18 février 2012
Sarkozy : Plutôt Mitterrand Que Giscard
A peine le slogan du « candidat sortant » était-il dévoilé que d’aucuns, des morts de faim, se précipitaient dans les archives et, fiers comme Artaban, nous en extirpaient, avec grande gourmandise, une breloque issue de la campagne présidentielle 1981 sur laquelle trônait un certain Giscard, et la signature suivante :
« Il faut une France forte ».
Ah, mais ça par exemple ! Ne trouvez-vous point que ce slogan ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de notre désormais président-candidat : « Une France forte » ?
Sauf que, on peut aisément trouver moult autres prétendants qui, dans un passé plus ou moins récent, firent appel à cette image de la « France forte ».
Ainsi Ségolène Royal (« Plus juste, la France sera plus forte ») et François Bayrou en 2007 (« La France de toutes nos forces ») ; Jean-Marie Le Pen en 2002 (« Une force pour la France ») ; ou encore… François Mitterrand en 1981 avec dans un premier temps « La Force tranquille » puis dans un second : « De toutes les forces de la France ».
Alors pourquoi Giscard ?
Sans doute, par paresse. Car, ma foi, quoi de moins fatiguant que d’établir un parallèle entre Sarkozy et Giscard ? Et se saisir avec hâte et obstination de tout élément tendant à le valider d’autant. Comme si d’aucuns voulaient inscrire, mordicus, Sarkozy dans un destin giscardien. Cela voulant signifier que, comme Giscard, il sera défait, et deviendra donc, Sarkozy, le second président de la Ve République à échouer dans la sollicitation d’un second mandat.
Il est vrai que, sur le papier, c’est assez jouissif.
Seulement voilà, je doute fort que Sarkozy s’inscrive dans ce schéma. Tant c’est pas le genre à (re)partir en campagne avec l’idée (saugrenue) de la perdre.
En d’autres termes, je ne crois pas, mais alors pas du tout, que son slogan fasse directement, ou même indirectement, écho à celui de l’infortuné Giscard.
Non, encore une fois, c’est du côté de Mitterrand qu’il faut chercher.
Encore une fois, car t’en souvient-il, en 2007, l’affiche de campagne du candidat Sarkozy ci-dessous...
... Avait comme des airs de … « Force tranquille » :
Certes, dans la version sarkozyste, le petit village avait disparu, ainsi que son clocher ; en lieu et place, une sorte de vallée verdoyante où virevoltait, dans sa partie droite, un oiseau bienveillant.
Mais c’eut été assez grossier, avouez, de donner dans le copié-collé. Et puis, la France de 2007 n’est pas la même que la France de 1981. Il fallait que ce soit visible.
Nonobstant, vous imaginez, dans un même plan, Sarkozy et un clocher ? Ah j’en connais qu’aurait sacrément jasé. Tant l’homme n’a pas son pareil pour exalter, dès que possible, les valeurs chrétiennes de la France.
Non, c’est le format, l’ambiance, ce qui se dégage de ces deux affiches. Il y a manifestement des similitudes. Et c’est habilement fait. Car ça joue sur le subliminal.
Regardez bien les visages, les expressions. Visez-moi un peu les regards, les sourires. La place que l’homme occupe dans ces deux affiches. Sarkozy y étant – mais c’est logique – un peu plus à droite.
Et la pose ! Matez-le bien, ce Sarkozy ! Ne se dégage-t-il pas de lui comme une… « Force tranquille » ? N’est-ce pas cela qu’il était, avant tout, donné à voir ?
Toujours est-il qu’en 2007, et comme je m’en rappelle ! ils furent bien nombreux à les noter, ces similitudes.
Eh bien, il en va de même avec « La France Forte » que voici :

Qui renvoie, selon les mêmes principes, subliminaux, à cette affiche de 1988 :
Ce qui frappe, d’emblée, ce sont les slogans.
Tous les deux sont composés d’un article, d’un nom propre et d’un adjectif.
Avec en commun, les deux premiers (« La France »).
Seul l’adjectif diffère.
En apparence.
Car qu’est-ce qui fait la force, sinon : l’union ?
Alors bien sûr, nous avons un Mitterrand totalement de profil. Alors que Sarkozy, lui, est de trois-quarts.
Pourquoi ?
Eh bien parce qu’en 1988, Mitterrand est archi-favori. Il plane dans les sondages. Tout le monde sait qu’il va être réélu. Il peut donc se permettre ce que personne, à ma connaissance, n’a osé faire, ni avant, ni après lui : poser de profil ! En vainqueur, quoi !
Sarkozy n’est pas dans la même position. Depuis fin 2010, tous les sondages le donnent perdant. Ecrasé par DSK, désormais par François Hollande, et même battu (55/45) par Martine Aubry. Du jamais vu dans la Ve pour un président en exercice.
Il ne peut donc prendre la même pose que Mitterrand, celle de la statue du Commandeur.
Mais il ne peut pas non plus réitérer celle de 2007, soit se présenter de face. On pose de face quand on est candidat, pour se faire reconnaître. Mais pas quand on est président (ce que, au passage, Giscard, en 1981, n’a pas compris).
Alors, très habilement, il choisit l’intermédiaire : de trois-quarts. De fait, il ne nous regarde pas. Comme Mitterrand en 1988, il scrute. Un horizon. Avec la même sérénité ; avec confiance et assurance.
