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26 avril 2011

Douce France

Il a raison, Ménard. Y’a des choses qu’on ne peut plus dire... Sinon, c’est la curée. Voilà qu’on te tombe dessus, recta. Voire pis... Mais j’en ai cure, suis une tête brûlée, le « Pappy » Boyington certifié du Net… Or donc, moi itou, je vais donner dans la parole libérée, décomplexée. Même pas honte. Ni peur… Puisque nous voici au point où nous pouvons TOUT DIRE, au nom du sacro-saint « sans tabou », permettez que je me joigne derechef au concert.

Douce-France.jpgIl a 19 ans. Se prénomme Haythem. Vit à Zarzis, dans le sud de la Tunisie... Il a un « rêve ». Que la journaliste [1] qualifie d’« obstiné » : quitter son pays, gagner la France. Et quand on lui demande pourquoi, il répond que « Tout est bien là-bas (…) le travail » tout ça… Alors qu’ici, à Zarzis, y’a rien. Que du chômage [2]. Pas d’avenir. Ou alors, la prison. Un mot de trop, un geste de travers, et hop, t’es bon pour le zonzon. A l’entendre.
Mais… la révolution, p’tit gars, celle qui vient d’avoir lieu ?
Il y croit pas, à la révolution, Haythem : « Rien ne changera » qu’il dit, « Le système restera aussi pourri qu’avant »... Alors, y’a pas d’autre choix, que celui de partir. Pour « vivre », enfin. Et… « Gagner de l’argent ». En France où « tout est bien ».

J’suis ballot. J’aurais dû faire comme Ménard. Lui donner un titre bien plus provo à cet article. Par exemple : « Vive Haythem ! » ou « Vive Les Clandestins ! ». Tant ce sont – apparemment – les derniers au monde à lui trouver du charme, à notre pays.
A croire qu’ils sont pas au courant : Guéant, Hortefeux, mâme Brunel, Le Pen, Raoult, et quelques Valls (qu’on laisse aller – oui, c’est une blague à balles deux, mais c’est pour détendre), ils doivent pas connaître.
« Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes » n’a donc pas traversé la Méditerranée. Pas plus que : « Il faut les remettre dans les bateaux ». Ni : « Les français » qui ne se sentiraient « plus chez eux ». Envahis – ne jamais hésiter à utiliser des termes bien guerriers pour faire « super » peur – par toute cette horde de mahométans « occupant » nos rues (moins d’une dizaine) par la prière.
Et je vous passe les saillies récurrentes du multirécidiviste Eric Zemmour. Ou tout autre propos qui, il y a à peine dix ans, en aurait révulsé plus d'un...
Avouez, que ça réconforte de l’apprendre. On aurait pu craindre que l’image de notre beau pays en fût écornée, pour longtemps. Grâce à Dieu – par chez nous judéo-chrétien dans un pays ô combien laïc – il n’en est rien.
Mieux encore : Haythem et ses compagnons sont persuadés qu’en France, il y a du « travail », or donc, qu’on peut « gagner de l’argent ». Bref, que la France est un paradis, la terre idéale, celle de liberté. Entre autres…

C’est rassérénant, n’est-ce pas ? D’être désiré, d’une certaine façon. Qu’il y ait encore, quelque part dans le monde, des êtres humains qui considèrent ainsi notre pays. Aussi haut, aussi beau… Ah ! je vous avoue que je suis tenté par la grandiloquence, tant je suis heureux, fier même – la voilà, la grandiloquencefier d’être Français !
Car comment pourrait-on l’être si nous étions honnis, détestés, que de nous ET de la France, on disait pis que pendre… C’est que, ça compte ; l’image !... Et ça fait chaud dans le cœur, et même ailleurs, de constater, via Haythem, que ni Zemmour, ni Guéant, ni Hortefeux, ni personne, pas même Sarkozy, ne l’auront abimée… Malgré eux, la France conserve son aura. Son attrait…
Imaginez, un instant, que ce ne fût plus le cas. Que la France soit vue comme un repoussoir. Peuplée d’êtres apeurés, recroquevillés, méfiants, trouvant mille maux et autres torts à celui – l’étranger – qu’aurait le toupet de ne point lui ressembler, qui nieraient toute richesse autre que la petite sienne, un peuple coupé du monde, reclus, étroit, d’une mesquinerie sans égale ; mais nous serions, n’est-ce pas, les premiers à prendre un bateau, fût-il radeau, pour la quitter !
Ce qui fait que nous soyons fier de notre pays, ce n’est pas un drapeau, ce n’est pas une armée, à peine son économie, c’est sa grandeur. D’âme… La voilà, la richesse, la seule qui vaille et compte, dans un monde où les salariés de base sont dissous par les lois du marché, essorés par le néo-libéralisme.

