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07 décembre 2008

Ah Ben Minc, Alors !

Vendredi 5 décembre 2008, sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Michel Denisot annonce fièrement que pour "commenter et décrypter le Plan de Relance" de Nicolas Sarkozy, il accueille - je le cite :

"Alain Minc et Jacques Attali !"

Et il ajoute :

"Deux très très grands experts !"

[Silence poli]

C'est vrai qu'ils sont tellement de "très très grands experts" qu'ils ne l'ont pas du tout vue venir, cette crise, comme ils n'avaient pas vu venir, non plus, la Chute du Mur de Berlin ..

Et pis même, s'ils l'avaient vue venir, la crise, comme ils semblent le sous-entendre, de ne pas avoir alerté l'opinion publique, cela fait d'eux, des experts pour le moins inutiles, même que, nous pourrions les accuser de "non-assistance à peuples en danger".

Or donc, voilà notre Denisot qui introduit le sujet, parlant d'un plan de 26 milliards d'euros ..

.. Ca commence pas très bien c'te histoire, dis-moi !
Car là, y'a comme qui dirait de la "désinformation" !
On t'empapaoute sur les chiffres, mon citoyen !

Heureusement, Jacques Attali viendra préciser, sans donner le moindre chiffre, qu'il y a dans ce Plan, des investissements qui étaient déjà prévus !
Pour faire court, l'État devait 10,5 milliards aux entreprises, et au lieu de leur filer cette somme, mettons, en avril, elle le fera en janvier.
C'est ce qu'on appelle vulgairement, une astuce de trésorerie.

Ça veut dire quoi ?

Ben ça veut dire qu'en réalité, l'État ne met pas 26 milliards sur la table, mais 15,5.
Ça te calme sévère le Plan qualifié par le Chef de l'État de "massif" !
A 15,5 milliards, il n'est pas massif, il est juste incomplet et insuffisant.

Mais c'est pas là.

Non-non, tu vas voir, l'intéressant est ailleurs.

D'abord quand Attali a au moins la courtoisie de nous dire que ce Plan, comme tout ce qui a été fait par le Gouvernement pour tenter jusqu'ici de juguler cette crise, se résume à un transfert de dette(s).
En clair, on a transféré les dettes privées à la dette publique.

Ça veut dire quoi ?

Eh bien ça veut dire qu'on ne fait que repousser le problème !
Mais aussi, et surtout, que la dette va considérablement augmenter.
Laquelle ?
Ben la notre, mon pote !
La tienne, la mienne et celle de nos enfants.

Ensuite - mais c'est d'une logique implacable, étant donné que la dette va atteindre des niveaux affolantsMinc et Attali sont d'accord pour dire qu'un autre Plan sera nécessaire ; et l'on comprend à leurs mines contrites, que cette deuxième couche va nous faire très très mal, que ça ressemblera peu ou prou à un plan de rigueur.
Car, visiblement, ce qui risque de nous tomber lourd dessus, c'est :
Une stagnation totale des salaires - quoi qu'ils en disent - une augmentation effrénée du chômage et .. une augmentation des prix, donc, par ricochet, une baisse de notre pouvoir d'achat, et, bien évidemment, une hausse, dans notre pays, de la précarité.

Y avait-il une autre solution ?
Par exemple, doper la consommation plutôt que l'investissement - très aléatoire, cet investissement, tant il dépend du bon vouloir des entreprises ..

Non, nous disent nos "très très grands experts".

Et Minc d'expliquer que : 

"Tout l'argent qu'on met dans le système fera de l'inflation et que c'est cette inflation qui réglera le problème de la dette !"

Il est bien gentil, Alain, mais ça va nous mettre la baguette à combien ?
C'est QUI le con qui va raquer ?
Ben c'est nous, les contribuables déjà bien à sec.

Mais peu lui chaut à notre chantre du libéralisme à tout crin qui conclue sa démonstration ainsi  :

"Les dettes disparaissent par les guerres ou par l'inflation !"

Et il ajoute :

"Dieu merci, il n'y a pas la guerre !"