Peut-être, oui, y a-t-il quelque chose de plus dans le regard de Mitterrand. Mais c’est dû au fait qu’il était le vainqueur certain. Et il le montrait fort bien !
Vous noterez itou, et encore une fois, des similitudes dans les expressions : à commencer par le même sourire. Pas trop marqué. Juste ce qu’il faut… Les mêmes petites rides aux coins des yeux, fortement mis en évidence. C’est le signe de l’homme qui a bien vécu, sachant apprécier les plaisirs de l’existence, un jouisseur ; un homme qui n’est point hanté par quelques tourments ou regrets ; un homme rassurant ; bref : un protecteur.
Reste le fond. Qui là encore, comme pour les deux affiches précédentes (le village qu’a laissé place à une vallée) ne peut être identique, et pour la même raison : la France de 2012 n’est pas la même que celle de 1988. Celle de 2012 traverse une crise…
Alors, d’un côté, on fait simple, juste une couleur unie. Qui va comme un gant avec le slogan (« La France unie »).
De l’autre, la mer. Bleue, de toutes les façons. La mer, parce qu’il l’a dit, le soir où il s’est déclaré : il est le capitaine qui n’abandonne pas le navire en pleine tempête. Et ce qu’on voit, c’est le résultat, si nous reconduisons cet homme à la barre du navire France : plus de tempête, mais en lieu et place, une mer calme et tranquille. Et hop, ni une, ni deux, on en revient à … « La Force tranquille » !
Oui, c’est bien du côté de Mitterrand qu’il fallait chercher. Les mêmes codes. La même symbolique.
Mitterrand encore et toujours, comme en 2007, parce que c’est le seul président qui fût réélu sans la moindre discussion (ce qui n’a pas été le cas de Chirac en 2002, victoire entachée, ou biaisée, par le « coup de tonnerre » du 21 avril 2002).
C’est donc LE modèle. LA référence. Il n’y en a pas d’autre !
Pourquoi voulez-donc que ce fût Giscard ? Pourquoi voulez-vous qu’un homme tel que Sarkozy, si ambitieux, prenne pour référence ou modèle le seul président à avoir échoué dans la sollicitation d’un second mandat ?
Quand bien même irait-il, tout l'indiquant, vers ce destin-là...
01:39 Écrit par Philippe Sage | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, françois mitterrand, valéry giscard d'estaing, la france forte, la france unie, la force tranquille, il faut une france forte, de toutes les forces de la france, slogans de campagne, présidentielle 2012 |
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25 janvier 2012
Non ! Définitivement Non : François N'est Pas Mitterrand !
Non mais j’te jure, et comme j’t’en foutrais ! Non mais regardez-moi cette bande de midinettes. Un Bourget, et hop, il te les a retournés, recta. Pourtant, y’a vraiment pas de quoi se taper le cul. Pas plus que de se relever la nuit. Certes, l’homme a du talent, et c’est pas faute de l’avoir dit, écrit ; mais de là à en faire un héros, faudrait voir à atterrir, et fissa.
Mais bon, cette époque étant ce qu’elle est, médiocre et vulgaire, on va pas s’étonner outre mesure du désolant phénomène. Avec cachée derrière, une entourloupe de compète…
Nonobstant, il convient de remettre deux/trois petites choses à leur place.
A commencer par cette référence (qui devient pesante) à l’autre François. Celui de Jarnac. Or donc, Mitterrand, dit "Le Renard" ou "Dieu", c’est selon.
Là itou, j’avais souligné, en temps et heure, dès 2006, avant de revenir pour la seconde couche en 2010, que l’affaire n’était point nouvelle. Hollande ça fait un bail qu’il a choisi son modèle. Et dans le ton, et dans la gestuelle. Comme c’est un tribun qui tient la distance, j’en suis d’accord, ça fonctionne. Enfin … Pour qui n’est pas très regardant et se laisse bouffer par l’émotion. Mais, là encore, c’est cette foutue époque qui veut ça : la raison, la réflexion, le temps que l’on doit prendre, ça, tout le monde s’en branle du chef, ce qui passe en preum’s, c’est l’émotion. On comprend dès lors pourquoi tout est si médiocre, et dans le pire des cas, vulgaire.
Evidemment quand on est un peu plus exigeant, j’irais même jusqu’à dire un peu plus citoyen, on évacue bien vite ce parasite qu’est l’émotion pour dépiauter tranquillement ce grand numéro de mime ou d’illusionniste. Et là, on se rend compte qu’il y a une sacrée différence de niveau.
Autant le Mitterrand, il donnait dans le littéraire, jusqu’à péter dans la grandiloquence au cube, autant Hollande, c’est assez scolaire, pour ne pas dire convenu.
Sur ce point je rejoins totalement Philippe-Joseph Salazar, dont je vous recommande vivement le billet à propos dudit Bourget, assurément l’analyse la plus pertinente que j’aie pu lire sur cette soi-disant performance du candidat du PS qu’aurait écrasé toute concurrence.
Oh bien sûr, Mitterrand, lui aussi, était un sacré farceur. Un gigantesque comédien. Pas plus socialiste qu’Hollande, au demeurant. Arrêtez de nous bassiner avec votre socialisme ! C’est insulter le peuple. De socialisme dans le PS, y’en a pas. Mais passons…
Oui, avec toutes les réserves qui s’imposent, réserves politiques et même éthiques, Mitterrand c’était un tout autre calibre que le p’tit François. Y’avait plus de couenne, plus de culture, plus de tout.
