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31 janvier 2010

Aphorismes Et Périls – Tweets Janvier 2010

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30 décembre 2009

Chapeau L'Artiste ! Bravo, M'sieur Sarkozy !

Le Roi.jpgAh oui, bien sûr, la taxe carbone, la fameuse, zigouillée par le Conseil constitutionnel, le Debré, allez hop ! prends-toi ça dans les dents, et si en plus, ça pouvait te les gâcher, tes vacances, les marocaines, et ta fin d’année par dessus le marché, celui qui reprend poil, ce serait toujours ça de gagné !
Ah, comme ça y va, n’est-ce pas, de sa petite satisfaction, comme ça fait le coq, le fiérot, comme ça s’attribue, sans vergogne aucune, la victoire. Mais quelle victoire ?
Des victoires comme ça, au rabiot, par défaut, c’est pas la gloire, mais faut croire que c’est tout ce qui leur reste à becqueter, bien peu à se contenter. C’est foutue misère, moi j’dis ! Vaudrait mieux, pas trop la ramener. Profil bas. Parce que, au fond, et tout bien pesé, taxe carbone ou pas, le petit Roi, le Sarko, il est là, toujours, bel et bien, et c’est pas demain qu’il va la lâcher, l’affaire.

Oui, au fond, et tout bien pesé, il faut, de bonne ou mauvaise grâce, et alors, quelle importance ! lui reconnaître du talent, à cet homme-là ! Du génie même ! Faut-il en avoir pour réduire à rien, et en deux temps, trois mouvements, toute forme d’opposition. Au néant, l’opposition ! Bernique, l’opposition ! Laminée, comme jamais. Du grand art ! Un chef-d’œuvre véritable ! Il a quadrillé le secteur, le bonhomme ! Tout bouclé ! Et c’est grand modèle. Les Aubry, les Buffet, les Besancenot, c’est bien simple, peuvent plus respirer, cuisinés qu’ils sont, à l’étouffée, travaillés jusqu’à la moelle, valdingués, brinquebalés, à ce point qu’ils nous paraissent fadasses, dépassés, à côté, définitivement largués. Pourtant, c’est pas la place qui manquait. Ah ça ! Y’avait même comme un boulevard, énorme, une crise, une vraie, une majuscule, celle qui t’envoie le populo pointer en masse chez chomdu, une crise de compétition, du genre “sans précédent” comme ânonnent les perroquets accrédités, hommes-tronc du jité et autres gougnafiers, télégraphistes de l’AFP et tout ce sacro-saint merdier ! Une crise providence qui jadis t’aurait fait tanguer le premier gouvernement venu, dès la première mesure à la noix, l’impopulaire, la discriminante, dès le premier bouclier fiscal voté, et ton dimanche sacrifié, mais non ! Des incapables, voilà ce qu’ils sont ! Infoutus de prendre la balle au bond. Même le Mélenchon ! Il pérore, et alors ? Et l’autre, qu’a maquillé sa LCR en NPA, comme si d’un coup, l’avait honte d’être révolutionnaire, honte du communisme, où qu’il est ? Avec son porte-voix ? Balayé, voilà ce qu’il est ! A la baille, comme les autres ! Comme ces pitoyables socialistes, ce parti de bourgeois, oui, de bourgeois, et jusqu’à la gueule, vendu au libéralisme ! ... Quoi encore ? Bayrou ? Laissez-moi donc en rire ! Et copieux ! Quant aux Verts, est-il vraiment utile d’en dire quoi que ce soit ? Et j’te parle même pas des syndicats ! Ah les saligauds ! Comme ils ont retourné, et fissa, leur veste, comme ils lui font des ronds de jambes, à sa majesté, faut dire qu’à 8% de syndiqués, tu fais moins le mariole avec un type pareil. Z’ont beau dire et beau faire, se gausser, pourtant, c’est que vérité : aujourd’hui, mon poteau, quand y’a grève, plus personne s’en aperçoit. Normal ! C’est que de la petite grève, de la timide, à la petite semaine, chacun dans son petit coin, à l’égoïsme ; qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Après, viens pas chialer que ça se suicide ici ou . Si ça se suicide, c’est que quelque part, mon syndicat, t’as failli. Le boulot, tu l’as pas fait. Et puis c’est tout ! T’es out. Aucune excuse. Rien. C’est minable. Et ne viens pas, non plus, me dire, que les gars, ils veulent pas, que c’est pas une sinécure que de les rameuter, les faire bouger. A d’autres ! La grève, camarade, j’ai donné. Vrai, c’est pas de la tarte. Faut œuvrer. Et pas qu’un peu. Sinon, ça se barre. Ca se délite, en moins de deux. Ceusses qui ne l’ont jamais connue, la grève, ils bavent n’importe quoi, des teigneux, des mauvais coucheurs, toujours à râler, mais vois-tu, c’est eux, aujourd’hui, les vainqueurs. Eux qu’ont jamais rien fait de leur vie, ou pas grand chose, serviles, couchés, à dire toujours oui, merci monsieur, mais bien sûr monsieur, je vous en prie monsieur, et ça te palpe l’oseille, la mensuelle, sans moufter en reluquant à l’envi les acquis sociaux du voisin.

