toutes les réticences qu’il suscite, et que je comprends, d’autant que je les partage). Il conviendrait, pour que ce soit plus grand, plus fort, que Montebourg le rejoigne. Et Poutou. Et Arthaud.
Bref, tous nos étendards du 29 mai 2005.
Pour faire de ce jour, en 2012, une victoire, enfin pérenne.


[*] « Nous sommes des gens raisonnables au Parti socialiste ! » a rappelé Martine Aubry, lors du débat dit : décisif.
Eh bien, tant pis pour vous, alors…


NB : A lire d’urgence, si ce n’est pas encore fait :

« Le commencement de la fin », ainsi que : « La démondialisation et ses ennemis » par Frédéric Lordon.
« Le Front national est un front antinational » et « Face au FN, il faut rompre avec deux concepts zombies : le libre-échange et l’euro » par Emmanuel Todd.

 

04 août 2011

Personne Pour 2012

Le souffle.
Voilà ce qu’il manque.
Un élan.
Eux qui n’ont que ce mot à la bouche, celui de « rassemblement », y’en a pas un qui l’incarne.
De Sarkozy à Poutou en passant par Mélenchon, Joly, Aubry et tutti, pas un.
Oh, je sais, les projets, on ne les connaît pas, pas encore, mais à vue de nez, ça sent déjà le réchauffé, les rustines, quand c’est pas le suicide collectif.
On me dira itou, patience ! nous ne sommes qu’en août, tu vas voir, dès septembre, ça va se décanter, même qu’y en a qui vont sortir du bois, ou les griffes, aiguisées ; va y’avoir du sport !
Vraiment ?

A-par-Bansky.jpgNon, bien sûr que non, ça va pas se décanter.
Pas besoin d’être grand clerc ou Duhamel pour le deviner. Tout ce qu’on nous donnera à becqueter ce seront des petites phrases, de celles qui font la joie des quotidiens, et des chaînes d’informations en boucle. De la polémique à balles deux. Mais qu’a son intérêt : faire diversion. Contourner l’os. Gaffe surtout, à ne pas aborder les vrais sujets.
La vérité.

Pourtant, ils seront légions sur la ligne de départ : dix, peut-être douze, voire plus.
Mais y’en aura pas un qu’aura le feu sacré. Qu’apparaîtra comme une évidence.
Le temps des grands hommes est révolu. Comme révolues sont, les révolutions. Et peu me chaut que t’occupes je ne sais quelle place, l’indigné… Indigné, mon cul ! T’en as pas assez chié pour être crédible. Ton indignation – je parle de l’occidentale – elle est bien paresseuse. Elle se numérise, et pis voilà. Sujet suivant...
J’t’en foutrais !
Quand on est indigné, vraiment, on reste pas le cul assis par terre, non ! on montre les dents. Quitte à tout foutre en l’air... Non mais c’est quoi, ces rassemblements, pépères, à qui ça fait peur, qui ça impressionne ?... Mais personne ! Et surtout pas les politiques.
Alors, ne t’étonne pas, si rien ne bouge, que tout continue, comme avant, entourloupes, vaseline et tout le bataclan.

Après tout, pourquoi donc iraient-ils se crever la couenne, les candidats, pourquoi prendraient-ils des risques, se fendraient-ils de projets ébouriffants, quand tu vois l’étrange apathie du peuple...
Le peuple !
Ça râle, ça rouspète, ça se plaint, et puis ça rentre chez soi.
Ça veut tout casser, au coin d’un zinc, ou sur un forum à la noix du Net, nouveau défouloir de ceusses qu’ont-que-de-la-gueule, anonymes, planqués, mais dans la vie, la réelle, y’a plus personne. Que des échines courbées. Des « Oui, Monsieur ! » et des « Oui, Madame ! »… Parce que, faut le savoir, les furieux qui vous promettent le chaos sur le Net, à grands coups d’insultes (quand ils donnent pas dans le diffamatoire) dans la « vraie vie », c’est des petzouilles.
Ils valent pas chers, les loquedus.