Ainsi, cet extrait, tiré du dernier meeting du candidat Mitterrand, le dernier avant le premier tour de la présidentielle 1981 et qui se tint le 25 avril à Toulouse devant pas moins de 35 000 militants. Goutez-moi ça :
« (...) Il n’est personne au monde, aucune force, aucune puissance, qui pèse sur ma décision. Ni à l’Est ! Ni à l’Ouest ! Ni Moscou, ni Washington ! Ni Bonn, ni personne ! Aucune force à l’intérieur ! Ni les forces de l’argent, dont je me moque ; ni le Grand Capital, ni les multinationales ! Ni les lobbies, ni les coalitions ! Aucune puissance au monde ne me fera dire autre chose que ce que je pense ! »
Avec le son et l’image, c’est encore plus grand :
Alors, tu la vois, désormais, la différence ?... Elle est énooOOOoorme !
Ce texte, travaillé, au cordeau, ce jeu de sonorités, ces assonances, hormis une faiblesse (« ni les lobbies, ni les coalitions » c’est dissonant, c’est en trop), c’est de la musique.
Et voyez comme il le vit ; comme il appuie là où il faut, comme il sait ménager les effets, les grandir... Mais quel acteur, bordel !
Hollande, c’est pas le cas. On dirait un élève de seconde Z. C’est poussif. C'est de la CFA2. Y’a de l’idée, certes. Mais… De là à, faut pas pousser Jaurès dans les orties. Non plus.
Alors bien sûr, je ne parlerai même pas du fond. Pour en causer, faudrait qu’il y en ait un, pas vrai ? Or, y’en a pas. C’est peut-être, et d’ailleurs, l’unique raison pour laquelle tout un chacun s’est ébaubi jusqu’à la déraison. Tant c’est une performance, il est vrai, de conquérir une foule en ne disant rien, ou pas grand-chose. Mais, nous le savons, n’est-ce pas, cette présidentielle n’est plus une confrontation d’idées, voire de grands projets, juste de personnalités.
C’est aussi devenu un truc de supporteurs. Citoyens, passez votre chemin ! La seule chose qui compte, c’est la victoire (Laquelle ? On s’en contrecarre !)... Le reste (la France qui souffre, par exemple) on s’en bat le Flanby. Ce qu’ils veulent, ces nouveaux transis de l’Hollande, c’est virer le Sarkozy. Point barre. C’est vous dire si on n’a pas le cul sorti des ronces.
Ceci étant, que tirer de ce Bourget ?
Une énorme satisfaction si on est une grosse feignasse, un paresseux de la mémoire.
Mais quand on la rappelle, alors, on ne se fait pas berner comme le dernier des suiveurs. Mais ça aussi, c’est une sale putain de maladie de notre époque, qu'est donc aussi, et bien malheureusement, celle des suiveurs.
Or donc qu’en tirer de ce Bourget ?
Eh bien : ENTRE DONC ICI !
15:24 Écrit par Philippe Sage dans Devoir De Mémoire[s], Présidentielle 2012 | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, françois mitterrand, meeting du bourget, meeting de toulouse, mitterrand le 25 avril 1981, hollande le 22 janvier 2012, mythe errant, souviens-toi barbara, le sens des mots, ou juste des mots ?, le mime hollande, présidentielle 2012 |
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27 octobre 2011
Eléments De Langage Destinés Au Candidat Du Parti Socialiste Souhaitant Vaincre Le Candidat Sortant Par Temps De Crise(s)
« A quoi sert une élection, sinon à juger le bilan d’une politique, et, puisqu’il s’agit d’une élection présidentielle, à juger le bilan d’un homme (…) Juger ce bilan, du candidat sortant, je le ferai honnêtement ».
« Pouvait-il faire mieux ? Ne le pouvait-il pas ?... Était-il entraîné dans un cycle de crises économiques qui frappent toutes les sociétés capitalistes, et particulièrement l’Occident ? Il n’y pouvait peut-être rien ! »
« Simplement, je me poserai la question : est-ce qu’il va recommencer ? »
« La hausse de prix ! Ça frappe beaucoup de gens, hein ! Des gens simples qui n'ont pas beaucoup de moyens (…) Un million sept cent mille chômeurs, c’est-à-dire : un million trois cent mille de plus qu’au jour de son élection ; c’est beaucoup !... Un commerce extérieur en déficit de 60 milliards (…) Un déficit budgétaire accumulé, pendant ces sept ans, de 211 milliards (…) Une dette extérieure de 120 milliards ; c’est beaucoup !... 100 000 entreprises disparues récemment (...) Je veux dire simplement que ce n’est pas contestable, ça : c’est vrai ! »
« [Je lui dirai :] Est-ce que vous ne pouviez pas faire autrement pour défendre les intérêts de la France à l’extérieur ? (…) Êtes-vous sûr que la France, qui est un grand pays, a toujours rempli son rôle ? »
« Ce qui est évident c’est que, élu Président de la République, je changerai un certain nombre de choses. En particulier dans le cadre des relations du Président de la République, du gouvernement, du Parlement ; dans les relations du Président de la République et des citoyens ; tout en étant très volontaire pour préserver la charge de la fonction et la remplir entièrement. Je voudrais qu’on en revienne à des mœurs, disons plus … Un peu plus démocratiques ! »
[François Mitterrand, Cartes Sur Table, 16 mars 1981]
23:33 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous !, Devoir De Mémoire[s] | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois mitterrand, françois hollande, valery giscard d'estaing, nicolas sarkozy, 2012 un remake de 1981 ?, similitudes 1981 et 2012, crise économique, crise financière, crise sociale, crise du capitalisme, le bilan d'un homme, dette, déficits, intérêts de la france, relations du président avec le parlement, relations du président avec le gouvernement, relations du président et des citoyens, république exemplaire, république irréprochable, un autre président, une autre politique, la candidat sortant, cartes sur table, jean-pierre elkabbach, alain duhamel, 10 mai 1981, 6 mai 2012 |
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10 mai 2011
« C'est curieux, chez les socialos, ce besoin de faire des commémos »
François H. - Tonton, ç'a été un stratège, du genre cador. Moi j'suis objectif, on parlera encore de lui dans cent ans. Seulement faut bien reconnaître qu'il avait décliné, surtout vers la fin.
