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16 février 2011

Rions Avec « Sarkozy & Son Orchestre »

Enfin ! De la cohérence ! Au sein de ce gouvernement pour le moins fantasque, voire imprévisible. C’est pas trop tôt … Même que je commençais à désespérer.. Ah, je sais pas vous, mais combien de fois, en bientôt quatre ans, me suis-je exclamé : « Mais comment se fait-il que ce gouvernement, composé à 300% de gens irréprochables (280% depuis l’affaire MAM qu’en finit pas de rebondir), soit infoutu – si j’puis me permettre – d’être un tant soit peu cohérent ? ».
C’est important la cohérence ... Quand on gouverne .. Ne serait-ce que pour des questions de crédibilité … Eh bien, faut croire que tout finit par arriver, ou plutôt, que Sarkozy avait raison quand il disait « qu’y a pas de fatalité, mâme Ferrari » car youpi ! elle est arrivée, cette cohérence que nous attendions, qui faisait tant défaut à ce gouvernement, et c’est pas de refus.

Cassez.jpgBon évidemment avec une équipe pareille, vous vous doutez bien que cette cohérence, elle est pas venue toute seule. On s’est fait un peu aider. Car, elle nous vient, la divine cohérence, du Mexique, ou plus précisément de « nos amis » Mexicains. C’est le terme que Nicolas Sarkozy a employé : « amis », en parlant des Mexicains.
Ça c’est une info. Notez-la bien, ça peut toujours servir … Tenez par exemple, pour ceusses qui débutent sur Facebook, qu’ont même pas 13 amis et demi, vous savez ce qui vous reste à faire. Etant donné que les Mexicains sont « nos amis ». Allez-y, c’est l’autoroute .. Je vous fais le pari qu’en deux jours, vous pétez à 536 amis. Au bas mot …

Donc, disais-je, alléluia ! Sarkozy et sa bande de joyeux drilles viennent de faire preuve de cohérence grâce à « nos amis » Mexicains… Mais : au détriment de Florence Cassez (la malheureuse, en photo, un peu plus haut sur votre gauche) ..
... Que voulez-vous, on ne fait pas d’omelette cohérente sans casser .. Ben là, en l’occurrence, sans casser cette pauvre Florence. Qui, faut-il le rappeler, va passer 60 ans au « trou », et mexicain de surcroît …
Or donc, prenant « notre compatriote » Florence Cassez pour, je sais pas, une nouvelle infirmière Bulgare ou une improbable Ingrid de la jungle, bref une otage (alors que, cette jeune fille a été jugée et condamnée, ce qui ne relève pas vraiment d’un acte terroriste, mais d’un fait de justice – quoi qu’on en pense) Sarkozy a vilipendé, non pas les Mexicains, vu que ce sont « nos amis » (vous voyez qu’elle était bien utile cette précision) mais … La justice mexicaine ! Et dans un mouvement absolument … eh bien irréprochable, comme d’habitude, l’orchestre a suivi sa Majesté. Se demandant si la justice mexicaine-ceci, la justice mexicaine-cela, enfin quoi ! 60 ans de geôle, ça ressemble à rien, c’est pas humain [1] c’est quoi cette contrée barbare ! bref, d’ici à ce qu’ils nous sortissent que le magistrat mexicain n’était pas assez entré dans l’Histoire, y’avait pas loin … Ce qui mériterait, au passage, un bon paragraphe, mais :

1 – On a pas le temps
2 – Ça ouvrirait une nouvelle polémique, et comme on croule sous les polémiques, on va éviter.

Ceci étant, on ne m’empêchera pas de penser – pour reprendre une expression fétiche de son altesse sarkozoïde - que cette façon de voir le magistrat (et le policier) mexicain, est assez rudimentaire ; pour le moins. On a quand même l’impression, à les entendre, que le magistrat et le policier mexicains, c’est le Sergent Garcia, en gros (et en gros, c’est le cas de le dire) ..