Quant aux blogs classés politiques, voire militants, c’est de la rigolade ! Y’en a pas un sur cent qui tienne la distance. Et encore, je suis large...
Alors quand on m’affirme que cette présidentielle passera par Internet, je me marre. Pour que ce fût possible, faudrait qu’Internet soit une alternative, pas un copié/collé... Faudrait plus de chair, de profondeur, de rage aussi. Mais penses-tu !... Ça ne pense qu’à ses stats, ses followers et ses RT ; bref, qu’à engraisser son foutu réseau ; un réseau qui sert à rien, quand t’as l’honnêteté de te pencher sur son utilité supposée.

Or donc, pourquoi qu’ils se feraient beaux, nos candidats, pour 2012 ?
Pour qui ?
Pour un peuple qui, depuis lustres, avale toutes les couleuvres ?
Et, qui plus est, se jalouse, s’envie, se mesquine, pour des peccadilles ?
Qui, dès que tu lui tends un os à ronger, se jette dessus, sans même réfléchir ? Abruti qu’il est de télévision, d’idées reçues, d’a priori, de préjugés.
Hostile à tout ce qui ressemble à de l’intelligence, ou au minimum, à de la raison.
Vomissant ses élites et ses surdiplômés.
Crois-tu que pour ce peuple, le candidat de 2012 va se mettre minable ?
Mais bien sûr que non !
Aux cochons, on ne donne pas à bâfrer de la confiture.

Au fond – et c’est le cas de le dire – on a les politiques (et les candidats) qu’on mérite.
Falots, fadasses, timorés.
Avec quelques trublions pour faire le show : Mélenchon, Le Pen, et … Et ce sera tout ; vu que Sarkozy a rangé son barda bling-bling.

Oh, ne vous méprenez pas, je ne les range pas dans la même catégorie, Mélenchon et Le Pen.
Je laisse ça aux éditocrates dont la malhonnêteté intellectuelle est sans limite (car il faut l’être, malhonnête, pour nous faire croire que Mélenchon et Le Pen, c’est pareil), soit à ceux qui fricotent avec les dominants (politiques, patrons, etc.), et nous vendent, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il merde, un bon vieil affrontement droite/gauche ; comprendre : UMP/PS... Paraît que c’est le seul duel compatible avec les marchés, le CAC, les agences de notation, soit avec toute cette saloperie qu’est le capitalisme décomplexé… C’est vous dire si PS et UMP, c’est du kif… La seule différence, c’est que l’un est brut de décoffrage, quand l’autre vous fait croire qu’il est humain... Mais dans les deux cas, c’est le pragmatisme libéral qui l’emporte… Y’a vraiment que des attardés (ou des encartés) qu'ont pas encore pigé que cet affrontement-là, qu’on nous présente comme un affrontement entre la droite et la gauche, c’est une fumisterie... Non pas que la droite ne soit pas à droite, non ! C’est juste le PS qu’est plus à gauche (depuis lurette)... Le PS c’est un centre du genre mollasson... Et d’ailleurs, à en croire les sondages, Hollande en est la tête. Comme quoi, y’a pas de hasard… Oh, il a bien des talents, ce François, au demeurant, mais qu’il nous fasse pas son Jaurès ou son Blum. Qu’il s’en tienne à mimer François Mitterrand… Oui, pour ceux qui l’auraient pas encore remarqué, c’est pourtant flagrant, ce mimétisme. Et j’ajoute que c’est fait exprès. Mais ça risque d’être en pure perte. Parce que ce François-là, il passera pas la primaire… J’y reviendrai. Une autre fois.

Passés ceux-là, les François, les Martine, les Nicolas (qu’est bien parti pour redoubler) qui n’ont donc pour seule ambition QUE de gérer le pays (c’est vous dire si ça donne envie), qu’est-ce qu’on a ?