Martine A. - C'est vrai qu'sur la fin, il disait un peu n'importe quoi. Il avait comme des vaps, des caprices à l'ortolan.
Ségolène R. - Enfin, toi qui y a causé en dernier, t'as sûrement remarqué ?
Jack L. - Remarqué quoi ?
Arnaud M. - T'as quand même pas pris au sérieux cette histoire de socialisme ?
Jack L. - Pourquoi ? Fallait pas ?... Ben, j'ai eu tort.
Manuel V. - Ah, ah... Et voilà.
Dominique S-K. - Voyez les poteaux, c'était pas la peine de s'énerver, monsieur convient.
01:58 Écrit par Philippe Sage dans Amusons-Nous ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : 10 mai 1981, françois mitterrand, tonton, tontons flingueurs, parti socialiste, dsk, hollande, aubry, royal, lang |
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10 janvier 2011
La Mémoire [De L’Indignation Et Du Nouvel Ordre Mondial]
[1ère Partie] .... Mitterrand-ci, Mitterrand-là, c’est pas bientôt fini, oui ? … Ce qu’il faut pas entendre, bon sang, sur le « grand homme » le « premier président socialiste français », socialiste où, socialiste quand ? Six mois, pas plus. Et encore, du light. Du riquiqui. Faut-il être révisionniste pour l’encenser, le cultiser, ce fossoyeur, Tonton Flingueur de la gauche. De Jaurès à Mendes …
Quel rapport avec le Nouvel Ordre Mondial, me diras-tu ? Va savoir ..
Mitterrand François, était un homme de droite, certifiée, passé par l’extrême-droite, avérée. Faut jamais l’oublier. Oh, il ne fut pas le seul. C’est acquis. Mais c’est un fait. D’ailleurs, à ce propos, je dois le dire, ils me font doucement rigoler, les « résistants », ceusses d’aujourd’hui. Par temps de paix (toute relative), c’est confortable. Mais dans les années 30, 40, c’était pas de la tarte. Faut vous y (re)plonger dans cette France-là, tout est disponible, consultable : la presse, la radio, le cinéma, la littérature. Lisez donc, voyez, mirez, allez-y faire un tour, vous en aurez pour votre artiche. C’est du lourd, ça pilonne, ça enclume. Cette France-là était antimaçonnique et antisémite. Et violemment. Bagatelles Pour Un Massacre et tutti. Faut vous affranchir. Au lieu de jouer les « résistants » de salon.
Cette France, il y a goûtée, Mitterrand. Il en a même tiré un trophée : la Francisque. Ah, je vous entends, il ne faut pas en parler, chut ! c’est du passé, du ranci, tout homme commet erreurs, s’égare. Certes … Mais nous y vivrions dans cette France-là, celle des 30 et 40, les « résistants » d’aujourd’hui, y’en aurait pas 10, que dis-je ! Pas 5%. Affirmatif ... C’est bien joli de la faire la leçon, de dire « moi je », n’est-ce pas, « moi j’aurais été résistant, dans le maquis », foutaises ! C’est mal connaître l’Histoire, ce rouleau-compresseur. C’est faire fi des circonstances. Des cerveaux. De la faiblesse des hommes ... Lisez donc Les Beaux Draps du père Destouches. On dit Céline, mais c’est faire dans l’hâtif. Céline c’est Le Voyage, Mort à Crédit, après c’est du Destouches de souche. Et c’est tant mieux. Y’a pas gourance. On sait qui est qui. C’est on ne peut plus clair ... Destouches, c’est la France des années 30, 40. Traduction au cordeau des esprits de l’époque. Faut le savoir ! Y’avait pas que Destouches, ceci étant. Y’avait tous les autres. Et ils étaient fort nombreux à penser idem. Une majorité, même. Antisémites, officiellement racistes, antimaçonniques. Voilà, la vérité. Et Mitterrand, il y était. Et comment !
Alors votre « socialiste » le magnifique, le cultivé, vous repasserez. A d’autres, mais pas à moi. Que de la ruse c’était Mitterrand.
Oh, brillant, ça je dis pas, j’en conviens et sans barguigner, un cador, un vrai, à la hussarde. A l’opportunisme. Antigaulliste, avant toute chose. Même qu’il en voulait pas, de son suffrage universel. Avant d’en faire son beurre.
Pas de Mitterrand sans de Gaulle, pourtant. Sans de Gaulle, tu l’aurais pas eu ton président « socialiste ». … Mais parlons-en du vénéré, vu qu’on le commémore les yeux fermés.