Mais dire cela, en 2011, parler de « générosité », de « fierté », de « grandeur d’âme », d’Amour même, c’est prêter le flan. C’est, à coup sûr, déclencher la haine, une curée monumentale.
Haythem, ne le sait pas, mais va le découvrir, plus souvent qu’à son tour, cette France dont il a conservé une image enfantine, une du passé, pas si lointain – et puisse que cela continue chez de futurs Haythem – a été prise d’assaut, dans la presse, dans la télé, dans la radio, un peu partout, par d’étranges personnages fustigeant (en échange de juteux émoluments) la – je cite – « bien-pensance » et le « politiquement correct ». Termes putassiers, définitifs, propres à salement couper tout débat digne de ce nom – si tant est qu’il en restât encore.
Si j’osais, je dirais qu’ils « occupent » la France, ces « gens-là ». Leur résister, avec du cœur, de l’Amour, mais aussi, de la force, de la fermeté, de la « détermination » comme l’on dit, c’est se voir, d’emblée, et méprisamment, ô combien, reléguer dans l’univers des Bisounours.
Ces bourgeois, ces « bobos » (car ils en sont, ce sont les premiers d’entre eux ; voyez comme ils vivent grassement, et si loin du peuple) s’ingénient quasi quotidiennement à nous faire la leçon, la Morale, à grands coups de : « Vous n’avez qu’à en prendre un chez vous », « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », et comme la « gauche » - ou supposée – renonce, petit à petit, de plus en plus, à tous ses idéaux, l’idiote ! les voilà qui fanfaronnent d’autant. Vulgairement : ils se la pètent. Et dans la soie…
Ils sont la « nouvelle pensée unique », en vérité, les fossoyeurs de notre pays, de ses valeurs, celles d’humanisme, allant même jusqu’à taire ses errances (ce serait « repentance », qu’ils assènent), glorifiant le colonialisme et tutti.

Et pourtant, malgré eux, toute leur rancœur, tout le moisi, il se trouve encore, dans le monde, des Haythem pour la trouver belle, la France. Et je m’en réjouis. Oh que oui !
Ils ont beau éructer, les Zemmour & Cie, pignon sur rue médiatique qu’ils ont ; prendre la roue des idées de l’extrême-droite, nos politiques de papier obsédés qu’ils sont, et uniquement, à conserver leurs postes de députés, de ministres, de lèche-bottes ; rien n’y fait.
Au fond, seuls sont touchés – et salement – ceux qui vivent ici... C’est que, à force de les entendre baver, on finirait, oui, par croire que nous habitons un petit pays sans envergure, tout miné, tout étriqué, sans âme, un pays à la merci de.

Ce n’est pas ce que pense Haythem. Pas encore… Mais nous devrions l’aider à faire en sorte qu’il continue de le penser. Et longtemps…
Penser que douce est la France, accueillante, ouverte, humaine, et qu’au Diable aillent se faire pendre ses curés de la « nouvelle pensée unique » ! [3]


[1] La journaliste en question, c’est Alexandra Deniau.
Pendant trois semaines, elle a suivi le « périple » de Haytem et de ses compagnons.
A l’arrivée, un reportage intitulé « Les Naufragés De La Révolution » et diffusé en ouverture d’Envoyé Spécial, jeudi 21 avril, sur France 2.

[2] A Zarzis « une personne sur quatre est au chômage » nous apprend Alexandra Deniau, au cours du reportage.