IL N'Y A PAS LA GUERRE ?!?  [*]

T'en es bien sûr, mon "très très grand expert"  ?

Non parce que ce n'est pas ce que dit l'actuelle (et incomplète) Carte des Conflits Mondiaux, ci-jointe :



Effectivement, Alain, Y'a Pas La Guerre ...


Alors bien sûr, oui, il n'y a pas la guerre aux Stasunis, en France, en Angleterre, en Allemagne, bref, dans la plupart des pays occidentaux (hormis des guerres sociales qui, j'en fais le pari, vont aller croissantes ..)

Mais QUI alimentent en armes les rebelles, les guérilleros, les militaires des différents conflits visibles sur cette carte, et QUI les encourage à s'étriper, si ce n'est .. les pays occidentaux - Avec la Russie et la Chine ...
Dans quel but, si ce n'est de se faire du pognon, pognon qui viendra réduire, soulager un tant soit peu ta putain de dette, Alain ?

Quel est le domaine où la France est actuellement championne (avec les Russes) si ce n'est celui de la vente d'armes ?

Ça veut dire quoi ?

Ben ça veut dire que pour sauver un système qui se moque de la souffrance des peuples, de l'humain, on fait payer, et cher, les peuples, l'humain, lui glissant au passage qu'il serait bien ingrat de s'en plaindre vu qu'en échange il échappe au pire chaos qui soit, la guerre, alors que, cette guerre, elle existe, elle est permanente, elle va même, avec et pour la crise, s'intensifier, de nouveaux conflits vont éclater, ils seront terribles, effrayants - ils ont d'ailleurs déjà commencé, à Bombay, par exemple - mais c'est, comprends-tu, le prix à payer, pour sauver, non pas l'humain, mais un système glouton, un Alien monétaire.

Ensuite, les cuistres, je veux dire nos diplomates occidentaux, auront cette incroyable outrecuidance d'affirmer haut et fort, et la main sur le coeur, que ces belligérants africains, sud-américains, palestiniens, asiatiques ou arabes ne sont pas très raisonnables, que ce sont même, pour certains, des ennemis de la Paix aux méthodes barbares, alors qu'en loucedé, on les aura armés jusqu'aux dents dans un intérêt et un seul : sauver un système dont les banquiers, les traders et les spéculateurs sont les principaux bénéficiaires.

Sinon, à part ça, tout va bien.
Dans trois semaines, c'est Noël ...


[*] Et pourquoi remercier Dieu, au fait, puisque c'est en son nom, que beaucoup de guerres sont actuellement menées ..


22 septembre 2008

C'Est Maman Qui Va Être Contente !

Demain, Le Carnage

Maman, elle nous disait toujours à ma soeur et moi, que nous n'avions surtout pas à nous plaindre, parce que nous, les jeunes, on n'avait pas connu la guerre !
Alors, du haut de nos 5 et 7 ans, on lui répondait à maman que ben tant mieux ! Parce que la guerre, c'est moche, que ça fait pleurer les femmes et que ça tue des tas de gens, bref qu'on était vachement contents, de ne pas la connaître, la guerre.
Ma pauvre mère, elle haussait les épaules, et, faisant fi de nos protestations, nous servait des salsifis, même que c'était à cause d'eux, les salsifis, qu'on se plaignait ma petite soeur et moi, qu'on aurait préféré des frites ou des coquillettes.
Alors maman, elle nous disait que si c'était la guerre, eh ben nous serions bien heureux, croyez-moi les enfants, d'en manger des salsifis, qu'en temps de guerre on ne mange pas ce qu'on veut mais ce qu'on trouve et que c'est rarement des frites ou des coquillettes.

- Ouais mais c'est pas la guerre, là, maman, je lui faisais remarquer. C'est mai 68 !