Eh bien un suicide collectif avec Marine Le Pen.
Icelle nous proposant, ni plus, ni moins, de revenir aux francs.
Elle a dû se tromper de nation... L’Allemagne, c’est un peu plus loin… Parce que s’il y a un pays, un seul en Europe, qui pourrait se permettre de sortir de l’euro, c’est l’Allemagne.
Nous, étant donné notre dette et notre déficit, on est bon comme la romaine… A moins que Madame Le Pen veuille estourbir d’autant plus les classes moyennes et populaires… Vas-y, sors-nous de l’euro, poulette, et tu vas voir combien tu vas le raquer, ton pétrole ! Et le reste. Tout ce dont la France, pays désindustrialisé, a cruellement besoin...
Exporter avec une monnaie, le franc, qui vaut que dalle, ça j’dis pas, mais pour l’import, on va souffrir. Et quand je dis « on », j’pense pas aux fortunés ; eux, c’est de la roupie de sansonnet. Qu’on soie à l’euro, au franc ou au rouble, la différence, ils la voyent pas. Mais le laborieux, lui, il va calencher.
Sinon, rien de nouveau sous le paquebot du FN, c’est toujours la patrie, la préférence nationale, l’identité, enfin-bon-bref, des concepts puant la naphtaline. L’hospice. L'agonie.

Qui d’autre alors ?

Mélenchon. Le tribun. Qui va nous faire croire que la gauche-ceci, la gauche-cela. Que la gauche, elle est vivante, quoi…
Que : nos vies valent mieux que leurs profits
Oui, parce que faut pas se leurrer, Mélenchon, il ne fait que prendre la place laissée vacante par Besancenot. Il reprend le flambeau, Méluche. Vu que la LCR s’est autodétruite… Non mais quelle connerie, ce NPA ! J’te jure... Nouveau Parti Anticapitaliste ! Grotesque !... Ligue Communiste Révolutionnaire, ç’avait un peu plus de gueule... C’était sans ambigüité possible… T’as voulu changer l’intitulé, t’as coulé, c’est bien fait… Du coup, c’est Mélenchon qu’est en pôle-position de la gauche. Parce que Poutou et Arthaud, dans le genre on n’est pas là (alors que pourtant, on est tout mité par la crise, que les banquiers se goinfrent comme avant, que le chômage est explosif) ils sont assez remarquables… On peut pas toujours dire c’est la faute des médias. A un moment, le cul, faut se le bouger... Internet, c’est pas fait QUE pour les cons. Ça peut être aussi un outil de combat. Et qui coûte pas bézef en artiches… Mais va expliquer ça à Poutou et Arthaud ! Plus résignés que ces deux-là, ça existe pas.

Or donc, Mélenchon. Qui va pousser ses petites gueulantes, brandir le poing, se prendre pour Voltaire ; les médias déjà s’en délectent, s’en pourlèchent ; ça nous promet de belles vidéos sur Dailymotion, du fight en veux-tu, en voilà, mais quant au projet, et quand bien même me dirait-on qu’il existe, je le trouve, pour ma part, un peu court... Pas très révolutionnaire, quoi…
Les mecs, les grands capitalistes, ceux qui s’en mettent plein les fouilles sur notre dos, faut vouloir les saigner. Sinon, c’est pas la peine. De se présenter. Pour quoi faire ?... Pour appeler à voter Aubry au second tour ?... T’es gentil, mais j’ai pas vocation à mettre un bulletin relou dans une urne prétendue démocratique.

Quant aux restes, Borloo, Bayrou, Boutin, Dupont-Aignan, Nihous et consorts, c’est du supplétif. Ça n’est là que pour négocier. Avec le vainqueur. Bref, ça vaut rien. En d’autres termes : ça ne nous concerne pas.
Maintenant qu’il s’en trouve pour leur filer des voix, ma foi, ça les regarde. Le vide, que voulez-vous, ça attire.