Oui, même si ça fait mal, et jusqu’aux chicots, l’année s’achevant, faut le dire, pas faire son bégueule, sa mijaurée, mais l’homme, celui qu’on dit du Château, l’a bien du talent. Et tu peux l’accuser de tous les maux, de pétainisme rampant même, il n’en a cure. C’est lui le boss. Lui et lui seul. Les autres, les Bertrand, Copé, Lefebvre, c’est de la roupie de sansonnet. Du menu fretin. Ca amuse la galerie, et puis c’est tout. Et le reste du reste, c’est ahurissant de bêtise ou de vulgarité. De mesquinerie ou de bassesses. C’est de la Morano. De l’Estrosi. Du gratiné comme jamais. L’inculture au sommet. Quant au Besson, c’est le ponpon ! Là, j’avoue, cet homme-là, qu’on le prenne de l’amont ou de l’aval, c’est kif-kif ! C’est du félon cousu main. Du traître de catégorie une. Il faudra bien, un jour, au temps des comptes, se souvenir que le zigue, il a quitté un navire en pleine guerre, il a déserté son camp pour lui cracher dessus le semaine suivante. Y’a rien à faire, tu peux torcher l’affaire dans le sens que tu veux, c’est inqualifiable. Ca inspire le dégout. Pas un centigramme d’honneur. Pas un sou de dignité. Rien ! Et ça viendrait couiner, de surcroit, et en justice s’il vous plait, parce qu’on lui trouverait de la détestation ? Jusqu’au bout de l’âme, il est rongé, le malfrin !
Des branquignoles, te dis-je, et à desseins ! C’est que le bonhomme, le Sarko, il a assez morflé pour savoir comment s’entourer ! Surtout pas de cadors, ça pourrait lui causer tort. Que de l’incompétence. De la Bachelot ou de la Fadela Amara. Ou du transparent comme le Morin ou le Darcos. Du tape-à-l’œil, du m’as-tu-vu comme le Kouchner. Du bon chien-chien comme le Hirsch. Du risible comme le Woerth, la Pécresse ou le Wauquiez. De la fausse rebelle, comme la Rama Yade. Tout à l’avenant ! Exception faite, de Lagarde, quoiqu’on en dise. Et, bien sûr, toujours, un homme de main, un homme sûr, un œil de Moscou pour surveiller tout ce petit, petit monde : Brice Hortefeux.
Et voilà, le tour est joué ! Tout est ficelé ! Verrouillé ! Et pas qu’un peu !
Fillon ? … Comment ? … J’aurais oublié Fillon ? … Etes-vous sûr ? … Ne serait-ce pas plutôt Fillon, lui-même, qui s’est oublié ? ..
Ah, la belle équipe que vl’à ! Ah, les baltringues magnifiques ! Juste bon à se trémousser, ridicules pantins, et jusqu’au pathétique, dans un clip terrifiant de conneries.

Oui, il faut le dire : bravo l’artiste ! Bravo m'sieur Sarkozy ! N’en déplaise au peuple numérique de la Sarkofrance !
Ah Sarkofrance ! Mais quelle ténacité ! Vrai, ça force le respect. Tous les jours, et pas un manquant, trouver des poux au Sarko, c’est de l’ordre de la performance. Ca mérite décoration. Et compassion. Parce que le luron, il est bon pour huit années supplémentaires. C’est plus une mission, c’est du Fleury, du Fresnes, c’est de la prison ferme. Qu’il s’impose à lui-même.
Sarko, c’est pas ma tasse de thé, ses idées, sa vision de la France, son identité nationale, ses devoirs qu’il accole aux droits, ceux dont l’homme hérite de fait, ainsi qu’il est inscrit dans notre Constitution, sa France d’Après qui sent la vidéosurveillance et les clochers, ça me fait pas bander. Mais de là à lui tomber sur la paletot chaque jour laïc que Dieu fait, non ! J’en suis marri, la Sarkofrance, vraiment, mais ce n’est pas de la sorte qu’il faut (le) combattre. C’est perdu d’avance ! C’est nourrir la défaite !
Combattre un homme c’est aussi savoir reconnaître ses qualités. Sans cela, point de salut !