Ma mère, elle soupirait, me rappelait pour la énième fois qu'on ne disait pas "ouais" mais "oui", mais comment on t'a élevé à la fin ? Qu'elle aimerait bien savoir ce qui se passe dans mon école pour que je profère des âneries à longueur de journées, que décidément tout se perd, les valeurs comme le respect, notamment celui des anciens, et que, bon sang de bonsoir, ce qu'il nous fallait à nous les jeunes, ce serait, oui, une bonne guerre ! Que ça nous remettrait les idées en place et pas qu'un peu !
Puis, elle ajoutait trois ou quatre immondes salsifis dans mon assiette et nous assurait que la guerre, ça n'a pas que des mauvais côtés, que par exemple, ça réglerait le problème du chômage parce que, ensuite, quand la guerre serait finie, eh bien il faudrait tout reconstruire, que ça donnerait du boulot à tout le monde et pour un sacré bout de temps.

Faut dire que ma mère elle l'a connue la guerre, vu qu'elle est née après le Krach de 1929, plus précisément en 1933, quand Franklin Delano Roosevelt pour sauver les banques et pas les pauvres, il a décidé d'une nouvelle politique qu'il a nommé le "New Deal" pendant qu'en Allemagne un petit moustachu, par les urnes arrivait au pouvoir et s'apprêtait à mettre l'Europe à feu et à sang, même que les américains ils ont mis cinq ans à réagir, cinq interminables années avant de venir nous libérer, mais c'était pas à cause du petit moustachu, mais des Russes - une bande de communistes de catégorie une menaçant copieusement l'empire capitaliste - ces Russes qui, aux yeux des américains, commençaient à prendre un peu trop d'importance dans cette guerre, à croire que, si les Russes ils n'avaient pas existé, ben les américains, ils seraient restés chez eux nous laissant crever la bouche ouverte ou pire, faire allemand première langue tout le restant de notre vie.

C'est peut-être pour cela, et les conflits qui suivirent, l'Indochine, l'Algérie, que ma mère, elle en parlait souvent de la guerre.
Lui trouvait des vertus.

Pourtant, à Oran, elle a vu de ses yeux vu ce que ça faisait la guerre sur le corps humain ; elle a vu l'horreur, maman ; un cinéma exploser et dégueuler des bras et des jambes, des membres déchiquetés dont on n'arrivait même pas à savoir à qui ils appartenaient !
Faut croire ça ne l'a pas dégoutée pour autant, maman, alors que Adrian Cronauer dans "Good Morning Vietnam" si, lui ça l'a marqué à vie, quand il a vu la même chose, à la seule différence que c'était un restaurant au Vietnam.
Mais bon, c'est un film, et ma mère elle disait que les films c'est n'importe quoi, que la guerre c'est pas du cinéma, pas de la rigolade, même si elle riait tout ce qu'elle savait quand la télévision diffusait "La Grande Vadrouille", le film où on ne parle jamais de Pétain, des milices et de la collaboration.

C'est à elle, donc, ma mère, que je pensais l'autre semaine, et hier aussi, lorsque je me penchais sur les nouvelles du Monde où l'on évoquait, tiens donc ! Le Krach de 1929, rapport à la noyade de Lehman Brothers (bien moins drôle que les Marx Brothers) que c'était la même histoire, kif-kif bourricot quoi ! Grosso-modo un système bancaire qui fait ce qu'il veut avec ses cheveux, prend ton blé pour spéculer et te pisse à la raie.
Sauf que cette fois, les américains du gouvernement ils n'ont pas attendu quatre ans comme en 1929 pour prendre des mesures, ils ont fait les gros yeux et la morale libérale aux établissement bancaires et ensuite, ils leur ont prêté des centaines et des centaines de milliards de dollars en leur faisant jurer-cracher qu'ils n'avaient pas intérêt à recommencer leurs conneries sinon ça allait barder pour leur matricule, même que je me suis dit ça alors ! Nous vivons sur une planète bien étrange, une planète où quand les banques sont malades, on leur file tout plein de pognon, alors que quand ce sont les pauvres qu'agonisent, non.

Nous vivons sur une planète où l'on sauve les banques, pas les pauvres.
Par exemple : la Louisiane.

Je pensais surtout que dix ans après le Krach de 1929 - que l'on compare donc à la faillite actuelle mais en pire - c'était la Guerre Mondiale et qu'ensuite, je veux dire une fois la guerre finie avec son cortège immense de morts et pour certains abrutis, de détails de l'Histoire, l'économie s'en portait mieux, voire mieux que jamais.