Donc non, vraiment, y’a personne.
Pour 2012, y’a rien.
Pas un grand homme.
Pas un vrai et beau projet.
Pas d’élan.
Rien qui donne envie. De voter.
Rien qui ressemble à de l’espoir. A de la vie, même.
Alors que la crise nous a plombés, ratatinés, essorés ; c’est incroyable !
Y’a même pas de colère ! Ni de rage. Chez ces prétendants-là. Aucun, vraiment, n’incarne le peuple. Aucun, réellement, n’a l’étoffe. Le souffle. C’est fini, tout ça…
C’est un gestionnaire qu’on va élire. Un comptable. Et dans ce domaine-là, perdu pour perdu, Sarkozy a une longueur d’avance. Quoi qu’ils en disent. Quoi qu’ils prédisent.
Peu importe, au fond, qu’il rempile, ou qu’il se fasse giscarder, étant donné que le choix est pauvre. Sans envergure.

Vraiment, faut être un militant, un encarté, ou un imbécile, pour trouver quelconque intérêt à cette future présidentielle. Tant les prétendants ne sont pas à la hauteur. Des enjeux. Des souffrances. Tant ils n’ont rien à nous proposer de neuf. De grand. De fort !
Ou de renversant.
Mais, encore une fois, on a les candidats qu’on mérite. Nous les culs assis. Les indignés confortables. Lorgnant sur le dernier joujou technologique. Et croyant que la révolution passera par les réseaux sociaux ! C’est vous dire à quel point on est devenus vraiment des cons. Et qu’on mérite amplement, d’être traités comme tel.

17 juin 2011

Désert De Gauche

Elle viendra pas. La gauche. C’est pas qu’elle a lâché l’affaire ; c’est le temps. Celui qui passe et vous broie. C’est l’Histoire, aussi. Qu’on ne refait pas…
Les marchés ont gagné, voilà la vérité. Et ça fait lurette. Même une crise « sans précédent » n’aura pas changé la donne. Au contraire ! C’en en même fascinant. A certains égards.

Désert-de-Gauche.jpgEt pourtant, il y aurait, je l’ai lu, entendu, un peuple de gauche. Admettons… Mais où est-il ? Sont-ce les Indignés ?... Faudrait les passer au scanner. Pour vérification. En être sûr... Que veulent-ils, quelle société ? Que pensent-ils, quelles idées ?
Notez que j’aurais plutôt de la sympathie pour ceux-ci... Seulement voilà, s’indigner, est-ce suffisant ? Et puis, s’indigner contre qui, contre quoi ?...
Tout mouvement, quel qu’il soit, doit avoir un but. Précis
Revendiquer, d’accord ; slogans, cris, protestations, sitting, occupation des lieux, oui ; mais ensuite ?... Force est de constater, qu’après quelques semaines, cette histoire, elle fait comme du surplace, s’ankylose, pour finalement « partir en Schweppes ». Comme disait Besancenot. Le facteur, qu’a renoncé. Pour l’être anonyme. Ou tout comme… Oh, elle va peut-être se faire un (pré)nom, durant la campagne, cette Myriam Martin… Mais n’est-ce pas trop tard ? Puisque le profit est devenu la règle. Absolue. A tous les niveaux. Et que, nonobstant, le salarié s’y plie. Non sans souffrances, c’est vrai, mais il s’y plie. Petit à petit.
Entre les Indignés et les Résignés, ce sont les seconds les plus nombreux. C’est là qu’est l’os. Entre autres… La crise aurait mérité une autre réponse que la seule indignation.