Alors oui, bravo monsieur ! Bravo pour ce grand numéro ! Qui débute en 2004. Lorsque vous prîtes le parti de votre meilleur ennemi. Celui destiné au Juppé. C’est là que tout commence. A toute berzingue. C’est à partir de là, que vous mettez l’affaire en branle. Avec un objectif : tous les niquer ! A droite, comme à gauche. Il n’y aura que vous. Vous, et vous seul ! Les autres, à la soupe, à la ramasse ou à la dérive ! Tous retournés. Comme des flans. Après, c’est que du velours. Et vas-y que je te fais tout passer ! Lois comme décrets. Couvre-feu. Fichiers. Peines planchers. Et vas-y que je jacte comme le peuple, avec les mêmes mots, les mêmes arrière-pensées ! Même les moins ragoutantes. Et vas-y que je te chante de beaux couplets, contes et fééries pour nigauds, comme la moralisation du capitalisme. La disparition des paradis fiscaux. Et nous sortirons de la crise plus forts que nous y sommes entrés. Que des fadaises ! De l’attrape-bourrique. Mais joliment envoyées. Rudement assénées. Quant à la crise économique ? Contournée … Quoi ? Par le H1N1 ? Non ! Par une autre crise ! Une crise identitaire. Nous, français, nous souffririons d’une crise d’identité ! Nationale ! Nous ne le savions pas, mais puisque vous le dites, ma foi, c’est que ce doit être vrai ! La preuve, ça marche ! Et du tonnerre ! Oh, c’est pas d’un grand niveau, mais ça vous est égal. Ce qui importe, c’est gagner du temps ! Dans l’art du jouer la montre, vous êtes champion ! Après tout, de la crise économique, nous finirons bien par sortir, mécaniquement s’entend ! Alors, en attendant, masquons les souffrances, la précarité insupportable, le désarroi avec une crise identitaire ! Ah, comme c’est finement joué ! C’est de la belle ouvrage ! Vous touchez juste ! Le point sensible, comme toujours ! Vous appuyez là où ça fait mal. Et si y’a dommage collatéral, ici le musulman, vous jouez les pompiers. Mais pour combien de temps ? Car à vrai dire, c’est mal embarqué votre bastringue. Vous pouvez bien pleurnicher que certaines comparaisons vous font peine, il n’en reste pas moins que ça vire à la curée. Quand on désigne au peuple ce qui serait le “bon musulman” (quand ce n’est pas le “bon arabe”), comment voulez-vous qu’on n’en soit pas effrayé ? C’est que, oui, comment le nier, ça refoule du bec, ça rappelle une certaine France, voyez-vous ! La vichyste ! A ce train-là, monsieur, et il est d’enfer, il est de carnage, à quand, au Grand Palais, une exposition du “bon musulman”, dessins à l’appui ?
A trop faire diversion, à trop jouer la montre, elle risque fort de vous péter à la gueule. Et salement.

Nonobstant, ce point plus que fâcheux, infiniment périlleux pour notre nation, et dont vous porterez l’entière responsabilité, vous avez réussi l’impensable : 
Désosser l’opposition et pour longtemps !
Assujettir votre cour jusqu’au ridicule !
Mais aussi, affadir tout un peuple ! Le congeler, le liquéfier, le ratatiner par la peur. Celle de l’autre. Vous avez poussé le curseur, celui de la peur, comme jamais, avant vous, quiconque n’avait osé le faire. Vous avez compris qu’il est là, le moteur. C’est idiot, non, le peuple ? Et dire que c’est à lui, ce trouillard, enfant pourtant de la Révolution et des Lumières, qu’on a refilé le suffrage universel ! De la confiture à des cochons ! Pourquoi n’en profiteriez-vous pas, après tout ? .. Même si c’est la France qui doit en pâtir.
Ce n’est pas en Terminale S, n’est-ce pas, qu’on l’étudiera cette histoire. Celle qui vit tout un pays accepter de voir unes à unes, ses libertés, celles que l’on qualifie d’individuelles, tomber. Sous la Loi. Votre joug. Celle qui vit tout un peuple renoncer, sans mots dire, au plus sacré, au nom d’une illusion, sa sécurité. C’est ça, l’Histoire que vous êtes en train de nous tricoter. Et c’est parce que ça me paraissait impossible, parce que jamais je n’aurais cru que ce peuple puisse renoncer à son bien le plus précieux, et aussi vite, sans même manifester (ou alors sur Facebook, par le biais de groupes, c’est vous dire si nous sommes tombés bien bas) que je vous dis : Bravo !

Je vous le dis avec cynisme, tristesse et désolation.


Un jour, il y a bientôt deux ans, je bourlinguais sur le Net et tombais sur un blog. Un de ceux qui savent se tenir. Un de ceux que jamais la peur ne bouffera. Une merveille. Un auteur. Bénédicte Desforges.
Sur ce blog, tout en haut, il était (et il est toujours) inscrit ceci :

Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre” [Thomas Jefferson]

C’est fait.

22 décembre 2009

Burqa : Interdire Ou Bannir, Il Faut Choisir

rqfch2b9a7pSeDeh376pUUVbqT574XEmQuicklook.jpgOr donc, Philippe Esnol, Aurélie Filippetti et celui que ridiculement [*] l’on surnomme le “Sarkozy de gauche”, le dénommé Manuel Valls, ont dégainé via Libération, une tribune gaillardement intitulée :

Il faut bannir la burqa de l’espace public”.