Mais revenons à nos moutons... Sarkozy et sa bande d’irréprochables ont un peu remis en cause l’attirail judiciaire mexicain.
Or, en tapant sur la justice mexicaine, reconnaissons qu’ils font, là – et enfin ! – preuve d’une belle cohérence.
Car, y a même pas dix jours, sur qui ont-ils tapé, itou ? …

Sur la justice française (qui s’est mise en grève pour le coup).

Or, quel est point commun entre « la justice française » et « la justice mexicaine » ?
Je ne vous le fais pas dire, mais oui, c’est LA JUSTICE ! A croire que Sarkozy et ses amis, ils aiment pas ça, LA JUSTICE …
Pourquoi ?
Je sais pas …
Peut-être que Brice Hortefeux a la réponse. J’dis ça, j’dis rien .. C’est juste une idée qui vient de me traverser l’esprit.

Alors certes, quand on est Républicain, qui plus est représentant la France, cette belle patrie des Droits de l’homme et tout le merdier, je vous le concède, taper sur la justice, c’est pas joli-joli … Ça fait pas honneur. On est d’accord. Mais au moins, et encore une fois, c’est cohérent. Et c’est ça qui compte. Depuis qu’on l’attendait cette cohérence, nom de Dieu !
Donc, félicitations, applaudissements des jurés populaires, en un mot : bravo ! Vous marquez un point les mecs … Même si, ça risque de devenir, le temps passant, un point contre votre camp (en attendant, c'est mille points de moins pour Florence Cassez).

Alors je sais, certains ne vont pas manquer de me faire remarquer que rapport aux productions précédentes, ce billet est un peu léger. Ça sent la gaudriole, comme qui dirait. L’effrontée moquerie … La mauvaise foi carabinée ... A ceux-là, je me permets derechef de leur dire tout de go : méfiez-vous ! Oh oui ..
Parce que voyez, dans quelques mois ou quelques semaines, enfin dans pas longtemps, tous « ces gens-là », qui viennent de taper copieusement sur la justice française, mexicaine, peu importe le pays, la justice surtout, ce sont les mêmes qui viendront se pavaner dans notre écran de télévision, et déclareront d’un ton grave et solennel qu’il faut « laisser la justice faire son travail ». Evoquant une « racaille » ou un « multirécidiviste » lambda voire … un adversaire politique empêtré dans une affaire dont il avait même pas idée.

Et là, nous aurons le droit (et le devoir) de leur rappeler ces deux formidables séquences – comme l’on dit désormais – la Française et la Mexicaine, autorisés de surcroît, à leur demander, si par hasard, ils nous prendraient pas, un peu, pour des benêts de compétition ?
Ce que, au passage, doit également penser, non pas le magistrat ou le policier mexicains, mais LE peuple mexicain. Quand bien même serait-il notre « ami ».

[1] Oubliant que, quelques kilomètres plus haut, dans un pays démocratique nommé les USA, pas du tout barbare pour le coup à les entendre, on peut être condamné à 100, 120 ou 150 ans de prison ... Quand ce n'est pas zigouillé électriquement ou chimiquement.

NB : Il est bien entendu qu'il s'agit là de pointer une attitude, une certaine arrogance même. Pour ne pas dire : une ingérence. Sélective, vous le noterez. En ce qui concerne l'aspect judiciaire, ma foi, félicitations à ceux qu'arrivent à se faire une opinion bien tranchée, mais moi, vu d'ici, soit à des milliers de kilomètres, tout ce que je pourrais exprimer serait de l'ordre du ressenti. Or donc, sur ce point précis, je me tais.

29 janvier 2010

Clearstream : Point De Vue Du Spectateur

Clearstream.jpgFacile, mais pourquoi s’en priver, n’est-ce pas, considérons que si le procureur de la République de Paris, le dénommé Jean-Claude Marin, interjette appel de la décision du tribunal de grande instance de Paris, c’est qu’il considère, qu’il est convaincu, que Dominique de Villepin a monté un énorme bateau.
Et l’on ne saurait avoir le pied plus marin que Jean-Claude.

Bien.