[3] Qui – c’est assez cocasse – se plaignent qu’on ne peut plus rien dire et n’ont cesse, cependant, de dire ce qu’ils pensent. Une pensée rance. Sale image de la France.

15 octobre 2008

Lucet, C'est Tromper !

Sus à Lucet

De la bouche d'Elise Lucet sort, parfois, et notamment ce jour - mercredi 15 octobre 2008 - des énormités.

Comme prévu c'est la Marseillaise sifflée la veille au Stade De France [France-Tunisie, match amical de football] qui ouvre le JT de 13h de France 2.

Passons sur l'inévitable micro-trottoir où le citoyen lambda trouve évidemment que c'est "honteux" ..

Quoique, non, ne passons pas sur ce micro-trottoir !

D'abord parce qu'il est clairement orienté, et par conséquent déontologiquement douteux. Ce qui est très souvent le cas, et peu importe la chaîne.
Ensuite, parce que d'une manière générale, le micro-trottoir constitue la négation même du journalisme. Ces avis de cinq secondes sont dénués d'intérêt, desservent l'information, et ...

... Font le succès de Groland.

Or donc, il est bien scandalisé le quidam de la rue, tout comme François Fillon, Bernard Laporte (qui suggère de faire jouer ce genre de match en Province où l'ambiance est plus détendue - Il les collectionne quand même ce grand nigaud de Gaillac, non ?) et toute la FFF.

Ça commence sur les chapeaux de roue, comme tu le vois.
Je me demande comment ça se danse au même instant chez Pernaut. Ça doit être du (très) lourd ..

Mais c'est pas fini.

Elise Lucet nous rappelle que ce n'est pas la première fois que cela se produit, que c'est déjà arrivé, ce "sifflage" de Marseillaise, par exemple, lorsque l'Équipe De France rencontra l'Algérie et le Maroc.

C'est oublier que ce fut également le cas contre l'Italie, Israël, mais aussi lors d'une finale de Coupe De France opposant Lorient à Bastia, même que le président de l'époque, Jacques Chirac avait quitté les tribunes.

L'info est incomplète.
Donc nulle.

Mais que veux-tu, on ne nous informe pas, on nous VEND un "problème" entre la France et .. Les pays du Maghreb !
Et c'est plutôt cela qui est "honteux".
Et quand bien même y'aurait-il un malaise, ce que je ne nie pas - mais alors étudions-le objectivement - ce genre de raccourci favorise les amalgames, ces fameux amalgames que ..

... Les journalistes dénoncent, mais uniquement lorsque la maison brûle.
Comprendre qu'en périodes d'émeutes ou de 21 avril 2002, les jeunes des banlieues sont français ; en dehors de ces périodes de turbulences, ils sont d'origines tunisiennes, algériennes ou marocaines.
Donc pas français beugle Marcel au Café Du Commerce en offrant une tournée générale.

Et si c'était plutôt un problème de ... football, finalement ?
Je veux dire de "supporteurs" de football ?
Après tout, et comme le dit Bakchich, si le foot rendait intelligent ça se saurait !
C'est bien dans les stades de foot que certains poussent des "cris de singe" quand un joueur noir touche le ballon, non ?
Ou que l'on sous-entend que, par le biais d'une banderole, les gens du Nord sont des "pédophiles".

Entre parenthèses, je voudrais dire en toute transparence, sans tabou et sans a priori comme l'ânonne qui tu sais, que lorsque j'entendis Laam hurler (saboter ?) l'hymne national, ma première réaction fut de crier : "Mais ta gueule !" puis de couper le son.
Ce qui équivaut à un sifflet.
Non ?


Mais bon, revenons à Mâhâme Lucet.

Voici qu'elle évoque le chef de l'Etat en disant :
"Comme l'on imagine, il condamne .."

Comment ça : "Comme l'ON imagine ..." ?