Si nous considérons que ces trois personnages ne sauraient ignorer le sens des mots, qu’ils auront donc et assurément pesé chaque terme sept fois dans leur encrier numérique avant de commettre leur tribune, on ne peut faire l’économie du verbe choisi pour illustrer le titre, qui n’est point “interdire” mais “bannir”. Car il y a grande différence, voyez-vous, entre l’interdiction et le bannissement. Entre “empêcher quelqu’un de", ou “d’user de” et … “exclure”, “chasser”, “exiler”…  
Certes, on me rétorquera derechef qu’il ne s’agit point de bannir “quelqu’un” mais un “vêtement”. C’est oublier que sous ledit "vêtement", il y a présentement "quelqu’un", et que ce "quelqu’un" (à hauteur de : “500, 1000 ou 2000 femmes” selon le tribun trio) a fait un choix – disons-le tout net – moins religieux que politique : porter la burqa. Car oui, c’est avant tout un acte politique. D’où la difficulté de possiblement légiférer.
Ceci étant, et tenant surtout compte de l’aspect politique, demander au législateur d’interdire le port le burqa en tout espace public, ne suffisait-il pas ? Pourquoi aller, quel besoin d’aller jusqu’au bannissement ? Au moment précis où l’on parle autant de République, où tant et autres s’en font les hérauts et les ardents défenseurs, tels nos trois signataires, pourquoi diable employer un verbe qui coïncide mal avec l’idée même que l’on se fait de cette République ? Bref, depuis quand “bannir” et ”République” sont-ils amicaux-compatibles ?

Je chipote ? Interdire, bannir, quelle importance, pourvu que dans l’espace public, on n’y voit plus aucune burqa ?

Eh bien écoutez, si les mots sont interchangeables, que, ma foi, peu importe celui-ci ou un autre, alors autant considérer que la langue française, dont on dit à raison qu’elle est partie intégrante de notre identité, est un merdier dont on peut user comme bon nous semble, mais dans ce cas, n’allons point reprocher à quiconque de la mal parler ou de la verlaniser.

Je vois, moi, dans le verbe “bannir” une violence que ne contient pas le verbe “interdire”.
J’y vois la notion d’exclusion, notion qui n’est point expressément contenue dans l’interdiction.
J’y vois donc une surenchère qui ne s’imposait pas, d’autant plus quand les signataires se targuent de vouloir “séparer le bon grain de l’ivraie”. Il ne faut pas être grand clerc, pour la trouver, la raison de cette surenchère ...

A vouloir ne pas utiliser le verbe “interdire”, comme s’il était propriété de la droite, nos trois socialistes parviennent, par une entourloupe rhétorique, à proposer pire encore. 

Pour le reste, les raisons invoquées (pour - donc - “bannir la burqa de l’espace public”) par Esnol, Filippetti et Valls ne sortent point de l’hypocrisie qu’ils dénoncent. A savoir qu’ils invoquent principalement le concept “d’atteinte à la dignité humaine”, ici la femme, qui serait, selon eux, par la burqa réduite “à un rang de subalterne. Car, poursuivent-ils, une femme dont on ne peut lire les expressions du visage perd de son humanité”. Outre que sociologiquement, anthropologiquement et philosophiquement, cette assertion est d’un grotesque sans nom, c’est donc encore une fois au nom de la dignité des femmes que ces trois-là réclament le bannissement de la burqa. C’est fou, non, ce qu’ils sont, d’un coup, nombreuses et nombreux à s’en soucier, de la dignité des femmes ? Vrai, j’en suis tout ébaudi ! Complètement retourné ! Mazette, mais que de grandeur d’âme subitement ! Est-ce bientôt Noël ou quoi ? Mais arrêtez-donc ces fadaises, cet hypocrite – et le mot est bien faible – argument, en réalité, prétexte. Il n’est point question de dignité des femmes (d’autant plus quand on apprend que certaines, et pas qu’un peu, ont choisi délibérément, et contre l’avis de leurs proches, de porter la burqa) mais d’un problème politique. Et cet aspect-là, vous l’évacuez, vous vous interdisez d’en parler. Pire, vous le bannissez pour l’habiller de nobles sentiments, qui ne sont point burqa, mais piteuse tenue de camouflage.
Ne venez pas vous plaindre, demain – et ce jour ne saurait tarder – que vos hypocrites arguments vous valent un nouveau et retentissant camouflet !

Quoi qu’il en soit, et ce n’est pas, je l’ai dit, jouer sur les mots (ou alors, sur les maux - mais là, ce n’est pas de mon fait, mais du fameux trio) nos trois signataires prônent la bannissement et non l’interdiction de la burqa, considérant que celles qui la portent sont “exclues, de fait, de la société et du champ public puisque cachées intégralement derrière un vêtement indifférencié” !
Voilà qui est pour le moins curieux (ou croustillant, c’est selon) car qu’est-ce que bannir sinon exclure ?
Ou comment, au nom (paraît-il) de la dignité des femmes, répondre à l’exclusion dont elles seraient victimes par … une autre exclusion. Vous me la copierez, celle-ci ! 
Alors je ne sais pas s’il faut cesser tout débat, mais il me semble qu’une trêve serait la bienvenue.
Non ? 