Elle aurait pu, la crise, réveiller un désir de gauche. Mais pas la gauche qui fait mine. Qui louvoie. Celle qui se prétend socialiste, celle du PS, dont Sarkozy, disait – à juste titre – qu’elle n’avait « plus rien de commun avec la gauche de Jaurès et de Blum » [Discours de Toulouse – 12 avril 2007]. Il se paya même le luxe d’ajouter : « Laissez dormir Jaurès et Blum, ils sont trop grands pour vous ».
Quatre années et une énorme crise plus tard, c’est encore désespérément vrai. Ni Hollande, ni Aubry, Ni Royal, ni quiconque de la rue Solferino, ne sont « socialistes ». Justes des libéraux. Convertis aux marchés et sa loi, à l’image de sa pensée : unique.
Des libéraux un peu moins brutaux, un peu moins thatchériens, certes, mais assurément pas jaurésiens.
Un centre-gauche mou du genou.

Oui, la crise aurait pu réveiller un désir de gauche. De l’ouvrière. De la communiste révolutionnaire. Une envie de lutter. A la dure. Ah ! ça ira, ça ira ! On va pas se laisser faire comme ça… Bonus, stock-options, retraites-chapeau, parachutes dorés, et ces écarts de salaires, indécents, ça suffit !... Et moi, qu’on sacrifie, à qui on demande de trimarder, un peu plus, toujours, pour éponger la dette, pour que Moody’s, et les autres, y nous virent pas un « A » ; moi qu’on déclasse à l’aise, pour des nèfles, pendant que là-haut ça se goinfre, que même la considération, j’y ai pas droit ; que des devoirs.
Ben non… Nib. Zéro. Balle-peau.

Pourtant, y’avait un boulevard. Enorme… Vu ce qu’elle nous a révélé, cette crise.
Mais non, rien à faire ; NPA, LO et tous les autres, anéantis. Rincés... Ils ont raté le coche... Et c’est fini, j'vous le dis, on les reverra plus.
C’est comme si cette crise les avait tués. Eux qu’étaient déjà presque morts. Depuis la chute du communisme. 1989, adieu Berthe et fais tes valises, Liliane !
Comme si la loi du marché, ce rouleau-compresseur, les avait momifiés. Et avec eux, les salariés. Plus résignés que jamais. Orphelins de porte-parole…

Je sais, d’aucuns vont crier un nom : Mélenchon ! Que ce serait lui, la gauche, qu’il va nous défendre, le tribun, le verbeux, qu’il va nous venger. L’homme qu’a dit : Qu’ils s’en Aillent Tous ! Et comme nous sommes d’accord. Tu penses !...
Mélenchon, donc.
La gauche.

Fût un temps, je dis pas. Mais y’a lustres… Le gars, c’est vrai, l’a fait ses classes chez les trotskistes. Comme jadis, Cambadélis. Ou Jospin… Et pis ensuite, l’a rejoint le PS. Celui de 1977. Qu’était pas le même qu’aujourd’hui... Le PS de 1977, peu ou prou, c’était quoi ?
Le NPA de 2009.
Ou quasi.

Trente et une années, qu’il y a pointé, dans ce PS, Mélenchon. C’est dire si des couleuvres, il en aura bouffées. Et des copieuses. Jusqu’à celle de Maastricht.
Certes, en 2005, y’a comme un truc qui lui revient. Bouffées de jeunesse... Avec Fabius, Emmanuelli, le voilà qui dit « Non ! » au Traité pour une Constitution Européenne… Bon garçon… Et comme c’est le « Non » qui l’emporte, bingo ! on va peut-être la faire, cette rénovation, celle du PS... Il serait temps, après la raclée, l’humiliation du 21 avril 2002. De tirer les leçons. Redevenir un parti de gauche qui cause au peuple.
Mais penses-tu !