Ceci étant, je suis comme beaucoup, comme la majorité des “gens”, un simple spectateur. De cette affaire dite “Clearstream” je n’entrave que quick, ou pas énorme, pour ainsi dire. Et je ne suis pas un homme de Droit. Simple spectateur, disais-je, ni plus, ni moins. Mais tout de même. Il y a quelque chose qui ne va pas … Non ? … Qu’est-ce qui ne va pas ? .. Comment dire ? .. Est-ce que le mot “détournement” serait le mieux approprié ? .. Je vais m’en expliquer, et comme le disait le chef de l’Etat lors d’une psychothérapie de groupe télévisée : “Corrigez-moi, si j’me trompe !” mais, au départ, nous avons des listings, listings bidons (c’est avéré), estampillés Clearstream, et sur lesquels on trouve des noms, (r)ajoutés, des noms qui ne devraient pas y être ... Par exemple ? .. Eh bien, oui, celui de Nicolas Sarkozy ! ... Mais pas que ! ... Egalement – l’aurait-on oublié ? - ceux de messieurs Fabius, Chevènement, Madelin, Pasqua (père et fils), Dominique Strauss-Kahn, Edwy Plenel .. Entre autres. Y’en a une jolie ribambelle. Une belle brochette, dites-moi !
Toutes ces personnes se sont portées “partie civile”. Vrai ? …. Jusque là, on comprend. Ton nom se retrouve sur un “faux”, calomnies ! tu portes plainte ! ... Et alors ? ..

Eh bien alors, au final, nous nous retrouvons avec non plus une affaire dite “Clearstream” mais avec un affrontement Sarkozy/Villepin ! .. Nonobstant le fait que ces deux personnages se haïssent ce qui, d’un point de vue médiatique, est – comme l’on dit - bankable, hyper-vendeur quoi, réduire le procès à ce duel ne nous éloigne-t-il pas de l’essentiel ?
C’est pourquoi j’évoquais le terme : détournement.

Certes, on peut dire qu’il est dû, en partie, ce “détournement”, aux deux protagonistes, ne serait-ce que par leurs déclarations publiques (“Je suis là par la volonté d’un homme, je suis là par l’acharnement d’un homme : Nicolas Sarkozy !” – Dominique De Villepin) ou soit-disant privées (le fameux “croc de boucher”) oui, ils ont contribué, d’une certaine façon, c’est indéniable, à focaliser l’attention sur eux. Que les médias les suivent sur ce terrain, ma foi, ça n’étonne guère, mais jusqu’à en oublier l’essentiel, ça, c’est fâcheux. A mon sens.
L’essentiel, et toujours du point de vue du spectateur, c’est quoi ?
N’est-ce pas, par exemple, espérer que du procès, sortira, à défaut de la vérité toute crue, au moins une explication quant aux listings. A quelles fins ont-ils été établis ?
Or, nous n’en savons toujours rien !
Sinon, que M. Gergorin en serait l’instigateur et M. Lahoud, l’exécutant. Mais, et encore une fois, quel était le but poursuivi ? N’est-ce pas cela qui nous intéresse ? Et qui devrait intéresser TOUTES les parties civiles ?

En tous les cas, jeudi 28 janvier 2010, ça n’avait pas l’air d’intéresser (ou pas plus que ça) le monde médiatique qui se concentrait sur la relaxe de M. de Villepin, sur son éventuelle candidature à la présidentielle 2012 (ce dont on se fout, c’est pas l’heure, c’est pas le moment, sans compter qu’en deux ans, il peut se passer tant d’imprévus) mais pire encore, aucun journaliste, aucun intervenant, sur aucun plateau radio ou télé ne considéraient comme plausible, ou plutôt raisonnable, tenable, une interjection en appel du Parquet ! “Trop risqué !” disaient certains. “Ce serait perçu comme de l’acharnement (sous-entendu de la part de Nicolas Sarkozy)” avançaient d’autres. Mais le pompon, c’est l’ami Cayrol qui l’a tiré, dans l’émission C Dans L’Air, quand il nous expliqua, mine complice, que M. Sarkozy avait, quelque part, envoyé un message au Parquet en signifiant son intention de ne pas faire appel de la décision du tribunal. Par la même, Roland Cayrol nous a suggérés, que le Parquet était “aux ordres”, ou tout au moins, susceptible de suivre l’avis du président de la République, bref, qu’il n’était pas souverain, indépendant, et tout le bataclan.

