15 octobre 2010
Ne Rien Lâcher ! [C’est Aujourd’hui Que 2012 Se Gagne !]
Enfin !
Après trois ans de yachting, de jogging, de bling-bling, puis de kidnapping, de forcing, de pressing, BING ! Est venue l’heure du grand warning !
Tous les mensonges, tous les sophismes, toutes les contre-vérités, relayés sans vergogne par des laquais, des sous-fifres, voire mêmes des anciens barons du mitterrandisme, sont enfin contestés dans les rues, les raffineries, les ports, et demain, j’espère, sur les routes avec le grand retour de Tarzan-le-camionneur !
Tous ceux qui se sont engraissés, et copieux, pendant ces trois années, vont manger sévère, et peut-être bien, jusqu’à leur golden-parachute et leur retraite-chapeau !
Ce n’est pas uniquement une réforme qu’est rejetée, mais une politique insupportable, frayant avec les idées d’extrême-droite, caressant les puissants, protégeant les délinquants en col blanc.
Trois ans comme rarement la France en a vécu sous la Vè République, celle qu’on nous annonçait « irréprochable » ! Irréprochable, mon cul ! Car nous, nous pouvons le dire, le crier, le hurler, nous ne sommes pas des hommes ou des femmes politiques, usant de mots techniques, technocratiques, policés et complices. Nous, nous sommes le peuple ! Notre langage n’est pas châtié, et il le sera d’autant moins tant que nous serons chassés ! Chassés du travail, chassés du territoire, chassés de nos usines ! On en a assez avalé des couleuvres. Des « Travailler plus pour gagner plus » ! Des « Nous sortirons plus forts de la crise que nous y sommes entrés ».
Nous ne travaillons pas plus pour gagner plus, nous sommes de plus en plus esclavagisés, corvéables à souhait, précarisés. Et ceux qui sortent plus forts de la crise, ce sont les puissants, les décideurs, les dominants. En réalité, ils se servent de la crise pour atomiser nos droits acquis chèrement, liquider les aides sociales, l'accès aux soins, pour faire passer les lois les plus liberticides, pour nous rendre plus serviles que nous ne l’étions déjà, abrutis de télé-crotte, écran de la propagande, diffuseur de bonheur à balles deux, lobotomie quotidienne, et n’en déplaise à Montebourg, il n’y a pas que TF1 à pointer du doigt, mais l’ensemble, ou quasiment, des programmes du PAF !
Mais pif, prends ça dans ta face, elle est finie, terminée la comédie ! Il ne faut rien lâcher ! Il faut qu’ils la mordent, et pas qu’un peu, la poussière. Nous ne payerons pas ! Ce n’est pas à nous, les salariés, les laborieux, les classes plus que moyennes de raquer pour les erreurs et les errements d’une minorité. Ce n’est pas à « La France qui se lève tôt » de marner plus qu’elle ne marne. Du fric, des thunes, de l’oseille, il y en a. Nous le savons ! La France est le troisième pays (au monde) d’asile des millionnaires ! C’est dire si des ressources, y’en a. Ça regorge, ça déborde ! Et qu’on ne vienne pas nous dire que si leur était demandé de contribuer à l’effort national, ces fortunés prendraient le maquis. Pour aller où ? A d’autres ! C’est des baveries. De l’enfumage !
Oui, il y a des solutions pour financer le régime des retraites. Et demain, l’assurance-maladie ! Mais celles qu'on nous vend et avance ne sont ni justes, ni même honnêtes.
Alors, il ne faut rien lâcher ! Qu’on soit lycéens, étudiants, salariés, chômeurs, exclus, et même retraités, il faut dire « non ! » quitte à bloquer tout ce qui peut être bloqué. Parce que, durant trois ans, à la « France qui se lève tôt » on lui a mentie. On l’a trahie et abandonnée. Et qui plus est, parce qu’il fut appliqué, pas à pas, un à un, une partie non négligeable du programme de l’extrême-droite, il est de notre devoir de ne rien lâcher !
C’est aujourd’hui que 2012 se gagne. Aujourd’hui ! Pas demain.
Ajout du 19 cotobre : Le débat continue sur Agoravox [224 contributions]
15:06 Écrit par Philippe Sage dans Je M'Excuse Mais Merde ! | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : grève générale, blocus, réforme des retraites, acquis sociaux, nous sommes le peuple, la france qui se lève tôt, une république irréprochable, la france est un pays riche, propagande télévisée, laquais, extrême-droite, esclavage, crise économique |
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08 septembre 2010
1 à 3 Millions Et Puis … S’En Vont !
Voilà, c’est fait. Ils ont défilé. Et puis après ? Rien ! Ou presque. Ça hésite copieux chez les « camarades » de l’intersyndicale ; peut-être bien le 15, on verra, ou alors le 18, tiens ! c’est-y pas chouette le 18 ? Ça tombe un samedi, en plus ! Hein François ? T’en penses quoi ? Ce serait familial, on ferait péter les merguez, les moutards y seraient bien contents ? Non ?
Ah, quelle misère ! Les grèves .. Pardon .. Les manifs ! c’est plus ce que c’était. Z’ont beau s’moquer, charrier le Sarko en lui ressortant, à chaque coup, sa fanfaronnade : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit ! » [*] y se trouve qu’il avait raison, notre camelot de président. Et sais-tu pourquoi ? Parce qu’avec le « service minimum » ta grève, elle vaut zéro. C’est juste de la promenade, un défilé de majorettes, c’est pisser dans un violon.
Qu’est-ce que tu veux qu’il cède et sur quoi, ce gouvernement, puisque la France, elle roule, elle SNCF, elle usine, comme si de rien n’était ?