PS : A noter, également, cette incroyable saillie de nos trois défenseurs des droits de la femme (de et dans la société occidentale, bien sûr) :

Qu’il soit volontaire ou non, le port du voile intégral nuit à la société et à l’ordre public dans la mesure où il soustrait au regard d’autrui les femmes qu’il recouvre”.

C’est assez effrayant de lire une chose pareille. A ce point, que par pure décence laïque, je mets un voile sur les mots fort peu aimables qui, en pagaille, me viennent ; oui, je tairai certaines extravagances ou coutumes occidentales qui consistent à ne point soustraire au regard d’autrui ce qu’il nomme une femme, et que j’appelle, moi, un objet. Ou, le cas échéant, une (vulgaire) marchandise.

[*] Oui, “ridiculement”, car comparer Manuel Valls à Nicolas Sarkozy, c’est attribuer au sieur Valls, un talent politique qu’il n’a pas.
Manuel Valls n’est absolument pas un “Sarkozy de gauche” c’est juste un “homme de droite” qui, en 2012, pourrait bien rejoindre l’équipe du président confortablement réélu ... Pari tenu !

15 décembre 2009

Nadine Morano, Dégoulinante De Bêtise, De Préjugés Et D’Ignorance

nadine-morano_334.jpgCe que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il fasse preuve de sagesse, de pertinence, d’intelligence. De finesse, aussi. C’est qu’il élève le débat. Qu’il le sorte de l’ornière, le cas échéant. Ou des latrines.

Ce que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il ne tire pas mon pays vers le (plus) bas. Qu’il ait ce souci-là. Toujours. De la tenue, bon sang ! De l’exigence, que diable ! De la grandeur, du panache, de la beauté même, et du verbe, ah oui, du verbe ! Celui flamboyant qui raisonnant et tombant juste vous ravigote les synapses, et quelques neurones ressuscite.

Ce que j’attends d’un ministre, d’un secrétaire d’État, c’est qu’il aime la France (cela va de soi), qu’il travaille (cela va sans dire), qu’il ne parle pas à tort et à travers, le cerveau monté à l’envers. Ce qui est, malheureusement, le cas de Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille, à qui nous ne devons rien, sinon cette saillie venue des Vosges, cette chose proférée lors d’un débat autour de l’identité nationale :

Ce que je veux d’un jeune musulman français, c’est qu’il aime la France, qu’il travaille, qu’il ne parle pas verlan et qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers.” [*]

A-t-on déjà entendu phrase et propos plus cons – y’a pas d’autres mots - que ceux-ci ? C’est tellement atterrant, terrifiant de bêtise, ça suinte à ce point l’ignorance et les pires préjugés, qu’on ne sait que dire, que ça nous laisse quasiment coi ; oui coi, parce que cette phrase-là ne sort pas de la bouche d’un anonyme voisin (auquel cas il se ferait huer, moquer, même on lui jetterait des cailloux tellement c’est trop con) mais d’un membre du gouvernement. Oh certes, ce n’est pas la première fois que madame Morano exhibe son inculture, et qu’elle l’exhibe fièrement, ce qui fait d’elle, de sa personne, un sommet rarement atteint de vulgarité(s). Et pourtant, Dieu sait si dans ce pays laïc, on en a connu durant cette Vè République, des vulgaires, et des salement copieux, mais là, ça dépasse tout. C’est même plus le fond qu’on attaque. Même plus les latrines qu’on récure. Ni les limites qu’on repousse. Eric Raoult, Brice Hortefeux, André Valentin et consorts, Morano les enfonce tous ! Alors à quoi bon gloser, tenter de comprendre, d’analyser cette phrase inepte, pour quoi faire, puisque il n’y a rien, plus rien à faire. La bêtise, c’est pas vaccinable. La connerie, y’a pas de remède contre. Tu peux mobiliser l’armée, le GIGN, le RAID, réquisitionner des gymnases et des internes, Joséphine Ange-Gardien ou le Grand Frère, ça ne changera rien de rien.

Que veux-tu dire ou penser quand tu entends – et ça fait peine à entendre, vraiment - qu’un "jeune musulman", c’est quelqu’un qui parlerait "verlan" et qui mettrait sa "casquette à l’envers" – par exemple ? Même un comique, un Guillon ou autre chansonnier, il ne dirait pas une chose pareille. Je veux dire : même pour rire, ça ne marche pas !
Et même si, allez, on prenait sur soi, qu’on fit un effort et qu’on s’arrêtât sur cette phrase, nous pourrions peut-être, je sais pas, avancer l’hypothèse – mais tout bas, sans se vanter surtout - qu’elle mélange tout, absolument tout, Morano, mais même pas ! Car ce serait chercher à prêter un sens à ses propos, alors qu’il n’y en a aucun ! Même à l’envers, y’en a pas ! Ni sens, ni intelligence, ni pertinence. Que de la bêtise et de l’ignorance. Et les préjugés les plus rances. Ce serait également chercher à l’excuser, alors que ce n’est pas, à ce niveau-là, ministre, secrétaire d’État, excusable. Et qu’on ne vienne pas me parler de dérapage ! Nous sommes, là, dans le cas, sombre et terminal, de la récidive.