C'est d'ailleurs ce qu'il disait hier, dimanche, dans l'émission "Ripostes", le Monsieur qu'a une tête d'oiseau et qui est super intelligent.

Le Monsieur qui s'appelle Jacques Attali et qu'avait, en décembre 2006, senti le Krach actuel venir.

Avec un air de chien battu, il tentait de faire comprendre à nous autres les gueux et à Serge Moati - tu sais le Monsieur à lunettes pas possibles qui présente "Ripostes" sur France 5 en remuant tous ses bras et en parlant comme un acteur de théâtre qu'il n'est pas - Monsieur Attali disait que, il y avait des tas de similitudes entre 1929 et aujourd'hui, qu'il craignait fort qu'une des possibilités pour sortir de cette guerre économique sans merci, ni pitié, ni merde, c'était la guerre, mais la vraie, la moche qui fait pleurer les femmes et qui tue des tas de gens.
Qu'on pouvait encore l'éviter, cela dit, la guerre, à condition de ne pas faire entrer l'Ukraine et surtout la Georgie dans l'Otan, que si on le faisait, ça allait salement énerver les Russes, et pas que les Russes, mais que, malheureusement, disait Monsieur Attali, il semblerait que ce serait quand même le cas ; en décembre prochain, a-t-il précisé tristement.
Et peu importe que ce soit Obama ou McCain le nouveau chef de la police mondiale !
De toutes les façons, ce sera McCain, il a dit Attali, et donc adieu, veaux, vaches, cochons et tout ce qui s'en suit.

Moi, je le sais depuis longtemps que nous courons à la catastrophe, avachis, endormis, chloroformés que nous sommes par ce redoutable instrument (de propagande) censé divertir le peuple qu'est cette salope de pute : la télévision ; sauf que, ce qui nous pend au nez, je n'appelle pas ça la guerre, mais le Carnage, même que ça énerve considérablement tous mes amis quand je prononce ce mot de Carnage, mais désolé, je n'en vois pas d'autre.

C'est sûr que, le Carnage, ça ne va pas arranger cette histoire de réchauffement climatique, tu penses ! Balarguer des bombes thermonucléaires à tire-larigot ça va te le dérégler définitivement le climat et créer de nouvelles maladies bien dégueulasses ! Mais en même temps, ça fera turbiner l'industrie pharmaceutique, celle qui te pique ton blé et te pisse à la raie comme les établissements bancaires d'investissements !
Sans oublier que ma mère, elle te dirait que ça réglerait une bonne fois pour toute le problème Nord-Sud, vu que c'est le Sud qui va s'en prendre plein le groin, tant et si bien, qu'il n'y en aura plus, de Sud.
Donc, plus de pauvres.
Ben oui, vu que les autres de pauvres, ceux du Nord, ils seront morts à la guerre, partant du fait que le Riche est exempté de conflit.
Autant faire d'une pierre deux coups, non ?

Bon c'est sûr qu'il ne restera plus grand monde après cette Troisième Guerre Mondiale, ce Carnage indescriptible, mais comme maman dit, après y'aura du travail pour tout le monde, voire trop vu qu'on ne sera plus très très nombreux sur cette putain de Terre.
Et fort mal en point, de surcroît.

Sincèrement, j'espère qu'elle l'a vu, Monsieur Attali, Maman, hier, à "Ripostes" !
Tant elle a dû être contente d'apprendre qu'enfin son voeu allait être exaucé, que nous allions connaître une bonne petite guerre de derrière les fagots, nous les jeunes cons.
Que nous allions enfin en manger des salsifis et sans se plaindre, des salsifis par la racine, que ça nous y ferait les pieds et le reste, qu'on ferait un peu moins les malins.

Ouais, c'est maman qui va être contente, je me suis dit.

Même si, pour être franc, et totalement incorrect, je m'en fous, moi, que ce soit la guerre bientôt, la bien moche qui fait pleurer les femmes et tue des innocents.

Parce que je le savais déjà, qu'un jour, y'aurait le Carnage tellement on est trop des cons abrutis de télévision !


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