La présidentielle venue, tout rentre dans l’ordre… L’ordre juste, paraît-il… C’est Royal qui décroche la timbale… Pas content, Mélenchon… Y’a de quoi. C’est pas vraiment le « Non » du 29-mai qu’est en première ligne avec cette Ségolène.
Mais il y reste, dans cet étrange PS... Avant de jeter (enfin !) l’éponge, en novembre 2008, quand la même Royal arrive, par motion interposée, en tête des suffrages des militants… Il n’est jamais trop tard pour prendre la bonne décision, n’est-ce pas ? Oui, mais faudrait tout de même pas nous prendre pour des benêts de compète, Jean-Luc…

…Car Mélenchon, candidat de gauche, adoubé par le Parti Communiste Français, c’est du grand art, mon cochon… Ce Parti Communiste honni par Mitterrand ! Même qu’il a tout fait, Tonton, et plus encore, pour l’estourbir. Même que ça a drôlement bien marché.
Au profit, n’est-ce pas, du Front National
On l’a pas trop entendu, à cette époque, Mélenchon, s’indigner qu’on ratiboisât le PCF... A croire qu’il était d’accord. Ou résigné.

Alors vous comprendrez que de le voir faire une OPA sur un cadavre, et de surcroît, porter ses couleurs, celles d’un Front de Gauche, même avec le verbe haut, y’a de quoi tordre du nez. Et pas que du nez…
On pourra bien me bonnir qu’y a que les imbéciles qui changent pas d’avis, oui, sauf que, il aura mis du temps… C’est une donnée importante, le temps. Et plus t’en mets pour changer d’avis (et 31 ans, c’est pas rien) plus tu ressembles à un opportuniste qui prendrait, un tantinet, le peuple (de gauche) pour… un imbécile.

Or donc, elle viendra pas. La gauche. En lieu et place, nous aurons un bateleur. Un illusionniste. Un showman. Qui ravit les Ruquier, les Drucker et les Ardisson. De la bombe audimatoire qui va siphonner ce qui restait de voix au NPA, à LO… Finir le travail, en quelque sorte. A l’image du Tonton flingueur.

La gauche, elle est calenchée, chérie. Y’a qu’à reluquer partout, ailleurs. Laminée qu’elle est. Tellement les marchés ont gagné. Que les salariés sont résignés.
Y’a plus qu’à porter l’estocade.
C’est dommage… Tant le boulevard était immense. De quoi réveiller un désir de gauche. Et pis non. Rien. Un désert.
Et de ce désert (ou de cette désertion), profita Mélenchon…

… Et ressurgit, le Front National.
Comme toujours, quand il y a un désert à gauche.


21 décembre 2010

De La Prostitution Des Politiques

J’ai encore dans le cassis, cette phrase assassine du tribun Jean-Luc Mélenchon, adressée à un stagiaire-journaliste, un 19 mars 2010, entre deux tours d’élections régionales ; un Mélenchon remonté, vindicatif, ah le bel homme du peuple, de gauche, la vraie, il l’a assez dit, n’est-ce pas ? Pas le genre, donc, à se compromettre, à fricoter, composer, se prostituer, se vendre, comme le misérable journaliste qui lui, vend(rait) du papier, coûte que coûte.
Elle s’appuyait, cette phrase, sur une maxime romaine « dignitas » et « gravitas », rien que ça … ah ! ça rigolait pas, et prends ça dans ta face, « laquais », « larbin », « petite cervelle », écoute-donc bien :
« Avec moi, vous parlez de choses sérieuses (…) Donc, avec moi vous parlez de politique et vos sujets de merde vous allez les faire avec des gens qui veulent répondre à la merde »

Salut Le T'Es Rien.jpgDignitas ? Gravitas ? Boum patatras, oui !
T’as donc pas vu l’homme de gôôôôche, celui qui fait la leçon au jeunot, faire le tapin médiatique chez Ruquier, Denisot ou Ardisson ?
On N’est Pas Couché, Le Grand Journal, Salut Les Terriens ; pour sûr, voilà des émissions éminemment politique(s), pas merdeuses pour un sou ! Et surtout, qui ne décrédibilisent pas la parole politique ; pensez-vous ! On y aborde, c’est bien connu, des sujets de fond, avec sérieux, dignité et gravité. Voilà des plateaux télévisés, Tudieu, où on parle « de choses intelligentes » !
Des émissions de prolétaires pour les prolétaires.
Jugez-en plutôt, un exemple tout frais :

