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05 janvier 2009

Obama : Motus Et “Bush Cousu”

Bush Cousue

Tu te souviens de cette histoire d’Ossétie Du Sud en août dernier ?
Le timing était parfait.
La Géorgie profitant du fait que le Monde avait les yeux tournés vers les J.O. Pékinois avait lancé (avec la bénédiction de l’administration Bush ?) une offensive dans cette région séparatiste, encerclant en deux coups de cuillères à pot la capitale, Tskhinvali, provoquant l’ire et une intervention armée des Russes, suscitant une émotion (“sans précédent !” il va sans dire ..) de la Communauté Internationale, exacerbant le volontarisme à tout crin et désormais légendaire(ment ridicule) de notre Chef d’État …

... Puis, enfin, voyant que cela tournait au vinaigre, une réaction claire et nette des États-Unis :

"J'ai dit que j'étais profondément inquiet devant
la réaction disproportionnée de la Russie et que nous condamnons fermement les bombardements en dehors de l'Ossétie du Sud.” [George W. Bush Jr – 11 Août 2008]

Et là, tu me dis :
Mais quel rapport avec la Bande de Gaza où les morts se “Hamas” à la pelle ?

Ben le timing !

J’te rappelle que le 10 février prochain auront lieu, en Israël, des élections législatives anticipées qui vaudront leur pesant de cacahuètes.
Là aussi, d’une certaine façon, c’est d’une “guerre sans merci” dont il s’agit.

Mais surtout, l’État Hébreu a profité d’une fantastique fenêtre de tir offerte par cette bizarrerie toute américaine qui consiste à élire un “nouveau” Président (un 4 novembre) pour ne l’investir que deux mois et demi après (le 20 janvier prochain).
Durant ce laps de temps conséquent, assez grand en tous les cas pour mener une opération militaire d'envergure (assurément planifiée de longue date) que veux-tu que ça lui foute à Bush et à son administration sur le départ, qu’Israël pilonne Gaza, femmes, enfants et civils compris ?

Rien.

D’autant plus qu’ils sont d’accord, et même que c’est avec grand amusement qu’ils observent notre excité de service, notre si volontaire Nicolas Sarkozy, se faire inviter à bouffer, tenter en deux jours de jouer les pompiers de service, ce qui ne sert à rien, vu que les lances, les tuyaux, les dévidoirs, les échelles et les haches, ce sont les américains qui les ont. 
C’est eux qui contrôlent le périmètre, si tu préfères.

Ah là, contrairement à la "réaction" Russe d’août dernier, pour la Maison Blanche, celle d’Israël n’est pas disproportionnée – et pourtant, elle l’est. [*]
Cette fois, la "violence n'est pas inacceptable" ...
Et puis, pas question de soutenir le Conseil de Sécurité proposant un cessez-le-feu. Au contraire, on s’y oppose.
De toutes les façons, à quoi cela servirait-il vu qu’Israël ne respecte pas les résolutions de l’ONU (242 à ce jour) ce que, soit-dit en passant, la Communauté Internationale, États-Unis d’Amérique compris, ne tolérerait pas d’un quelconque autre pays que ce soit !

Ceci étant dit, je vais te surprendre, mais cette opération “Plomb Durci” (Ils doivent s’éclater, comme des malades, les gars qui trouvent des noms à la con pour leurs opérations meurtrières) a au moins un mérite :
Pour tous les gros naïfs, les doux rêveurs, qui voyaient en Barack Obama un formidable espoir pour l’avenir de cette planète, qui pensaient oui, que cet homme et son incroyable charisme allaient changer la face du Monde, j’ose espérer que “a y est” vous êtes redescendus sur Terre.
Tant son silence est édifiant.
Pas un mot du nouveau Président américain sur cette boucherie qui, tu le verras, prendra fin juste avant son investiture.

Oui, je sais, Obama a déclaré qu’il n’y avait qu’un seul président des USA, en l’occurrence, jusqu’au 20 janvier, il s’appelle Bush.

Tu veux que je te dise ?

Ça s’appelle botter en touche.
Et de façon assez minable.
Ben si.
Tu veux peut-être que j'te rappelle toutes les affreuses gentillesses qu’Obama a sorties lors de sa campagne sur son futur prédécesseur ?
Et puis, concernant les attentats de Bombay, curieusement, là, il n’y avait pas un seul Président ! Il me semble bien qu’Obama se soit exprimé et assez fermement. Non ?
Et d’ailleurs, il s’exprime tous les jours.
Par exemple aujourd’hui, lundi 5 janvier 2009, il a annoncé une réduction d’impôts de 310 milliards de dollars.
Le 30 décembre dernier, il a fait part de son souci de ne laisser personne sur le bord du chemin … numérique, en proposant, notamment, d’équiper les bus scolaires en Wifi (on ne rigole pas, siouplait, les gens …) !
Le 21 décembre, il déclarait vouloir créer, en deux ans, 3 millions d’emplois aux États-Unis.
Et le 10, il nous annonçait que dans le cadre d’une main tendue au monde .. musulman, il ferait un discours "important" dans une capitale .. islamique.

