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08 février 2009

Sarkozy, Héraut De L’Immobilisme Et Du Boneto

24 heures avant le grand numéro de Boneto de Nicolas Sarkozy, Le Figaro.fr posait à ses internautes, cette question :

Finies les hausses de 172% ?

Etrange, non, d’autant plus dans un pays où depuis le 6 mai 2007, nous sommes invités à travailler plus pour gagner plus.

Cette question, en vérité, est tout sauf innocente.
Si elle est posée, c’est qu’elle est d’actualité ou va prochainement l’être.
Poser cette question, c’est préparer le salarié à ce sacrifice, le conditionner.
Sous-entendu :

Tu sais que c’est la crise, tu as vu dans ta télé ces gens qui par milliers viennent de perdre leur emploi, ou les autres qui se retrouvent au chômage partiel, tu ne veux pas que ça t’arrive, n’est-ce pas ? Or tu sais que les bons de commande de ton entreprise fondent comme neige au soleil, que les banques qui doivent prendre le relais, assurer la pérennité de ta boîte, se font plus que tirer l’oreille, comme tu l’as constaté dans le troisième  reportage du “Face à La Crise” de jeudi soir ; tu le sais ça ? Alors, tu préfères quoi ? Conserver ton emploi en acceptant une baisse de salaire ou rejoindre les 45 000 nouveaux chômeurs enregistrés au mois de décembre dernier ?

Or donc, ils sont, si l’on en croit Le Figaro.fr, 45,52% à répondre oui.
Enorme !
Demain, ils seront plus.
Préparés, conditionnés, donc piégés.

Étonnant, à ce propos, que Guy Lagache n’ait pas rebondi sur ce qui était le plus préoccupant de ce fameux reportage n°3 de jeudi soir : ces petits entrepreneurs se plaignant du fait que les banques ne jouaient pas le jeu !
Pourquoi n’a-t-il pas relancé Nicolas Sarkozy sur ce point alors qu’il est crucial, alors que nous savons pertinemment qu’après les banques, l’industrie automobile, demain les compagnies aériennes, ce sont les PME/PMI qui vont manger chaud, même que ça va être une hécatombe, même que c’est déjà le cas (les sous-traitants dont on parle à peine et pourtant …).
Pourquoi, alors que le chef de l’État avait commencé son allocution en nous expliquant que si le Gouvernement avait décidé de sauver les banques, c’était pour sauver notre économie, nos emplois ?

Si je te dis que c’est Alain Duhamel, et non pas Guy Lagache, qui devait questionner le chef de l’État sur ses questions-là, tu comprends mieux que le grand numéro de Boneto auquel nous avons assisté jeudi soir, n’était pas seulement dans les diverses (et trop nombreuses) propositions mises sur la table en vue de la réunion du 18 février, mais aussi dans la répartition des tâches confiées aux quatre “présumés” journalistes présents sur le plateau.
En clair : les dés étaient pipés.
Et si Guy "Brushing" Lagache ou Duhamel s’amusaient à sortir des clous Élyséens, alors, le chef de L’État se tournait vers ses deux caniches, Laurence Ferrari et David Pujadas, qui coupaient direct l’herbe sous le pied des deux impertinents, dont un.
Car Lagache renonça bien vite, alors qu'Alain Duhamel, lui, tenta de se rebeller, en presque criant, excédé :

Bon, j’peux la poser ma question ?

Voyez alors les sourires de hyènes des deux toutous de sa majesté, et plus fort, un Nicolas Sarkozy ignorant totalement l’éditorialiste de RTL, et continuant avec délectation à s’adresser à ses valets.
Le lendemain, dans le Grand Journal de Canal+, Alain Duhamel avouera qu’il n’aurait jamais dû y aller, que ça n’était pas comme ça que ça devait se passer.
Traduire : “Je me suis fait couillonner !

Plus fort, hier soir, chez Ruquier, ni Zemmour, ni Naulleau, n’émettront la moindre critique sur la désolante prestation de Pujadas lors de ce “Face à La Crise”, Pujadas pourtant venu faire la promo d’un livre intitulé :
Vous Subissez Des Pressions ? – Dans Les Coulisses Du 20 Heures” [Édition Broché].
Soit sur les éventuelles connivences entre les politiques et les journalistes.

Ça veut dire quoi ?

Eh bien ça veut dire que sur France 2 on ne critique pas un journaliste présentant le JT de … France 2 (Daniel Schneidermann est bien placé pour le savoir …).
Ca veut dire que les "snipers" à la petite semaine que sont Zemmour et Naulleau n’ont pas les mains aussi libres qu’ils voudraient nous le faire croire.

Pauvre Pujadas pris à partie, jeudi soir, sur le nouveau mode de nomination du futur Président de France Télévisions - nouveau mode qui selon un Sarkozy plus avocat que Président serait un progrès car “nous sortons de l’hypocrisie” - finit par dire oui, c’est vrai, vous avez raison, Philippe Guilhaume (ancien Président de France Télévisions) s’est fait bien virer le 18 décembre 1990 par ... François Mitterrand.
Or, à cette époque, Pujadas ne connaît pas la maison, celle de France-Télévisions, vu qu’il est reporter pour … TF1 !

Jeudi soir, nous avons assisté à la défaite du journalisme. Pas une question pertinente, encore moins qui fâche.
Pourtant, il y avait de quoi faire le boulot.
Quand par exemple, Nicolas Sarkozy dit que son objectif c’est que notre pays entre dans la crise le plus tard possible pour en ressortir le plus tôt (ça s’appelle “jouer la montre” .. Venant d’un type pété de Rolex, ça n’a rien d’étonnant ..)
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait fait remarquer que nous sommes déjà entrés dans la crise, sinon comment expliquer huit mois consécutifs de hausse du chômage ?