Le Parti Socialiste, ce fut son jouet, son tremplin, le sésame pour l’Elysée. Et tout bien pesé, y’avait qu’un homme de droite qui pouvait le conduire au pouvoir, ce parti-là. C’est ni Mendes, ni Rocard qu’auraient pu réussir un coup pareil. Fallait que ce soye un fossoyeur de Jaurès. Et ce fut du grand art ! Programme commun, l’entourloupe, vas-y que j’arnaque le Parti Communiste Français. Que je te le roule dans la farine. Que je te l’essore, le vide comme une truite. O.P.A. sur la gauche … C’est bien simple, après le 10 mai 1981, le PCF, y’en a plus. Electoralement, c’est la bérézina. C’est du déclin, à l’exponentielle … Et qui surgit ? Les années 30, 40. Le FN ! 10,95% en 1984 … Vingt et sept ans que ça dure. A la dure ... Voilà ce qu’on a gagné. Mais chut ! Faut pas le dire ... Et pourquoi donc ? Ça vous arracherait de convenir que l’électeur du FN, il vient pas du RPR, mais de la gauche que Mitterrand a tuée ? En grande majorité, c’est de là, qu’il vient, qu’il était, l’électeur frontiste. Des quartiers populaires ... Ah ça vous fait mal au cul, hein ? Ça vous défrise. Mais c’est la réalité. C’est l’héritage. C’est Mitterrand … Le RPR, (puis l’UMP) a-t-il perdu son électorat ? Et le PS ? Que nenni. Or donc, ils viennent d’où, vos frontistes ? Faites les comptes. C’est du limpide ... Et je vous cause même pas du SOS Racisme de Dray et Désir, avec leur radio relayante (Ça Bouge Dans Ma Tête qu’elle s’appelait). Belle connerie ! Un Racisme, et un seul. A sens unique. C’était la pire façon d’alimenter le business lepéniste. Et allez donc ! ... Comme disait fort justement feu Pierre Desproges : « J’adhérerai à SOS-racisme quand ils mettront un S à racisme. Il y a des racistes noirs, arabes, juifs, chinois et même des ocre-crème et des anthracite-argenté. Mais à SOS-Machin, ils ne fustigent que le Berrichon de base ou le Parisien-baguette. C’est sectaire. (…) Mais attention, il ne faut pas me prendre pour un suppôt de Le Pen sous prétexte que je suis contre tous les racismes. ». Pas mieux ! Vous étonnez pas ensuite. Que ça parte en Schwepppes. Qu’elle soye de retour, peu ou prou, la France des années 30, 40 .. C’était couru.
Pour le reste, Mitterrand le « président socialiste », faut arrêter de nous y prendre pour des benêts de compétition. Six mois, pas plus. Mai/novembre 1981, après : rideau ! 1982/1995, rien, zéro, un cancer, des affaires, moult traquenards, un roi fainéant .. Les 110 propositions, soldées, oubliées. Tu les as vues les 35 heures promises ? Et les 32 heures évoquées ? ... Et la justice. Et le partage. Non, t’as vu Tapie, Séguéla, que des bandits. Et le Pen s’engrosser …
Quel « socialisme » bon sang ? De quoi qu’on parle ? … La retraite à 60 ans ? Certes .. Et quoi d’autre ? L’abolition de la peine de mort ? Ah là, d’accord ! Fallait en avoir, c’est certain. Tant c’était aller contre l’opinion, la majoritaire. A 60% qu’elle était pour cette infamie, la mère-guillotine. Et aujourd’hui, pareil. Comme hier. Comme tout le temps. Fais-y un référendum, tu verras. Elle est pour. Toujours. L’opinion ! Cette décapitée des synapses.
L’abolition de la peine de mort, voilà l’œuvre. Ça faisait de nous des raffinés, des gens distingués. Nous nous différencions des texans, des chinois. Des barbares ... Les chinois .. On a pas le temps, je sais. Passées dix lignes, t’es déjà barré. Mais j’y reviendrai …
.... Tout de même, un mot, avant d’y aller.
On t’a désigné comme qui dirait l’ennemi, n’est-ce pas ? Celui qui menacerait d’égorger filles et compagnes. Le musulman qu’on t’a dit. Et t‘y as cru, bien sûr. Avec ton cassis tout ramollo. T’as plongé, et recta. Toi qui vois pas plus loin que ta Méditerranée. Ta frontière. Tu t’es fait avoir. Et comment ! La Chine, mon ami, c’est bien autre chose. C’est du puissant. Du costaud. C’est l’Empire. Et t’as rien vu venir. Pire : tu fais allégeance. Aux ordres du Nouvel Ordre Mondial. Celui qui va faire de toi, une momie. Un souvenir. Dans l’os. Rectifié.
Jamais on a vu des pauvres se farcir des riches. Jamais. Les pauvres, on les utilise, les manipule, on les arme, même (comme au Darfour), puis on les jette, une fois l’affaire faite.
Comprends-tu où je veux en venir ?
18:33 Écrit par Philippe Sage dans Il Est Trop Tard | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois mitterrand, droit d'inventaire, france moisie, années 30, années 40, louis-ferdinand céline, louis-ferdinand destouches, peine de mort, retraite à soixante ans, pauvres musulmans, mitterrand a tué la gauche, sos racisme, front national |
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29 septembre 2010
Hollande, L’Autre François
Qui a dit, déjà :
« Si tu n’as aucune chance, saisis-là ! » ?