Eh bien, Jean-Claude Marin vient de prouver le contraire.

Oh oui, je sais, j’entends déjà, les intelligents, les suspicieux, les “faut pas nous prendre pour des cons” dire, mais bien sûr, tout ça c’est que vaste comédie, orchestre et compagnie, y’en a un qu’épluche les oignons, l’autre qui pleure, c’est juste une façon, plutôt habile, pour Nicolas Sarkozy de dire qu’il n’en est plus, que ce n’est plus son affaire, c’est pas moi, j’y suis pour rien, la preuve, j’ai dit que je ne souhaitais pas faire appel …
Ce qui m’amuse, c’est que ceux, innombrables, qui saluaient, jeudi, l’indépendance de la justice, sont quasiment les mêmes, qui, le lendemain, émettent des doutes quant à celle du procureur de la République de Paris qui, pourtant, n’a pas suivi le soit-disant appel du pied (selon, donc, Cayrol) du chef de l’Etat. Etonnant, non ?

Certes, Jean-Claude Marin est convaincu de la culpabilité de M. de Villepin. Il l’a dit. Et répété. Il a, en outre, réclamé sa condamnation. Mais, quel rapport avec Nicolas Sarkozy ? Je veux dire : en quoi la personne de Nicolas Sarkozy entre-t-elle en ligne de compte dans l’intime conviction de M. Marin ?
Si on prend le temps d’écouter attentivement le procureur de la République de Paris, lors de l’entretien qu’il accorda ce vendredi 29 janvier sur Europe 1, on entend quoi [*] ?
Qu’il estime que “tout n’a pas été dit dans cette affaire”. Et il précise bien (retour aux fondamentaux) que l’affaire en question, c’est Clearstream. Et non pas l’affaire Villepin, ou l’affaire Sarkozy/Villepin.
Si nous en revenons au point de vue du spectateur, n’avons-nous pas le même sentiment ? Que tout n’a pas été dit ? A commencer par l’essentiel : dans quel but, à quelles fins, ces listings ont-il été établis ? En rappelant que, sur lesdits listings, ne figurent pas QUE le nom de M. Sarkozy.
D’autre part, et parce qu’il a l’intime conviction que “tout n’a pas été dit”, en quoi sa décision d’interjeter appel – ce qui est son droit, de surcroît – est-elle sujette à suspicions ? Ou, pourrait être qualifiée d’”acharnement” ? Ne peut-on pas considérer que si “acharnement” y’a, c’est celui de (connaître) la vérité. De la faire émerger. Un peu plus. Parce que, oui, décidément, il manque quelque chose. L’essentiel.

Après, je sais, on peut tout imaginer, élucubrer, se faire plaisir, au nom, que sais-je, d’un anti-sarkozysme primaire, secondaire, tertiaire, bref, au nom d’une aversion qui finit par ressembler à un autre procès, aveugle et quotidien, lassant et contre-productif, et je le dis d’autant plus librement que je ne suis pas le dernier à m’y vautrer, et avec délice ; oui, quoi qu’on pense de Nicolas Sarkozy, de sa politique, de sa façon d’exercer le pouvoir, et quoi qu’on pense, également, de Dominique de Villepin, il est un fait : de l’affaire Clearstream on ne sait toujours rien, ou pas grand chose, ni le pourquoi du comment ; Gergorin, Lahoud, et pis c’est tout ! que des noms, mais des motivations, queue dalle ! Et ça, je trouve que ça mérite d’y revenir. Ça justifie l’appel. Point de vue d’un simple spectateur. D’un citoyen lambda. Qui se fout royalement de la haine qui anime deux personnages de la République. Car là, n’est pas la question. Ni l’essentiel.


[*] A noter que Jean-Claude Marin précise, et comme c’est important, qu’effectivement, il pourrait recevoir “des instructions” (du Garde des Sceaux, de l’Elysée) mais dans ce cas, elles devraient être “écrites”, “motivées”, et il devrait “les produire dans le dossier”.

 
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