Tu vois qu’il cause, quand il veut, cet Obama.
Mais là, non.

Et tu sais pourquoi ?

Parce qu’il est d’accord.
Parce qu’il mènera la même politique que Bush au Proche-Orient.
Parce que c’est avant tout, un américain, rien d’autre qu’un américain.

Son “Yes We Can !” n’était qu’un slogan publicitaire.
Tout comme “Ensemble, Tout Devient Possible !” en était un.

Or donc, le seul point positif de cette horreur que l’on nous dépeint unilatéralement sur nos télés occidentales, c’est qu’elle va surtout mettre du plomb (durci) dans la tête de ceusses qu’avaient pas encore percuté ceci :
Obama ne représente aucunement l’espoir, mais la continuité d’une politique.
Et d’ailleurs au fur et à mesure qu’elle se constitue, son équipe se révèle être plutôt bien ancrée à droite.

Yes We Can ?

Yes We Can, My Ass, oui …


[*] Je ne sais pas de quelles armes de destruction massive sont équipés les soldats du Hamas, mais apparemment, ils sont totalement dépourvus de défense anti-aérienne, t’as remarqué ? … Quant à leurs roquettes, elles datent de quand ? … J’espère, au moins, qu’ils ont des fusils à pompes, ou à défaut, des cutters en bonne et dûe forme pour les corps-à-corps sanglants qui se profilent, voire qui ont déjà lieu.


A Lire Absolument :

Construire L'Ennemi Par Mona Chollet

Les Vraies Raisons De La Guerre Par Johann Hari

Israël A Manqué Un Rendez-Vous Avec L'Histoire Par Ury Avnery

Les Sharoniards Par Plan B

Les Champs De Gaza N'Ont Jamais Existé par Viktor Dedaj

05 novembre 2008

Obamadeus !

Happy Holidays Are Over, Mister Obama !

Tout comme toi, tu sais, me suis demandé si je ne rêvais pas, et vas-y que je me pinçais, me giflais, me scarifiais presque !
Allons-allons me disais-je, réveille-toi mon ami, tout ceci n'est pas réel, pas Dieu possible, j'le crois ni ma mère, ni ma race !
Mais non-non-non, tout comme toi, je constatais que ben si, c'était pas un rêve, c'était vrai de chez pas faux.

What ?

Mais non, j't'cause pas de la victoire de Barack Obama !
Je le savais, moi, qu'il allait gagner.
Depuis longtemps, même.

Depuis when ?

Oh, à vol d'oiseau, depuis 2002.
Facile.

J'dis n'importe quoi ?

Ben oui.
Et alors ?
C'est pas moi qui ai commencé.
C'est Bernard-Henri Levy.
Bernard-Henri, il a dit qu'il avait rencontré Barack en 2004, alors que personne ne le connaissait, et qu'il avait bien senti, Bernard-Henri, que cet homme était le "JFK noir" de demain.
C'qu'il est trop fort ce BHL, tout de même !
Sauf qu'il nous l'a dit hier, mardi, soit la veille de l'élection d'Obama, sur un plateau télé.
C'est ballot.
Ben si !
Parce que tu vois, moi, si j'avais rencontré le "JFK noir" comme il dit, trop fier de ma découverte, j'aurais pas attendu quatre ans pour l'annoncer.
Tu me suis ?

Or donc, disais-je, ce matin, très tôt, me disais que c'était pas Dieu possible enfin ! Que, mazette, boudu et saperlipopette, je devais rêver tant ce que j'entendais me ravissait.
Tant surtout, je mesurais le chemin qu'ils leur restent à parcourir à nos petits, tous petits-petits-petits politiques français.

Car que se passe-t-il en France lorsque tombent, à 20 heures, les résultats d'une élection présidentielle ?

Eh bien, je vais te le dire :
Un truc pathétique.

Comme par exemple, Giscard, qui, battu par Mitterrand le 10 mai 1981, nous offre un piteux spectacle, une sortie théâtrale, dérisoire, pompeuse et pompante, concluant son pauvre discours par un "Au Revoir" ridicule.
A peine a-t-il salué le vainqueur, à peine lui a-t-il souhaité bonne chance, juste il invoqua "la providence", la seule selon lui, à pouvoir sauver notre pays du choix que par les urnes il s'était donné.

Comme aussi, plus près de nous mon Dieu, la Dame de Melle, la Marie-Ségolène, qui du bout des lèvres souhaita "au prochain président de la République - oui, elle n'a même pas cité son nom .. - d'accomplir sa mission au service de tous les français ..." avant de nous asséner un pénible discours, uniquement destiné à SES militants, SES supporteurs et SES électeurs, discours au bout duquel elle promettait de les emmener vers ... d'autres victoires !
Infoutue de reconnaître SA défaite, incapable de s'adresser à SON pays, juste bonne à continuer de prêcher auprès de SES ouailles.