Quand on pense que 6 français sur 10, à en croire un sondage, soutenaient cette journée dite « d’action » du 7 septembre, c’est à pleurer !
Alors ainsi, « camarade » tu crois vraiment qu’en marchant dans les rues armé de quelques banderoles et slogans, tu vas faire plier le gouvernement ? Non, mais tu plaisantes ! Automne 1995, t’en souvient-il, c’était quand même autre chose, ç’avait de la gueule, bon sang ! Le message était clair, il disait : non, non et NON ! Trois semaines et demi de grèves, de manifs, avec paralysie partielle de l’économie : pas de train, pas de métro. Gros ramdam, itou, à La Poste, dans l’Education Nationale, chez France Télécom, et même au fisc ! Du 24 novembre au 14 décembre 1995, n’ont rien lâché, ça n’a pas débandé, et résultat : le 15 décembre le gouvernement Juppé battait en « retraite ». Gagné !
Mais là, c’est de la roupie de sansonnet ! C’est de l’ordre du carnaval ! T’auras que dalle avec tes journées à la petite semaine. Et qu’on ne vienne pas me dire que paralyser un pays c’est de la dictature, de la « prise d’otage » et tout le tralala à Pernaut ! Foutaises ! Car c’est oublier, justement et encore, cet automne 1995 où dans une « France paralysée », les salariés s’entraidaient. Edgar Morin, lui-même, l’avait noté et, noir sur blanc, l’écrivait dans une tribune (« L’Avenir En Marche Vers Le Passé ») en date du mardi 19 décembre 1995 publiée par le quotidien Libération :
« Le métro suspendu, le boulot chahuté et le dodo raccourci ont soudain suscité des proliférations de débrouillardises, ingéniosités et solidarités, le réveil généralisé et multiple de la solidarité, entre travailleurs d’un même centre ou dépôt, entre ces travailleurs, leurs familles, leurs amis et voisins, et la naissance de communications et entraides entre voisins d’habitation ou de travail montrent que la paralysie de la grève a provoqué comme une régénération spontanée du tissu social et a fait retrouver la santé psychique minimale qui comporte l’ouverture à autrui. »
Faut dire qu’à cette époque, les syndicats, ça chouinait pas ! Ça mobilisait comme il faut, et quand assez vite la CFDT - comme d’habitude - se rangeait, pas grave ! les journées « d’action » se poursuivaient, même qu’on y mettait le turbo ! Mais aussi, et surtout, chez les « gueux », comme d’aucuns les nomment, on se serrait les coudes ... Et pour quelle raison ? Oh, elle est simple : parce qu’il était inacceptable que ce soit encore et toujours les mêmes qui trinquent, qui payent, qui fassent des sacrifices, autrement dit, la classe moyenne. Or, qui va trinquer, payer, faire des sacrifices avec cette nouvelle, énième réforme des retraites ? Les classes moyennes ! Oui, « les » car désormais, elles sont plusieurs, larges, mais surtout, dispersées, et personne, pas même les syndicats, pour les unir, les rassembler vers, et sur, un objectif commun. A croire, finalement, et tout bien pesé, comme nous le serinent les médias, que les français sont « résignés ».
Mais d’où vient-elle cette résignation ? De la crise « sans précédent » ? Considéreraient-ils, les français, qu’il n’y a (plus) rien à faire, sinon courber l’échine ? Or donc, verseraient-ils dans la fatalité ? Amusant (et désolant) .. Quand on songe que l’homme que ce pays a porté au pouvoir les invite régulièrement à « refuser la fatalité » ! Que ne l’écoutent-ils pas ! D’autant plus que nous ne sommes pas en crise depuis l’automne 2008. En 1995, nous y étions aussi (« N’est-ce pas de la France, qui vit si intensément la crise de fin siècle, que pourrait venir ce que j’appelle une politique de civilisation ? » écrivait encore Edgar Morin). Ce n’est donc pas un problème de crise, mais de volonté. De solidarité. Il s’agit de savoir si c’est « oui » ou « non ». Pas : on va voir, peut-être, faut qu’on réfléchisse, le 15, le 18, ça dépend, sait-on jamais, si l’espérance de vie des français venait à s’écrouler d’ici le vote au Sénat, alors, j’vous dis pas qu’on la ferait pas cette grève générale, mais le dimanche, hein, histoire de pas déranger ! … Jean-foutre, va ! … Imposteurs et compagnie ! … Continuez comme ça, avec vos défilés-promenades, votre carnaval, votre « service minimum », vos grève(tte)s - non reconductibles - dont réellement personne ne s’aperçoit tant elles sont vaines, sans espoirs, sans éclats ni panache. Mais ne venez pas nous dire, demain, que nous aurions gagné sur je ne sais quel point, je ne sais quelle pénibilité, ah non ! Ne venez surtout pas nous dire que youpi, on a vaincu ! Y’a quand même des limites, présumés « camarades », au foutage de gueule !
Manquerait plus que Woerth vous recommande pour la légion d’honneur, ce qui, soi-dit en passant, ne serait pas immérité, au regard de votre aimable collaboration avec ce gouvernement d’ultra-droite.
[*] C'était le samedi 5 juillet 2008 lors d'un Conseil National de L'UMP.
16:42 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme des retraites, manifestations du 7 septembre, mouvement social, grève générale, service minimum, lutte syndicale, edgar morin, politique de civilisation, sans solidarité point de salut, grèves de 1995, prenez-nous pour des cons, le syndicalisme est mort, espérance de vie des français |
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