Quand aussi, le chef de l’État annonce la fin de la taxe professionnelle pour 2010, et qu'il en donne le coût : 8 milliards.
Alors qu’il s’agit en réalité de 28 milliards.
Comment se fait-il qu’aucun journaliste ne lui ait demandé d’où il sortait ce chiffre fantaisiste ?
Comment se fait-il que personne n’ait dit que cette suppression de la taxe professionnelle ne serait jamais compensée par une taxe carbone, et que donc, ce sont les collectivités locales qui en supporteraient le coût, cela induisant logiquement une augmentation drastique des impôts locaux, ce qui va d’autant plus plomber notre pouvoir d’achat ?
Comment ne pas y voir, dans cette suppression de la taxe professionnelle (qui est peut-être envisageable, voire souhaitable, mais pas en pleine tempête, bordel !) une manœuvre électorale en vue d’un deuxième mandat présidentiel.
Car QUI administre 22 régions sur 26 ?
Les socialistes !
Le Gouvernement aura toute latitude pour dire ensuite : “Voyez, ces socialistes, ils augmentent vos impôts locaux !

Pour le plaisir, je retiens ce moment, cocasse, où Sarkozy paraphrasa son ennemi, Dominique Galouzeau de Villepin quand, à propos de ceusses qui manifestaient le jeudi 29 janvier, il assura qu’il devait les entendre, puis ajouta :
Mais je dois aussi entendre ceux qui n’ont pas manifesté !
C’est exactement ce qu’avait déclaré Villepin lors des manifestations anti-CPE de mars 2005 :
J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi, ceux qui ne manifestent pas !
Que Nicolas Sarkozy reprenne le crédo d’un homme qu’il déteste, c’est d’une jouissive “cocassitude”, et ça l’est d’autant plus quand on se souvient qu’en loucedé, Sarkozy donnait raison aux … manifestants anti-CPE !
Sans doute, va savoir, est-ce pour cela qu’en toute fin d’émission, il dira :
J’ai le sens du ridicule !

Ce que je retiens, hormis le grand numéro de Boneto (Boneto rapport avec ce qu’il a mis sur la table, pléthore de pistes et/ou de propositions qui fait qu’au bout du compte, tu ne sais plus où est la carte maîtresse ..) c’est que, peu importe la crise, il faut que la France continue les réformes.
Pourquoi ?
Parce que, parait-il, Sarkozy a été élu pour ça.
Or donc, un volcan vient de s’éveiller, dégueulant sa lave sur le pays, et il va continuer, et que nous dit Sarkozy ?
Pas grave, faisons comme si de rien n’était, et continuons à bâtir.
Mais bâtir sur quoi ?
Des cendres !
C’est de l’inconscience totale.
Et c’est pourquoi, le héraut de l’immobilisme n’est pas celui que l’on te désigne.
Non, le héraut de l’immobilisme, c’est Nicolas Sarkozy.
Un homme qui ne change rien, qui reste sur son idée, qui maintient le cap, alors que tout s’écroule.

NB : Tant qu'à faire, quitte à se moquer de nous, la prochaine fois, allez-y franco : pour questionner Sarkozy, envoyez Chazal (la courtisane) et Pernaut (un type déguisé en journaliste). Et pis aussi Drucker, tiens. Vous y ajoutez un sketch de Bigard pour bidonner le blaireau, une "chanson" de Barbelivien pour vomir un peu, et clic-clac, l'affaire elle sera dans le sac. Mais là au moins, ce sera clair.

05 février 2009

L’Emission Où Nicolas Donna Raison A La Dame

Je Souhaite, Je Souhaite, Je Souhaite ...

90 minutes.

Pour une émission qui dura combien ?

7 minutes.

Quand Nicolas donna raison à la dame.

Celle qui représentait le français lambda : toi, moi, nous.

La dame du reportage.

Le premier de “Face à La Crise”, l’émission.

Il a dit, Nicolas :

Cette dame a raison !

Et quoi qu’elle a dit la dame ?

Elle a dit :

C’est pas nous qui sommes responsables de la crise, et pourtant c’est nous qui allons la payer !

Et donc, il a dit, Nicolas :

Cette dame a raison !

Voilà.

Au bout de 7 minutes, tout était dit.


[J’y reviendrai demain, vendredi, en détail, notamment sur le fait que ça ne va rien nous coûter - mais oui, mais oui ... - aussi sur le désopilant : “Le Nouvel Observateur, c’est ce journal qui disait que j’avais envoyé un SMS ?” pour évacuer le fait que ce serait, d'après le NouvelObs, des collaborateurs de l'Elysée qu'auraient filé des infos à Péan pour te ventiler l'arrogant Kouchner - tu portes plainte Bernard, sinon t'as l'air d'un con, un peu ... -  mais encore sur le fait que l'immobilisme c'est bien lui, oui, c'est Sarkozy et SURTOUT comment par des appels du pied, des yeux, des mains, Nicolas Sarkozy alertait Mâhâme Ferrari et M’sieur Pijadas – Oui, c’est asez cocasse, mais Nicolas il l’appelle Pijadas, Pujadas … – pour faire taire ou réduire le temps d’antenne d’Alain Duhamel, le seul à poser les bonnes - mais très théoriques - questions. Et d’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Duhamel passa derrière Guy “brushing” Lagache, soit assez tard, donc quand l’audience baissait mécaniquement…]

 
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