Ardisson : Vous avez fait un tabac chez Drucker .. Est-ce qu’au moment du mercato vous allez quitter le Parti de Gauche pour un plus grand parti ? (rires gras du public)

Ou encore :

Ardisson : Tu sais pas danser, toi ? (rires du public)
Mélenchon : Si ! Très bien, mon p’tit gars !
Ardisson : Dans ton Parti de Gauche, vous dansez pas, vous ?
Mélenchon : Si ! (rires)
Baffie : Ils en ont pris des danses ! (rires)

C’était samedi dernier, le 19 décembre 2010, sur Canal+. Entre rires, applaudissements et cymbales de l’orchestre.
L’avez-vous alors entendu, Mélenchon, rétorquer comme il le fit le 19 mars dernier :
« Tu fermes ta petite bouche et tu me parles de politique »
Bien sûr que non ! Deux poids, deux mesures. Et zig, et zag. On écrabouille le petit stagiaire avec ses « sujets de merde », l’accusant, péremptoire, de « mouliner du papier qui s’vend », ça fait son beau, son fier, mais, buzz épuisé, ça y va se vendre, se prostituer dans des émissions de divertissement, où l’on se tutoie, où l’on se vanne ! …. Et ça voudrait, ensuite, donner des leçons ? Mais de qui se moque-t-on ?
Ah mais oui, mais je vous demande pardon ! Ça manque de cohérence. Un tantinet. De deux choses, l’une. Y’a pas d’autre façon. Sinon, ça vaut pas tripette. C’est du flan. C’est posture. Et il n’y a pas loin de la posture à l’imposture.

Certes, il n’y a pas que Mélenchon. Tous, ou presque, vont faire Guignol sur les plateaux bankable du divertissement ; rires, applaudissements, cymbales de l’orchestre.
De Copé à Bertrand, de Royal à Montebourg, de Yade à Bayrou, tous ! Dupont-Aignan compris ! Ils vont pointer à la becquetance « popu » ! Même Besancenot, il l’a fait son Drucker ! Itou, l’autre nouveau présumé Chevalier Blanc (avec Mélenchon, justement) de la politique : Dominique de Villepin. Celui-là même qui, chez Elkabbach, un dimanche matin, se permettait un croustillant :
« Or, manifestement, nous nous divertissons ! »
… Avant d’aller s’esclaffer, pouffer et … nous divertir chez Ruquier !
Et ça viendrait ensuite geindre, se plaindre, regretter que la politique, l’homme politique, et la parole politique, fussent décrédibilisés !
Mais quand on veut redonner du poids, du crédit, de la hauteur à la politique, on ne va pas faire sa « star », son « people », sa « diva » chez Denisot, Ruquier ou Ardisson.

Comment peut-on, après avoir ricané comme des bossus dans ces autres « Dîner du Siècle » aller parler souffrances du peuple, misère et tout le tralala, fustiger « l’argent-roi » (qui coule à flots, dans ces émissions-là) dénoncer la pauvreté des débats, la vulgarité ambiante, la dérision permanente, le populisme même, mais oui ! Ah ça, c’est d’un drôle, tiens ! …. D’aucuns prétendent même, les amusants, que l’on tirerait la France vers le bas ! Mais si c’est en ricanant, ça n’a plus d’importance, voyez ! Si c’est en divertissant le veau, c’est pas péché, messire !