Alors quoi ?

Eh bien alors, M. le président, vous qui vous vantez d’être le DRH de ces pauvres socialistes, d’y extirper leurs meilleurs talents, il serait grand temps que vous redeveniez celui de votre propre camp. Que vous passiez, pour reprendre votre funeste expression, un coup de Kärcher dans vos rangs où ça jacte à tort et à travers, le cerveau monté à l’envers.



NB : Nadine Morano promet de publier la vidéo dudit débat afin de démontrer que ses propos (qu'elle ne dément pas) ont été sortis de leur contexte (!?!) ... What contexte, madame ? ... Il me semble que contexte ou pas, votre saillie, aussi inepte soit-elle, se suffit à elle-même. [La vidéo]


[*] Après visionnage de la vidéo, voici la phrase exacte prononcée par Madame Morano :

"
On ne fait pas le procès d'un jeune musulman. Sa situation, moi je la respecte. Ce que je veux, c'est qu'il se sente Français lorsqu'il est Français. Ce que je veux, c'est qu'il aime la France quand il vit dans ce pays, c'est qu'il trouve un travail, et qu'il ne parle pas le verlan. C'est qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers".

Or donc, il y a bien cette idiotie, cette énormité :  "jeune musulman = jeune qui parle le verlan et qui met sa casquette à l'envers".
Point barre.

03 novembre 2009

Identité Nationale : Du “Grand Débat” Au “Grand Déballage”

Question Pour Un Champion ...

Ah mais quelle bonne idée de lancer, alors que la mondialisation bat son plein et que l’Europe n’en peut plus de s’élargir, un “grand débat sur l’identité nationale” ! Je dirais même qu’il était sacrément temps, bordel de merde ! C’est vrai quoi, il a raison Monsieur Besson quand, innocemment, il nous demande, à quelques mois des régionales :
Pour vous, qu’est-ce qu’être français ?

Si j’étais taquin, je répondrais à Monsieur Besson, qu’un dessin vaut toujours mieux qu’un long discours. Mais ce serait pousser la taquinerie dans de bien sales et peu ragoutantes orties : proposer que pour mieux l’identifier l’on dessinât le “français” de face et/ou de profil .. Et qu’à ceusses qui ne lui ressembleraient pas, on leur fasse – par exemple - l’offrande d’un brassard ! ..  Non, vraiment non, ça n’est point raisonnable, encore moins une solution.
Nonobstant, on aurait bien envie de la lui retourner, cette question, à Monsieur Besson, pour vous qu’est-ce qu’être français, mais comme l’homme est occupé (il doit raccompagner dignement et en 365 jours, 26 000 pauvres gens dans leur pays - en guerre, parfois – d’origine ou approchant) nous nous abstiendrons, par simple compassion, de le faire, et lui souhaitons de concert “bon courage !” et aux autres, “bon vol !”.

Cela dit, en bon citoyen fêtant le cinquantième anniversaire des aventures de nos amis gaulois, les autrefois bidonnants Astérix & Obélix, c’est avec joie (mesurée, certes, mais avec joie tout de même) que je me ruai tout de go sur cette interrogation taraudant – et comme on le comprend ! – notre ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, notant au passage, et sans aucune perfidie, que donc, l’identité nationale semble étroitement liée, comme inscrit sur la notice de son ministère, à “immigration” et “intégration”.
Quant au “développement solidaire” – qui rime avec charter – nous nous y pencherons plus tard ! Ne mettons pas la charrue (de la nation) avant les bœufs (de l’identité nationale) comme l’on dit chez moi dans ce si beau Limousin que les parisiens et autres néerlandais colonisent à grands coups de résidences qui n’ont de secondaires que le nom.

Enfin-bon-bref, impatient de m’enquérir de l’avis des uns, des autres, évitant – principe de précaution – celui de mes amis chers, je partais à la rencontre de mon prochain et lui proposais donc de débattre de l’identité nationale, du qu’est-ce qu’être français, étant convenu que nous éluderons le principe de fierté (“fier d’être français !”) pour diverses raisons : la première étant que, ce que l’on a coutume de désigner comme étant le père de la nation - quand bien même fut-il ex - un récent président de la République est renvoyé en correctionnelle, ce qui – et toute présomption d’innocence comprise – chagrine notre fierté ;  la seconde est qu’il peut être pour certains, indécent ou problématique (temporairement) d’être "fier de son pays" quand celui-ci réexpédie manu militari trois êtres humains vers un territoire plus que largement en proie à la guerre, et pas des moins sanguinaires.