Il n'en est pas de même aux États-Unis d'Amérique.
Où là, pardonne-moi de le concéder, mais c'est la grande classe.

Ainsi John McCain qui déclare que - je le cite :
"Cet échec est le mien, pas le vôtre !"
Puis il poursuit magistralement ainsi :
"Le peuple américain a parlé, et il a parlé clairement (...) C'est une élection historique (...) Je reconnais la signification particulière qu'elle a pour les noirs américains (...) Je lui promets - à Barack Obama - ce soir, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'aider à nous faire traverser les épreuves qui nous attendent (...) Ce soir, je n'ai que de l'amour pour ce pays (...) Je souhaite que Dieu aide celui qui fut mon adversaire !"

Avoue que ça a de la gueule, non ?

Oh certes, ils ne se sont pas balancés que des gentillesses durant la campagne, mais c'est le jeu !
On ne gagne pas une bataille à grands coups de bouquets de fleurs !
Seulement, tu vois, quand la bataille est finie, qu'elle a livré le nom du vainqueur, eh bien, aux Stasunis, le vaincu lui rend hommage.

Quand verrons-nous ça en France ?

D'autant plus, pince-moi je rêve, que c'est tout aussi élégant et respectueux dans l'autre sens avec Barack Obama saluant un John McCain qui "a bataillé dur et longtemps au cours de la campagne, et il s'est battu plus durement et plus longtemps encore pour le pays qu'il aime. Il a enduré des sacrifices pour l'Amérique que la plupart d'entre nous ne peuvent même pas imaginer, et nous avons profité des services rendus par ce dirigeant courageux et altruiste".
Il ajouta qu'il félicitait également sa colistière, Sarah Palin, qu'il était impatient de travailler avec eux, puis s'adressant aux Républicains, il eut ces mots :
"Je n'ai peut-être pas remporté votre vote, mais je vous entends, j'ai besoin de votre aide, et je serai également votre président".

Ah c'est autre chose que Nicolas Sarkozy avec son "J'ai une pensée pour Madame Royal, je veux lui dire que j'ai du respect pour elle .. " qui suintait plus l'ironie qu'autre chose, ben tiens que le respect par exemple !

Mais attends, c'est pas fini !

Même George W Bush Jr a été impeccable.
Après avoir adressé ses félicitations à "Monsieur le Président élu !"
Il ajoutait :
"Quelle nuit superbe pour vous, votre famille et vos partisans (...) Je promets que cette transition se passera en douceur. Vous êtes sur le point d'entreprendre l'un des plus grands voyages de votre vie."

Alors bien sûr, je ne suis pas naïf comme le premier Jospin venu.
Je sais bien qu'il y a derrière cette symphonie de mots, quelques arrières-pensées inavouables, quelques rancoeurs, que oui, c'est aussi du théâtre, de la mise en scène, du dialogue cousu main pour faire passer le message au reste du Monde, que l'Amérique qui est super gentille, humaine et tout le tralala est de retour (alors que c'est pas gagné ..) mais tout de même, ça a une autre tronche que les pauvres discours égocentrés des vaincus comme des vainqueurs de nos Présidentielles à nous.

Et ils seraient bien inspirés, les Sarkozy, les Royal, et demain les Bertrand, les Copé, les DSK et même les Bayrou, de prendre de cette hauteur, de tendre vers cette élégance, se réjouir d'un scrutin, plutôt que de le détourner à leurs maigres profits, pensant déjà à prendre leur revanche au coup suivant.

Pour le reste, cette orgie d'images, toujours les mêmes depuis ce matin sur nos écrans de télévision, ces analyses à balle deux sur ce qui va se passer dans le Monde avec l'élection d'un afro-américain à la Maison-Blanche, et les déclarations élogieuses et dégoulinantes d'hypocrisie de nos politiques, me fatiguent, mais à un point !
Me demande même quand est-ce qu'ils vont oser nous balancer le "Imagine" de John Lennon, ces cons d'abrutis !

Obama est élu.
Tant mieux.
Mais surtout bonne chance.
Il en aura sacrement besoin.

Parce que oh ! Il ne faudrait tout de même pas oublier que Obama ou pas, l'avenir du Monde est aussi sombre qu'un requiem de Mozart.


17 Octobre 2002 : La Une Visionnaire Du Courrier International

PS : Et si on pouvait arrêter avec cette expression de "JFK noir" .. Tant elle est déplacée et grotesque ...


podcast


Et la palme du con qui n'hésite pas à repousser les limites est décernée à Roger Karoutchi, UMP et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement pour cette déclaration à la con qui lui ressemble tellement il est très con et sans le moindre scrupule :
"La victoire d'Obama est celle de la rupture. En cela, elle rappelle celle de Nicolas Sarkozy en mai 2007".
Bravo mon pote, dans la récupération pire que dégueulasse et plus qu'outrancière, t'es du genre minablement imbattable.
L'image même des petits-petits-petits-petits zobs politiques de chez nous qu'on souhaite ardemment ne plus voir, ni entendre.

 
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