C'est qui ce "On" ?
Les journalistes ?
Les fameux milieux autorisés de Coluche ?
Nous ?
C'est quoi TA source, Elise ?
Non parce que tu n'es pas sans savoir - demande à Pujadas - qu'avant de donner une info, encore faut-il en vérifier la véracité.
Mais ce n'est pas du journalime, là, c'est juste Mâhâme Lucet qui s'autorise à penser que.
Car nulle part - tu peux vérifier - tu ne liras un communiqué de l'Elysée où il est inscrit noir sur blanc, et avec les termes employés par Mâhâme Lucet, que le Président de la République "condamne".

Or donc, après une info incomplète, voilà maintenant une info inventée !
En l'espace de même pas trois minutes !
Je me demande si ça n'est pas plus grave que les sifflets entendus hier soir, si tant est que ces sifflets le soient.

Permets-moi de passer sur la réaction-plateau de Fadela Amara qui traita les siffleurs par six fois "d'imbéciles" et deux de "voyous".

Quoique non plus.
Ne passons pas.

Imbéciles, à la rigueur, sauf que six fois en deux minutes ... Mais bon avec Fadela, on ne s'étonne plus de rien.
Pour le reste, je ne savais pas que lorsqu'on sifflait l'hymne national on était (deux fois) un "voyou" !
Et si j'ajoute que Mâhâme Amara - je la cite - veut passer un gros coup de Destop, tu vois qu'on n'est pas bien du tout, là.
Passer du Kärcher au Destop, moi j'dis que ça glandouille pas dans la métaphore, même qu'il y aurait comme escalade dans la violence verbale et que ça ne va pas contribuer à calmer les esprits.
D'autant plus, quand comme Fadela, on est monté au créneau pour dénoncer le terme "Kärcher" !
Mais elle a dû l'oublier tout comme Elise Lucet a oublié les sifflets de France-Italie ou Israël-France.

Elise Lucet qui un peu plus tard nous annonce que la CNIL fête ses trente ans, rappelant que la CNIL "défend nos libertés malgré l'explosion d'Internet !"

Alors là, c'est le ponpon !

"Défend NOS libertés MALGRE l'explosion d'Internet."

Ca veut dire quoi ?

Qu'Internet menace NOS libertés ?
Mais d'où tu tiens cette info, Elise ?
Encore une fois, quelle est TA source ? Nadine Morano ?

Et de quelles libertés parles-tu ?

Celles de tous les citoyens (moins) égaux en droits (que Christian Clavier) ?

Ou, comme il me semble l'entendre de ta bouche, celles des journalistes ?
C'est bien ça, n'est-ce pas ?
Internet qui est sale, c'est bien connu, qui colporte des ragots, des rumeurs, menacerait LES libertés des journalistes institutionnels ?
La liberté de délivrer, par exemple, des infos incomplètes, tronquées, quand elles ne sont pas inventées ?

Ben j'vais te dire Elise, heureusement que j'ai le Net pour avoir de vraies infos, parce qu'avec les tiennes je deviendrais à moyen-terme un bon copain de Marcel, celui du café Du Commerce, et après quelques tournées à TA santé, avec lui je crierais :
"La France, tu l'aimes ou tu la quittes !".

Heureusement, oui, que nous pouvons LIBREMENT cliquer sur ACRIMED, nous abonner à Arrêt Sur Images, nous repaître de Bakchich, parce que ce n'est pas avec toi que nous sommes informés, ma jolie, tant tu prends d'énormes libertés avec ta sacro-sainte déontologie !

En ouverture de son JT du jour de 13h, Elise Lucet disait :
"Il y a de tristes répétitions."

C'est exact.

Oui, comme il est triste de voir se répéter, à 13 comme à 20h, une messe dont le journalisme est singulièrement absent.


Ajout Du 17 Octobre : Le Football Otage Du Monde Politique

23:34 Écrit par Philippe Sage dans Prenez-Nous Pour Des Cons ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : elise lucet, jt 13h france2, france, tunisie, football, marseillaise, sifflets | | |

13 octobre 2008

La Crise En Une Morale

 

Après la France, QUI prendra la présidence de l'Union Européenne le 1er janvier 2009 ?

La République Tchèque !

Après avoir fait turbiner la planche à billets pour sauver les banques (mais jamais les pauvres) on sort le carnet de Tchèque.

 
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