Peu importe, ce qui compte c’est que cette formule absurde (quoique ..) va comme un gant à François Hollande. Car non seulement et a priori, il n’a aucune chance d’être, l’an prochain, par les primaires, désigné, élu, porté candidat du PS à l’élection présidentielle 2012, mais aussi, et surtout, c’est sa dernière chance de (pouvoir) l’être.
Pourtant, et de loin, de très loin même, c’est lui le meilleur candidat possible, c’est lui la chance des « socialistes ». La seule.
Oh oui, je sais, je les connais, les arguments, les réticences, qui, pardonnez-moi, tiennent plus de l’apparence, de la forme que du fond. Il est « pas assez » ceci, « pas assez » cela, en gros (bien qu’il ait maigri) et pour aller vite, il n’aurait pas la bouille d’un futur président. La gueule de l’emploi, quoi.
Aussi, il n’aurait pas d’image (médiatique, s’entend) ou alors, comme elle est floue !
Il serait pas très bon en télévision, non plus. Son humour, fin, féroce même, constituerait, paraît-il un handicap. Comme si un homme politique devait être austère, assommant, didactique. Plus encore qu’un Juppé ou un DSK … Et puis, il n’a jamais participé à un gouvernement. Ni comme ministre, ni comme secrétaire d’Etat. Et s’il a une image, une seule, c’est celle du type qui passe à côté, qui rate le train, tout le temps, un loser pour parler crû. Trop dans le consensus. Pas assez tueur. On aime ça, les tueurs, en France. Ah oui ! On les vénère même, avant de les haïr. On croit, en vérité, en l’homme providentiel (mais si !) à celui qui va sauver le pays, le tirer de là, on y croit dur comme fer, à cet homme-là, On l’espère, on l’attend, comme un Christ. Que l’on cloue cinq ou dix ans après, avec délice.
Alors oui, c’est un fait, Hollande n’est pas l’homme providentiel. Et tant mieux ! C’est juste un homme de fond. Plus pragmatique que l’on pense, beaucoup plus solide aussi. Il est beaucoup plus d’une manière générale que ce que, non pas il donne à voir, mais que le citoyen lui prête, lui colle en apparence. Sûrement est-ce de sa faute, mais que peut-il y faire ? Doit-il se changer, se travestir, se pipoliser, quitte à se trahir, pour plaire coûte que coûte ? Ne plus être lui-même ?
Il le sait, Hollande, qu’il n’a, a priori, aucune chance. D’où, certainement, cet air soucieux que je ne lui connaissais pas, pas à ce point-là, qui l’habitait constamment, même entre deux bons mots, samedi, le 25 septembre 2010, à Besançon, à l’occasion d’un salon du livre (« Les Mots Doubs »).
La veille, Bartolone avait enclumé, à desseins, laissant entendre qu’il y aurait un accord passé entre les deux autres prétendants, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Les favoris. Vraiment ? ... Mais les favoris pour qui ? ... Oui, pour les sondages ! C’est écrit, c’est chiffré, ce sont les deux seuls qui pourraient battre Sarkozy en 2012. Et il n’y a que cela qui compte pour eux, pour les militants, pour le peuple de gauche (expression pour le moins ridicule) : battre Sarkozy en 2012. Peu importe le candidat, finalement. Elle est là l’erreur. Hollande s’y est engouffré, habilement, déclarant que l’anti-sarkozysme n’était pas un programme mais une « paresse ». Il a raison. Ce qui importe n’est pas de battre Sarkozy, mais de gagner. Ah ! oui, la nuance est subtile, mais elle est cruciale, pourtant.
Mais parlons de ces sondages, tiens ! Or donc, ils donnent DSK et Aubry gagnants. Un an et demi avant la bataille. C’est formidable ! Dois-je rappeler que Marie-Ségolène Royal, dans les sondages, battait Sarkozy en 2006 ? Et c’est la seule raison, entendez-vous, la seule raison pour laquelle les militants l’ont désignée candidate lors des primaires de novembre 2006. On connaît la suite, elle n’a pas perdu, elle s’est faite laminée.
Alors on pourrait faire le procès des sondages ! Ces saligauds qui donnaient la Royal vainqueur se seraient trompés ? Du tout ! Y’a pas eu tromperie ! Un sondage, c’est quoi ? C’est un instantané. Une photo. Un désir. A l’avenir incertain. Et je crois bien que ces couillons de militants vont reproduire la même erreur. Voter pour le favori des sondages, oubliant que le citoyen évolue, au fil de temps, des déclarations, des évènements ... Que croyez-vous ? Qu’un citoyen vote toute sa vie à gauche ou toute sa vie à droite, quel que soit le temps ? Foutaises ! Ça n’existe pas, ce genre de citoyen, ou alors c’est un militant. Un encarté. Le citoyen lambda va de droite, à gauche, en passant par le centre et les extrêmes, il n’est pas figé. Il vote pour le plus fort. Voilà tout. Et peu importe qu’il soit d’un bord ou de l’autre. Il s’en contrefout !
D’autre part, faites cet effort, reprenez tous les sondages des élections présidentielles précédentes, et vous verrez, ils vous donnent tous, sans exception, le futur vainqueur. En février, l’affaire est pliée. On sait qui va gagner. Et pourquoi ? Parce qu’une campagne présidentielle est impitoyable, c’est un révélateur. Et ni Jospin, ni Royal, ne se sont révélés en 1995, 2002 et 2007 ... Pire : ils sont passés à côté. Complètement. Ils ont été mauvais ... Et pourquoi ? Parce qu’ils n’étaient pas les « bons candidats ».