Or donc, j’établissais le contact, et devisais d’identité nationale.
J’entendis, et très vite, parler de musulmans, d’islamisation rampante de la France, que si ça continuait comme ça, y’aurait des mosquées partout et qu’on serait plus chez nous, et d’ailleurs, est-ce qu’on est encore chez nous ? Hein ? … Qu’on n’est pas racistes, mais bon, ça commence à bien faire, qu’on ne peut tout de même pas accueillir toute la misère du monde, n’ont qu’à rester chez eux ! Et pis, oh, qu’on viennent pas nous raconter d’histoires, c’est quand même pas nous qui l’avons inventée, la France - et encore une fois, j’suis pas raciste ! - mais à la base, c’est plutôt un pays à peau blanche et catholique ! Non ? … Que si on en était là, c’était la faute de la gauche, de Mitterrand, des bobos, et de toutes ces associations à la con, les SOS Racisme, la Halde et compagnie, que le racisme anti-blanc, pour ne pas dire anti-français, ça existait aussi ! Tiens, ben va donc en Guadeloupe et tu comprendras c’que j'dis ! … Que l’intégration c’était du pipeau, la vérité c’est qu’ils veulent pas s’intégrer et pis c’est tout ! Y’a qu’à voir comment ça s’passe en banlieue, des zones de non-droit, voilà c’que c’est ! Ça brûle, ça casse, ça deale, et ça se plaint, alors que ça roule en Mercedes ! ... Et pis t’as vu comment elles sont habillées, leurs femmes ? Je dis leurs femmes, parce qu’ils en ont plusieurs ! Tu le sais ça ? Eh ben j’te l’dis ! … Non mais t’as vu comment elles sont fringuées, la burqa, tout ça ? C’est pas de la provocation ça ? ... Tu veux que j’te dise ? Ils nous pissent à la raie, voilà ! Ils viennent ici, profitent de la CMU, des allocs, du chômage, et qui-c’est-qui-paye ? … hein ? Eh ben c’est nous ! Les français ! De souche. Voilà, la vérité ! … Ah elle est belle, La France, tiens ! Elle est belle … Tu prends autre chose ?
- Non Pedro. Je vais rentrer chez moi. J’ai besoin de faire le point. De réfléchir.

Plus vraiment certain qu’il faille confier cet épineux débat aux citoyens, mais plutôt aux historiens, je rentrai donc chez moi, fredonnant, je ne sais pourquoi, du Ferré :

Dans une France socialiste
Je mettrais ces fumiers debout
A fumer le scrutin de liste
Jusqu'au mégot de mon dégoût
Et puis assis sur une chaise
Un ordinateur dans le gosier
Ils chanteraient la Marseillaise
Avec des cartes perforées

Le jour de gloire est arrivé !
” [*]

Tout en pensant que, le jour de gloire, l’avait, pour le coup, une bien sale gueule.

Oh j’en conviens, si l’on se (et nous) pose aujourd’hui cette question - qu’est-ce qu’être français ? - que nous considérons qu’elle puisse être légitime (ce qui reste à démontrer) la prétendue gauche, celle présumée socialiste de Mitterrand, Lang et consorts, doit (en) prendre sa part.
De responsabilités.
Mais que la droite, dite républicaine, ne se présente pas comme l’oie blanche, non plus ! Car en vérité, la question ne se poserait pas s’il n’y avait eu faillite, ces trente dernières années, de nos élites intellectuelles et politiques (de tout bord). Une faillite ponctuée par la présence du Front National au second tour de la présidentielle 2002. 
Et, malheureusement, c’est bien sur cette faillite-là que capitalise, encore et toujours, Nicolas Sarkozy.
Sur ce sujet, délicat, sensible, d’identité nationale, il pourrait, Sarkozy, agir différemment. Je veux dire, qu’il pourrait, père de la nation, rassembler, apaiser, mais non : il exacerbe. Il divise. Avec présentement, ce ministère dont l’énoncé fausse, d’emblée, le débat.
Car lorsque l’on mêle “immigration”, “intégration” et “identité nationale”, faut pas s’étonner du résultat, de la rance teneur qu’il prend, ici ou là, “ton” débat ; et que dans son “développement” on s’éloigne considérablement du mot : “solidaire”. Un mot pourtant essentiel, tant il me semble que sans lui, il n’y a pas de nation possible.


[*] Extraits de “Ils Ont Voté” de Léo Ferré


”Les hommes naissent libres et égaux en droit. Après, ils se démerdent !” [Jean Yanne]

28 octobre 2009

Qu’Est-Ce Que Tu Viens M’Emmerder Avec Ton Identité Nationale ?

Ben.jpgAvant d’être français, de chair et de sang, je suis. Fait et refait.
Et cette chair, et ce sang, n’appartiennent à aucune patrie, n’obéissent à aucun drapeau, ils sont miens, pour toujours, à jamais. Ils sont ma seule et unique propriété, et je revendique le droit d’en user comme bon me semble.
Mon identité, c’est mon sang, c’est ma chair, et tu ne peux rien y changer.
Tu ne peux rien y faire.

Avant d’être français, je suis fils, frère, cousin et oncle de.
Avant d’être français, je suis aimant, amant, compagnon de.
Et fier de l’être.
C’est ainsi que je suis, c’est ainsi que je vis, et tu ne peux rien y changer.
Tu ne peux rien y faire.