Comment peut-on, outragé, indigné, sur ses grands chevaux monté, fier comme Artaban, ô combien méprisant, traiter tout ce qui ressemble à un journaliste, ou approchant, de « laquais », de « larbin » quand on fait soi-même son larbin ou laquais pour s’attirer la sympathie du téléspectateur. Tu le fais rire, et tu l’as dans l’urne ?
Oh c’qu’il est sympa et drôle, ce Mélenchon, j’crois que j’vais voter pour lui, Chérie !
Beau programme !
Oh, je conçois que ce soit moins éreintant et fastidieux que d’en proposer un, un vrai qui fasse pas rire ; un programme politique, j’entends. Trop rébarbatif, n’est-ce pas.
Mais quand bien même, y en aurait-il un, comment voudriez-vous qu’on le prît au sérieux ? Sans l’impertinent de salon Yann Barthes, sans les snipers d’Ardisson, ou les gros jeux de mots de Ruquier, c’est pas pensable, voyons ! Il faut passer par eux, c’est obligé, et vous en êtes les obligés de fait, pour engranger du suffrage, en vous faisant moquer, chambrer, ridiculiser même ; en vous prostituant, quoi !
Ris public ! Ris ! Gondole-toi ! Et vive la République ! Puisque, j’ai bien entendu, c’est en son nom, que Mélenchon se bat, pour lui rendre dans « le bruit et la fureur, le fracas et le tumulte », ses ors et sa beauté. Son prestige. Par le divertissement et la gaudriole. Tartufe, oui !

Des émissions politiques ? Y’en a. Des bonnes, des solides ? Télévisuellement, pas vraiment. J’en suis d’accord. Et alors ? Est-ce une raison pour aller faire son mariole, tapiner à qui mieux-mieux ? Et la radio, c’est-y fait pour les chiens ?
On ne peut réclamer un (retour du) respect du politique et de sa parole et, en même temps, aller faire Guignol dans des émissions de divertissement.
Ce n’est pas le lieu pour s’adresser au peuple.
Ce n’est pas l’endroit pour traiter de la souffrance, du désarroi, de la misère.
Ce n’est pas là, qu’on cause de politique et qu’on lui rendra crédit.
Il faut être clair. Tant que les hommes politiques, quels qu’ils soient, iront se compromettre sur ces plateaux télévisés, ils ne seront pas pris au sérieux.
Ils n’inspireront ni « dignitas » ni « gravitas ». Voilà la « veritas ».

« Le mélange de voyeurisme et de prostitution de l’esprit public va continuer jusqu’à la catastrophe, évidemment » disait Jean-Luc Mélenchon, ce fameux 19 mars 2010.
Je serais tenté de répondre par un sonore :
« Tu l’as dit, bouffi ! »
Je me bornerai juste à lui dire qu’il participe, et comment, par rires, applaudissements et cymbales d’orchestre, voyeurisme et prostitution, à l’avènement prochain de ladite catastrophe.
Et boum patatras.

07 avril 2009

Droit De Ripostes

Ripostes, Le Dimanche Sur F5, à 17h44 Et 22h25

C’était dimanche 5 avril 2009, sur France 5.

Une passe d’armes musclée entre Pierre Lellouche et Jean-Luc Mélenchon.

Aucun des deux ne dit la vérité (sur la Bosnie, Le Kosovo, L’OTAN, l’automaticité) mais peu importe, l’échange est ravigotant en ces temps de débauchage, de faux éclats ou de mise en “saine”.

Le “Vous êtes un pov’ type !” de Lellouche faisant drôlement écho au “Casse-toi pov’ con !” de Nicolas Sarkozy.

Mais avec le gratin de la “décomplexitude” en plus qui fait toute la croustillante différence ; Lellouche tel qu’il est, ou tel qu’il hait :

C’est minable ! .. Minable … ! On serait au XIXème Siècle, je vous convoquerais en duel et je vous flinguerais ! … Et ce serait mérité ! … Malheureusement j’peux pas !



Et si Moati rebaptisait son émission (“… Dont me dit que vous êtes de plus en plus nombreux à [la] regarder …” – incontournable gimmick de fin] :

Droit de Ripostes” ?

 
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