En face, faut dire, il y avait des guerriers, des tueurs. Chirac, pourtant aux fraises, en 1994, baladé par Balladur, a remonté, et faut voir comment, son handicap sondagier. Sarkozy, c’est différent. Dès 2002, il a entamé sa campagne, prenant à la hussarde l’UMP en 2004, il en a fait une véritable machine de guerre, brutale, impitoyable, ayant compris et tiré les leçons du 21 avril 2002, décomplexé totalement, de droite dure, il était imbattable. Seul Fabius pouvait lui créer des problèmes. Car oui, en 2007, même si la marche était bien haute, ce n’était ni Royal, ni DSK qui pouvaient tenir la dragée haute à ce tribun d’exception qu’est Sarkozy, mais Fabius. Parce que c’est aussi un tribun. Un homme qui peut être violent verbalement. Et d’ailleurs, Sarkozy l’avait confié à sa garde rapprochée : « Si c’est Fabius, ce sera brutal ». Donc malaisé.
Mais ces imbéciles de militants se sont fait bernés, aveuglés, par des instantanés, oubliant ce que c’est une campagne, sa dureté, sa violence, combien le citoyen y est sensible, et combien au fil de la campagne, son désir se fait plus précis.
Le 14 janvier, c’était fini. Sarkozy avait gagné. Ah ! il faut revoir la séquence. Comment il s’est transformé, cet homme-là ! De 2002 à 2006, puis en 2007. C’est assez fascinant.
Il en est un autre qu’a suivi ce chemin. Celui de la transformation à tous les niveaux : c’est François Mitterrand. Le loser éternel. Le perdant étonnant de 1965, le vaincu surprise de 1974, mais, dès 1978, au lendemain d’une nouvelle défaite aux législatives, le voilà qui prend une autre dimension. Et quand vint la campagne de 1981, il achève sa transformation. Il se transcende. Il est méconnaissable. Ah ! ce n’est pas Jospin, tiens ! Ni Royal ! Y’avait de la matière, de la roublardise, de la stratégie, du génie même, dans cet homme-là ! Il ne pouvait pas ne pas gagner. Or, souvenez-vous, dans les sondages, ceusses de 1980, il était donné perdant, à ce point que le candidat de 1969 a cru en sa chance, je parle de Rocard. Pauvre Michel ! Comme il fut renvoyé et fissa à ses chères études ! On n’arrête pas un vainqueur !
Mais François Hollande dans tout ça ?
Eh bien, je prétends qu’il est de cette trempe. Mitterrandienne. Que cet homme se transformera. Une campagne le transcendera. Parce que c’est un tribun. Parce qu’il est solide. Impitoyable.
Il est donné perdant dans les instantanés ! Tant mieux ! C’est sa chance ! Aubry, n’en a aucune. Et pour plusieurs raisons. La première étant que non, les français ne sont pas prêts à porter une femme à l’Elysée. Certains vont hurler à cette affirmation, machisme, misogynie, phallocratie et tout le bataclan, je sais. Mais on ne refait pas les citoyens. On ne change pas les mentalités en si peu de temps. Et le temps, qui plus est, est à la crise. Pire encore, sachez-le, que celle de 29. Et c’est l’autre raison, cette guerre économique, cette guerre totale, qui constitue l’obstacle principal ... Désolant ? Sans doute ! Oui. Mais c’est ainsi, et je l’affirme, une femme, dans ces conditions n’a pas l’ombre d’une chance.
Il y aurait d’autres raisons, plus politiques, mais à quoi bon les décliner tant les deux premières sont insurmontables ?
DSK ? Ah ! Voilà un client. « Monsieur économie ». Ça rassure. L’électorat qui hésite, je veux dire. Bonne côte chez les patrons, de surcroît. Oui mais, Sarkozy (encore lui) lui a bien savonné la planche. En appuyant, en 2007, sa candidature pour la présidence du FMI. Le poste le mieux payé de Washington. Pas bête, hein ? Il est malin comme dix singes, ce Sarkozy ! Alors, comme ça, m’sieur Strauss-Kahn, vous « socialiste » payé grassement, mieux encore qu’un de mes Proglio, pendant ces quelques années loin de notre pays qui subissait une « crise sans précédent » vous vous présentez aux suffrages des français ? Mais dites-moi, m’sieur Strauss-Kahn, votre mandat au FMI, ne disiez-vous pas que vous l’honoreriez jusqu’au bout ? C’est bien ce que vous affirmiez, en 2007 ? Or donc, vous avez abandonné ce poste, oh certes, pour venir servir la France, vos compatriotes, mais peuvent-ils avoir toute confiance en un homme qui ne respecte pas ses engagements ? Comment pourrait-il croire un homme qui ne tient pas (sa) parole ?
Et puis, mais c’est détail, ce qu’il est assommant, ce DSK ! Je me souviens de son discours, le 9 novembre 2006, lors de la dernière réunion publique, à Toulouse/Labège, avant le vote des militants. Mais quel ennui ! Même Delors, c’est dire, était moins rébarbatif.
Alors qui reste-t-il ? Sinon Hollande !