Je ne suis ni le fils d’un drapeau, pas plus que je le suis d’une nation ou d’un hymne.
Je ne suis pas rejeton de Charlemagne ou de Napoléon, mais de Verlaine et Rimbaud.
Je préfère me nourrir de Villon ou de La Boétie, que de Besson ou de Sarkozy.
Et si je dois mourir que ce soit sous la plume d’un Hugo plutôt que sous celle d’un Guaino !

Je ne suis pas et ne serais jamais le posthume héros de vos guerres et de vos carnages, ce temps-là est révolu, et d’ailleurs, si, comme je l’entends, vous avez tant l’amour de votre patrie, alors crénom de Dieu, montrez l’exemple, pour une fois ! En Afghanistan, donnez votre sang ! En Somalie, donnez votre vie ! Plutôt que de sacrifier, toujours, celui et celle des autres ! Donnez-lui vos propres fils, plutôt que les nôtres ! A nous l’Epad, à vous le front ! Allons quoi ! Vous l’aimez donc ou pas, votre patrie ? Eh bien, dans ce cas, vous dis-je, montrez l’exemple ! Que ce ne soit pas, toujours et encore, aux pauvres et autres miséreux d’engraisser votre République par la chair et le sang !
Puisqu’elle ne sera jamais, votre République, celle de l’égalité des chances – ô la belle foutaise ! La terrible enculerie ! – osons celle, moins chimérique, de l’égalité des risques ! Partageons-les au nom de la patrie et de l’amour de la nation ! Au nom du “vivre ensemble” ! Mais n’oubliez jamais que dans “vivre ensemble” il y a, avant tout : vivre !

Je vis et suis fait de chair et de sang, ensuite de quoi, peut-être, oui, je suis français.
Je n’ai pas honte de l’être, mais je n’en suis pas fier non plus ! Pourquoi, et pour quoi faire, serais-je fier d’être français ? Je pourrais, pourquoi pas, être fier d’avoir accompli ceci ou cela, oui, même ce peu-là, mais être fier d’être français .. Franchement, entre nous, n’est-ce pas un tantinet incongru ? Psychanalytiquement préoccupant ? Oh bien sûr, je l’avoue, j’eus comme une érection vaguement patriotique quand, et pour la première fois, l’équipe de France, celle de football, remportait en 1984, son premier titre ! Mais quand l’autre équipe, celle de Sarkozy, refile des Rafales aux brésiliens, ma foi, dois-je, la queue basse, faire acte de contrition tant, oui, je le confesse, je ne sens, là, aucunement vibrer une quelconque fibre nationale ?
Et si tu évoques ou me parles de République, je t’énumère, derechef, les noms de celles et ceux qui sont morts pour elle. Encore une fois, ce ne sont pas tes fils. Et pourtant, tu oses, toi, nous demander, à nous, ce que c’est d’être français et la fierté de l’être ? Toi qui refuses toujours, obstinément, de payer dignement ceux, sénégalais, kabyles ou marocains, qui se sont battus pour la France, notre pays ?
Non, je ne suis pas fier d’être français, je suis né français. Mais si d’aventure - et j’en suis fort marri - je devais en avoir honte, c’est à toi que je le devrais. Toi qui récite Pétain. Qui Lepénise nos fils et nos compagnes. Qui insulte et maltraite la Terre qui m’a vu naître. Cette Terre que j’aime, malgré tout, malgré toi.

Et si tu me parles de Moulin ou de ses ancêtres, je te répondrais, Joffrin, qu’ils ne sont pas morts pour la France, ou pour une je-ne-sais-quelle identité nationale, non, ils sont morts pour la liberté ! Et la liberté, par définition, n’a pas de nation, de patrie ou de drapeau !
La liberté, c’est un chant.
Un hymne, sa prison.

Avant d’être français, je suis libre. Libre de choisir mes liens, mes contraintes et mon fardeau.
Libre, entends-tu ?
Je suis libre et de l’être, je ris. Je suis librairie. Camus, Villon, La Boétie.
Et si tu me dis que cette liberté, je la dois, entre autres, à Moulin, ses ancêtres, j’en conviens. Mais puisqu’ils sont morts moins pour l’idée d’une nation que pour sauver la liberté, qu’est-ce que tu viens m’emmerder avec ta prison d’identité nationale ?

Ce n’est pas la nation qui fait l’identité, ni nos identités qui font une nation.
Et nous ne sommes pas plus français que nous n’étions, hier, tous des américains ou des juifs allemands.
Nous sommes, identitairement, au delà les nations. Et fiers de l’être.

Avant d’être d’une nation, je suis un être humain.

Or donc, voilà LA question, la seule qui vaille :

Qu’est-ce que c’est, être humain, aujourd’hui ?

Vous Reprendrez Bien Un P'tit Coup D'Identité Nationale ?




Licence IV
: "Viens Boire Un P'tit Coup à La Maison" [1986 - 13 semaines n°1 au TOP50]

 

 
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