Oh ! non, pas par défaut. Mais parce que c’est lui. C’est l’autre François. Aussi fin, aussi tribun, aussi impitoyable que Mitterrand. Dont, d’ailleurs, il a et prend quelques accents. Mais pour le savoir, encore faut-il l’avoir observé derrière un pupitre. Il les enfonce tous. Y compris Fabius. Il est redoutable.
Oui, c’est lui, le seul. Et de loin. Son programme est là, ficelé, mûrement pensé. Et il est prêt. Comme jamais.
Comment faire comprendre à des militants obsédés à faire chuter Sarkozy, que François Hollande est l’homme, non providentiel, mais l’homme de la situation ?
Comme leur faire comprendre qu’il les étonnera, eux, mais surtout et avant tout les citoyens volatiles, hésitants, qu’il emportera l’adhésion, parce justement, il sera une vraie, une grande révélation.
Celui qu’on n’attendait pas.
Et c’est eux, souvent, ceux qu’on n’attendait pas (ou plus), les (futurs) vainqueurs.
19:38 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (30) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : françois hollande, françois hollande 2012, primaires socialistes 2011, martine aubry, dominique strauss-kahn, hollande la chance du ps, plaidoyer pour françois hollande, la métamorphose de françois hollande, sondages d'opinion, comment battre sarkozy en 2012 ?, hollande l'homme de la situation, les mots doubs, françois mitterrand |
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27 mars 2009
Foutez-Leur La Paix !
Comme dirait ce bon Jégo, ça commence à me courir sur le haricot …
.. Non, c’est même pas vrai qu’il a dit ça, Jégo, c’est juste que ça me fait plaisir …
Or donc, comme disait Jégo, ça commence à me courir sur le haricot, cette histoire de “se réclamer de”.
Par exemple, au hasard, de Jaurès.
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Je dis Jaurès, mais j’aurais pu tout aussi bien dire De Gaulle.
Car enfin, ça veut dire quoi, de se réclamer de De Gaulle ?
D’être Gaulliste.
Déjà, le terme “iste” me dérange. Va savoir pourquoi ! Ça frise la secte ou je ne sais quelle chapelle. Or, nous sommes dans une République laïque, Messieurs, alors sortez de vos bondieuseries, de votre catéchisme gaullien et faites-nous bander avec de nouvelles idées, des à vous, pas celles des autres. Faites de la politique au sens noble du terme au lieu de faire parler les morts.
Non mais, vous vous rendez compte, l’infamie, l’ignominie : faire parler un mort !
Mais au nom de quoi, comme dirait le Sarkozy ! Sinon pour vous faire mousser à peu de frais, vous dispenser de penser par vous-mêmes !
Mais au-delà (et c’est le cas de le dire) de l’appropriation de ce qui ne vous appartient pas, vous défiez les lois de la nature, vu que, le mort est fait pour reposer, et non pour se reposer sur lui.
Vous fustigez les parachutes dorés, les bonus, les stock-options, mais vous-mêmes, vous la faites copieusement fructifier la pensée gaulliste ou mitterrandienne ! Et à votre seul profit, par dessus le marché ! Toujours à nos dépens !
Et puis, qu’en savez-vous ?
Je veux dire De Gaulle, aujourd’hui, il dirait et ferait quoi ? Le monde va si vite, trop vite, que rien, nous n’en savons rien. Ni vous. Ni eux. Ni moi (dans le Gard, je sais .. C’est juste pour détendre ..).
Qui vous dit que le vieux l’aurait pas réintégré l’Otan en 1990. Première guerre du Golfe.
Qui vous dit qu’il ne serait pas, s’il était de ce monde, en train de nous mitonner un bon vieux "Mai 2009", une putain de révolution de derrière les fagots ? Qui vous dit qu’il collaborerait, qu’il ne serait pas plutôt le premier des résistants au régime Sarkozyste ?
Et Pompidou ! Il dirait et ferait quoi, en 2009 ? Tu crois que Balladur le sait, peut-être, lui qui n’écoute que lui-même ? Foutaises ! Il n’en sait rien. Foutre rien. Il capitalise sur le pompidolisme.
Et Giscard ..
Ah, excuse-moi, on me Twitte ..
- Oui .. Comment ? .. Giscard n’est pas mort ! .. Tu déconnes ! .. Mais … C’est arrivé quand ?
Euh .. Où en étais-je ?
Ah oui !
Je disais donc, oublions Giscard ! Ça vaut mieux pour tout le monde.
Et Mitterrand ? Il dirait et ferait quoi, en 2009 ? Déjà que de son vivant, on ne savait pas, alors mort, tu penses bien qu’on n’en sait pas plus. Si ce n’est moins. Y’a que Jack Lang qui prétend savoir. Mais QUI est Jack Lang ?
Rien. Vous n’en savez rien. De rien.
Vous n’êtes que des pilleurs de tombes.
Des spéculateurs de la pensée d’autrui.
Des traders de cadavres.
Mais cessez-donc de vous approprier par des “istes” ou des “iens” une vision politique, cette trépassée qui vous dépasse.
Pensez par vous-mêmes, nom de Dieu !
Inventez, innovez, jaillissez, mais les morts, foutez-leur la paix.
Car à trop les déranger, voici ce qui finit par arriver.
Et vous en êtes tous responsables ET coupables !
13:19 Écrit par Philippe Sage dans Opinion | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean jaurès, charles de gaulle, georges pompidou, giscard d'estaing, françois mitterrand, campagne d'affichage du front national, appropriation de la pensée |
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